Colloque « Stratégie des espaces commun » des 4 et 5 juin 2018

Colloque de l’Institut de stratégie comparée, Conservatoire de la tenue, Toulon, 4-5 juin 2018

Renseignement et inscriptions : 01 44 42 43 58 – institut.strategie@gmail.com

L’espace au sens géographique du terme est une dimension constitutive de l’organisation des sociétés. Depuis l’époque moderne, il subit ce que les géographes appellent une double « enclosure » : la souveraineté des États et la propriété foncière privée. Au plan international, la souveraineté des États qui s’étend sur terre, sur mer et dans les airs laisse de larges espaces maritimes, aériens et extra-atmosphériques libres de toute souveraineté mais qui sont régis sur de nombreux aspects par des accords internationaux [Convention de Paris portant réglementation de la navigation aérienne (1919), convention sur la haute mer (1958), traité de l’espace (1967), …]. S’ajoute un espace supplémentaire – le cyberespace – purement virtuel bien qu’il ait un ancrage géographique qui correspond à l’implantation des infrastructures informationnelles, et qui peut être défini comme l’espace où demeurent et circulent les données numériques.

Ces espaces qui ont été qualifiés de communs répondent à un certain nombre de caractéristiques dont la principale réside dans leur capacité à abriter des flux. Ce sont, en effet, des milieux fluides adaptés à la circulation et au transit qui permettent de décloisonner les espaces et d’assurer leurs communications. Au point de vue géopolitique, les États-Unis ont exercé et continuent d’exercer une domination de ses espaces communs grâce à leur outil militaire, à leur puissance normative et à d’autres instruments relevant du soft power. Cette domination tend aujourd’hui à s’éroder compte tenu de l’affirmation de puissances contestant cet ordre
mondial (Russie, Chine, …). L’évolution actuelle se traduit à la fois par l’appropriation de certains espaces communs ou par la territorialisation du cyberespace pour lequel le processus d’enclosure ne fait sans doute que débuter.

Au point de vue stratégique, les espaces communs relèvent d’une double problématique : il s’agit d’avoir la capacité d’y accéder et de pouvoir les contrôler. Contrôler un espace commun veut dire tout d’abord savoir ce qui s’y passe, pouvoir y conduire des actions et, si besoin, dénier à l’adversaire la capacité à y conduire ses propres actions. Dans tous les cas, les stratégies propres aux espaces communs se déploient dans des milieux qui n’ont d’intérêt que dans leur rapport avec le milieu terrestre. Ce qui compte c’est le degré de supériorité nécessaire d’une part pour interdire à l’adversaire son usage et d’autre part pour l’exploiter à son profit afin d’atteindre l’effet recherché.

Consacré aux « Stratégie des espaces communs », le colloque organisé par l’Institut de stratégie comparée a pour ambition de déterminer les caractéristiques et les contraintes de l’action stratégique dans ces espaces en combinant à la fois les études théoriques et l’examen d’exemples historiques et contemporains.

Programme

Lundi 4 juin

9h00 : Accueil par Olivier Boré de Loisy, vice-président de l’Institut de stratégie comparée.
9h15 : Ouverture par le vice-amiral d’escadre Charles-Henri du Ché, commandant en chef pour la Méditerranée
9h30 : Introduction scientifique, Georges-Henri Soutou, membre de l’Institut et président de l’Institut de stratégie comparée.
10h00-12h30 : Définition et caractéristiques des espaces communs
– Vice-amiral d’escadre Patrick Hébrard, (FRS), « La mer » (titre provisoire),
– Général de brigade aérienne Luc de Rancourt (CDAOA), « L’air, espace commun et espace contesté » (titre provisoire),
– Olivier Zajec (Lyon III), « L’espace extra-atmosphérique » (titre provisoire),
– Stéphane Taillat (CREC), « Le cyberespace, espace américain ? » (titre provisoire),
– Yves Frenot (Institut polaire français Paul-Émile Victor), « L’Antarctique » (titre provisoire),

14h00-17h00 : Histoire et stratégie des espaces communs (Études de cas 1)
– Michèle Battesti (centre Roland Mousnier, Paris-Sorbonne), « Petite histoire de la haute-mer : un bien commun »,
– Martin Motte (EPHE), « Les espaces communs, de l’Antiquité à Jules Verne »,
– Lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois (IRSEM), « Le blocus et l’action stratégique dans les espaces communs »,
– Joseph Henrotin (Lyon III), « Rendre les espaces transparents »

Mardi 5 juin

9h00-12h00 : Les espaces communs : des espaces contestés (Études de cas 2)
– Alexandre Sheldon-Duplaix (SHD), « La lutte pour l’appropriation de la mer de Chine».
– Commandant Jean-Christophe Pitard-Bouet (CERPA), « La guerre des étoiles n’a pas eu lieu »,
– Capitaine de vaisseau Nicolas Ciaravola (CEPN), « La maîtrise du spectre électromagnétique » (titre provisoire),
– Jean-Philippe Pierre (FMES), « La Méditerranée, un espace commun contesté ? » (titre provisoire)
– CRC1 Pascal Dupont (cabinet militaire du Premier ministre), « Liberté de l’air ou souveraineté de l’espace aérien » (titre provisoire),

14h00-16h00 : Table ronde conclusive
– Contre-amiral Pierre Vandier (préfecture maritime), « La mer comme bien commun » (titre provisoire),
– Général de corps aérien Philippe Steininger (SGDSN), « La maîtrise de l’air et espace extratmosphérique » (titre provisoire),
– Xavier Pasco (FRS), « L’espace extra-atmosphérique : un espace commun en voie  privatisation ? » (titre provisoire),
– Chaire Castex, « Le cyberespace, un espace commun menacé ? » (participation à  confirmer),
16h00 : Conclusion scientifique, Georges-Henri Soutou, membre de l’Institut et président de l’Institut de stratégie comparée.

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