LA PENSÉE NAVALE FRANçAISE DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVIIE SIECLE
(1600-1661)

 

Hubert GRANIER

 

 

A la fin du XVIe siècle, le royaume de France est divisé en cinq Amirautés : l'Amirauté de France, qui a autorité sur les côtes de Picardie, de Normandie, d'Aunis et de Saintonge ; les Amirautés de Bretagne, de Guyenne, de Languedoc et de Provence, indépendantes de celle de la France.

L'Edit de mars 1584, promulgué par Henri III, reprend les textes antérieurs de François ler et de Henri II1 imposant le Rôle d'Equipage sur les navires pour réduire les désertions et codifiant le Droit de visite ; il montre ce qu'est la Marine en France à la fin du XVIe siécle et "l'imbrication extrême des flottes de guerre et marchande".

Ce texte définit le rôle de l'Amiral de France, chargé du guet de la mer et de la défense des côtes, de la protection de la navigation, du commerce maritime et de la pêche. L'Edit précise en son début : "En toutes armées qui se feront et se dresseront par la mer, l'amiral de France sera et demeurera chef et notre lieutenant général et sera obéi par tous les lieux, places et villes maritimes à qui que ce soit et puissent appartenir, sans aucune contradiction" 2.

L'amiral de France, assisté de son vice-amiral, des commissaires et contrôleurs de la Marine créés par Henri III, est responsable de l'armement, de l'équipement et du ravitaillement des "navires armant pour le Roi pour courir sus aux pirates" ; la course est, en effet, la forme principale de la guerre sur mer. L'Edit confie à l'amiral le soin d'accorder les congés pour l'armement en course et codifie la législation des prises ; il prescrit aux armateurs "bourgeois de navire" l'équipement en matériel et armes, prévoit une prime à la construction des bâtiments de plus de 300 tonneaux, afin d'encourager le développement de la flotte marchande, fixe l'effectif des équipages en fonction du tonnage du navire et impose aux navires effectuant des croisières lointaines de naviguer en groupe pour se soutenir mutuellement ; il oblige les maîtres de navire, les pilotes de port et les maîtres charpentiers et calfats à subir des épreuves de contrôle de leur compétence avant d'être admis dans ces fonctions.

L'Edit de Henri III a donc l'ambition de mettre de l'ordre dans la profession maritime et de préciser les responsabilités de l'amiral de France en temps de paix et de guerre. En cas de conflit, l'amiral réunit les navires marchands disponibles dans les ports des Amirautés pour constituer l'Armée navale, car le Roi ne dispose pas d'une flotte de guerre permanente, malgré la tentative de Henri II d'armer au Levant et dans le Ponant une flotte de galères. Les opérations navales sont simples : descentes lucratives sur les côtes de l'adversaire, capture de ses navires en mer et en cas de rencontre avec les forces navales adverses, choc frontal se terminant après un combat au canon et enveloppement tactique par les galères par l'abordage. comme l'écrit Joanès Tramond : "L'art de la guerre navale demeure encore primitif".

LES IDÉES DE HENRI IV EN MATIÈRE NAVALE3

A l'issue des guerres de Religions et à l'avènement de Henri IV, ancien amiral au Levant, la France a cessé d'être une puissance maritime, le Roi n'a plus un seul navire apte au combat et ses marins sont passés au service des Anglais et des Hollandais. Le cardinal d'Ossat et le président Jeannin supplient le Roi de créer une flotte, mais le trésor est vide ; le budget de la Marine en 1605 est de 65 000 livres. malgré l'hostilité de Sully, qui ne voit pas l'utilité d'une marine, il s'élève à 300 000 livres en 1607 et à 485 000 livres en 1609, ce qui démontre la volonté royale de restaurer notre puissance maritime et permet d'acheter quelques galères à Gênes et des vaisseaux en Hollande pour lutter contre les Barbaresques.

Henri IV est conscient de la faiblesse maritime de la France et en est humilié. Il constate que :

Pour l'accomplissement de sa grandeur, la France doit être aussi forte et puissante sur mer, comme elle est forte, crainte et redouté sur terre... (Il faut) toutes sortes de moyens pour bâtir et entretenir bon nombre de vaisseaux 4.

Il tente de développer le commerce avec les Echelles du Levant, de créer un port à Sète, négocie avec l'Espagne et l'Angleterre des traités de commerce et de libre circulation, encourage la constitution de Compagnies de commerce, mais n'a pas les moyens de restaurer l'activité maritime dans le Ponant et de s'opposer aux exactions des pirates barbaresques en Méditerranée, malgré les exploits isolés de Beaulieu-Persac.

LES PROJETS DE L'AMIRAL HENRI DE MONTMORENCY ET LES THÉORIES DE NOYER DE SAINT-MARTIN DURANT LA MINORITÉ DE LOUIS XIII

En 1612, Henri de Montmorency succède à 17 ans à son oncle Charles de Montmorency-Dampville dans la charge d'amiral de France et reçoit en 1613 l'amirauté de Guyenne. Lors de l'Assemblée des Notables de 1617, il invite "les gentilhommes à voyager par mer et trafiquer librement en tous pays", présente un programme cohérent pour développer le commerce maritime et remet en vigueur les primes à la construction des navires prévues par l'Edit de 1584. Par l'Ordonnance du 26 juin 1617, il rétablit le monopole du pavillon en créant des Compagnies de commerce.

Durant la même période, l'économiste du Noyer de Saint Martin5 préconise que Louis III soit "Roi absolu et seigneur de la mer. Il ne faut pas aller faible - dit-il - car qui est puissant à la mer est roi partout respecté et au contraire, qui est faible ne sera tenu pour rien". Du Noyer considère qu'il n'y a que par le moyen de la navigation que l'on puisse enrichir l'Etat et rendre le Roi redoutable à ses voisins, car toutes les richesses et grandeurs du monde viennent de la mer et des manufactures. "Le grand commerce seul permet d'exécuter les beaux desseins et de réaliser les grands projets". Du Noyer crée en 1618 la Royale Compagnie des Voyages au long Cours, qui ne se développe pas malgré l'appel aux villes, aux particuliers, au Prévôt des Marchands de Paris et aux Etats de Bretagne, car l'opinion publique demeure continentale. Les projets de Montmorency et les théories de Du Noyer n'aboutiront pas à des réalisations durables, mais le grain est semé et Richelieu reprendra leurs idées.

RICHELIEU THÉORICIEN DE LA PUISSANCE NAVALE

Les idées de Richelieu en matière maritime ont fortement subi l'influence de l'un de ses conseillers, Isaac de Razilly. Issu d'une famille très liée à la fortune du cardinal (son frère Claude sera auprès du vice-amiral de Sourdis en 1638 et 1639 à Fontarrabie et la Corogne, chef d'escadre de Bretagne en 1640, conseiller du duc de Richelieu, chef de l'armée navale, en 1647, gouverneur des îles de Ré et d'Oléron, vice-roi du Canada), il est chevalier de Malte. Après s'être distingué au siège de la Rochelle, il commande la marine au Havre en 1626 et devient chef d'escadre en 1629, lieutenant pour le roi en Nouvelle-France.

Dans un mémoire6 de 17 pages adressé en 1626 au Cardinal, il démontre "de quelle importance sont les affaires de la mer".

"Il faut considérer que l'or et l'argent ne croissent pas en France... Donc le Roi qui sera le plus fort sur la mer sera maître de cet or et de cet argent... On pourrait apporter 2000 autres exemples de la mer pour prouver qu'un roi qui ne possède pas de forces maritimes, son pays est une proie. Il convient donc de faire voir la situation de la France et de savoir si toutes choses nécessaires pour la navigation s'y trouvent , ce qui est très facile à prouver, car dans tout le globe terrestre, il ne se trouve pas un royaume, qui se puisse égaler à sa bonté."

Donnant la liste des ports de Picardie, de Bretagne, de Poitou et de Saintonge, Razilly poursuit  :

"Les meilleurs havres sont en Bretagne, commodes pour y mettre les navires de telle grandeur que l'on voudra".

Après avoir étudié les "risques sur mer", les méthodes afin de "trouver fonds pour la navigation" et les entreprises coloniales antérieures Razilly conclut :

"Quiconque est maître de la mer a un grand pouvoir sur la terre".

S'inspirant des idées déjà exprimées et de ces mémoires, Richelieu va mettre en forme dans son Testament Politique7, en particulier dans les chapitres "De la puissance du Prince" et "De la puissance de la mer" des idées stratégiques et démontrer la nécessité pour le royaume de disposer d'une marine de guerre puissante et permanente.

"Pour relever le nom du Roi dans les nations étrangères au point où il doit être, la puissance en armes requiert non seulement que le Roi soit puissant sur la terre, mais aussi qu'il soit fort sur la mer... La mer est celui des héritages sur lequel tous les souverains prétendent plus de part et cependant c'est celui sur lequel les droits d'un chacun sont les moins éclaircis".

Le hollandais Grotius soutient dans son Mare Liberum que la mer est ouverte à tous, tandis que le britannique Selden prétendra dans son Mare Clausum que les mers britanniques sont la propriété du peuple anglais. Richelieu, réaliste, affirme :

"Les vrais titres de la domination des mers sont la force et non la raison ; il faut être puissant pour avoir droit à cet héritage".

Il poursuit :

"Jamais un grand Etat ne doit être en état de recevoir une injure sans pouvoir en prendre revanche et partant, l'Angleterre étant située comme elle est, si la France n'était puissante en vaisseaux, elle pourrait entreprendre à son préjudice ce que bon lui semblerait sans crainte de retour ; elle pourrait empêcher nos pêches, troubler notre commerce et faire en gardant l'embouchure de nos grandes rivières payer tel droit que bon lui semblerait aux marchands ; elle pourrait descendre impunément dans nos îles".

Le cardinal a parfaitement réalisé que le point faible de l'Espagne réside dans ses liaisons maritimes obligatoires avec, d'une part, les Pays Bas espagnols et, d'autre part, ses possessions italiennes :

"La séparation des Etats que forme le corps de la monarchie espagnole en rend la communication si mal aisée, que pour leur donner quelque liaison, l'unique moyen qu'ait l'Espagne est l'entretien d'un grand nombre de vaisseaux en Océan et de galères en Méditerranée. D'où il s'ensuit que si l'on empêche la liberté de tels trajets, ces Etats, qui ne peuvent subsister d'eux -mêmes, ne sauraient éviter la confusion".

Richelieu est conscient du pouvoir dissuasif d'une flotte de guerre :

"Si Votre Majesté a toujours dans ses ports quarante bons vaisseaux bien artillés et bien équipés, prêts à mettre en mer aux occasions qui s'en présenteront, elle en aura suffisamment pour se garantir de toute injure, se faire craindre en l'Océan par ceux, qui jusqu'à présent, ont méprisé ses forces... Il faut donc avoir des forces proportionnées à l'importance du trafic, qui s'entreprend dans le royaume et l'étendue de ses côtes ; la sûreté de Sa Majesté et la réputation de Sa Couronne l'exigent... (Elles) feront que le Grand Seigneur et ses sujets, qui ne mesurent la puissance des rois éloignés que par celle qu'ils ont à la mer, seront plus soigneux qu'ils n'ont été jusqu'à présent, d'entretenir les traités faits avec eux. Alger, Tunis et toute la côte de Barbarie respectera et craindra votre puissance au lieu que jusqu'à présent, ils l'ont méprisée avec une infidélité incroyable."

Enfin le cardinal a compris qu'une défense dynamique des côtes doit être confiée à une flotte plutôt qu'à des fortifications :

"L'expérience nous a fait voir dans la région des îles de Sainte Marguerite et Saint Honorat que les forteresses flottantes prévalent aux plus assurées de la terre, lorsqu'on sait s'en servir hardiment".

Les rÉalisations de richelieu, fondateur d'une marine de guerre permanente

Le grand mérite du cardinal a été d'essayer de faire passer ses idées et ses théories dans les faits. Au moment où il arrive au pouvoir, il ne reste en Méditerranée qu'une douzaine de galères en mauvais état. Au dire de Richelieu :

"Le soin de la Marine était alors si abandonné que Votre Majesté n'avait plus un seul vaisseau et qu'il faut recourir à l'étranger. La plus grande partie du trafic commercial se fait sous pavillon hollandais".

Les armateurs achètent leurs navires aux Hollandais, qui, selon Isaac de Razilly :

"emportent l'argent de France, qui n'y vient plus si ce n'est pour acheter de nos bois pour nous les revendre en vaisseaux. Nos ports sont envasés, les Barbaresques pillent nos côtes et nos marins se livrent à la piraterie".

L'unification de la Marine et l'exercice du commandement

Richelieu va concentrer tous les pouvoirs maritimes entre ses mains, mais mettra dix ans pour y parvenir face "aux situations acquises garanties par la vénalité et l'hérédité des offices et aux institutions administratives défendues par ceux qui avaient le fructueux privilège d'en tirer profit"8.

En juin 1626, César de Vendôme, Gouverneur et Amiral de Bretagne, frère naturel du Roi, qui a comploté contre Richelieu est interné à Amboise ; en août 1626, Montmorency sans doute compromis dans la conspiration de Chalais est contraint de vendre sa charge d'Amiral de France et de Guyenne. L'Edit de Saint Germain, d'octobre 1626, nomme Richelieu Grand Maître, Chef et superintendant de la navigation et du commerce de France. A la mort du Connétable en janvier 1627, les charges de Connétable et d'Amiral de France sont supprimées ainsi que les Amirautés. Le cardinal accepte en septembre 1631, sur proposition des Etats de Bretagne, la charge de Gouverneur de la province, qui exerce également la fonction d'Amiral de Bretagne au nom du Roi. L'Edit de Privas, qui étend à la Méditerranée les pouvoirs du Grand Maître de la navigation, permet au Cardinal d'éliminer, en 1631, Charles de Lorraine, duc de Guise, Gouverneur de Provence et Amiral du Levant ; celui-ci, grand féodal, s'exile en Italie. Enfin, Richelieu fait pression sur Gondi, général des galères, qui a conservé son autonomie, et l'oblige à lui vendre en janvier 1635 sa charge, qui sera rattachée à la Grande Maîtrise en février 1636. En outre, au terme de dix années d'efforts et d'intrigues, le cardinal a acheté les Gouvernements de Brouage, de Honfleur, du Havre, de Brest, la vice royauté du Canada et la Grande Maîtrise de l'Artillerie, et limité les droits seigneuriaux sur les côtes de France.

Ainsi est réalisée "l'unification complète de la marine française" 9. "Pour la première fois en France était créée une structure administrative centralisée chargée des affaires maritimes, pas important vers la création d'un secrétariat d'Etat de la Marine10. Richelieu est devenu le chef incontesté et craint de la Marine royale.

Très autoritaire, Richelieu n'accorde pas facilement sa confiance ; il s'entoure de gens à sa dévotion : Martin de Mauvoy, secrétaire de ses commandements jusqu'en 1637, puis Jules de Loynes, les Razilly, le vice-amiral de Mantin. Pour être sûr de ne rencontrer aucune opposition, le cardinal pratique le népotisme et fait de la Marine un fief familial : son oncle, frère de sa mère, le Commandeur Amador de la Porte, devient intendant général et chef des escadres à terre, son neveu Pont-Courlay est général des galères après Gondi et son neveu Maillé Brézé sera également général des galères en 1639, en remplacement de son cousin germain qui a déplu, Amiral du Ponant et lieutenant général des armées navales ; il lui succédera à la Grande Maîtrise.

Richelieu divise pour régner, il surveille sans cesse le commandement et, durant la campagne de 1635-1636 pour reprendre les îles de Lérins aux Espagnols, place auprès du commandant de la flotte le comte d'Harcourt, Sourdis, archevêque de Bordeaux "chef des conseils du Roi en l'Armée Navale".

En favorisant ses proches le cardinal écarte du commandement en chef des marins chevronnés : le Bailli de Forbin, le Commandeur des Gouttes, Mantin, les Razilly, au mérite desquels il se plaisait à rendre hommage et qui auraient sans doute splendidement commandé en chef ; ils furent maintenus à un rang subalterne pour laisser la place à d'autres moins qualifiés et auxquels ils servaient de conseillers11. Razilly s'en plaint : "en oubliant les bons pour donner les charges par compère et commère, (cela) fait perdre les bons serviteurs".

Missions et moyens

Les missions de la Marine de guerre ont été clairement définies par Richelieu : les forces navales doivent défendre les côtes, protéger le commerce, en particulier contre les Barbaresques, couper les communications espagnoles à partir de 1635 et être, chaque fois que nécessaire, l'instrument de la puissance royale et de sa politique à la mer. Encore faut il en avoir les moyens ; Richelieu va s'y employer.

Les vaisseaux

Le cardinal estime qu'il est nécessaire que le Roi ait "une armée sur mer perpétuellement entretenue, car la première chose qu'il faut faire est de se rendre puissant sur la mer, qui donne entrée dans tous les Etats du monde". Dès 1625, avec ses collaborateurs, il avait défini un programme naval et estimé les besoins à 40 galères et 10 vaisseaux en Méditerranée et 40 vaisseaux dans l'Atlantique ; le 24 août 1626, il fait approuver, par l'Assemblée des Notables, la construction d'une flotte de 45 bâtiments, aussitôt entreprise à l'étranger et dans les chantiers privés français en l'absence d'arsenaux, sous le contrôle de trois "capitaines de marine" : Razilly, Du Mé et Beaulieu. En 1636, la flotte royale comprend 40 vaisseaux : 1 de 2 000 tonneaux, la Couronne, 1 de 1 000, 1 de 700, 9 de 400, 9 de 300 et 19 de 120 à 200 tonneaux. Conseillé par Razilly, Richelieu affectionne les petites unités, bien armées, maniables et aptes à la protection du commerce, mission essentielle de la Marine à ses yeux ; cependant, l'armement est encore disparate et l'unification des calibres de l'artillerie, demandée par Razilly, n'est pas réalisée.

Les ports et les arsenaux

Richelieu écrit dans son testament politique :

"Il semble que la nature ait voulu offrir l'Empire de la mer à la France pour l'avantageuse situation de ses deux côtes également pourvues d'excellents ports aux deux mers, Océan et Méditerranée. La seule Bretagne contient les plus beaux qui soient dans l'Océan et la Provence. . . en a de plus grands et d'assurés que l'Espagne et l'Italie tout ensemble".

Dans le Ponant, le cardinal choisit comme base de l'escadre de Normandie Le Havre, de l'escadre de Bretagne "son Brest", et de l'escadre de Guyenne Brouage, condamné par la nature ; en Méditerranée, il retient Toulon pour l'escadre du Levant. A la mort du cardinal, seuls les travaux de Brest ont été ébauchés ; le Havre et Brouage devront être abandonnés.

Le personnel

Le recensement des gens de mer prescrit par Montmorency est resté lettre morte et l'amorce de l'Inscription maritime prévue par le code Michau n'a pas vu le jour. Les matelots continuent à être enrôlés de force par la "presse" et les marins français préfèrent servir l'Espagne, la Hollande, l'Angleterre ou Malte ; la chiourme est alimentée par quelques volontaires, des prisonniers de guerre et surtout par des condamnés de droit commun.

Les officiers mariniers chargés de la conduite du navire et de la navigation sont nombreux sur les vaisseaux sous l'autorité du maître de navire et des pilotes hauturiers ; les officiers et les capitaines proviennent de l'Ordre de Malte, de la noblesse provençale, gasconne ou bretonne et de la marine marchande. Le Cardinal ne récuse pas les Protestants : Forant, Guitton, Duquesne et "préfère, dit-il au Commandeur de la Porte, plutôt les gros mariniers nourris dans l'eau de mer et la bouteille que les chevaliers frisés, car ces gens là servent mieux le Roi".

Les pilotes et les canonniers font défaut. "Il ne se trouve pas 20 bons canonniers en ce royaume" écrit Razilly en 1626 ; la création d'écoles d'hydrographie et de canonnage et d'une Ecole navale pour les jeunes gentilhommes est prévue à l'Assemblée des Notables de 1626, mais restera un voeu pieux. Dans le Règlement sur le fait de la Marine du 29 mars 163112, Richelieu tente de mettre de l'ordre dans une organisation jusque-là confuse ; il décharge les capitaines des responsabilités d'armement et d'entretien de leurs navires et de leurs équipages et du recrutement de leur personnel, qui sont confiés aux commissaires généraux des ports ; voulant créer un corps permanent d'officiers de marine, il décide que les capitaines et les lieutenants seront payés même pendant leur séjour à terre et toucheront "d'autres appointements plus grands" quand ils seront embarqués. Chaque escadre sera commandée par un chef d'escadre chargé de sa préparation au combat et de la défense des côtes ; les escadres réunies à la mer seront commandées par un lieutenant général. En chacun des trois ports "il y aura un chef d'escadre et un commissaire général avec des officiers sous eux, pour recevoir les vaisseaux qui viendront de la mer, prendre soin de la garde et radoub de ceux qui demeureront dans les ports et délivrer ceux qui seront ordonnés aux capitaines, qui seront commandés d'aller en mer". Dans ce Règlement, Richelieu définit les bases de la future administration maritime.

Pour codifier les coutumes et les traditions de la Marine de guerre, le cardinal charge son oncle le Commandeur de la Porte d'établir ce que nous appellerions aujourd'hui un "Règlement de Discipline générale". Inspiré des régles de l'Ordre de Malte et des marines hollandaise et anglaise, il est rédigé par le Commandeur de la Porte, le chef d'escadre Théodore de Mantin et un groupe d'officiers réunis à Brouage, et approuvé le 15 novembre 1634. Dans ce règlement, "bréviaire du marin" selon la Roncière, nous retrouvons des formules dont l'esprit est toujours en vigueur dans les marines militaires d'aujourd'hui.

"Tous, capitaines, officiers, gentilhommes et soldats, feront serment de fidélité sous le chef qui les commande ; et ils ne feront aucun refus de ce qui leur sera enjoint pour le service du Roi, par quels périls, risques, ou fortunes, qu'ils puissent courir de leur vie, ni ne rendront jamais navires aux ennemis, tant qu'ils auront une goutte de sang sur eux. Il est nécessaire que les capitaines aient perpétuellement devant les yeux que le Roi leur a mis dans les mains leur navire pour y mourir plutôt que de le rendre à l'ennemi et y commettre la moindre lâcheté du monde".

LES TACTIQUES EN VIGUEUR

En ce qui concerne la protection du commerce, Razilly préconise la constitution de convois à l'imitation des Espagnols et leur escorte par des vaisseaux de guerre, tandis que le vice-amiral de Mantin est partisan de divisions volantes chargées de poursuivre les pirates. Manquant de moyens, Richelieu opte pour un système de garde-côtes et la sortie en isolé des bâtiments marchands bien armés.

Le premier traité systématique de tactique navale, celui du père Hoste, ne paraîtra qu'à l'extrême fin du XVIIe siècle. Mais, cinquante ans avant cet ouvrage fameux, un jésuite, le père Fournier, a publié une Hydrographie contenant la théorie et la pratique de toutes les parties de la navigation.

Le père Georges Fournier, né à Caen, en 1595, meurt à la Flèche en 1652, l'année de la naissance de son illustre successeur le père Paul Hoste, lui aussi jésuite. Comme Hoste, il est professeur et enseigne les belles lettres et les mathématiques (on lui doit un traité de géométrie), avant d'embarquer comme aumônier sur un vaisseau de l'escadre commandée par Sourdis, puis par Maillé-Brézé. Il assiste à plusieurs combats navals et acquiert de vastes connaissances en géographie (il est l'auteur de Commentaires géographiques - 1642 - et d'un Traité de fortifications - 1649 -) et en hydrographie. Son hydrographie, publiée en 1643 à Paris chez Dezullier, est une "sorte d'encyclopédie maritime"13.

Dans la première partie, nous trouvons les instructions tactiques pour le général de la flotte, les chefs d'escadre et les capitaines.

"Allant dans des côtes étrangères, il doit choisir des pilotes, qui les connaissent et qui sachent se servir des vents qui y régnent afin de tâcher d'avoir toujours l'avantage du vent.

- Il doit tenir deux navires de guerre légers, pour faire chasse à tous ceux, qui passeront à leur vue, pour les lui amener, afin de prendre langue des ennemis, savoir en quelles côtes ils sont et par là juger s'ils l'ont au vent ou sous le vent.

- Venant rader dans les côtes, il doit mettre deux forts navires en garde avec une patache fort avancée pour donner les avis des flottes, qui pourraient venir sur eux ; il doit indiquer l'ordre d'entrée et de sortie dans les ports.

- Ayant bien veillé à garder l'avantage du vent et ayant eu loisir d'exercer bien ses matelots, canonniers et soldats, il doit les mener au combat si les vents le permettent.

- S'il est rencontré par hasard et qu'il fût sous le vent, il doit aller aux ennemis en s'étendant sur un aussi grand front qu'eux, cependant que son vice amiral tâche de leur gagner au vent et dès qu'il le verra au vent d'eux, il doit les aborder.

- S'il se trouve au vent, il faut qu'avec les navires bien ordonnés et en bon état, il arrive sur eux et s'ils les trouve égaux de canons, les doit aborder furieusement, en venir aux mains, s'ils sont plus faibles, les canonner jusqu'à ce qu'il les voit en déroute et qu'il ait obtenu la victoire".

Le Père Fournier indique les moyens utilisés pour transmettre les ordres par signaux de jour et de nuit : coups de canon, position des voiles, pavillons, et précise qu'en ordre de marche les navires d'une même escadre doivent de jour se tenir un peu éloignés les uns des autres, pour mieux surveiller la mer ; il ajoute que la présentation au combat doit adopter "une formation en demi-lune, figure avec laquelle on peut plus facilement environner l'ennemi en mettant sur les ailes les navires les plus légers pour remorquer les gros environnés d'ennemis, tandis que les vaisseaux de haut bord et galions feront leur approche et décharge à guise de citadelle et tiendront ferme contre l'ennemi".

Application des préceptes tactiques durant les opérations contre les Espagnols

Sourdis, commandant la flotte du Ponant, sur les conseils du Commandeur des Gouttes, son capitaine de pavillon, aurait voulu anéantir à la mer les escadres espagnoles ; il y réussira en 1638 en incendiant au mouillage l'escadre espagnole de l'amiral Lope de Hoces ; il lance ses brûlots en retrait derrière une ligne de vaisseaux, dont la fumée dégagée par les tirs d'artillerie et poussée par un vent favorable masque l'attaque.

"Les brûlots transformèrent cette flotte en un bois qui brûle et ôtèrent aux ennemis toute espérance de se pouvoir sauver. Nous n'avions perdu que 25 hommes, une poule et un pigeon".

En août 1641, le même Sourdis, se trouvant devant Tarragone en situation d'infériorité face à la flotte du duc de Maqueda, après de violents combats dispersés, refuse la bataille et ramène sa flotte intacte à Toulon, ce qui ne l'empêchera pas d'être disgracié par le cardinal.

En juillet 1641, Maillé Brézé, nouvel amiral du Ponant, conseillé par le Commandeur des Gouttes, "le père de la mer" disait Richelieu, rencontre au large du cap Saint Vincent l'escadre de l'amiral espagnol Gomez de Sandoval escortant le convoi d'Amérique ; il attaque l'ennemi au centre, tandis que Du Mé le déborde en tête et Coupeauville en queue ; il manoeuvre d'abord, canonne ensuite et utilise les brûlots pour achever les navires ennemis en difficulté, ne recourant à l'abordage qu'en dernière extrémité ; il remporte une éclatante victoire.

Lieutenant-général des Armées navales, Maillé Brézé, le 30 juin 1642, couvrant Barcelone contre la flotte de l'amiral espagnol Ciudad Réal, appareille par vent contraire ; ses galères gagnant au vent de l'ennemi engage les galères espagnoles, tandis que virant de bord, il coupe la ligne adverse en faisant feu des deux bords et disloque leur formation, "il apparaît écrit le Père Fournier, chroniqueur du combat tout environné de feu et de fumée". La nuit sépare les deux flottes ; le ler juillet, la flotte ennemie sous le vent est tournée à nouveau par nos galères et attaque les 3 lignes d' escadre de Brézé, Cangé et Montigny, qui conservent l'avantage du vent, combattent jusqu'à la nuit et contraignent la flotte espagnole à la retraite. Au cours de la bataille, le chevalier de Cangé, resté seul à bord de son navire embrasé, le Galion de Guise, coule pavillon haut en même temps que son adversaire le Magdeleine, appliquant le Règlement de La Porte et Mantin.

Le 4 septembre 1643, Maillé Brézé, devenu Grand Maître et Superintendant, après avoir manoeuvré toute la nuit pour gagner au vent devant Carthagène, oblige en combattant la flotte de Carlos de Mencos à se réfugier sous les forts de la place. Le 14 juin 1646, durant le siège d'Orbitello, à l'approche de la flotte espagnole de Pimentel, Maillé Brézé, pour ne pas être surpris au mouillage, fait remorquer ses vaisseaux par les galères et prend sa formation de combat à la pointe de l'île Glio en trois escadres de six vaisseaux : il est au centre, le comte du Daugnon à tribord et Montigny à bâbord ; Montade reste en réserve avec six vaisseaux. Les deux flottes d'Espagne et de France marchent l'une contre l'autre hâlées par leur chiourme en l'absence de vent et s'affrontent dans une mêlée générale de combats singuliers. Au moment où l'ennemi se retire, Maillé Brézé est coupé en deux par un boulet.

LA PENSÉE DE RICHELIEU EN MATIÈRE DE COMMERCE ET D'EXPANSION MARITIME

Le cardinal ne méprise pas le commerce et va chercher à développer l'expansion économique maritime. Il partage les idées d'Isaac de Razilly qui écrit dans son mémoire de 1626 :

"Il est besoin que le Roi dise publiquement chaque jour que ses favoris seront ceux, qui feront faire des navires et qui auront le courage d'entreprendre des voyages au long cours et non les vicieux et importuns qui suivent la Cour".

Richelieu lui-même déclare dans son Testament Politique  :

"Ainsi que les Etats augmentent souvent leur étendue par la guerre, ils s'enrichissent ordinairement par le commerce dans la paix. L'opulence des Hollandais, qui... ne sont qu'une poignée de gens réduits à un coin de la terre, où il n'y a que des eaux et des prairies, est un exemple et une preuve de l'utilité du commerce qui ne reçoit pas de contestation.

La ville de Gênes, qui n'a que des rochers en partage, fait si bien valoir son négoce, qu'on peut sans contredit, la dire la plus riche ville d'Italie et l'Espagne aurait de la peine à conserver une partie de sa domination sans le secours qu'elle reçoit des Indes.

La seule France pour être trop abondante en biens a jusqu'ici négligé le commerce, bien qu'elle puisse le faire aussi commodément que ses voisins, qui ne lui donnent assistance à cette occasion qu'à ses propres dépens."14

Les Français sont relativement indifférents au commerce maritime, manquent d'esprit d'entreprise et préfèrent les placements économiques stériles et les investissements à l'étranger. Pour les sortir de cet immobilisme le cardinal veut donner au commerce "les moyens aussi aisés comme la fin en est utile. Vendre (aux négociants) tous les ans à bon marché (des) vaisseaux à condition qu'ils s'en serviront au trafic, accorder au trafic quelques prérogatives, qui donnent rang aux marchands". La Déclaration royale du ler mars 1627 proclame qu'il faut :

"Rétablir le commerce des marchandises, renouveler et amplifier ses privilèges et faire en sorte que la condition du trafic soit tenue en l'honneur qu'il appartient, et rendue considérable entre nos sujets afin que chacun y demeure volontairement sans porter envie aux autres conditions".

Elle permet aux nobles de s'adonner au commerce :

"Sans déroger à leurs qualités, ni préjudicier à leurs privilèges, mais veut ladite Majesté que ceux qui s'y rendront considérables par leurs soins, labeurs, industries, cela leur serve pour accroissement de noblesse."

Le Code Michau (du prénom du chancelier Michel de Marillac) établi en 1629, interdit toute exportation de marchandises françaises sous pavillon étranger et réserve aux Français le cabotage entre ports français, mesures qui seront reprises et appliquées par les Anglais dans l'Acte de Navigation de 1651. Le Parlement refusa d'enregistrer le Code Michau, qui ne fut pas mis en vigueur, alors qu'il accordait la noblesse à toute personne ayant fait construire un navire de plus de 200 tonneaux et l'ayant armé au commerce pendant au moins cinq ans, et à tout marchand en gros ayant exercé les fonctions d'échevin ou de consul.

En fait la flotte marchande ne s'est pas développée durant la première moitié du XVIIe siècle, car les moyens financiers n'ont pas permis de réaliser une flotte commerciale d' Etat, d'autant plus que le cardinal fut contraint d'utiliser les gros navires marchands pour renforcer les escadres de combat.

Les Compagnies de Commerce

Les négociants français n'ont pas cherché comme leurs concurrents étrangers à créer des établissements à l'extérieur ; individualistes, ils ne se sont pas groupés ou associés pour des entreprises durables. Les économistes Montchrestien, du Noyer de Saint Martin et les marins comme Razilly réclament "la création d'une puissante compagnie dans laquelle le Roi et la noblesse auraient des intérêts".

"Il faut faire de grandes compagnies, obliger les marchands d'y entrer, leur donner de grands privilèges. Faute de ces compagnies et pour ce que chaque petit marchand pratique à part et de son bien et partant, pour la plupart, en de petits bateaux et assez mal équipés, ils sont la proie des corsaires et des princes nos alliés, parce qu'ils n'ont pas les reins assez forts comme aurait une grande compagnie".

Richelieu préfère adopter la formule, reprise par Colbert, de compagnies spécialisées par secteurs géographiques : la Compagnie des Cent Associés de la Nouvelle France en 1627, qui soutient Champlain ; la Compagnie des îles d'Amérique en 1635, qui est à l'origine des possessions françaises aux Antilles avec Belain d'Esnambuc ; la Compagnie du Sénégal en 1633 ; la Compagnie des Indes Orientales et de Madagascar, où le capitaine entretenu Rigault est autorisé à prendre possession de l'île Dauphine et des îles adjacentes au nom de Sa Majesté. Bien que "l'humeur des Français soit peu portée aux voyages de longue haleine", le cardinal estime que :

"Ce négoce ne doit pas être dédaigné. Il faudrait en Orient deux ou trois vaisseaux commandés par des personnes de condition pour traiter avec tous les princes et faire alliance avec tous les peuples et ce dessein réussirait d'autant plus infailliblement que ceux qui y ont pris pied (Portugais, Anglais, Hollandais) sont maintenant fort haïs parce qu'ils les ont trompés ou parce qu'ils les ont assujettis par force".

Richelieu ne néglige pas le Maghreb, où le "Bastion de France" près de la Calle est relevé et où Isaac de Razilly tente de s'implanter à Mogador ; il soutient le commerce du Levant, où "plus la ville de Marseille fait de négoce, plus elle a d'argent", le transit des marchandises de Perse et d'Orient par la Moscovie, et la pêche, qui selon Razilly, fait vivre un million d'hommes en France.

"L'on peut dire à la vérité, écrit-il, que le meilleur trafic de l'Europe est d'aller pêcher la morue car il ne sort rien du Royaume pour avoir la dite morue, ne coûtant que la peine de la pêcher et du débit, on réalise de grands deniers".

DE MAZARIN À COLBERT

Mazarin ne néglige pas la Marine de Richelieu et maintient son budget : 3, 5 millions de livres en 1643, 5 millions en 1647 jusqu'à la Fronde, durant laquelle ses combinaisons politiques priment sur notre puissance navale. Il abandonne la Grande Maîtrise au duc de Beaufort pour détacher les Vendôme du parti des Princes, puis réduit le budget de la Marine pour acheter ses adversaires : 430 000 livres en 1649 ; les constructions navales s'arrêtent, les bâtiments désarment, le personnel se disperse. Dès 1650, les escadres ne comprennent plus que des bâtiments marchands plus ou moins armés. En 1660, après le traité des Pyrénées, qui met fin à la guerre avec l'Espagne, il nous reste 6 galères et 10 vaisseaux en piteux état. "J'aimerais mieux garder les vaches que commander une armée aussi mal réglée et disciplinée" écrit le vice-amiral de Nuchèze. La Marine marchande est anéantie.

L'œuvre de Richelieu, le fondateur de la flotte militaire permanente, le théoricien de la puissance navale et le premier auteur de notre grandeur maritime a sombré devant l'indifférence des Français vis-à-vis de la Marine, les difficultés financières, les troubles de la Fronde et le manque de volonté politique, mais la richesse et la justesse de sa pensée laisseront des traces et ses idées demeurent.

Colbert, secrétaire de Mazarin en 1647, chargé de la correspondance avec les autorités des ports en 1661 à la mort de Mazarin, au moment où commence le régne personnel de Louis XIV, reprendra le flambeau, se proclamera "l'élève du cardinal et son continuateur" (Tramond) et deviendra Secrétaire d'Etat à la Marine en 1669.

Notes:

1 Arch. nat., Marine A11, n° 16, 20, 27, 40.

2 Arch. nat., Marine A12, n° 27, 30.

3 Jean-Pierre Babelon, Henri IV, Paris, 1982, pp. 761-764.

4 Cité dans François Caron : "La stratégie navale au temps de la marine à voiles" à paraître dans La lutte pour l'empire de la mer, Economica, 1992.

5 L.A. Boiteux, "Un économiste méconnu : Du Noyer de Saint Martin et ses projets (1608-1639)", Revue d'Histoire des Colonies, Tome XLIV, 1957, pp. 5-68.

6 Mémoire du 26 novembre 1626 écrit à Pontoise, Isaac de Razilly - 17 pages - B.N. Manuscrits n.a. 9389, publié par L. Deschamps : "Un colonisateur du temps de Richelieu", Revue de Géographie, t. XIX, 1886, Paris, C Delagrave, pp. 374-383, 453, 454.

7 Le Testament politique a été publié en 1688 à Amsterdam chez Desbordes. Son authenticité a été très discutée, jusqu'à qu'elle soit définitivement établie par Louis André dans son édition critique de 1947. Celle-ci, jamais remplacée, est depuis longtemps introuvable, mais a fait l'objet d'une réédition partielle, avec une introduction de Daniel Dessert, aux Editions Complexe, 1991.

8 Henri Hauser, La pensée et l'action économique du cardinal de Richelieu, Paris, 1944.

9 Hauser, op. cit., p. 27.

10 Taillemite, op. cit., p. 48.

11 Le Boiteux, art. cit., p. 357.

12 A.N. Marine, A13.

13 E. Taillemite, Dictionnaire de la Marine, Seghers, 1962.

14 Section VI-Du Commerce comme une dépendance de la puissance maritime.

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin