L’USAGE MILITAIRE DE LA FORÊT DANS LE TOULOIS DE 1871 À 1914

 

Marc Gateau Leblanc

 

 

Une légende médiévale rapporte que l’on pouvait traverser le royaume de France, du nord au sud et de l’est à l’ouest, sans quitter le couvert protecteur de l’antique sylva. À la veille de 1914, la France possède environ neuf millions d’hectares boisés, soit 17 % de son territoire. Six millions d’hectares appartiennent aux particuliers, deux millions aux communes et un million à l’État1. Dans le département de la Meuse, le taux de boisement est de 28 %, dans la Meurthe-et-Moselle, il est de 26 %, et dans les Vosges de 35 %2. L’administration forestière est chargée de veiller à la conservation, à la mise en valeur, à l’exploitation, et à la reproduction des trois millions d’hectares de forêts domaniales et communales. Ces régions boisées s’étendent dans la zone comprise entre la falaise calcaire de Laon3, Reims, Nogent, et le cours moyen du Rhin. Elles sont le théâtre de la lutte entre la France et l’Allemagne. Après avoir vu passé les légions romaines, puis les armées de Louis XIV, elles verront passer les armées allemandes.

La frontière militaire française formée par le cours de la Meuse, de Givet à Commercy, de celui de la Moselle jusqu’à Epinal, et de la crête des Hautes Vosges, jusqu’à Belfort, laisse ouverte à l’invasion une bande d’une largeur moyenne de vingt kilomètres : une zone riche en forêts. La couverture boisée joue un rôle de tampon entre les pays limitrophes, c’est une sorte de "no mans’land. Réinvestir cette zone, y envoyer un parti de cavaliers ou une patrouille de fantassins signifie un regain de tension dans les relations entre les deux pays. Afin de compenser la perte de ses frontières naturelles de l’Alsace-Lorraine, la frontière artificielle, créée par le comité dirigé par le général Séré de Rivières, présente deux solutions de continuité dans la ligne de forts construits : la région de Montmédy à Verdun, protégée par le cours de la Meuse, et la ligne des côtes de Meuse, et la région de Pont-Saint-Vincent à Epinal, défendue par le cours de la Moselle4.

La forêt représente un enjeu complexe. Monde à part, son usage est étroitement réglementé. Sont surveillées les transactions qui la concernent, règlement du prix et contentieux en découlant. Un personnel organisé militairement est attaché à la sylve, tandis que par sa nature protectrice, elle sert à camoufler et à protéger les fortifications.

Un usage étroitement réglementé

Sans règlements, trop d’abus toucheraient la forêt, d’autant plus qu’un arbre demande à la Nature entre cinquante et cent ans pour arriver à maturité. De la Monarchie à la République, en passant par les périodes révolutionnaires, aucune autorité ne se permettra le luxe de gaspiller cette richesse. Le code forestier de 1827 donne à l’administration civile les moyens de contrôler une partie de l’espace boisé. Soumises au régime forestier, les forêts domaniales et communales sont gérées par un plan d’aménagement, approuvé par l’autorité de tutelle, la direction des Eaux et Forêts au ministère des Finances, puis à celui de l’Agriculture, auquel les forêts sont rattachées en 18775. Les bois constituant le domaine forestier militaire sont soumis au régime forestier comme domaine forestier de l’État. Les Eaux et Forêts y poursuivent les délits de chasse et de pêche, de coupe et d’enlèvement de bois sans autorisation. Si les auteurs sont des militaires, les autorités militaires sont prévenues. Selon la loi du 7 avril 18516, dans la zone frontière, les défrichements forestiers relèvent de la législation des travaux mixtes. Pour défricher, une autorisation mixte est délivrée conjointement par les autorités civiles, l’administration des Eaux et Forêts et les autorités militaires, le service du génie. En cas de désaccord local entre ces deux autorités, des conférences mixtes, à un échelon plus élevé, entre ces mêmes autorités cherchent une solution. Si le désaccord persiste, la commission mixte des travaux publics7, instaurée en 1812, donne un avis motivé8.

La loi de 1851 renforce le rôle du génie dans la protection de la forêt. Le décret du 16 août 18539, pris en application de cette dernière, indique que l’instruction des dossiers de défrichement est conduite au premier degré par les sous-inspecteurs des forêts, les gardes des forêts et le chef du génie. L’instruction au second degré entraîne, pour les affaires de défrichement, la présence des inspecteurs des Forêts et des directeurs du Domaine, ainsi que celle du directeur des fortifications. Afin de compléter son information, la commission mixte des travaux publics fait appel, entre autres, à l’état-major, au conseil général des Ponts et chaussées et au comité des Fortifications10. La rupture territoriale de 1871 conduit le ministère de la Guerre à compléter la doctrine de la conservation de l’espace boisé, défendue sous le Second Empire, par celle de l’intégration stratégique. L’application de ce dernier concept donne naissance aux "sylvosystèmes militarisés", par l’insertion des forêts dans le système défensif d’abord, par l’établissement de "paysages sylvatiques" spécifiques ensuite11. Après 1871, la législation sur les défrichements est renforcée. Le décret du 3 mars 187412 redéfinit les territoires réservés et fixe une zone de "servitude myriamétrique" des places fortes, représentée par un "polygone joignant les points situés à 10 km de saillant sur les capitales des ouvrages les plus avancés". Dans cette "zone myriamétrique", tous les travaux sont contrôlés par le département de la Guerre.

L’important décret du 8 septembre 187813 fixe la compétence de la commission mixte en ce qui concerne les projets d’atteinte aux forêts. Deux secteurs sont créés, sur lesquels pèsent des contraintes différentes. Sur toute l’étendue de la zone frontière sont contrôlés les défrichements des bois et des forêts appartenant à l’État, aux communes et aux établissements publics, soit la totalité des forêts soumises au régime forestier. Sur les territoires dits réservés, formant une bande d’une largeur comprise entre 30 à 200 km en-deça de la frontière, les travaux des chemins vicinaux, ruraux et forestiers et le défrichement des bois des particuliers sont également contrôlés14. À partir de 1878, les directeurs des Fortifications décident des demandes. Le recul de la frontière entraîne un renforcement de la surveillance de toutes les forêts lorraines, en conséquence, les défrichements deviennent exceptionnels15. En réponse à une lettre circulaire du ministre de la Guerre, du 10 juin 1859, aux responsables du génie, leur demandant dans quelle mesure la forêt peut être réduite dans leur direction, le chef du génie, à Nancy, précise que la forêt de Haye doit être conservée intégralement. Les défrichements y sont interdits16. La surveillance militaire devient encore plus stricte après 1871. Ainsi, la Société métallurgique de la Haute Moselle se voit refuser, en 1871, le défrichement d’un demi-hectare pour l’implantation d’une mine de fer. Le comité des Fortifications estime dans son rapport qu’aucune atteinte ne doit être portée à l’intégralité du massif forestier du plateau de Haye17.

L’administration militaire s’oppose également au reboisement, partiel ou total, des terrains situés sur le territoire de Laneuveville, et à la pointe sud du Romont18. Elle n’autorise pas davantage le reboisement du terrain appartenant à la commune de Laneuveville, et s’étendant en avant du Bois Bulletin19. Ces zones laissées libres serviront de champ de tir. L’ouverture de chemins est également contrôlée. Comme la forêt de Royaumeix20, qui possède une superficie de 196 hectares, est située dans la zone réservée des territoires frontière, l’exécution des travaux concernant l’ouverture de chemins est soumise à l’autorisation du service du génie21. Le 27 septembre 1897, le chef du génie accepte l’établissement d’un chemin de vidange dans la forêt de Trondes22, mais des conditions sont posées : dans la partie de son tracé où il longe le ravin en nature de culture ou de pâtis, le chemin n’en sera séparé par aucun rideau d’arbres, de nature à le masquer aux vues du sud-est. Il ne sera maintenu que pendant le délai accordé à la commune pour la vidange de la coupe nº 13, et à l’expiration de ce délai, il sera interrompu par des tranchées de 100 m en 100 m, de manière qu’aucune circulation n’y vienne empêcher la reprise de la végétation23.

L’autorité militaire s’impose en utilisant deux moyens d’intervention. Le premier est le contrôle de l’état forestier : l’acceptation ou le refus des demandes de défrichement déposées par les propriétaires. Le second, beaucoup plus actif, donne à l’Armée des moyens d’intervention, sur l’espace et sur les milieux forestiers, comme la distraction des bois au bénéfice du département de la Guerre. Le premier contrôle la dynamique civile, le second favorise une dynamique militaire24.

La distraction des bois au bénéfice du département de la Guerre lui permet ainsi de bénéficier de nouveaux territoires domaniaux appartenant déjà au domaine privé de l’État, mais dévolus à d’autres ministères, comme celui des Finances25, à des collectivités locales ou à des particuliers26. La loi de mars 183127 facilite ces distractions, par "l’expropriation en cas d’urgence des propriétés privées nécessaires pour les travaux de fortifications", tout comme la loi du 3 mai 184128 sur "l’expropriation pour cause d’utilité publique". Des conférences bipartites, où siègent des responsables de la direction du génie, et de la direction des Eaux et Forêts, instruisent les dossiers29. Le décret du 15 août 1876 autorise le défrichement des bois dans le rayon d’action de la place de Toul, lorsqu’il est réclamé par le département de la Guerre, dans le but d’assurer la défense de cette forteresse et de ses ouvrages extérieurs30. Le 18 février 1886, un décret31 affecte au département de la Guerre divers terrains dépendant de la forêt domaniale de Bois-l’Evêque. Des portions importantes de forêts sont affectées au ministère de la Guerre et déboisées. En 1914, la région frontière du Nord-Est est un système militarisé, dont les forêts sont devenues un facteur important d’organisation et de fonctionnement32. Sur les cartes des officiers d’état-major, les massifs boisés représentent autant d’alliés, et des combinaisons multiples d’attaque et de défense, étant entendu que celui qui connaît le terrain possède un avantage sur son adversaire.

Du fait de ce contrôle étroit de l’espace boisé, le prix des forêts et leur déboisement sont étroitement réglementés, et tout un contentieux en découle.

Le règlement du prix et le contentieux
en découlant

Des indemnités sont versées suite aux expropriations pour la construction des forts et l’organisation des vues de ces ouvrages. Chaque fraction de l’indemnité de déboisement est augmentée de l’intérêt de 5 %, à partir du jour où la commune a exploité par elle-même, ou fait exploiter par un tiers, la superficie à laquelle elle se rapporte33. Le prix de vente comprend le prix de l’hectare, mais souvent, c’est le terrain nu qui est vendu, la commune gardant la superficie, les arbres, dont elle assure la coupe. La commune vend sur pied, par voie d’adjudication publique, à la diligence de l’administration forestière, les coupes de sa forêt, désignées par les forestiers, de concert avec le génie. La commune de Lucey34 reçoit ainsi une indemnité de 100 000 F pour le déboisement d’une part de sa forêt35. L’exploitation se fait à blanc étoc, et une indemnité pour dépréciation des bois restants est versée36. En cas de désaccord entre l’administration de la Guerre et la commune, ou le particulier, sur le prix de vente, le jury d’expropriation se réunit et fixe l’indemnité. Une surface de 60 hectares évaluée 60 000 F est ainsi portée à 141 000 F par le jury d’expropriation37. Les communes ont parfois du mal à comprendre l’intérêt militaire du déboisement. Ainsi le conseil municipal de Lucey qui, dans sa délibération du 12 novembre 1877, souhaite que sur les 174 hectares de forêt déboisée, les jeunes pousses soient laissées à hauteur d’homme, et qu’en cas de guerre, le service du génie prévienne la commune deux mois à l’avance38. Le service du génie, lui, demande que les rejets produits soient détruits, chaque année, pendant l’hiver, par les soins de la commune39. Les souhaits et les besoins des civils se heurtent aux impératifs militaires.

Pour les terrains affectés à son service, le département de la Guerre prend à sa charge le remboursement des termes payés d’avance par les fermiers de la chasse, pour la partie affectée, ainsi que les indemnités qui peuvent être réclamées, par eux, pour trouble de jouissance. En cas d’abandon par le service militaire, les surfaces libérées font retour à l’administration forestière, sur simple décision ministérielle constatant qu’elles ne sont plus utilisées par la défense, et les frais de reboisement sont supportés par le budget de la Guerre40. Les droits de chasse et de pacage41, sur les terrains acquis par l’État, sont affermés à la commune moyennant une indemnité de vingt-cinq centimes par hectare42. Environ 250 hectares sont défrichés dans les bois communaux de Bruley43, Lucey, Écrouves44, et Pagney45. Pour compenser les défrichements militaires, qui enlèvent des ressources importantes aux communes, des pâtis et des friches communales sont boisés46. Par suite des déboisements, la contenance des forêts de Bruley, Écrouves, Lucey et Pagney-derrière-Barrine passe de 816 hectares à 386 hectares47. Le 5 février 1881, dans un mémoire rédigé pour la mise en état de défense de la place de Toul48, beaucoup de déboisements sont déjà opérés.

On a cherché à défricher les plateaux, dans un rayon de 2 000 mètres autour des ouvrages. Ainsi à Villey-le-Sec49, Ecrouves et Lucey. Autour de Villey-le-Sec, les bois ont été coupés à blanc étoc en 1875. Aujourd’hui, le taillis est repoussé, et forme des fourrés très épais qu’il faudrait raser à nouveau. Autour du fort d’Écrouves, dont les bois sont communaux, on a acheté ceux de la commune d’Écrouves. Avec les communes de Pagney, Bruley et Lucey, on a passé des conventions aux termes desquelles les bois ont été abattus, et les rejets de souche doivent être coupés, chaque année, avant le printemps. À Foug50, il n’a pas été possible de s’entendre. 47 hectares de forêt appartiennent à la commune et sont situés à moins de 2 000 mètres du fort d’Écrouves. Autour du fort de Lucey, le déboisement de la plus grande partie du plateau a été opéré, et la coupe des repousses est assurée par une convention avec la commune. Il resterait, pour achever de dégager le plateau, à défricher le bois de Domfontaine, sur une superficie d’environ 55 hectares51.

Sur le plateau de Blénod52, il est urgent de déboiser le bois de Sorvigne, sur une superficie de 38 hectares, et celui de la Gare des Chèvres sur une superficie de 35 hectares. Pour construire la redoute de Charmes, et en dégager les abords, il faudra opérer un déboisement de 125 hectares au moins. La construction du fort de Libdeau aurait pour conséquence le défrichement de 160 hectares de terrains boisés. Tous ces défrichements sont à effectuer dès le temps de paix, car il serait impossible, au moment de la guerre, d’abattre et d’enlever une pareille quantité de bois. Dans le voisinage des ouvrages, il conviendra de conserver quelques arbres formant une futaie très clairsemée, de manière à masquer les formes de la fortification et, surtout à procurer sur place les bois de blindage, pour les besoins de la défense53.

Le 28 novembre 1882, un rapport destiné au comité des Fortifications est établi, concernant les déboisements à opérer pour dégager les vues des ouvrages de Frouard54 et de la batterie de l’Eperon55. Le 21 octobre 1882, le ministre soumet à l’examen du comité des Fortifications un dossier sur les déboisements à opérer, pour dégager les vues des ouvrages de Frouard. Le 21 mars 1882, le ministre de la Guerre prescrit l’ouverture de conférences entre l’administration des Forêts et le service du génie. Le chef du génie propose, dans la forêt domaniale, de dégager les vues du fort :

- sur le plateau de Malzéville,

- sur la vallée de la Meurthe,

- en direction de Nancy, avec les vues sur la route de Nancy-Toul,

- à travers le massif de la forêt, en direction de Bellefontaine et du ravin du Ruisseau des Étangs, afin de dégager la communication optique avec Domgermain,

- le passage du chemin stratégique qui relie les ouvrages de Frouard à la route de Paris à Strasbourg,

- la route des Cinq Tranchées à Frouard,

- la communication optique avec le fort de Gironville56.

Afin d’assurer la protection de l’espace boisé, entretenir les plantations, organiser les coupes et lutter contre les infractions aux règlements sur la chasse et la forêt, un personnel forestier est mis en place. Du fait du rôle militaire reconnu à la forêt, ce personnel passe sous le contrôle de l’autorité militaire.

L’organisation militaire du personnel forestier

Organisée à des fins militaires, la forêt nécessite la formation d’un corps de personnel forestier adapté à sa nouvelle fonction. Avant 1870, le personnel de l’administration forestière ne fait pas partie de l’armée. Le maréchal Soult, ministre de la Guerre sous Louis-Philippe, voulait utiliser, après Napoléon, les gardes forestiers comme guides, et prit à cet effet l’ordonnance du 4 août 1831. Cependant, la création des guides-forestiers ne se concrétisa pas avant la guerre de 187057. L’ordonnance se borne à indiquer les cas dans lesquels le corps des guides est mis à la disposition du ministre de la Guerre. Il forme, alors, des compagnies dites de "guides forestiers", mais, dans chaque département, le nombre de gardes appelés à faire partie de ces compagnies ne dépasse pas la moitié de ceux en activité durant le temps de paix58.

Un décret du 2 avril 187559, pris en exécution de la loi du 27 juillet 187260, énonce que tout corps organisé en armes est soumis aux lois militaires, fait partie de l’armée et relève, soit du ministre de la Guerre, soit du ministre de la Marine61. Un autre du 24 juillet 187362 précise que les hommes appartenant à des services régulièrement organisés en temps de paix peuvent, en tps de guerre, être formés en corps spéciaux, destinés à servir, soit avec l’armée active, soit avec l’armée territoriale. Enfin, un troisième décret du 13 mars 187563, sur la constitution des cadres de l’armée, modifie la donne en créant le corps militaire des chasseurs forestiers. Le personnel de l’administration des forêts entre dans la composition des forces militaires du pays64. Les agents et les préposés sont organisés par conservation et, suivant l’effectif disponible, en compagnie ou section de chasseurs forestiers65. Les compagnies sont divisées en deux catégories. Les unes formées des hommes propres au service de campagne, sont dites compagnies d’active et secondent les opérations des armées d’active. Les autres, dites compagnies territoriales, réunissent tous les autres hommes valides, et concourent au service de l’armée territoriale66. Les élèves de l’École forestière reçoivent une instruction militaire pendant leur séjour à l’École. Un officier désigné par le ministre de la Guerre est chargé de cet enseignement67, et les élèves sortent de l’École forestière avec le grade de sous-lieutenant68.

Un décret du 22 septembre 188269 modifie le décret de 1875 : il supprime la distinction entre compagnies actives et compagnies territoriales, et tient compte, pour les lieux de rassemblement, des circonscriptions du temps de paix70. En application du décret de 1882, des compagnies et des sections actives, et des compagnies et des sections de forteresse sont organisées. Tout forestier stationné à moins de dix kilomètres d’un groupe fortifié entre dans la composition de la garnison de guerre de ce groupe, et appartient à une compagnie ou section de forteresse, qui prend le nom du groupe fortifié à défendre71. Les compagnies et les sections actives sont formées de tous les autres préposés. Les unités actives sont formées en groupant les cantonnements voisins. De soixante à quatre-vingt hommes, les préposés forment une compagnie active, ou de forteresse ; de vingt à soixante hommes, les préposés forment une section ; en dessous de la section se trouve le détachement. Plusieurs détachements forment une section. Deux, trois ou quatre sections forment une compagnie72. Le décret du 18 novembre 189073 oblige les élèves de l’École forestière à s’engager pour trois ans, deux ans d’école, et une année comme sous-lieutenant dans une unité d’infanterie. Le corps des chasseurs forestiers se monte à 6 500 hommes74 et 280 officiers75. Il modifie l’organisation des hommes et distingue : les conservateurs, les inspecteurs, les inspecteurs adjoints, les gardes généraux, et les gardes généraux stagiaires.

La France est alors divisée en trente-deux conservations : à la tête de chacune se trouve un conservateur. Chaque conservation comprend plusieurs inspections, à la tête desquelles se trouvent des inspecteurs, chefs de service. Chaque inspection comprend plusieurs cantonnements, dirigés par un inspecteur adjoint, un garde général, ou un garde général stagiaire. Chacun de ces chefs de cantonnement a sous ses ordres directs deux, trois ou quatre brigadiers domaniaux, mixtes ou communaux, ayant eux-mêmes, sous leurs ordres, de trois à six gardes domaniaux mixtes ou communaux. De plus, en dehors des inspections, une conservation comprend un ou deux services spéciaux (aménagement, reboisement), dirigés par des inspecteurs, secondés par un à trois gardes généraux ou inspecteurs adjoints76. Les agents sont recrutés pour deux tiers parmi les élèves de l’école nationale forestière, établie à Nancy, ou bien parmi les préposés du service actif ayant quinze ans de service, et jugés aptes à remplir les fonctions d’agents. En entrant à l’école, les élèves signent un engagement militaire de trois ans. Pendant leurs deux années, ils reçoivent une instruction militaire, donnée par un officier attaché à l’école. Les cours portent sur la législation militaire, l’administration, l’artillerie, la fortification, le service en campagne, l’école du soldat, l’école de compagnie, le service intérieur, et le tir. Les exercices pratiques portent sur l’école du soldat, l’école de compagnie, le service en campagne, le tir, les levés rapides, les reconnaissances... Sept heures par semaine sont consacrées à l’instruction militaire. À la sortie de l’École forestière, les élèves sont nommés sous-lieutenants de réserve, et accomplissent un stage d’une année pour compléter leur engagement, dans un régiment d’infanterie, de ligne, ou un bataillon de chasseurs. À la fin de cette troisième année, ils sont alors nommés dans l’administration forestière avec le grade de garde général stagiaire77, ou celui de garde général78, suivant les notes obtenues79.

Les préposés comprennent les brigadiers (domaniaux, mixtes et communaux) et les gardes (domaniaux, mixtes et communaux). Ils sont astreints aux mêmes devoirs en cas de guerre. Les uns et les autres reçoivent, dès le temps de paix, leur armement, leurs effets de grand et de petit équipement, et de campement. Ils participent aux compagnies et aux sections de chasseurs forestiers80. Le décret de 1890 supprime la distinction de 1882 entre compagnies actives et compagnies de forteresse.

Le personnel de l’administration des forêts entre dans la composition des forces militaires du pays. Les préposés sont organisés, suivant l’effectif, en compagnies, sections ou détachements de chasseurs forestiers81. Ces unités secondent, dans la région de leur service du temps de paix, les opérations des armées actives, ou de la défense des places fortes82. Dans chaque département, les chasseurs forestiers sont organisés en sections, destinées à seconder les opérations des colonnes. Elles peuvent aussi concourir à la défense des centres de colonisation, et à la surveillance des voies de communication83. La première compagnie de chasseurs forestiers est formée à Épinal, le 4 août 1914, par le rassemblement des préposés forestiers de 25 à 48 ans, exerçant, en temps de paix, leurs fonctions administratives sur le territoire de la 21e région, qui recouvre en partie Chaumont84, Épinal et Nancy85. La compagnie comprend quatre officiers et deux cent vingt chasseurs. Elle prend part aux combats dans les Vosges puis dans le nord de la France, et paie un lourd tribut à la guerre86. Ce développement du corps du personnel forestier traduit les nouvelles fonctions reconnues à la forêt. Les militaires tirent parti de son rôle protecteur.

La nature protectrice de la forêt

Dans la Gaule chevelue, la forêt profonde abrite, selon une tradition qui confine à la légende, ces fiers barbares qui, combattant nus et poussant des cris effrayants, confiant leur foi en des divinités farouches et naturelles, effrayèrent tant les légions romaines. Au Moyen Age, les bois protègent les brigands et, afin de se prémunir des attaques, les seigneurs puis les rois prennent grand soin de défricher les abords des chemins. Les distances dégagées sont réglées afin de soustraire les voyageurs et les diligences au tir des arbalètes, puis des armes à feu. Ceci est particulièrement visible sur la route de Toul à Nancy, route très importante, qui conduit à Paris, et bénéficie, au xviiie siècle, des soins attentifs du chancelier de La Galaizière87. Les bois ont une fonction de masque : ils cachent aux vues de l’ennemi tant un rassemblement qu’un mouvement de troupe. L’adoption de la poudre sans fumée rend encore plus nécessaire qu’autrefois l’utilisation des couverts et des abris naturels, elle laisse l’ennemi dans l’incertitude, quant au point d’où partiront les feux et, par conséquent, sur le dispositif à prendre pour attaquer la troupe cachée à sa vue88. Ces masses sombres des forêts semblent impénétrables au néophyte. Les routes et les chemins qu’on rencontre se croisent et s’enchevêtrent, tels des labyrinthes. Les parties découvertes, résultats de coupes récentes, s’entremêlent avec les massifs serrés. Pour qui n’a pas l’habitude de la forêt, il est difficile de s’y reconnaître, et de s’y diriger89. C’est pourtant en suivant les lisières et les chemins qu’on y pénètre. Le combat sous bois s’avère un art difficile et dangereux, c’est pourquoi les armées modernes préfèrent utiliser les massifs forestiers comme points d’appui, sans y entrer.

Les forêts permettent, en effet, de barrer les frontières et de canaliser l’envahisseur vers les villes fortifiées, qui peuvent l’arrêter. Elles contribuent à la défense des places fortes, comme la forêt de Haye en avant de la place de Toul90. Le maintien de cette masse protectrice et vivante permet d’importantes économies d’hommes, de matériel et d’argent91. Selon les milieux, la forêt ménage deux types d’effet de barrière. Un effet de "barrière autogénique" naît de la seule présence du couvert : la lisière forestière dresse un mur d’une trentaine de mètres de hauteur. Un effet de "barrière associatif" : un ou plusieurs obstacles s’ajoutent à l’écran forestier qu’ils renforcent ou qui les renforce92. Les forêts de plaine barrent les trouées ménagées entre les rideaux défensifs, accentuent les obstacles des vallées inondables et des marais, et charpentent d’étroits couloirs de pénétration. Ainsi, la forêt de Woëvre dresse son écran touffu entre les crêtes septentrionales des Hauts de Meuse, contrôlées par le môle de Verdun et la citadelle de Montmédy, les forêts de Rambervillers et de Charmes renforcent de leurs murs massifs la rive droite de la Moselle entre Toul, Épinal, et les premiers contreforts du massif vosgien93. Entre les rideaux défensifs et la frontière, de grands massifs doivent ralentir la pénétration des armées allemandes. La forêt de Haye couronne l’amphithéâtre nancéien de la côte de Moselle, celles de Parroy et de Mondon verrouillent l’accès oriental à Lunéville94.

Deux principes antinomiques guident la relation du militaire à la forêt. La forêt limite les vues et gêne les tirs : d’où l’impérieuse nécessité de la réduire, de l’amoindrir ou de l’abattre. La forêt masque les œuvres, les constructions, les déplacements, dresse un obstacle à la progression de l’adversaire : elle mérite d’être conservée. Le choix des réponses données à ces problèmes façonne les couverts végétaux militarisés95. L’intervention du militaire sur la forêt porte sur les périmètres96, les biomasses97 et les biovolumes. Elle multiplie les lisières, externes et internes, modèle les peuplements, modifie parfois le cortège dendrologique, et crée et entretient des structures physionomiques instables98. Les "sylvofaciès civils", unités élémentaires de paysage forestier gérées par l’autorité civile, pour la production d’une ressource ligneuse, interfèrent avec des "sylvofaciès militarisés", dont la finalité est stratégique et organisée pour la défense du territoire. La combinaison raisonnée de ces deux types engendre un "sylvosystème militarisé"99. Le comité des Fortifications évalue et organise la pertinence du maintien de la couverture forestière, sur les points de haute tension géostratégique de la nouvelle frontière. Au premier niveau, le comité jauge le binôme continuité/morcellement de l’obstacle boisé. Au second niveau, il envisage la relativité de l’obstacle boisé à proximité immédiate d’une frontière100. Les structures ligneuses se travaillent sous des formes diverses : abattis, déboisés et ligne-rideau.

- L’abattis est une coupe pratiquée entre 1 m et 1,50 m de hauteur, souvent sans enlèvement des produits, car les entrelacs de branches et les troncs coupés accentuent l’effet d’obstacle. La technique est codifiée : "Les abattis sont des arbres abattus, et placés de manière à présenter, à l’ennemi, l’extrémité de leurs branches taillées en pointe (...) le tronc est laissé adhérent à la souche pour en rendre la destruction plus difficile"101.

- Les déboisés ouvrent dans les peuplements des trouées destinées à dégager les champs de vue et de tir devant les forts. Comme l’absence d’entretien laisse très vite les coupes se regarnir du rejet puissant des souches vivaces, le maintien du déboisé exige des dégagements permanents, dont les modalités sont définies par la destination opérationnelle102.

- La ligne-rideau permet de maintenir, ou de créer, un obstacle boisé linéaire, à effet de canalisation103.

En elle-même, la forêt se voit reconnaître une fonction protectrice. Elle joue également ce rôle lorsqu’elle est associée avec la fortification. C’est tout l’enjeu du camouflage, permettre de voir et d’attaquer sans être vu.

Le camouflage et la dissimulation des fortifications

Dissimuler les divers éléments de la fortification constitue un aspect essentiel de la défense des forts. La circulaire du 3 avril 1862 adresse aux directeurs des fortifications des instructions sur les plantations militaires, dans les places de guerre. Elle impose partout la plantation des terres-pleins, des glacis, des terrains militaires disponibles, afin de préparer, pour l’avenir, les ressources en bois nécessaires pour les divers travaux de la défense. Lorsque les arbres plantés sur les terrains militaires parviennent à la limite de leur croissance, tous ceux qui sont susceptibles d’être utilement employés pour la défense sont abattus et déposés dans les magasins du génie. Ils ne sont plus remis aux services des Domaines pour être vendus au profit du Trésor. Le 9 octobre 1911, une nouvelle instruction traite de l’organisation des places fortes et du déboisement. Dés le temps de paix, tout le terrain vu de la zone principale jusqu’à 500 m en avant de la ligne des forts est déboisé, et le déboisement est étendu jusqu’à 1 km autour des points d’appui. Ces déboisements sont effectués à blanc-étoc, à l’exclusion de tout essouchement. Un certain nombre d’arbres sont conservés sur pied, pour renforcer l’obstacle, au moment du besoin, par la création d’abattis, ou pour former un rideau masquant la position aux vues lointaines. Les déboisements ainsi opérés sont entretenus par des recépages104 périodiques des taillis. Ce travail d’entretien est exécuté par de la main d’œuvre civile, avec le concours de personnel militaire. Les terrains sont déboisés non seulement en avant des retranchements, mais encore jusqu’à environ dix mètres en arrière, car des bois trop proches des ouvrages constituent un danger, lorsque l’ennemi tire sur le bois avec des obus à mélinite. Il est possible, néanmoins, de laisser à petite distance, en avant du retranchement, une bande boisée d’une largeur suffisante pour faire des abattis sur place105. Ils serviront alors, le moment venu, à la défense.

Le 27 mai 1913, une note précise les mesures à prendre pour dissimuler aux vues les organes de défense des places fortes. L’adversaire ne doit pas pouvoir observer les effets du tir de l’artillerie, les mouvements des troupes et du matériel, les emplacements de batterie, les travaux de construction de la défense, et la vie de la place. Les organes de défense situés à l’intérieur des ouvrages, et les ouvrages eux-mêmes106, sont dissimulés aux vues de l’ennemi, de même que les chemins stratégiques, les voies de communication suivies par la défense, le tracé de la voie ferrée de 60, les établissements et les locaux militaires... En résumé, tous les organes essentiels de la place susceptibles d’être pris comme objectifs par l’artillerie de l’attaquant. Cette dissimulation aux vues ne doit cependant pas gêner le tir des divers organes de la défense, ni restreindre les vues des observatoires107. Pour atteindre ce résultat, l’ouvrage est raccordé par son tracé au terrain, et les ressauts brusques sont évités. Des formes irrégulières sont données aux talus, les angles saillants sont supprimés, et les surfaces sont rendues ondulantes. Des plantations sont judicieusement faites, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des ouvrages. Dans une organisation complète, ces plantations intéressent à la fois les glacis, les terre-pleins, les talus, et les cours... Les arbres, destinés à fournir ultérieurement une futaie, sont disposés de façon à éviter, après croissance convenable, l’existence de clairières assez étendues pour être visibles des observateurs terrestres de l’assiégeant, et des observateurs aériens. Sur les glacis, les arbres sont plantés de façons irrégulières et assez clairsemées, par exemple, un arbre par surface de 150 à 300 m2, suivant la situation topographique des lieux. Au fur et à mesure que la crête du glacis s’éloigne, les arbres doivent être de moins en moins denses et ébranchés à une hauteur de plus en plus grande. Cette hauteur prend en compte la pente du glacis et les vues éloignées recherchées. Pour ces plantations, une largeur de 50 à 80 m est suffisante dans les directions des batteries ennemies, et d’une vingtaine de mètres seulement sur les autres points. Pour que le sol tranche le moins possible avec la couleur des arbres, une végétation appropriée à l’essence d’arbres choisis, et harmonisée avec les cultures voisines, est plantée sur le glacis et dans le réseau de fils de fer. Des gazonnements à base de luzerne, de plantes rampantes, de ronces, et de bruyères sont utilisés, en ayant soin d’écarter les plantes dont le développement risque de former obstacle à l’action des feux d’infanterie, par les crêtes de l’ouvrage, et à celle du tir à mitraille des canons destinés à la défense rapprochée. Pour les plantations à l’intérieur, en arrière et latéralement, les côtés des cours et de la rue du rempart, ainsi que leur talus, sont également plantés. Des arbustes d’essence appropriée, dont le feuillage masque les crêtes aux vues rapprochées, et dont les racines soutiennent les terres, sont disposés sur les plongées et les talus extérieurs.

Un ouvrage ainsi protégé contre les vues se présente sous la forme d’un îlot de verdure assez étendu, dont les détails de la fortification s’avèrent difficiles à distinguer. L’emplacement exact de l’ouvrage lui-même est caché108. Les cuirassements sont recouverts de peinture mate, ou de coaltar109 saupoudré de sable, pour le rendre moins brillant. Des couches discontinues, soit des bandes alternées de formes irrégulières, soit de grosses taches ou des pointillés grossièrement faits110, peuvent se substituer à une couche de peinture uniforme. Ici, aussi, des plantes rampantes et des arbustes sont employés111. Les mêmes objectifs de discrétion et de protection sont recherchés pour les maçonneries, les surfaces non herbacées, les batteries, les retranchements, les voies de communication et les centres de résistance. Des peintures, des produits ou des matériaux appropriés, tels que scories, poussières de charbon, sable, et caillou sont utilisés. Avec l’enfouissement sous terre, le recours à la végétation est constamment développé. C’est l’usage des plantes rampantes et grimpantes sur les murs, voire du gazonnement112. Un masque le long des voies à protéger, chemins stratégiques et voies de 60, est réalisé, soit d’un seul côté soit des deux, suivant leur situation dans la place. Les éléments enterrés dans le périmètre des centres de résistance, ouvrages et batteries, voient leur protection complétée, par des plantations établies sur le front de défense, et dans ses abords. Des massifs boisés sont créés à l’intérieur et destinés, par la projection des divers éléments les uns sur les autres, à donner à l’ensemble, pour des observateurs terrestres et aériens éloignés, l’aspect anodin de la végétation113. C’est tout l’enjeu du camouflage.

Ainsi, l’environnement n’échappe par à l’effort militaire de la Nation. Ce phénomène se vérifie dans la zone forestière sensible que représente l’Est et ses départements très boisés. Le poids de la forêt est pris en compte par les autorités militaires, dans l’organisation des manœuvres et comme appui et couverture des troupes. La flore est également utilisée pour cacher à l’ennemi les ouvrages de défense et les fortifications. La ligne Maginot, qui succédera aux forts Séré de Rivière dans l’entre-deux-guerres, reprendra les mêmes principes et s’enterrera encore plus profondément, jusqu’à devenir totalement invisible aux yeux de l’adversaire.

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Notes:

1 Louis Breton, Du rôle des forêts en temps de guerre, Paris, 1894, p. 151.

2 Ibid., p. 3.

3 Chef-lieu du département de l’Aisne.

4 Louis Breton, op. cit., p. 1.

5 Jean-Paul Amat, "Le rôle stratégique de la forêt, 1871-1914. Exemple dans les forêts lorraines", Revue historique des armées, 1993-1, p. 65.

6 Loi relative à la délimitation de la zone frontière et à la compétence de la commission mixte des Travaux publics, le 7 avril 1851 (11 avril, X, Bull. CCCLXXVII, n. 2855).

7 Cette commission est composée de hauts fonctionnaires civils, choisis parmi les conseillers d’État, les inspecteurs généraux des Ponts et chaussées et des Eaux et forêts, et des officiers généraux issus du génie, de l’artillerie, et de la marine.

8 François Reitel, "Le rôle de l’armée dans la sauvegarde des forêts en Lorraine du xixe au xxe siècle", Les Cahiers Lorrains, 1992, p. 323.

9 Rapport et décret impérial sur la délimitation de la zone frontière, l’organisation et les attributions de la commission mixte des travaux publics, 16 août 1853 (14 octobre, XI, Bull. XCVII, n. 816).

10 Ibid, p. 324.

11 Jean-Paul Amat, "La forêt, composante de l’organisation défensive du territoire, 1871-1914", Mémorial de Verdun, 1996, p. 113.

12 Décret portant règlement d’administration publique concernant la délimitation de la zone frontière dans l’étendue de laquelle sont applicables les règles relatives aux travaux mixtes, le 3 mars 1874 (11 avril, XII, B. CXC, n. 2846).

13 Décret portant règlement d’administration publique sur la délimitation de la zone frontière et la réglementation des travaux mixtes, le 8 septembre 1878, (XII, B. CCCCXIV, n. 7414).

14 Jean-Paul Amat, "Le rôle stratégique de la forêt, 1871-1914. Exemple dans les forêts lorraines", art. cit., p. 67.

15 François Reitel, art. cit., p. 326.

16 Ibid, p. 331.

17 Ibid, p. 331.

18 A.D.M.M. : 1556 W 1. Lettre du chef du génie à l’inspecteur adjoint des Eaux et forêts, le 21 novembre 1891.

19 A.D.M.M. : 1556 W 1. Lettre du chef du génie à l’inspecteur des Eaux et forêts, le 14 août 1891.

20 Meurthe-et-Moselle, arrondissement de Toul, canton de Domèvre-en-Haye.

21 A.D.M.M. : 1539 W 1. Rapport du garde général des Eaux et forêts, le 29 décembre 1896.

22 Meurthe-et-Moselle, arrondissement de Toul, canton de Toul-Nord.

23 A.D.M.M. : 1562 W 2. Lettre du chef du génie, le 27 septembre 1897.

24 Jean-Paul Amat, "Le rôle stratégique de la forêt, 1871-1914. Exemple dans les forêts lorraines", art. cit., p. 65.

25 Pour ce qui concerne, avant 1877, les forêts domaniales.

26 Jean-Paul Amat, "Le rôle stratégique de la forêt, 1871-1914. Exemple dans les forêts lorraines", art. cit., p. 69.

27 Loi relative à l’expropriation et à l’occupation temporaire, en cas d’urgence, des propriétés privées nécessaires aux travaux de fortification, le 30 mars 1831 (2 avril, IX, Bull. XXXI, n. 98).

28 Loi sur l’expropriation pour cause d’utilité publique, le 3 mai 1841, (6 mai, IX, Bull. DCCCVIII, n. 9285).

29 Jean-Paul Amat, "Le rôle stratégique de la forêt, 1871-1914. Exemple dans les forêts lorraines", art. cit., p. 69.

30 A.D.M.M. : 1540 W 6. Décret sur le défrichement des bois autour de la place de Toul, le 15 août 1876.

31 A.D.M.M. : 1539 W 1. Décret qui affecte au département de la Guerre divers terrains dépendant de la forêt domaniale de Bois-l’Evêque, le 18 février 1886, (20 mars 1886), XII, B. CMXCIX, n. 16, 450. "Considérant que par suite des déboisements à exécuter dans un intérêt stratégique autour de la place de Toul, il y a lieu d’affecter au service du département de la Guerre, des terrains d’une contenance totale de 726 H situés dans la forêt domaniale de Bois l’Evêque, sur le territoire des communes de Pierre-la-Treiche, Sexey-aux-Forges et Gondreville".

32 Jean-Paul Amat, "Forêt et défense du territoire : France du Nord-Est, 1871-1914", Stratégique, nº 56, 1992, p. 328.

33 A.D.M.M. : 2 R 71. Dépêche du ministre de la Guerre au directeur du génie à Toul, le 20 septembre 1877.

34 Meurthe-et-Moselle, arrondissement de Toul, canton de Toul-Nord.

35 A.D.M.M. : 1556 W 3. Autorisation préfectorale, le 21 février 1877.

36 A.D.M.M. : 2 R 71. Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de Lucey, le 30 mai 1886.

37 A.D.M.M. : 2 R 71. Acte d’acquiescement à la décision du jury d’expropriation, le 6 octobre 1898.

38 A.D.M.M. : 2 R 71. Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de Lucey, le 12 novembre 1877.

39 A.D.M.M. : 1556 W 3. Rapport du sous-inspecteur des forêts de Toul, le 25 septembre 1879.

40 A.D.M.M. : 1539 W 1. Lettre du conservateur des Eaux et forêts, le 5 mars 1886.

41 Droit de faire paître le bétail.

42 A.D.M.M. : 1556 W 3. Droits de chasse et de pacage.

43 Meurthe-et-Moselle, arrondissement de Toul, canton de Toul-Nord.

44 Meurthe-et-Moselle, arrondissement de Toul, canton de Toul-Nord.

45 Meurthe-et-Moselle, arrondissement de Toul, canton de Toul-Nord.

46 A.D.M.M. : 2 N 18. Rapport du sous-préfet de Toul, 1878.

47 A.D.M.M. : 2 N 18. Rapport du sous-préfet de Toul, 1881.

48 S.H.A.T. : 1 V art. 23 Toul art. 1. Mémoire sur la mise en état de défense de la place de Toul, le 5 février 1881.

49 Meurthe-et-Moselle, arrondissement de Toul, canton de Toul-Sud.

50 Meurthe-et-Moselle, arrondissement de Toul, canton de Toul-Nord.

51 S.H.A.T. : 1 V art. 23 Toul art. 1. Mémoire sur la mise en état de défense de la place de Toul, le 5 février 1881.

52 Meurthe-et-Moselle, arrondissement de Toul, canton de Toul-Sud.

53 S.H.A.T. : 1 V art. 23 Toul art. 1. Mémoire sur la mise en état de défense de la place de Toul, le 5 février 1881.

54 Meurthe-et-Moselle, arrondissement de Nancy, canton de Pompey.

55 S.H.A.T. : 1 V art. 12 sect. 1 cart. 39. Rapport au comité des Fortifications, le 28 novembre 1882.

56 Meuse, arrondissement de Commercy, canton de Commercy.

57 Lucien Balanger, op. cit., p. 2.

58 Louis Breton, op. cit., p. 10.

59 Décret relatif à l’organisation militaire du corps forestier, le 2 avril 1875, (8 avril, XII, B. CCLI, n. 4084).

60 Loi sur le recrutement de l’armée, le 27 juillet 1872, (17 août, XII, B. CI, n. 1337).

61 Loi du 27 juillet 1872, art. 6.

62 Loi sur la réorganisation générale de l’armée, le 24 juillet 1873, (7 août, XII, B. CXLVII, n. 2249).

63 Loi relative à la constitution des cadres et des effectifs de l’armée active et de l’armée territoriale, le 13 mars 1875, (28 mars, XII, B. CCLVII, n° 4189).

64 Décret relatif à l’organisation militaire du corps forestier, le 2 avril 1875, (8 avril 1875), XII, B. CCLI, n. 4084.

65 Ibid, art. 2.

66 Ibid, art. 3.

67 Ibid, art. 6.

68 Lucien Balanger, op. cit., p. 4.

69 Décret qui réorganise sur de nouvelles bases le corps des chasseurs forestiers, le 22 septembre 1882 ( 26 septembre XII, B. DCCXXXIV, n° 12, 501).

70 Louis Breton, op. cit., p. 149.

71 Ibid.

72 Ibid.

73 Decret réorganisant sur de nouvelles bases le corps des chasseurs forestiers et déterminant, en cas de mobilisation, les affectations des agents ou préposés de l’administration des forêts, 18 novembre 1890 (3 février 1891 XII, B. MCCCLXXI, n. 22, 975).

74 6 000 en métropole et 500 en Algérie.

75 Lucien Balanger, op. cit., p. 4.

76 Louis Breton, op. cit., p. 151.

77 Équivalent au grade de sous-lieutenant dans l’armée de terre.

78 Équivalent au grade de lieutenant dans l’armée de terre.

79 Louis Breton, op. cit., p. 152.

80 Ibid, p. 153.

81 Ibid, p. 154.

82 Ibid, p. 154.

83 Ibid, p. 157.

84 Haute-Marne, chef-lieu du département.

85 Lucien Balanger, Historique de la 1re compagnie des chasseurs forestiers, campagne 1914-1918, Luxeil, 1919, p. 1.

86 Ibid, p. 2.

87 Chancelier de Lorraine sous le duc Stanislas Leczinski, ancien roi de Pologne, duc de Lorraine et gendre de Louis XV.

88 Lucien Balanger, op. cit., p. 5.

89 Ibid, p. 7.

90 La forêt de Haye, jadis propriété ducale puis royale, fut nationalisée à la Révolution.

91 François Reitel, art. cit., p. 325.

92 Jean-Paul Amat, "La forêt, composante de l’organisation défensive du territoire, 1871-1914", art. cit., p. 111.

93 Jean-Paul Amat, "Forêt et défense du territoire : France du Nord-Est, 1871-1914", art. cit., p. 317.

94 Ibid, p. 317.

95 Jean-Paul Amat, "La forêt, composante de l’organisation défensive du territoire, 1871-1914", art. cit., p. 109.

96 Espace délimité par une ligne.

97 Masse totale de l’ensemble des êtres vivants subsistant en équilibre sur une surface donnée du globe terrestre.

98 Jean-Paul Amat, "La forêt, composante de l’organisation défensive du territoire, 1871-1914", art. cit., p. 109.

99 Ibid, p. 109.

100 Ibid, p. 114.

101 Ibid, p. 112.

102 Ibid, p. 113.

103 Ibid, p. 113.

104 Action d’étêter ou de couper près du sol pour obtenir des rejets plus drus et vigoureux.

105 S.H.A.T. : Fonds Lemaitre, cart. 7. Instruction sur l’organisation des places-fortes et du déboisement, le 9 octobre 1911.

106 Tels que forts, batteries et retranchements.

107 S.H.A.T. : 2 V 1. Note sur les mesures à prendre pour dissimuler aux vues les organes de défense, le 27 mai 1913.

108 Ibid.

109 Goudron obtenu par distillation de la houille.

110 Un quadrillage ou des rayures composés d’un tiers de blanc et de deux tiers de couleur, par exemple.

111 S.H.A.T. : 2 V 1. Note sur les mesures à prendre pour dissimuler aux vues les organes de défense, le 27 mai 1913.

112 Mais cette végétation glisse sous l’action de la pluie et sèche sous le soleil.

113 S.H.A.T. : 2 V 1. Note sur les mesures à prendre pour dissimuler aux vues les organes de défense, le 27 mai 1913.

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