PRÉSENTATION

 

ARCHÉOLOGIE DE LA PENSÉE NAVALE

 

 

Ce troisième volume consacré à l’évolution de la pensée navale obéit au même critère que les précédents : il rassemble des matériaux pour une histoire à construire, en fonction de leur seule date d’arrivée. C’est dire que les études qu’il regroupe ne présentent pas une unité théorique, chronologique ou spatiale. La spécificité de ce volume, s’il en a une, est tout au plus de présenter des auteurs et des écoles dans l’ensemble peu ou pas connus.

La pensée navale romaine

Les Romains représentent un exemple particulièrement significatif dans le temps et dans l’espace de stratégie impériale. L’expansion à partir d’un foyer originel les a nécessairement conduits à entrer en contact avec l’élément maritime qu’ils ne connaissaient pas au départ et envers lequel ils n’éprouvaient aucune attirance "spontanée". Ils ont pourtant dû se résoudre à s’aventurer sur mer pour faire face à des adversaires qui étaient des puissances maritimes.

La lutte entre Carthage et Rome est bien connue et on sait qu’elle a toujours posé un problème aux défenseurs de la suprématie des thalassocraties puisque c’est Carthage, thalassocratie indiscutable, qui a été vaincue par Rome, qui, pour ce faire, a dû aller l’affronter dans son élément1. Les Romains ont mis au point des armes et des tactiques qui leur ont finalement permis de venir à bout d’un adversaire au départ supérieur. La seule manière pour Carthage de contrebalancer cette supériorité a été durant la deuxième guerre punique d’aller défier Rome en Italie, donc sur terre. Hannibal a échoué dans sa tentative et Scipion l’Africain a mis un terme à cette lutte séculaire en allant à son tour envahir le territoire adverse au cours de la troisième guerre punique. Sa campagne s’est achevée en -146 par la destruction de la ville de Carthage. De la pensée navale carthaginoise, qui a dû incontestablement être structurée, nous ne saurons jamais rien autrement que par des déductions assez vagues, dès lors que la continuatrice des Phéniciens qui avaient inventé l’écriture n’a laissé aucun texte et ne nous est connue que par l’archéologie, ici impuissante, et par quelques mentions insuffisantes des auteurs romains.

Une fois la puissance carthaginoise détruite, la flotte romaine a encore dû déployer une grande activité durant les guerres contre la Macédoine et surtout durant les guerres civiles. C’est sur mer, à Actium, en - 31, qu’Octave vainc Antoine et assure l’unification à son profit du monde romain, ouvrant l’ère de la pax romana qui ne sera plus troublée, hormis par les pirates, jusqu’au Ve siècle. L’appellation mare nostrum appliquée à la méditerranée ne reflète pas une vision géopolitique particulière, mais constate un simple état de fait : la Méditerranée est romaine parce que l’empire en contrôle toutes les rives. L’étude du commandant Pagès conclut avec raison qu’on ne peut parler de thalassocratie en l’absence d’adversaire. La flotte impériale existe, avec ses escadres basées à Misène et Ravenne, elle escorte les convois de grain, fait la chasse aux pirates, contribue aux transports de troupes en cas de guerre contre les Parthes… mais il s’agit plus souvent de missions que nous qualifierions aujourd’hui de service public que de missions proprement militaires. Néanmoins, la constance dans l’entretien de la flotte après les guerres puniques, son utilisation régulière dans les guerres d’expansion et dans la guerre civile suggèrent avec force qu’"une pensée navale relativement évoluée a pu naître". Il est malheureusement dommage que la partie de l’œuvre de Polybe traitant de cette période soit perdue. Strabon ne nous apprend guère plus, encore que son néologisme thalassokratia, promis à une si remarquable fortune, montre que la place de la mer dans la stratégie générale était bien perçue.

Les auteurs du XVIIIe siècle

Ce troisième volume poursuit l’examen de la pensée tactique du XVIIIe siècle, dérivée du traité du Père Hoste paru en 1696, et dont l’influence sera durable, jusqu’au début du XVIIIe siècle2. l’Ecossais Clerk of Eldin3 est généralement la seule référence que l’on cite encore en sa qualité d’inspirateur supposé de Nelson. On oublie trop souvent que le XVIIIe siècle, dans le domaine de la pensée navale comme dans beaucoup d’autres, a été un siècle français. Le contre-amiral Granier présente ici les grands thèmes des auteurs français jusqu’à la guerre d’indépendance américaine. Bigot de Morogues, qui publie sa tactique navale en 1763, est connu. On connaît moins son contemporain Bourdé de la Villehuet, dont le manœuvrier paraît deux ans plus tard, en 1765. Les deux ouvrages ont de nombreux points communs : ils participent d’un même mouvement intellectuel destiné à rénover la tactique après les désastres de la guerre de Sept Ans, ils sont tous deux à Choiseul dont on attend qu’il soit le restaurateur de la Marine, un nouveau Colbert. Le travail de Bourdé, peu original par beaucoup d’aspects, ne mérite pourtant pas l’oubli dans lequel l’a plongé la méconnaissance qu’en avait Castex, qui ne l’a jamais cité. L’ouvrage ne paraissait pas indigne à ses contemporains, puisqu’il fut traduit en anglais et en hollandais, comme celui de Morogues, et qu’il devait encore être réédité en 1814.

La tactique navale de Bigot de Morogues est regardée comme étant à l’origine de l’ordonnance du 25 mars 1765, qui codifie de manière rigide la ligne de bataille. Celle-ci a fait l’objet de critiques très violentes de la part des auteurs contemporains, depuis le livre jamais remplacé du lieutenant de vaisseau Castex Les idées militaires de la Marine au XVIIIe siècle (1911). Sans doute y-a-t-il là une erreur d’appréciation tenant à la méconnaissance des conditions exactes de la guerre navale au temps de la marine à voile. Le jugement de Castex, inlassablement repris par ses successeurs, tend à faire bon marché de l’extraordinaire difficulté de manœuvre des vaisseaux de ligne. En outre, le très faible nombre des navires coulés au combat tient moins à la sclérose de la tactique qu’à l’état de l’architecture et des armes navales à cette époque : ce n’est pas la faute des théoriciens si les grands vaisseaux en bois sont pratiquement incoulables. Par ailleurs, on a trop souvent négligé les dégâts considérables qui résultaient de ces engagements d’artillerie supposés sans résultats. Les pertes humaines très lourdes, les dégâts causés à la mâture et aux superstructures entraînaient souvent l’immobilisation d’une flotte après la bataille. La Royal Navy sera ainsi incapable de conserver l’initiative après sa victoire des Saintes en 1782.

La guerre navale au temps de la marine à voile apparaît comme un véritable système dont il faut mettre au jour la logique plutôt que de lui étendre des jugements élaborés dans un contexte doctrinal précis, celui de l’offensive à outrance du début du XXe siècle4. Jugement que l’on trouve tant dans les livres de Castex que dans la partie du cours restée inédite du commandant Darrieus et dont ce volume publie, à titre de document, le chapitre consacré aux livres de tactique, de Hoste à la tactique de 1892. Le capitaine de vaisseau Caron montre ici que la ligne n’est pas une absurdité et que sa pérennité tout au long du XVIIIe siècle répond à des raisons valables. En paraphrasant une formule célèbre, on pourrait dire que la ligne est le plus mauvais système, à l’exception de tous les autres.

Le capitaine de vaisseau Caron étudie un auteur qui n’était connu que de façon allusive. Le vicomte de Grenier a participé à l’effort de renouveau doctrinal qui a suivi les déboires de la guerre de Sept ans et les demi-succès de la guerre d’indépendance américaine. Même s’il tient moins qu’il ne promet, il n’en demeure pas moins intéressant par son introduction qui marque une volonté de proposer de nouvelles solutions. Sans rompre avec ses prédécesseurs, il se distingue d’eux, comme le note Castex, car il ne fait qu’une part restreinte aux évolutions et signaux. Il est traduit en anglais et en hollandais, comme le montreront Bruno et Jean-Pierre Colson dans un prochain volume, nouvelle illustration du rayonnement de l’école française au XVIIIe siècle. Castex lui rend hommage pour sa volonté de s’affranchir du dogme de la ligne, mais le critique aussitôt : "Grenier n’a d’autre but que de nous amener à un nouvel ordre de bataille, aussi rigide que le premier" 5. Le commandant Caron montre que le reproche ne manque pas de fondements, et que le nouveau dispositif imaginé par Grenier présente au moins autant d’inconvénients que la ligne, sans en avoir aucun des avantages.

Il reste à étudier le chef d’escadre d’Amblimont, dont la tactique navale, parue en 1788, clot la pensée navale d’ancien régime. Cet auteur a bénéficié d’un ouvrage déjà ancien, qui reprend largement les thèses communément admises sur la sclérose de la tactique. Encore une fois, le dossier est à reprendre.

La pensée navale italienne

Ce troisième volume aborde enfin une école nationale fort importante, mais constamment méconnue : l’école italienne. On ne trouve au mieux que des allusions très furtives, sans étude sérieuse de son abondante production. Une seule exception, de taille heureusement : Castex lui a consacré un long paragraphe dans ses Théories stratégiques 6. Son résumé, mais aussi la suite de son œuvre, montre qu’il a lu en profondeur plusieurs auteurs italiens, notamment Sechi qui lui paraît être un classique, notamment pour son livre fondamental Elementi di arte militare marittima. Malheureusement Castex n’a véritablement eu connaissance que des auteurs du début du siècle et de l’immédiat d’après-guerre. Il n’a jamais commenté les auteurs des années 30 et 40, par exemple les amiraux di Giambierardino et Fioravanzo.

L’école italienne a heureusement trouvé ces dernières années son historiographe avec le professeur Ezio ferrante, qui a déjà publié de très nombreux travaux7. Il nous présente ici, d’abord un précurseur napolitain, puis une synthèse sur le développement de la réflexion du désastre de Lissa jusqu’à l’entrée en guerre de l’Italie en 1915.

Giulio Rocco était jusqu’à ce jour totalement inconnu en dehors d’Italie. Il mérite pourtant de retenir l’attention, car on voit apparaître chez lui une réflexion proprement stratégique qui contraste avec les études purement tactiques du XVIIIe siècle. Ses Riflessioni sul potere marittimo sont à rapprocher des considérations navales du contre-amiral Grivel (1832), qui ont été publiées dans le premier volume de cette série. Les deux ouvrages suggèrent que la question de la place de la mer dans la stratégie générale est sérieusement posée au lendemain des guerres de la révolution et de l’empire, marquée par le très long blocus des côtes de l’Europe par la Royal Navy. On peut néanmoins se demander s’il s’agit véritablement d’une nouveauté, ou si la question n’existe pas déjà en filigranes au XVIIIe siècle. Simplement, il faudrait la chercher ailleurs que chez les auteurs navals au sens strict. L’étude d’Ezio Ferrante montre que Rocco s’est largement appuyé sur l’œuvre de l’abbé Raynal, écrivain aussi célèbre en son temps que Montesquieu ou Rouseau, et aujourd’hui presque complètement oublié. Il y a là une recherche à faire qui pourrait modifier notre vision de la pensée navale au XVIIIe siècle.

L’étude sur la période qui va de Lissa à la Grande Guerre montre un développement presque parallèle à celui de la pensée navale française de la même époque : on se focalise d’abord sur des questions tactiques, les plus urgentes, dans un contexte technique continuellement changeant. Mais ces questions tactiques reflètent également des préoccupations stratégiques : la Marine doit lutter pour faire reconnaître sa place, à la suite d’une très grave défaite dans le cas italien, ou d’un désastre national qui l’a relégué au second plan dans le cas français. Les idiosyncrasies n’en sont pas moins notables : en Italie le débat autour de la Jeune ecole ne revêtira pas la forme carricaturale qu’il prend en France. Les prochains volumes étudieront l’entre-deux-guerres, ainsi que quelques figures marquantes qui méritent des monographies.

L’école russe et soviétique

La pensée navale russe et soviétique reste elle aussi à peu près inconnue, tant est profondément enracinée l’image d’une Russie par nature continentale. Image que les travaux des historiens ne parviennent pas à altérer, alors que la marine russe a une histoire qui n’est ni pauvre, ni déshonorante8. Rappelons simplement ici que les fondements de la tactique navale du Hollandais Kinsbergen paraissent en russe en 1800 (l’auteur sert dans la marine russe, comme beaucoup d’étrangers). Au XIXe siècle, la marine russe est un "foyer actif d’inventions et d’expériences" 9. Il faudrait étudier l’amiral Boutakov, dont le projet de tactique à vapeur, publié en français dans les années 1860, a eu un grand retentissement, ou le commandement Berezin, l’un des fondateurs de l’enseignement de la stratégie en Russie.

L’amiral Makarov est à la fin du XIXe siècle, le marin probablement le plus connu de son temps et il ne sera éclipsé que par l’amiral Fisher. Sa mort au combat contre les Japonais en 1904 et ses multiples travaux, dans les domaines les plus divers, ne doivent pas faire oublier sa contribution à la pensée navale, sur un plan tactique, mais aussi stratégique. Le titre de son grand livre discussion de questions de tactique navale ne doit pas induire en erreur. Si l’objet en est bien d’abord et avant tout tactique, le débat tactique se trouve éclairé par des considérations stratégiques sous-jacentes. Celles-ci sont bien mises en valeur dans un article écrit à la suite de la parution de son livre et des débats qu’il avait suscités. Le livre lui-même a été récemment édité aux Etats-Unis dans la collection des Classics of Sea Power à partir d’une traduction faite peu de temps après la parution, et restée inédite10. Le complément, qui n’a pas été inclus dans cette édition, est ici traduit pour la première fois. Les prochains volumes essaieront de présenter un tableau de la pensée navale russe dans les années 1880, ainsi qu’un portrait du commandant Klado, grand rival (sur un plan intellectuel) de Makarov, parfois appelé le Mahan russe.

La pensée navale soviétique pose des problèmes différents. Elle est, de manière surprenante, assez bien connue, dès lors que la revue Morskoï Sbornik a toujours été accessible aux lecteurs occidentaux, de même qu’un grand nombre de livres. le commandant Robert Herrick, qui avait contribué de manière décisive au lancement du grand débat sur l’expansion navale soviétique à la fin des années 60 avec son livre Soviet Naval Strategy : fifty years of Theory and Practice, paru en 1968, a publié en 1988 une étude de la pensée navale soviétique de 1917 à 1956 que l’on peut considérer comme exhaustive et définitive pour la littérature "ouverte"11. Mais il était difficile de confronter cette littérature ouverte aux doctrines officielles du fait de la fermeture hermétique des archives. L’effondrement du régime soviétique a entraîné l’ouverture inespérée de celles-ci, y compris les plus secrètes, de sorte qu’il est aujourd’hui possible de mettre en parallèle les débats publics et l’évolution des programmes navals. C’est ce que fait ici le docteur Jürgen Rohwer, qui a eu accès à une documentation encore inédite. Il faut s’attendre à de nouvelles découvertes au cours des années qui viennent, y compris pour la période la plus récente. L’histoire navale russe pourrait ainsi rattraper le temps perdu et devancer les pays occidentaux pour la période la plus récente puisque la règle des trente ans qui prévaut en France et dans la plupart des pays, risque fort de n’être même pas respectée. On a ainsi vu paraître en 1991 des révélations tout à fait étonnantes sur le programme de porte-avions et les controverses qui ont opposées l’amiral Gorchkov non seulement à l’armée, mais aussi à certains de ses adjoints, qui y étaient opposés.

La pensée navale argentine

La pensée navale n’est pas l’apanage des vieilles nations maritimes de l’hémisphère nord. L’Amérique latine a elle aussi des écoles nationales, apparues pratiquement dès l’Indépendance et qui ont généralement eu une production abondante12. La pensée argentine est présentée ici par l’un de ses théoriciens les plus connus, l’amiral Fernando Milia. Celui-ci fait apparaître la multiplicité et la diversité des auteurs et des centres d’intérêts : stratèges, tacticiens, historiens, géopoliticiens ont pris leur part pour constituer une doctrine cohérente et fortement structurée. La défaite dans la guerre des Malouines ne doit pas conduire à des conclusions hâtives : d’une part parce que cette guerre a été mal (pas) préparée et mal conduite ; d’autre part parce que la marine argentine s’inscrit dans une stratégie qui ne prévoyait pas, jusqu’aux années soixante-dix, d’hostilités contre la Grande-Bretagne. Il faut plutôt replacer la réflexion argentine dans le contexte latino-américain. Pour cela, il sera nécessaire de présenter un pendant brésilien et un pendant chilien.

C’est dire que le travail ne manquera pas pour les prochains volumes. Un quatrième tome, consacré à la pensée géopolitique navale, et un cinquième, semblable aux trois premiers, sont actuellement en chantier. Espérons que malgré l’indifférence coupable des institutions, et notamment de celle qui devrait être au premier chef concernée, ce programme pourra être mené à terme afin de rompre avec une vision unilatérale dominée par les seuls auteurs anglo-saxons et de faire apparaître les multiples facettes d’une pensée qui a contribué à façonner l’histoire navale.

Hervé COUTAU-BÉGARIE

 

 

Notes:

1 Les travaux sur l’histoire maritime ancienne sont très nombreux, mais rares sont ceux qui dépassent le cadre archéologique ou philologique pour s’élever à une vision stratégique. Quelques aperçus dans le petit livre de Chester G. Starr, The Influence of Sea Power on Ancient History, New York-Oxford, Oxford University Press, 1989.

2 Michel Depeyre a retrouvé, après la parution de son article sur Hoste dans le tome I, une traduction en grec faite lors de l’indépendance, c’est-à-dire dans les années 1820.

3 Etudié par Michel Depeyre dans le tome II.

4 Cf ma présentation du livre inachevé de l’amiral Castex, La liaison des armes sur mer, CFHM-Economica, 1991.

5 Note manuscrite prise en vue de la rédaction de la liaison des armes sur mer.

6 Amiral Castex, Théories stratégiques, tome I, 2e édition 1937, pp. 52-55.

7 Parmi lesquels il faut citer : Il pensiero strategico navale italiano, Rivista Marittima, 1988, 152 p. ; Il potere marittimo - Evoluzione ideologica in Italia, 1861-1939, Rivista Marittima, 1982, 80 p. ; La Rivista Marittima dalla fondazione ai nostri giorni, Rivista Marittima, 1986, 168 p.

8 Cf. Hervé Coutau-Bégarie, "La Russie et la mer. Sur un "déterminisme" géopolitique", Hérodote, n° 47, 1988-4.

9 Amiral Castex, Note manuscrite.

10 Vice-admiral S.O. Makarov, Discussions of Questions in Naval Tactics, Annapolis, Naval Institute Press, "Classics of Sea Power", 1988, trad. du lieutenant John B. Bernadou faite pour l’Office of Naval Intelligence en 1898, introduction et notes de Robert B. Bathurst.

11 Robert W. Herrick, Soviet Naval Theory and Policy : Gorshkov’s Inheritance, Newport, Naval War College Press, 1988.

12 Il existe une bonne synthèse sur l’histoire navale de l’Amérique latine, Robert L. Scheina, Latin America. A Naval History, Annapolis, Naval Institute Press, 1987.

 

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