La “transformation” de l’armée de terre américaine : entre Blitzkrieg et réalité

Serge Gadal

La transformation de l’Army est-elle trans­formationnelle ?” C’est le plus sérieuse­ment du monde qu’un rapport officiel de l’Institute of Land Warfare[1] pose cette question sibylline qui rappelle aux philosophes peu au fait des discussions doctrinales américaines les dévelop­pements qu’Heidegger consacra jadis à “l’étantité de l’étant”. C’est tout aussi sérieusement que le rapport susmentionné répond à cette question ontologique par un “Oui, tout à fait” (Emphati­cally yes) fort peu philosophique.

De quoi s’agit-il donc en réalité ? Que cache ce terme relativement anodin de “transformation” qui est employé depuis 1999 aux États-Unis pour caractériser l’actuel processus d’évolution des forces armées ? Le terme même de “transformation” est trompeur. Toute organisation a, en effet, vocation à se transformer au cours de son existence pour s’adapter à l’évolution du monde extérieur et les forces armées américaines ne font pas exception à la règle. Pour certains, il conviendrait plutôt de parler de révolution, mais le terme est déjà pris car, ainsi que nous le verrons, la “transformation” ne se confond pas avec la “révolution dans les affaires militaires”.

Le but de cet article est relativement modeste. Il ne s’agit ici que d’éclaircir quelque peu ce qui semblerait n’être a priori que le dernier avatar d’une novlangue doctrinale pour le moins proliférante depuis quelques années. L’analyse proprement dite viendra plus tard, avec le recul nécessaire. En nous limitant ici à l’armée de terre américaine (l’Army)[2], nous tenterons d’abord de définir ce concept, puis d’en présenter les origines et de retracer les grandes lignes de sa mise en œuvre et, enfin de mentionner les critiques principales dont il a pu faire l’objet. En conclusion, nous évoquerons un épisode souvent comparé par la littérature américaine actuelle avec la “transformation” de l’US Army : la refondation doctrinale de l’armée allemande à la suite du traité de Versailles.

Une tentative de définition

Pour Andrew Krepinevich, Directeur du Center for Strategic and Budgetary Assessment, on peut, en pre­mière analyse, considérer la transformation comme “une innovation sur une grande échelle[3]. Selon lui, cette “transformation” est généralement mise en œuvre par les forces armées lorsqu’elles estiment que “des change­ments majeurs dans la nature de la guerre sont en train de se produire[4].


Comme nous l’avons laissé entendre plus haut, ce concept est souvent lié à un autre concept à la mode, celui de la Révolution dans les Affaires Militaires (RAM ou RMA dans les pays anglo-saxons). Toujours selon Andrew Krepinevich, “les périodes de transformation militaire sont typiquement associées à une Révolution dans les Affaires Militaires ou RAM, dans laquelle une combinaison de technologies, de concepts opérationnels (warfighting concepts) et de changements dans l’organi­sation s’associent pour provoquer un bond spectaculaire dans l’efficacité militaire[5].

Il faut toutefois prendre garde à ne pas confondre “transformation” et Révolution dans les Affaires Mili­taires. Qu’entend-on précisément par cette dernière notion ? Selon une définition désormais classique, “une révolution militaire se produit lorsque l’application de techniques nouvelles aux systèmes militaires se combine à des concepts opérationnels novateurs et s’accompagne d’une adaptation de l’organisation[6]. Son caractère révo­lutionnaire tient précisément en ce que “l’accroissement spectaculaire du potentiel et de l’efficacité des forces armées qui en résulte entraîne une modification fonda­mentale du caractère des conflits et de la façon de les conduire[7]. Plus concrètement, on peut considérer, avec Christian Malis, qu’“il y a révolution militaire quand l’utilisation par un adversaire de méthodes de combat nouvelles lui permettent d’obtenir sur le terrain un avan­tage militaire décisif, qui se concrétise le plus souvent par une victoire massive et rapide[8].

Les révolutions militaires seraient caractérisées par la réunion de quatre éléments constitutifs : l’évolution technologique, la mise au point de nouveaux systèmes, l’innovation opérationnelle et enfin l’adaptation des structures.

Les deux concepts ne sont pas synonymes : “la transformation est un processus que met en œuvre une organisation militaire lorsqu’elle croit qu’une révolution militaire est en train de survenir ou est potentiellement en train de survenir[9]. En d’autres mots, la transforma­tion serait un processus interne à l’organisation militaire destiné à faire bénéficier cette dernière d’une RAM qui se produirait en partie en dehors d’elle. Ainsi le groupe de travail sur la Quadrennial Defense Review 2001 définit la transformation comme “l’ensemble des activités par lesquelles le Department of Defense tente de maîtriser la Révolution dans les Affaires Militaires pour mettre en œuvre des changements fondamentaux dans la technolo­gie, les concepts opérationnels et la doctrine, ainsi que la structure des organisations”.

Autre concept souvent associé à la transformation en cours celui de “guerre réseau-centrée” (network centric warfare). Ainsi, dans un récent rapport sur les opérations réseau-centrées présenté devant l’Assemblée de l’Union de l’Europe occidentale (UEO) par sa Com­mission de défense, le processus de transformation en cours n’appa­raît que comme la mise en place de capa­cités réseau-centrées : “Guerre en réseau, capacités réseau-centrées, opérations réseau-centrées, ces concepts sont aujourd’hui au cœur des réformes des forces armées dans un grand nombre de pays membres de l’Alliance atlantique et de l’UE. Ce processus est connu sous l’appel­lation de trans­formation et il touche à la fois les doctri­nes, la structure des forces et les systèmes d’armes[10].

Après avoir tenté de définir ce qu’est la transfor­mation, il convient maintenant de cerner un peu plus ce concept en précisant avec Andrew Krepinevich ce qu’il n’est pas.

Premier élément, la transformation ne consiste pas seulement à introduire de nouvelles technologies dans les forces armées, mais elle “nécessite des changements dans la façon dont la force est employée, à travers des modi­fications majeures dans la doctrine et la structure des forces armées[11].

Deuxième élément, “la transformation ne consiste pas à améliorer notre efficacité dans le cadre de concepts militaires opérationnels existants ; elle consiste plutôt à développer de nouveaux concepts militaires[12]. Cette idée est importante. Si des avancées technologiques sont nécessaires, elles ne suffisent pas. Comme l’exprimaient déjà en 1994 Fitzsimonds et Van Tol dans un article sur la RMA : “des changements profonds n’interviennent que lorsque sont développés de nouveaux concepts d’opération incorporant les nouvelles technologies[13]. Ils ajoutaient que, souvent, ceci “nécessitera ou résultera dans de nou­velles organisations militaires qui refléteront les nou­velles conditions[14].

Enfin, troisième et dernier élément apporté par Krepinevich, qui tempère cette remarque de Fitzsimonds et Van Tol : “la transformation ne signifie pas supplanter la totalité de l’armée par de nouveaux systèmes et de nouvelles structures. Aujourd’hui, notre défi consiste à identifier quelle combinaison de systèmes nouveaux et de systèmes émergents est requise afin de faire face au nouvel environnement de menaces […]”[15].

 Les origines

À l’issue de la guerre froide, l’armée américaine hérita de forces terrestres importantes caractérisées par une forte puissance de feu et la prédominance de l’arme blindée. Son succès en 1991 lors de la première guerre du Golfe eut tendance à masquer la lenteur de sa mise en place initiale (près de six mois) qui n’échappa pas cepen­dant aux observateurs[16]. De même, on se souvient des retards pris par les préparatifs terrestres américains lors du conflit du Kosovo en 1999, et en particulier des déboires du détachement d’hélicoptères Apache (la Task Force Hawk) qui devait constituer le fer de lance d’une éventuelle offensive. À cet égard, certains analystes, et non des moindres, admettent que “les efforts actuels de l’Army dans le cadre de la transformation semblent pour une part importante tirer leur source de sa récente inca­pacité à déployer rapidement des forces sur la frontière entre l’Albanie et le Kosovo pendant le conflit des Balkans[17].

On prit alors conscience d’un “environnement géo­stratégique changeant rapidement dans lequel la mobilité stratégique et la létalité ne peuvent plus coexister avec succès en tant que variables séparées[18]. C’est précisé­ment ce qu’exprime, en d’autres termes, le général Dubik : “Toute notre puissance de combat ne sert à rien si nous sommes incapables de la transporter sur le théâtre en temps voulu ou de la faire manœuvrer au niveau tacti­que[19]. Sa conclusion est sans appel : “Aujourd’hui nos forces lourdes ont une déployabilité stratégique limitée et nos forces légères une utilité tactique limitée”. Le rôle de la “transformation” sera alors “de remédier à cette coupure[20], de mettre sur le terrain “une force assez légère pour être projetée rapidement sur un plan mondial et assez létale pour dominer dès son arrivée[21].

En juin 1999, le général Eric Shinseki devint chef d’état-major de l’Army et prit immédiatement le pro­blème à bras le corps. Le 12 octobre suivant, annonçant devant l’Association of the United States Army la publi­cation du document Army Vision, il employa pour la première fois le terme de “transformation” : “Les soldats ... sont en train de transformer ceci, l’Army la plus respec­tée du monde[22], en une force stratégiquement réactive qui domine sur la totalité du spectre des opérations[23]. Il poursuivit ainsi : “Les forces lourdes doivent être plus facilement déployables au niveau stratégique et plus agiles avec une surface logistique plus réduite et les forces légères doivent être plus létales, dotées d’une meilleure capacité de survie et d’une meilleure mobilité tactique. Atteindre ce paradigme nécessitera une réflexion nova­trice à propos de la structure, des efforts de moder­nisation et des dépenses[24].

Ce concept faisait écho à un discours de George W. Bush, qui n’était alors que gouverneur du Texas, pronon­cé quelques semaines auparavant : “Dans le prochain siècle, nos forces devront être agiles, létales, facilement déployables, et ne nécessiter qu’un minimum de soutien logistique. Nous devons être capables de projeter notre puissance sur de longues distances en jours ou en semai­nes plutôt qu’en mois ... Sur terre, nos forces lourdes doivent être plus légères. Nos forces légères plus létales. Toutes doivent être plus faciles à déployer. Et ces forces doivent être organisées en formations plus petites et plus agiles[25]. Deux ans plus tard, le même George W. Bush, devenu président des États-Unis, réaffirmera le caractère révolutionnaire de la transformation des armées améri­caines : “Cette révolution au sein de nos forces armées ne fait que commencer et elle promet déjà de changer le visage de la bataille[26]. Parlant trois mois exactement après les événements du 11 septembre, il met l’accent à cette occasion sur la difficulté de l’entre­prise : “Ce qui est différent aujourd’hui c’est notre sens de l’urgence – la nécessité de construire cette force future tout en menant la guerre d’aujourd’hui. Cela revient à réviser un moteur tout en conduisant à 130 kilomètres à l’heure. Mais nous n’avons pas d’autre choix[27].

Le 17 septembre 2002 fut publiée une nouvelle Stratégie Nationale de Sécurité (National Security Stra­tegy) qui faisait de la transformation du Département de la Défense un impératif clé, en considérant que les forces armées “doivent être transformées pour se concentrer sur la façon dont un adversaire pourrait se battre plutôt que sur le lieu et le moment où une guerre pourrait survenir[28].

La mise en œuvre : les trois forces

Fin 1999, l’Army élabora un plan d’action, le Trans­formation Campaign Plan, destiné à mettre en œuvre ce processus de “transformation” dont on vient de définir le concept et l’origine. Le plan développa trois axes d’évolu­tions en parallèle qui correspondaient chacun à un état des forces terrestres désignés respectivement par les termes de Legacy Force, d’Interim Force et d’Objective Force. Ces trois “forces” ont vocation à fusionner entre 2020 et 2030 au sein de ce qui sera alors la plus évoluée d’entre elles, l’Objective Force.

À l’horizon de la “transformation” se trouve un objectif essentiel de déployabilité : la capacité à projeter une brigade, ou son équivalent, n’importe où dans le monde en 96 heures (avec tout l’équipement et le ravitail­lement nécessaire pour lui permettre d’opérer sans soutien extérieur pendant trois jours), une division com­plète en 120 heures et cinq divisions en 30 jours[29].

La Legacy Force

La Legacy Force, représente simplement l’état initial de l’Army au début du processus de transfor­mation. Elle est constituée de forces “lourdes”, si l’on reprend la terminologie “transformationnelle”, équipées de chars M1A1 Abrams et de véhicules de combat blindés M2/M3 Bradley. Elle a pour objet de faire face à tous les types de menaces que pourraient rencontrer les États-Unis pendant cette période de transformation qui con­siste, comme l’exprimait Georges W. Bush à “cons­truire cette force future tout en menant la guerre d’aujour­d’hui[30]. La Legacy Force doit ainsi constituer “un corps de contre-attaque” (counterattack corps), le IIIe Corps, qui sera composé de trois divisions “lourdes” (la 1st Cavalry Division et les 3e et 4e Mechanized Infantry Divisions) et d’un régiment blindé, le 3rd Armored Cavalry Regiment. Les équipements lourds actuels seront non seulement conservés mais modernisés d’une façon sélective, et les efforts de numérisation déjà entre­pris seront poursuivis. Cette modernisation con­cerne 17 systèmes considérés comme prioritaires : en font notam­ment partie le char M1 Abrams, le véhicule de combat d’infanterie M2 Bradley, les hélicoptères de combat AH-64 Apache et UH-60 Black Hawk, et l’hélicoptère CH-47 Chinook.

L’Interim Force

L’Interim Force, force intérimaire, aura vocation à agir en quelque sorte comme un “pont” entre la Legacy Force et l’Objective Force, en attendant que l’état de la science et de la technologie permette la pleine réalisation de cette dernière. Force de transition donc, l’Interim Force doit être “plus rapidement déployable que les forces lourdes, tout ayant plus de “punch au combat, une meil­leure mobilité sur le terrain et enfin offrir aux soldats une meilleure protection que les forces légères de l’Army[31]. Elle sera constituée de brigades équipées de Strykers (véhicules blindés de 19 tonnes à huit roues disponibles dans dix configurations différentes : reconnaissance, anti-char, mortier lourd, canon de 105 mm, etc.). Comme pour les véhicules qui composeront le Future Combat System de l’Objective Force, les Strykers sont conçus pour pouvoir être déployés par une flotte d’avions de transport C-130, dont la charge utile est d’environ 20 tonnes. L’Army envisage de mettre en œuvre six Stryker Brigade Combat Teams (SBCT), ou Interim Brigade Combat Teams, équi­pées chacune de 300 Strykers (si l’on compte les véhicules utilisés pour l’entraînement, on prévoit au total la cons­truction de 2112 Strykers) et comprenant 3600 fantassins répartis en trois bataillons d’infanterie, un bataillon d’artillerie de campagne et un escadron de reconnais­sance et d’observation d’artillerie[32]. Les SBCT sont, pour certains, comparables aux formations de dragons qui constituaient une grande partie de la cava­lerie jusqu’à la Première guerre mondiale, en ce sens qu’ils sont consti­tués de cavaliers qui, arrivés sur le champ de bataille, se battent démontés[33].

Le premier SBCT est devenu opérationnel en mai 2003 et a été engagé en Iraq peu de temps après. Deux autres SBCT ont depuis acquis le statut opérationnel.

L’Interim Force est également un banc d’essai pour la réalisation de l’objectif, mentionné plus haut, de déployer une brigade sur une base avancée en quatre jours, une division en cinq jours et cinq divisions en un mois. Enfin, la phase de mise en place de l’Interim Force sera utilisée pour développer une grande partie de la doctrine et de l’entraînement qui seront plus tard appli­cables à l’Objective Force.

L’Objective Force

L’état final de la transformation, l’Objective Force, est prévu pour les années 2010 ; une première unité devant être équipée à titre de prototype dès 2008. À partir de 2014, trois brigades devraient ainsi être “transformées” chaque année.

L’Objective Force sera ce que ses promoteurs appel­lent un “système de systèmes” en réseau, qui comprendra “des plates-formes existantes et des capacités nouvelles développées afin de satisfaire les besoins des futures formations de combat de l’Army[34]. Elle devra ainsi être “capable de réagir au niveau stratégique (strategically responsive) et de dominer en chaque point du spectre des opérations[35].

Pour remplir cet objectif, l’Objective Force devrait comprendre des fantassins équipés de la technologie Land Warrior, et surtout mettre en œuvre le Future Combat System ou FCS, un “groupe de systèmes d’armes terrestres et aéroportés, habités ou non, pesant moins de vingt tonnes[36]. Cette contrainte de poids, qui varie d’ail­leurs selon les sources consultées entre 17,4 et 20 tonnes, provient du fait que les FCS sont, comme leurs prédéces­seurs les Strykers, destinés à être transportés par des avions de transport C-130 H, afin, comme nous l’avons vu plus haut, d’être rapidement déployables. Pour un certain nombre d’analystes, ce point constitue d’ailleurs “l’un des enjeux techniques les plus critiques pour la réussite du programme FCS[37], et ceci d’autant plus que “les opéra­tionnels exigent que cette masse corresponde à un engin en ordre de combat capable « de faire la guerre » dès sa sortie d’avion en mode « roll-on/roll-off »[38].

Soldats et équipements seront mis en réseau : “Une architecture d’information réseau-centrée comprise dans le Global Information Grid (GIG) connectera le système de systèmes de l’Objective Force. Chaque soldat et chaque plate-forme de l’Objective Force sera capable de localiser et d’engager l’ennemi et utilisant la puissance de synergie du réseau d’information tout en maintenant une néces­saire conscience situationnelle à l’égard des forces amies. Le système Land Warrior […] connectera au réseau les soldats individuels tout en leur conférant une protection et une létalité accrues[39]. En définitive, selon ses promo­teurs, “le FCS conférera la capacité de détruire tout adversaire et de contrôler toute situation dans toutes les conditions et tous les environnements, avec de plus petits calibres, une plus grande précision, des effets plus dévas­tateurs sur la cible, le tout à de plus grandes portées[40]. Vaste programme, pourrait-on dire, qui a suscité un certain nombres de critiques que nous examinerons un peu plus loin

Revenons quelque peu sur le Future Combat System et sa composition. “Système de systèmes”, le FCS se compose d’un “grand système” constitué de 18 systèmes individuels (véhicule de combat d’infanterie, canon auto­moteur, mortier automoteur, véhicule de commande­ment, véhicule médical, véhicule de reconnaissance, drones, etc.), auquel on ajoute traditionnellement le réseau, le Warfighter Information Network-Tactical (WIN-T), et le soldat lui-même. À l’origine de ce réseau se trouve la tentative de réaliser le rêve de tout chef militaire : parve­nir à une “conscience situationnelle parfaite” qui permet­trait à chacun, quel que soit son niveau, d’obtenir à tout moment la position exacte des forces amies et ennemies.

Les unités composant l’Objective Force seront consti­tuées différemment des unités traditionnelles et s’articu­leront en unités d’action (Units of Action) et en unités d’emploi (Units of Employment).

L’“unité d’action” (UA) est l’unité tactique de base et équivaut à peu près à une brigade (avec un effectif de seulement 2 500 hommes toutefois). Elle est composée de trois Future Combat System Battalions, d’un bataillon d’artillerie et d’un escadron de reconnaissance et d’obser­vation d’artillerie, d’une compagnie de communications et de renseignement et d’une compagnie de commande­ment[41].

Les unités d’emploi (UE) sont des structures de commandement et de contrôle avec un rôle de coordina­tion et de synchronisation de nature à permettre aux “unités d’action” de remplir leurs missions. On distingue les Units of Employment level 1 (UE1), qui correspondent aux divisions actuelles et les Units of Employment level 2 (UE2), qui correspondent aux corps d’armées.

Le coût total du Future Combat System est actuelle­ment estimé à 117 milliards de dollars[42].

Les critiques de la transformation

Les Strykers et l’Interim Force

Le colonel Douglas MacGregor, auteur notamment de Breaking the Phalanx[43], où, dès 1997, il préconisait une réorganisation totale des formations de combat de l’Army, a été auditionné par le Congrès en 2004 afin de donner son point de vue sur les efforts de transformation en cours. Son jugement est catégorique : “Le Stryker Brigade Combat Teams actuel manque de la capacité C4ISR interarmées, de la puissance de feu, de la protec­tion, de la mobilité et du soutien logistique organi­que qui lui permettraient de constituer une organisation de combat pleine et entière (a full dimensional warfi­ghting organization) et son utilité opérationnelle continue­ra à se limiter à des opérations de soutien de la paix ou de police paramilitaire[44]. L’emploi en opérations du pre­mier SBCT déployé en Irak en 2003 semblerait, selon le colonel MacGregor, confirmer ce jugement : la brigade de Stryker aurait été engagée dans des zones relativement calmes, en dehors du triangle sunnite.

Enfin, ce même analyste considère que la “déploya­bilité” des Strykers, qui est pourtant la raison d’être de l’emploi de ce type de véhicules, ne répond pas aux attentes : “L’affirmation selon laquelle cette formation (le SBCT) peut être mise en œuvre n’importe où dans le monde en 96 heures n’est pas confirmée par des éléments empiriques. Etant donné la taille, le poids et le volume des véhicules blindés à roue, la brigade de Strykers n’est pas adaptée pour le transport aérien stratégique et sera déployée en tant qu’unité par la voie maritime, comme on l’a vu très récemment lorsque la brigade de Strykers qui sert actuellement en Irak est arrivée en bateau au port de Koweit City[45].

Le Future Combat System et l’Objective Force

Les critiques émises au sujet de l’Objective Force concernent trois aspects particuliers : le problème du poids des véhicules constituant le FCS ; les possibilités de réalisation d’une conscience situationnelle parfaite ; et enfin, le problème de la survivabilité des véhicules.

La contrainte de poids mentionnée plus haut n’est toujours pas respectée par les véhicules les plus lourds, lesquels affichent encore un surpoids de plus de 3 tonnes[46], au point que certains aux États-Unis se deman­dent si la tenue de cette masse critique a réelle­ment un sens sur le plan opérationnel. Claude Bolton, sous-secrétaire à l’Army, aurait récemment déclaré que l’essentiel serait de maintenir la masse des véhicules composant le FCS en deçà de trente tonnes. Ironique­ment sans doute, d’autres se demandent s’il ne serait pas plus simple de construire un nouvel avion autour desdits véhicules ! Une solution serait peut-être de prendre le Stryker de l’Interim Force, qui est aérotransportable, comme nouvelle base technique[47] au lieu de développer un engin entièrement nouveau.

Le colonel Douglas MacGregor considère qu’une conscience situationnelle parfaite est une “illusion”, en ce sens qu’elle exigerait “un niveau de capacité technolo­gique plus élevé que celui que l’on pourrait atteindre aujourd’hui et dans les prochaines décennies[48] Il en est ainsi, selon lui, en raison de la nature “chaotique” de la guerre terrestre. L’exemple de la guerre d’Irak de 2003 (Iraqi Freedom) est instructif à cet égard. MacGregor relève qu’en dépit de capacités sans précédent en matière de renseignement, la plupart des affrontements sont survenus dans des situations où les forces améri­caines sont tombées sur l’ennemi de manière tout à fait inattendue. Ce qui leur alors a permis de dominer le champ de bataille fut leur puissance de feu et surtout leur propre protection (le blindage des chars lourds M1 Abrams en particulier) : “Une information utile et apportée en temps voulu est critique, mais elle ne peut se substituer à la puissance de feu, à la mobilité et à la protection offerte par le blindage[49].

On en arrive alors au troisième type de critiques se rapportant à l’Objective Force (qui recoupent d’ailleurs celles relatives aux Strykers) : le manque de protection et de puissance de feu des véhicules, sacrifiés sur l’autel de la déployabilité. Le colonel MacGregor estime ainsi que “ce que l’armée fait après son arrivée sur un théâtre de crise ou de conflit est plus important que la rapidité avec laquelle elle est arrivée[50]. Or, ce qu’elle peut faire sur le théâtre d’opérations dépend essentiellement de sa com­po­sition. William Hawkins relève ainsi, dans un article de Parameters, que si la mission de l’armée américaine est de dominer rapidement les forces adverses, des arme­ments lourds seront nécessaires et estime que mettre trop l’accent sur le souhait d’un déploiement rapide “pourrait compromettre la capacité d’accomplir véritable­ment la mission de gagner la guerre, spécialement une guerre décisive nécessitant la défaite totale de l’ennemi et la conquête de son territoire[51]. On pense ici immédiate­ment au cas irakien.

Un certain nombre d’analyses de l’opération Iraqi Freedom montrent ainsi le rôle capital des chars lourds M1 Abrams américains et Challenger britanniques dans la réussite de la campagne de 2003. Le rapport d’opéra­tions de la 3e Division d’infanterie américaine est à cet égard tout à fait éloquent : “Nous avons gagné cette guerre dans une large mesure parce que l’ennemi n’a pas pu obtenir d’effets décisifs contre nos véhicules de combat blindés. Bien que de nombreux facteurs aient contribué à préparer le champ de bataille (interdiction aérienne, soutien aérien rapproché, artillerie), à la fin la guerre exige de se rapprocher de l’ennemi […] (Nos blindés nous ont permis de le faire) et de détruire une force ennemie lourdement armée et fanatiquement déterminée avec impunité, souvent en terrain urbain. […] Une puissance de combat décisive est essentielle, et seules des forces fortement blindées procurent cette capacité[52].

Au vu de cette expérience, de nombreux analystes considèrent qu’équiper la totalité des forces américaines avec des véhicules plus légers tels que les Strykers et plus tard ceux du Future Combat System, est encore préma­turé et recommandent de conserver un certain équilibre entre forces légères (infanterie légère), moyennes (Strykers et FCS) et lourdes (M1 Abrams)[53].

Conclusion : le Blitzkrieg en tant que modèle ?

Pour certains, le progrès technique en matière d’armements est de nature continue. Le terme de “trans­formation”, lequel a en outre l’avantage d’être facilement traduisible, s’inscrirait alors simplement dans cette ten­dance générale et serait dès lors synonyme d’évolution. Pour l’historien américain Williamson Murray, détermi­ner un point dans le temps où l’on pourra considérer que la transformation sera achevée est illusoire, car il est évident qu’à ce moment un certain nombre de facteurs auront changé (l’environnement stratégique, les techno­lo­gies, les budgets de la défense, etc.). Pour lui, ce proces­sus de transformation “survient dans les organisa­tions humaines de façon continue. Comme les humains, les organisations qui ne changent pas meurent[54].

Pour d’autres, il s’agirait plutôt d’une véritable révolution, sans précédent depuis la reconstruction de la Reichswehr par le général Hans von Seeckt dans les années 1920[55]. Ainsi pour David Jablonsky, “jamais depuis les efforts du général Hans von Seeckt avec la Reichswehr allemande au début des années 1920 une organisation militaire n’avait entrepris de se transformer aussi délibérément que l’US Army aujourd’hui[56]

La référence à von Seeckt et à la réorganisation de l’armée allemande durant l’entre-deux-guerres est omni­présente dans la littérature américaine relative à la transformation et à la RMA, essentiellement parce qu’elle a permis ensuite la réalisation du Blitzkrieg, para­digme opérationnel de l’US Army depuis AirLand Battle[57]. Ainsi, les résultats de la guerre d’Irak du prin­temps 2003 furent, pour certains commentateurs, à mettre directement au crédit du processus de transfor­ma­tion en cours, dont elle constitua dès lors une sorte de banc d’essai. Pour le journaliste néo-conservateur Max Boot, la guerre de 2003 reléguerait le Blitzkrieg aux oubliettes de l’histoire militaire : “Auparavant, l’étalon-or de l’excellence opérationnelle était le Blitzkrieg alle­mand à travers les Pays-Bas et la France en 1940. Les Alle­mands réussirent à conquérir la France, les Pays-Bas et la Belgique en 44 jours au coût de « seulement » 27 000 soldats tués. Les États-Unis et la Grande-Bretagne n’ont eu besoin que de 26 jours pour conquérir l’Irak (un pays dont la taille est égale à 80% de celle de la France), au coût de 161 morts, faisant ainsi apparaître des généraux de légende comme Erwin Rommel et Heinz Guderian comme parfaitement incompétents en comparaison[58]. Ce raisonnement fait quelque peu sourire…

Plus sérieusement, Fitzsimonds et Van Tol, dans leur article sur la RMA déjà cité, expliquent que “le Blitzkrieg a été considéré comme une révolution dans les affaires militaires ou RMA – un changement fondamen­tal dans la nature de la guerre que la Wehrmacht a utilisé pour infliger une défaite rapide et formidable à une force qualitativement comparable et numériquement supé­rieure[59]. Pour ces deux auteurs, la cause de la victoire allemande se trouve dans “l’exploitation nova­trice sur un plan opérationnel de systèmes communs aux deux adver­saires : le char d’assaut, l’avion et la radio. La vitesse, la surprise et la ruse, combinées avec une perfor­mance tacti­que et opérationnelle supérieure, donnèrent aux Alle­mands un degré de relative supériorité opéra­tionnelle auquel les Alliés n’ont pas su s’adapter à temps[60].

Williamson Murray et Thomas 0’Leary font de leur côté une analyse extrêmement fine du parallèle entre la “transformation” actuelle et la refondation de la Reichswehr dans les années 1920-1930. Ils montrent bien comment l’armée allemande s’est d’abord trans­formée conceptuellement (à travers une réflexion en profondeur sur les leçons de la Première guerre mondiale aboutis­sant à un document doctrinal qui sert aujourd’hui encore de modèle, le Truppenführung de 1933), avant même que les nouveaux armements ne soient dispo­nibles. Ce réarmement tardif n’a permis de constituer qu’un nombre réduit de Panzerdivisionen[61] (la partie de la Wehrmacht réellement “transformée”, l’Objective Force de l’époque) qui ne représentaient que 8 % de la force totale. Pour Murray et O’Leary, la campagne de France “apparut pour presque tout le monde, sauf pour les Allemands, comme une révolution dans les affaires militaires. En réalité, elle résulta des efforts combinés des legacy forces, lesquelles en termes d’unités de la taille des divisions représentaient 90 % de la force totale, et des 10 % représentés par les forces transformées[62]. Selon eux c’est précisément cette action combinée de la Legacy Force et de l’Objective Force qui fut déterminante et non uniquement l’emploi des Panzerdivisionen. C’est peut-être là la leçon qu’il convient de tirer de ce parallèle.

 


[1]           How “Transformational is Army Transformation ?, Torchbea­rer National Security Report, Institute of Land Warfare, Association of the United States Army, février 2003, 20 p.

[2]           Le processus de transformation touche en réalité toutes les composantes des forces armées. L’U.S. Air Force possède ainsi son Transformation Flight Plan et la Navy sa Naval Transformation Roadmap qui déclinent pour chaque Service la mise en œuvre effective.

[3]           Andrew F. Krepinevich, Executive Director, Center for Stra­tegic and Budgetary Assessment, Defense Transformation, Testimo­ny, United States Senate, Committee on Armed Services, 9 avril 2002, p. 2.

[4]           Ibid.

[5]           Ibid.

[6]           “Révolution dans les conflits : une perspective américaine”, in Réflexion sur la nature des futurs systèmes de défense, Les Cahiers du CREST, n°12, 1993, p. 96

[7]           Ibid.

[8]           Christian Malis, “La révolution dans les affaires militaires, Signification historique et portée d’un phénomène américain”.

[9]           Andrew F. Krepinevich, Defense Transformation, op. cit., p. 8.

[10]         Les opérations réseau-centrées : les capacités européennes, Rapport présenté au nom de la Commission de défense par M. Klaus Werner Jonas, rapporteur, Assemblée de l’Union de l’Europe occi­dentale, Cinquante et unième session, document A/1899, 14 juin 2005, p. 5.

[11]         Andrew F. Krepinevich, Defense Transformation, op. cit., p. 2.

[12]         Ibid.

[13]         James R. Fitzsimonds et Jan M. Van Tol, “Revolutions in Military Affairs, Joint Forces Quarterly, printemps 1994, p. 25.

[14]         Ibid.

[15]         Andrew F. Krepinevich, Defense Transformation, op. cit., p. 2.

[16]         C’est notamment ce qu’admet le général Shinseki : “Lors de l’opération Bouclier du Désert, Saddam Hussein nous a fait bénéficier d’un délai de six mois qui nous a permis de repositionner en Asie du Sud-ouest nos forces héritées de la guerre froide et de les ré-équiper pour une victoire décisive. Il ne nous a pas inquiétés pendant que nous nous trouvions dans cette phase de transition. Un autre scénario sans cette pause aurait fort bien pu connaître une issue différente” (Général Eric K. Shinseki, chef d’état-major de l’US Army, “The Army Transformation : A Historic Opportunity”, Army Magazine, octobre 2000). Il est vrai que pendant cette phase de mise en place des forces “lourdes” américaines, la défense de l’Arabie Saoudite ne reposait que sur la puissance de feu toute relative qu’aurait pu mettre en œuvre la 82e division aéroportée, seule sur le terrain face aux divisions blindées irakiennes.

[17]         Andrew F. Krepinevich, Defense Transformation, op. cit., p. 4.

[18]         David Jablonsky, “Army Transformation : A Tale of Two Doctrines”, Parameters, Automne 2001, pp. 43-62

[19]         James Dubik, “IBCT at Fort Lewis”, Military Review, 80, p. 18.

[20]         Ibid.

[21]         David Jablonsky, “Army Transformation : A Tale of Two Doctrines”, art. cit.

[22]         Ce type de qualificatif apparaît souvent dans les textes doctri­naux américains les plus officiels, ce qui ne manque pas de surpren­dre des Européens habitués à un peu plus de mesure. Ainsi, Andrew Krepinevich ne craint pas d’intituler ainsi un paragraphe de sa déposition devant le Committee on Armed Services du Sénat améri­cain : “Pourquoi transformer la meilleure armée du monde ?” (Defen­se Transformation, op. cit., p. 2). De même, lorsque le général Shinseki se réfère aux forces armées américaines ce n’est qu’en tant qu’elles constituent “les formations militaires les plus respectées du monde et les forces que les adversaires qui se mesurent à nous quoti­diennement craignent le plus”, quant à l’arme blindée américaine, il n’y aurait selon lui “pas encore de meilleure force blindée au monde”, tandis que les forces légères représenteraient, ainsi que l’on com­mence à s’en douter, “la meilleure infanterie légère au monde”… (The Army Transformation : A Historic Opportunity, op. cit.)

[23]         Cité dans How “Transformational” is Army Transformation ?, op. cit., p. 7.

[24]         Ibid.

[25]         George W. Bush, “Discours du 23 septembre 1999, Citadel”, cité dans How “Transformational is Army Transformation ?, op. cit., p. 7.

[26]         George W. Bush, “Discours du 11 décembre 2001, Citadel”, cité dans How “Transformational is Army Transformation ?, op. cit., p. 4.

[27]         Ibid.

[28]         The National Security Strategy of the United States of America, septembre 2002, p. 29.

[29]         The Army Magazine Hooah Guide to Army Transformation, A 30-Minute Course on the Army’s 30-Years Overhaul, Association of the U.S. Army, 2001.

[30]         George W. Bush, “Discours du 11 décembre 2001, Citadel”, cité dans How “Transformational is Army Transformation ?, op. cit., p. 4.

[31]         The Army Magazine Hooah Guide to Army Transformation, A 30-Minute Course on the Army’s 30-Years Overhaul, Association of the U.S. Army, 2001.

[32]         Brochure Stryker Brigade Combat Team, U.S. Army.

[33]         Voir “IBCTs : The Army’s Contemporary Dragoons”, in The Army Magazine Hooah Guide to Army Transformation, op. cit.

[34]         How “Transformational is Army Transformation ?, op. cit., p. 11.

[35]         Ibid., p. 7.

[36]         William Hawkins, Iraq : Heavy Forces and Decisive Warfare, Parameters, automne 2003, p. 63. On rappelle ici que le principal char de bataille de l’Army, le M1A1 Abrams, pèse près de 70 tonnes (dans une configuration comprenant un blindage réactif).

[37]         Marc Chassillan, “Le point sur le FCS (3) : les indispensables “systèmes associés”, Raids 229, juin 2005, p. 59.

[38]         Ibid.

[39]         How “Transformational is Army Transformation ?, op. cit., pp. 11-12.

[40]         Ibid., p. 12.

[41]         D’après The Army Magazine Hooah Guide to Future Combat Systems, Association of the U.S. Army, 2005.

[42]         Ibid.

[43]         Douglas MacGregor, Breaking the Phalanx, A New Design for Landpower in the 21st Century, Praeger Paperback, 1997.

[44]         Douglas MacGregor, (colonel), Army Transformation : Implica­tions for the Future, Statement before the House Armed Services Committee, 15 juillet 2004, p. 3.

[45]         Ibid., p. 4

[46]         Ce surpoids est dû essentiellement à des exigences accrues de protection.

[47]         Sur ces points, voir Marc Chassillan, art. cit., p. 59.

[48]         Douglas MacGregor, Army Transformation : Implications for the Future, op. cit., p. 2.

[49]         Ibid.

[50]         Ibid.

[51]         William R. Hawkins, “Iraq : Heavy Forces and Decisive Warfare”, Parameters, automne 2003, p. 65.

[52]         “Operation Iraqi Freedom, 3d Infantry Division (Mechanized) ‘Rock of the Marne’ After Action Report”, final draft, 12 mai 2003, cité in John Gordon IV et Bruce R. Pirnie, “Everybody Wanted Tanks, Heavy Forces in Operation Iraqi Freeedom”, Joint Forces Quarterly, n° 39, p. 85.

[53]         Voir à ce sujet in Gordon et Pirnie, “Everybody Wanted Tanks, Heavy Forces in Operation Iraqi Freeedom”, art. cit.

[54]         Williamson Murray et Thomas O’Leary, “Military Transforma­tion and Legacy Forces”, Joint Forces Quarterly, printemps 2002, p. 20.

[55]         Le général Hans von Seeckt (1866-1936), commanda de 1920 à 1926 la nouvelle Reichswehr de 100 000 hommes autorisée par le Traité de Versailles. Privée de tout équipement moderne (chars, avions, etc.), la Reichswehr s’est d’abord transformée sur un plan conceptuel en tirant notamment les leçons de l’emploi de tactiques nouvelles mises au point à la fin de la Première guerre mondiale (voir : James S. Corum, The Roots of Blitzkrieg : Hans von Seeckt and German Military Reform, University Press of Kansas, 1992). À partir de 1934, l’Allemagne commença à se réarmer à partir de ce socle doctrinal. Les nouvelles Panzerdivisionen, créées sous l’impulsion du général Heinz Guderian, furent en quelque sorte à la fin des années 1930 l’équivalent de l’Objective Force actuelle.

[56]         David Jablonsky, “Army Transformation : A Tale of Two Doctrines, art. cit.

[57]         Le concept AirLand Battle est apparu dans le FM 100-5 de 1982.

[58]         Max Boot, “The New American Way of war”, Foreign Affairs, juillet-août 2003, pp. 41-58, cité in Stephen J. Cimbala, “Transfor­mation in Concept and Policy”, Joint Forces Quarterly, issue 38, p. 30.

[59]         James R. Fitzsimonds et Jan M. Van Tol, “Revolutions in Military Affairs”, op. cit., p. 24.

[60]         Ibid.

[61]         En mai 1940, la Wehrmacht comprenait à l’Ouest 10 Panzer­divisionen, 8 divisions d’infanterie motorisée, et 118 divisions d’infanterie ordinaires.

[62]         Williamson Murray et Thomas O’Leary, “Military Transfor­mation and Legacy Forces”, art. cit., p. 24.

 

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