ALLOCUTION  DE  CLÔTURE

 

par Anne-Marie Idrac

Secrétaire d’Etat aux Transports

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

 

 

            C’est pour moi un grand plaisir que de me trouver parmi vous pour clore ce colloque qui retrace l’histoire de notre industrie des moteurs d’aviation.

            Je crois comprendre que ce colloque a été au-delà de ses prévisions de succès en raison notamment de l’enthousiasme et de la compétence des principaux acteurs, aussi concurrents qu’amis, comme il l’a été indiqué à la fin de la table ronde.

 

            Quel chemin parcouru, des origines de cette industrie il y a un siècle, à la place de premier plan qu’elle occupe aujourd’hui.

            Que de passion, que de clairvoyance, que d’énergie ont été déployées par tous ceux qui ont travaillé au développement de ce secteur pour le porter à son extraordinaire niveau actuel.

            Je rends ici hommage, à la fois du fond du coeur et avec beaucoup de solennité, à ceux qui fourni ces efforts, particulièrement remarquables dans le domaine des moteurs civils. C’est sur ce marché des motoristes civils que Snecma a su s’imposer comme l’un des meilleurs.

 

            Je voudrais insister sur cette réussite. Elle est exemplaire à plus d’un titre. Elle est forte d’enseignements pour l’avenir.

            Elle repose en premier lieu sur la solidité des liens de partenariat entre Snecma et General Electric. La coopération initiée avec le motoriste américain, au début des années 70, n’a pas cessé de se développer et de s’enrichir aux cours des années. Le cadre du programme CFM 56 a ainsi été considérablement élargi. La coopération sur ce programme porte de ce fait aujourd’hui sur une gamme de produits qui couvrent les besoins en poussée de la quasi totalité des appareils à fuselage étroit. Le CFM 56 motorise aussi bien les Boeing 737 que les Airbus de la famille A 320. Le CFM 56 a été également le moteur retenu par l’avionneur européen pour équiper son quadriréacteur long courrier A 340.

            Les performances de ce réacteur, en terme de fiabilité et d’économie d’exploitation, sont d’ailleurs mesurables sur le terrain commercial :

            - le nombre de commandes obtenues s’élève à ce jour à 8 500 exemplaires ;

            - près de 7 000 réacteurs CFM 56 ont été livrés et sont actuellement en service dans le monde.

            Exemplaire dans le domaine de la coopération, cette réussite l’est aussi en matière d’efforts technologiques.

 

            En un peu plus de 20 ans, Snecma a acquis dans le métier exigeant de motoriste civil des compétences technologiques du plus haut niveau. Son savoir-faire s’étend
aujourd’hui à tous les composants du moteur y compris ceux situés au coeur même du réacteur.

 

            L’expérience acquise dans le cadre du Plan d’Actions Technologiques, avec le soutien de l’État, a ainsi permis à Snecma de revendiquer et obtenir sur le dernier programme GE 90 de réacteur de forte puissance - réalisé en coopération avec son partenaire - la responsabilité d’éléments placés au centre du moteur. L’acceptation par General Electric de ces responsabilités étendues a constitué pour elle une reconnaissance de fait de l’excellent niveau de ses compétences.

 

            Pour l’avenir le niveau technologique que maîtrise Snecma est sans doute un de ses plus forts atouts. Ce savoir-faire que seul un groupe très restreint de motoristes maîtrise aujourd’hui est en effet un élément de poids dans la recherche et la conclusion de nouveaux partenariats aux mieux de ses intérêts.

            C’est également un atout précieux pour l’ensemble de notre industrie aéronautique qui se trouve confortée et consolidée par la percée que nous avons réalisée dans le secteur des moteurs. Ce sont aussi, au-delà du domaine particulier de l’aéronautique, bien d’autres secteurs de notre économie qui bénéficient indirectement de cette haute compétence et de ce savoir-faire.

 

            L’acquis accumulé depuis un siècle est donc considérable. Il nous faut veiller à en assurer la pérennité et à le faire fructifier. Cet objectif passe en priorité par le maintien au meilleur niveau de notre base technologique. Le Gouvernement a d’ores et déjà pris des mesures pour accroître très fortement le soutien qu’il apporte aux travaux d’études et recherches dans le domaine des moteurs. Un protocole pluriannuel a été conclu avec Snecma pour permettre la réalisation d’un programme de recherches pour une durée de 4 ans.

 

            Des progrès décisifs sont encore possibles en terme de consommation de carburant et d’économie d’exploitation dont dépendront la compétitivité des moteurs futurs.

            Il est par ailleurs indispensable de rester particulièrement attentif à la protection de l’environnement. Les moteurs de demain devront être ainsi peu polluants et aussi silencieux que possible.

            Les progrès qui seront accomplis dans ce domaine sont indispensables pour que le développement du transport aérien puisse se poursuivre de façon harmonieuse et au rythme prévu par les experts.

 

            Les perspectives de développement du transport aérien sont pourtant satisfaisantes à long terme, les experts s’accordent pour estimer que le trafic aérien croîtra au rythme de 5 % l’an environ au cours des prochaines années.

            C’est ainsi sur un marché de la construction aéronautique qui devrait progressivement retrouver le chemin de la croissance que se positionne l’industrie des moteurs. Il est essentiel, malgré les difficultés que traverse aujourd’hui ce secteur, que tous les moyens soient mis en oeuvre pour être prêt le moment venu à prendre part à ce marché.

            Je ne peux que me féliciter des initiatives qui sont prises dans cette perspective par notre industrie.

 

            Il m’est agréable notamment d’évoquer ici le projet du moteur CFM XX. Ainsi que vous le savez, le précédent Gouvernement a approuvé récemment la stratégie de produit dans laquelle s’inscrit ce nouveau programme et encouragé Snecma à lancer ce moteur, en collaboration bien sûr avec General Electric. J’ai plaisir à dire ici que ces orientations me paraissent excellentes. J’espère que les deux entreprises trouveront très vite un accord satisfaisant sur les conditions d’une réalisation en commun de ce nouveau moteur.

            Je ne doute pas pour ma part du succès futur de cette entreprise.

 

            Le secteur des moteurs constitue un pôle d’activité précieux pour notre industrie. Sa place dans l’économie et ses retombées en terme de commerce extérieur, de rayonnement technologique et d’emploi sont essentiels.

            Le Gouvernement est déterminé à en assurer l’avenir.

 

 

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