REFLEXIONS SUR LE RÔLE DES FORCES AERONAVALES  

DANS LA GUERRE DES MALOUINES  

19 MARS - 14 JUIN 1982

 

Marc Isoard

 

Au printemps de 1982, les îles Malouines [1] sont le théâtre de combats aussi brefs que violents entre Argentins et Britanniques. La soudaineté apparente du conflit stupéfie le monde. Deux pays appartenant au même « bloc » en viennent « aux mains », sans se déclarer formellement la guerre, pour affirmer leur souveraineté sur l'archipel et ses dépendances.

            Ce règlement belliqueux, à une époque où la détention de moyens de « destructions massives » tend à dissuader de déclencher des crises majeures, souligne une réalité contingente à l'atome : la sanctuarisation de zones précises n'empêche pas les tensions de se développer ailleurs.

            Par sa nature, la prise de gage argentine est limitée dans l'espace et dans le temps. Elle vise à s'emparer d'une zone géographique dont l'immunité n'est pas assurée par la stratégie de dissuasion nucléaire britannique, seulement prévue pour la défense du territoire métropolitain.

            Pour la première fois de l'époque contemporaine, un pays nucléaire est ouvertement agressé par des moyens classiques auxquels ses forces armées ne sont pas adaptées.

            Pour le gouvernement britannique, l’alternatives est : ou accepter l’impératif argentin ou relever le défi.

            Le choix de l'affrontement impose la mise en œuvre de moyens capables de répondre à la nature de la crise qui se situe nettement en deçà du seuil nucléaire mais nécessite l'emploi de forces aéronavales importantes. Elles sont le seul instrument qui permette aux « agressés » de matérialiser leur volonté politique et d'obtenir gain de cause sur le terrain.

            Peu importe de quel côté est le droit : en recourant à la force, les antagonistes démontrent sa fragilité et leur sert tout au plus d'alibi.

            Depuis la fin du second conflit mondial, on assiste au déploiement de « Task Force », forces opérationnelles, dont la réussite dépend de leur degré d'intégration interarmées.

            C'est ainsi que les Argentins et les Britanniques s'affrontent du 19 mars au 14 juin 1982 [2].

La communauté internationale, à la fois surprise et embarrassée, se comporte en spectatrice, plus ou moins engagée. Américains et Soviétiques, tout d'abord étonnés par la détermination de chaque partie, n'en essaient pas moins d'influencer le cours des événements. Les Etats-Unis souhaitent avant tout éviter que le conflit ne provoque une opposition durable entre les membres de leur zone d'influence : il faut donc que les affrontements soient limités dans le temps et l'espace. L'archipel et ses approches immédiates en seront le théâtre. L'URSS et ses alliés latino-américains voient l'occasion d'ouvrir une brèche dans le camp occidental.

Du rapport de force entre les deux antagonistes, mais surtout de l'attitude des deux « supergrands », dépendra la limitation de l'escalade militaire.

            Le Pacifique Sud ainsi qu'un archipel quasiment inhabités laissent le champ libre aux affrontements. N'empiétant pas sur les frontières des autres Etats riverains, ils se prêtent parfaitement au déploiement des deux armées. L'instauration d'une zone d'exclusion totale de 200 miles [3] puis s'étendant jusqu'à la limite des eaux territoriales argentines, définit le cadre des affrontements.

            De plus, la courte durée du conflit n'entraîne pas les diverses réactions perturbatrices dues à l'enlisement des troupes sur le terrain. L'effet « rapidité » joue sur l'issue de la crise. La force l’emporte sur la négociation. Elle n'en soulève pas moins plusieurs observations.

            Si la crise des Malouines marque l'apparition d'affrontements d'un type nouveau pour l'époque contemporaine, elle n'est pas sans rappeler les conflits traditionnels. Sa principale « innovation » : une puissance nucléaire, directement agressée par un pays non nucléaire, se trouve dans l'obligation de répondre par des moyens identiques à ceux de l'attaquant.

            La Grande-Bretagne monte une opération géostratégique ayant pour objectif la reconquête des possessions lointaines dont on veut la spolier.

            Compensant sa faiblesse régionale, elle dépêche à quinze mille kilomètres de ses côtes, une force d'intervention dont la mission est de lui assurer la supériorité militaire indispensable. Celle-ci passe avant tout par la maîtrise des mers et la capacité de projeter des forces supérieures à celles de son adversaire sur le théâtre des opérations.

            Tout en gardant à l'esprit que la victoire remportée est conditionnée par la cohérence d'un système interarmées ainsi que la mise en œuvre d'une logistique impressionnante et l'utilisation militaire de l'espace, nous étudierons le rôle déterminant que jouent les moyens aéronautiques.

Les belligérants

            Situées dans l'Atlantique Sud à 660 km des côtes argentines et 14 560 km des îles britanniques, les Malouines et leurs dépendances (Géorgie du Sud, îles Sandwich) nécessitent pour leur contrôle des moyens aéronavals capable d'aligner d'importantes forces et d'assurer un soutien logistique adéquat.

            Les Argentins, géographiquement plus favorisés semble-t-il, disposent d'un porte-avions d'attaque, le 25 de Mayo, qui, bien qu'ancien, reste une excellente plate-forme pour appuyer les opérations au sol et assurer la supériorité aérienne sur la zone des combats par ailleurs relativement restreinte.

            La Fuerza Aeria Argentina (FAA) et le Commando de Aviación Naval (CAN) alignent 274 aéronefs opérationnels dont la plupart ont un rayon d'action leur permettant d'atteindre les Malouines.

            Cependant, la crainte d'exposer leur porte-avions inutilement, surtout après la destruction du croiseur Général Belgrano et la quasi-incapacité de ravitailler en vol leurs Dagger et Skyhawk ne permettront pas aux FAA et au CAN d'exploiter pleinement leur puissance aérienne.

            De plus, l'aéroport de Port Stanley ne peut accueillir les avions de type Mirage III qui auraient pu assurer une protection efficace. Ainsi sur les 22 bases aériennes que compte l'Argentine, trois seulement participent aux opérations.

            Seule l'Aviación del Ejercito (aviation légère de l'armée de Terre) assure une présence constante sur les îles ; elle est bien vite paralysée par les actions commando des forces britanniques. Celles-ci, défavorisés par la distance, alignent cependant des forces intégrées et modernes dont les structures s'adaptent aux conditions stratégiques.

Bien que la stratégie du Royaume-Uni soit de prévoir un engagement militaire en « zone OTAN », c'est-à-dire sur l'Atlantique et la Mer du Nord ainsi qu'en Centre Europe, les moyens engagés s’avèrent suffisants.

            C'est le statut de puissance nucléaire de la Grande-Bretagne qui lui donne paradoxalement cet avantage conventionnel. Lorsqu'un pays maîtrise l'arme nucléaire, il dispose nécessairement de forces terrestres, aériennes et maritimes modernes d’accompagnement.

            Le statut de la Grande-Bretagne la place au 4e rang des puissances militaires mondiales, c'est-à-dire disposant des moyens les plus sophistiqués de puissance lui permettant de compenser son infériorité régionale.

            Le nombre relativement faible d'avions de combat alignés 28 Sea Harrier et 14 Harrier, est compensé par une présence quasi permanente sur la zone des combats de deux porte-aéronefs (l'Hermès et l'Invincible) ainsi que de deux porte-conteneurs transformés en plates-formes aéronavales (Atlantic Conveyor et Atlantic Causeway).

            Par ailleurs, les Etats-Unis annoncent qu'en cas de destruction d'un porte-aéronefs britannique, ils mettront à la disposition de la Royal Navy un navire aux capacités équivalentes (l'USS Guam).

            L'autre élément qui apporte un avantage décisif à la maîtrise des airs est le nombre très important d'hélicoptères engagés : 182 aéronefs à voilures tournantes participeront aux opérations alors que les Argentins n'en alignent qu'une trentaine.

            Les déplacements tactiques, la veille aérienne, la protection de la flotte ainsi que les multiples mais indispensables missions de « servitudes » seront à l'avantage des forces britanniques.

            Enfin, les moyens aériens de soutien logistique sont particulièrement importants : 17 avions ravitailleurs Victor K2 et 6 Vulcan B2, bombardiers à long rayon d'action, renforcés par 4 Hercules C 130, effectuant 600 missions de ravitaillement en vol.

            L'exemple du raid d'un bombardier Vulcan sur l'aéroport de Port Stanley à partir de l'île de l’Ascension est révélateur. Celui-ci se déroule sur 13 000 km et nécessite l'engagement de 10 avions ravitailleurs.

            Le transport aérien militaire est assuré par quelque 35 Hercules et VC 10 de la Royal Air Force qui acheminent 5 907 tonnes de fret et 5 242 hommes entre la Grande-Bretagne et l'île de l'Ascension, dernière base opérationnelle située à 6 480 km des Malouines.

Enfin, 13 Nimrod MK2 contribuent depuis l'île de l'Ascension à la surveillance des Task Force 317 et 324 [4].

Les Etats-Unis, pour leur part, aident les forces anglaises en faisant effectuer des vols de reconnaissance par des SR 71 Black Birds de l'armée de l’Air et en leur fournissant des clichés et des écoutes satellitaires.

Une opération interarmées

La combinaison des moyens de combat, de soutien ainsi que la maîtrise de l'espace maritime donnent la supériorité dans les airs. L'engagement des forces aériennes dépend de plusieurs facteurs.

            Aux impératifs stratégiques et tactiques s'ajoutent les capacités opérationnelles des belligérants ainsi que l'intégration de l'arme aérienne dans l'appareil militaire.

            Si le théâtre des opérations est relativement limité, les forces engagées nécessitent un impressionnant soutien logistique du fait de l’éloignement. Ce soutien n'est concevable que par la maîtrise des mers. La Grande-Bretagne aligne une flotte totalisant 1 085 000 tonnes et 123 navires dont 50 de combat, parmi lesquels 4 plates-formes aéronavales évoquées précédemment.

            Cependant, la plupart des navires de combat peuvent mettre en œuvre des hélicoptères qui contribuent à la suprématie britannique.

Face à cette « invincible armada », les Argentins ne mettent en ligne que 29 bâtiments représentant 115 000 tonnes.

            La crainte, une fois l'invasion des Malouines terminée, est de les voir prendre à parti par les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) britanniques, ils les cantonneront donc dans les ports.

            La maîtrise des mers acquise, il est possible de mettre en œuvre les moyens aériens à partir de plates-formes situées à proximité du champ de bataille.

            Ainsi la quarantaine d'avions de combat des forces britanniques prendra l'ascendant sur son adversaire grâce à sa rapidité de réaction ainsi qu'à un taux de disponibilité exceptionnel (95 %).

            Cette supériorité globale, qui aboutit à la destruction de 37 % du potentiel argentin, soit 101 aéronefs, dont un bon tiers en combat aérien, ainsi qu'à la paralysie des défenses navales et terrestres de celui-ci, ne se fait pas sans perte : 11 Harrier soit plus du quart des effectifs engagés.

Côté argentin, le couple Super Etendard AM 39 - Exocet cause des destructions spectaculaires dont celles du Sheffield et de l'Atlantic Conveyor.

Il faut aussi souligner le rôle primordial de l'arme aérienne argentine dans les combats. La plupart des pertes en hommes et en matériels lui sont imputables [5].

            Par ailleurs, la bravoure des pilotes argentins ne sera pas toujours récompensée. Afin d'échapper aux défenses sol-air les Skyhawk et Dagger volent aux ras de leurs cibles et font coup au but sans que leurs bombes, faute d’une course assez longue, puissent s'armer : 16 navires seront ainsi mis hors de combat dont 6 coulés.

            Autre clé du succès : la supériorité aérienne a permis l'emploi intensif d'hélicoptères. Le corps expéditionnaire a pu s'affranchir des contraintes du terrain accidenté et particulièrement inhospitalier en ce début d'hiver austral. Les voilures tournantes constituent le fer de lance des mouvements tactiques du corps  expéditionnaire britannique et permettront, une fois les têtes de pont établies après les débarquements du 21 mai à Port San Carlos, de désorienter les défenses argentines.

            Grâce à la flexibilité et à la puissance de leur arme aérienne, les forces britanniques choisiront un port relativement modeste pour débarquer et resteront à l'abri pour préparer leur assaut dans les meilleures conditions.

            Les Anglais bénéficieront aussi d’un avantage tactique déterminant leur permettant de prendre à revers, lors du débarquement, le dispositif terrestre argentin d’autant que celui-ci, très peu mobile, faute de moyens et à cause d'un relief et d'un climat hostiles, reste essentiellement regroupé autour de Port Stanley attendant un assaut dans la baie.

            Ainsi, la combinaison britannique de moyens navals et aériens offre une supériorité décisive pour la victoire terrestre. L'infanterie du Royaume-Uni par ailleurs plus fraîche, mieux équipée et ravitaillée que ses adversaires les surprend par son aéromobilité et obtient la victoire tactique non sans avoir âprement combattu.

            L'engagement des forces aériennes au cours de cette crise, caractérisé par sa brièveté, bénéficie également du développement de « Crash Programs [6] » et de l’aide matérielle des Etats-Unis.

            Soixante millions de dollars, l’équivalent de la moitié du budget annuel de l'armée de l'Air Argentine, sont débloqués. Cette somme correspond, notamment au don de 200 missiles AIM 9L Sidewinder, de pylônes de tir afin de les adapter à certains avions de la RAF notamment chargés de la reconnaissance et du transport, à 4 700 tonnes de matériel pour la reconstruction et la mise aux normes de la piste de Port Stanley et à 51 millions de litres de carburéacteurs.

            Les aéronefs de la Royal Air Force et de la Fleet Air Arm voient en outre renforcées leurs capacités air-sol et air-air ainsi que leur autonomie, par l'adjonction de perches de ravitaillement en vol.

            La guerre des Malouines, première intervention majeure depuis la fin des guerres de décolonisation, souligne donc le besoin de disposer d'un appareil militaire polyvalent et modulable.

            Mais l'arme aérienne, si elle assure une supériorité déterminante, ne détient pas à elle seule les clés de la victoire. Son autonomie, comme celle de chaque armée, est à préserver mais ne peut se concevoir sans une collaboration stratégique et tactique très étroite, soumise au concept de globalité des missions.

            Si cette guerre souligne que les intérêts stratégiques susceptibles de convoitises varient selon les pays, leur protection se caractérise par des contraintes communes.

Cette diversité rend nécessaire la possession d'une puissance militaire globale, apte à se porter sur les différents lieux de tensions, afin de résoudre au mieux les conflits.

            En raison de l'éloignement du territoire national, il est indispensable de disposer d’une puissance militaire conventionnelle ayant de fortes capacités stratégiques. Sa fonction est d'assurer la souplesse d'emploi de l'appareil militaire ainsi que la continuité de son engagement, aussi bien dans des actions à dominante terrestre que maritime, mais avec une parfaite coopération interarmées. L'exploitation de la troisième dimension assure la cohérence du système ainsi que sa souplesse et sa rapidité de réaction.

            Pour entreprendre la reconquête des îles Malouines et entretenir une force terrestre capable de défaire l'armée argentine, il était nécessaire que la Grande-Bretagne possède une force opérationnelle.

Pour acquérir la puissance terrestre, dans ce cas bien minime, les belligérants doivent se rendre maîtres des mers. De cette suprématie, dépend leur liberté d'action. Cette liberté se fonde sur la constitution d'un outil polyvalent, adaptable à des théâtres d'opérations divers et, fortement mobile pour compenser les insuffisances régionales. Ainsi, ne disposant que d'une poignée d'hommes, dans l'Atlantique Sud, les Britanniques peuvent dépêcher un corps expéditionnaire de neuf mille soldats et une armada de plus de cent vingt navires pour rétablir leur supériorité.

Les leçons de la crise

Plusieurs remarques quant à la polyvalence des forces s’imposent après ce conflit. A la différence d'autres crises périphériques des années 70 où s'affrontent des forces locales prépositionnées se limitant à compenser les pertes subies par les belligérants et à les alimenter en fournitures de guerre, il oblige le déplacement d'appareils militaires dans leur ensemble et nécessite une forte intégration des forces.

            Il ne s'agit pas de mener une guerre par procuration mais de défendre un espace et des intérêts nationaux situés à des milliers de kilomètres de la métropole ; telles sont les dimensions de l'affrontement.

            Les pays confrontés à ce type de conflit occupent, par leur héritage historique ou leur « poids » politique et économique, un rang de puissance mondiale ou régionale. Il doivent donc disposer de capacités militaires susceptibles d'assumer la défense de leurs intérêts. Qui acquiert un certain rayonnement politique, s'expose à différentes tensions qui sont d'autant plus fréquentes et intenses que l'influence du pays est grande. Les Etats-Unis, l'URSS, le Royaume-Uni et la France en font l'expérience. Ces nations se trouvent périodiquement impliquées dans des crises de plus ou moins forte intensité.

C'est cependant la Grande-Bretagne qui, malgré son repli sur la seule zone européenne, se trouve la plus directement menacée dans ses intérêts par la crise des Malouines et joue involontairement le rôle de pionnier en matière d'interventions extérieures. Acculée à une riposte qui, pour réussir, doit brièvement venir à bout de l'agression argentine, elle crée empiriquement une force d'action rapide.

            L'Angleterre est une île et par là-même, se trouve séculairement amenée à concevoir les menaces à une échelle globale. Son passé et la situation qui en découle l'obligent à être très attachée à la liberté de circulation maritime, garantissant ses approvisionnements. Malgré sa politique de sanctuarisation de la métropole, elle conserve une marine importante [7] lui donnant, avec l'adjonction d'une flotte civile de soutien, des possibilités d'interventions outre-mer. Un seul inconvénient subsiste : les forces ainsi utilisées lui ôtent toute possibilité de défendre la zone européenne pourtant jugée prioritaire pour ses intérêts. Dans le cadre d'une crise limitée, cela ne porte pas à conséquence, du moment que les Etats-Unis relèvent les troupes retirées à l'OTAN.

            L'engagement de la force opérationnelle britannique est un test d'efficacité pour ses différentes composantes. C'est aussi l'occasion de vérifier la valeur des choix de ses systèmes d'armes et matériels. Il souligne en outre la globalité des missions que les forces conventionnelles sont appelées à assumer. Elles vont de la défense d'une zone préparée aux hypothèses d'interventions extérieures, souvent lointaines.

Leur instrument de prédilection est la Marine. Sur elle repose la réussite ou l'échec des forces conventionnelles dans leur rôle géostratégique. Sans sa participation, aviation et corps de bataille aéroterrestre ne peuvent intervenir de façon durable et massive sur les lieux des tensions. Essentielle à leur déploiement, elle se trouve l'élément central de la coopération interarmées.

            La Marine permet d'établir la continuité des actions militaires en transférant indifféremment les forces conventionnelles d'un théâtre d'opérations à un autre. Elle étend le cadre de la confrontation en faisant de la mer l'enjeu nécessaire à l'acquisition d'une supériorité intercontinentale.

            Il lui est donc indispensable d'aligner une flotte de combat et ses éléments de soutien,  indispensables pour conserver la maîtrise des mers.

 

            Passé l'effet de la surprise, la marine argentine est incapable de participer massivement au conflit, rompant ainsi la continuité et la complémentarité de l'appareil militaire indispensable à la poursuite des opérations.

            Face à elle se déploie un ensemble polyvalent qui, par son tonnage, se situe au troisième rang des appareils navals mondiaux. Si la permanence de son action est étroitement liée au soutien logistique, elle se caractérise par sa combativité. La complémentarité [8] des systèmes d'armes en est le fondement. De leur diversité et de leur quantité dépend l'efficacité opérationnelle de la flotte.

Elle se traduit par une supériorité que l'on peut qualifier de verticale : elle s'étend des profondeurs des océans à la maîtrise de l'espace aéronaval. La marine de guerre combine l'action de sous-marins, de bâtiments de surface et d'aéronefs à tous les niveaux du combat. C'est ainsi qu'avions, hélicoptères et navires de surface forment, entre autres, une triade anti-sous-marins pour leur repérage et leur neutralisation. Les mêmes caractéristiques s'appliquent dans les domaines de la guerre de surface ou dans les opérations surface-air et vice versa.

            Cette complémentarité s'illustre aussi dans de nombreux autres aspects : les débarquements, les opérations aéroportées, les actions de soutien des troupes au sol et le pilonnage d'objectifs. De là apparaît la supériorité horizontale permettant d'assurer la projection de forces aéroterrestres depuis la mer.

            La guerre des Malouines apporte plusieurs enseignements relatifs à l'établissement et au maintien de la supériorité navale. Elle confirme que le rôle de la force navale ne se résume pas à l'accomplissement de missions limitées mais tend à leur diversification.

            La Royal Navy en fournit le meilleur exemple. En restructuration depuis plus de vingt ans, sa tâche principale est la protection des voies maritimes du flanc nord de l'OTAN ce qui consiste essentiellement à lutter contre les sous-marins et à assurer une défense de zone contre les navires et aéronefs ennemis ; le tout en liaison étroite avec les forces aériennes basées à terre.

            Durant la campagne des Malouines, elle supporte seule toutes ces missions avec en plus la responsabilité de reconquérir les îles.

Par chance, les insuffisances de son adversaire puis, les conditions géographiques et climatiques dans lesquelles se déroulent les opérations, lui assurent une certaine immunité en la mettant hors de portée de son ennemi [9]. Dès qu'elle s'engage plus avant dans des activités de débarquement ou d'appui des troupes au sol, elle subit des pertes [10].

            La plupart des pertes maritimes sont causées, tant des côtés argentin que britannique, par les aéronefs et les missiles antinavires. Dans la majorité des cas, elles sont dues à l'absence de systèmes d'alerte lointaine ou de couverture aérienne. Cela prouve la nécessité de disposer d'une composante aérienne embarquée assez nombreuse et performante.

            Le porte-avions, qu'il soit traditionnel ou dit « léger », est irremplaçable dans la recherche de la polyvalence des forces. S'il s'avère coûteux [11] et offre une cible de choix, il donne néanmoins l'immense avantage d'assurer pour une large part la protection aéronavale et anti-sous-marine de la flotte.

 

Le porte-avions est aussi l'élément sans lequel toute intervention lointaine est impossible ; ne serait-ce que dans le domaine de la couverture aérienne ou de l'assaut héliporté [12].

Le prétexte invoqué pour sa suppression, par exemple au profit des seuls sous-marins nucléaires d'attaque, est irréaliste. Si le SNA voit son « rendement » substantiellement augmenté par la propulsion nucléaire, son rôle dans un conflit, bien que nécessaire, reste limité. La protection (sous-marine) de la flotte ainsi que le harcèlement des bâtiments ennemis restent ses seules missions. Bien que constituant une arme « anti-flotte » redoutable, il ne peut assurer à lui seul la maîtrise des mers.

            Certes, le porte-avions est vulnérable. Ce n'est cependant pas une nouveauté. Les combats de la Seconde Guerre mondiale l'ont amplement démontré. Leur vulnérabilité aux attaques conventionnelles ne s'en est pas accrue. Cependant, ce sont ces mêmes porte-avions qui apportent la victoire sur mer et sont, par leurs rôles multiples, des éléments indissociables de la réalisation d'actions lointaines. Sans cette composante de la flotte, les Britanniques n'auraient pu mener à bien leur entreprise de reconquête.

            Il faut enfin souligner que la puissance navale peut être soumise à la menace nucléaire. Si aux Malouines la question ne se pose pas, les confrontations futures ne l'excluent pas.

En effet, l'existence quasiment nulle de dégâts collatéraux lors de son emploi en mer la rend fortement probable. Elle apparaît comme l'élément égalisateur entre deux rivaux de puissances différentes. Ainsi la crainte qu'elle inspire se rapproche plus du jeu de la dissuasion. Mais son emploi marquerait le début d'une escalade qui dépasserait le cadre d'un conflit conventionnel et entraînerait une escalade politique puis militaire. A ce niveau-là, le conflit serait stoppé net ou dégénérerait en confrontation totale.

            La recherche de la polyvalence des forces ne se limite pas à la seule Marine. Les conditions d'un conflit moderne imposent également le développement de la puissance aérienne. Elle est l'élément de couverture des forces maritimes et du corps de bataille aéroterrestre. Elle assure également la rapidité des interventions ; que ce soit à l'intérieur des frontières ou dans les opérations extérieures.

            Comme la Marine, elle accomplit de multiples missions, allant de la supériorité aérienne à l'appui au sol en passant par le transport, la reconnaissance et la lutte anti-sous-marine, qui en font une arme polyvalente. Ses possibilités d'opérer à partir de bases terrestres ou de porte-avions sont les principaux facteurs de sa souplesse d'emploi. Elles joignent à la diversité des missions la mobilité stratégique, complétant le rôle de la marine dans la recherche de la suprématie globale.

Les performances des avions de combat et de transport offrent des capacités stratégiques non négligeables. Les notions de rapidité et de puissance des systèmes d'armes font de l'avion un outil précieux dans les différents aspects de la guerre. Il permet de se rendre dans les plus brefs délais sur le théâtre des opérations par ses capacités propres ou son intégration dans un ensemble opérationnel. Si par sa nature l'avion se place en arme spécifique, il n'en participe pas moins au renforcement des capacités de la Marine et de l'armée de Terre dans leurs missions de combat et de soutien.

            Aux Malouines, la force aérienne augmente la puissance de feu du corps de bataille [13]. Pour répondre à certaines urgences, les livraisons de matériels prioritaires s'opèrent par air [14].

            Seul point de fragilité dans la souplesse d'emploi de l'appareil aérien : le besoin d'infrastructures au sol importantes donc vulnérables. Dans les opérations lointaines, la possession de « bases relais » est aussi indispensable.

Si certain avions de transport, tel le Hercules, ou de combat, tel le Harrier, se contentent d'infrastructures relativement modestes, ce n'est pas le cas pour l'ensemble de la composante aérienne. Ce fait se confirme durant la guerre des Malouines. Le ravitaillement aérien de l'archipel est limité par les faibles capacités de son aéroport. Par contre, les forces britanniques peuvent disposer de l'île de l'Ascension, à mi-chemin des Malouines, leur donnant la possibilité de soutenir leurs opérations aéronavales. Sans ce relais, elles seraient privées de tout support aérien, aussi bien en ce qui concerne le ravitaillement que la surveillance et le contrôle de la zone des combats.

 

Le contrôle de points d'appui est donc indispensable à la souplesse d'emploi de l'appareil militaire car ils lui offrent les facilités nécessaires au support de ses interventions extérieures. L'intérêt affiché par les différentes puissances mondiales en témoigne. La campagne des Malouines l'illustre. Ces îles mêmes, situées aux portes du Cap Horn et contrôlant l'accès au continent antarctique, sont l'exemple de telles positions.

            La combinaison des forces navales et aériennes ne serait pas complète sans l'adjonction d'un corps de bataille aéroterrestre. Sa nature en fait un élément modulaire totalement adaptable aux opérations interarmées. Qu'il soit le rempart dressé aux frontières du pays ou le maillon final d'une force opérationnelle, son rôle est irremplaçable.

            Doté des matériels lui assurant une très large mobilité tactique, il est l'outil concluant toute entreprise militaire.

Elément de prédilection des luttes continentales, son adaptation aux caractéristiques de l'aérotransport lui donne les capacités géostratégiques pour son déploiement lors d'opérations lointaines. Il ne peut cependant s'opposer de façon durable à un ennemi puissamment armé que par l'intervention de la Marine qui assure le transport des hommes et des matériels. Rapidité, durée et importance de son engagement sont étroitement liées aux capacités maritimes et aériennes des forces armées [15].

            La triade artillerie, infanterie, cavalerie (terrestre ou héliportée) est le fondement de sa souplesse d'emploi et de sa puissance de feu, assurant ainsi sa supériorité tactique.

            Les forces britanniques opèrent à l'aide de ces trois éléments. Ils leur donnent dans l'offensive sur Port-Stanley et la maîtrise des hauteurs environnantes une extrême mobilité et une précision extraordinaire dans les coups portés à l'ennemi. En outre, leurs systèmes d'armes antiaériens et antinavires leur permettent d'assurer, en plus du combat terrestre, leur propre sécurité. Elles étendent ainsi leurs capacités opérationnelles.

            La polyvalence des forces, induite par la globalité des missions, se marque par leurs facultés à mener et à soutenir toute action dans n'importe quelles conditions d'engagement.

            Elle se marque par la complète intégration des trois armées dans un système d'ensemble et modulable selon la nature de la crise.

Dans le cas des affrontements périphériques, la menace s'évalue à une échelle globale et nécessite le développement des forces conventionnelles structurées et équipées pour se déployer n'importe où dans le monde.

            La création de Forces à Déploiement Rapide au cours des années 80 marque cette volonté de polyvalence et d'adaptabilité de l'outil conventionnel. Elles sont l'avant-garde destinée à circonscrire, avant qu'il ne soit trop tard, une crise périphérique ou bien comme ce fut le cas en 1990-1991 lors de la guerre du Golfe de se métamorphoser en armée capable de combattre et de vaincre.

            Par là-même, les forces conventionnelles entament un processus de restructuration destiné à leur assurer les capacités stratégiques nécessaires dans la conduite des conflits que l'atome est impuissant à prévenir puis à traiter.

            La Grande-Bretagne, avec l'aide discrète des Etats-Unis, monte en un temps record une opération géostratégique limitée qui est la première application opérationnelle des Forces à Déploiement Rapide et qui préfigure ce que seront les appareils militaires du début du XXIe siècle.

   

Résumé

 

                Le conflit des Malouines a été un affrontement entre une puissance nucléaire, le Royaume-Uni, et une puissance conventionnelle, l’Argentine, pour la possession d’îles à l’intérêt stratégique contestable.

                Le rapport de force déséquilibré entre les deux belligérants associé à l’attitude des deux superpuissances, Etats-Unis et Union soviétique, entraîne une limitation de l’escalade militaire.

                La victoire britannique a été conditionnée par la cohérence d’un système interarmées ainsi que par la mise en œuvre d’une logistique impressionnante avec un rôle non négligeable joué par les satellites de communication.

                Défiée conventionnellement, le Royaume-Uni a été obligé d’engager, à près de 15 000 km de Londres, et pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une force combinée mettant en œuvre l’essentiel de ses moyens militaires et nécessitant une très importante logistique.

                L’Argentine, qui a pensé pouvoir défier le Royaume-Uni, n’a pas su, malgré le courage des personnels de ses unités aériennes, inverser une situation compromise par un pouvoir politique contesté.

                Limité dans le temps et dans l’espace mais caractérisé par l’emploi de moyens qui préfigurent les conflits ultérieurs, la guerre des Malouines est une première application opérationnelle des forces à déploiement rapides.

 

 

Summary

                The Falklands War was a confrontation between a nuclear power, the United Kingdom, and a conventional power, Argentina, for the possession of islands of questionable strategic value.

                The imbalance in the strength of the two belligerents, as viewed by the two super-power, resulted in a limitation of the military escalation.

                The victory of the British forces came about as a result of the high level of coordination among the services, an impressive transport and supply system, and the significant role played by communication satellites.

                Challenged by conventional forces, the United Kingdom was required to send in, from a distance of over 9,000 miles, and for the first time since the end of the Second World War, a combined force requiring the mobilization of its basic military resources as well as very considerable transport ans supply services.

                Argentina, which thought it could defy the United Kingdom, had no chance, despite the courage of its air crews, of changing a situation which was compromised from the start by the political upheaval in Argentina.

                Though limited in duration and in scope, the Falklands Wae provided the first example of rapid force deployment in time of war, and the methods employed foreshadow the character of conflicts in the future.

 



[1]. Dans cet article, les îles Falkland-Malvinas sont désignées sous leur nom français de Malouines.

[2]. Pour une parfaite compréhension du déroulement des événements, consulter la chronologie « La guerre des Malouines au jour le jour », placée à la fin de l’article.

[3]. Soit 12 miles marins. Les 188 miles s'y ajoutant en tant que zone économique exclusive ne sont pas considérés durant le conflit comme relevant de la souveraineté argentine. Cela s'explique par le fait qu'ils recouvrent en partie la zone économique  exclusive des Malouines (1 mile nautique = 1,852 km).

[4]. Forces opérationnelles et de soutien.

[5]. Cf. la chronologie.

[6]. Programmes lancés en urgence et en priorité absolue.

[7]. Abstraction faite des réductions préconisées par le plan de restructuration en cours de réalisation à l’époque du conflit.

[8]. Ainsi que celle des procédures de combat employées et des personnels participant à leur mise en œuvre.

[9]. Exception faite des sous-marins argentins. Malgré leurs modestes performances, ils réussissent à approcher puis inquiéter la flotte britannique.

[10]. Notamment dans le détroit des Malouines lors des opérations de débarquement, dans les missions de surveillance avancées, fatales aux Sheffield et Coventry et dans l'attaque d'objectifs terrestres où le Glamorgan est atteint par un Exocet tiré depuis la Côte.

[11]. Par lui-même, sa composante embarquée et l'environnement en navires de surface qu'il nécessite pour sa protection.

[12]. Lors des débarquements de San-Carlos et de Bluff-Cove (voir carte) les déficiences de la couverture aérienne sont à l'origine de la plupart des pertes. Les Sea Harrier en nombre insuffisant et dont l'autonomie de vol est limitée, ne peuvent l'assurer de façon permanente.

[13]. Sur les 1.315 missions effectuées par les Sea Harrier FRS 1 et les Harrier GR3, 215 (90+125) sont consacrées à l'appui au sol et la reconnaissance. Les Vulcan bombardent de leur côté l'aéroport de Port-Stanley et attaquent une fois le radar argentin basé à l'extérieur de la ville.

[14]. Notamment pour les livraisons d'hélicoptères indispensables au combat aéroterrestre et la lutte ASM. 23 d'entre eux sont aéroportés jusqu'à l'île de l'Ascension et sont ensuite acheminés vers le front par les bâtiments de la force opérationnelle.

[15]. Essentiellement pour le transport. Le conflit des Malouines souligne la part prise par les infrastructures et matériels civils.

 

Chronologie de la guerre des Malouines 

                  EVENEMENTS

POLITICO-DIPLOMATIQUES                             

 

            EVENEMENTS MILITAIRES

 

19 mars 1982 : une quarantaine de ferrailleurs argentins, prétextant le démantèlement d'un cargo servant d'usine baleinière, débarquent à San Pedro dans l'île de Géorgie du Sud avec l'accord des autorités locales et hissent le drapeau argentin.

 

24 mars : le HMS Endurance, emportant une section de 22 Royal Marines, est dépêché vers la Géorgie du Sud.

 

29 mars : le SNA HMS Spartan est envoyé vers les îles Malouines. Départ de Gibraltar des premiers éléments de la force opérationnelle 317.

30 mars : le SNA HMS Splendid appareille avec la même mission.

 

 

Nuit du 1er au 2 avril : débarquement de 1.000 Argentins aux Malouines. La garnison de 67 Royal Marines résiste jusqu'au 2 avril , 8 h 30 locales. Le SNA HMS Superb quitte Gibraltar pour les Malouines.

 

2 avril : la Grande-Bretagne rompt ses relations diplomatiques avec l'Argentine.            

           

Constitution officielle par la Grande-Bretagne d'une force d'intervention.

3 avril : négociation Argentine/Grande-Bretagne avec Alexander Haig, secrétaire d'Etat américain.          

 

Le Conseil de Sécurité de l'ONU vote la résolution 502 qui demande la cessation des hostilités, le retrait des troupes argentines, la reprise des négociations. (Vote : 10 oui : Etats-Unis, France, Finlande, Japon, Jordanie, Guyana, Togo, Ouganda, Zaïre, Grande-Bretagne. 1 non : Panama. 4 abstentions : URSS, Espagne, Chine, Pologne).

 

Débarquement argentin en Géorgie du Sud. Rreddition de la garnison britannique après que deux hélicoptères argentins ont été abattus. La frégate argentine Granville est sérieusement endommagée. Le SNA HMS Conqueror est dépêché vers l'Atlantique Sud.

5 avril : démission de Lord Carrington ainsi que de deux Junior Foreign Office Ministers. Il est remplacé par Francis Pym. Réunion spéciale de l'Organisation des Etats Américains (OEA).

 

Départ de Gibraltar et de Portsmouth de plusieurs bâtiments de la flotte d'intervention britannique ; notamment les porte-aéronefs ASM Hermes et Invincible.

6 avril : les Etats-Unis (EU) proposent une mission de "bons offices" menée par A. Haig. Elle dure jusqu'au 28 avril. La France, l'Allemagne Fédérale, le Canada annoncent un embargo sur les armes destinées à l'Argentine. La Grande-Bretagne prend des sanctions économiques à l'égard de l'Argentine.

 

La Grande-Bretagne réquisitionne des bâtiments de commerce pour assurer le soutien logistique des forces dépêchées vers l'Atlantique Sud.

7 avril : la Belgique et les Pays-Bas se joignent à l'embargo. EU et Japon apportent leur soutien moral à la Grande-Bretagne. Le Pérou, le Nicaragua, le Salvador, la Bolivie, l'Equateur, le Panama, le Guatemala, la Colombie et l'URSS apportent leur soutien moral à l'Argentine.                                                      

Les Argentins espèrent porter leurs effectifs aux Malouines à 10 000 hommes. Le ministère de la Défense britannique déclare sur le plan naval une zone de guerre fixée à 200 nautiques autour des Malouines (370 Km). Cette zone est activée le 12 avril à 4 h locales. Les bâtiments de la Royal Navy continuent à appareiller pour l'Atlantique Sud. Une dizaine de bâtiments de commerce britanniques sont réquisitionnés, dont le paquebot Camberra.

 

9 avril : l'Italie décide de se joindre à l'embargo. L'OEA décide de ne jouer aucun rôle dans le conflit et s'ajourne jusqu'au 12 avril.

 

Le Canberra quitte Southampton avec 2 500 hommes à bord.

10 avril : les dix de la CEE décident l'embargo sur les importations en provenance de l'Argentine.

La décision prendra effet le 16 avril pour un mois.

 

 

13 avril : le Canada et la Nouvelle-Zélande se joignent à l'embargo CEE. La chaîne TV américaine ABC annonce le soutien des EU à la Royal Navy (communications, renseignements, informations météorologiques, ravitaillement en carburant). Réunion des ministres de l'OEA : aucune décision n'est prise.

 

La Grande-Bretagne réquisitionne de nouveaux bâtiments de commerce.

 

15 avril : 9 bâtiments argentins quittent Puerto Belgrano vers le sud.

 

 

19 avril : nouvelles réquisitions de bâtiments de commerce par la Grande-Bretagne.

 

20 avril : l'Argentine demande la réunion de l'OEA. Dans le cadre de l'OEA, dix-huit pays (sur les vingt et un signataires du TIAR) approuvent un processus qui risque d'internationaliser le conflit. L'Organisme de consultation du TIAR se réunit les 26 et 27 avril.

 

Neuf cents parachutistes britanniques rejoignent les 3000 hommes déjà en route vers les Malouines.

 

 

21 avril : les HMS Antrim, Plymouth,Brillant ainsi que le RFA Tidespring font route vers la Géorgie du Sud.

 

22 avril : le Pentagone reconnaît qu'un second pétrolier vient de ravitailler l'île de l'Ascension

 

 

 

 

Une cinquantaine d'hommes appartenant au 2nd. Special Boat Squadron et au 22nd Special Air Service Regiment sont débarqués en Géorgie du Sud. Ils préparent le débarquement britannique dans cette île défendue par 156 soldats argentins et 38 personnels civils.

 

 

23 avril : dix mille militaires argentins sont installés aux Malouines. Perte accidentelle d'un Sea King tombé de l'ASW/CC Hermes.

24 avril : La Grande-Bretagne recommande à ses ressortissants de quitter l'Argentine.

 

A 0 h 00, les bâtiments britanniques sont mis en "alerte de guerre".

 

 

 

 

25 avril : les Royal Marines 42nd Commando débarquent en Géorgie du Sud (à Leith et à Grytviken). La Royal Navy dispose désormais d'un port en eaux profondes à seulement 1 610 km des Malouines. Noter que l'île de l'Ascension se trouve à 6 325 km des Malouines. Le sous-marin argentin Santa Fe est endommagé aux canons et missiles AS 12 par des hélicoptères Wasp venus de L'Endurance. Il s'échoue à Grytviken.

 

 

26 avril : achèvement de la reconquête de la Géorgie du Sud. Les Britanniques ont perdu deux hélicoptères Wessex HU MK5 à cause du mauvais temps (le 22 Avril).

 

27 avril : le Pentagone confirme l'aide logistique apportée à la Grande-Bretagne.

 

 

28 avril : vote à l’ONU d’une résolution reconnaissant la souveraineté de l'Argentine sur les Malouines mais recommandant une cessation des hostilités et l'application de la résolution 502. Les EU présentent un nouveau règlement de conflit.      

 

La Grande-Bretagne annonce une « zone d'exclusion totale » de 200 nautiques autour des Malouines à compter du 30 avril 1982 à 11h GMT. Tout bâtiment ou avion circulant dans la zone sera réputé hostile et susceptible d'être attaqué.

 

29 avril : la marine argentine reçoit l'ordre de rompre le blocus naval et aérien des Malouines.

 

30 avril : Cuba a cédé des armes à l'Argentine. Les EU se rangent officiellement du côté de la Grande-Bretagne et suspendent l'ouverture de crédits destinés à l'Argentine. L'OEA proteste contre l'attitude des EU.

 

Un hélicoptère argentin Bell UH-1N Iroquois est détruit accidentellement (11 morts).

 

 

1er mai :4 h 40 locales, bombardement sur la piste de Port Stanley à l'aide d'un Vulcan de la RAF venu de l'île de l'Ascension. 8 h locales, les Sea Harrier de la Royal Navy continuent l'opération. - Premier combat aérien de la guerre. Les Sea Harrier du Squadron 800 abattent deux Dagger argentins. Tir d'artillerie au 114,3 mm des bâtiments de la Royal Navy sur Port Stanley et Goose Green. Malgré les diverses actions, la piste d'atterrissage de Port Stanley reste en service tout le long du conflit. Les tentatives ultérieures de destruction menées par les Harrier et les Vulcan de la RAF     sont infructueuses, d'autant plus que les Argentins simuleront, avec succès, sa destruction,trompant en cela les Britanniques qui concentrent leurs efforts sur d'autres objectifs.

2 mai : Israël vend des armes à l'Argentine (notamment des pièces de rechange pour Dagger). Les armes fournies par Israël à l'Argentine sont aussi 24 A4-E/H Skyhawk.            Le Venezuela boycotte les bâtiments marchands britanniques et revoit son contrat d'achat d'avions d'entraînement Hawk passé avec la Grande-Bretagne. La Bolivie se déclare prête à aider militairement      l'Argentine sur sa demande. L'Assemblée du Conseil de l'Europe apporte son soutien moral à la Grande-Bretagne. Le Mexique et le Brésil apportent le leur à L’Argentine.                                                                        

 

20 h locales, le croiseur argentin Général Belgrano, est torpillé et coulé par le SNA britannique Conqueror à 250 km de la Terre de Feu, hors de la zone de guerre décrétée par la Grande-Bretagne. Les 2 torpilles employées sont des MK8 de type ancien. L'ordre d'ouvrir le feu a directement émané du gouvernement britannique par l'intermédiaire d'un satellite. C'est la première fois que ce système permet l’exécution quasi immédiate d'un ordre. La contre-offensive navale argentine est brisée. L'ARA ne quittera plus ses bases durant le conflit, hormis quelques briseurs de blocus isolés.

 

 

3 mai : 03 h 00, le Lynx du HMS Coventry détruit, à l'aide de deux missiles Sea Skua (équivalent britannique de l'AM 39 Exocet) l'ARA Comodero Somellera. Un peu plus tard, le Lynx du HMS Glasgow avarie, dans les mêmes circonstances, l'ARA Alferez Sobral. Le paquebot Queen Elizabeth II, plusieurs bâtiments de commerce ainsi que le porte-containers Atlantic-Conveyor sont réquisitionnés par la Royal Navy.Ces bâtiments permettent d'acheminer 3 500 hommes de la 5e Brigade ainsi que des hélicoptères et ADAC/V. Un avion argentin est perdu accidentellement.

 

4 mai : le Canada apporte son aide à la Grande-Bretagne pour les transmissions. Les EU sont prêts  

à mettre leurs avions cargo C 5A Galaxy et C 141 Starlifter en action pour aider au ravitaillement anglais   en matériel.

                                                                                   

Le HMS Sheffield, destroyer lance-missiles du type 42, est mis hors de combat par un AM 39 Exocet tiré par un Super Etendard de l'Armada (Aéronavale argentine). Nouveau bombardement britannique sur Port Stanley et Goose Green. Un Sea Harrier FRS MK1 abattu au-dessus de Goose-Green. Le pilote est tué.

5 mai : réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU. Les EU décident de rapatrier leurs ressortissants établis en Argentine. Continuation des démarches diplomatiques en vue d'aboutir à un règlement du conflit. Israël annonce qu'il honorera ses contrats antérieurs avec l'Argentine.

 

 

6 mai : la Grande-Bretagne répond au secrétaire général de l'ONU, Perez de Cuellar. Le Pérou propose des résolutions pour arriver à un       règlement du conflit.

 

Des renforts partent de Grande-Bretagne. Deux Sea Harrier sont perdus en raison du mauvais temps au cours d'une patrouille en mer.

 

7 mai : la Grande-Bretagne utilise Dakar comme relai du pont aérien métropole-île de l'Ascension. Le plan de paix américano-péruvien est abandonné. La Grande-Bretagne demande le concours d'avions   ravitailleurs en vol américains KC 135.

                       

 

Départ de nouveaux renforts de Grande-Bretagne. Celle-ci considère comme hostile tout navire ou avion argentin éloigné de plus de 12 nautiques des côtes du pays (environ 22 km).

 

8 mai : des bâtiments britanniques pénètrent dans le détroit séparant les deux Malouines.

 

 

M 9 mai : bombardement naval de Port Stanley et de Port Darwin. Le Narval, bâteau de pêche, transformé par les Argentins en patrouilleur, est mis hors de combat par un Sea Harrier britannique. Il coule le 10 mai. Un hélicoptère Puma argentin est abattu. Deux Squadrons de Nimrod (avion de patrouille maritime) sont envoyés à l'île de l'Ascension. Ils assureront la veille aérienne et la protection ASM de la flotte anglaise.

 

 

M 10 mai : la Royal Navy coule le Sheffield au large des Malouines. Les dégâts causés par le missile Exocet l'ont rendu inutilisable. Le sous-marin San Luis lance plusieurs torpilles contre 2 grandes unités de la flotte anglaise : un coup au but mais pas d'explosion.

 

11 mai : les démarches diplomatiques de l'ONU se poursuivent. Elles durent jusqu'au 19 mai et se terminent par un échec.                                                     

Le navire argentin Isla de los Estados, chargé de carburant et de munitions, explose sous les tirs de 114,3 mm de la frégate HMS "Alacrity".

 

 

12 mai : un Sea King HAS MK 5 s'écrase après une défaillance de moteur. Il est, par la suite, remis en état. Le destroyer lance-missiles HMS Glasgow (sister-ship du Sheffield) est atteint par une bombe qui n'explose pas. Un Sea Harrier endommage le patrouilleur Z 28 de la Prefectura Naval Argentina, l'Islas Malvinas. Le Queen Elizabeth II quitte Southampton.   Le HMS Brillant est avarié par une bombe.                                                                                         

 

13 mai : plusieurs avions argentins abattus par des missiles mer-air Sea Wolf.

 

14 mai : les EU reprennent les négociations. La junte argentine ne pose plus la reconnaissance de sa souveraineté comme condition préalable aux négociations.                                                                       

 

 

 

Nouveaux bombardements sur Port Southampton. Ceux-ci se poursuivront les 15 et 16 mai, 45 hommes du 22nd SAS Regiment ainsi qu'un spécialiste de repérage radar de la Royal Navy effectuent un raid sur l'île Pebble. Ils détruisent une dizaine de Pucara ainsi qu'un Short  Skyvan et plusieurs hélicoptères. Dans le même temps, d'autres SAS sont déposés en plusieurs points des Malouines où ils effectuent des missions de renseignement et de harcèlement de la garnison argentine. Ils sont les premiers soldats britanniques à reprendre pied aux Malouines.

 

 

16 mai : Attaque des navires de transport Bahia Buen Suceso et Rio Carcarania à Fox Bay et Port King par des Sea Harrier. Les deux navires sont mis hors de combat.

17 mai : les dix de la CEE, sauf l’Italie et l’Irlande, reconduisent pour une semaine les sanctions économiques contre l'Argentine. L'Italie et l'Irlande ont voté contre cette décision.

 

Un Sea King HC MK4 du Squadron 846, obligé de faire un atterrissage forcé au Chili, est détruit par son équipage à 18 Km de Punta Arenas (rivage nord du détroit de Magellan).

 

 

18 mai : le porte-conteneurs Atlantic Conveyo rejoint la force d'intervention britannique, à son bord, 4 HC-1 Chinook, 6 Wessex MK 5 ainsi que 14 ADAC/V et une importante quantité de pièces de rechange, ravitaillement et de munitions. L'idée d'un débarquement britannique se précise. Un Sea King HAS MK5 du Squadron 826, tombé au sol, est détruit par l'artillerie navale. Six Harrier du N°1 Squadron de la RAF et  Sea Harrier du 809 Naval Air Squadron sont transférés de l’Atlantic Conveyor sur l'Hermes et l'Invincible. Un autre Sea King transportant des SAS s'abîme en mer. 21 morts dont 19 hommes du 22 SAS.

 

P 21 mai : le Conseil de Sécurité de l'ONU reprend son débat sur le conflit interrompu depuis le 3 avril il se termine le 26 mai. La Grande-Bretagne est condamnée à l'ONU par les pays suivants : Uruguay, Pérou, Venezuela, Panama, Salvador, Honduras, Mexique, Bolivie, Paraguay. L'URSS, la Colombie, l'Espagne et le Guatemala adoptent une position plus nuancée. Le porte-parole de la Maison Blanche annonce que les EU respecteront leurs engagements vis-à-vis de la Grande-Bretagne.                                                                

 

 

Durant la nuit du 20 au 21 mai, débarquement de la 3 Commando Brigade Royal Marines dans la baie de San Carlos. Le premier échelon comprenant environ 1 000 parachutistes et Royal Marines est mis à terre. La priorité pour les assaillants est de mettre en place un système de défense sol-air pour pallier leur manque de couverture aérienne. Des batteries de missiles Rapier ainsi que des engins individuels de type Blowpipe et Stinger sont installés dès les premières heures du débarquement. La réaction argentine est immédiate : attaques aériennes menées par les FFA (Fuerza Aeria Argentina) venues du continent ainsi que des quelques appareils basés aux Malouines et rescapés des raids SAS et des interventions aéronavales de la Task Force Britannique. Au cours de cette première journée, les FAA perdent une quinzaine d'appareils. Les Britanniques, 1 Harrier GR3, 1 Lynx HAS MK2, 2 Gazelles AH MK1 ainsi qu'un Wessex HAS MK3. Mais c'est la Royal Navy qui paye le plus lourd tribut. La frégate Ardent est coulée. La frégate Broadsword est traversée par une bombe qui n'explose pas. Le destroyer lance-missiles Antrim est lui aussi atteint par une bombe qui n'explose pas. Les frégates Argonaut et Brillant sont touchées par des bombes et roquettes mais sans grands dommages, (bombes non explosées). Le phénomène des bombes non explosées se reproduit tout au long du conflit. Il s'explique par le fait suivant : les Argentins lâchent leurs bombes à une distance si proche de leurs objectifs que le mécanisme permettant de les amorcer n'a pas le temps de fonctionner. Les distances de largage étant souvent de 15 à 20 mètres au-dessus du niveau de la mer. C'est ainsi que 5 bâtiments britanniques sont épargnés. Sans cela les pertes de la Royal Navy auraient été doublées.

 

22 mai : le Venezuela essaie de faire rompre les relations diplomatiques entre un groupe de pays (Venezuela, Panama, Equateur, Bolivie, Mexique, Pérou) et la Grande-Bretagne.                                            

La Grande-Bretagne fait courir le bruit de l'arrivée d'avions Phantom II qui seraient basés au Chili. Aucun avion de ce type ne participe directement au conflit. Ceci est de la part des Britanniques un acte de guerre psychologique, qui porte ses fruits quand, au mois de juin, l'état-major des FAA prend au sérieux ces rumeurs. Les Britanniques ont débarqué plus de 4 000 hommes.

 

23 mai : le Lynx de HMS Antelope attaque et met hors de combat un navire marchand argentin de 13.000 t et ce, au moyen de missiles anti-navires Sea Skua. Un Sea Harrier parachève le travail. A noter que les 8 Sea Skua utilisés durant le conflit ont tous atteint leurs cibles. Peu après, dans la nuit du 23 Mai, l'Antelope" explose lors du désamorçage d'une bombe de 250 kg demeurée inerte et qu'une équipe d'artificiers essayait de désamorcer. Dix avions argentins abattus.

 

24 mai : les dix pays membres de la CEE reconduisent, pour une durée indéterminée, les mesures d'embargo sur les importations en provenance d'Argentine. L'Italie et l'Irlande se désolidarisent cependant de leurs partenaires. A l'ONU, le Brésil propose un cessez-le-feu immédiat. L'Irlande, une trêve de 72 heures. L'Argentine demande la réunion de l'Organisme de Consultation du TIAR.

L'Argentine reconnaît la solidité de la tête de pont britannique de San Carlos. La totalité des hommes (5 000) composant la 3e Brigade de Royal Marines est débarquée. Une demi-douzaine d'appareils argentins sont abattus au-dessus du détroit des Malouines. 1 Sea Harrier est perdu accidentellement au décollage à bord de l'Hermes. Les navires transports d'assaut Sir Lancelot et Sir Galahad sont atteints par des bombes qui n'explosent pas.

 

25 mai : les EU mettent en garde la Grande- Bretagne sur les inconvénients d'une victoire trop écrasante. La Grande-Bretagne ne conçoit que capitulation ou évacuation de la part de l'Argentine. Quatre pétroliers américains participent au ravitaillement de l'île de l'Ascension.

                                               

 

Le destroyer lance-missiles HMS Conventry Sister-Ship du Sheffield est coulé par des bombes de 250 kg lancées des Skyhawk A4-P argentins. Le porte-conteneurs Atlantic Conveyor (14 946 t) est coulé par deux Exocet AM 39 tirés par deux Super-Etendard de l'aéronavale argentine. Les missiles, qui étaient initialement destinés au porte-aéronefs Invincible, en ont été détournés de celui-ci par des leurres. Un seul des deux AM 39 aurait explosé. Avec l'Atlantic Conveyor, les Britanniques perdent 6 hélicoptères Wessex MK5 ainsi que 3 des 4 HC-1 Chinook de la RAF, un Lynx HAS MK2, plus de nombreuses fournitures et matériels. Les Argentins perdent une dizaine d'avions. La frégate HMS Broadsword est également endommagée au cours de raids de l'aviation argentine.

 

26 mai : le Conseil de Sécurité de l'ONU vote la résolution 505 demandant à son Secrétaire général de reprendre une mission de conciliation (dans le cadre de la résolution 502) et de lui en rendre compte dans les sept jours.

 

Début de l'offensive terrestre britannique vers Port-Darwin et Goose Green.

 

27 mai : réunion de l'Organisme de consultation du TIAR qui adopte, le 29 mai, la résolution suivante :       condamnation de la Grande-Bretagne ; demande aux EU de cesser leur aide militaire à la Grande-Bretagne ; apport d'une assistance appropriée à l'Argentine : 17 pays ont voté cette résolution, 4 se sont abstenus.(EU, Chili, Trinité, Tobago).                                             

Arrivée de renforts pour la Royal Navy qui aligne une dizaine de navires de guerre supplémentaires. Un Harrier GR MK3 est abattu par l'artillerie antiaérienne près de Goose Green, le pilote réussit à joindre les positions britanniques. Un Scout AH MK1 est abattu au-dessus de Goose Green.

 

28 mai : le Pentagone annonce qu'il a livré à la Grande-Bretagne des missiles Hawk, des missiles AIM 9L Sidewinder et des plaques perforées d'aérodrome (ces dernières servent aux Britanniques lors de la remise en état du terrain d'aviation de Goos Green). L'Argentine interrompt ses liaisons aériennes civiles avec la France, les Pays-Bas et l'Allemagne Fédérale.               

 

Avec l'appui de la Royal Navy et de la RAF le 2nd Battalion the Parachute Regiment investit Port Darwin et Goose Green. 4 avions Pucara argentins abattus. Deux Sea Harrier anglais sont touchés par  l'artillerie anti-aérienne près de Port Stanley et tombent près de la force d'intervention britannique. Plus de 1 000 Argentins sont capturés. Les pilotes sont repêchés.

 

 

29 mai : Le bâtiment britannique Uganda qui sert de navire hôpital, fait escale au nord de Port San Carlo.

 

 

30 mai : le 45 Commando Royal Marines et le 3nd Battalion the Parachute Regiment reprennent respectivement Douglas et Teal Inlet au nord de la petite Malouine. Cette manœuvre permet de compléter la tenaille amorcée par la prise de Port Darwin et d'encercler les troupes du général Menendez à Port Stanley. Attaque par des Skyhawk et des Super-Etendard du porte-aéronefs Invincible. Tir d'Exocet AM 39. Les CME et leurres britanniques s'avèrent efficaces. Un Super -Etendard est abattu ainsi que deux Skyhawk. Le pétrolier British Wye est bombardé sans succès par un avion C 130 argentin.

 

 

31 mai : les hommes du 42 Commando Royal Marines occupent le Mont Kent, dominant Port Stanley. Ils sont rejoints par des unités blindées des Blues et Royals ainsi que par des éléments du 3 Para et de l'artillerie des 7, 8 et 79e Batteries du 29 Commando Regiment Royal Artillerie.

 

1er juin : le Premier ministre britannique répond au secrétaire général de l'ONU : "Pour éviter une défaite les Argentins doivent évacuer totalement et inconditionnellement leurs troupes. Sans cet engagement ferme, il ne peut y avoir de cessez-le-feu".

 

Les 3.500 hommes de la 5th Infantry Brigade sont transférés du Queen Elizabeth II sur les navires d'assaut HMS Fearless et HMS Intrepid.

 

2 juin : devant le Conseil de Sécurité de l'ONU, le Secrétaire général chargé il y a sept jours d'une nouvelle mission de conciliation, reconnaît son échec. L'Australie annonce qu'elle veut bien différer ou  renoncer à l'achat de l'Invincible (porte-aéronefs britannique) si la Grande-Bretagne le demande.

 

Continuation de la bataille terrestre.

3 juin : les ministres des Affaires étrangères des pays non alignés condamnent l'intervention britannique. Les vols réguliers civils Europe/Argentine des compagnies Air France, KLM, Lufthansa seront suspendus le 30 juin.                                                                     

Préparation par les Britanniques d'un nouveau débarquement aux Malouines. Consolidation de leurs positions sur le Mont Kent.Tirs de contre-batteries sur les positions argentines autour de Port Stanley. ceux-ci sont rendus très efficace grâce à l'emploi d'ordinateurs dans des calculs de repérage.

 

4 juin : le Conseil de Sécurité de l'ONU repousse un projet de résolution demandant un cessez-le-feu immédiat avec le commencement d'application des résolutions 502 et 505 dans leur totalité. 9 pays votent pour : URSS, Chine, Pologne, Zaïre, Espagne, Irlande, Japon, Ouganda, Panama. 4 pays se sont abstenus : France, Jordanie, Togo,  Guyana. 2 pays ont émis leur veto : Grande-Bretagne,  Etats-Unis d'Amérique.

 

Les Argentins sont encerclés dans Port Stanley et sur les collines environnantes.

 

 

6 juin : 1 000 prisonniers argentins sont embarqués sur le ferry Norland. Un avion argentin est abattu. Un hélicoptère Gazelle AH MK1 du Squadron 656 s'écrase accidentellement sur la Malouine orientale. Un Scout AH MK1 s'écrase à Fitzroy.

 

 

8 juin : à Bluff Cove, alors qu'ils étaient en train de débarquer le premier Battaillon de Welsh Guards, les RAF Sir Tristam et Sir Galahad sont surpris par un raid de Skyhawk argentins. Tous deux sont atteints. Le Sir Galahad est entièrement détruit par l'incendie qui s’ensuit. Ce coup dur pour l'armée britannique est dû au manque de couverture aérienne et à l’absence de moyens sol-air à cet endroit du front. Les 4 batteries de Rapier alors disponibles sont disposées pour défendre le QG de la        brigade. En second lieu, il semble que l'attaque ait été dirigée par la station radar argentine située en dehors de Port Stanley et que les Britanniques avaient cru mettre hors de combat. Lors de cette opération, les Britanniques Enregistrent leurs plus lourdes pertes en vies humaines : 63 morts et 83 blessés. La frégate Plymouth est également touchée. 4 Dagger sont abattus par les Sea Harrier.

 

9 juin : La France décide de ne plus fournir le Pérou en Exocet avant la fin du conflit.

 

 

 

10 juin : la force opérationnelle reçoit de nouveaux renforts en navires et en matériels. Notamment 4 Chinook destinés à remplacer ceux perdus dans la destruction de l'Atlantic Conveyor.

 

 

12 juin : début de l'assaut final sur Port Stanley où plus de 7.000 soldats argentins sont retranchés. La stratégie britannique consiste à prendre les hauteurs environnant la ville, ne laissant aux défenseurs de la place que le choix de se rendre ou mourir. Durant les 12, 13 et 14 Juin, l'artillerie sol-sol britannique consomme quelque 15 000 obus de 105 mm. Le 3 Para prend le Mont Longdon. Le 45 Commando remporte la bataille des two sisters. Le 42 Commando enlève le Mont Harriet. Le HMS Glamorganest touché par un MM 38 Exocet. Son hélicoptère, un Wessex HAS MK 3,     est détruit.Dernier raid de Vulcan sur Port Stanley.

 

 

13 juin : le 2nd Scots Guards prend le Mont Tunbledown.

 

14 juin : coup d'envoi de la coupe du monde de football. L'Argentine et la Grande-Bretagne y participent. 

 

Dans la nuit du 13 au 14 juin, le 1/7 Gurkha Rifles investit le Mont Williams et le 1st Welsh Guards Sapper Hill. A 20 h 59 locales, le général Menendez donne l'ordre à ses troupes de déposer les armes.

 

 

 

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