Chapitre XVI – L’ÉTHIOPIE ET LE TRAITÉ DE VERSAILLES

En fait, ce projet d’accord local qui devait être soumis aux gouvernements des Trois Puissances de l’Entente, était encore fragile. Les commentaires du ministre de France en Ethiopie, dans sa dépêche du 10 août 19171 éclairent bien les arrière-pensées des négociateurs. La clause 2 avait été acceptée avec beaucoup de réticences par le représentant italien qui ne tenait pas du tout à accroître l’approvisionnement en armes de l’Ethiopie et qui soupçonnait le représentant britannique d’avoir négocié un accord particulier sur le lac Tsana, avec le gouvernement éthiopien en échange de cette fourniture d’armes.

Quoiqu’il en soit, ce projet d’accord fut transmis aux capitales intéressées.

La première réaction du gouvernement français182 eut pour objet la clause 4. Paris considérait « qu’il ne peut être question pour une Puissance d’envoyer des représentants au Congrès de la Paix si elle n’est point belligérante. Or, il ne s’agit que de la rupture des relations diplomatiques entre l’Ethiopie et les Puissances Centrales et non d’une déclaration de guerre. »

Après avoir consulté ses ambassadeurs à Londres et à Rome, le ministre des Affaires étrangères fit connaître au représentant français à Addis Abbeba les positions de l’Italie et de la Grande Bretagne sur le projet d’accord avec le gouvernement éthiopien.

Le gouvernement italien était formellement opposé à toute cession d’armes à l’Ethiopie et, d’une manière générale, à toutes les demandes de l’Ethiopie pour entrer en guerre aux côtés de l’Entente. Dans ses commentaires183 le ministre de France à Addis Abbeba précisait que le représentant italien avait déconseillé à son gouvernement d’accepter les termes de cet accord. De l’avis du ministre Italien à Addis Abbeba, le chiffres des armes et des munitions demandées par les Ethiopiens était trop élevé ; les Puissances de l’Entente ne devaient y consentir que moyennant des compensations autres que la rupture des relations diplomatiques de l’Ethiopie avec les Puissances Centrales et qui seraient, en réalité, des avantages particuliers pour chacun des Alliés. Le ministre de France à Addis Abbeba, poursuivait, plus loin dans la même dépêche :

« La Légation d’Italie ne suit certainement pas d’un bon oeil les progrès lents mais continus du Ras Taffari. Elle lui refuse sa confiance parce qu’elle voit en lui le seul Prince Ethiopien capable de comprendre la nécessité de réformer son pays afin de le sauver d’un partage. Lui fournir des armes, c’est lui donner auprès des Ethiopiens un prestige qui affermirait son pouvoir. Il n’est donc pas étonnant que le gouvernement italien se montre surtout contraire à la clause relative aux fusils et aux cartouches.

« Sur ce point qui est certainement le plus important pour les Ethiopiens, il y aurait, j’en suis persuadé, moyen de s’entendre avec eux. Ce n’est qu’une question de chiffres. Mais je verrais de graves inconvénients à leur refuser toute importation de fusils et surtout de cartouches. Ce serait vraiment leur donner à croire que nous n’attendons que la fin de la présente guerre pour régler avec nos Alliés le sort de l’Ethiopie. Le renvoi des représentants des Puissances Centrales présente pour nous d’ailleurs des avantages certains en tant qu’il marquera la fin des intrigues germano-turques dirigées contre nous dans ce pays et nous permettra d’y tenter quelques réformes. J’espère donc que les Cabinets de Paris et de Londres se seront mis d’accord pour amener celui de Rome à se montrer accommodant et à accepter, tout au moins en partie, les demandes éthiopiennes. »

Quant au gouvernement britannique, sa position fut précisée dans une note remise le 8 octobre 1917 à l’Ambassadeur de France à Londres184.

Le Foreign Office avait eu connaissance de l’opposition du gouvernement Italien aux conditions de ce projet, notamment en ce qui concernait l’introduction en Ethiopie d’armes et de munitions. Aussi, adopta-t-il la même attitude et s’opposa-t-il au maintien de la clause 2. Pour la même raison avancée par le gouvernement français, il repoussa également la clause 4 en raison de la non-belligérance de l’Ethiopie. Le gouvernement britannique estimait que la défaite de Lidj Yassou avait fait disparaître le principal motif invoqué par le Prince Régent, le Ras Taffari Makonen, pour obtenir les armes. Il avait sur les bras, dans le Somaliland britannique et depuis 1899, la révolte du Mullah Mohammed Abdallah Hassan et la situation des forces britanniques repliées vers la côte était préoccupante depuis le début de la guerre mondiale. Londres ne tenait pas, malgré l’hostilité du nouveau gouvernement éthiopien du ras Taffari Makonnen vis à vis de la révolte somalie, à introduire dans la région de grandes quantités d’armes et de munitions dont on ne pouvait contrôler exactement la destination.

Cependant, pour ne pas opposer une fin de non-recevoir trop brutale aux demandes éthiopiennes, le Foreign Office, tout en maintenant son opposition aux clauses 2 et 4, était d’avis d’accorder à Addis Abbeba 3 000 fusils Gras sans munitions comme preuve de la bienveillance des Puissances alliés185.

Le gouvernement français se rallia à cette proposition et des démarches conjointes franco-britanniques furent faites sur ce point auprès du gouvernement Italien186.

La réaction italienne se fit connaître par une note rédigée en termes assez vifs et remise le 3 décembre 1917 au gouvernement français par l’Ambassadeur d’Italie à Paris187. Cette note appela une réponse très sèche du gouvernement français188 qui provoqua une démarche de l’Ambassadeur d’Italie à Paris, auprès du Quai d’Orsay pour reprendre cette note du 3 décembre dont le contenu était jugé par Paris comme peu propice à une action commune des Alliés. On rendit sa note à L’Ambassadeur d’Italie et l’incident fut considéré comme clos189.

Il est intéressant de relever dans cette note, les passages suivants :

« Monsieur de Coppet190 d’autre part se montre disposé à accorder des armes au gouvernement éthiopien. Il semblerait ainsi favoriser et encourager les aspirations éthiopiennes à participer à l’expédition militaire alliée de Jérusalem et au futur Congrès de la Paix, il montrerait de vouloir persister dans l’ancienne ligne de conduite de faiblesse et de flatterie envers le gouvernement éthiopien. »

« La ligne de conduite adoptée par les Légations alliées parait aux autorités royales assez dangereuse pour les intérêts et pour le prestige des Puissances avoisinantes de l’Empire éthiopien.

« D’après l’avis des dites autorités, il conviendrait plutôt d’adopter envers l’Ethiopie une attitude plus digne et plus efficace. En effet, l’Ethiopie a toujours profité et spéculé sur la rivalité et sur le manque d’union des trois Légations pour négocier et pour chercher à les tromper toutes.

« Au contraire, étant donné l’actuelle alliance entre les Puissances avoisinantes, il semble que l’action des trois Légations devrait être réellement unie et dirigée à obliger l’Ethiopie à se rendre compte que c’est une nécessité vitale pour elle ; par suite de sa position géographique, de ne pas heurter les pays voisins qui sont en possession de toutes les voies d’accès à l’Empire éthiopien et qu’il est plutôt de son intérêt de chercher à acquérir notre faveur.

« Ce serait une grave erreur pour les Puissances voisines de se priver du moyen le plus efficace de pression sur le gouvernement éthiopien en permettant l’introduction d’armes et munitions avant de s’être mises d’accord sur ce qu’il faudrait demander en échange à l’Ethiopie dans un moment où les questions à régler sont nombreuses et où les guerres civiles ont énormément diminué les réserves de munitions et le pouvoir offensif de l’armée éthiopienne.

« Afin d’obvier aux inconvénients et aux périls susdits, il semble au gouvernement royal qu’il serait nécessaire d’adopter une plus grande union et une plus grande uniformité de vues dans l’action des trois Légations alliées. Jusque là, il sera impossible d’appliquer dans son véritable esprit l’accord de Londres de 1906. Mais on encouragera toujours plus le gouvernement éthiopien à spéculer, à son propre avantage, sur le manque d’union et sur la rivalité des trois Légations.

« Il serait opportun que des instructions précises et catégoriques fussent données aux représentants de l’Entente en Ethiopie pour une action locale plus amicale, plus franche et plus coordonnée envers le gouvernement éthiopien, dans l’intérêt commun des alliés : action qui doit en tout correspondre à l’esprit d’union qui règle maintenant les relations générales entre les Alliés et qui doit, même dans les questions spéciales, avoir comme but essentiel le bien général plutôt que l’intérêt d’une seule puissance, ce qui peut signifier un préjudice pour une autre des Puissances intéressées.

Le gouvernement britannique fit pression sur le gouvernement italien pour adopter une attitude commune vis à vis du projet d’accord avec Addis Abbeba et une dépêche du 15 décembre 1917 de l’Ambassadeur de France à Londres191 donna l’accord du gouvernement italien sauf pour les clauses 2 et 4 qu’il repoussait, rejoignant ainsi la position britannique. Cependant, Londres maintenait sa proposition de cession de 3 000 fusils Gras à Addis Abbeba, à condition que le gouvernement italien fût d’accord sur ce point avec Paris. Une démarche fut faite dans ce sens auprès du gouvernement italien par l’Ambassadeur de France à Rome192.

Le gouvernement français, considérant que cette offre de 3 000 fusils Gras n’était pas comprise dans la négociation proprement dite, avait adressé le 18 décembre 1917, un télégramme à son représentant à Addis Abbeba dans lequel il lui prescrivait de se concerter avec ses collègues de Grande Bretagne et d’Italie, en vue de notifier au Ras Taffari Makonnen l’acceptation du projet d’accord par les Trois Puissances, à l’exception des clauses 2 et 4, relatives à l’introduction d’armes en Ethiopie et à la participation de l’Ethiopie au Congrès de la Paix.

Ces instructions provoqueront un exposé de la question par le ministre de France à Addis Abbeba dans une dépêche du 30 décembre 1917 dont on peut extraire ceci193 :

« Le Ras Taffari qui, dès le début, a désiré cette rupture et a fait des efforts méritoires pour y parvenir sait depuis quelques temps déjà, par une communication orale de Monsieur Thesiger194 que les Puissances limitrophes, et plus particulièrement l’une d’entre elles, sont opposées à l’introduction d’armes et de munitions demandées par son gouvernement comme prix principal de la révocation de sa neutralité. Il en a éprouvé, je le sais, une vive déception et s’il reste disposé à traiter cette affaire, il ne possède peut-être plus, après l’échec des premiers pourparlers, la même autorité auprès de ses chefs pour la faire aboutir au résultat voulu ».

« Monsieur Balfour195 estime aujourd’hui qu’il serait possible de conclure la négociation moyennant l’octroi des 3 000 fusils demandés à titre personnel par le Ras Taffari. C’est là une illusion complète. A supposer que le gouvernement éthiopien -et non pas seulement le Ras Taffari- impressionné par la prise de Jérusalem, par la solidarité des Alliés sur le front italien, par l’arrivée en France des contingents américains, voie un réel intérêt à prendre nettement le parti des Alliés qui sont en même temps ses voisins, ce n’est pas de 3 000 fusils qu’il se contentera. Pour amener l’opinion publique, représentée par ce pays par une multitude de petits chefs, à admettre le renvoi des représentants et sujets allemands et turcs, il serait nécessaire, comme le disait très justement le ministre Ygazou au mois de juillet dernier, de pouvoir introduire et distribuer une quantité assez considérable d’armes. les Ethiopiens comprendraient alors, mais seulement alors, qu’il n’ont pas fait un marché de dupes en révoquant leur neutralité.

« Au point où en sont les choses ici et en Europe, je considère que le minimum de ce qu’on puisse offrir au gouvernement éthiopien, en matières d’armes pour le déterminer à la rupture, se compose d’une part des 3 000 carabines demandées par Taffari à titre personnel, de l’autre des 16 000 mousquetons dont, au mois de mai dernier, nous avons refusé l’entrée en Ethiopie pour le motif que ce pays était resté neutre dans le conflit actuel . Ces 19 000 armes se trouvent inutilisées à Djibouti ; elles sont de valeur médiocre et ne comportent pas de cartouches. Si le gouvernement éthiopien amendait dans ce sens la clause 2 de l’accord projeté, je me permets de penser que nous devrions nous empresser de conclure cette affaire à des conditions aussi peu onéreuses pour nous.

« Quant à la suppression de l’article visant la représentation de l’Ethiopie au Congrès de la Paix, elle serait, je crois, acceptée sans difficultés par le gouvernement éthiopien du moment qu’il aurait la certitude d’être traité sur le même pied que les autres gouvernements ayant simplement rompu leurs relations diplomatiques avec les Puissances centrales. »

« Pour me résumer, j’estime que la position prise par l’Italie rend impossible la réussite d’une tentative que les manoeuvres de la Légation d’Allemagne d’une part, les exigences du gouvernement éthiopien de l’autre, rendaient déjà d’une exécution suffisamment difficile. Si les autres gouvernements intéressés trouvent cependant avantageux pour le présent et plus encore pour l’avenir, de la réaliser, c’est à Rome qu’ils doivent agir ensemble pour amener le gouvernement Italien à partager leurs vues »

Peu de temps après, Paris fut avisé par Rome que le gouvernement italien refusait catégoriquement la proposition britannique de cession de 3 000 fusils Gras196. La négociation d’ensemble concernant la rupture des relations diplomatiques de l’Ethiopie avec les Puissances Centrales et l’expulsion de leurs ressortissants fut alors considérée comme étant au point mort.

*

* *

Cependant, le gouvernement français, sous la pression de Georges Clemenceau, président du Conseil et ministre de la Guerre, cherchait à relancer la négociation et décida, pour amener le gouvernement Italien, à être moins intransigeant, de proposer la participation de l’Ethiopie à la guerre mondiale aux côtés de l’Entente.

L’idée de faire de l’Ethiopie une puissance belligérante est analysée dans une note du 17 janvier 1918, établie par le ministre des Affaires étrangères à l’intention du président du Conseil197. Cette note soulignait que le Comité Supérieur de Guerre de Versailles, où l’Italie était représentée par le général Cadorna, avait été saisi de la question et elle suggérait la participation au front occidental d’un contingent éthiopien.

Examinée le 17 janvier 1918 par le Conseil Supérieur de Guerre de Versailles, cette proposition française fut ajournée et renvoyée pour nouvel examen en raison de l’opposition italienne.

D’autre part, le général Foch, Chef d’Etat Major général de l’Armée, était assez réticent, à cause de l’opposition certaine de l’Italie et de celle probable de la Grande Bretagne, et aussi, en raison de l’impossibilité pratique, dans l’état actuel des ressources, de former, d’encadrer de pourvoir de matériels et de transporter une armée nouvelle de nature très spéciale198.

Cependant, Georges Clemenceau tenait à son idée de recruter en Ethiopie des contingents de troupe pour le front occidental et, sur ses instructions, le ministre des Affaires étrangères donna des directives très fermes aux Ambassadeurs de France à Rome et à Londres pour relancer la négociation199.

Le gouvernement italien revenant plus ou moins sur sa position précédente, accepta la cession des 3 000 fusils Gras, avec la promesse de livraison à l’Ethiopie d’un contingent plus important d’armes à condition que la rupture des relations diplomatiques avec les Puissances Centrales soit effective et que cette opération ne soit pas une amorce pour fournir d’autres armes à l’Ethiopie200.

Le gouvernement français proposa que l’on cédât à l’Ethiopie 19. 000 fusils comprenant les 3 000 fusils Gras et 16 000 mousquetons entreposés à Djibouti201.

L’Ambassadeur de France à Rome rendit compte de sa démarche par télégramme par le télégramme suivant202 :

« Je n’ai pu déterminer Monsieur Sonnino203 à adhérer à la cession au gouvernement éthiopien des 16 000 mousquetons de Djibouti. Peut-être, depuis notre précédent entretien, le ministre des Colonies avait-il accentué son opposition ? Quoiqu’il en soit, le ministre des Affaires étrangères voit dans cette opération un danger futur pour les colonies italiennes qui, dit-il, en paieront les frais. Il voit , en outre, dans la cession de ces armes, l’amorce de la vente d’autres armes aux éthiopiens. Il a, dit-il, adhéré, à l’octroi des 3 000 fusils Gras pour répondre au désir de Monsieur Clemenceau. Il y a trois mois, cette concession était jugée suffisante pour obtenir la rupture du gouvernement d’Addis Abbeba avec les Puissances ennemies. Il ne voit pas, malgré ce que je lui ai dit, de motifs suffisants pour que la négociation ne soit pas reprise et menée à bonne fin sur cette base. Je crains qu’il ne soit très difficile d’amener Monsieur Sonnino à en démordre. Il me semble en tout état de cause que nous n’avons rien à perdre à reprendre, dès à présent la conversation avec le Ras Taffari, même sur la base de la cession des fusils acceptée par Monsieur Sonnino. Si elle n’aboutit pas, nous pourrons revenir à la charge ici et, de toutes façons, nous trouverons à cette procédure l’avantage, négatif il est vrai, que si le gouvernement éthiopien ne rompt pas avec les Empire Centraux, c’est à l’Italie qu’en reviendra la responsabilité ». Barrère

En fait, il était proposé au gouvernement éthiopien de rompre avec les Puissances Centrales dans des conditions moins avantageuses que ne le prévoyait le projet d’accord précédent puisque la cession des armes se limitait à 3 000 fusils Gras. Le gouvernement italien, comme le faisait remarquer le ministre de France en Ethiopie dans sa dépêche du 6 mars 1918204 voulait que l’Ethiopie ne s’adressât qu’aux Puissances limitrophes pour obtenir des armes, ce qui équivalait pratiquement à la cessation de toute introduction de matériel de guerre en Ethiopie. C’était dire assez clairement que le gouvernement italien mettrait toujours obstacle à de pareilles demandes.

Cependant, l’Ambassadeur de France à Londres était informé le 12 mars 1918 par le Foreign Office 205 que le gouvernement britannique, tout en maintenant son accord pour la cession des 3 000 fusils Gras, était formellement opposé à toute livraison supplémentaire d’armes au gouvernement éthiopien. La situation était alors clairement exposée dans une note du ministre français des Affaires étrangères à Georges Clemenceau, président du Conseil et ministre de la Guerre et dont on pourra extraire les passages suivants206 :

« Le 2 février 1918, la questiona été posée au Comité Supérieur de Guerre à Versailles. Monsieur Sonnino 207 a expliqué que l’opposition à la cession d’armes au gouvernement éthiopien, condition mise par le Ras Taffari à la rupture, venait principalement en Italie du ministre des Colonies. Il a été convenu que Monsieur Sonnino étudierait avec son collègue l’affaire dont l’examen serait poursuivi à Rome.

« Depuis, le gouvernement Italien a consenti à céder les 3 000 fusils demandés par le Ras Taffari pour sa défense personnelle et a suggéré que les négociations reprennent, sur les bases indiquées dans la note ci-jointe, persuadé que cette concession suffirait. Le gouvernement britannique a donné des instructions dans ce sens à son représentant à Addis Abebba.

« Or, le Ras Taffari a déclaré qu’il était absolument inutile de reprendre la conversation si l’Entente n’était disposée à céder que ces 3 000 fusils. Monsieur de Coppet 208 suggérait en conséquence que ces 3 000 fusils fussent accordés immédiatement et sans conditions au Ras Taffari et qu’on renouât la négociation. Il ajoutait que, pour la faire aboutir, il serait nécessaire d’admettre comme minimum l’entrée en Ethiopie de 16 000 mousquetons qui sont à Djibouti et d’une certaine quantité de cartouches et de ne pas soulever la question générale des armes dans le sens restrictif souhaité par le gouvernement Italien.

« Les cabinets de Rome et de Londres, saisis de ces suggestions par Monsieur Barrère209 et par Monsieur Cambon210 n’ont pas encore répondu. Il faudra presser sur eux très vivement pour obtenir qu’ils se rallient à notre opinion tant ils craignent, tous deux, l’introduction d’armes en Ethiopie. Une action dans ce sens au Comité Supérieur de Guerre de Versailles serait très désirable. »

Malgré les efforts de l’Ambassadeur de France211, le gouvernement Italien se sentant soutenu par le gouvernement britannique refusa de modifier sa position. Aussi, le ministre français des Affaires étrangères adressa à l’Ambassadeur de France à Londres, le 31 mars 1918, le télégramme suivant212 :

« En réponse aux instructions pressantes que j’ai renouvelées à Monsieur Barrère213 en vue de faire aboutir la négociation destinée à permettre la levée de recrues en Ethiopie, notre Ambassadeur fait observer que le Foreign Office montre la même répugnance que la Consulta à consentir à la livraison des fusils et des mousquetons réclamés par le gouvernement d’Addis Abebba. Je vous prie d’insister aussi vivement que possible auprès de Monsieur Balfour214 pour que satisfaction soit donnée aux demandes du Ras Taffari. Monsieur Clemenceau attache un grand intérêt à ce que cette affaire aboutisse sans délai et à ce que la rupture de l’Ethiopie avec les Empires Centraux nous mette en mesure de lever des recrues dont le gouvernement britannique ne peut méconnaître, dans les circonstances présentes, l’urgente utilité pour nos deux pays ».

La réponse essentielle de l’Ambassadeur de France à Londres est contenue dans un télégramme du 2 avril 1918 ainsi rédigé215 :

« Monsieur Balfour vient de répondre à mes premières démarches relatives aux affaires d’Ethiopie. Il n’accepterait la cession au Ras Taffari des 3 000 fusils que si le gouvernement éthiopien consentait en principe, à expulser tous les agents ennemis de son territoire. Ce serait seulement après que cette mesure aurait reçu un commencement d’exécution que le gouvernement britannique jugerait pouvoir examiner à nouveau la question des 16 000 fusils. Monsieur Balfour me rappelle que le gouvernement italien s’est jusqu’ici formellement opposé à la cession d’une aussi grande quantité d’armes à l’Ethiopie. Je vais insister aujourd’hui auprès de Monsieur Balfour sur la nécessité de régler l’affaire éthiopienne en m’appuyant sur l’utilité que présenterait le recrutement d’Ethiopiens dans les circonstances actuelles.

« Mais cette dernière question est toute nouvelle ; j’aurais besoin de savoir si le recrutement d’Ethiopiens a déjà été bien étudié, si notre ministre à Addis Abbeba a donné son avis, s’il s’agit de recruter des soldats ou des travailleurs, combien les uns et les autres pourrait être recruté etc. En effet, la principale préoccupation du gouvernement britannique en ce qui concerne l’Ethiopie est le maintien de l’ordre dans les territoires limitrophes de la Somalie et du Soudan et il s’oppose à l’introduction d’armes en Ethiopie parce que ces armes sont trop souvent revendues aux tribus rebelles de la Somalie. Pour que le gouvernement britannique consente à l’introduction des 16 000 fusils de Djibouti, il faudra lui démontrer que cette cession procurera aux Alliés un avantage certain et, si cet avantage doit être un recrutement d’hommes, que ce recrutement est assuré de nous fournir un effectif suffisant. »

Interrogé par Paris, le ministre de France en Ethiopie répondit le 12 avril 1918216 que l’on pouvait recruter en Ethiopie, au maximum pour le front occidental un contingent de 20 000 soldats et un autre de 20 000 travailleurs, mais à condition d’envisager la cession des 30 000 fusils et des 6 millions de cartouches demandés par le gouvernement Ethiopien au mois de juillet 1917 pour pouvoir faire insérer la clause relative au recrutement dans le projet d’accord.

Georges Clemenceau, président du Conseil et ministre de la Guerre dans une lettre adressée au ministre français des Affaires étrangères217 portait à sa connaissance un rapport du général Famin sur la possibilité de recruter en Ethiopie des soldats et des travailleurs. Les bataillons éthiopiens pourraient être utilisés en Arabie et en Palestine et Clemenceau insistait beaucoup pour que la rupture de l’Ethiopie avec les Puissances Centrales fût négociée le plus rapidement possible pour permettre de procéder à ce recrutement.

L’Ambassadeur de France à Londres communiqua bientôt la réponse du gouvernement britannique218. Elle était catégoriquement négative. Le Foreign Office estimait que les trois Puissances n’arriveraient pas à leurs fins, même en accordant au Ras Taffari l’autorisation d’importer 16 000 fusils. En ce qui concernait le recrutement des soldats et travailleurs éthiopiens, le Foreign Office pensait qu’il serait beaucoup plus facile d’obtenir des résultats en provoquant des engagements au moyen d’argent ainsi que l’avait fait le gouvernement britannique pour le recrutement de chinois, avant l’entrée de la Chine dans la guerre.

Quant au gouvernement italien, il maintenait sa position antérieure sur les livraisons d’armes et s’opposait à tout recrutement de soldats ou de travailleurs en Ethiopie219.

La négociation était donc complètement arrêtée d’autant plus que le ministre de France à Addis Abbeba rendait compte par un télégramme du 11 juin 1918220 que le gouvernement éthiopien, las des tergiversations des Puissances de l’Entente, n’était plus disposé à traiter aux conditions énoncées en juillet 1917 et qu’il était probable que les nouvelles conditions comporteraient la libre importation des armes et des agrandissements territoriaux, notamment un débouché sur la mer.

En outre, le Comité Supérieur de Guerre de Versailles, dans sa séance du 16 juillet 1918, (Représentants militaires) donnait l’avis suivant221 :

« Après étude de la question, les Représentants Militaires,

Considérant,

1-que d’après les évaluations autorisées, les possibilités de recrutement en Ethiopie ne dépassent pas le chiffre de 20 000 combattants dont l’encadrement et l’instruction seraient difficiles et très longs en raison de leur caractère et de leur langue,

2-Que le transport de ces contingents nécessiterait un nouvel effort de tonnage qui ne correspondrait pas au rendement que l’on pourrait attendre d’eux,

3-Que leur entretien entraînerait des dépenses qui, pour les raisons ci-dessus exposées, ne paraîtraient pas justifiées,

4-Que par ailleurs, le recrutement des Travailleurs Ethiopiens (20 000 environ) pourrait être obtenu en l’état actuel,

Sont d’avis,

1-qu’il n’y a pas lieu pour l’Entente de poursuivre le projet de recrutement de contingents auxiliaires en Ethiopie,

2-qu’à défaut de toute autre source de main-d’oeuvre, l’Entente pourrait cependant trouver en Ethiopie quelques milliers de travailleurs qu’elle utiliserait dans les mêmes conditions que le travailleurs neutres déjà enrôlés.-

Le R.M.P. français- le R.M.P britannique- le R.M.P italien -le R.M.P. américain

signé : Belin Sackville-W di Robilant Bliss

Cette note collective du Comité supérieur de la Guerre de Versailles provoqua une réaction immédiate de Clemenceau qui, dans une lettre du 17 août 1918222, adressée au général Belin, représentant militaire français, s’exprimait ainsi :

« Par lettre N° 922 CSG du 18 juillet dernier, vous m’avez transmis la note collective n° 34, adoptée le 16 juillet par les représentants militaires permanents à Versailles, au sujet du recrutement en Ethiopie. Cette note conclut d’une part, à l’abandon de toute idée de recrutement de troupes combattantes en Ethiopie et, d’autre part, à la possibilité de trouver en Ethiopie quelques milliers de travailleurs.

Or, les renseignements les plus récents de nos agents en Ethiopie représentent la main d’oeuvre de ce pays, habité surtout par des populations essentiellement guerrières, comme très peu abondante et son recrutement entièrement subordonné à l’autorisation et au concours des chefs locaux et, par conséquent, au gouvernement éthiopien.

Ce concours officiel du gouvernement et des Chefs locaux éthiopiens ne saurait être d’ailleurs obtenu que si l’Ethiopie rompait les relations diplomatiques avec les Puissances Centrales.

Le gouvernement français ne peut donc donner son approbation à la note collective n° 34 susvisée, qui ne saurait avoir qu’un caractère purement platonique tant que la situation diplomatique actuelle de l’Ethiopie vis à vis des Alliés n’aura pas été modifiée.

signé : Clemenceau.

L’affaire était donc terminée et l’Armistice du 11 novembre 1918 mit fin à ces négociations.

Le 19 décembre 1918, le ministre de France en Ethiopie rendait compte des réaction éthiopiennes à la victoire des Alliés. Il s’exprimait ainsi223 :

« La victoire des Alliés a certainement réjoui le Ras Taffari et plusieurs de ses Chefs comme le Dedjaz Imerou qui m’a envoyé un télégramme de félicitations mais elle a aussi et surtout inquiété le gouvernement éthiopien. D’une manière générale, les Ethiopiens eussent préféré une issue moins décisive et moins avantageuse pour les Trois Puissances dont les possessions entourent leur pays, notamment pour l’Italie. Bien qu’étant restés neutres, ils craignent que cette dernière n’entraîne ses partenaires à examiner, sitôt la paix signée, la question d’Ethiopie et à la résoudre par un partage. »

*

* *

Dès le début de 1919, le gouvernement éthiopien résolut d’envoyer plusieurs missions à l’étranger pour s’informer des suites de la guerre mondiale et des dispositions préparatoires au Congrès de la Paix224. En outre, le Ras Taffari était partisan de l’entrée de son pays à la Société des Nations dont le Pacte venait d’être porté à la connaissance de toutes les Nations par les préliminaires de Paix. Il comptait fermement être soutenu dans sa candidature par la France et les Etats-Unis d’Amérique225.

Le gouvernement britannique ne cherchait pas à encourager l’envoi de missions éthiopiennes en Europe226 et il prit nettement position dans une note du 30 avril 1919, remise par l’Ambassadeur de Grande Bretagne à Paris, au ministre des Français des Affaires étrangères227. A son avis, ces missions devaient se borner à apporter les félicitations officielles du gouvernement éthiopien aux Puissances de l’Entente, victorieuses de la la guerre.

En définitive, trois missions furent envoyées en Europe par le gouvernement éthiopien, l’une à Paris, la seconde à Londres et la troisième à Rome. Une quatrième mission fut envoyée à Washington.

La mission de Paris fut reçue le 6 juin 1919 par Raymond Poincaré, président de la République Française à qui, au cours de l’audience, elle remit la lettre suivante228 :

« Au Très Honorable Monsieur Poincaré

Président de la République Française »

« Que la paix soit avec vous »

« Dès le commencement de cette Grande Guerre européenne, croyez que nos pensées et nos peines étaient vraiment avec le gouvernement français.

« En outre, nous avions un désir ardent de participer à cette guerre et d’aider les Alliés dans la mesure de nos moyens.

« Mais, dans notre pays, de petits troubles s’étant produits, nous avons beaucoup regretté de n’avoir pu agir selon nos désirs.

« Enfin, cette guerre étant terminée par la victoire de la France, ma joie a été aussi grande que celle d’un citoyen français.

« Je souhaite que l’avenir soit pour votre peuple un temps de paix et de tranquillité et je rends grâces à Dieu d’avoir donné son aide aux Alliés.

« J’espère également que le commerce, arrêté par suite de cette guerre, va reprendre et développer les relations entre nos deux gouvernements.

« Surtout, encore mon vif et grand désir est de vous faire savoir que je tiens beaucoup à ce que les liens d’amitié qui ont uni l’Ethiopie et la France depuis tant d’années ne soient pas relâchées.

signé : Ras Tafari Makonnen

Sceau du Prince Régent

Devant les réticences de l’Italie et de la Grande Bretagne à soutenir l’admission de l’Ethiopie à la Société des Nations229, le Ras Taffari sollicita l’appui de la France et des Etats Unis d’Amérique230, car le gouvernement éthiopien avait été désagréablement surpris de constater que l’Ethiopie n’était pas inscrite sur la liste des Etats formellement invités à adhérer au Pacte.

Le ministre français des Affaires étrangères, dans un télégramme au ministre de France à Addis-Abbeba, proposa de transmettre au Secrétariat général de la Société des Nations la demande d’admission de l’Ethiopie en l’appuyant favorablement et en soutenant les démarches que le Ras Taffari entreprendrait lui-même en venant à Genève231.

Pour faciliter la tâche du gouvernement éthiopien qui n’avait pas de représentant en Europe, le Quai d’Orsay proposait un modèle de demande qui avait été préparé par ses services politique et juridique et qui devait pouvoir être accepté par Sir James Drummond, Secrétaire général de la Société des Nations.

Le ministre de France en Ethiopie fut chargé de suivre l’affaire et il en entretint le Ras Taffari le 4 mars 1920 lorsqu’il lui remit l’exemplaire du traité de Versailles offert à l’Ethiopie par le gouvernement de la République Française232. Le gouvernement éthiopien hésitait encore à introduire se demande d’admission à la Société des Nations ; cette hésitation était provoqué par la méconnaissance des obligations auxquelles il devait souscrire s’il adhérait au Pacte. Il avait envoyé, à cet effet, un représentant à Paris pour s’informer.

En outre, un autre point de préoccupations était celui des contrôles de l’exécution des réformes qui lui seraient demandées. A cet égard, le ministre de France en Ethiopie proposait que ce contrôle ne fût pas exercé par les représentants des trois Puissances limitrophes, dont l’une, au moins, était fort suspecte aux yeux des Ethiopiens, mais par la Société des Nations elle-même qui devrait choisir de préférence des délégués appartenant à d’autres nationalités.

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On sait que, finalement, la demande d’admission de l’Ethiopie à la Société des Nations fut formulée le 12 août 1923. Elle provoqua de nombreuses objections, particulièrement des gouvernements britannique et australien. la France, qui intervint vigoureusement pour soutenir la candidature de l’Ethiopie, trouva un appui assez inattendu de la part de l’Italie dont la position sur cette affaire était totalement modifiée.Ce changement d’attitude avait pour origine le désir de l’Italie de se rapprocher de la France au moment où, à la suite de l’aventure militaire de Corfou, l’Italie était mise en accusation par la Grèce devant la Société des nations.

La proposition d’admission présentée par la France et ses amis l’emporta en définitive. L’Ethiopie fut admise dans la Société des Nations à l’unanimité des 45 votants le 28 septembre 1923, par la Quatrième Assemblée de cet organisme.

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Notes:

181 Télégramme n° 68 du 4 août 1917 de la Légation de France en Ethiopie au ministère des Affaires étrangères à Paris. Dépêche du 10 août 1917 du ministre de France en Ethiopie au président du Conseil français, ministre des Affaires étrangères.

182 Télégramme n° 61 du 11 août 1917 au ministre français des Affaires étrangères au ministre de France à Addis Ababba.

183 Dépêche n° 96 du 20 août 1917 du ministre de France en Ethiopie au président du Conseil français, ministre des Affaires étrangères.

184 Dépêche n°1088 du 9 octobre 1917 de l’ambassadeur de France à Londres et note du Foreign Office du 8 octobre 1917

185 Dépêche n° 1201 de l’ambassadeur de France à Londres du 21 novembre 1917.

186 Dépêche n°1639 du 30 novembre 1917 du ministre des Affaires étrangères à l’ambassadeur de France à Rome.

187 Note de l’ambassadeur d’Italie à Paris du 3 décembre 1917.

188 Note du 18 décembre 1917 du ministre français des Affaires étrangères à l’ambassadeur d’Italie à Paris.

189 Lettre du 31 décembre 1917 du ministre Français des Affaires étrangères à l’ambassadeur d’Italie à Paris.

190 Ministre de France à Addis Abbeba.

191 Dépêche 1255 du 15 décembre 1917 de l’ambassadeur de France à Londres au ministre des Affaires étrangères.

192 Dépêche n° 1694 du 17 décembre 1917 du ministre français des Affaires étrangères à l’ambassadeur de France à Rome.

193 Dépêche n° 138 du 30 décembre 1917 du ministre de France en Ethiopie au ministre français des Affaires étrangères.

194 Ministre de Grande-Bretagne à Addis Abebba.

195 Ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne.

196 Note du ministre français des Affaires étrangères du 17 janvier 1918.

197 Note du ministre français des Affaires étrangères du 18 janvier 1918.

198 Lettre du général Foch au ministre des Affaires étrangères n° 1562 BS : 3 du 24 janvier 1918.

199 Télégramme n° 507 du 20 février 1918 à l’ambassadeur de France à Rome du ministre français des Affaires étrangères.

200 Télégramme n° 410 du 24 février 1918de l’ambassadeur de France à Rome au ministre français des Affaires étrangères.

201 Dépêche n°566 du 25 février 1918 du ministre français des Affaires étrangères à l’ambassadeur de France à Rome.

202 Télégramme n° 436 du 27 février 1918 de l’ambassadeur de France à Rome au ministre français des Affaires étrangères.

203 Ministre Italien des Affaires étrangères.

204 Dépêche n°23 du 6 mars 1918 du ministre de France en Ethiopie au ministre français des Affaires étrangères.

205 Lettre n° 194 du 13 mars 1918 de l’ambassadeur de France à Londres au ministre français des Affaires étrangères.

206 Note du 24 mars 1918 du ministre français des Affaires étrangères.

207 Ministre Italien des Affaires étrangères.

208 Ministre de France à Addis Abbeba.

209 Ambassaeur de France à Rome.

210 Ambassadeur de France à Londres.

211 Télégramme n° 710 du 30 mars 1918 de l’ambassadeur de France à Rome au ministre français des Affaires étrangères.

212 Télégramme n° 1298 du 31 mars 1918 du ministre français des Affaires étrangères à l’ambassadeur de France à Londres.

213 Ambassadeur de France à Rome.

214 Ministre Britannique des Affaires étrangères.

215 Télégramme n° 413 du 2 avril 1918 de l’ambassadeur de France à Londres au ministre français des Affaires étrangères.

216 Télégramme n° 15 du 12 avril 1918 du ministre de France en Ethiopie au ministre français des Affaires étrangères.

217 Lettre n° 3112/9/II du 30 avril 1918.

218 Dépêche n° 359 du 16 mai 1918 de l’ambassadeur de France à Londres au ministre français des Affaires étrangères.

219 Télégramme n°1078 du 26 mai 1918 de l’ambassadeur de France à Rome au ministre français des Affaires étrangères.

220 Télégramme n° 21 du II juin 1918 du ministre de France en Ethiopie au ministre français des Affaires étrangères.

221 Note collective n°34 du 16 juillet 1918 du Conseil supérieur de guerre (représentants militaires).

222 Lettre du Président du Conseil, ministre de la Guerre, au général Belin, représentant militaire permanent français au Conseil supérieur de Guerre de Versailles n° 6037/9/11 du 27 août 1918.

223 Dépêche n° 117 du 19 décembre 1918 du ministre de France en Ethiopie au ministre français des Affaires étrangères.

224 Dépêche n° 4 du 27 janvier 1919 du ministre de France en Ethiopie au ministre français des Affaires étrangères.

225 Dépêche n° II du 15 février 1919 du ministre de France en Ethiopie au ministre français des Affaires étrangères.

226 Dépêche n° 202 du 3 avril 1919 de l’ambassadeur de France à Londres au ministre français des Affaires étrangères.

227 Note du 30 avril 1919 de l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris au ministre français des Affaires étrangères.

228 Note du 6 juin 1919 du Service du protocole à la Direction politique du ministère français des Affaires étrangères.

229 Dépêche n° 51 du 23 juin 1919 du Chargé d’affaires de France en Ethiopie au ministre français des Affaires étrangères.

230 Télégramme n° 41 du 24 juin 1919 du Chargé d’affaires de France en Ethiopie au ministre français des Affaires étrangères.

231 Télégrammes n° 57 & 58 du 3 juillet 1919 du ministre français des Affaires étrangères au ministre de France en Ethiopie.

232 Dépêche n° 36 du 19 mars 1920 du ministre de France en Ethiopie au ministre français des Affaires étrangères, Paris.

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