Revue Internationale d'Histoire Militaire

 

Le Musée militaire national de Bucarest. 80 ans au service de la culture roumaine et de l’armée du pays

 

Mihail Ştefan-Nicolin

 

Un grand poète roumain, Marin Sorescu, a dit que, pour nous, les Roumains, la Seconde Guerre mondiale s’est achevée le 22 décembre 1989. La Révolution de Décembre a ouvert les portes de la pensée libre, qui permet l’expression des vérités sans les restrictions imposées par la censure politique ou l’autocensure qui tentait de masquer les faits inconvenables.

Dans cette perspective, la liberté d’expression est, peut-être, le seul bénéfice réel des changements politiques de la fin du xxe siècle.

La muséographie roumaine, en général et la muséographie militaire, en particulier portent la marque d’une nouvelle manière d’écrire confor­mément aux faits connus et acceptés.

Sur le territoire de la Roumanie, pays en permanente concordance avec l’Europe, le développement des musées est réalisé au même rythme, tenant compte des points de vue qui exigent un grand respect pour les créations intellectuelles, pour la thésaurisation des objets de grande valeur et des vestiges du passé.

Dès l’Antiquité, les premiers rois de l’espace daco-romain avaient l’habitude de ramasser des pièces d’or, d’argent ou des pierres précieuses. Aujourd’hui, par exemple, le trésor de Dromichete représente un mirage qui attire de nombreux aventuriers. La Renaissance pousse les collection­neurs et les hommes riches à constituer de véritables musées personnels. Mais les plus amples collections d’objets d’art et historiques appartiennent à cette époque aux établissements monastiques.

Les premières manifestations muséographiques d’histoire militaire sont marquées pendant la période 1834-1837 où l’Arsenal de l’armée est devenu le dépositaire de l’armement et des objets qui ont une signification pour l’image du passé militaire[1]. Entre 1831 et 1866, l’armée roumaine a connu deux étapes de développement, dans l’équipement et, implicitement, la conservation des pièces militaires. Pendant la première étape, 1831-1858, on a respecté les principes de l’organisation des milices, avec une dotation précaire. La deuxième période, 1859-1866, est régie par les règles établies à la Convention de Paris et le désir d’Alexandre Ioan Ier, le prince de l’Union des Roumains, de moderniser l’armée du pays. Le prince décide, en 1865, de créer un dépôt pour les uniformes, les drapeaux de combat, les armes et les pièces d’artillerie hors d’usage dans le même Arsenal de l’armée[2]. Ce dépôt devient rapidement un véritable musée parce que, par exemple, le roi Charles Ier qui succède à Alexandre Ioan, prend la décision de renouveler l’ancien armement et d’acquérir des canons de Prusse et des fusils de France. En même temps, la Roumanie a obtenu l’assentiment de la Porte ottomane pour avoir une armée régulière de 30 000 soldats, ce qui a augmenté considérablement les besoins d’arme­ment[3]. En 1893 on peut déjà parler d’un petit musée militaire qui était logé dans les bâtiments de l’Arsenal de l’armée.

L’étape 1901-1940 est considérée la période de maturité de l’activité muséographique en Roumanie. Pendant ce temps-là on créa 50 autres musées, dans toutes les grandes villes du pays.

Le roi Charles Ier célébra ses quarante années de règne en 1906 avec une très grande exposition nationale. À cette occasion, dans le parc qui porte aujourd’hui le nom du roi, on éleva d’importants bâtiments pour l’exposition. Cette exposition montra la capacité de l’armée d’organiser un musée militaire, comme institution représentative, avec un rôle parti­culier dans l’éducation et l’instruction du public. Les objets du musée de l’Arsenal de l’armée ont représenté la partie historique de la section militaire pour “la présentation de l’histoire du passé et les événements de la Première Guerre mondiale (1914-1918)[4]. Le 19 janvier 1914, le commandant Radu Rosetti (futur général, membre de l’Académie roumaine et grand homme de culture) envoya au ministère de la Guerre un rapport qui proposait la création d’une section militaire au Musée national, en cours de construction sur l’avenue Kiseleff[5]. Le ministre de la Guerre fut convaincu de l’importance des arguments présentés et, à son tour, présenta au roi un document pour créer la section militaire parce que “… notre développement historique a été dominé par la vie militaire et par les guerres de notre passé”[6].

En conséquence, le décret n° 1789 du 22 avril 1914 décida la fondation de la section militaire du Musée national. La responsabilité de l’organisation de la section revint au directeur du Musée national, et le patrimoine initial contenait 126 canons et mitrailleuses, 394 projectiles d’artillerie, 682 armes blanches et à feu, 601 cartouches d’infanterie, 575 décorations et accessoires, 73 drapeaux, 13 maquettes, 15 uniformes, 4 armures, 142 pièces archéologiques, 6 sculptures, 2 tableaux et d’autres pièces[7]. Pendant les années 1915 et 1916, l’exposition s’enrichit d’impor­tants objets obtenus par donation, comme la collection d’armement offerte par le général Alexandre Tell ou les drapeaux des bataillons de garde de Galati.

La Première Guerre mondiale représenta pour la section militaire un véritable désastre, parce que tout le travail était devenu inutile. 96 coffres, c’est-à-dire le patrimoine militaire complet, furent évacués vers le port russe d’Odessa, mais aucun ne fut récupéré. C’est le début d’une longue histoire de mesures qui ont affecté irréparablement le patrimoine historico-militaire.

Après la Première Guerre mondiale, l’armée se réorganisa rapidement dans tous les domaines et en ce qui concerne la muséographie en particu­lier. Le 12 mai 1919, le grand historien roumain Nicolae Iorga adressa une lettre au Grand Quartier Général de l’armée pour participer à l’exposition de la Ligue culturelle. L’armée roumaine n’était pas dans une situation confortable en 1919 (année de la guerre contre la Hongrie) mais, sous la présidence du colonel C. Ştefănescu-Amza, une équipe prépara rapidement l’exposition militaire pour la Ligue culturelle roumaine.

Le 6 juillet 1919, en présence du roi Ferdinand Ier et de la reine Marie, fut inaugurée l’exposition qui, dans la section militaire, présentait des prises de guerre et quelques pièces de l’Arsenal de l’armée échappées au fléau du temps. La section militaire intéressa beaucoup de monde et le public demanda l’inauguration d’un musée militaire.

Le décret n° 4836 du 15 novembre 1919 établit la résidence du Musée militaire national dans le Palais des Arts du parc Carol et comme premier directeur le colonel Constantin Ştefănescu-Amza. Le patrimoine de l’insti­tution était composé seulement de 533 armes blanches et à feu, 189 drapeaux, 95 uniformes, 144 peintures et 1434 projectiles et grenades[8].

La période 1920-1923 fut caractérisée par des efforts persévérants pour ramasser, sélectionner et cataloguer les objets et les documents, ainsi que par l’enrichissement du fond initial par des acquisitions et, surtout, des donations. En même temps, le Service historique de l’armée réalisait la thématique du musée militaire et le ministre de la Guerre l’approuvait. Le 18 décembre 1923, par décret royal, signé par le roi Ferdinand Ier, le musée dévient une institution importante, nommée Musée militaire national. C’est la journée que nous fêtons chaque année comme l’inaugura­tion de la muséographie militaire en Roumanie. Le but de la nouvelle insti­tution est de classer, conserver et exposer tous les objets qui sont néces­saires à la connaissance de l’histoire et de l’art militaire par les Roumains, d’organiser les sections militaires dans d’autres musées du pays et de préparer les thèmes de recherche scientifique dans le domaine de la muséographie[9].

L’an 1924 a vu la rencontre du Musée militaire national avec le public. L’exposition du musée était organisée en 17 salles et 8 galeries qui illustraient l’histoire militaire du peuple roumain depuis le début des principautés roumaines de Valachie et de Moldavie, jusqu’en 1922, avec des accents sur la Guerre pour l’Indépendance de la Roumanie (1877-1878) et, surtout, la Première Guerre mondiale. Les sections de spécialité (artille­rie, infanterie, génie, service sanitaire, marine, aviation et aérostation) complétaient, avec bon ton, l’exposition générale.

La même année, on rédigea le premier règlement qui, avec quelques compléments, fut transformé en loi d’organisation et fonctionne­ment du Musée militaire national en 1937.

En 1924 est créée la bibliothèque du musée où sont conservés les manuscrits, les photos, la pellicule cinématographique, les clichés etc. Après une ample discussion, les historiens renoncèrent à la présentation de l’histoire militaire dans une exposition spécialisée en arme­ment et à réorganiser les salles et les galeries du musée.

Dans le même temps, on sollicitait instamment l’existence d’une section dédiée aux alliés de la Roumanie dans La Première Guerre mon­diale. Entre 1924 et 1927 le musée fut fermé au public, et commença une autre période caractérisée par l’incertitude du fonctionnement. C’est en mai 1927 que le musée fut ouvert, de nouveau, au public : il disposait d’une large partie historique, du paléolithique jusqu’en 1922 (avec l’accent sur la période 1877-1918), d’une salle d’honneur où étaient exposés les drapeaux militaires et une rotonde avec les noms des officiers morts pendant la Première Guerre mondiale. L’évolution de la marine, de l’aviation, du service sanitaire et des autres armes était présentée à part. Dans la cour du musée était aussi organisé le parc d’artillerie. Après le vernissage, on exprima l’opinion que le Musée militaire national ne répondait pas aux exigences et que les collections étaient incomplètes et ne représentaient qu’“une partie de notre passé militaire[10].

En conséquence, en 1932 le musée est réorganisé avec une délimi­tation nette entre les parties historiques et les autres sections. À l’étage, on présenta l’histoire militaire du peuple roumain, suivie des salles pour les alliés et les décorations de guerre. Le rez-de-chaussée fut exclusivement destiné aux sections de spécialité, y compris les nouvelles sections des fortifications et de génie.

En 1933, le Musée militaire national de Bucarest ouvrit des filiales dans les villes de Mărăşeşti (où existait un mausolée dédié aux victoires obtenues pendant la Première Guerre mondiale) et de Craiova (un musée militaire régional). En même temps, les spécialistes du musée avaient pro­jeté et réalisé des sections militaires roumaines dans les musées similaires situés en France, Italie, Belgique, Yougoslavie et Tchécoslovaquie. Dans le pays, ils avaient réalisé des musées régionaux dans les villes de Constanta, Arad, Sibiu, Craiova, Cluj et Timişoara. L’augmentation du patrimoine fut réalisée par des acquisitions, des donations et la participation des spécia­listes du musée aux fouilles archéologiques dans les villages de Fedeleşeni, Cisteşti, Drobeta Turnu Severin, etc. On développa une intense activité scientifique dans le musée, conduite par les grands professeurs et historiens roumains du Conseil de direction (Nicolae Iorga, C. C. Giurescu, Vasile Pârvan etc.). Les œuvres scientifiques furent concrétisées par une large palette d’études pour l’identification et la présentation des objets. Pour quelques collections, comme celle d’uniformes de l’armée roumaine (1830-1930), de drapeaux, d’armes blanches et à feu, les spécialistes rédigèrent des catalogues et des albums scientifiques.

En 1935, le nouveau bâtiment de la bibliothèque fut terminé et en 1937 fut ouverte la section d’intendance et une nouvelle salle pour l’aviation.

La promotion du musée et des traditions de lutte du peuple roumain a été le résultat d’une intense activité, concrétisée dans l’édition de deux guides, d’albums, de cartes postales, d’estampes avec les images des col­lections ou des aspects des grandes batailles de l’histoire de la Roumanie. Pour les différentes activités culturelles et éducatives on pouvait utiliser les films militaires (en 1937 le musée avait 17 000 clichés photographiques et 42 000 mètres de pellicule cinématographique) qui présentaient les scènes de la Première Guerre mondiale, différentes solennités, visites des déléga­tions étrangères en Roumanie etc. Pendant deux décennies d’existence, le Musée militaire national a considérablement augmenté son patrimoine par le travail enthousiaste et passionné du personnel scientifique et auxiliaire.

La diversité, la valeur intrinsèque et la valeur historique exception­nelle des objets du patrimoine – le drapeau militaire du temps de Ştefan cel Mare (Étienne le Grand, qui a régné en Moldavie entre 1457-1504), le canon de Petru Cercel (grand prince de la Renaissance roumaine), le drapeau et le sabre de Tudor Vladimirescu (1821), les objets personnels de Alexandre Ioan Ier – attiraient chaque année un grand nombre de visiteurs, c’est-à-dire 70 000 à 90 000 personnes. L’éducation des enfants entre les deux guerres imposait une visite obligatoire au Musée militaire national pour connaître les traditions militaires du peuple et pour avoir conscience de l’appartenance nationale.

Mais comme nous l’avons déjà dit, l’histoire du Musée militaire national se trouve sous le signe de grandes malchances, générées par des calamités naturelles ou par la subjectivité du déplacement d’un emplace­ment à l’autre. À l’aube du 15 juin 1938 se déclencha un puissant incendie causé par la foudre, qui brûla une grande partie du bâtiment central et de très importantes collections (drapeaux, uniformes, documents). D’irréparables pertes se produisirent dans le patrimoine du musée, des objets et des documents d’une valeur inestimable étant détruits.

Mais le mauvais sort n’a pas quitté le Musée militaire national et, après sa fermeture, il fallut 19 années pour mettre l’institution à la disposition du public.

La reconstruction proprement dite du musée fut achevée au printemps 1942, en pleine guerre, mais le Conseil de direction décida que l’orga­nisation des objets n’était pas opportune jusqu’à la clarification de la situation internationale[11] et “qu’il était préférable de mettre à l’abri le trésor de l’institution[12].

D’ailleurs, le patrimoine était déjà emballé en 30 à 40 coffres et préparé pour le déplacement depuis 1941. Parce que l’évacuation des objets était ajournée d’un jour à l’autre, le ministre de la Défense nationale donna l’ordre le 5 mai 1943 de détruire le bâtiment du Musée militaire national. Officiellement, la motivation était la construction d’un complexe architec­tonique de grande ampleur mais la vérité réside dans le désir des Allemands (qui occupaient la Roumanie) de liquider tous les souvenirs de la Première Guerre mondiale qui pourraient entretenir une attitude anti-allemande. Les objets avaient été évacués dans la ville de Sinaia et à la société commerciale “Faranda” à Bucarest.

Après la Seconde Guerre mondiale, les années passèrent sans bénéfice pour le Musée militaire national.

Le 15 septembre 1950, on attribua le bâtiment d’une école sportive au musée, mais les tentatives d’organiser les espaces échouèrent. Le 12 octobre 1955, on établit comme siège provisoire du musée l’ancien bâtiment d’un ministère. Réorganisé conformément à l’idéologie commu­niste, le musée rouvrit le 9 mai 1957 sous le nom de Musée militaire central. Mais le musée changea, de nouveau, son domicile pour les bâtiments de l’ancienne école d’infanterie et cavalerie de Bucarest, 137 ancienne rue Izvor.

Dans les 30 salles était présentée l’histoire militaire dans l’exposition permanente et, à l’extérieur, un parc d’artillerie, aviation, véhicules blindés et les dépôts pour les collections. La bibliothèque du musée fut attachée à l’institution à sa nouvelle adresse avec un fonds documentaire d’une très grande valeur (70 000 livres, 20 000 périodiques, 300 000 clichés photogra­phiques et des milliers d’estampes, albums, manuscrits etc.). Jusqu’en 1967, le patrimoine du musée s’est enrichi, avec 10 000 pièces d’arme­ment, 2 300 uniformes et accessoires, 3 500 ordres et médailles, 1 200 peintures et sculptures, 1 000 drapeaux et d’autres matériels. En 1972, le musée fut fermé encore une fois pour réaménagement, qui dura jusqu’en mars 1975.

Le 3 mars 1975, le musée fut présenté dans une autre conception mais un autre péril s’approchait : entre 1984 et 1985 les travaux pour la construction de l’actuel Palais du Parlement.

Parce qu’il était nécessaire de démolir les constructions attribuées au musée, les autorités décidèrent le déménagement de l’institution. À la fin de l’an 1986, le musée fut transféré dans l’ancienne caserne du IVe régiment Ilfov, construite en 1898, 125-127 rue Mircea Vulcănescu. C’est l’actuel local du Musée militaire national. Le 23 octobre 1988, le musée fut présenté au public, dans une exposition moderne, sur une surface de 22 150 mètres carrés, composée de 4 bâtiments, avec un nombre total de 9 étages et un parc extérieur des matériels militaires. En 1989, dans la ville de Constanta fut ouverte la première filiale du musée et en 1990 le musée revient au nom de Musée militaire national, étant le porte-drapeau de la muséographie militaire roumaine. En 1990, le Musée militaire national a été la première institution de spécialité qui se présentait au public sans remaniements substantiels. À l’exception d’une salle, le Musée militaire national répondait, du point de vue scientifique et de l’image à toutes les exigences. On ouvrit des filiales du musée dans les villes de Oradea (1992), Ploieşti (1994), Cernica (1996) et Bacău (1997, au Musée local d’histoire “Iulian Antonescu”).

En 2002, le Musée militaire national a été réorganisé pour s’adapter aux exigences de la muséographie moderne. Nous avons renoncé aux sections d’histoire militaire et nous avons créé deux sections, l’une de muséographie et l’autre de recherche scientifique. Actuellement, le Musée militaire national dispose de 53 collections, 27 constituées d’objets de musée, 23 de repères du fonds documentaire et 3 gestions de matériels communs. La valeur du patrimoine du musée est évaluée à un milliard d’euros, sans considérer la valeur historique inestimable des objets expo­sés. Les plus importantes collections d’objets tridimensionnels sont celles “d’armes blanches et d’armes à feu” (12 800 repères), “d’uniformes roumains” (13 900 repères), “d’uniformes étrangers” (1 611 repères), “d’ordres, médailles et insignes” (9 311), “de numismatique” (3 347), “d’archéologie” (3 661), “des drapeaux” (2 100) etc. Dans le fonds documentaire figurent “des clichés du patrimoine” (315 540 repères), “des périodiques” (20 700), “des usuels” (36 500), “des photographies origi­nales” (3 300), le fonds “Cultul Eroilor” (le Culte des Héros), etc.

Dans les expositions sont présentés seulement 3 % des objets et 0,005 % du fonds documentaire, ce qui donne de grandes possibilités à la mise en valeur scientifique du patrimoine.

La structure des expositions présentées au siège du Musée militaire national est la suivante :

a) L’exposition historique permanente où est présentée l’histoire militaire du peuple roumain, de l’Antiquité jusqu’au présent. C’est l’expo­sition du Pavillon A, le pavillon central.

b) Les expositions des collections principales (armement médiéval, moderne et contemporain, uniformes roumains et accessoires) sont présen­tées dans le Pavillon B, l’exposition d’aéronautique est dans le Pavillon E, celle d’attelages, harnachements et accessoires de cavalerie dans le Pavil­lon F et celle d’artillerie, blindés et véhicules est présentée dans le parc extérieur du musée.

c) Les expositions temporaires qui présentent l’évolution de diffé­rentes catégories d’armes ou des événements historiques (chaque année, 12-15 organisées au siège, 15-18 à Bucarest et dans d’autres villes et 2-4 à l’étranger).

Le musée a un laboratoire de restauration de haut professionnalisme pour métal, papier, cuir, archéologie et textiles et un laboratoire photogra­phique.

Le musée organise aussi des symposiums et des conférences sur thèmes de muséographie, histoire et histoire militaire.

Le Musée militaire national est responsable de la coordination de spécialité du réseau des musées de l’armée (5 filiales propres, 20 musées et 25 salles des traditions militaires dans les unités).

Dans son activité, le Musée militaire national a enrichi son patrimoine par donations, acquisitions et recherches scientifiques avec des objets de très grande valeur.

Les fouilles archéologiques ont découvert des objets rares qui sont exposés dans le musée. Ainsi, on a trouvé “l’Idole néolithique” de Reşca, la plaquette votive présentant la thème du “chevalier de Thrace” de Polovragi, un pot céra­mique avec des inscriptions paléochrétiennes de Copăceni, une bombarde du xive siècle, etc., pièces très rares à présent.

La collection des armes blanches et à feu possède une série d’armes provenant de célèbres armureries et des raretés sur le plan national et mondial, aussi que des pièces rares qui ont appartenu aux personnalités historiques. Parmi les raretés mondiales sont le revolver inventé par le capitaine roumain Vasile Dimancea, la chenillette “Malaxa type UE”v, le canon anti-char “Reşiţa” calibre 75 mm, le canon porté “Tacam R-2”, l’obusier de grande puissance transporté par chemin de fer “Skoda” calibre 420 mm (unique au monde).

La collection aéronautique contient différents types d’avions et d’hélicoptères comme “Fleet 10 G”, “Nardi”, “I.A.R. 316 B”, la capsule de la mission spatiale “Soiuz 40” (unique en Roumanie et la dernière de la série “Soiuz”).

La collection d’uniformes a des pièces qui ont appartenu aux rois de Roumanie, aux membres de la famille royale et des uniformes d’officiers de haut rang de l’armée roumaine (Alexandru Averescu, Constantin Prezan, Carol Davila, Eremia Grigorescu, Vasile Milea, le dernier ministre de la défense nationale en 1989).

La collection d’ordres, de médailles et d’insignes, la plus grande de notre pays a des pièces rares comme les ordres “Carol I”, “Serviciul Credincios”, “Steaua României”, “Pius IX” (Vatican), “Filip” (Hesse – Darmstadt), “Christ” (Portugal), “Le Lion et le Soleil” (Perse), “Léopold” (Belgique), “La Légion d’Honneur” (France), “Phénix” (Grèce) et beau­coup d’autres qui confèrent à la collection une attraction spéciale pour les amateurs.

La collection de drapeaux, avec des pièces du xviiie et xixe siècles, a la même valeur.

Le Musée militaire national se présente au début du xxie siècle comme une partie d’un phénomène social, compétent non seulement dans la sphère du maintien de la culture militaire, mais aussi comme générateur de connaissances pour l’explication de l’histoire militaire. Le Musée militaire national se présente aussi au public comme un créateur de sentiments, parce que chaque individu ou société saisit le musée en fonction de sa propre vision sur l’armée et de son expérience de vie. Le Musée militaire national est un musée en plein développement, ouvert aux nouvelles conceptions comme le musée intérieur, le musée virtuel et le musée global.



[1]        Arhivele Naţionale Istorice Centrale, Bucureşti, dossier 256/1848, p. 163.

[2]        Muzeul Militar Naţional, Bucureşti, 2002 (guide élaboré par Cornel Scafeş), p. 6.

[3]        Apud General Grigore Costandache, Regele Carol I al României în “Buletinul Muzeului Militar Naţional”, 1938, p. 17.

[4]        General C. I. Brătianu Armata în Expoziţia generală română, în “Revista armatei”, an XXIV, nr. 11/1906, p. 949.

[5]        General Radu Rosetti, Muzeul Militar Naţional, Bucureşti, 1930, p. 3.

[6]        Monitorul oastei, la part réglementaire, nr. 13/1914, p. 223.

[7]        Muzeul Militar Naţional (guide) 2002, p. 6

[8]        Muzeul Militar Naţional, p. 6.

[9]        Monitorul oastei, n° 18, 1923, pp. 536-537.

[10]       Le journal Universul du 21 janvier 1931.

[11]       La bibliothèque du Musée militaire national, divers III, 265, p. 8.

[12]       Ibidem, pp. 22-23

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin