La moyenne puissance au XXème siècle

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L'ESPAGNE ET LA GRANDE GUERRE

 

 

 

Jean-Marc DELAUNAY [1]

 

            Engagé, depuis deux lustres, dans une thèse d'État relative aux relations franco-espagnoles de 1911 à 1923 [2], il m'avait semblé utile de tenter de définir à quel niveau de puissance cet interlocuteur de la France devait être situé. Le groupe de recherches DDMP m'en fournit l'occasion.

            À mi-chemin, entre deux commotions profondes – qui fixèrent ses faiblesses extérieures (1898) et intérieures (1936) – l'Espagne, autour de la Première Guerre mondiale, a été marginalisée, voire oubliée par l'historiographie [3].

 

1. LA TERRE ET LES HOMMES

 

La métropole : sur 45 pays formellement indépendants en 1914 [4], l'Espagne se situait, quant à la superficie, en vingtième position. En se limitant à l'Europe, sur vingt États, le classement s'établit au cinquième rang [5]. Si l'on y ajoute les colonies, le pays – distancé par son voisin ibérique – possédait un espace de souveraineté égal à moins de 700 000 km2 [6]. Ayant perdu ses territoires d'outre-mer en 1898-1899, par défaite militaire (Cuba, Porto-Rico, Guam, Philippines) ou par vente (Mariannes, Carolines, Palaos), l'Espagne avait pu rétablir quasi-immédiatement son rang de puissance coloniale entre 1900 et 1912. Désormais africain, l'empire se développait selon un axe nord-sud, qui remplaçait l'étalement longitudinal d'antan. Mais, signe des temps de faiblesse, ces nouveaux territoires ne furent pas occupés sans difficultés : en 1914, seules quelques zones côtières étaient pacifiées : moins de 5 % des espaces dévolus ! Dix ans plus tard, l'occupation effective n'avait guère progressé : la défaite d'Anval, près de Melilla, en juillet 1921, avait même failli compromettre la mainmise sur le Rif. La médiocrité de ces possessions était patente [7]. L'Espagne n'avait manifestement récupéré que des miettes dans le vaste mouvement de répartition de l'Afrique.

La situation géographique de l'Espagne et de ses colonies n'était guère plus positive. Certes, des points de passage – tels Ceuta ou les Canaries – avaient une grande importance sur quelques routes maritimes. Mais la dispersion du domaine national espagnol – en même temps que ses limites étroites – ne pouvaient attirer un grand trafic. La métropole, périphérique sur le plan européen, ne contrôlait que partiellement – faute de moyens militaires – le détroit de Gibraltar [8]. Péninsule montagneuse, le royaume ne pouvait être considéré comme un pont unissant l'Europe à l'Afrique que de façon très aléatoire et superficielle. L'orographie empêchait toute fluidité aux liaisons inter-régionales : la succession des chaînes montagneuses, aux frontières, sur les côtes et dans l'intérieur du pays ne pouvait être franchie sans complications [9]. Si l'Espagne était, à l'aube du XXe siècle, riche en minerais ferreux et non-ferreux, elle apparaissait pauvre en ressources énergétiques. Une climatologie de sécheresse affectait la majeure partie du territoire : seule la frange atlantique, très abrupte, jouissait d'une humidité favorable.

Tous ces éléments expliquent la mauvaise répartition, en 1914, d'une population de 20 millions d'habitants, clairsemée [10]. L'opposition entre les périphéries, bien dotées, et le relatif désert central était vive. Seule, la capitale, perchée à 800 m d'altitude, l'atténuait. Mais Madrid était la ville européenne la plus isolée qui fût [11]. Barcelone lui faisait concurrence en de nombreux domaines. Pays à surface agricole confisquée par les grands propriétaires – dans le sud et le centre, notamment – l'Espagne connaissait alors un vaste flux d'émigration vers les villes ou vers l'étranger : Amérique et Afrique du Nord principalement [12]. Le niveau d'analphabétisme était très élevé, en comparaison avec les autres pays européens : 55 % de la population en 1910 [13] ! La création tardive d'un véritable ministère de l'Instruction Publique, en mars 1900, n'avait que très imparfaitement porté ses fruits, à la veille de la guerre. La grande faiblesse de l'enseignement technique se combinait à une emprise confessionnelle, d'essence conservatrice et littéraire : les noyaux résolument laïcs étaient surveillés, voire réprimés [14].

 

2. UNE ÉCONOMIE DÉPENDANTE

 

Un pays comme l'Espagne, malgré les handicaps naturels précédemment mentionnés, avait des atouts miniers et agricoles non négligeables.

En 1914, la Catalogne, les Asturies et le Pays basque se distinguaient par leur dynamisme industriel face au reste du pays, où seuls des pôles isolés se détachaient. Or ces derniers étaient surtout des centres d'extraction andalous, aux mains de sociétés étrangères [15]. En tout cas, ces activités apparaissaient presque toutes liées avec l'extérieur. De même les rares secteurs dynamiques de l'agriculture – oranges, vins et olives – dépendaient de leurs capacités d'exportation.

En réalité, à la veille de la guerre, le marché national était largement inachevé [16].

Lui faisait surtout défaut un réseau moderne de transports : de 1908 à 1913, le réseau – long de 11 362 km – ne s'accrut que de 61 km [17] ! L'écartement de 1,67 m, supérieur à la norme européenne (1,44 m), était un handicap supplémentaire : les gares-frontière – lieux obligés de ruptures de charge – furent le théâtre de nombreux retards et engorgements [18]. En 1913, l'éventuel accès des troupes françaises d'Afrique du Nord au réseau espagnol – en cas de mobilisation – ne reçut aucun accueil favorable de la part de l'État-Major : trop aléatoire !

Outre la dépendance énergétique – charbon anglais, pétrole américain – l'Espagne souffrait surtout d'une faiblesse technologique qui l'obligeait à importer une très large partie des machines nécessaires à son tissu industriel et à son réseau de communications [19].

Enfin – et ce n'est pas le moins important – le pays était notoirement sous-fiscalisé [20]. Cela entraînait une carence permanente des moyens budgétaires de l'État [21].

 

3. UNE MONARCHIE ISOLÉE

 

            Bien que stabilisé depuis plus d'une trentaine d'années, le régime politique, figé dans le système de l'alternance (turno) Conservateurs – Libéraux, connaissait une réelle instabilité gouvernementale : dix-sept combinaisons de 1900 à 1914 [22]. À la suite de la semaine tragique de Barcelone (1909), la montée des oppositions progressistes et régionalistes remettait en cause l'avenir d'une nation peu homogène : le gouvernement central dut, en 1911, accepter la création d'une Mancomunitat catalane.

            Engagés, depuis cette date, dans l'aventure marocaine, les dirigeants espagnols pensaient redonner quelque lustre à la considération internationale, dont leur pays devait jouir à leurs yeux. La France, forcée par sa nouvelle entente avec l'Angleterre d'accepter cette présence, tentait d'en minimiser la portée [23].

            Le rapprochement diplomatique avec Londres et Paris n'impliquait, néanmoins, aucune compromission d'alliance. De nombreux secteurs intellectuels et économiques reprochaient aux gouvernants leur subordination aux deux grandes puissances. La régénération, voulue par une fraction de penseurs, éclose autour de 1898, s'était convertie en une lutte indécise pour la conquête d'un espace montagneux aride : sur 140 000 hommes, plus de la moitié des effectifs était engagée au sud du détroit de Gibraltar. Entraînement et équipement laissaient à désirer : là encore, la dépendance technique envers l'étranger était claire [24]. Des programmes navals avaient été lancés dès 1907-1908 avec l'aide britannique : en 1911, la flotte de guerre espagnole comptait 37 unités contre 25 en 1899. Trois ans plus tard, une cinquantaine, dont trois cuirassés, à vrai dire pas totalement armés. L'effort était indubitable mais renforçait-il la cohésion de la nation ? Les résistances à l'enrôlement se multipliaient.

            En réalité, en 1914, l'Espagne, malgré le prestige d'un passé qu'elle tendait de rattraper (?) [25], demeurait une petite puissance, aux capacités d'intervention extérieure limitées : seul l'immédiat environnement maritime – depuis les Baléares jusqu'aux Canaries – pouvait être défendu.

            Cette réalité semble confirmée par l'indice composé que René Girault proposait dans un manuel publié en 1980 [26]. Selon ces critères [27], l'Espagne n'obtenait qu'un indice de 8,4, inférieur même à la Belgique – 14 – et à l'Empire ottoman : 10,4 ! L'Allemagne était affectée du chiffre 63,7 la Grande-Bretagne obtenait 57,3, la France 46,5. Pour nécessairement imparfait qu'il fût, cet indice de puissance reflétait la place affectée à la monarchie ibérique par les réalités internationales.

 

4. VERS LA MOYENNE PUISSANCE ? 1914-1923

 

            Car l'Espagne prétendait ressurgir comme une grande nation, active et attractive. Aspire-t-on, d'ailleurs, à ne devenir qu'une moyenne puissance ?

            La position de neutralité, adoptée en août 1914, devait favoriser les desseins de grandeur des cercles dirigeants. Alphonse XIII fut littéralement obsédé par l'idée d'un arbitrage de paix, qui se matérialiserait par la tenue d'une conférence… à Madrid. De là, son activisme humanitaire constant durant le conflit.

            D'autres horizons s'ouvraient aux espoirs espagnols [28].

            L'ibéro-américanisme, sorte de pan-hispanisme, avec ses trois piliers – européen, américain et africain – qui soutiendraient la hispanidad.

            L'ibérisme, union intime avec le Portugal – un retour aux années 1580-1640 ? – mais la République voisine la désirait-elle [29] ?

            La geste africaine au Maroc, au Sahara et en Afrique équatoriale.

            Certains signes encourageants permirent d'entretenir quelques illusions entre 1914 et 1916 :

            - l'accroissement des exportations vers les pays de l'Entente, qui permit de rétablir une balance commerciale favorable… mais ce fut au détriment du marché inférieur, où l'inflation se manifesta vite [30] ;

            - le désengagement de certains intérêts étrangers permit de récupérer la maîtrise d'une partie des ressources nationales ;

            - le rapatriement d'une large fraction de la dette extérieure, aux mains de porteurs non-espagnols ;

            - la valorisation de la monnaie nationale, en 1915, mais l'inexpérience et les freins réglementaires ne purent convertir l'Espagne en un prêteur d'importance.

 

            Tous ces facteurs ne favorisèrent, en fait, qu'un cercle réduit d'industriels, de négociants et de financiers. Quand le ministre des Finances, Santiago Alba, voulut, en 1916, imposer les bénéficiaires de guerre, ce fut un tollé général et un échec pour le gouvernement [31].

            En contrepoint, l'émigration, bloquée vers les Amériques, se tourna vers la France. Le renchérissement des produits de base rendait les conditions de vie difficiles pour de larges couches rurales [32].

            Quant à l'occupation du Maroc, elle se heurtait à des résistances et des complications inattendues… Plus au sud, le drapeau espagnol fut seulement planté au cap Juby, en 1916, mais l'installation dans le territoire d'Ifni fut reportée… Quant aux seules troupes traversant alors le Rio Muni, ce furent celles du Kaiser, en retraite depuis le Cameroun méridional !

            La crise sociale de 1917, au sud des Pyrénées, ne freina ni le mouvement d'enrichissement des groupes capitalistes [33], ni l'accomplissement des programmes militaires [34]. Certes, depuis 1915, l'Espagne était le pays neutre européen le plus puissant. Comme la Suède, liée aux Empires centraux, le pays ibérique apparaissait trop complaisant, par la géographie, envers les puissances de l'Entente. Les Allemands eurent moins de scrupules à attaquer, à partir de février 1917, les bateaux de commerce espagnols. Du 7 septembre 1914 au 9 décembre 1918, le pays perdit 123 unités : 50 par accidents, 8 par chocs contre des mines et surtout 65 par torpillages. Un total de 258 200 tonneaux, sur un parc de 900 000 environ au début du conflit.

            La neutralité consensuelle se transformait en neutralité subie, marginalisée : l'idée de l'entrée en guerre, souhaitée par de rares personnalités d'États belligérants ne rencontrait que l'indifférence des milieux militaires et diplomatiques. Au mieux, les Espagnols étaient de bonnes sentinelles… La formation de juntes de défense ne pouvait que conforter le mépris envers les capacités d'une armée, plus soucieuse d'équilibres internes que d'actions extérieures…

            L'Espagne, à peine consultée pour la création d'une future Société des Nations, fut écartée du processus de paix… comme les autres neutres : le voyage du comte de Romanones à Paris, en décembre 1918, fut un échec. Les navires des nations vaincues, réfugiés dans les ports espagnols, furent partagés entre les vainqueurs.

            L'incapacité de pacifier le Maroc septentrional poussa Lyautey à exiger en 1919 cette zone indûment dévolue avant-guerre au Royaume ibérique. On peut imaginer le sentiment du résident général français, lorsqu'en juillet 1921, les troupes espagnoles furent durement repoussées près de Melilla par les Rifains… Anval – autant qu'Adoua, vingt-cinq ans auparavant – symbolisait non seulement la volonté d'indépendance des indigènes, mais aussi le degré d'illusion de la puissance que l'assaillant pouvait éprouver. Il fallait de la méthode, de la discipline…

            Et c'est bien ce que demandait aussi le vicomte d'Eza, dans le domaine économique : la concurrence serait dure après la guerre, avait-il écrit dès 1916, dans un ouvrage réédité trois ans plus tard [35]. Et de fait, le choc fut rude pour l'économie espagnole, en 1919-1921 [36]. La crise sociale aiguë déboucha sur de multiples règlements de compte. Le cycle de l'expansion était brisé. Le philosophe José Ortega y Gasset pouvait publier alors L'Espagne invertébrée… À travers ce titre cruel, les rêves de régénération en profondeur s'évanouissaient. Ainsi, en 1923, l'Espagne apparaissait-elle comme une très ancienne grande puissance, qui ne parvenait pas à se hisser à un niveau intermédiaire de moyenne puissance. Il ne lui restait que le souvenir… et pourtant, le réveil de ses capacités culturelles n'était pas éloigné : la Fête de la Race, instituée dès 1919, rappelait aux Espagnols que la commémoration d'un passé glorieux n'était pas incompatible avec la volonté d'accéder, dans l'avenir, à un rang plus conforme à leurs aspirations. Mais il fallait régénérer la nation de l'intérieur avant de se lancer dans des aventures coloniales inutiles. La Grande Guerre avait été une occasion perdue… mais elle avait eu le mérite de susciter une profonde remise en question.

            Les illusions resteront longtemps de rigueur, surtout lors du second conflit mondial. Pourtant, après de nombreux traumatismes, l'Espagne d'aujourd'hui, avec le dynamisme de l'hispanité, peut jouer un rôle de liaison qui lui assurerait une position de moyenne puissance aussi réaliste que réelle.

 



[1] Université de Haute-Bretagne – Rennes II.

[2] Sous la direction de J.-B. Duroselle, Université Paris I.

[3] Ainsi l'ouvrage de Pierre Renouvin, Histoire des Relations Internationales, tome VII, Paris, 1969, omet de citer l'Espagne parmi les pays neutres en 1914 ! S'il est fait mention du roi Amanullah d'Afghanistan, pas un mot sur Alphonse XIII ! Avant les années 1970, la production historique espagnole n'avait guère mieux présenté la situation du pays. Les livres de référence dataient de… 1918 et 1923 : Albert Mousset, La politica exterior de Espana 1873-1918 (Madrid) et L'Espagne dans la politique mondiale (Paris).

[4] Vingt en Europe (mini États exclus), dix-sept en Amérique, six en Asie, deux en Afrique.

[5] Après la Russie, l'Autriche-Hongrie (610 000 km), l'Allemagne (550 000 km2) et la France (530 000 km2, sans l'Alsace-Lorraine), l'Espagne compte 504 000 km2. L'empire ottoman est exclu de ce classement.

[6] Outre la métropole, les Canaries et Fernando Poo, citons la zone nord du Maroc (80 000 km2), Ifni, au sud de l'empire chérifien (1 000 km2), l'ensemble Rio de Oro – Saguiet al Hamra (160 000 km2) et le Rio Muni (26 000 km2) : un pour cent, environ, du continent !

[7] Collines et montagnes abruptes du Maroc septentrional, déserts d'Ifni et du Sahara occidental, forêt dense du Rio Muni.

[8] La Grande-Bretagne, en 1898, avait même obtenu de Madrid que les environs de Gibraltar ne fussent pas dotés d'artillerie lourde !

[9] En castillan, la similitude des mots port (de mer) et col (de montagne) est évocatrice : puerto. Arriver à bon port était, donc, une espérance traditionnelle terrestre autant que maritime.

[10] 20 millions en 1910, 21,3 millions en 1920, selon Jordi Nadal, La poblacion espanola, Barcelone, 4e édition 1984, pp. 193-249. Ce chiffre situait l'Espagne en septième position en Europe.

[11] 25 heures de trajet en train depuis Paris, 15 heures depuis Lisbonne ou Barcelone (chiffres de 1910) : Ramon Cordero et Fernando Menendez, Los Ferrocarriles en Espana 1844-1943, tome 1, Madrid, 1978, pp. 334-335.

[12] J. Nadal, ouvrage cité, pp. 176-193. Ainsi, de 1906 à 1915, un million d'Espagnols s'en furent en Argentine. Il faut pondérer ce chiffre par le phénomène des retours, qui s'amplifiera durant la Grande Guerre.

[13] Jean-François Botrel, Pour une histoire littéraire de l'Espagne 1868-1914, thèse de doctorat d'État, Université de Besançon, 1981, tome 1, pp. 157-196 (Cf. tableau, p. 167).

[14] Affaire Ferrer (École moderne) 1901-1909. Cf. Manuel Tunon de Lara, Medio siglo de cultura espanola (1886-1936), Madrid, 3e ed. 1984.

[15] Sur ces questions, Cf. les thèses d'Albert Broder, Le rôle des intérêts économiques étrangers dans le développement économique de l'Espagne, fin XVIIIe – début XXe siècle (Université Paris IV, 1981) et de Gérard Chastagnaret, La mine en Espagne XIXe – XXe siècles (Université de Provence, 1985). Selon des sources fiscales espagnoles, la part des investissements étrangers représentait 4 milliards de pesetas sur 7 (entreprises minières, industrielles et commerciales, 1911).

[16] Jordi Nadal, El fracaso de la Revolucion industrial en Espana 1814-1913, Barcelone, 1975 ; Cf. aussi l'ouvrage collectif, Aux origines du retard économique de l'Espagne XVIe – XIXe siècles, CNRS, Toulouse, 1983.

[17] Los Ferrocarriles en Espana, ouvrage cité, p. 325. L'électrification du réseau ne débuta qu'en 1923-1924 (col de Pajares, ligne Madrid-Santander).

[18] Ils s'accrurent, durant la guerre, pour cause de manques fréquents de matériel roulant.

Avec la France, il n'y avait que deux points de passage, en 1914 : Irun-Hendaye (1864) et Port-Bou-Cerbère (1878). Ils seront quatre, à la fin des années vingt (Canfranc et Puigcerda-Bourg-Madame). Avec le Portugal, il y avait cinq gares-frontières, dont seules deux connaissaient un trafic assez important.

[19] La lecture du Boletin Oficial de la Propriedad Industrial est édifiante à ce sujet. Sur les structures des échanges, Cf. A. Broder, thèse citée (vol. 1).

[20] Selon une enquête publiée par le journal El Pais – en février 1981 – il l'était encore tout récemment. La situation n'a véritablement évolué qu'avec la perspective de l'entrée dans la CEE.

[21] Les budgets étaient déficitaires en permanence ; Cf. Ministerio de Hacienda, Datos, basicos para la Historia financiera de Espana 1850-1975, Madrid 1976, vol. 1. Depuis 1909, déficit chronique.

[22] Un record, à égalité avec le Portugal devenu République en 1910. Durant la même période, l'Allemagne avait connu deux cabinets, le Royaume-Uni quatre, l'Autriche-Hongrie neuf, l'Italie onze, la France treize.

[23] Outre son livre Agadir 1911 (Paris, 1976), Cf. Jean-Claude Allain, « La moyenne puissance : une réalité fuyante de la vie internationale », Enjeux et puissances. Hommages à Jean-Baptiste Duroselle, Paris, 1986, pp. 15-16 et 21.

[24] Matériel naval anglais, artillerie et aviation françaises, artillerie allemande (fabrication du Mauser)…

[25] L'empire espagnol, avant 1810, représentait plus de 12 M km2 (25 fois la métropole). En 1898, il recouvrait encore une superficie égale à la péninsule ibérique. En 1914, les possessions d'outre-mer étaient inférieures de moitié à la superficie de la métropole (Cf. note 5).

[26] Diplomatie européenne et impérialismes 1871-1914, Masson, Paris, 1980, pp. 66-67.

[27] Population (25 %), production de charbon (20 %), de fonte (10 %), de blé (25 %) et chiffres du commerce total (20 %).

[28] Tels qu'ils ressortent d'une conférence du diplomate Manuel Gonzalez Hontoria, Los fines esenciales de la accion internacional de Espana (Madrid 1916).

[29] Hipolito de la Torre, Antagonismo y fractura peninsular. Espana-Portugal 1910-1919, Madrid, 1983.

[30] Sur ces questions, Cf. Santiago Roldan, José Luis Garcia Delgado et Juan Munoz, La formacion de la sociedad capitalista en Espana 1914-1920, 2 vol., Madrid, 1973 : Cf. vol. 1, pp. 31-59.

[31] Jean-Marc Delaunay, « Les crédits Urquijo et la France en guerre », art. in Mélanges de la Casa de Velazquez, tome XX (1984), p. 343.

[32] S. Roldan et Alii, ouvrage cité, tome 1, pp. 401-432. Cf. aussi J. Nadal, ouvrage cité, pp. 197-200.

[33] S. Roldan et Alii, idem, pp. 59-92.

[34] Cependant, la section sous-marins fut sacrifiée : sur 28 unités prévues, quatre étaient présentes en 1919. Quant à l'aviation, elle ne naquit qu'en 1918-1919, grâce aux stocks des belligérants.

[35] La pasividad de Espana ante las futuras luchas economicas, Madrid, éd. Reus, 331 p.

[36] S. Roldan et alii, ouvrage cité, pp. 83-124.

 

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