Chapitre 1 – Un rapide regard en arrière : Clausewitz et les Etats-Unis avant 1945, des références éparses

Selon Maurice Matloff, la conduite des unités du général Pershing, lors de la Première Guerre mondiale, de même que les Field Service Regulations de 1923, semblent valider l’approche stratégique de Clausewitz. Mais ici les idées du Prussien sont rétrécies à l’idée de la destruction des forces ennemies par la bataille. Ce sont les mécanismes de concentration, coopération et victoire sur la volonté des forces ennemies qui sont mises en évidence.[1] Walter Millis, lui, utilise Clausewitz pour critiquer la politique du président Roosevelt. Il reproche à ce président d’avoir quasiment retourné la Formule en indiquant que la diplomatie, si elle ne dispose pas de la force pour la soutenir, devient la servante et plus la maîtresse du soldat.[2]

Ces évaluations modernes de situations historiques, en prenant Clausewitz pour juge, ne sont toutefois pas suffisantes pour affirmer un lien, sous forme d’influence positive ou négative, entre l’officier prussien et les acteurs stratégiques américains mentionnés. Pershing aurait pu conduire ses troupes de manière identique suite à une réflexion personnelle. Par ailleurs, nous n’avons trouvé aucune trace permettant de déterminer si Roosevelt avait lu, ou mal lu, Clausewitz.

A contrario, Christopher Bassford a soigneusement étudié la réception de Clausewitz en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis de 1815 à 1945.[3] Pour ce faire, il n’a tenu compte que des références formelles à Clausewitz que l’on peut trouver dans la pensée stratégique américaine et britannique. Bien que cette période soit en dehors des limites de ce sujet, il s’avère intéressant de lui accorder un minimum d’attention. On sera ainsi plus à même de juger de l’évolution de la réceptivité des Américains à l’égard du Prussien sur le long terme.

En résumant le travail de Ch. Bassford, on se rend compte qu’il serait exagéré de prétendre à l’absence totale de contacts entre l’œuvre de Clausewitz et le monde anglo-saxon avant la Première Guerre mondiale.[4] Tout d’abord, il est possible de spéculer sur la connaissance du Prussien par le président Lincoln. Il en va de même pour Denis Hart Mahan, père de Alfred Thayer Mahan, professeur à West Point. Il est par contre certain que Henry Wager Halleck, un officier qui participa à la guerre de Sécession, connaissait Clausewitz car il le cite dans ses travaux.[5] Quoi qu’il en soit, les écrits de l’officier prussien étaient accessibles aux Etats-Unis avant la guerre 14-18. D’une part, une partie de ses textes étaient traduits en français à une époque où certains officiers américains lisaient couramment la langue de Voltaire. D’autre part, un de ses récits, sur la Campagne de 1815, était déjà disponible en anglais. Christopher Bassford indique encore que Wellington appréciait l’œuvre historique de Clausewitz. Il est donc possible que des Américains aient été au fait des écrits de l’officier prussien par des réflexions de celui-ci.[6]

Mais il faut attendre 1873 pour voir apparaître la première traduction de Vom Kriege en anglais. Cette traduction avait été préparée par James John Graham (1808-1883). La première édition, sortie à 254 copies, fut un désastre sur le plan des ventes. 21 copies allèrent au traducteur, 32 furent distribuées gratuitement et 192 restaient encore invendues en 1877. Cette traduction fut ensuite révisée par le colonel anglais Frederick Natusch Maude en 1908 et rééditée en 1911, 1918, 1938 et 1949. L’édition de Graham-Maude pose toutefois un problème : elle est basée sur la troisième édition de Vom Kriege qui est considérée comme falsifiée car elle renverse le sens de la Formule. Une critique négative de l’ouvrage indiquera à l’époque que les éditeurs auraient pu incorporer un index et une introduction explicative à l’ouvrage.[7]

On sait également que Alfred Thayer Mahan (1840-1914) prit connaissance de On War, bien qu’assez tardivement et apparemment sous une forme abrégée – probablement vers les années 1890, voire vers 1910. Cette prise en compte de Clausewitz par Mahan semble assez superficielle. Ses écrits portent par contre la marque de l’influence jominienne. On ne retrouve pas de référence à Clausewitz dans son célèbre The Influence of Sea Power Upon History.[8] Pour Philip A. Crowl, si Mahan montre de la compréhension pour l’idée de la guerre conçue comme la continuation de la politique, c’est principalement à partir des travaux de Jomini.[9]

A l’époque, On War n’est pas enseigné dans les écoles militaires. Mais, au sein de l’U.S. Navy, la pensée de Clausewitz a pu indirectement s’introduire grâce aux travaux du britannique Julian Corbett (1854-1922). Corbett fait en effet de nombreuses références à Clausewitz dans son ouvrage Some Principles of Maritime Strategy. Le livre est publié pour la première fois en 1911 et est réédité en 1938, en 1972 et en 1988. Julian Corbett fait montre de finesse lorsqu’il utilise Clausewitz. On verra dans le théoricien naval un des propagateurs du concept de guerre limitée par les objectifs politiques.[10] D’autre part, Christopher Bassford ajoute que On War figure déjà sur les listes d’ouvrages recommandés aux étudiants du Naval War College dès 1894.[11] Après cela, la Première Guerre mondiale va assombrir la réputation de Clausewitz. Il est perçu comme une émanation de l’ennemi. Il deviendra tout de même de plus en plus connu au travers d’ouvrages traduits de l’allemand – par exemple, La Nation armée de Colmar von der Goltz.

Parmi les théoriciens de l’Airpower, les références à Clausewitz sont plus rares. On n’en retrouve pas trace chez Mitchell (1879-1936), figure de proue de la réflexion stratégique américaine. Les idées de Mitchell eurent un grand retentissement parmi les instructeurs de l’Air Tactical School de Maxwell Field en Alabama pendant les années 30.[12] Ses préceptes s’avèrent assez proches de ceux de l’Italien Douhet (1869-1930), père fondateur de la pensée stratégique aérienne. Ce dernier ne cite pas non plus Clausewitz. Seul de Seversky (1894-1974) le mentionne épisodiquement (sur Douhet et de Seversky, voir aussi infra). Pourtant, un article publié dans l’Air University Review en 1986 postulait qu’une part de l’enseignement de la toute jeune Air Corps Tactical School était basée sur Clausewitz dans les années trente.[13] Christopher Bassford relativise cette opinion (voir infra).

Il faut également relativiser l’impact de Clausewitz sur les officiers de l’armée de terre. Le général Patton fut un avide lecteur d’histoire militaire mais il est difficile de le relier au Prussien. Il en va de même à propos du général Wedemeyer, bien que ce dernier ait assisté à des cours de la Kriegsakademie pendant l’entre-deux-guerres.[14]

En fait, un seul personnage marquant ressort de cette période quant à son étude de Clausewitz. Il s’agit de John MacAuley Palmer (1870-1955). John MacAuley étudia à West Point, servit dans des unités d’occupation à Cuba, puis en Chine suite à la révolte des Boxers. Il ne prit toutefois jamais part au combat. Son travail, inspiré par le Prussien, est principalement tourné vers une recherche visant la création d’une armée professionnelle de petite taille. Palmer est visiblement le premier soldat américain à avoir réellement étudié Clausewitz.[15] Il est également connu que le que le général Marshall appréciait la façon de penser de l’officier prussien. Eisenhower l’étudia aussi. Il commença sa lecture de Clausewitz dans les années 20, sous la direction du général de brigade Fox Conner, lorsqu’il était stationné à Panama.[16] Eisenhower fait remarquer qu’il a lu trois fois le Traité à cette époque. Il étudia également les mémoires de Grant et de Sheridan, toujours sur les conseils de Conner.[17] On considère pourtant que les leçons qu’il tira de Clausewitz seront plus visibles dans sa carrière de président de 1953 à 1961 (voir infra).

Mais ce n’est qu’à partir du début des années 40 que le nom de Clausewitz apparaît réellement dans la pensée stratégique outre-Atlantique. En 1942, un Américain d’origine allemande, Hans Gatzke (1915-1987), traduit le document que Clausewitz rédigea pour le prince de Prusse. Le document est publié sous le titre Principles of War. Ce petit livre sera très largement diffusé. Dans l’introduction, Hans Gatzke met en évidence la guerre d’anéantissement dans la pensée de Clausewitz, en fait le concept « absolu », idéel, mais pris comme réalité. Ce n’est pas un hasard si le texte de Clausewitz est publié à cette époque. Les Américains veulent obtenir une meilleure connaissance de leur ennemi. La publication rentre dans le cadre de l’effort de guerre.[18]

Ensuite, en 1943, paraît la première traduction américaine de Vom Kriege par Otto J. Matthijs Jolles, un immigré d’origine allemande (qui a également des origines néerlandaises). Cette traduction se base sur l’édition allemande « corrompue », à savoir, celle de 1880. La traduction participe aussi à l’effort de guerre. Jolles considère son travail comme une participation à l’éducation des civils aux affaires militaires. La préface et l’introduction mettent en évidence le rôle de la pensée de Clausewitz dans l’élaboration de la stratégie allemande. Jolles insiste sur le rôle du politique et de la bataille dans la guerre. Il retient aussi l’idée selon laquelle la défense est la forme la plus forte de la guerre. Il tire ensuite du texte des conclusions sur le plan international. Pour lui, le système interétatique doit viser la stabilité. Pour finir, selon Jolles, les Allemands n’ont pas le monopole de la bonne interprétation historique de Clausewitz. Cette traduction comporte un index qui répertorie à la fois les noms propres et des thématiques. Mais on ne retrouve pas dans cet index certains concepts que l’on assimile si naturellement à Clausewitz aujourd’hui, tels que le centre de gravité ou la trinité paradoxale. Les notions de génie et de friction sont, elles, bien présentes. Malgré sa meilleure qualité, l’édition de Jolles a été moins souvent utilisée que celle de Graham. En effet, sur cette dernière, il n’existait plus de copyright. L’édition de Jolles est tout de même republiée en 1950.[19]

Toujours en 1943, paraît la première édition de l’ouvrage Makers of Modern Strategy, sous la direction de Edward Mead Earle (1894-1954).[20] Cet ouvrage est issu d’un séminaire sur la stratégie militaire dispensé à l’Institute for Advanced Studies, en 1940, à Princeton.[21] Ce séminaire rassembla beaucoup d’intellectuels qui fuyaient la montée du nazisme en Europe. On ne s’étonnera donc pas de trouver certains chapitres signés de la main de plusieurs immigrés allemands et d’un autrichien, celui-ci, Stefan T. Possony, écrivit, en collaboration avec Etienne Mantoux, un chapitre sur Ardant du Picq et Foch ; Harvey de Weerd, qui était déjà initié à Clausewitz, était responsable d’un chapitre sur Churchill, Lloyd George et Clémenceau. Hans Rothfels rédigea le chapitre sur Clausewitz. Ce dernier, historien allemand né en 1891, avait déjà étudié Clausewitz dans son pays.[22] Il était principalement connu pour ses travaux sur l’histoire du XIXe siècle et les problèmes de nationalités. Il écrivit aussi sur la résistance allemande contre Hitler.[23] Herbert Rosinski, un autre connaisseur de Clausewitz, qui devait participer au projet ne se retrouvera pas inclus car il ne respecta pas les prescriptions établies par E. Mead Earle. Rosinski deviendra surtout célèbre aux Etats-Unis pour un ouvrage sur l’armée allemande – ouvrage dans lequel il cite Clausewitz.[24]

Au total, sur les 21 chapitres du Makers of Modern Strategy, 10 citent Clausewitz. A titre comparatif, dans l’édition de 1986, 17 chapitres le citeront sur 28.[25] Pour terminer, il convient encore de retenir le nom de Alfred Vagts (1892-1986), un autre réfugié allemand, dont la connaissance de Clausewitz s’avérait subtile. Vagts est surtout connu pour un ouvrage sur le militarisme paru dès 1937.[26]

La principale conclusion à tirer de cette partie de notre ouvrage est que Clausewitz est connu depuis assez longtemps aux Etats-Unis, mais uniquement par un nombre limité de personnes. Les références au Prussien sont des plus éparses. Le nom de Clausewitz ne devient véritablement familier que dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale. Clausewitz est surtout évoqués par des intellectuels d’origine germanique : Rosinski, Vagts, Rothfels, Gatzke, Jolles. Les Américains sentent alors la nécessité de se familiariser avec la pensée stratégique et de mieux connaître leur ennemi.

[1] Matloff M., « The American Approach to War, 1919-1945 », dans Howard M. (dir.), The Theory and Practice of War, Londres, Cassel, 1965, pp. 223-224.

[2] Millis W., Armies and Men – A Study in American Military History, Londres, Jonathan Cape, 1958, p. 169. Il semble que l’auteur de ce livre n’ait pas pratiqué une lecture particulièrement attentive de Clausewitz. Il affirme (à la p. 72 de l’ouvrage cité) que le Prussien a peu à dire pour nous éclairer à propos de l’apparition de la guerre napoléonienne et de la tension extrême qu’elle entraînerait, alors que la trinité paradoxale est justement un essai de théorisation en ce domaine.

[3] Bassford Ch., Clausewitz in English – The Reception of Clausewitz in Britain and America, 1815-1945, Oxford, Oxford University Press, 1994, 293 p. L’ouvrage, initialement une thèse de doctorat, a été bien accueilli dans les milieux intéressés. L’auteur, professeur et rédacteur de doctrine pour le Corps des Marines, est aussi le créateur d’un site Internet consacré à Clausewitz (http://www.clausewitz.com/CWZHOME/CWZBASE.htm).

[4] Voir par exemple : Harsh J.L., « Battlesword and Rapier: Clausewitz, Jomini and the American Civil War », Military Affairs, décembre 1974, p. 134 ; Gat A., The Origins of Military Thought: From the Enlightment to Clausewitz, Oxford, Oxford University Press, 1989, p. 310.

[5] Pour plus de précisions sur la carrière de H.W. Halleck et de D.H. Mahan, nous renvoyons à Colson Br., La culture stratégique américaine, Paris, Economica / FEDN, 1993, 330 p.

[6] Bassford Ch., op. cit., pp. 50-55.

[7] Voir : Anon., « On War – Recent Military Publications », Journal of the R.U.S.I., avril 1908, pp. 584-585. Sur la falsification, voir : Clausewitz C. von, On War, (ed. and translated by Howard M. & Paret P., Introductory Essays by Paret P., Howard M. and Brodie B., with a Commentary by Brodie B.), Princeton, Princeton University Press, 1982 (1976), p. 608 (il s’agit de la traduction standard en anglais – dorénavant, nous y ferons simplement référence par le titre).

[8] Mahan A.T., The Influence of Sea Power Upon History, 1660-1783, Londres, Sampson Low, Martson & Co. Ltd., 1918 (1890), 557 p.

[9] Crowl Ph. A., « Alfred Thayer Mahan: The Naval Historian », dans Paret P. (ed. by), Makers of Modern Strategy from Machiavelli to the Nuclear Age, Princeton, Princeton University Press, 1986, pp. 461-462.

[10] A propos de Corbett, nous renvoyons le lecteur à la préface de Hervé Coutau-Bégarie dans : Corbett J.S., Principes de stratégie maritime, Paris, Economica / FEDN, 1993, pp. 5-25.

[11] Bassford Ch., op. cit., p. 95.

[12] Matloff M., op. cit., p. 226-227.

[13] Smith J.B., « Some Thoughts on Clausewitz and Airplanes », Air University Review, mai-juin 1986, pp. 52-59. Propos également avancés par Matloff M., op. cit.

[14] Bassford Ch., op. cit., pp. 150-154.

[15] Paret P., « Clausewitz – A Bibliographical Survey », World Politics, janvier 1965, p. 275 ; Bassford Ch., op. cit., pp. 56-57 ; 95 ; 154 ; 162-167 ; 175.

[16] Pickett W.B., « Eisenhower as a Student of Clausewitz », Military Review, juillet 1985, pp. 21-27.

[17] Eisenhower D.D., At Ease: Stories I Tell to Friends, New York, Doubleday & Company, 1967, p. 186.

[18] Clausewitz C. von, Principles of War, Harrisburg, Military Service Company, 1942, 82 p. Voir aussi le commentaire de Christopher Bassford à l’édition électronique des Principles : http://www.clausewitz.com/CWZHOME/PrincWar/Princwr1.htm.

[19] Clausewitz Karl von, On War, traduit par O.J. Matthijs Jolles (Institute of Military Studies, The University of Chicago), avant-propos par by Col. Joseph I. Greene (de l’Infantry Journal), préfacé par Richard McKean (de l’University of Chicago), The Modern Library, New York, Random House Inc., 1943, 641 p. ; Bassford Ch., op. cit., p. 183.

[20] Ce livre est devenu un ouvrage de référence dans les études stratégiques. Une deuxième édition, complètement revue, sera publiée sous la direction de Peter Paret en 1986. On citera également l’existence d’un Makers of Nuclear Strategy, d’origine britannique, s’avouant directement inspiré par le classique de E. Mead Earle. Baylis J. & Garnett J., Makers of Nuclear Strategy, Londres, Pinter Publishers, 1991, p. 4

[21] Earle E.M., « The Princeton Program of Military Studies », Military Affairs, printemps 1942, pp. 21-26.

[22] Voir par exemple : Clausewitz C., Politische Schriften und Briefe, (hrsg H. Rothfels), München, Drei Masten Verlag, 1922, 249 p.

[23] Voir par exemple : Rothfels H., Le legs politique de la résistance allemande, Bad Godesberg, Inter Nationes, 1969, 23 p.

[24] Rosinski H., The German Army, (edited and with an introduction by Craig G.A.), Frederick A. Praeger Pub., 1966 (1939, 1940), New York, 322 p. (à propos de Clausewitz, voir principalement les pages 109-114).

[25] Respectivement : Possony S.T. et Mantoux E., « Du Picq et Foch: l’école française » ; Rothfels, « Clausewitz », dans Mead Earle E. (éd.), Les maîtres de la stratégie, vol. 1, De la Renaissance à la fin du XIXe siècle, (Makers of Modern Strategy, 1943 – traduit de l’américain par Pélissier A.) Paris, Flammarion, 1980, pp. 235-265 et pp. 115-136 ; de Weerd H.A., « Churchill, Lloyd George, Clemenceau: l’émergence des civils », dans ibid., vol. 2, De la fin du XIXe siècle à Hitler, op. cit., pp. 9-30. Christopher Bassford note que la connaissance de Clausewitz par Harvey A. de Weerd est pour le moins ambiguë (après la guerre, de Weerd travaillera pour la Rand Corporation). Bassford Ch., op. cit., pp. 174 ; 182 ; 262.

[26] Vagts A., A History of Militarism, Civilian and Military, (revised edition), New York, The Free Press, 1959 (1937), 542 p. (sur Clausewitz, voir surtout les pages 180-185).

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