ALLOCUTION  INAUGURALE

 

 

présidée par Bernard Dufour

Président directeur général de Snecma

   

Monsieur le représentant du Ministre de la Défense,

Monsieur le représentant de l’Ambassadeur d’Allemagne,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Messieurs les Officiers généraux,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Entreprises, françaises, européennes, américaines, de Russie, d’Asie, d’Amérique du Sud, d’Afrique et du Moyen-Orient, qui participerez à nos travaux tout au long de ces deux journées,

Mesdames et Messieurs,

 

            Je vous remercie vivement d’avoir répondu si nombreux à notre invitation et je remercie tout particulièrement tous ceux qui ont accepté d’illustrer par leurs interventions le thème que nous avons retenu pour notre colloque - 100 ans de moteurs d’aviation français - 50 ans de Snecma.

 

            C’est pour notre entreprise, et pour chacun de ses membres, un moment privilégié et un redoutable honneur. Moment privilégié car ces grands jubilés sont l’occasion de faire le point de notre activité. Redoutable honneur car le rappel d’une si brillante histoire crée pour nous l’ardente obligation de nous montrer les dignes successeurs et les dignes héritiers de tant de travaux et de tant de succès.

            Il y a un siècle Louis Séguin installait aux portes de Paris, à Gennevilliers où se trouve encore aujourd’hui l’une de nos usines, l’atelier qui allait donner naissance à l’industrie des moteurs d’avion en France. Plusieurs sociétés se partagèrent ensuite cette industrie dont les produits s’illustrèrent notamment dans les forces aériennes européennes.

            En 1945, le gouvernement provisoire de la République Française, présidé par le Général de Gaulle, rassemble toutes les sociétés industrielles françaises de ce secteur au sein de la Société nationale d’étude et de construction de moteurs d’aviation : la Snecma.

 

            A l’occasion de ces anniversaires, nous avons souhaité réunir dans ce lieu exceptionnel chargé d’histoire et de culture, le palais du Louvre, les principaux acteurs occidentaux de l’industrie du moteur d’avion dont nous savons tous qu’elle est l’une des plus avancées et des plus exigeantes parmi toutes les industries mécaniques.

            Cette rencontre internationale que nous avons voulue ouverte à nos partenaires comme à nos concurrents - ne sommes-nous pas dans ce métier à la fois adversaires et complices ? -évoquera l’histoire, décrira le présent et tentera d’imaginer l’avenir. Des réalisations aux projets, des bilans aux perspectives, nous aborderons nombre d’aspects d’une industrie encore jeune mais déjà riche et diverse.

            Deux journées, bien évidemment, ne suffiront pas à tout dire et nous avons dû limiter les sujets abordés. Priorité sera donnée, au cours des exposés et des débats, aux constructeurs de moteurs d’avions de combat et de moteurs d’avions civils de plus de 100 places. Les industries d’équipements et les organismes de recherche qui coopèrent directement avec les motoristes prendront également part à nos discussions.

            Une table ronde de conclusion nous permettra d’élargir notre thème en accueillant à leur tour nos clients et amis avionneurs sans lesquels nos moteurs n’auraient guère d’usage. A ce propos,  je souhaiterais rappeler une vérité parfois un peu oubliée : les meilleurs avions sont ceux qui ont les meilleurs moteurs.

 

            Deux grandes époques ont marqué notre industrie. Le premier demi-siècle fut celui du moteur à pistons, le second celui des moteurs à réaction. L’émergence de Snecma parmi les motoristes majeurs est étroitement liée à cette deuxième époque. Elle est tout spécialement redevable à l’action créatrice de Hermann Oestrich et de son équipe, le « Groupe O ». Une cérémonie va rappeler dans quelques instants la contribution de ces pionniers du réacteur au premier moteur à réaction Atar de Snecma dans les années 1950.

 

            En un siècle les progrès de la propulsion ont été considérables. Depuis 50 ans, ils ont même été extraordinaires. Par une amélioration continue nous avons repoussé les limites technologiques. En moyenne, nous avons fait reculer la barrière thermique de 10 degrés celsius par an. Ainsi nous avons su combiner performances élevées des moteurs militaires et, fiabilité, endurance et économie des moteurs civils. Nos produits sont des systèmes complexes. Seuls quelques industriels dans le monde en maîtrisent entièrement la conception et la fabrication. Le moteur d’avion, c’est non seulement la recherche, la technologie, les contraintes de production, la maîtrise des coûts, le respect des étapes techniques ; mais c’est aussi quelques grandes figures qui ont marqué le siècle.

            L’histoire du moteur d’avion que nous allons entendre retracée dans les premiers exposés de cette matinée est marquée de beaucoup de ces figures illustres. Je souhaite en citer cinq auxquelles nous devons beaucoup : Mark Birkigt, fondateur d’Hispano-Suiza en 1904, Paul-Louis Weiller, administrateur délégué de Gnôme et Rhône de 1922 à 1940, Henri Desbruères qui a soutenu l’Atar, Jacques-Edouard Lamy qui a débuté le CFM 56 et René Ravaud, président de Snecma de 1971 à 1982 qui lança Snecma et General Electric dans l’aventure du CFM. A tous notre pensée va avec reconnaissance et émotion.

 

            Fort de l’évocation de ces noms prestigieux et en vous remerciant encore d’avoir répondu à notre invitation, je déclare ouvert le colloque des Cent ans de moteurs d’aviation français et des 50 ans de Snecma.

 

*   *

 

            Avant de donner la parole à Monsieur Conze, délégué général à l’Armement, représentant Monsieur Charles Millon, Ministre de la Défense, retenu par l’évolution de la situation en Bosnie, je vais rendre hommage à Monsieur Herman Oestrich et à son équipe, le « Groupe O », qui est à l’origine de la construction du premier turboréacteur de Snecma. J’invite ces grands Anciens à rejoindre la tribune.

 

 

 

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