LA FRANCE ET LA QUESTION ESPAGNOLE 18361

 

Jean-Charles Jauffret

 

 

Placée au Finistère de l’Europe, la France est avant tout une puissance continentale. Depuis le temps des grands Capétiens, les divers régimes qui se sont succédés à la tête de l’État cherchent à éloigner le plus possible d’une capitale sans défense naturelle la frontière la plus vulnérable, celle de l’Est et du Nord-Est. Pour parvenir à protéger "la belle frontière du Rhin2", la France doit tout d’abord assurer son arrière-garde, c’est-à-dire sa frontière du Sud-ouest. Depuis la grande peur suscitée par l’encerclement des États de Charles-Quint, la France ne peut rester indifférente aux "affaires d’Espagne" et, par nécessité, elle intervient dans l’espace géopolitique méditerranéen. Définitivement adossée aux Pyrénées depuis Louis XIV, elle cherche moins un agrandissement territorial que la sécurité. Constante de la diplomatie et de la stratégie françaises depuis la guerre de Succession d’Espagne, le gouvernement qui siège à Madrid ne doit pas constituer une menace. Une Espagne isolée et faible, abaissée au rang de puissance régionale dont il faut rechercher l’alliance ou la neutralité bienveillante, convient parfaitement à la sûreté des frontières françaises.

Mais pareille ambition peut être contrariée par les soubresauts révolutionnaires qui agitent régulièrement la péninsule ibérique. Le plus souvent, la France soutient le gouvernement légal, comme elle le fit en 1823. Par là même, toute insurrection devient suspecte et l’État français ne la considère pas comme un mouvement de libération nationale dans un pays qui, au xixe siècle, souffre d’un mai endémique : la guerre civile.

En 1833, à la mort de Ferdinand VII, éclate la première guerre carliste. À Madrid, soutenue par les libéraux modérés, la reine régente Marie-Christine de Bourbon défend les intérêts de sa fille Isabelle II, légitimement désignée par Ferdinand VII sur son lit de mort. Mais Don Carlos, frère du défunt roi, ne reconnaît pas cette abrogation de la loi salique. Pour conquérir le trône, il se sert d’un mouvement régionaliste établi sur les fueros basques, le particularisme de la Navarre et le fanatisme religieux des provinces du Nord menacées par les réformes anticléricales du gouvernement constitutionnel. En 1835, les troupes de la reine enferment les carlistes dans un étau formé par l’Ebre, les Pyrénées et une ligne allant de Vitoria à Bilbao, front qui, faute de moyens, évolue peu en dépit des coups de boutoir de Don Carlos. La guerre s’enlise. L’Espagne devient la Vendée de l’Europe. Le souvenir de la promenade militaire de 1823 s’efface devant le rappel des atrocités de la terrible lutte de 1808-1814. Le côté fanatique de ce conflit est illustré par ces confidences inédites que le général Maroto fait au général Harispe, vieux grognard de l’Empire, commandant en 1836, la vingtième division militaire de Bayonne :

- Harispe : "Croyez-vous que l’armée de la reine Christine puisse, avec des renforts, venir à bout de l’insurrection ?"

- Maroto : "Jamais. L’armée insurgée et la population pourront se laisser égorger, mais jamais se compromettre. Il y a entre elle et l’armée de Christine un lien de haine et de vengeance que rien ne pourra rompre et qui survivra à tout"3.

La prudence envers l’Espagne est de rigueur. Le roi Louis-Philippe s’exclame : "L’intervention dans de telles circonstances compromettrait la paix en Europe et ma couronne, rien ne pourra faire que je m’y laisse entraîner"4.

Pourtant, le roi des Français ne peut prendre le risque de voir s’établir, en Espagne, une monarchie absolue qui ébranlerait en France le gouvernement issu de la révolution de Juillet. En outre, des légitimistes se battent aux côtés des carlistes qui bénéficient de la sympathie de la Russie, de l’Autriche et de la Prusse, puissances absolutistes, membres de la Sainte-Alliance5. De plus, une nouvelle équipée, comme celle de la Duchesse de Berry, soutenue par les troupes carlistes ne risque-t-elle pas de renverser "le roi des barricades" tout en semant le trouble en Europe ?

Sans enthousiasme, Louis-Philippe choisit alors l’intervention indirecte, avec l’accord des puissances libérales européennes. Le 22 avril 1834 est signée la quadruple alliance entre l’Espagne, le Portugal, la France et la Grande-Bretagne. Ce traité d’assistance, fort vague, pris au nom de la solidarité constitutionnelle, aboutit cependant, le 28 juin 1835, après une offensive carliste, à des clauses militaires. L’Angleterre forme une légion de 12 000 volontaires, tandis que le Portugal offre 6 000 combattants. Mollement commandées par Sir Lacy Evans, inquiet de l’instabilité politique de la Régence, ces troupes cantonnent sur les côtes de San Sebastian à proximité des canons des vaisseaux de Sa Gracieuse Majesté. De son côté, la France fait un geste en cédant à l’Espagne une troupe qui n’a encore aucun prestige, les 5 000 hommes de la légion étrangère commandée par le général Bernelle. Celui-ci réorganise ses légionnaires et crée une division comprenant de l’artillerie et un régiment de lanciers polonais6 formé par les nombreux réfugiés ayant fui la sanglante répression russe de 1830-31 en Pologne. Les résultats sont encourageants mais non décisifs. Les effectifs demeurent trop faibles pour remporter la décision et, rapidement, la cession de légionnaires à l’Espagne apparaît comme une demi-mesure.

L’heure de Thiers a sonné. Le 22 février 1836, Louis-Philippe appelle Adolphe Thiers à la présidence du Conseil et lui donne aussi la responsabilité du ministère des Affaires étrangères. Deux études récentes, l’une britannique signée par J.P.T. Bury et R.P. Tombs7, l’autre française due à Pierre Guiral8, redonnent une image plus positive d’un des rares hommes d’État français du siècle dernier. Lorsque à 39 ans, pour la première fois, Thiers est à la tête du gouvernement, il est persuadé qu’il détient seul les clés du pouvoir. Son impétuosité, sa jeunesse, lui font faire quelques erreurs de jugement mais au nom d’un noble but : redonner à la France son rang de grande puissance européenne et mettre fin à la quarantaine imposée par les États de la Saint Alliance depuis 1815. Le président du Conseil poursuit une politique de grandeur, en inaugurant l’arc de triomphe de Paris, en relançant la conquête de l’Algérie et en signant le traité, oublié, du 13 mai 1832 par lequel la France prêtait généreusement 20 millions de francs au gouvernement grec. Marseillais d’origine, Thiers renoue ainsi avec une vigoureuse politique méditerranéenne pour tenir en respect l’Europe des rois absolus qui ne reconnaissent qu’avec dégoût le régime du "roi bourgeois". Or, la première guerre carliste se présente fort à propos pour asseoir la Monarchie de Juillet. Thiers connaît bien la question espagnole. En 1823, il effectua, en Cerdagne, un reportage pour les lecteurs du Constitutionnel, et, depuis 1835, il réclame une intervention plus directe de la France, comme nous l’avons montré dans une étude précédente9.

À la fois militaire et diplomatique, l’action de Thiers, en 1836, se fait en deux temps : prudence puis précipitation. Désigné à la tête du gouvernement à la condition expresse que la France ne s’engagerait pas plus avant en Espagne, Adolphe Thiers essaie tout d’abord de rassurer les puissances continentales. Conseillé par Talleyrand qui y voit un bon moyen de museler l’opposition légitimiste et d’assurer la pérennité de la maison d’Orléans, Thiers recherche une princesse autrichienne pour le fils aîné de Louis-Philippe. L’affaire tourne court, lorsque Metternich, très réservé envers Louis-Philippe, apprend que, le 25 juin 1836, un nouvel attentat a failli coûter la vie au roi des Français.

Cet échec d’un rapprochement avec la Sainte-Alliance sert en fait le grand dessein de Thiers en Espagne, au moment où l’opinion, très hostile aux monarchies absolues, est sous le choc de l’occupation de la République autonome de Cracovie par les troupes russes, autrichiennes et prussiennes. À la même époque, en avril 1836, les carlistes remportent quelques succès. Il convient d’agir rapidement, mais sans éveiller les soupçons d’un roi craintif. Pour ce faire, le président du Conseil se sert de la légion étrangère. Afin de combler les vides faits par la guerre dans les troupes envoyées en Espagne, depuis le 16 décembre 1835, une "nouvelle légion étrangère" est en formation à Pau10. Les effectifs atteignent bientôt 6 000 hommes. Thiers y voir l’instrument d’une "coopération armée", c’est-à-dire une intervention directe destinée à soutenir les efforts de réorganisation de l’armée espagnole tentée par le général Cordova. Ce "corps auxiliaire" de Pau se transforme rapidement en véritable division interarmes et Thiers décide d’en confier le commandement à un ami personnel, le général Bugeaud. Celui-ci, à bord du Sphinx, quitte Alger et cingle déjà pour Toulon. Faire appel à ce chef prestigieux d’une armée d’Afrique, alors en gestation, concrétise, en quelque sorte, la politique méditerranéenne de Thiers.

Comme le note dans ses précieux souvenirs le comte Pelet de la Lozère, riche protestant, ministre de l’Instruction publique de Thiers : "Son projet était de porter la "nouvelle légion étrangère" à 10 000 hommes par les enrôlements faits en France et de lui donner le général Bugeaud pour chef. La légion anglaise, forte également de 10 000 hommes, consentirait à se placer sous le même commandement, disait-il. Le gouvernement espagnol y joindrait un même corps de même force, et, avec ses 30 000 hommes, le général Bugeaud aurait bientôt terminé la guerre civile et expulsé Don Carlos"11.

Constituer en semi clandestinité, à l’égard du roi, un corps de troupe de plusieurs milliers d’hommes est une chose, mais cacher la nomination d’un chef aussi célèbre que le général Bugeaud en est une autre. Pour convaincre Louis-Philippe qui n’a aucune sympathie pour le grand chef de l’armée d’Afrique, Thiers joue alors sa dernière carte. Il profite de la nouvelle d’un succès des libéraux contre les carlistes pour proposer une alliance matrimoniale avec les Bourbons d’Espagne. Notre seule source, à ce propos, demeure ce que Thiers écrit de sa propre main, les 4 et 7 août 1836, note recueillie plus tard par la fidèle Sophie Dosne. L’idée d’un mariage entre le duc d’Aumale, qui deviendrait Philippe VI, roi d’Espagne, et la reine Isabelle semble quelque peu extravagante. S’agit-il d’une de ces "babinettes", mot familier dont on se sert dans l’entourage des Orléans dès que surgit quelque projet matrimonial pour les fils de Louis-Philippe12 ? Bien qu’il faille rester prudent, il semble bien que non.

L’affaire est d’importance. Pour la dernière fois dans l’histoire de la monarchie française, témoin d’une continuité entre la branche aînée et la branche cadette, Thiers reprend la vieille idée qui remonte à Louis XIV, c’est-à-dire la formation d’un grand royaume latin aux deux couronnes. Une fusion complète entre les maisons de France et d’Espagne étant impossible, vu les clauses du traité d’Utrecht, un mariage concrétiserait sinon une alliance, du moins une solide amitié. De plus, pareille union consoliderait la politique méditerranéenne de la France : elle garantirait définitivement la frontière des Pyrénées, reconnaîtrait une fois pour toutes l’Oranais à la France, zone que revendique l’Espagne en raison de son installation antérieure à Ceuta et Melilla. En outre, les communications entre Alger et Marseille n’auraient plus à craindre l’intervention d’une flotte hostile concentrée aux Baléares.

Le 7 août, Thiers fait part de son grand dessein au roi qui le reçoit dans le parc de l’île de Neuilly. Lisons ce que Thiers écrit quelques heures après cette conversation mémorable :

- Thiers : (...) "un jour le duc d’Aumale sera sur le trône d’Espagne en épousant la reine Isabelle".

- Le roi : c’est une enfant de six ans ; son trône n’est pas sûr ; et puis que de jalousies une pareille alliance ne soulèverait-elle pas contre nous ? Nous marchons d’accord avec l’Angleterre, aujourd’hui, elle deviendrait notre ennemie (…) On dirait que nous renouvelons les projets de Louis XIV et de Napoléon. Songez, mon cher ministre, que Napoléon s’est perdu en Espagne.

- Thiers : nous avons le vœu des Espagnols pour nous, et si, lorsque cette cause qui est la nôtre sera sauvée, pour lier davantage les deux pays nous unissons les deux familles régnantes, il n’y aura rien que de naturel et surtout rien de violent".

Et le président du Conseil termine son récit par cette image fort à propos :

"À un détour d’allée, quelqu’un se jeta précipitamment au-devant du roi. Le roi s’arrêta d’une manière ferme sur ses jambes en avançant sa poitrine et relevant la tête, M.Thiers fut un instant fort ému. C’était le jeune duc d’Aumale qui s’écria : "Ah! Papa, te voilà !" Le roi sans aucune humeur lui dit : "Oui, mon enfant" et l’embrassa"13.

La vivacité de méridional de Thiers, de ce fils de Massalia, plus sensible que les autres hommes d’Etat français aux questions méditerranéennes, ne suffit pas cependant à briser la traditionnelle prudence de Louis-Philippe. Le 12 août, en Conseil des Ministres, le roi lui fait part des inquiétudes de la Sainte Alliance quant aux "renforts" à destination de l’Espagne. Le soir même, grâce au télégraphe Chappe, le gouvernement français a connaissance d’une révolution de palais qui vient d’avoir lieu à Saint-Ildefonse, résidence de la reine régente. L’abaissement de la monarchie espagnole met un terme à tout projet d’alliance matrimoniale. La chute de Thiers s’en trouve précipitée. Le 17 août, le roi découvre les "cachotteries", de son président du Conseil à propos des 10 000 hommes réunis à Pau. De plus, il apprend que Thiers, quatre jours plus tôt, a couvert le passage en Espagne d’un premier renfort. En effet, le colonel Lebeau, du 57e de ligne, a franchi les Pyrénées à la tête de quelques centaines de légionnaires en se disant envoyé par le roi des Français. Le 26 août, après l’annonce d’un nouveau coup d’État à Madrid, Thiers n’a plus qu’à remettre sa démission14. Le "corps auxiliaire" de Pau est immédiatement dissout. La question espagnole n’intéresse plus la France, les troupes de général Bernelle qui guerroient en Navarre sont laissées dans le plus total abandon15.

L’erreur principale de Thiers a été de croire, selon sa propre formule, que "le roi règne mais ne gouverne pas". Il a sous-estimé Louis-Philippe sans comprendre que celui-ci cherche moins une grandeur ostentatoire qu’à parvenir à la respectabilité en Europe, ce qui implique une politique extérieure prudente, garante de la pérennité de la dynastie des Orléans. Chef de gouvernement encore inexpérimenté, Adolphe Thiers a voulu aller trop vite et trop loin, mais cette affaire espagnole de 1836 a au moins le mérite de rappeler la nécessité d’une entente avec l’Espagne, en veillant à toute menace d’extension d’une insurrection.

Napoléon III poursuit cette politique qui ne se limite pas au seul choix d’une épouse espagnole. Toutefois, comme l’a montré Émile Témine dans sa thèse d’État consacrée aux rapports franco-espagnols de 1852 à 1870, l’empereur ne parvient pas à nouer une alliance sûre, en dépit de liens commerciaux renforcés et de la participation occasionnelle de troupes espagnoles à des aventures outre-mer comme les expéditions de Cochinchine ou du Mexique. En 1870, la France se retrouve sans ami sûr en Europe, d’où sa très vive réaction à 1’annonce de la candidature Hohenzollern au trône d’Espagne. La peur d’un nouvel encerclement précipite la guerre. L’attitude du gouvernement espagnol est suffisamment suspecte pour qu’une précieuse division d’active, qui veille à la frontière pyrénéenne, ne puisse rejoindre l’armée de Chalons qu’à la fin août 1870, soit plus d’un mois après le début des hostilités entre la Prusse et la France16.

La IIIe République n’oublie pas la leçon. Face à l’ennemi désigné et reconnu, c’est-à-dire l’empire allemand, l’armée française n’a pas le choix : il lui faut rassembler sur les Vosges, à l’heure de la Revanche, toutes les troupes disponibles et se résoudre à ne faire garder les Pyrénées que par quelques unités territoriales17. Certes, au xixe siècle, selon l’expression de Thiers, "l’Espagne est un pays fatigué"18 ; son nationalisme ombrageux vit encore des gloires d’antan, jusqu’au réveil brutal de 1898 lorsqu’elle perd ses dernières colonies. Mais la péninsule ibérique demeure un élément fondamental de la sécurité française. Conscients des nécessités stratégiques, les diplomates français font preuve de prévenance envers l’Etat espagnol dont l’autorité est pleinement restaurée par la constitution de 1876. Or, en 1887, Bismarck parvient indirectement à intégrer les Bourbons d’Espagne dans son système d’alliance qui met virtuellement la France en quarantaine. C’est une menace directe qui pèse sur la mobilisation et le passage du XIXe corps d’armée, c’est-à-dire l’armée d’Afrique, en métropole. La crainte est suffisamment importante pour que Théophile Delcassé, maître du Quai d’Orsay de 1898 à 1905, renoue avec une vigoureuse politique méditerranéenne en sacrifiant une partie du Maroc aux intérêts espagnols. Le résultat de ces efforts, en 1914, est positif : la IIIe République bénéficie d’une neutralité bienveillante de l’Espagne.

En bref, au xixe et au xxe siècles, se vérifie cet axiome un peu trop oublié dans notre histoire diplomatique et militaire : la France ne peut affronter d’ennemi continental que s’il lui est possible de dégarnir en toute sécurité ses frontières méditerranéennes.

Abréviations

A.A.E. : Archives des Affaires Étrangères.

S.H.A.T. : Service historique de l’armée de terre.

________

Notes:

1 Communication présentée au xiie colloque de la Commission internationale d’histiore militaire, Athènes, 1987.

2 Claude Digeon, La Crise allemande de la pensée française, 1870-1914, thèse d’État, Paris, P.U.F., 1959, 568 p., p. 535.

3 Interrogatoire confidentiel, sans date, dossier 776, fonds Espagne, A.A.E.

4 Pelât de la Lozère, "Souvenirs du roi Louis-Philippe", Revue universelle, juillet-septembre 1925, p. 12.

5 Dossier "Légitimistes en pays étranger, 1830-1846", carton 15, série affaires diverses, politique France, A.A.E.

6 Sur la composition détaillée de cette division, cf. notre thèse de iiie cycle : L’idée d’une division de légion étrangère et le premier régiment étranger de cavalerie, 1836-1940, Montpellier III, 1978, p. 30-33.

7 Thiers, 1797-1877, a Political Life, Londres, Allen et Unwin, 1986, 308 p.

8 Adolphe Thiers, Paris, Fayard, 1986, 622 p.

9 M. Thiers, "l’Espagne et la légion étrangère, 1835-1837", Revue historique des Armées, n° 3 spécial, 1979, pp. 145-171, article traduit en espagnol dans la Revista de Historia militar, anno XXIV, n° 49, 1980, pp. 81-104.

10 Sur les conditions de sa formation, ibid., pp. 157-160.

11 Op. cit., p. 14. Cette assertion est confirmée par un intime de Thiers, Charles de Rémusat, Mémoires de ma vie, Paris, Plon, 1963, tome 3, p. 173, et par une lettre de Bugeaud à Thiers, en date du 10 août 1836, publiée par Henri Malo, en 1928, dans les Mémoires de Mme Dosne, l’égérie de M. Thiers, tome I, pp. 137-138. Bugeaud ne souhaite intervenir qu’à la condition de disposer d’un minimum de 20 000 légionnaires formés à Pau.

12 Pierre Guiral, op. cit., p. 176.

13 Mémoires de Mme Dosne..., tome I, op. cit., p. 151-152. Louis-Philippe n’est pas insensible à l’idée d’un mariage espagnol pour un héritier des Orléans. En 1846, il fiance son dernier fils, le duc de Montpensier, à la sœur cadette de la reine Isabelle. Cette union n’a pas l’importance du projet de 1836 qui devait donner un roi français à l’Espagne et Thiers s’en désintéresse parce que Louis-Philippe a rompu l’entente avec l’Angleterre. Pierre Guiral, op. cit., p. 219.

14 Sur les circonstances et la forme de la démission de Thiers, cf. Bury et Tombs, op. cit., p. 59.

15 Sur la fin de la légion en Espagne, cf. notre thèse de IIIe cycle, op. cit., p. 38-42.

16 Cette grande unité entre dans la composition du 12e corps d’armée commandé par le général Trochu, cf. Michael Howard, The Franco-Prussian War, Londres, Methuen, réédition de 1979, 512 p., p. 183.

17 Le 30 juin 1882, le Conseil supérieur de la guerre envisage, pour la première fois, un modification au plan III en cas de guerre avec l’Espagne alliée à la Triplice. La conclusion de cette séance est empreinte d’un certain cynisme : "Dans cette éventualité, aucune modification ne paraît devoir être introduite dans nos plans de concentration ; dans l’état actuel des forces militaires de l’Espagne, il suffira de faire observer les Pyrénées par des troupes territoriales concentrées vers Bayonne ou Perpignan (...) à la dernière extrémité, on pourrait aider au réveil de l’insurrection dans les provinces qui touchent notre frontière et barrer ainsi, par le moyen le plus sûr, le chemin de la France aux troupes espagnoles". La question est de nouveau à l’ordre du jour de la réunion du 23 janvier 1888, lorsque les forces armées espagnoles imposent plus de respect : réorganisées, elles peuvent aligner, en moins de 15 jours, sur les Pyrénées, cinq corps d’armée. En dépit de cette menace, le Conseil décide de continuer à confier la garde de la frontière du Sud-Ouest à des territoriaux dont l’effectif serait porté, à la mobilisation à quelque 95 000 hommes par prélèvement sur les ressources de l’ensemble des régions militaires du sud de la France. Registres VI et VIII, carton 1 N 3, S.H.A.T.

18 Discours à la Chambre des Pairs, in Moniteur universel, 10 janvier 1837.

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin