Les cycles de Mars. Préambule

Cet ouvrage a été conçu conjointement, en 1996, par mon collègue Thierry Gongora, alors jeune diplômé de doctorat de l’Université Carleton, et moi-même, dans le cadre d’un projet de recherche postdoctoral, entrepris sous ma direction, à l’Université de Montréal. Toutefois, le projet a pris une ampleur imprévue au fil des années, et les responsabilités professionnelles de Thierry, qui a entrepris une carrière scientifique au ministère canadien de la Défense à la fin des années 1990, l’ont malheureusement empêché de poursuivre ce travail commun. J’aimerais lui témoi¬gner ici ma gratitude pour avoir grandement contribué à la con¬ception originale et à la réalisation de ce livre. C’est lui, en effet, qui en a proposé le titre et esquissé la structure dans le cadre d’un cours que nous avons donné ensemble en 1995 et 1996. C’est lui aussi qui a rédigé la version originale du chapitre 4, mis à jour et complété par mes soins en 2007. Il a également lu et commenté les premiers chapitres de l’ouvrage. Qu’il en soit remercié ici.

La poursuite de ce travail de recherche aurait été impossible si plusieurs étudiants de l’Université de Montréal ne m’avaient apporté leur aide. En tout premier lieu, Alexandre Carette, diplô¬mé de maîtrise en histoire de l’Université de Strasbourg, a rempli pendant plusieurs années les fonctions de documentaliste extraordinaire, me permettant d’explorer l’émergence de l’État moderne depuis le Moyen Âge et d’effectuer quelques coups de sonde dans des domaines aussi spécialisés que l’histoire de la fiscalité, celle de l’éducation, de l’administration publique et des technologies militaires et maritimes. Si cet ouvrage peut prétendre à un mini¬mum de crédibilité historique, c’est à Alexandre qu’il le doit.

Compte tenu du caractère extensif de la recherche qui a précédé la rédaction des Cycles, la compilation de la bibliographie et la vérification des notes ont pris une ampleur hors du commun. Plusieurs étudiantes ont contribué à effectuer ce travail de moine, en particulier Leila Di Cori, Sophie Dubé-Chavanel et Élise de Garie. Cette dernière a d’ailleurs succédé à Alexandre en 2006-2007, me fournissant les données statistiques indispensables qui apparaissent au chapitre 7. Elle m’a également aidé dans la rédac¬tion de la seconde partie de ce chapitre. C’est elle qui a, en particulier, exploré la notion d’État policier (Crimefare State).

Les Cycles de Mars n’auraient jamais vu le jour sans l’aide financière de deux organismes qui m’ont permis d’engager un certain nombre d’assistants et d’acquérir la documentation néces¬saire. Il s’agit du Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) qui, à trois reprises (2001-2004-2007), m’a renouvelé son appui au titre des subventions d’équi¬pes. Il s’agit également du Forum sur la Sécurité et la Défense, du ministère de la Défense nationale, qui soutient les activités de notre groupe de recherche depuis 1996.

Je serais aussi bien ingrat si je ne remerciais pas les personnes qui ont lu mon texte à fin d’évaluation et, tout particulièrement, Gérard Chaliand, Frédéric Mérand, David Haglund, Desmond Morton et Stéphane Roussel. Leurs commentaires m’ont certainement donné le courage d’aller jusqu’au bout de ce projet qui a occupé plus de dix ans de mon existence.

J’ai finalement la chance d’avoir une épouse qui aime notre langue et la respecte. Elle a aussi une longue expérience de la révision de texte et n’a pas compté les heures qu’elle a consacrées à la relecture du manuscrit. Si Les Cycles de Mars se lisent sans trop d’effort, malgré le caractère scolaire du propos, c’est très largement grâce à elle.

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