En bref

Mis en avant

Plusieurs travaux conduits par l’Institut de Stratégie Comparée ou ses chercheurs sont à présent disponibles. C’est le cas pour deux ouvrages : La maîtrise de la force. Traité de stratégie de l’Ecole de guerre de Martin Motte, Georges-Henri Soutou, Jérôme de Lespinois, Olivier Zajec (Tallandier, 2018) ; et le Précis de stratégie militaire de Joseph Henrotin, dans notre collection Hautes Etudes Stratégiques (ISC, 2018).

C’est également le cas pour le nouveau numéro de Prospective et stratégie, « Hervé Coutau-Bégarie et la prospective de la mondialisation » qui constitue les actes de la journée d’études du 3 mars 2017, qui portait sur « 2030, la fin de la mondialisation ? »

Par ailleurs, notre prochain colloque se déroulera à Toulon les 4 et 5 juin et sera consacré à « La stratégie des espaces communs« .

Colloque « Stratégie des espaces commun » des 4 et 5 juin 2018

Colloque de l’Institut de stratégie comparée, Conservatoire de la tenue, Toulon, 4-5 juin 2018

Renseignement et inscriptions : 01 44 42 43 58 – institut.strategie@gmail.com

L’espace au sens géographique du terme est une dimension constitutive de l’organisation des sociétés. Depuis l’époque moderne, il subit ce que les géographes appellent une double « enclosure » : la souveraineté des États et la propriété foncière privée. Au plan international, la souveraineté des États qui s’étend sur terre, sur mer et dans les airs laisse de larges espaces maritimes, aériens et extra-atmosphériques libres de toute souveraineté mais qui sont régis sur de nombreux aspects par des accords internationaux [Convention de Paris portant réglementation de la navigation aérienne (1919), convention sur la haute mer (1958), traité de l’espace (1967), …]. S’ajoute un espace supplémentaire – le cyberespace – purement virtuel bien qu’il ait un ancrage géographique qui correspond à l’implantation des infrastructures informationnelles, et qui peut être défini comme l’espace où demeurent et circulent les données numériques.

Ces espaces qui ont été qualifiés de communs répondent à un certain nombre de caractéristiques dont la principale réside dans leur capacité à abriter des flux. Ce sont, en effet, des milieux fluides adaptés à la circulation et au transit qui permettent de décloisonner les espaces et d’assurer leurs communications. Au point de vue géopolitique, les États-Unis ont exercé et continuent d’exercer une domination de ses espaces communs grâce à leur outil militaire, à leur puissance normative et à d’autres instruments relevant du soft power. Cette domination tend aujourd’hui à s’éroder compte tenu de l’affirmation de puissances contestant cet ordre
mondial (Russie, Chine, …). L’évolution actuelle se traduit à la fois par l’appropriation de certains espaces communs ou par la territorialisation du cyberespace pour lequel le processus d’enclosure ne fait sans doute que débuter.

Au point de vue stratégique, les espaces communs relèvent d’une double problématique : il s’agit d’avoir la capacité d’y accéder et de pouvoir les contrôler. Contrôler un espace commun veut dire tout d’abord savoir ce qui s’y passe, pouvoir y conduire des actions et, si besoin, dénier à l’adversaire la capacité à y conduire ses propres actions. Dans tous les cas, les stratégies propres aux espaces communs se déploient dans des milieux qui n’ont d’intérêt que dans leur rapport avec le milieu terrestre. Ce qui compte c’est le degré de supériorité nécessaire d’une part pour interdire à l’adversaire son usage et d’autre part pour l’exploiter à son profit afin d’atteindre l’effet recherché.

Consacré aux « Stratégie des espaces communs », le colloque organisé par l’Institut de stratégie comparée a pour ambition de déterminer les caractéristiques et les contraintes de l’action stratégique dans ces espaces en combinant à la fois les études théoriques et l’examen d’exemples historiques et contemporains.

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