Chapitre 3 – A propos de Clausewitz et de l’attrait de la pensée allemande

Dans les paragraphes qui suivent, nous avons voulu donner une idée de la diffusion de la pensée germanique outre-Atlantique. Cela permettra ultérieurement de mieux distinguer ce qui ressort de Clausewitz ou d’autres auteurs allemands dans le discours américain.

Les noms des grands théoriciens germaniques de la guerre reviennent en effet très souvent dans ce discours. L’attrait de la pensée stratégique allemande est présent de longue date aux Etats-Unis. On peut évoquer diverses raisons à cet égard. Ainsi, dans l’introduction de la nouvelle publication américaine de 1951, des instructions à ses généraux de Frédéric II, on apprend que les patriotes de la Révolution américaine, dont Washington et Franklin, appréciaient beaucoup le roi de Prusse. En effet, celui-ci refusa la traversée de ses territoires à des troupes allemandes qui devaient s’embarquer pour soutenir les Anglais dans les colonies américaines en 1777-1778 – ultérieurement il revint sur sa décision car il eut besoin du soutien de la Grande-Bretagne pour faire face à l’Autriche en 1778-1779. Par ailleurs, Frédéric II était très bien perçu parmi les populations protestantes de Pennsylvanie et de New York. Washington accueillit aussi un instructeur prussien à son service : le baron Steuben.[1]

Mais, plus sérieusement, l’attrait pour la Prusse / Allemagne et sa pensée ne prendra sa pleine mesure que bien plus tard. Russel F. Weigley note que, jusqu’en 1870, le modèle de référence de l’armée américaine fut la France d’où émanait le style napoléonien de la guerre. Après la victoire prussienne sur la France pendant la guerre de 1870, le prestige de l’Allemagne se développa rapidement jusqu’à contrebalancer l’influence française. Ce fait n’est d’ailleurs pas limité aux Etats-Unis. Le modèle germanique se diffusa rapidement dans le reste de l’Europe.[2] Par conséquent, le modèle allemand devint de plus en plus celui de référence aux Etats-Unis. Cela s’avéra surtout exact au niveau de l’armée de terre.[3] De plus, la fin de la Seconde Guerre mondiale donna un nouveau coup d’accélérateur à ce phénomène. Les soldats américains étaient en mesure de tirer les leçons du conflit en mettant à contribution leurs anciens ennemis. Les Américains cherchaient en particulier à obtenir une meilleure connaissance sur la façon de se battre contre les Soviétiques en prenant appui sur les méthodes allemandes.[4]

L’influence allemande est encore observable dans le mouvement de réforme militaire de la fin des années 70 – début des années 80. On assiste alors à une sorte d’apogée de la redécouverte des classiques de la stratégie allemande.[5] Les réformateurs puisèrent une part importante de leur inspiration chez Clausewitz mais aussi chez Moltke (1800-1891), Schlieffen (1833-1913), Guderian (1888-1954), Rommel (1891-1944), etc.

Si Clausewitz a largement été associé au paradigme de la bataille d’anéantissement de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la fin de la guerre du Vietnam, il a ensuite été analysé avec plus de subtilité. Et, loin de le mettre dans le même sac que Moltke ou Schlieffen[6], le discours stratégique américain a appris à le différencier de la généalogie des penseurs germaniques.

Déjà en 1976, Herbert Rosinski, le stratégiste d’origine allemande, signait un article mentionnant le glissement qui s’était opéré dans la pensée militaire allemande de Clausewitz à Schlieffen en passant par Moltke. Pour Rosinski, on assistait à une application toujours plus mécanique de l’édifice clausewitzien. Selon lui, Schlieffen faisait toutefois exception à ce processus de mécanisation – l’exception ne s’étend toutefois pas aux disciples de ce dernier. Rosinski concluait ensuite que la Seconde Guerre mondiale prouvait que l’Allemagne avait su retrouver une vision plus flexible de la tradition clausewitzienne au travers de la Blitzkrieg.[7] Martin Kitchen partagea le point de départ de l’analyse de Rosinski – soit l’application toujours plus mécanique des préceptes clausewitziens – mais ne voyait pas en quoi Schlieffen était un cas différent. Selon Kitchen, Schlieffen, comme Moltke, croyait en la possible élimination des frictions clausewitziennes. Tous deux avaient une conception de la guerre centrée sur le dogme de la bataille d’anéantissement, dogme très vivace selon l’auteur.[8] Par contre, toujours pour Kitchen, les tenants de la défense – défensive ne seraient peut-être pas si éloignés de Clausewitz car l’origine de leur raisonnement découle de la primauté du facteur politique dans la guerre.[9]

Quoi qu’il en soit, la vision mécaniste de la pensée stratégique allemande est encore une fois retenue dans le chapitre consacré à Moltke, Schlieffen et la doctrine de l’enveloppement stratégique dans l’édition de 1986 du Makers of Modern Strategy. L’auteur, Gunther E. Rothenberg, pense tout d’abord qu’il est difficile d’évaluer l’influence réelle de la pensée de Clausewitz en Prusse et en Allemagne. Mais quelle que soit cette influence, il décrit Schlieffen et Moltke comme des « grammairiens » de la guerre. D’un part, Moltke fait passer au second plan les enseignements clausewitziens sur la primauté du politique. D’autre part, Schlieffen entreprend tous les efforts possibles pour éliminer les frictions dans sa pensée, ce qui fait de lui l’antithèse de Clausewitz.[10]

Daniel J. Hughes précisera l’image de Moltke. Il mettra complètement en doute une possible influence de Clausewitz chez Moltke. Moltke fut bien élève à la Kriegsakademie lorsque Clausewitz y était directeur. Mais, de par sa position, Clausewitz n’y enseigna jamais et avait apparemment peu de prise sur la matière et les méthodes d’apprentissage. De plus, il n’existe aucune preuve de contact direct entre Moltke et Clausewitz. Daniel J. Hughes illustre également le peu de compréhension dont Moltke faisait preuve à l’égard de la Formule par l’épisode de la guerre franco-prussienne. Moltke pensait qu’une fois les hostilités commencées, la stratégie devait prendre le pas sur la politique.[11] Moltke était peut-être capable de discerner la composante politique de la composante militaire – opérationnelle – de la guerre[12], mais pas de les agencer avec subtilité. Cette approche est à comparer avec celle de Colmar von der Goltz (1844-1904), un des théoriciens de la guerre totale. Goltz pensait, comme Moltke, que la guerre devait être poussée jusqu’à sa limite supérieure, refusant par là l’idée de soumission de la grammaire militaire à la logique politique. S’il existe un impact de la pensée de Clausewitz dans la réflexion de ces hommes, il doit être trouvé à un autre niveau. Moltke, par exemple, rechercha surtout des conseils opérationnels dans Vom Kriege – quasiment des recettes.[13]

On vient donc de voir qu’il était abusif de confondre Clausewitz et la généalogie des stratèges et stratégistes allemands. Le discours stratégique américain, lui, ne pratique pas non plus cette confusion pour la période considérée.

Une question supplémentaire se pose maintenant quant à savoir en quoi, la pensée germanique intéresse la stratégie américaine – et quelles sont les limites de cet intérêt. En fait, lorsque l’on rassemble les textes mentionnant les penseurs allemands, plusieurs thématiques particulières se dégagent rapidement et, parfois, se recoupent :

A La première thématique en question est celle du rôle que doit assumer un grand état-major. Il est vrai que l’élaboration des états-majors « modernes » remonte surtout à l’armée prussienne de l’époque de Moltke.[14] Le discours stratégique américain n’a pas manqué de se poser la question de l’applicabilité de ce modèle aux Etats-Unis. La démarche est souvent très éloignée d’une interrogation historique « gratuite ». Le modèle du grand état-major s’avérait très seyant au premier abord. La structure et les prouesses intellectuelles de cette institution étaient remarquables.[15] Mais il existe un certain nombre d’objections à la transposition. Une telle greffe serait-elle possible dans un milieu totalement dissemblable ? Le système allemand n’était-il pas avant tout l’expression de son milieu d’origine ?[16] Des protestations à caractère plus éthique ont aussi été formulées ; au point de vue organisationnel, la création d’un organe militaire tout puissant ne risque-t-elle pas de mettre en péril la démocratie ? La réflexion prend d’autant plus d’acuité que l’armée américaine, après la guerre du Vietnam, est devenue professionnelle. On pensait alors aux risques de dissociation entre le militaire et la société américaine.[17]

B La deuxième thématique abordée est celle de l’art opérationnel. Dans sa recherche des fondements de l’art opérationnel, le mouvement de réforme militaire, ainsi que sa descendance, puisera largement dans la pensée classique allemande. Les noms de Moltke et Schlieffen reviennent souvent et se voient même attribuer une certaine paternité en la matière. Assez étrangement, certains auteurs mettent en évidence leur approche flexible, contredisant la thèse de la mécanisation développée par Herbert Rosinski et Martin Kitchen. Ce courant justifie son opinion à la lueur de la médiocre valeur que Moltke attribuait à la planification. Il est vrai que Moltke a affirmé qu’une fois la ligne de départ des opérations franchie, le plan perd toute sa valeur sous le poids des contingences.[18] Indirectement, le rôle des frictions se trouve ici réintroduit. La flexibilité mentionnée est en fait plus proche de l’improvisation.

C Toujours dans la thématique opérationnelle, les réformateurs vont beaucoup s’intéresser à la Blitzkrieg de la Seconde Guerre mondiale. La Blitzkrieg revêt une image quasi mythique d’efficacité. De plus, son application face à une éventuelle offensive du Pacte de Varsovie paraissait envisageable dans les années 80.[19] Les Américains ont été séduits par le concept de disruption – soit l’emphase du choc psychologique et de la désorganisation en résultant – que l’on retrouve dans la Blitzkrieg. En effet, la Blitzkrieg ne visait pas uniquement la destruction physique, ou l’anéantissement pur et simple. Cette « doctrine » semblait alors bien convenir à la situation des forces de l’O.T.A.N. en Europe. L’O.T.A.N. était en position d’infériorité numérique, comme l’Allemagne l’était contre l’Union soviétique pendant la guerre.[20] Mais le fait de vouloir transformer la doctrine de l’U.S. Army en une nouvelle forme de Blitzkrieg rencontra l’opposition de certains auteurs comme Daniel J. Hughes. Pour Hughes, l’association des termes doctrine et Blitzkrieg était abusive. Selon lui, la manière de combattre des Allemands n’était pas formellement codifiée – comme doit normalement l’être toute doctrine. Il s’agissait plutôt d’une sorte de consensus informel, d’une approche commune particulière, parfois assez floue, du combat. Le tout était caractérisé par une grande latitude d’initiative donnée aux officiers.[21]

D La troisième thématique souvent évoquée par le discours stratégique américain est issue d’une réflexion sur la valeur relative des combattants, sur leur aptitude à combattre. Cette notion a été rendue en anglais par le terme fighting power. Cette thématique a été propulsée dans le discours stratégique par l’ouvrage Fighting Power écrit par l’historien militaire israélien, Martin van Creveld. Ce livre, sorti en 1983, eut un grand retentissement aux Etats-Unis. Il remettait en question de nombreuses affirmations qui circulaient quant à la valeur respective des troupes américaines et allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale. Fighting Power comblait également un vide. Avant la guerre du Vietnam, trop de publications s’étaient intéressées aux matières situées en amont et en aval du combat – comme la logistique -, mais rarement au combat lui-même. Le livre s’insérait dans un courant de réflexion engagé par des chercheurs comme E.N. Luttwak et T.N. Dupuy, que Martin van Creveld remercie dans son introduction. Au total, pour l’historien israélien, les unités allemandes ne se battirent pas mieux que les unités américaines pendant la guerre. Toutefois, il en vient tout de même à cibler certaines faiblesses dans la gestion des unités américaines. En premier lieu, le style américain de la guerre est trop « managérial » et il attache trop d’importance au détail. On y retrouve un certain taylorisme où l’homme est perçu comme une sorte de machine. Cette situation joue au détriment de la créativité et de l’initiative. A contrario, les Allemands développèrent le concept d’Auftragstaktik – une forme de commandement extrêmement décentralisé et souple -, concept qui semble remonter aux troupes de la Hesse qui combattaient lors de la Révolution américaine. Cette approche de commandement est mise en valeur et présentée comme une espèce de modèle dont les forces américaines pourraient s’inspirer. On verra que le terme d’Auftragstaktik a connu une grande diffusion dans le discours stratégique américain. Van Creveld met une deuxième notion en exergue : l’importance de la cohésion du groupe primaire – un groupe composé d’individus entretenant des contacts interpersonnels directs. Alors qu’au sein des unités américaines, cette cohésion est généralement faible – le type d’entraînement, les rotations fréquentes de soldats au sein d’une unité et non la rotation de l’unité dans son ensemble, l’individualisme traditionnel sont quelques-unes des explications qui peuvent être avancées -, elle était très développée dans la Wehrmacht. La cohésion permettrait d’expliquer pourquoi les soldats allemands continuaient à combattre dans des situations quasi-désespérées : pour la sauvegarde du groupe. En conclusion, l’auteur relativise le rôle de l’idéologie dans le comportement du soldat allemand.[22] Van Creveld précisera tout de même, dans un article, que l’armée allemande n’était pas dénuée de points faibles et qu’il ne faut pas la transformer en un modèle absolu d’apprentissage.[23] Cette vision du « soldat-manager » américain et du « soldat-combattant » allemand a fait des émules depuis la publication du livre Fighting Power.[24] Mais, ici aussi, la question de la transposition possible du système de la Wehrmacht aux Etats-Unis soulève des problèmes de compatibilité. Christopher Bassford se demande si le tempérament américain, trop individualiste, permet véritablement d’instaurer le modèle de cohésion du groupe primaire. Le schéma germanique ne serait donc pas la panacée.[25] Roger Beaumont, lui, continue à penser que le rôle de l’idéologie, de la propagande, ou le pouvoir charismatique de Hitler, restent des éléments explicatifs très valables de la haute combativité de la Wehrmacht.[26]

Pour terminer, certains auteurs finiront par être agacé par la référence perpétuelle au modèle allemand. Les critiques portent d’abord sur la constatation que l’Allemagne a perdu la guerre 40-45. Pour David Schoenbaum, les Allemands n’ont jamais été capables de consolider leurs succès opérationnels au niveau stratégique. Leur compréhension de la Formule reste donc limitée.[27] D’autre part, la quasi – absence de doctrine du côté américain n’a pas empêché les Etats-Unis de vaincre le nazisme.[28] De plus, le peu de considérations d’une puissance continentale comme l’Allemagne pour la marine rend le modèle moins parlant outre-Atlantique.[29] Encore une fois, la critique juge que l’armée allemande n’est pas le seul modèle d’apprentissage.[30]

Une autre série de critiques portera sur des questions d’ordre plus éthique.[31] Martin van Creveld évoquait déjà le fait qu’il est grossier de séparer totalement le nazisme de la Wehrmacht.[32] L’allégeance des officiers à Hitler est aussi discutée que présentée comme une source d’inspiration négative : l’officier doit rester loyal envers la société pas envers le dictateur. Le soldat devrait donc répondre à un impératif de moindre politisation.[33] Clausewitz est parfois aussi mis sur la sellette dans ce débat sur la Wehrmacht. Présenté comme le chantre du nationalisme allemand, Clausewitz serait spirituellement aussi coupable que les officiers allemands de la Seconde Guerre mondiale. Les recherches académiques à ce propos sont par contre nuancées. Peter Paret avait déjà écrit à ce propos en 1965 qu’il existait deux écoles d’interprètes de Clausewitz en Allemagne durant les années 30. L’une respectait le principe de la soumission du militaire par le politique, la deuxième réinterprétait Clausewitz dans un sens contraire à la Formule. La première école est représentée par Groener, dernier chef d’état-major de l’armée impériale et Hans von Seekt, une des figures de proue de la Reichswehr jusqu’en 1926. La seconde école est symbolisée par Ludendorff – qui rejeta la Formule.[34] Mais quelles que soient les raisons morales invoquées pour appréhender avec précautions l’apport du modèle allemand, il existe encore une poignée d’irréductibles qui se justifient simplement par le fait que la Wehrmacht combattit superbement bien.[35] Ce débat semble loin d’être clos.[36]

[1] Frederic the Great, Instructions for his Generals, Harrisburg, Military Service Pub. Co., 1951, pp. 2-3.

[2] Voir à ce propos : Luvaas J., The Military Legacy of the Civil War – The European Inheritance, Chicago, The University of Chicago Press, 1959, 252 p. (par exemple p. 115 en ce qui concerne la Grande-Bretagne).

[3] Weigley R.F., The American Way of War, op. cit., p. 210.

[4] Soutor, K., « To Stem the Red Tide: The German Report Series and Its Effect on American Defense Doctrine, 1948-1954 », The Journal of Military History, octobre 1993, pp. 653-688.

[5] Citons à ce propos une remarque de Denis Showalter: Uniformed intellectuals have embraced Clausewitz, Moltke and Guderian like hermits discovering sex: with more enthusiasm than finesse. Showalter D., « Goltz and Bernhardi: The Institutionalization of Originality in Imperial German Army », Defense Analysis, décembre 1987, p. 305.

[6] Helmuth von Moltke (1800-1891) était le chef d’état-major prussien lors des guerres prusso-danoise de 1864, prusso-autrichienne de 1868, franco-prussienne de 1870. Il ne faut pas le confondre avec son neveu, qui porte les mêmes nom et prénom que lui, et sera chargé de l’exécution du plan Schlieffen. On distingue généralement les deux hommes en appelant le premier des deux l’ancien et le second le jeune – the Elder et the Younger en anglais. Nous ne ferons pas référence au plus jeune des deux. Alfred von Schlieffen (1833-1913) est surtout célèbre pour avoir donné son nom aux bases du plan d’offensive allemande du début de la Première Guerre mondiale.

[7] Rosinski H., « Scharnhorst to Schlieffen: The Rise and Decline of German Military Thought », Naval War College Review, été 1976, pp. 83-103. (article traduit en français par Lionel Fischer dans : id., « De Scharnhorst à Schlieffen : Grandeur et décadence de la pensée militaire allemande », Stratégique, 4-2000, 76, pp. 53-84).

[8] Opinion partagée par l’historien militaire israélien Jehuda L. Wallach ; Wallach J.L., « Misperceptions of Clausewitz’ On War by the German Military », dans Handel M.I., Clausewitz and Modern Strategy, op. cit., pp. 213-139.

[9] Kitchen M., « The Traditions of German Strategic Studies », The International History Review, avril 1979, pp. 163-190.

[10] Rothenberg G.E., « Moltke, Schlieffen, and the Doctrine of Strategic Envelopment », dans Paret P. (ed .), Makers of Modern Strategy, op. cit., pp. 297 et 312

[11] Hughes D.J., « Points on Moltke Redefined », Military Review, janvier 1991, pp. 86-87. Opinion que nous retrouvons également dans : Echevarria A.J., « Moltke and the German Military Tradition: His Theories and Legacies », Parameters, printemps 1996, pp. 91-99.

[12] Krause M.D., « … And Further Redefined », Military Review, janvier 1991, pp. 87-89.

[13] Cannon M.W., « Clausewitz for Beginners », Airpower Journal, été 1989, pp. 48-57. Voir aussi : Echevarria A.J., « Borrowing from the Master: Use of Clausewitz in German Military Literature before the Great War », War and History, juillet 1996, pp. 274-292.

[14] Il existe une littérature importante à cet égard, de la fin de la Deuxième Guerre mondiale à nos jours. Voir par exemple : Bucholz A., Moltke, Schlieffen and the Prussian War Planning, Oxford, Berg. Pub., 1991, 352 p. ; Demeter K, The German Officer Corps, (Das deutsche Offizerkorps in Gesellschaft und Staat 1650-1945, 1962 – traduit de l’allemand par Malcolm A.), Londres, Weindenfeld & Nicolson, 1965, 414 p. ; Görlitz W., The German General Staff – Its History and Structure – 1647-1945, (Der Deutsche Generalstab, trans. by Br. Battershaw, with a Preface by C. Falls), Londres, Hollis and Carter, 1953, 508 p. Ces trois ouvrages ont été écrits par des Allemands. Mentionnons que Karl Demeter est un ancien étudiant de Hans Delbrück. A cela, il faut encore ajouter des ouvrages classiques comme : Craig G.A., The Politics of the Prussian Army – 1640-1945, Londres – Oxford – New York, Oxford University Press, 1968 (1955, 1964), 538 p. ; Kitchen M., A Military History of Germany from the eighteenth century to the present day, Londres, Weidenfeld and Nicolson, 1975, 384 p. Ces ouvrages citent Clausewitz même s’ils ne s’attardent pas spécialement sur lui. Le livre de Görlitz est celui qui lui consacre le plus de place, avec une vision tournée vers l’approche directe. L’auteur souligne néanmoins la valeur de la Formule dans la pensée de Clausewitz (voir surtout : pp. 60-64).

[15] Starry D.A., « To Change an Army », Military Review, mars 1983, p. 26 (texte issu d’une conférence – Committee on a Theory of Combat – du général Donn A. Starry le 10 juin 1980 à Carlisle Barracks, U.S. Army War College).

[16] Voir : Betts R.K., « Conventional Strategy – New Critics, Old Choices », art. cit., p. 149.

[17] Beaumont R.A., « On the Wehrmacht Mystique », Military Review, mars 1987, pp. 2-13.

[18] Hoschouer J.D., « von Moltke and the General Staff », Military Review, mars 1987, pp. 62-73 ; Krause M.D., « Moltke and the Origins of Operational Art », Military Review, septembre 1990, pp. 28-44.

[19] Linvingtson N.B. III, « Blitzkrieg in Europe: Is It Still Possible? », Military Review, juin 1986, pp. 26-38.

[20] Oberer W.Fr., « The True Difference », Military Review, avril 1988, pp. 74-81. L’auteur est un juriste allemand.

[21] Hughes D.J., « Abuses of German Military History », Military Review, décembre 1986, pp. 68-69.

[22] Creveld M. van, Fighting Power – German and U.S. Performance, 1939-1945, Londres, Arms and Armour Press, 1983, 198 p. Cet ouvrage est à situer en droite ligne d’un article de Morris Janowitz et Edward A. Shils sur la cohésion des unités allemandes. Ces deux auteurs, qui avaient travaillé auprès de services alliés de guerre psychologique, utilisaient largement la notion de groupe-primaire dans leurs explications. Shils E.A. & Janowitz M., « Cohesion and Disintegration in the Wehrmacht in World War II », Public Opinion Quarterly, été 1948, pp. 280-315.

[23] Creveld van M., « On Learning from the Wehrmacht and Other Things », Military Review, janvier 1988, pp. 62-71.

[24] Voir, par exemple : Gray C.S., « National Style in Strategy », International Security, automne 1981, pp. 21-47.

[25] Bassford Ch., « Cohesion, Personnel Stability and the German Model », Military Review, octobre 1990, pp. 73-81.

[26] Beaumont R.A., « Wehrmacht Mystique Revisited », art. cit., pp. 64-75.

[27] Schoenbaum D., « The Wermacht and G.I. Joe: Learning What from History – A Review Essay », International Security, été 1983, p. 205.

[28] Beaumont R.A., « On the Wehrmacht Mystique », art. cit.

[29] Record J., « Operational Brilliance, Strategic Incompetence – The Military Reformers and the German Model », Parameters, automne 1986, pp. 5-7.

[30] Tritten J.J. & Donaldo L., A Doctrine Reader – The Navies of United States, Great-Britain, France, Italy and Spain, op. cit., p. 146.

[31] Notons au passage une très intéressante thèse historique. Rappelons que Clausewitz distinguait deux types de guerre : la guerre dans la réalité et la guerre absolue, ou conforme à sa nature abstraite. Les Nazis auraient réinterprété Clausewitz en retournant le concept d’absolu. Par l’idéologie, ils ont élaboré une politique totale – une politique aux objectifs illimités – qui devait s’adapter à l’idée de guerre absolue. Ici, la politique n’est plus l’un des éléments censé limiter la guerre. Elle sert, au contraire, à lui permettre de se conformer à sa tendance absolue. Baldwin P.M., « Clausewitz in Nazi Germany », The Journal of Contemporary History, janvier 1981, pp. 5-26.

[32] Creveld M. van, « On Learning from the Wehrmacht and Other Things », art. cit., pp. 62-71. Sur ce sujet, voir par exemple : Bartov O., Hitler’s Army : Soldiers, Nazis, and War in the Thord Reich, Oxford, Oxford University Press, 1992, 238 p.

[33] Wakenfield K.R., « The German Generals 1918-1933 », Military Review, novembre 1974, pp. 32-40.

[34] Paret P., « Clausewitz – A Bibliographical Survey », art. cit., p. 280. Voir aussi, dans la même ligne que l’interprétation de Peter Paret : Müller K.-J., « Clausewitz, Ludendorff and Beck: Some Remarks on Clausewitz’ Influence on the German Military in the 1930s and 1940s », dans Handel M.I., Clausewitz and Modern Strategy, op. cit., pp. 240-266. ; Sadoff L.R., « Hans von Seeckt: One Man Who Made a Difference », Military Review, décembre 1987, pp. 76-81.

[35] Evancevich M.S., « Wermacht Lessons », et Richey S.W., « Into The Frey Again », dans le même numéro de la Military Review, juillet 1988, p. 89.

[36] Voir en particulier : Baxter C.F., « Did Nazis Fight Better Than Democrats? Historical Writing on the Combat Performance of the Allied Soldier in Normandy », Parameters, automne 1995, pp. 112-117.

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