Mutations de la guerre psychologique

 

François Géré

 

Agir sur l’esprit de l’adversaire, soit pour le tromper, soit pour l’amener à renoncer à toute résistance constitue le but ultime de toute action stratégique. Les armes productrices d’effets de destruction physique servent cet objectif. La des­truction est rarement une fin en soi, sauf si le but est l’anéantissement politique de l’ennemi, voire sa liquida­tion en tant que peuple. Dans ces conditions, l’usage de moyens purement psychologiques vise à obtenir les inflé­chissements de la volonté que l’on souhaite obtenir. Le psychisme, individuel et collectif, constitue un terrain de lutte et la psychologie devient une arme qui dispose d’une gamme de procédés appuyés par des vecteurs de communication comme supports techniques des messages que l’on entend transmettre à l’adversaire. En raison de leurs particularités, ces vecteurs sont producteurs d’effets d’émission spécifiques, qui se répercutent à la fois sur le message et sur sa réception.

De plus en plus, la maîtrise de l’information cons­titue une des conditions sine qua non de l’efficacité de la manœuvre psychologique dans la mesure où celui qui communique le plus (et le mieux) s’empare du champ des opinions. Interdire la communication, donc l’information à l’adversaire devient un des objectifs de la stratégie générale en situation de crise et de guerre.

Contexte et définitions de l’objet

En raison des mauvais souvenirs encore pesants des guerres de décolonisation, le monde politique et militaire français ne se sent guère à l’aise avec la notion, alors même que dans le monde entier, aux États-Unis, en Grande Bretagne et en Allemagne, il existe un emploi officiel de l’arme psychologique.

Le problème le plus complexe est celui de la définition des champs de pertinence et des catégories d’activités qui leur correspondent.

On se doit de reconnaître que le vocabulaire tâtonne encore d’un pays à l’autre. On dit guerre, action, puis opérations psychologiques. Les Anglo-saxons utilisent parfois le terme de “political warfare” pour désigner le degré le plus élevé de la cible visée : les dirigeants du camp adverse[1].

Aux niveaux inférieurs de la stratégie opération­nelle et de la tactique, les Américains emploient l’expres­sion opérations psychologiques “psy-ops”. Pour leur part, les militaires allemands préfèrent utiliser le terme “opérations d’information” tant le terme “propaganda” réveille douloureusement le souvenir du sinistre Dr Goebbels. Ces opérations de niveau tactique font l’objet d’une planification militaire qui doit recevoir l’aval politique du ministre de la défense.

Une opération d’information consiste à influen­cer le comportement d’un groupe-cible spécifi­que par des moyens de communication de masse en conformité avec nos objectifs[2].

Les opérations psychologiques sont définies comme des activités psychologiques planifiées en temps de paix, de crise et de guerre, dirigées sur des publics ennemis, amis et neutres pour influencer leurs attitudes et leur comportement de manière à affecter la réalisation des objectifs politiques et militaires[3].

Cette définition de l’OTAN, d’origine américaine, pose le problème de manière très générale. Nous nous proposons d’expliciter les points suivants : qui utilise l’arme psychologique et contre qui, dans quelles circons­tances, selon quels procédés et avec quels moyens ?

Elle permet de considérer que l’action sur le psychisme par des moyens non-violents constitue une arme, de nature très particulière, utilisée par plusieurs catégories d’acteurs stratégiques dans des circonstances de nature différente.

Une autre définition, réductrice mais très appro­priée, limitera la guerre psychologique à l’action des forces armées dûment mandatées et organisées afin de mener des opérations de ce type en temps de guerre ou à l’occasion d’opérations de maintien de la paix. Cette approche présente d’autant plus d’intérêt qu’elle permet de distinguer deux environnements très différents : le premier, ordinaire, est sans corrélation avec la violence et les effets psychologiques induits par la destruction physique, le second, celui de la guerre - et partiellement du terrorisme -, adosse l’arme psychologique à l’exercice légitime de la violence armée organisée. Armes matériel­les et immatérielles, opérations physiques et psychiques entrent dans une relation dialectique complexe de maxi­malisation/minimalisation de leurs effets réciproques.

En fait, c’est la violence physique qui constitue le seul critère de différenciation dirimant : une publicité mensongère conduit à une erreur économique d’impor­tance plus ou moins grande. Les séductions d’une campa­gne électorale (trop) bien menée peuvent avoir de fâcheu­ses conséquences politiques, tout dépend du niveau. Mais un message d’action psychologique en guerre peut con­duire à la mort ou, au contraire, à la survie. Demander à un soldat, un officier de se rendre n’est pas du même ordre que convaincre une ménagère d’acheter telle ou telle lessive. C’est pourquoi les techniques de persuasion ne sont pas automatiquement transposables dans des contextes aussi excessivement hétérogènes.

Ainsi peut-on inférer l’existence d’une manœuvre particulière de l’arme psychologique effectuée par les forces armées qui contribue à la manœuvre plus générale conduite par le gouvernement en vue de réaliser ses fins. En stratégie militaire, la manœuvre de l’arme psycholo­gique se décline également par niveaux d’importance : tactique, opératif et stratégique. Les effets obtenus pour chaque niveau rétroagissent mutuellement les uns sur les autres.

Conditions générales de la manœuvre de l’arme psychologique

Le face à face : qui contre qui ?

On distingue, classiquement entre les acteurs-utili­sateurs et les “cibles”. Bien entendu, comme dans toute situation conflictuelle, la cible, loin d’être passive, peut mener son propre jeu et prendre pour cible ses propres adversaires.

Les acteurs

Ils se répartissent en trois catégories, les autorités politiques, les forces armées et des organisations non-gouvernementales.

Toutes les périodes de guerre conduisent les gouver­nements à haranguer leurs populations. Nul ne compren­drait qu’en situation de crise et de guerre, les autorités ne s’adressent pas au peuple pour expliquer, rendre compte, justifier. Jusque là, point de problèmes. C’est au-delà que se posent des interrogations. Faut-il mobiliser moralement la population ? En recourant à quels procé­dés et en se fixant quelles limites ?

L’existence d’un ministère de l’information centrali­sée a été progressivement abandonnée dans les démo­craties. Mais chaque ministère, chaque instance de pou­voir dispose d’une cellule d’information-communication en relation indirecte avec la population, via les médias nationaux et parfois étrangers.

L’éducation ne peut être tenue pour neutre. L’évolu­tion des messages véhiculés par les manuels d’histoire, en général solidement encadrés par des directives programmatiques relevant in fine du ministre, en dit long sur l’ingérence de l’idéologie gouvernementale. On sait combien, sur le long terme, la gestion de la mémoire joue un rôle capital dans le façonnement du psychisme, la fabrication des croyances, la propension à adhérer à un discours particulier… Le fait de reconnaître le passé, les actes de repentance et de contrition ont abondé ces dernières années, faisant l’objet de curieuses manipula­tions. Entre la Chine et le Japon la présentation historique officielle du passé fait l’objet de polémiques au plus haut niveau de chacun des deux pays.

S’efforçant d’établir une sorte de monopole de l’“info-com”, les États totalitaires sont allés infiniment plus loin en confondant délibérément la communication de la politique d’État et l’information sur l’état de la politique. Aussi ont-ils construit des simulacres de réalité, présentés à la population comme la réalité. La notion de propagande, d’information biaisée, plus ou moins truquée, a été déplacée, transcendée. Il est vrai que, dans ce type de régime, la cible est avant tout la population du pays[4]. Le comble survient, assez vite, lorsque se produit une auto-intoxication des dirigeants eux-mêmes, qui finissent par croire à la réalité d’une information qu’ils ont eux-mêmes truquée[5].

Les cibles

Dans l’absolu, plus il y a de camps, plus il y a de cibles. Toutefois on peut réduire la situation de conflit à une triade élémentaire : l’adversaire, soi-même et les “tiers”, affectée par la double fonction agression/ protec­tion. On attaque l’adversaire, on protège sa population. Par rapport au tiers, cela devient plus compliqué. Les tiers sont en effet hétérogènes : les neutres, les indiffé­rents. La difficulté s’aggrave dès lors qu’il s’agit de main­tien de la paix entre des factions qui ne peuvent être tenues pour des ennemis, puisqu’il s’agit simplement faire respecter un cessez-le-feu. L’acteur se place lui-même, par définition, en position de “neutralité active”.

La séduction, la persuasion… entreprises plus nuancées, auront sans doute la préférence[6]. Elles suppo­sent l’existence d’un moyen d’influence diplomatique bien orienté, souple et imaginatif.

* Les dirigeants adverses : dénonciation et intoxication

L’exemple américain révèle le double aspect de l’action psychologique : vers sa population, vers l’adver­saire. Les États-Unis, pour des raisons culturelles et stratégiques, ont en général choisi de diaboliser l’adver­saire. L’ennemi c’est le mal car le mal c’est l’ennemi. Cette tautologie paraît simpliste aux Européens que la tradition politique machiavélienne a habitué à des traits moins schématiques et à des démarches plus contour­nées. Diaboliser l’adversaire revient à s’engager dans une logique du tout ou rien, fermant la porte à la négociation. Si l’on considère que le président Johnson, pour une fois, durant la guerre du Vietnam, se refusa à diaboliser Ho Chi Minh, on objectera que mal lui en prit : la porte était ouverte à l’interrogation, la critique, la contestation aux États-Unis mêmes. Diaboliser l’adversaire n’est que d’une faible utilité à l’égard de sa population. La com­plexité d’une relation entre un chef d’État, quand bien même s’agit-il d’un dictateur, et sa population se révèle toujours d’une extrême complexité. Modifier cette rela­tion de l’extérieur exige un dosage subtil car il s’agit bien d’ingérence dans les affaires intérieures. Ce sont les peuples qui se défont de leurs dictateurs. Nul ne peut le faire à leur place… À moins que… Qui pouvait délivrer l’Allemagne de Hitler ?

* Les opinions

La notion est évidemment très floue. L’opinion reste un ectoplasme. En revanche, une foule constitue un objet réel. C’est d’ailleurs sur lui que la psychologie a d’abord fait porter ses travaux. La relation entre l’opinion et la foule exigerait de fait une sérieuse mise au point. Vers la fin de la guerre du Vietnam, Richard Nixon récusait toute assimilation entre “public opinion” et “public demonstrations” à savoir les manifestations de rue.

Les leaders et les relais d’opinion constituent une catégorie absolument essentielle. Bien entendu, on pense aujourd’hui aux vedettes de l’information. À un niveau moins spectaculaire, le rôle de catégories sociales inter­médiaires qui travaillent sur l’esprit des individus, un par un : éducateurs, artistes, médecins, paraît consi­dérable sur le long terme. Depuis des années en Algérie, en Bosnie, et aujourd’hui au Pakistan, ces hommes et ces femmes sont exposés, au quotidien, à une entreprise de liquidation physique par les factions extrémistes.

* Foules/masses/public

Dès le début du xxe siècle, les foules ont massifié la politique laquelle, en retour massifiait les individus. Qu’est-ce qu’une foule ?

Tchakhotine distingue entre foules et masses en recourant à un critère topique : “Une foule est toujours une masse, tandis qu’une masse d’individus n’est pas nécessairement une foule[7].

La masse, ajoute-t-il, est généralement disper­sée…sa réunion par la communion médiatique en fait un “public” au sens de Gabriel de Tarde[8].

On comprend l’aversion absolue que ces conceptions ont pu rencontrer dans la vie politique de gauche et particulièrement communiste, lorsque les masses et leur avant-garde, le parti, étaient quasiment sanctifiées.

Le contrôle des foules, à savoir apaiser, exciter, organiser, bref manipuler, est devenu un procédé straté­gique destiné à produire des effets de niveau plus ou moins élevé, allant de la création de l’instabilité à la prise de pouvoir. C’est affaire de cible et du degré de violence physique auquel le “contrôleur” est prêt.

On manipule une foule au service d’un but, donc contre une cible ou pour obtenir un effet d’inflexion…En politique intérieure, cela existe aussi. Réussir à convain­cre des dizaines de milliers de personnes de manifester contre la politique du gouvernement relève d’une manœuvre psychologique que ne désavouerait pas le bolchevisme. La seule différence, elle est de taille, vient de ce que l’épreuve de force par la violence physique devient impossible. Car les manifestants ne veulent pas le pouvoir, mais un changement de politique qui consti­tue en fait et revient à un désaveu de l’autorité en place.

En Bosnie et au Kosovo l’utilisation des caméras pour calmer une foule a fait merveille. Non pas tant parce que les perturbateurs se feraient repérer, mais pour des raisons plus subconscientes. Le message “Attention ! on vous regarde” se fonde sur l’interdit : tu n’oserais pas faire cela devant tout le monde… Veux-tu être puni devant tout le monde ? Ce simple exemple montre à quel point l’inconscient joue un rôle fondamen­tal. Il n’en demeure pas moins que certains membres de la foule chercheront à transgresser l’interdit et qu’il faudra prévoir de traiter leur comportement avec des moyens de répression matériels, justement adaptés. C’est là où les armes dites non-létales retrouvent leur vertu et peuvent s’autoriser des perspectives de développement.

La conquête des esprits

Politique, masses et médias

Curieusement, la publicité, la “découverte” de prolongations de la conscience (le subconscient et l’inconscient) et l’essor des médias sont contemporains : en l’espace de deux générations (1900-1950) qui coïncide avec les deux guerres mondiales à caractère total qu’ait connues l’espèce humaine. L’ère des masses et des moyens de communication de masse sont contemporaines parce que les médias ont fabriqué les masses au moment même où l’industrialisation et l’urbanisme concentraient les populations. La révolution khomeiniste de 1979 n’est réalisable qu’en raison de la brutalité de l’essor urbain de Téhéran, Ispahan… etc. Phénomène que l’on a maintes fois relevé dans la Russie tsariste de 1900-1917.

La Première Guerre mondiale utilise systématique­ment la propagande, de manière simple, voire grossière et l’on parle de “bourrage de crâne”. La pratique de la censure s’est généralisée, remettant en cause les prin­cipes d’une liberté de la presse chèrement acquise. Mais elle s’est accompagnée d’une recherche plus fine de l’état d’esprit. Vinrent les sondages et les méthodes Gallup permettant de prendre la mesure de l’état d’esprit d’une population. Ainsi a-t-on assisté à une divergence des méthodes d’influence psychologique. En pays démocra­tiques, on s’est efforcé de connaître par des méthodes ouvertes. Cette connaissance constitue un préalable pour ajuster les discours, quitte à manipuler ou développer la gestion de la liberté d’expression. Dans les pays totali­taires privés de sondages, d’enquêtes sur ce que les gens pensent et peuvent dire librement, les gouvernements, informés par les seuls services policiers, en perdant la mesure du pays réel, ont sombré dans l’auto-intoxication évoquée précédemment.

Tout cela est intuitivement pressenti par quelques esprits exotiques comme G. Orwell, H.G. Wells, Aldous Huxley. De cette grande mutation des pouvoirs, Serge Tchakhotine, élève de Pavlov, grand admirateur de Wells, tire les leçons les plus systématiques et les plus radicales dans Le viol des foules, censuré en France en 1939 puis interdit par les occupants. L’ouvrage dérange tout le monde parce qu’il amalgame, en raison des procé­dés, le bolchevisme et le national-socialisme, ne crai­gnant pas d’y joindre la publicité électorale des prési­dents des États-Unis.

Les formes du message : information, propagande, publicité

La propagande n’est rien de plus que l’élaboration d’un message finalisé, émis selon divers procédés, recou­rant à des instruments variés. Elle se distingue de l’information “brute” par l’existence d’un projet qui sous-tend et anime l’émission et la diffusion.

On distingue trois catégories de propagande :

·       Blanche lorsque l’origine est ouverte, déclarée. La source est identifiée, revendiquée ostensiblement. Elle fait peut faire l’objet de sa propre mise en scène selon qu’elle s’adresse à sa propre population, à une audience internationale indifférenciée, à vocation universelle (du type “je prends le monde à témoin”) ou plus particu­lièrement vers l’adversaire. Elle peut être fine et sincère comme relever de l’escroquerie la plus grossière. La dénégation de la réalité – qui n’est pas l’évidence- constitue un procédé redoutable. La supercherie de M. Thierry Messian (le nom est bizarre, faux Messie ?) à propos des attentats du 11 septembre 2001 en est un exemple remarquable. Outre et à cause de l’énorme culot de l’opération, elle n’a pu fonctionner que dans un environnement incertain qui manque de repères et en France dans un milieu toujours prêt à remettre en question la vérité venue des États-Unis. Plus on regarde CNN, plus on s’en méfie et nombreux sont les Français qui, culturellement, “croient” aux complots.

·       Grise : incertitude sur l’origine du message : les rumeurs. La rumeur peut être spontanée ou suscitée. Le deuxième cas se rapproche de la propagande noire. Une source occulte a cherché à faire croire que…[9]

·       Noire : un service spécialisé fabrique une fausse origine, c’est la désinformation, les mesures actives prati­quées systématiquement par les régimes communistes.

Tchakhotine a introduit de nombreuses distinctions plus fines qui mettent en relation le procédé et le destinataire. “La propagande par persuasion, surtout pour les militants et la propagande par suggestion, pour les grandes masses[10]. Le terme de suggestion renvoie explicitement à l’hypnose, état dans lequel on plonge les masses en recourant au bruit, aux effets spectaculaires. De même, la guerre a inspiré la publicité naissante et réciproquement. Cette infusion a touché, puis contaminé la politique qui s’en est emparée en mode totalitaire pour faire la guerre. En 1951, le Dr Ernest Dichter, président de l’Institut de Recherche des Mobiles[11], interpellait les agences de publicité américaines, les exhortant à s’avouer comme “autant de laboratoires de psychologie avancée”.

Pour un Tchakhotine comme pour un Vance Packard[12] propagande et publicité relèvent d’une même démarche et, lorsqu’il s’agit d’une finalité politique, ne diffèrent pas. On comprend pourquoi, par la suite, publicistes et journalistes eurent le souci de se dégager de ce redoutable amalgame. Et cependant, ils ont vite fait de réinvestir le champ du politique en proposant leurs services, comme le fit Marcel Bleustein-Blanchet lorsqu’il propose en 1938 au Président Daladier un projet d’orga­nisme chargé de l’information française[13].

Finalement, les techniques se sont imposées pour guider la politique de manière à créer un système de démocratie médiatique. Toujours caractérisé en principe par la séparation des pouvoirs, son équilibre est encore mal défini et les relations difficiles à aménager. Dans les sociétés démocratiques, le problème relève d’un équilibre très difficile à trouver, foncièrement évolutif entre les pouvoirs constitutifs et constitutionnellement reconnus de la société.

Message et médium

La linguistique et la sémiologie moderne se fondent sur la distinction entre signifié et signifiant. En accor­dant à ce dernier un rôle majeur, elles ouvraient la voie à une interrogation sur la relation entre le message et le médium, au moment même où l’étude des méthodes de l’action psychologique insistait sur les procédés.

On assiste ainsi depuis un demi-siècle à une mutation compétitive de la relation message/médium.

Les implications d’une telle relation compétitive ont été particulièrement mises en évidence par le Canadien Marshall Mc Luhan à travers la fameuse formule “le message c’est le médium” qui ouvre un champ particu­lièrement fécond pour la sémiologie et, bien évidemment, pour la publicité[14].

Il procède également à la distinction entre médium chaud et froid. “Un médium est chaud lorsqu’il prolonge un seul des sens et lui donne une haute définition”.

La nature du médium produit des effets spécifiques sans rapports immédiats avec le message, mais avec les conditions de réception. C’est toute la différence entre le cinéma et la TV. Au cinéma, le message est très chaud parce qu’il est reçu par une foule, réunie pour un temps court, plongée dans l’obscurité, instinctuelle, en état de fascination et anonyme. La domesticité de la TV induit une fragmentation de l’auditoire et de l’attention qui se fait flottante. Une sorte d’ancillarité du message. On se lève, on mange, on revient, on parle de cela ou d’autre chose… etc. Finalement, la pratique du zapping corres­pond à un “détachement” intellectuel, qui, sans le savoir, s’apparente à une sorte de distanciation quasi brechtien­ne autorisée par le médium par rapport au message. Il est beaucoup plus difficile de sortir d’une salle de cinéma, même lorsque le film déplaît.

Telle est, en son évolution occidentale, la réception “libre” des émissions.

Ceci conduit à considérer les évolutions actuelles.

Démassification des messages à l’âge de l’informa­tion et de l’hypermédiatisme[15]

Nous suggérons l’hypothèse suivante : plus l’infor­mation et la communication prennent de place dans la civilisation, plus s’affirme la singularité du sujet qui abandonne son statut de récepteur manipulable pour celui d’acteur dans la chaîne de l’info-com.

Le médium télévisuel perd sa position dominante. Brièvement dominé par le pouvoir exécutif (BBC, RAI, RTF), il subit le contre-coup de l’érosion des monopoles d’état en Europe. Sans doute l’État conserve-t-il des parts d’influence, mais il lui faut s’accommoder du laissez-faire, laissez-aller, correspondant à l’émergence de l’âge de l’information.

Les médias et les formes d’organisations socio-démographiques rétroagissent mutuellement. La TV n’est plus l’église de la nouvelle communion du foyer, ce qui fut en partie vrai de la radio. Le délitement de la famille nucléaire a fait imploser le tube cathod/l/ique. La consommation d’un poste de télévision par personne dans les foyers américains annonçait l’avènement de l’ordi­nateur individuel. Pour autant, nul patriarche n’a envi­sagé de gérer centralement tous les postes de la famille. Le PC et le CD-Rom récusent la salle de cinéma et la TV familialisée. Comme la vidéo, ils participent d’une repro­grammation individualisée de l’information fondée sur la gestion du temps différé. Ainsi se développe une nouvelle consommation de l’information. À l’information (rare) des masses a succédé la massification des données et des messages disponibles gratuitement ou vénalement pour chacun.

Cependant, le reste du monde connaît des niveaux de développement médiatique très différents. Les écarts entre régions, pays et continents ne doivent pas induire de fausses perceptions uniformisantes : l’exagération de l’impact de CNN[16], de la puissance d’Internet en sont autant d’exemples[17].

Deux grands principes peuvent être retenus :

1.    On se doit de respecter les propriétés de chaque médium. Sur un écran de télévision, la gesticulation, la violence verbale, tout excès est sanctionné parce qu’il contrarie les données de la communication.

Véritable théâtre d’affrontement de l’oralité, la radio est plus ambivalente : aux discours torrides fondés sur l’intonation exaltée, la rauracité de la voix hitlérien­ne, Roosevelt avait su opposer les “causeries au coin du feu” dans le cercle de famille pour expliquer patiemment le New Deal, rassurer les victimes de la crise de 1929. Pourtant après 1942, l’élocution s’est faite plus âpre et tranchante. Churchill, sur la BBC, annonce d’une voix vibrante mais étonnamment posée, “au sang, de la sueur et des larmes”.

2.    Toutefois, l’émergence d’un nouveau médium vient s’ajouter sans supprimer ses prédécesseurs. Les effets sont cumulatifs et, de ce fait, le résultat final devient de plus en plus difficile à cerner. Après avoir entendu la radio, sur le chemin du travail, on continue à aller aux meetings “chauds” qui intègrent des effets spectaculaires utilisant des médiums. Réciproquement, la TV retransmet les images et les sons issus de ces mêmes meetings. Cette rediffusion commente par l’effet du médium la communication retransmise et, évidem­ment, montée.

Les procédés de “prise de contrôle” du psychisme : hard et soft control

La notion de contrôle des esprits gagne du terrain. Faut-il y voir l’effet du renoncement aux procédés “durs” par les pays démocratiques ou, plus profondément, l’in­sertion des procédés de persuasion au sein des sociétés de l’information de plus en plus réceptives et sensibles ?

Le contrôle de l’information découle de l’idée qu’“en maîtrisant l’information qu’il reçoit, il est possible de réduire la capacité d’un individu de penser par lui-même. Car vous limitez l’étendue de sa capacité à penser[18]. Donc, si un État ou une organisation s’assure la supé­riorité dans le domaine de l’information, il peut s’empa­rer de l’esprit d’un individu, de groupes, voire d’une société dans son ensemble. Ceci revient à la définition de nouvelles méthodes de prise de pouvoir douces, sans violence, sans coup d’État, sans guerre, simplement par l’exercice de l’influence psychique informationnelle.

Procédés “doux”

La libre adhésion et l’engagement volontaire, psy­chologie de la motivation et de la soumission volontaire.

Une fois encore, ce n’est pas par hasard que la guerre stimula la recherche dans la psychologie de groupe. Tout comme la recherche opérationnelle fit appel aux mathématiciens, spécialistes de la théorie des jeux (Morgenstern, von Neumann), le besoin de rallier les opinions au service de l’effort de guerre conduisit à solliciter les psychologues. Stimuler la motivation, provo­quer un engagement fort (commitment) fut une des missions confiées à des hommes comme Kurt Lewin, qui développa les techniques de la soumission volontaire par le procédé du libre engagement de l’individu par rapport au groupe. Ces travaux eurent de nombreuses répercus­sions sur toutes les sciences sociales, y compris les sciences économiques et les problèmes de négociation internationale ou commerciale dans l’école de Harvard qui intégrèrent également la théorie des jeux[19].

La dynamique de groupe présente un intérêt parti­culier, car elle produit aussi bien ce que j’appelle des effets de “décharge”, les plus connus, que de “charge”. La décharge correspond à la thérapie ou modalité d’assis­tance à des personnes en situation de détresse par rapport à la maladie (cancer, SIDA) ou des accidents traumatisants. Il s’agit, grâce au groupe, de décharger le sujet d’un fardeau trop lourd pour lui. Il partage sa souffrance ; la transmettant, il s’en délivre, au moins partiellement. La “charge” constitue un mode particulier de conditionnement “dur” des individus à des fins d’agression.

Procédés “durs” en milieux coercitifs

·         en mode négatif : la rééducation de la pensée ou “lavage de cerveau

Elle présuppose une subordination initiale : le sujet est en général prisonnier et un couplage entre une coer­cition physique parfois très dure et la persuasion par des raisonnements logiques, en général fondés sur une axiomatique idéologique (l’histoire a un sens, les classes sont en lutte à mort, Jésus est le fils de Dieu…, etc.). Elle utilise un procédé extrêmement efficace : l’autocritique, processus authentiquement destructeur de la person­nalité.

·         en mode positif : la formation des “volontaires de la mort

La “communauté” de ceux qui s’enrôlent pour commettre un attentat-suicide se fonde sur un principe d’exclusion du monde extérieur et des liens tradition­nels : familles, amis, environnement culturel. Le membre potentiel, qui fait l’objet dès le départ d’un rituel d’élec­tion, s’exclut de la vie ordinaire pour entrer dans un environnement entièrement contrôlé par d’autres et régi par des principes différents. Il s’agit d’un passage, phéno­mène connu de tous les rituels initiatiques. 

Cette persuasion par les moyens de la dynamique de groupe donne des résultats de qualité supérieure en termes de motivation et d’efficacité dans l’action.

Paranormalité et psychotropes.

Il n’est jamais interdit d’envisager l’hypnose ou l’exploitation de certains talents de personnes reconnues capables de vision à distance. Les États-Unis ne s’en privent pas. La part de ce genre d’activités dans le bud­get de la défense américain voisine le 0,001 %. Toutefois, aucun chef opérationnel ne se fondera sur une informa­tion obtenue par une source de cette nature. Comme pour les OVNI et les extra-terrestres, ces activités alimentent une littérature souvent proche des tabloïds mais, de temps à autre, des revues fort compétentes s’y intéres­sent. Ce monde a ses spécialistes, ses figures embléma­tiques comme le colonel Alexander, officier en retraite, spécialiste des armes non-létales, se définissant lui-même comme “thanatologist[20].

En règle générale, pour s’emparer de l’esprit d’un individu ou même d’un groupe, le rôle des stupéfiants ne doit être ni négligé, ni être surestimé. Les drogues peuvent faciliter la capacité à acquérir un ascendant sur la volonté affaiblie d’un individu. Elles permettent de créer un état euphorisant qui annihile certaines opposi­tions de l’esprit ou du corps. Mais on ne saurait aller beaucoup plus loin. La drogue (qui rend “amok”) permet de lever certains comportements réflexes comme l’ins­tinct de conservation qui reste un inhibiteur pour l’action collective finalisée et complexe. Elle ne peut servir que pour une action individuelle rudimentaire : poignarder, jeter une bombe.

Dans un registre voisin, l’armée de terre américaine s’interroge très sérieusement sur des virus informatiques russes capables de s’emparer de l’esprit du récepteur, voire de le tuer[21].

Du mensonge et de l’erreur : quelques principes de guidage pour la manœuvre

En dépit d’intentions excellentes, moralement irré­prochables, les erreurs de manipulation de l’arme psy­chologique sont fréquentes parce que les composantes sont nombreuses et subtiles. J’en donnerai trois exemples :

* L’erreur sur les effets du médium

Saddam Hussein a retenu des ressortissants étran­gers en Irak. Ce sont déjà, dans l’esprit occidental, plus que des otages, des boucliers humains. Le chef de l’État irakien cherche à déjouer cette présentation. Il organise une petite mise en scène télévisuelle avec un jeune garçon britannique auquel, de manière paternelle, il demande s’il va bien, s’il ne manque pas de cornflakes au petit déjeuner…etc. L’effet est désastreux. Ce n’est pas un brave grand-père hugolien, mais un ogre qui prend entre ses pattes un jeune garçon, sorte de petit poucet. Pourtant, du seul point de vue du médium, cette saynète familiale aurait pu passer convenablement sur le petit écran. Peut-être a-t-elle fonctionné positivement en Irak. Mais elle était insoutenable dans la culture occidentale, en raison du choc insupportable entre le fort et le faible, entre l’adulte et l’enfant.

* L’erreur de synchronisation en situation opérationnelle directe

Au Kosovo en mai 1999, un tract de l’OTAN : “refusez de sortir de vos casernes, d’aller combattre”. Mais une heure après, l’aviation alliée prend pour cibles les casernes de l’armée serbe : les deux opérations n’étaient pas coordonnées. On imagine l’effet psychologique rési­duel sur la fourberie des alliés.

* L’erreur culturelle

Le bataillon allemand 914 d’opsinfo dispose de haut-parleurs mobiles pour les opérations de maintien de la paix. Les messages destinés à calmer les foules, à éviter les barrages humains sur le passage d’un convoi, sont rédigés en une douzaine de langues. Pour me le démon­trer lors d’une visite, mes amis allemands mettent en route la cassette en français. J’entends alors, en français mais avec un accent allemand à couper au couteau : “attention, attention, il s’agit d’un convoi pacifique, la population doit se disperser… etc.”. Ainsi, le message est-il totalement défait par cet accent qui, pour un Français, même d’une génération qui n’a point connu l’occupation, résonne dans l’histoire. On ose espérer que l’accent affectant la langue serbe était moins germanique.

L’unité du message, sa cohérence, son émission au bon moment et la connaissance du milieu culturel auquel on s’adresse constituent autant de principes cruciaux. Il suffit qu’un seul fasse défaut pour que s’écroule toute la construction.

Afin d’éviter ces erreurs ou d’en rattraper au plus tôt les effets, on doit procéder à des expérimentations préalables et surtout à une mesure de l’impact, ce qui reste très délicat.

Que sait-on de l’effet du travail du bataillon alle­mand sur les collégiens bosniaques ? Le journal Mirko publié par le groupe 914 propose un mode de vie, des valeurs pluri-ethniques sur un modèle résolument “peace, love and music”. Que sait-on de l’impact d’une propagande “d’en face” soutenue par les associations caritatives islamistes, qui diffusent des croyances antisé­mites fondées sur des preuves introuvables ?

L’évaluation est donc très difficile, sauf dans les situations de très court terme où l’effet est palpable. Ainsi cite-t-on le rôle apaisant de la musique lors de l’opération américaine Restore Democracy au Panama contre le général Noriega en 198 ?

La tentation du mensonge

Il convient d’abord de bien distinguer entre les opérations militaires destinées à tromper les forces armées adverses et l’existence d’une manœuvre planifiée pour produire un effet psychologique, laquelle peut être tentée de recourir au mensonge.

*     Tromper l’ennemi à la guerre n’est pas répréhensible. Cela fait l’objet d’une activité spécifique nommée “déception” qui recourt à des stratagèmes et diverses ruses pour faire croire à une opération militaire qui n’aura pas lieu alors qu’une autre, camouflée, pourra se dérouler dans les conditions optimales contre un ennemi dont l’attention aura pu être détournée[22].

*     Tromper la population de l’ennemi dès lors qu’on veut la rallier et la détacher de ses dirigeants devient un véritable problème. Il convient, dans ce cas, de démontrer que l’on dit la vérité à des citoyens dupés par leur gouvernement. Exercice presque impossible en situation de guerre : il est très difficile de faire tomber des bombes sur un pays en disant : “nous n’avons rien contre vous”.

Mais veut-on vraiment rallier la population ? Ne suffit-il pas de faire vaciller le soutien qu’elle apporte à son gouvernement pour gagner la guerre ? Tout dépend du but de celle-ci et de la finalité politique de très long terme. Telle fut la manœuvre du haut-état-major alle­mand, consistant à faire passer Lénine de Suisse en Russie pour que, propageant la révolution, il provoque l’effondrement du régime tsariste.

À l’opposé, les guerres balkaniques de 1991-1999 suggèrent de la part des États d’Europe occidentale une réelle volonté de rallier les populations européennes dans un esprit d’intégration pacifique et d’extension de la démocratie.

*    Tromper sa propre population pour mieux agir contre l’ennemi constitue une tentation permanente, très dangereuse, comportant une responsabilité politique élevée.

Sur le long terme, pour une démocratie, le men­songe est une carte perdante. Cependant la tentation du court terme reste puissante. C’est l’occasion à saisir pour obtenir un résultat immédiatement décisif. À cet effet, l’autorité gouvernementale peut être tentée en situation de crise et, plus encore, de guerre, de recourir à des manœuvres psychologiques secrètes, “noires” conduites non par les armées, mais par les “services” et les forces spéciales réputés compétents. 

Tentation d’autant plus forte que la technologie audiovisuelle offre de plus en plus des moyens de falsifi­cation. L’incrustation numérique permet de perfectionner les vieux procédés du trucage photographique et du montage cinématographique[23]. On ajoute de la présence là où l’on créait de l’absence. On agrège des signes dans un même plan unifiant alors que l’on associait par effet du montage. Mais, là encore, il faut intégrer le niveau d’éducation du récepteur qui, de plus en plus, est mis en alerte et parfois, par précaution, se fait critique.

Le problème majeur viendra toujours de ce que l’adversaire ne joue pas forcément selon les mêmes règles, bien au contraire. Il faut le savoir, le faire savoir et en tirer parti de manière à retourner son mensonge contre lui. Si dans votre camp ou celui des “tiers” l’état d’esprit est que l’on ment d’un côté comme de l’autre, vous avez perdu, puisqu’au mieux, vos efforts pour éta­blir en vérité votre position sont neutralisés.

La meilleure stratégie consiste à prendre l’ennemi au piège de son mensonge pour le retourner contre lui. “Radio Paris ment, Radio Paris est allemand” fut un des meilleurs slogans, simple, direct, mis en œuvre de manière plaisante sur l’air de la cucaracha, danse fort populaire dans les années 30.



[1]       Frank Goldstein, Psychological Operations, Air University Press, 1996. Cet ouvrage collectif fournit une mise au point très élaborée de l’approche américaine.

[2]       Définition officielle du ministère de la défense allemand, 1999.

[3]       Manuel de l’OTAN, “Doctrine interalliée des opérations interar­mées”, septembre 1997, version non classifiée.

[4]       François Géré, La guerre psychologique, ISC-Economica, 1997, pp. 349 sqq, La guerre psychologique soviétique.

[5]       Ce processus d’auto-intoxication qui s’élève au niveau d’une pathologie d’État se retrouve en Corée du Nord, à Cuba, en Irak, encore au Vietnam. L’analyse la plus finement poussée est sans doute celle du dissident soviétique Alexandre Zinoviev dans L’Avenir radieux, L’Age d’homme, 1978.

[6]       Les notions de persuasion, de séduction sont explicitées en relation avec le concept de “mobile” dans le schéma général et les entrées de mon Dictionnaire de la pensée stratégique, Larousse, 2000.

[7]       Serge Tchakhotine Le viol des foules par la propagande politique, Gallimard, 1939/1952, réédition 1992, p. 149.

[8]       Gabriel de Tarde auteur de l’ouvrage Les lois de l’imitation, Alcan, 1907. Ses écrits sont contemporains de ceux de Gustave Le Bon sur la psychologie des foules, prolongations des premières intuitions d’Hippolyte Taine.

[9]       F. Géré (dir.), Nouveaux médias et guerre psychologique, Recher­ches et Documents, Fondation pour les Etudes de Défense, Paris, 1999. Le problème des rumeurs est utilement développé par Madame Vincent Courrier, CNRS.

[10]     S. Tchakhotine, op. cit, p. 540.

[11]     Au sens de “motivation”. Les travaux de Dichter accompagnent ceux de Louis Cheskin, directeur de l’Institut de recherche des couleurs. Tous deux mettent en avant la notion de subconscient.

[12]     Vance Packard, La persuasion clandestine, Calmann-Lévy, 1958.

[13]     Marcel Bleustein-Blanchet, La rage de convaincre, Laffont, 1974.

[14]     Marshall McLuhan, Pour comprendre les médias, Seuil, Points, 1968, 1964 pour la première édition canadienne.

[15]     François Géré, “L’action psychologique à l’ère de l’hypermédia­tisme”, L’Armement, n° 60, décembre 1997.

[16]     Don M. Flournoy & Robert K. Stewart, The International Audience, chapitre 8, “CNN, Making News in the Global Market”.

[17]     Dominique Wolton, Internet, Flammarion, Champs, 2001.

[18]     Steven Hassan, Combating Cult Mind Control, Cult Awareness & Information Center, Mansfield, Australia, 2002.

[19]     Citons parmi les plus importants Thomas C. Schelling, Stratégie du conflit, Harvard UP, 1960, PUF, 1986 et Howard Raiffa, The Art and Science of Negotiation, Harvard UP, 1982.

[20]     Steven Aftergood, “The Soft-kill Fallacy”, Bulletin of Atomic Scientist, 9-10/1994.

[21]     Timothy L. Thomas, “Ten Key Elements of the Russian Undesr­standing of Information Operations”, Fort Leavenworth, Kansas, US Army, october 1997. Thomas@Leav-EMH1.Army.Mil.

[22]     François Géré, Dictionnaire de la pensée stratégique, Larousse 2000. On se reportera aux entrées déception et psychologie.

[23]     Les manipulations de l’image et du son, Hachette-Pluriel, 1996, notamment l’ensemble des contributions au chapitre 3.

 

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