Le renseignement militaire français face à l’est

Le renseignement d’intérêt militaire ne diffère pas du renseignement en général. Il s’agit d’une information ~ recherchée, recoupée, analysée et synthétisée.

Comme les autres renseignements, les renseignements militaires suivent un cycle à quatre temps. Dans un premier temps, I’autorité exprime ses besoins. Dans un deuxième temps, la cellule de renseignement anime la recherche et lance des demandes. Dans un troisième temps, les organes spécialisés recherchent l’information brute. Dans un quatrième temps, les informations reviennent à la cellule de renseignement qui procède à la critique, au recoupement et à la synthèse.

Le renseignement du temps de paix comprend à la fois le renseignement de documentation – base de données sur une armée étrangère -, le renseignement de situation et le renseignement de sécurité sur la protection des armées contre toutes les intrusions venant de l’extérieur.

Le renseignement du temps de guerre se décompose entre le renseignement de contact
– c’est-à-dire le renseignement dont a besoin une unité militaire sur l’ennemi de l’avant – le renseignement de manœuvre qui vise à recueillir des renseignements sur l’ennemi futur – et l’acquisition des objectifs.

Tout chef militaire a une zone de responsabilité du renseignement qui concerne son ennemi de contact et dans laquelle il cherche et exploite le renseignement. Au-delà de cette zone de responsabilité, se situe la zone d’intérêt du renseignement qui est beaucoup plus vaste et dans laquelle il est renseigné, non pas par lui-même, mais par ses voisins et ses supérieurs. C’est dans cette zone qu’il sera renseigné sur son ennemi futur.

ORGANISATION DU TEMPS DE PAIX

Évolution historique

Après la guerre, dans les années cinquante, il existait au plus haut niveau un État-Major de la Défense Nationale (EMGDN) initialement confié au maréchal Juin et ensuite dirigé par le général Ely. Cet état-major disposait d’un Centre d’exploitation du renseignement, le CER, auquel a été accolé par la suite un organisme technique, le Centre d’exploitation du renseignement scientifique et technique, le CERST. Dans ces deux organismes travaillaient certes en majorité des officiers, mais également quelques civils et des scientifiques.

À cette époque, les priorités du renseignement étaient évidemment orientées sur le pacte de Varsovie. L’outre-mer était également présent avec la guerre d’Indochine et la guerre d’Algérie. Je n’évoquerai ni l’Indochine ni l’Algérie, sinon pour préciser que les deuxièmes bureaux étaient bien renseignés sur ces deux territoires. Pourtant, les commandements et les gouvernements n’ont le plus souvent pas voulu tenir compte des renseignements qui leur étaient transmis.

– Cette période initiale est propice au renseignement pour plusieurs raisons. Premièrement, la France est encore dans le dispositif intégré des Alliés, c’est-à-dire qu’elle maintient dans les états-majors des officiers qui bénéficient de toutes les sources de renseignement des pays alliés. Deuxièmement, le SDECE s’intéresse encore beaucoup au renseignement militaire dans deux domaines: d’une part, en matière d’écoutes stratégiques – à l’époque, on parvient à déchiffrer les codes soviétiques – d’autre part, par le canal des attachés adjoints qui sont mis en place auprès des attachés militaires dans les pays de l’Est.

À ce moment là, les armées forment des soviétologues: un certain nombre d’officiers apprennent la langue russe. En 1959, le colonel Michel Garder a écrit une histoire de l’armée soviétique qui faisait autorité et dont la valeur est toujours reconnue. En 1965, il a publié L’agonie du régime en Russie soviétique, ouvrage tout à fait prémonitoire. Il avait parfaitement perçu que le seul organisme soviétique qui était informé tant de la situation intérieure que de la situation internationale était le KGB. Il en concluait que toute réforme du régime soviétique passerait nécessairement par le KGB. C’est bien ce qui s’est passé avec Andropov, puis Gorbatchev.

Les premiers changements dans cette organisation interviennent en 1959, date de l’ordonnance sur la Défense nationale. Elle crée deux organisations: le Comité interministériel du renseignement (CIR) qui regroupe les cinq ou six ministres intéressés par le renseignement en général et le Comité permanent du renseignement (CPR) qui est composé de leurs directeurs de cabinet. Le Comité permanent se réunit plus souvent que le Comité interministériel. Il revient aux CIR-CPR d’approuver un document très secret: le plan de renseignement gouvernemental, dit PRG.

Un deuxième changement intervient en 1962 avec la création de l’État-Major des Armées à la tête duquel se trouve le général Ailleret. S’il est responsable du renseignement militaire, il ne dispose pas pour autant d’organismes d’exploitation et il doit recourir au SGDN et aux deuxièmes bureaux des armées pour être renseigné. Cette situation tout à fait hybride se prolongera durant quelques années.

Il existe alors au sein de l’État-Major des Armées une division renseignement. Le chef de cette division réunit assez régulièrement un comité interarmées du renseignement auquel participent les chefs des deuxièmes bureaux, les chefs du CER et du CERST ainsi que des représentants du SDECE, de la Sécurité militaire et de la Gendarmerie.

Durant cette même période, la stratégie évolue pour devenir nucléaire et dissuasive tous azimuts. Ce changement va naturellement avoir une influence sur le plan dR renseignement gouvernemental. Le gouvernement s’intéresse désormais moins au renseignement militaire sur les forces classiques qu’au renseignement scientifique et technique: il s’agit de collecter des données pour construire nos moyens nucléaires et nos fusées. Il s’agit ensuite de définir les objectifs de la force nucléaire stratégique.

Le SDECE conserve un rôle important sur le plan militaire puisqu’il continue à assurer les écoutes stratégiques et qu’il forme les analystes des écoutes, spécialité tout à fait rare et délicate. Le SDECE poursuit les échanges avec les services étrangers mais ne dispose plus d’attachés adjoints.

La troisième réforme du renseignement en temps de paix est mise en œuvre par le général Maurin en 1973 et Méry en 1976. En effet, le CEMA devient le commandant opérationnel alors que l’EMGDN est devenu SGDN. Le général Maurin crée un organisme interarmées: le Centre de formation interarmées du renseignement qui changera d’appellation par la suite pour devenir l’École interarmées du renseignement et des langues étrangères, actuellement implantée à Strasbourg. En 1976′ le général Méry crée le CERM qu’il confie au général Laurent. L’EMA dispose donc d’une centrale d’exploitation du renseignement. La montée en puissance du CERM sera cependant lente car les armées et le SGDN répugnent à perdre leur personnel spécialisé en l’envoyant- à l’EMA.

L’organisation du renseignement dans les années 70-80

(annexes 1 et 2)

Distinguons le niveau gouvernemental du niveau des armées. Dépendent du Premier ministre: le CIR-CPR, le SGDN, avec son organisme d’exploitation – le CER-CERST – des organismes de recherche, le SDECE avec son service technique de recherche – le STR – la DST, le Groupement des contrôles radioélectriques et la chaîne nationale de goniométrie.

Le ministre de la Défense ne dispose pas d’organisme de recherche. M. Messmer a créé un Centre de prospective et d’évaluation (CPE) qui sera ultérieurement appelé Délégation aux études générales (DEG). Il a une mission prospective d’étude des menaces futurés. Il rempliti à ce titre, certaines fonctions de renseignement. En outre, sont placées sous l’autorité du ministre de la Défense, la Gendarmerie et la Direction de la sécurité militaire qui deviendra la DPSD.

À l’échelon du chef d’état-major des Armées, se trouve d’abord le Centre d’exploitation du renseignement militaire, le CERM, qui dispose des renseignements venant des écoutes du SDECE, des rapports des attachés militaires à l’étranger et des dépêches diplomatiques. Un autre organisme d’exploitation: le CIREM, Centre d’information sur le renséignement électromagnétique, recueille et analyse les signatures des radars.

Ace niveau, l’exploitation et la recherche du renseignement sont décentralisées. Le CERM a confié une mission de recherche et d’exploitation à deux organismes avancés: le Centre de renseignement avancé (CRA) de Baden d’une part, et le deuxième bureau de la FATAC à Metz d’autre part. Le premier organisme est responsable de la recherche et de l’exploitation du renseignement sur l’Allemagne de l’Est et sur la Tchécoslovaquie, tandis que le second s’intéresse aux mêmes pays et à la Pologne.

Quel est l’objectif de ces deux organismes avancés de recherche ? Àl’époque, une masse de divisions soviétiques stationnait en Allemagne de l’Est et en Tchécoslovaquie; quelques-unes se trouvaient en Pologne. Toutes ces divisions étaient de première catégorie, c’est-à-dire que leurs effectifs étaient pleins alors que les autres territoires se contentaient de divisions de réserve. Le fer de lance de l’armée soviétique était donc bien là (annexes 3 et 4).

La situation était à peu près identique pour les avions puisque sur ces territoires étaient massés quantité d’avions susceptibles d’agir sur la France et d’atteindre les côtes de l’Atlantique (annexe 5).

Ces forces étaient en permanence modernisées, et disposaient d’une puissance de feu aéroterrestre considérable.

C’est aussi la période de fort développement des missiles de portée intermédiaire et des missiles tactiques. La bataille des euromissiles a défrayé la chronique. Il y avait non seulement les SS20, mais aussi les SS12, 21, 23 qui remplaçaient les Scud et les Frog (annexe 6).

Moyens de recherche électromagnétique

Les premiers moyens de recherche en temps de paix sont les écoutes fixes et mobiles (annexe 7).

Les écoutes fixes: nous disposons à la frontière de l’Allemagne de l’Est d’un certain nombre de centres d’écoute terrestres et aériens dans la gamme VHF, notamment dans le Hartz. L’armée de Terre s’installe à Berlin à côté du SDECE. Il faut noter à cet égard que le SDECE y remplit une mission particulière: les Allemands de l’Ouest n’ayant pas le droit de s’implanter à Berlin, une coopération s’est instaurée entre le SDECE et eux. ; ~

À côté de ces écoutes VHF, existent un certain nombre de centres d’écoutes HF. Tous travaillent avec une chaîne interarmées de radiogoniométrie (CIRG) basée du Nord au Sud de l’Allemagne. Ils sont capables de localiser en quelques secondes toutes les émissions HF qui proviennent de l’Est. Les messages HF étant cryptés, ils ne sont plus déchiffrés, mais à partir de la structure des réseaux, il est possible de remonter à l’ordre de bataille des forces adverses. C’est le rôle de l’analyse.

Les écoutes mobiles: des unités mobiles du 44e régiment de transmission vont régulièrement faire des campagnes à la frontère.

Quant à l’armée de l’Air, elle dispose d’avions qui accomplissent des missions de recherche électromagnétiques: Nord Gabriel et Sarigue.

L’analyse des écoutes s’effectue à plusieurs niveaux. L’analyse air à lieu à Metz; l’analyse terre à Baden; l’analyse du 2e niveau est assurée par le SDECE.

La mission militaire française de liaison (MMFL)

Le deuxième moyen de recherche concerne les missions dites de Potsdam. Il s’agit des missions de liaison des commandements français, anglais ou américain auprès du commandement soviétique en Allemagne. Au moment des accords de Potsdam, il a été convenu de procéder à un échange de liaisons militaires. Initialement installées à Potsdam, ces liaisons ont rapidement quitté ce lieu où elles étaient trop étroitement surveillées, pour ne pas dire espionnées. Elles se sont réfugiés à Berlin-Ouest, non sans avoir conservé à Potsdam les villas qui constituent les bases de départ des équipes vers l’Allemagne de l’Est. Leur mission est de rechercher le renseignement militaire, essentiellement les indices d’alerte – et particulièrement autour de Berlin – l’ordre de bataille du groupe soviétique en Allemagne et l’étude des matériels qui arrivent dans ce pays.

Il convient de souligner l’étroitesse de la coopération qui existe entre les trois missions alliées (annexe 8): ainsi, la mission française travaille dans la zone A pendant trois semaines; les trois semaines suivantes, elle intervient dans la zone B et les trois dernières semaines, elle se déploie sur la zone C. Le même système est adopté pour la zone centrale où il est procédé à la recherche des indices d’alerte. Toutefois, là, la permutation a lieu tous les trois jours. Les renseignements recueillis sont échangés entre les Alliés par des systèmes de liaison protégés, et par la tenue de réunions hebdomadaires à Berlin-Ouest.

La mission française de liaison (MMFL) qui comprend alors 8 officiers et 21 sous- officiers (plus 2 sous-officiers du 13e RDP), dispose de 12 Mercedes 300 de grande liaison et de matériels perfectionnés d’observation: jumelles à intensification de lumière, appareils Nikon à moteur (objectifs de 28 à 100 mm), vidéo, magnétoscopes et scanner à recherche de fréquence, avion d’observation (autorisé à survoler les environs de Berlin).

Cette recherche constitue une mission difficile et dangereuse. En effet, les Soviétiques ont institué sur tout le territoire de l’Allemagne de l’Est des zones interdites permanentes, les ZIP, qui recouvrent 33 % du territoire de ce pays. C’est dire que ces missions rencontrent un certain nombre de difficultés pour se déplacer sur le terrain (annexe 9).

Circonstance aggravante: en cas de manœuvres, s’ajoutent des zones-d’interdiction temporaires qui compliquent encore la tâche des Alliés. Ils doivent échapper à la police est- allemande (VOPO) qui est chargée de les pister. Nos missions se heurtent aussi aux jalonneurs russes, ce qui donne lieu à un certain nombre d’accidents graves. En mars 1983, le capitaine américain Nicholson est tué par balles. En mars 1984, l’adjudant-chef Mariotti est tué par un camion qui percute volontairement sa voiture. En 1988, intervient un incident comique: un jalonneur soviétique qui s’accroche à la voiture d’une mission française, y reste accroché pendant quatre heures. En mai 1988, un véhicule d’aviateurs français est violé par les forces spéciales soviétiques qui s’emparent du matériel et des documents en dépit de l’immunité diplomatique.

Les convois soviétiques et allemands qui se rendent en manœuvre dans les camps militaires en Allemagne sortent des zones interdites (voir schéma). C’est alors que l’on peut les observer, mais l’observation se pratique de manière différente suivant les périodes.

En effet, les armées soviétiques et satellites appellent leur personnel tous les six mois: les recrues soviétiques arrivent par avion en avril et en octobre. Pendant les trois premiers mois, ils vont suivre une instruction élémentaire. Les missions, qui n’ont alors pas de convois à observer sur le terrain, portent leur intérêt sur les objectifs et les infrastructures. Les trois mois suivants sont consacrés à la période d’exercice. Toute l’attention des missions se concentre alors sur les convois, les matériels aériens et terrestres et sur les franchissements de rivières.

C’est une tâche difficile, puisque chaque semaine, six équipages sont sur le terrain. En principe, deux équipages sont dehors en même temps, le plus souvent pour 48 heures.

La mission soviétique (par réciprocité, il y a à Baden une mission de liaison soviétique) était pour la France un souci. En effet, si la réciprocité des zones interdites avait été instituée, il n’y avait personne pour en assurer la surveillance. En 1976, la Sécurité militaire a enfin obtenu une R30 de grande liaison. Ainsi, les gendarmes étaient en mesure de suivre, de temps à autre, les Soviétiques. À vrai dire, tout ce qu’ils pouvaient faire consistait à surveiller leurs villas. En outre, les services français avaient mis au point un système de brouillage pour gêner leurs liaisons avec Berlin.

Coopération interalliée

Les Alliés, notamment les Américains, disposaient de moyens très importants en matière de recherche du renseignement, par exemple le réseau Nadge qui avait pour but de reconnaître toutes les pistes aériennes qui venaient de l’Est et le réseau BMEWS qui suivait les missiles balistiques. Il existait en outre à I’état-major américain un système dit d’alerte: Warning Indicator System in Europe (WISE) qui recevait des renseignements du monde entier.

Les Américains et les Alliés pratiquaient la fusion du renseignement. À chaque échelon, ils disposaient d’organismes intégrés où l’ensemble des renseignements de toute nature était centralisé. Les avions faisaient de la recherche par radar (systèmes MOHAWK et JSTARS). Des unités de reconnaissance: les ACR, Armored Cavalry Regiment, étaient très performa~n1es. Plutôt que des régiments, il s’agissait en fait de brigades de recherche de renseignement qui étaient équipées de chars lourds et d’hélicoptères. Ils effectuaient en permanence des patrouilles le long du rideau de fer.

En 1966, quand la France a quitté le commandement intégré de l’OTAN, la coupure a été durement ressentie par tous les deuxièmes bureaux – sans doute plus par l’armée de l’Air et la Marine que par l’armée de Terre.

Il faut attendre 1967 pour que le général Ailleret conclue un accord avec le général Lemnitzer. Cet accord institue une coopération en temps de guerre entre le 2e corps d’armée situé à Baden, les moyens air qui l’appuieraient et le Groupe d’armées Centre de l’OTAN (CENTAG). Il prévoit également que les liaisons seraient établies par des missions françaises de liaison auprès des commandements alliés et que des échanges de renseignements seront organisés en particulier en ce qui concerne l’alerte, l’évaluation de l’ennemi et l’utilisation des procédures opérationnelles.

En 1970, les accords Fourquet-Goodpaster concernent la coopération pour l’armée de l’Air. On coordonne les réseaux de détection et de renseignement; on adopte les mêmes procédures opérationnelles; on admet le principe d’échanges sur les états d’alerte, le brouillage et sur certa~nés pistes aériennes. Un troisième accord, Valentin-Ferber, intervient en 1975. La coopération gravit un degré: l’ensemble de la lère Armée et la FATAC peuvent, dans certaines conditions, être mises à la disposition de l’OTAN.

Au terme de ces accords, la concertation entre les états-majors s’établit d’abord à l’échelon le plus élevé, c’est-à-dire le CERM qui participe annuellement aux réunions organisées par le comité militaire de l’OTAN et à la rédaction de documents annuels qui s’appellent MC 16-1, 16-2, etc…(Military Committee). La FATAC établit les mêmes relations avec le commandement de l’armée de l’Air allié à Ramstein. À Baden, le deuxième bureau établit des relations très étroites avec la British Army implantée à Monchengladbach. Il y a des échanges réguliers, des réunions en commun. Il arrive également que se tiennent des réunions à l’échelon du BND, Bundes Nachrichten Dienst à Munich. Cela se fait par l’intermédiaire des officiers du SDECE. Il faut noter que Baden pilote un groupe de travail logistique qui réunit des exploitants de tous les pays, y compris des Danois. Il s’efforce de compter tous les matériels qui entrent ou qui sortent de l’Allemagne de l’Est, de façon à établir un bilan. Ce groupe de travail est particulièrement efficace. En la matière, la coopération entre les Alliés est très étroite.

Développement des moyens du renseignement

La conception et la fabrication des moyens de recherche et de traitement est une fonction permanente, dès le temps de paix. Ces moyens ont besoin d’être développés pour faire face au perfectionnement des techniques et à l’évolution des forces adverses (lutte traditionnelle entre l’épée et le bouclier). Cette fonction est conduite par les états-majors, la DGA et les industriels, en liaison étroite avec les utilisateurs, qui sont réunis au sein-de commissions consultatives et qui participent à l’expérimentation.

C’est dans les années 1970 que sont lancées les études sur le satellite d’observation Samro, sur l’avion Sarigue, sur les caméras optiques et infrarouges et sur la cabine de réception Sara de la reconnaissance aérienne.

Le tableau 10 indique les réalisations et expérimentations conduites par l’armée de Terre en 1975-80 (annexe 10).

Le fait que certains de ces matériels n’aient vu le jour que qu~nze ans plus tard illustre sans doute les difficultés rencontrées par la recherche scientifique et technique, mais plus encore l’insuffisance des crédits consacrés aux forces classiques et, à l’intérieur de celles-ci, au renseignement.

Dernière activité en temps de paix: la formation des personnels. Avant la création du CFIR (devenu EIREL), il existait un Centre d’instruction du renseignement et d’interprétation photo de l’armée de Terre. Le deuxième bureau de l’armée de l’Air était doté du même genre de centre de formation. Les unités de transmission et le SDECE formaiént des linguistes, des opérateurs et des analystes d’écoute. Les officiers de renseignement du régiment suivaient une instruction régulière au niveau du corps d’armée.

Enfin, l’état-major de l’arméè de Terre avait adopté pour ses personnels un système de filière du renseignement de façon à suivre les personnels spécialisés dans le renseignement et les relations extérieures.

Estimation de l’adversaire

De 1972 à 1977, on assiste à une formidable montée en puissance des forces soviétiques. En Allemagne de l’Est, non seulement les effectifs militaires augmentent, mais les gardes frontières, les groupes de combat de la classe ouvrière (Kampfgruppen), la défense civile et les réservistes, tout le peuple est-allemand, sont mobilisés pour le combat (annexes 11 et 12).

L’évaluation de l’ennemi par les bureaux français de renseignement, dans les années 70-80, était comparable aux résultats obtenus par les Alliés en ce qui concerne l’Allemagne et la Tchécoslovaquie. Ils avaient à peu près les mêmes sources et échangeaient les renseignements. En revanche, à mesure qu’on s’éloignait de l’Allemagne pour s’enfoncer dans l’empire soviétique, les Français devenaient tributaires des Américains.

PRÉPARATION DU TEMPS DE GUERRE

Plans d’emploi et exercices alliés

Les plans de défense de l’OTAN étaient basés sur le principe de la défense de l’avant, c’est- à-dire la défense sur une profondeur de 50 kilomètres le long du rideau de fer. Pour des raisons politiques, il n’était pas question d’une défense plus profonde. Cette défense était assurée par huit corps d’armée alignés. Dans ce cadre, la première réserve disponible était la 1ère Armée française qui était susceptible de venir renforcer la défense de l’avant, en particulier dans la zone de CENTAG et à la limite des deux groupes d’armées. La 1re Armée établissait des plans avec le commandement du Centre Europe. Le premier plan mis au point était le plan Charming Gorilla, dans lequel la 1re Armée devait intervenir au-delà de Francfort, dans le corridor de Hesse entre Francfort et Fulda. Les réserves américaines (plan Reforger-3e CA) intervenaient beaucoup plus tard.

Les états-majors français prenaient part aux exercices de transmission des PC alliés. Ils mettaient en œuvre les procédures OTAN, c’est-à-dire les comptes rendus de renseignement, Intelligence Report. Ils participaient à un certain nombre de réseaux spécialisés (boucles DILCS- TARRS puis BICES (voir annexe 2).

Un point particulier de cette coopération avec les Alliés était l’engagement du 13e RDP (Dragons parachutistes). Il s’agissait d’un régiment de recherche dans la profondeur créé en 1963. Il avait, à l’époque, un escadron en Allemagne. Très rapidement, il a coopéré avec toutes les unités alliées de même type, notamment les régiments de SAS britanniques, les Fernspah, (compagnies allemandes), les commandos belges et hollandais et même, plus tard, les Espagnols. Les exercices avaient lieu annuellement, tantôt en France, tantôt en Angleterre, tantôt en Allemagne. Les équipes coopéraient sur le terrain face à un ennemi plus ou moins fictif. Elles étaient mises en place, soit par voie aérienne, soit par hélicoptère, soit simplement abandonnées sur le terrain.

Le 13e RDP, qui mettait en action 60 équipes, pouvait tenir un front de 300 kilomètres. En fait, on préférait doubler et avoir deux rideaux de surveillance. Ces équipes envoyaient leurs renseignements par émissions brèves très loin en arrière au PC du régiment (annexe 7).

Toutes les équipes étaient autonomes. Si une équipe se faisait prendre, elle ne savait pas où était sa voisine. Tout était centralisé à l’arrière.

Le l3e RDP était la seule unité française qui participait sur le terrain aux exercices de l’OTAN.

Tous les ans, les Américains amenaient par avion des États-Unis une division complète (REFORGER) qui venait prendre en compte des matériels entreposés dans des dépôts (POMCUS). Puis, elle partait faire une opération sur le terrain où elle était engagée contre une division britannique, allemande ou belge.

Le 13e RDP, qui était engagé dans ces exercices, était tout à fait apprécié. Le commandant en chef des forces américaines en Europe écrivait en 1976:  » Comparérs à celles des autres sources de recherche du renseignement, les patrouilles profondes bénéficient d e plusieurs avantages distincts par rapport aux sources de recherche, tels que la reconnaissance aérienne et le renseignement par les moyens d’écoute: tout d’abord, I’engagement des patrouilles profondes est de 24 heures sur 24. La recherche se poursuit sans tenir compte de l’heure ou des conditions almosphériques. Les patrouilles de recherche opèrent en étant bien moins exposées aux contremesures de l’ennemi et, par conséquent, bénéficient d’un taux de réussite plus élevé. Elles sont à même de contrevenir les actions déjensives de l’ennemi tels que le silence radio, le camouflage, les mouvements de nuit,~et le brouillage « . L’une des divisions qui avait participé à cet exercice avait noté dans son compte-rendu :  » Aucun autre moyen ne peut fournir la précision, la souplesse, l’opportunité et les détails fournis par les patrouilles de recherche profonde «  ».

Voici le bilan chiffré de cet exercice de 1976: les Français ont adressé 392 comptes rendus dont 190 ont été considérés comme importants, 110 exploitables en matière d’objectifs, 102 ont fourni des informations sur l’ordre de bataille et des indices sur les intentions de l’ennemi.

Le commandement américain en avait conclu qu’il était souhaitable de créer des patrouilles profondes aux États-Unis. Ce projet a été abandonné, faut d’avoir trouvé un personnel adéquat pour y participer.

La recherche électromagnétique

Pour le temps de guerre, l’armée disposait de différents moyens de guerre électroniques mobiles. Chacun des corps d’armée avait une compagnie d’appui électroniques (CAECA) qui pratiquait des écoutes dans les gammes VHF, VHF et radar. La lre Armée avait deux compagnies mobiles de la gamme HF.

Pour chacun des plans d’opérations, était définie une position de base sur laquelle était installée une compagnie HF. Son domaine de recherche était un carré d’environ 400 km sur 400, avec la possibilité de passer d’une position à l’autre (voir schéma) par une manœuvre en perroquet (annexe 13).

La planification était uniquement nationale et la coopération avec les Alliés a été très difficile à négocier.

Les moyens du champ de bataille (annexe 14)

Comment voyait-on en 1977 l’organisation de la recherche au niveau de la lère Armée et du corps d’armée ? L’état-major estimait avoir un certain nombre de moyens de recherche du renseignement sur une armée soviétique: au niveau avant, c’étaient les escadrons d’éclairage des divisions, les radars de différents types, la section d’interrogatoire des prisonniers de guerre…; au niveau du corps d’armée, un régiment de reconnaissance de corps d’armée, des radars de surveillance du sol, un régiment d’acquisition d’objectifs. Au niveau de l’Armée-FATAC, se trouvaient le 13e RDP, les compagnies d’écoute HF et la reconnaissance aérienne. Une étude menée en 1977 concluait à la nécessité de créer des unités de recherche de corps d’armée. Des URCA furent créées quelques années plus tard.

Estimation de la menace et doctrine alliée

La doctrine soviétique a beaucoup évolué depuis les années cinquante durant lesquelles Staline avait déclaré que la guerre était inéluctable. En 1952, il estimait qu’elle pouvait peut-être être évitée. Il n’en avait pas moins conservé une mobilisation permanente des armées et du peuple soviétiques. En 1960, la doctrine Sokolovski reposait sur une utilisation massive de l’arme nucléaire. Dix ans plus tard s’établit la parité nucléaire entre l’Est et l’Ouest. Il faut alors faire face à une triple menace: la menace de guerre offensive en territoire allié grâce aux moyens classiques notablement renforcés, une menace nucléaire qu’on estime différée – c’est l’époque de la bataille des euromissiles – et enfin, une menace mondiale grâce à la marine de l’amiral Gorchkov qui appuyait en Afrique, en Asie et en Amérique tous les mouvements de libération nationale.

Il faut attendre les années 1980 pour que l’URSS adopte une doctrine nouvelle: celle d’une guerre sans l’arme nucléaire, fondée sur la surprise, c’est-à-dire l’attaque rapide et profonde.

Comment enrayer cette menace au centre-Europe ? Le rapport de force était estimé de trois à quatre contre un en défaveur des Alliés. En 1984, le CERM estimait ainsi les forces soviétiques sur le théâtre d’opérations de l’Ouest: 82 divisions, 25 000 chars, 700 missiles nucléaires, 4 000 avions, 16 000 matériels d’infanterie blindés, 860 hélicoptères et 66 navires (annexe 15). Deux hypothèses d’attaque étaient envisagées de la part des Soviétiques: l’une sans montée en puissance et l’autre avec montée en puissance.

La première hypothèse d’attaque sans montée en puissance faisait intervenir en Centre- Europe une partie seulement des effectifs (50 divisions, 4 000 avions). La deuxième hypothèse mobilisait l’ensemble en plusieurs échelons stratégiques avec une réserve sur le territoire soviétique (80 divisions, 4 800 avions au total).

Malgré leur infériorité numérique, les Américains estimaient qu’ils disposaient d’un préavis de 48 heures et qu’ils auraient donc le temps de se mettre en place pour la défense de l’avant. Ils considéraient qu’il n’y aurait pas d’emploi de l’arme nucléaire: en 1967, ils avaient adopté la doctrine de la flexible response, mais ils se sont aperçus quelques années plus tard que cette défense de l’avant était insuffisante. En 1982, ils ont donc considérablement augmenté les renforts qui venaient d’Amérique qu’ils ont porté à six divisions et 1 000 avions. C’est à ce mon~ent-là qu’ils ont créé un troisième corps d’armée dont les matériels étaient stockés à la limite entre l’Allemagne, la Belgique et la Hollande et qui devait intervenir au profit du premier échelon.

En 1984, intervient un nouveau changement de doctrine (plan FOFA du général Rogers). Les Américains estiment alors qu’ils ont les moyens de contenir le premier échelon ennemi mais qu’ils ne pourront pas s’opposer au deuxTème échelon. Leur idée est d’attaquer le deuxième échelon avec des armes intelligentes. Pour eux, la riposte nucléaire est également différée (no earlyfirst use).

Divergences d’appréciation

À l’époque, les mouvements pacifistes trouvaient que la menace venant de l’Est avait été exagérément grossie. Un certain nombre d’experts, notamment Bastian en RFA, Cockburn aux États-Unis et l’amiral Sanguinetti en France, développaient une théorie selon laquelle les Américains gonflaient la menace pour obtenir davantage de crédits. Tout n’était pas faux dans cette critique. Il est certain que l’organisation soviétique souffrait d’un certain nombre de faiblesses et de vulnérabilités. Leurs matériels et leur doctrine n’étaient pas sans failles. Il fallait donc exploiter ces vulnérabilités pour réduire une supériorité numérique qui était réelle.

Une critique plus réaliste était celle du général Méry qui écrivait en 1983:  » Il ne faut pas une réponse flexible, mais une réponse inflexible et un dispositif plus profond ».

Quelques années plus tard, on a d’ailleurs constaté que des généraux allemands et britanniques étaient d’accord sur l’idée de profondeur du dispositif et qu’ils la mettaient en œuvre dans certains exercices. C’était d’autant plus nécessaire que le dispositif de l’OTAN en temps de paix était déséquilibré (annexe 16). Les Belges et les Néerlandais ont retiré la plupart des troupes et les ont rapatriées dans leur pays. Les Britanniques ont ramené une division en Angleterre. Le temps d’arrivée de ces divisions très en arrière ne permet donc pas d’assurer la défense de l’avant, ce qui est très dangereux dans la plaine du Nord où les Soviétiques ont leurs trois armées blindées. Il y a donc un risque de percée soviétique et d’enveloppement des divisions américaines et allemandes de CENTAG. À ce moment-là, le plan Rogers ne sert plus à rien.

Les archives de la NVA

Cette manœuvre soviétique a été confirmée par les archives de la National Volks Armee découvertes à Berlin-Est. En effet, si un certain nombre d’archives ont été détruites peu de temps avant la réunification, on a néanmoins retrouvé dans un blockhaus tout ce qui concerne les exercices du pacte de Varsovie de 1975 à 1990. 25 000 documents ont ainsi été analysés par la Bundeswehr.

Il apparaît que tous les plans d’exercice du pacte de Varsovie qui peuvent être considérés comme un démarquage des plans réels étaient offensifs. C’est seulement à partir de 1985 que quelques-uns d’entre eux sont défensifs. Il faut de 13 à 15 jours aux troupes soviétiques pour atteindre la frontière française et 30 à 35 jours pour atteindre la frontière espagnole. Telles étaient les données des exercices qui étaient joués par 80 divisions, sous le commandement des maréchaux Kulikov et Ogarkov. Leur plan de frappe nucléaire était soit de première frappe, soit de frappes en riposte. L’effort nucléaire était porté sur les divisions américaines et allemandes, alors que l’effort classique était exercé sur les forces britanniques et belges (annexe 18).

Dans ces mêmes archives, on a trouvé tous les documents concernant l’éducation de défense (Wehrerziehung) de la population est-allemande et des simples soldats. Totale était la désinformation sur les intentions et les effectifs de l’Alliance atlantique : on expliquait que l’OTAN avait des visées agressives sur l’Allemagne de l’Est, avec une supériorité de quatre contre un – ce qui est exactement l’inverse de la réalité – et que l’OTAN envisageait une attaque nucléaire sur l’Allemagne de l’Est !

Le document le plus intéressant est le plan de conquête de Berlin, qui n’est pas un plan d’exercice mais un plan réel. Il a été retrouvé dans les archives du ministère de la Sécurité de l’État (MFS). Il désigne exactement les unités qui doivent participer à la conquête de Berlin: à l’Ouest, une division allemande et à l’Est, une brigade soviétique renforcée d’unités allemandes. Ce plan énumère 170 points forts qui doivent être occupés à Berlin-Ouest, la liste des personnes qui doivent être arrêtées par la Stasi et la désignation nominative de tous les administrateurs communistes qui vont prendre en mains les districts de Berlin-Ouest, 604 personnes désignées, dont 343 officiers à raison d’un gauleiter par arrondissement (annexe 19).

Il est intéressant de noter que l’estimation faite par les Alliés était assez proche des plans soviétiques (annexe 17).

Enseignements

L’organisation du renseignement face au pacte de Varsovie constituait un système efficace dès le temps de paix, utilisant toute la gamme des moyens de la recherche humaine et technique. Il était opérationnel, c’est-à-dire préparé à sa mission du temps de guerre

dans un cadre interallié. Quelques enseignements sont valables en tout temps, et donc pour le

temps présent.

Le premier enseignement concerne la responsabilité du commandement. Il est important que le commandement se sente investi d’une responsabilité en matière de renseignement. Il doit apprécier les menaces, faire confiance à son organisme d’exploitation et de recherche. Il doit orienter la recherche dans les directions qui lui paraissent prioritaires.

Deuxième enseignement: en temps de paix, le renseignement se prépare longtemps à l’avance. Il repose sur des bases de données, une documentation précise et complète, un suivi des exercices et des matériels en cours de fabrication.

Troisième enseignement: la complémentarité et la modernisation des moyens de recherche. Il n’existe pas de gadget qui permette de tout savoir et de tout voir. Il faut une combinaison de systèmes rustiques et de systèmes perfectionnés.

Enfin, un quatrième et dernier enseignement: la nécessaire coopération entre les services de renseignement et les Alliés. En effet, aucun service national et aucune nation ne sont capables de tout savoir sur les menaces à venir. Il est indispensable de coopérer pour disposer à temps de renseignements précis et exacts.

(1) M. Faivre. Le renseignement dans et après la guerre du Golfe, Revue Stratégique, 10/91 et 3/92.

LE RENSEIGNEMENT MILITAIRE FRANÇAIS SUR L’ALLEMAGNE DE l’EST- 1970-1985

L’organisation décentralisée française.

Les activités de renseignement militaire à Berlin sont intégrées dans le système français de renseignement sur les forces soviétiques et satellites de l’avant. L’organisme de synthèse de l’EMA à Paris (le CERM) a décentralisé la recherche (collecting), l’exploitation (analysis-traitement) et la diffusion du renseignement au niveau subordonné :

– le 2ème Bureau du Commandant en chef à Baden-Baden est responsable du renseignement terrestre,

– le 2ème Bureau de la FATAC à Metz est responsable du renseignement Air.

Le CERM se réserve l’évaluation globale de la menace.

Moyens de recherche (collecting) du temps de paix.

Les 2ème Bureaux cités disposent des moyens suivants de recherche :

– moyens humains :

– la MMFL et l’AFA Prague (p.m.diapo des zones interdites et avion d’observation)

– le 2ème Bureau de Berlin, par observation terrestre et sources ouvertes.

– moyens techniques, COMINT et ELINT :

– 3 stations d’écoutes VHF et radar à Berlin (Terre – Air – SDECE)

N.B. Le SDECE à Berlin fait des écoutes non militaires au profit du BND.

– 4 stations d’écoutes VHF et radar en RFA (Bahrdorf, Goslar, Stoberhai, Fürth im W.)

– 4 stations d’écoutes HF entre Baden et Metz

– 1 chaîne de radiogoniométrie (direction finding) entre Hambourg et Constanz, en liaison automatique avec les stations HF

– 3 centres d’analyse à Baden, Metz et Strasbourg.

– les échanges avec les alliés se sont poursuivis, malgré la sortie de la France du commandement intégré en 1966 :

– missions de liaison et B2 à Berlin,

– B2 Baden et G2 Northag et Centag,

– groupe de travail (Baden) sur les mouvements de matériels, avec B2 danois et alliés,

– B2 FATAC et 4ème ATAF-AAFCE,

– p.m. CERM Paris et Comité militaire ; SDECE, BND et Services alliés.

Préparation du temps de guerre

Dans le cadre des plans de CINCENT et LIVE OAK, et conformément aux accords Ailleret-Lemnitzer , Valentin-Ferber et Fourquet-Goodpaster :

– Exercices PC-Transmissions de Centag et Cincent,

– Exercices Reforger avec participation du 13ème RDP (deux rideaux sur arrières ennemis),

– pas de planification interalliée SIGINT.

Evaluation de la menace.

Le traitement des renseignements recueillis permet d’assurer :

– le suivi des équipements militaires en DDR (diapos chars, artillerie, nucléaire, avions, DDR)

– l’étude des directions d’attaque possibles,

– l’évaluation des TVD Ouest et Sud-Ouest (schéma du CERM en 1984)

Les activités de renseignement à Berlin ont largement contribué à la connaissance de l’armée soviétique, de la NVA et des forces paramilitaires de DDR. Le ‘organsystème décentralisé, efficace dès le temps de paix, utilisait toute la gamme des moyens de la recherche humaine et technique, en coopération aussi étroite que possible avec les alliés. Il s’efforçait d’être opérationnel, c’est-à-dire préparé à sa mission du temps de guerre.

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