Revue Internationale d'Histoire Militaire

 

La lutte pour Vilnius Perceptions stratégiques de l’espace lituanien par la Pologne restaurée, 1918-1923

 

Olivier Lowczyk

 

Le premier conflit mondial et la défaite allemande permirent à la Pologne, disparue depuis 1795, de recouvrer son indépendance et une existence d’État-Nation. La Seconde République polonaise était constituée. Pourtant, les territoires sur lesquels elle étendait sa souveraineté ne furent dans leur totalité définis qu’en 1923. Entre-temps, l’horogenèse[1] polonaise dut se faire par la négociation et par la guerre.

Les points de litige territoriaux étaient nombreux. Tous les États limi­trophes de la Pologne avaient des contentieux avec elle. Outre l’Allemagne et la Roumanie, la Pologne avait comme voisins des nations nouvellement promues au rang d’État (Lituanie, Ukraine, Biélorussie, Tchéco-Slovaquie) et qui, comme elle, développaient des ambitions territo­riales concurrentes et antagonistes.

L’horogenèse polonaise s’effectua donc en fonction des pays limitro­phes, des grandes puissances mais également en fonction des perceptions de l’espace que développaient les élites politiques polonaises.

Entre la Pologne et la Lituanie les points de discorde ne se limitaient pourtant pas à des contentieux territoriaux. Certes, les deux pays étaient en lutte pour la possession de la région de Wilno/Vilnius et celle de Grodno, mais l’enjeu dépassait de loin l’acquisition de ces quelques dizaines de km2. Il s’agissait tout bonnement pour la Pologne de voir la Lituanie s’allier à elle, contrainte ou forcée, dans un espace politique et territorial commun.

Entre 1918 et 1923, l’objet de la lutte entre la Pologne et la Lituanie fut donc de deux ordres. La possession des gubernii[2] de Wilno et de Grodno, et la mise en œuvre d’une alliance politique et territoriale voulue par les Polonais mais refusée par les Lituaniens. Ce conflit employa successivement la voie de la diplomatie puis celle de la guerre.

L’indépendance de la Lituanie

La Lituanie accéda aussi à l’indépendance à la faveur de la fin du conflit mondial. Au cours de la guerre, l’avancée des troupes allemandes opposées aux forces russes permit à Berlin de fonder un hinterland s’éten­dant loin à l’Est et comprenant outre le territoire lituanien, les autres pays baltes, la Finlande, les territoires polonais sous domination russe depuis les partages[3], l’Ukraine, la Biélorussie.

Le prince Isenburg-Birnstein, chef administratif du territoire lituanien pour le compte de l’occupant nomma, sur proposition d’une Diète nationale lituanienne qui réunit ses 214 délégués en septembre 1917, un Conseil exécutif de 20 membres, la Taryba. Son rôle était de légiférer sur la future organisation administrative, politique, et économique de la Lituanie indépendante.

En décembre 1917, la Diète décréta l’indépendance de la Lituanie et dans le même temps son alliance éternelle et solide, avec l’Empire alle­mand, alliance qui doit trouver avant tout sa réalisation dans une convention militaire et de communication, ainsi que dans une communauté douanière et monétaire[4]. Le territoire lituanien reconnu par les Allemands disposait de Vilnius (Wilno) comme capitale. Une série d’accords furent signés avec l’empire allemand en 1918. Ils prévoyaient l’approvisionne­ment du Reich en céréales, pommes de terre, fruits, bétail et en bois. Par ailleurs, le génie allemand construisit de nombreuses routes et infrastruc­tures notamment sanitaires pensant être payé de son investissement par une implantation sur le long terme. La Taryba dut en outre accepter la présence de garnisons allemandes sur son territoire à Kaunas et à Gardinas[5].

Voulant asseoir dans la durée son emprise, l’Allemagne organisa une Union personnelle avec les Lituaniens. Un prince catholique allemand fut pressenti pour régner. Mais il n’en eut pas le temps. La fin de l’année 1918 marqua la fin de la guerre et la défaite des armées allemandes. La Lituanie resta indépendante, mais hors de l’imperium allemand.

Lutte pour le pouvoir en Pologne

Une Lituanie indépendante ne correspondait en rien aux plans des élites politiques polonaises. Au lendemain de la guerre, deux groupes poli­tiques et institutionnels se disputaient la direction de la Pologne. L’un sié­geait à Paris autour des exilés polonais de toute l’Europe, l’autre se situait à Varsovie et prit le pouvoir à la faveur de la fin des hostilités générales.

L’État polonais sur lequel s’étendait la souveraineté du gouvernement de Varsovie était fort peu étendu. Il se limitait au sud aux Carpates, à l’est au cours du Bug laissant Wilno (Vilnius) et Grodno loin des frontières polonaises. La frontière avec l’Allemagne restait celle du troisième partage de la Pologne de 1795, elle laissait donc Wroclaw et Poznan ainsi que Torun aux mains des Allemands. La Pologne ne disposait pas au nord de littoral maritime.

Elle s’était constituée en État indépendant dès le 10 novembre 1918 quand Josef Piłsudski à la tête d’un gouvernement national accepta le pouvoir des mains du Conseil de Régence, qui se déclara dissout tout de suite après. Ce Conseil de Régence était le dernier avatar des structures administratives polonaises mises en place par les forces austro-germani­ques en guerre pour s’assurer l’allégeance du pays et son exploitation économique.

Piłsudski était avant la guerre chef du Parti polonais socialiste[6] (P.P.S). Dès la déclaration de la guerre, il avait fait le choix de combattre du côté des puissances centrales contre la Russie. Au cours de la guerre, il s’était détaché d’elles avant qu’elles ne le fassent arrêter et ne l’emprison­nent en juillet 1917. La coalition qu’il dirigea à Varsovie à partir du 10 novembre 1918 rassemblait en majorité des partis de gauche que domi­naient le P.P.S.

À Paris, les représentants polonais en exil escomptaient bien avoir leur mot à dire concernant les affaires polonaises avec ou sans Piłsudski. Ils étaient rassemblés au sein du C.N.P., Comité national polonais, rassemble­ment de tous les groupes politiques polonais s’étant déclarés pour l’Entente et contre l’Alliance au cours de la guerre.

Les principaux artisans de la création du C.N.P. en août 1917 furent Roman Dmowski, chef du Parti national-démocrate polonais et Erasme Piltz, président du Parti de la politique réaliste. Ces deux partis avaient dès avant la guerre opté pour une alliance avec la Russie. Ils n’eurent donc d’autre choix que l’exil en Russie lorsque les troupes de l’Alliance s’emparèrent de la Pologne russe au début de 1915. Après la révolution de février, Dmowski et Piltz se rendirent à Paris où ils créèrent le C.N.P. qui devint, pour les autorités de l’Entente l’organisation représentant la Pologne en septembre 1917.

Ce Comité national obtint le soutien du pianiste polonais vivant aux États-Unis Ignacy Jan Paderewski, engagé dans la cause de l’indépendance polonaise. Il fusionna son organisation, le central relief Polish committee (CAP), avec le C.N.P. dès la fin de l’année 1917 et devint son représentant à Washington.

Deux représentations de la Pologne et de son espace

Tout séparait le gouvernement de Varsovie du C.N.P. Le premier était l’émanation de partis qui étaient restés sur le territoire national en s’oppo­sant et/ou en composant avec la présence austro-allemande. Le second était composé d’organisations en exil plutôt marquées à droite ou au centre alors que le PPS menait une coalition de gauche à Varsovie.

De plus, les deux parties avaient une vision diamétralement opposée de ce que devait être l’horogenèse du nouvel État polonais. Des représen­tations différentes de l’espace polonais les guidaient. Pour Dmowski, la Pologne était engagée depuis plusieurs siècles dans une lutte à mort avec l’Allemagne. Elle devait donc se reconstruire sur des territoires qui avaient été les siens à la naissance de l’État (sous la dynastie Piast 960-1370) et sur lesquels étaient rassemblés le cœur de la population polonaise prise d’un point de vue ethno-religieuse. C’est en effet en Posnanie et dans les régions autour, en Grande et en Petite Pologne que la population polonaise catholi­que se trouvait être la plus nombreuse.

Ces territoires avaient été intégrés à l’Allemagne après les trois parta­ges et devaient être récupérés par la Pologne reconstituée. Pour Dmowski, ce nouvel État tiendrait sa cohésion et sa force du couple ethno-religieux, polonais-catholique. Ses frontières devraient donc intégrer les territoires où les Polonais étaient majoritaires laissant les autres aux pays limitrophes[7].

En cohérence avec cette pensée, il préféra s’allier aux Russes pendant la guerre et fut donc contraint à l’exil dès 1915. Le positionnement de Piłsudski était tout autre. Pour le leader socialiste, le danger principal pro­venait de la Russie et non de l’Allemagne[8]. Car la Russie avait, à la faveur des trois démembrements de la Pologne, intégré la Lituanie, la Ruthénie Blanche et Rouge (respectivement la Biélorussie et l’Ukraine) au sein de son empire, alors que les autres territoires polonais furent constitués en un royaume de Pologne ayant à sa tête le Tsar. Or, pour le leader socialiste, le refondation d’un État polonais ne pouvait à ses yeux se faire qu’en y intégrant la Lituanie comme cela avait été le cas depuis la dynastie jagellone[9] en 1384, jusqu’à la disparition de la République lituano-polonaise en 1795.

En résumé, les deux leaders étaient tous les deux d’accord pour récu­pérer le plus de territoires possibles au détriment de l’Allemagne, Dmowski ne concevait pas une extension maximale de la Pologne à l’Est, contrai­rement à Piłsudski.

Consensus a minima à propos de la Lituanie

Pourtant, les deux parties durent s’entendre pour préparer le Congrès de la paix. Après forces émissaires et délégations extraordinaires, un accord fut trouvé dans le courant du mois de janvier 1919. Ignacy Jan Paderewski arrivé à Varsovie le 15 décembre 1918, s’accorda avec Piłsudski le 26 janvier pour former un gouvernement dont il eut la charge. En plus du poste de Premier ministre, Paderewski occupa celui de ministre des Affai­res étrangères. Le Comité national, ouvert à des éléments de Varsovie se vit confier la tâche de représenter l’État polonais auprès de l’Entente. Trois premiers représentants venant de Varsovie arrivèrent au cours de février 1919 à Paris. Ils furent intégrés au C.N.P. mais ne bouleversèrent pas l’équilibre des forces qui restait au profit de Dmowski. Deux nouveaux membres arrivés à la fin du mois ne firent pas non plus évoluer cet équilibre. L’arrivée de Paderewski en avril à Paris changea la donne. Il prit la tête avec Dmowski de la délégation polonaise à la Conférence de la paix. N’ayant plus lieu d’être, le C.N.P. fut dissout dans le courant du mois.

La question de la possession de la Lituanie par la Pologne ne fit jamais débat au sein de la délégation polonaise. Paradoxalement, Dmowski revendiquait l’intégralité du territoire lituanien pour la Pologne. Il s’en expliqua à de nombreuses reprises. La première mention de cette revendi­cation apparaît dans une note qu’il remit à Lord Balfour, l’occupant du Foreign Office en mars 1917. Sans oublier de rappeler son attachement à une conception ethnographique du territoire polonais quand il précisait que “le fondement de la force de la Pologne est l’étendue sur laquelle la masse de la population parle le polonais, est consciente de sa nationalité polonaise et est attachée à la cause polonaise”[10], il ne revendiquait pas moins l’intégration des régions de Wilno, Grodno et surtout celle de Kovno alors que dans cette région, les Polonais ne représentaient que 10 % de la population totale[11].

Dmowski précisa encore sa pensée dans un ouvrage parut en anglais à compte d’auteur la même année que sa note à Arthur Balfour. Il y indiquait que “les races non polonaises habitant ces régions [de Lituanie] devraient, comme les membres de l'État polonais, bénéficier de la liberté de se développer d'après leurs propres principes. En particulier l'avenir de la race lithuanienne ne peut être assuré que par l'inclusion dans l'État polonais de la totalité du territoire ethnographique lithuanien (gouverne­ment de Kovno avec des parties de ceux de Wilno, Suwalki et de Prusse-Orientale)”[12].

La raison de cette intégration était simple. Il l’explicita au cours d’une conférence qu’il tint à Paris au Comité national d’études sociales et politi­ques le 17 janvier 1918. La base de l’argumentation employée par Roman Dmowski pour justifier cette revendication était d’ordre stratégique. “Si on établit aujourd’hui un État lithuanien sur ce territoire limitrophe de l’Allemagne, directement exposé aux influences allemandes, à quoi peut-on s’attendre ? […]

Cet État […] sera condamné à subir les influences et même la coloni­sation allemande, ce qui, du reste, entre déjà aujourd’hui dans le pro­gramme allemand. En plus par ce fait, la Pologne sera encerclée sur trois côtés par l’Allemagne, et donc condamnée à disparaître[13]. La conclusion est donc logique, il envisageait l’intégration de la Lituanie ethnographique dans les frontières polonaises, en les dissociant des territoires lituaniens majoritairement peuplés de Polonais – Wilno, Grodno[14] – qui devaient eux, sans l’ombre d’un doute être intégrés à la Pologne[15].

État national contre fédération

Si la question de la possession de la Lituanie ne faisait pas débat au sein des deux cercles de réflexion polonais, il n’en était pas de même concernant le statut à accorder à ce territoire dans l’ensemble unifié. Une autre rupture se fit alors jour, recoupant et prolongeant l’opposition Piast / Jagellon. Pour Dmowski, la Pologne devait récupérer les territoires litua­niens peuplés à majorité de Polonais et intégrer les autres dans un statut de quasi-protectorat, la Pologne se voulant le protecteur des populations lituaniennes.

La posture des représentants du gouvernement de Varsovie était diamétralement opposée. Pour eux, face à l’Allemagne et au chaos russe, la Pologne ne trouverait sa force que dans une alliance rassemblant aussi bien les Polonais que les Lituaniens, les Ukrainiens et les Biélorusses. Le modèle de l’État à former était donc d’ordre fédéral.

L’option fédéraliste ne fut pas conceptualisée au même point que celle développée par Dmowski. Piłsudski prônait sa réalisation ainsi que son Premier ministre Ignacy Jan Paderewski. Ce dernier, développait une conception idéaliste d’une fédération regroupant la Pologne ethnique avec la Lituanie, la Biélorussie, l’État d’Halicz, la Podolie et la Volhynie[16].

La vision de Piłsudski était plus à considérer en tant que moyen plutôt que comme fin. L’Alliance de la Pologne avec ses voisins orientaux devait servir de barrière contre le danger bolchevique pour l’Ukraine et la Biélo­russie, contre l’Allemagne dans le cas de la Lituanie et de ses voisins septentrionaux[17]. Cet intermarium étant au reste la seule option possible eut égard à la configuration géopolitique de l’Europe médiane. Aux dires des fédéralistes, cet espace formait un tout géopolitique, dans lequel les questions nationales étaient à ce point imbriquées qu’elles empêchaient un règlement à l’amiable des frontières hors une logique fédéraliste. Par ailleurs, dans cet espace compris entre l’Allemagne et la Russie, les États les plus faibles ne sauraient se défendre sans l’appui des nations les plus fortes[18].

La question du statut à accorder à la Lituanie une fois son intégration à la Pologne achevée, revenait en fait à s’interroger sur la nature profonde de l’État polonais : national ou fédéral. On retrouve donc à cette occasion le clivage entre la conception Piast et la conception jagellonne de la Polo­gne. D’un côté un État fondé presqu’exclusivement sur le couple polonais-catholique, de l’autre, un ensemble territorial plus vaste, agrégeant plus de territoires et des populations plus nombreuses et diverses.

Le clivage fut sanctionné par un vote du Comité national polonais de Paris en février 1919. À cette heure, le Comité n’avait vu ses rangs renfor­cés que par les trois premiers émissaires de Varsovie. Ainsi, lors du vote à propos de la question de la possession de Wilno par les Polonais, onze membres du Comité votèrent contre l’idée d’une fédération avec la Lituanie, les trois délégués de Varsovie ayant voté pour[19].

La phase d’action diplomatique

À la Conférence de la Paix, la Pologne était représentée par deux membres, Roman Dmowski et Ignacy Jan Paderewski. Les groupes de travail modelant les revendications officielles polonaises étaient également au nombre de deux. La Commission des travaux préparatoires au Congrès de la paix, émanation du CNP et la Délégation polonaise à la Conférence de la Paix comprenant notamment une cellule économique venant de Varsovie. En sus, un Bureau polonais des publications politiques éditait des opuscules non officiels mais émanant des Polonais présents pour la Conférence[20].

Concernant la Lituanie, tous travaillèrent à un même but, légitimer les revendications polonaises sur l’intégralité de ce pays. Seuls les arguments employés variaient selon les mémoires. Pas moins de sept travaux furent rendus public par les Polonais concernant la Lituanie.

Le premier, rédigé en février 1919 fut l’œuvre de la cellule écono­mique de la délégation polonaise[21]. Pour ses auteurs, la Lituanie devait être intégrée à la Pologne pour des raisons géoéconomiques. Le bassin du Niémen, sur lequel se tenait la quasi-totalité des territoires de la Lituanie faisait partie d’un tout économique plus grand, centré autour de la Vistule[22] se déployant de la Baltique aux Carpathes[23], voire aux rivages pontiques[24].

Un nouveau mémoire de la Commission polonaise des travaux prépa­ratoires à la Conférence de la Paix reprit cette notion de tout économique pour justifier aussi l’intégration de la Lituanie[25]. Deux autres arguments furent avancés. Le premier était relatif aux fortes relations culturelle et historique qui unissaient dans le passé les deux nations. La conclusion tirée est que les Polonais dominaient ces territoires de manière culturelle et civilisationnelle, quand ce n’était pas en nombre d’habitants.

Le second argument était d’ordre stratégique. Pour les auteurs du mémoire, la Lituanie eut égard à sa faiblesse économique, humaine, mili­taire et civilisationnelle ne pourrait rien faire pour se défendre contre la pression allemande.

Les autres mémoires remis par la délégation polonaise ou par la Com­mission des travaux préparatoires à la Conférence de la paix, ne faisaient que reprendre ces arguments en les détaillant. Ainsi, la Note sur la statis­tique démographique des confins orientaux de la Pologne[26] reprenait les statistiques russes et allemandes pour prouver s’il en était encore besoin que les régions de Wilno et Grodno étaient indubitablement polonaises. Pour encore forcer la thèse, Eugeniusz Romer, membre de la Délégation polonaise, alla jusqu’à prendre appui sur des pétitions circulant en Lituanie durant l’été 1919 qui demandaient le rattachement de la Lituanie à la Pologne[27].

Au cours de la Conférence de la Paix, les Alliés refusèrent de se prononcer sur les frontières orientales de la Pologne. Ainsi, l’article 87 du Traité de paix prévoyait que “les frontières de la Pologne non définies par le présent traité seront fixées plus tard par les principales puissances alliées et associées[28]. Pour autant, pour ne pas faire de cette indécision un boulevard aux troupes bolcheviques, les Alliés prévoyèrent de laisser les troupes allemandes dans leurs zones orientales de cantonnement (article 433).

La décision de ne rien entreprendre tenait au fait que les alliés ne voulaient pas traiter avec les Bolcheviques espérant un retour des conser­vateurs au pouvoir. Par ailleurs, les Polonais, n’étant pas capables de se mettre d’accord entre eux sur un tracé frontalier, ne pouvaient faire pres­sion efficacement sur les Alliés. En conséquence, les pays prescripteurs se donnèrent le temps de régler la question de l’extrême Est européen. Cette politique ouvrit la porte au développement des opérations de faits accomplis.

La prise de Wilno par les Polonais

Après l’Armistice de novembre, la Lituanie se trouvait en plein vacuum est-européen, prise entre les armées allemandes vaincues et les troupes bolcheviques. En janvier 1919, l’Armée rouge occupait Riga et presque toute la Lettonie. La Courlande et la Lituanie étaient protégées[29] par les troupes allemandes sommées de rester sur place.

Le retrait allemand continua pour s’achever en février 1919. Au début du mois, un accord fut trouvé entre les Polonais et les Allemands sous l’égide de Foch permettant aux troupes polonaises d’avancer pour s’inter­poser face à l’Armée rouge avant la retraite allemande. Les Polonais avancèrent jusqu’à occuper la ligne du Niémen[30].

Jusqu’alors, les troupes polonaises avaient été employées dans un rôle défensif. Il s’agissait d’empêcher l’Armée rouge d’avancer. Cette option stratégique changea dès que l’armée polonaise fut constituée en force suffisamment crédible et unifiée. La première action menée fut la prise de Wilno aux Soviétiques.

Pour les Polonais, le but explicite de l’action était de réaliser un fait accompli avant toute décision de la Conférence de la Paix. Pour Adam Prezybylski, général polonais qui dirigea les opérations, “Il fallait inscrire avec l’épée la question des frontières orientales de la Pologne à l’ordre du jour des conseils suprêmes internationaux. Et ici, entrait en jeu, comme particulièrement important, le facteur temps. L’opération sur Wilno devait avoir lieu avant les décisions de la Conférence de la paix de Versailles[31]. L’objectif étant d’obtenir des Alliés la reconnaissance de jure de la conquête une fois celle-ci réalisée.

Le plan polonais prévoyait d’exploiter l’espace quasiment vide de troupes entre les forces allemandes et lituaniennes tenant Grodno et le gros russe occupant Lida et couvrant Wilno. L’attaque polonaise lancée le 16 avril 1919 après une concentration secrète de cavalerie et d’infanterie à l’Ouest de Lida, entraîna la prise de cette ville puis celle de Wilno trois jours plus tard. Des attaques sur Baranowice et Nowogrodek furent enga­gées pour fixer toute contre-attaque russe. Les troupes polonaises con­tinuèrent leur avancée vers l’Est sur toute l’étendue du front et atteignirent les anciennes lignes de tranchées allemandes.

Politiquement, la signification de cette action était évidemment diffé­rente si l’on se plaçait du point de vue annexionniste ou fédéraliste. Les premiers, majoritaires à la Diète de Varsovie depuis le début 1919, avaient voté le 4 avril un texte demandant l’annexion de Wilno à l’État polonais. Ce texte était orienté contre le chef de l’État qui jusqu’alors favorisait des négociations avec les Lithuaniens pour développer un modèle fédératif. Ainsi, en février et mars 1919, Sokolnicki, le représentant spécial de Varso­vie à Paris, négociait avec des délégués lituaniens la faisabilité d’un tel projet. Mais au début mars, ces représentants furent remplacés par ceux du nouveau pouvoir à Kaunas qui arrêtèrent toutes discussions[32]. En effet, en janvier 1919, l’Assemblée lituanienne élit un gouvernement dirigé par Slezevicius, le leader des socialistes populaires.

Après l’action de ses troupes sur Wilno, le chef de l’État le 22 avril prononça dans la ville conquise un discours d’une teneur fortement fédéra­liste. Il annonça que “désormais règnera enfin sur ce territoire, la liberté et le droit illimité de s’exprimer franchement sur les tendances et les besoins du pays. Je veux vous donner la possibilité de donner libre cours à vos affaires intérieures, nationales et religieuses à votre entière conve­nance sans aucune violence ou pression de la part des Polonais”[33]. Il installa une administration civile et non pas militaire sur cette terre de conquête ayant à sa tête un Lituanien réputé fédéraliste.

À Paris, quelques jours auparavant, Paderewski, entendu par Wilson, Lloyd George et Clemenceau, présenta un projet fédéraliste polonais pour contre-balancer l’effet désastreux produit sur les Alliés par la déclaration de la Diète du 4 avril. Pour lui, les membres du Parlement de Varsovie n’étaient pas impérialistes mais désiraient une fédération avec la Lituanie[34]. Les Alliés poussèrent les Polonais et les Lituaniens à négocier en vue de la création d’une fédération. Les négociations continuèrent après la prise de Wilno par les Polonais entre Paderewski et Voldemar.

Ainsi, le 26 avril, le Conseil suprême appela à l’union entre la Lituanie et la Pologne en vue d’opposer une défense cohérente face à l’Armée rouge. La déclaration ajoutait également que la prise de Wilno par les Polonais ne présageait en rien des futurs tracés frontaliers entre les deux pays. En juin, Foch ordonna aux troupes allemandes de quitter la zone de contact avec les Polonais et le 8 juin une zone de démarcation fut instaurée entre les forces polonaises et lithuaniennes laissant Suwalki et Augustowo aux Polonais. La ligne fut réformée deux fois après qu’elle eut été violée par les Polonais. Dans les deux cas, les prises de territoires par les Polonais se trouvèrent confirmées par Foch.

Conséquences de la guerre polono-russe

À la fin de l’année 1919 et jusqu’en avril 1920, les forces polonaises avancèrent en territoire ukrainien et biélorusse, refoulant les troupes sovié­tiques. En mai, une armée montée de 12 000 cavaliers enfonça les lignes polonaises au nord de Kiew entraînant leur retraite. Le 4 juillet, le gros des forces russes composé de 20 divisions d’infanterie, et 3 de cava­lerie attaqua les armées polonaises sur une ligne allant de la rivière Dwina aux marais de Polésie. Devant la poussée, les Polonais retraitèrent et aban­donnèrent Wilno dès le 14 juillet. Grodno fut perdue le 19 juillet. Laissant ainsi tous les territoires lituaniens conquis par les Polonais aux forces russes. Avançant de 20 à 25 kilomètres par jour les troupes russes furent en vue de Varsovie au milieu du mois d’août malgré toutes les manœuvres de retardement des troupes polonaises.

La bataille décisive commença devant Varsovie le 15 août 1920. Elle se solda par la retraite des forces russes. Les Polonais reconquirent Grodno le 25 septembre, Lida le 28 et Minsk le 18 octobre, le jour même de l’entrée en vigueur de l’armistice signé six jours plus tôt à Riga.

Les Lithuaniens avaient signé un accord de paix avec les Russes le 20 juillet 1920. La délimitation frontalière entre les deux États était fixée sur la rivière Druja au nord puis la Molodeshna plus au sud. Elle suivait ensuite la Bérézina jusqu’au Niémen. Grodno restait ainsi en territoire lituanien. La région de Wilno revenait donc à la Lituanie. Sa frontière sud était laissée à des négociations directes entre les Polonais et les Lituaniens[35]. Ce tracé frontalier fut confirmé par une négociation polono-lituanienne tenue à Suwalki sous l’égide de la SDN le 7 octobre 1920.

Le coup d’État de Zeligowski et la création de l’État de Lituanie centrale

Dès le lendemain, le général polonais Zeligowski à la tête de troupes polonaises natives de la région de Wilno, s’empara des territoires du centre de la Lituanie. Il fonda un État de Lituanie centrale avec Wilno comme capitale. Un gouvernement provisoire fut nommé et fit procéder à l’élection d’une Diète locale qui demanda le rattachement de l’État à la Pologne[36].

Ce coup de force œuvre de Polonais de Lituanie fut dénoncé par Kaunas et pour faire bonne mesure par Varsovie qui pourtant en était à l’origine. La Pologne venait pour la seconde fois d’effectuer un fait accom­pli contre la Lituanie pour récupérer cette ville.

Un médiateur international, le belge Hymans, fut nommé par la S.D.N. pour permettre le règlement du contentieux polono-lituanien. Il demanda à l’Entente de protester contre l’usage de la force à Wilno mais proposa une consultation populaire pour trancher le problème. Celle-ci fut rejetée par Kaunas refusant que l’on remette en cause sa légitimité sur Wilno. Les Polonais utilisèrent toutes les manœuvres dilatatoires possibles pour repousser toutes initiatives remettant en cause leur occupation de Wilno[37].

Hymans organisa à Bruxelles une conférence censée permettre un compromis entre les deux États. Un premier texte fut dégagé le 17 mai 1921. Il prévoyait la création d’un régime bi-municipal entre l’État lithuanien de Kaunas et l’entité de Wilno qui reviendrait à la Lituanie. Une structure fédérative serait en outre mise en œuvre entre la Pologne et la Lituanie qui s’engageraient dans une union douanière et élaboreraient une politique étrangère commune. Une convention militaire défensive com­mune devait en outre être signée[38].

Mais la Lituanie annonça ses contre-propositions qui proposaient de substituer au principe fédératif une simple déclaration de neutralité entre les deux pays. Ces propositions furent rejetées le 2 juin par les Polonais. Le 3 septembre, Hymans proposa un plan révisé, qui proposait un statut d’autonomie pour Wilno au sein de la Lituanie. Les considérations sur l’alliance des deux États restaient les mêmes. Les Lituaniens tergiversaient et les Polonais ne répondirent jamais à ce second plan, ayant donné leur accord pour le premier. Prenant acte que les deux parties refusaient le plan, le 12 janvier 1922, le secrétaire général de la Ligue des Nations marqua la fin du processus de conciliation[39].

ÉPILOGUE

La mouvance nationale-démocrate prédominait au sein de la Diète constituante. Le 20 février 1922, elle vota l'annexion de la Lituanie cen­trale. La Pologne s'agrandissait de 39 000 km² et d'un million d'habitants. La Diète de Varsovie refusa derechef d'accorder l'autonomie à cette région et de quelconques droits linguistiques aux Lituaniens.

Une lecture stricte du modèle étatique défendue par Dmowski triom­phait donc. La Lituanie ethnographique restait indépendante mais les territoires majoritairement habités de Polonais étaient intégrés à la Seconde République. Ils comprenaient néanmoins de fortes minorités de Lituaniens. Ainsi, malgré l’ambition première de Dmowski et des représentants de son courant à la Sejm constituante, l’idéal de fondation d’un État-Nation ne put pleinement être appliqué du fait de la présence de la minorité lituanienne[40]. C’est pour cela que jusqu’en 1924, tout droit des minorités fut refusé. Or de ce fait, le pouvoir central ne pouvait obtenir l’allégeance de ces popula­tions. Leurs droits linguistiques ne furent accordés qu’à partir de 1924 quand les langues lituanienne, blanc-ruthène et ukrainienne furent autori­sées dans l’administration, les tribunaux et à l’école.

Le 15 mars 1923, le Conseil des Ambassadeurs reconnut à la Pologne la possession de Wilno en sanctionnant le tracé frontalier polono-lituanien. Les relations entre Polonais et Lituaniens continuèrent à être délétères aux cours des années suivantes. Plutôt que d’essayer de faire face de manière commune aux menaces de l’après-guerre, les deux pays continuèrent à entretenir des relations exécrables. Des relations diplomatiques ne furent établies qu’en 1927 sans pour autant que les deux États se départissent de leur méfiance réciproque.



[1]         Concept forgé par Michel Fouchet dans son ouvrage, Fronts et Frontières, un tour du monde géopolitique, Paris, Fayard, 1991, 691p.

[2]         Il s’agit des délimitations administratives en vigueur dans l’empire russe dans lequel ces deux territoires étaient inclus avant la guerre.

[3]         Trois partages successifs rayèrent la Pologne de la carte des États européens à la fin du xviiie siècle. Le premier, en 1772 fut l’œuvre de la Prusse, de la Russie et de l’Autriche. Le second en 1792 fut perpétré par la Russie et par la Prusse. Le troisième en 1795 entraîna la disparition complète de l’État au profit des trois copartageants.

[4]         Ladas Natkevicius, Aspect politique et juridique du différend polono-lithuanien, Paris, Jouve & Cie, 1930, p. 426.

[5]         Leonas Teiberis, La Lituanie, Paris, Khartala, 1995, 159 p.

[6]         Olivier Lowczyk, “Les armées polonaises pendant la première guerre mondiale, le choix des armes”, in Revue internationale d’histoire militaire, n° 82, Vincennes, 2002, pp. 275-291.

[7]         Roman Dmowski développa sa pensée dès 1909 à l’usage du public français. Il n’y dérogea guère après. Cf. Roman Dmowski, La question polonaise, Paris, Armand Colin, 1909, 332 p.

[8]         Casimir Smogorzemski, Joseph Piłsudski et les activistes polonais pendant la guerre. Étude historique, Paris, Gebethner & Wolff, 1930, p. 12.

[9]         Le dernier roi Piast Kazimierz le Grand remit sa couronne à son neveu le roi de Hongrie. À sa mort en1384, sa fille Jadwiga reçut la couronne de Pologne. Elle épousa Wladislaw, grand-duc de la dynastie Jagellon qui régnait en Lituanie. Durant les 187 ans de règne de la dynastie, la Pologne et la Lituanie furent donc gouvernées en union personnelle. En 1569, par la signature du traité de Lublin, une République nobiliaire fut instaurée sur le territoire polono-litunien. Elle demeura le système de gouvernement jusqu’au troisième démembrement de la République de 1795, partagée entre la Prusse, la Russie et l’Autriche.

[10]       Roman Dmowski, Memorandum on the territory of the polish State, March 26th 1917, in Paul Latawski [dir.], The reconstruction of Poland, 1914-1923, Londres, Macmillan, 1992, p. 197.

[11]         Roman Dmowski donne lui-même ce pourcentage dans son livre la question polonaise (p. 38), en affirmant qu’il s’agit d’un territoire vital pour la Russie et donc sans revendication possible de la part des Polonais.

[12]       Roman Dmowski, Problems of Central and Eastern Europe, Londres, 1917, p. 76.

[13]       Roman Dmowski, Le problème des nationalités. La situation actuelle de la Pologne, Paris, Comité national d’études sociales et politiques, 1918, p. 8.

[14]       Ibid., p. 9.

[15]       Roman Dmowski reprit cette argumentation dans sa note envoyée au président américain Wilson en octobre 1917 précédant son voyage aux États-Unis en novembre.

[16]       Piotr Stefan Wandycz, France and her eastern Allies, 1919-1925, Minneapolis, The university of Minnesota Press, 1962, p. 121.

[17]       Marian Kamil Dziewanowski, Joseph Piłsudski, a european federalist, 1918-1922, Stanford, Stanford University, Hoover Institution Press, 1969, 379 p.

[18]         Ibid., pp. 90-91.

[19]       Smogorzemski, L’union sacrée de Pologne. Le gouvernement de Varsovie et le “gouvernement” polonais de Paris, 1918-1919, Paris, Gebethner & Wolff, 1929, p. 55.

[20]       Ces textes reprenaient les principaux arguments développés dans les publications officielles de la Délégation. Cf. Bureau polonais de publications politiques, Lithuanie et Ruthénie-Blanche, Varsovie, Paris, Imprimerie Levé, 1919, 42 p. & Mémoire sur les frontières Nord et Sud-Est de la Pologne restaurée, Paris, juin 1919, 16 p.

[21]       Délégation polonaise à la conférence de la paix. Délégation économique, Mémoire sur la situation économique de la Pologne unifiée et sur l’urgence de donner satisfaction à ses besoins économiques, Paris, février 1919, 39 p.

[22]       La Vistule était perçue comme un nœud fluvial relié au Niémen, au Pripet, au Bug, à la Narew, à la Dwina, au Dniestr et au Dniepr. Cette thématique fut reprise dans un autre mémoire de la délégation polonaise consacrée aux revendications polonaises sur la Galicie, La conclusion tirée par Romer est la nécessaire union entre les Polonais, les Lithuaniens et les Ruthènes blancs et rouges autour du tout économique représenté par l’intermarium baltique-pontique. Cf. Eugeniusz Romer, Mémoire sur la Galicie, Paris, Commission polonaise des travaux préparatoires au Congrès de la paix, mars 1919, p. 19.

[23]       Délégation polonaise à la conférence de la paix. Délégation économique, Mémoire sur la situation économique de la Pologne unifiée et sur l’urgence de donner satisfaction à ses besoins économiques, Paris, février 1919, p. 4.

[24]         Ibid., p.6.

[25]       Commission polonaise des travaux préparatoires au Congrès de la paix, Les confins orientaux de la Pologne, Mémoire sur la Lithuanie et la Ruthénie blanche, Paris, 1919, 39 p.

[26]         Commission polonaise des travaux préparatoires au Congrès de la Paix, Note sur la statistique démographique des confins orientaux de la Pologne, Paris, mai 1919, 44 p.

[27]       Eugeniusz Romer, Mémoire sur la Lithuanie et la volonté de ses habitants, Paris, Délégation polonaise à la Conférence de la paix, octobre 1919, 63 p.

[28]       Publication du ministère des Affaires étrangères, Traité de paix entre les Puis­sances alliées et associées et l’Allemagne et Protocole signés à Versailles le 28 juin 1919, Paris, Imprimerie nationale, 1919, 223 p.

[29]         Sauf Wilno prise par l’Armée rouge dès décembre 1918.

[30]       Les troupes allemandes évacuèrent la Lituanie centrale dès la fin de décembre 1918. Les Polonais entrèrent en pourparlers avec eux pour organiser l’occupation par leurs troupes de l’espace laissé sans protection. Les Allemands opposèrent une fin de non-recevoir. Les Polonais négocièrent alors avec les Lituaniens de la Taryba pour obtenir une défense conjointe. Ces derniers refusèrent toute action avant la reconnais­sance par Varsovie de leur régime. Les Polonais occupèrent alors Wilno mais durent retraiter quelques jours après sous la poussée rouge.

[31]         Adam Prezybylski, La Pologne en lutte pour ses frontières, 1918-1920, Paris, Gebethner & Wolff, 1929, p. 70.

[32]       Marian Kamil Dziewanowski, Joseph Piłsudski, a european federalist, 1918-1922, Stanford, Stanford University, Hoover Institution Press, 1969, p. 268.

[33]       Antoine Górski, La Pologne et la guerre, Paris, Alcan, 1922, p. 263.

[34]       Paul Mantoux, Les délibérations du Conseil des quatre (24 mars-28 juin 1919), Tome I jusqu’à la remise à la délégation allemande des conditions de paix, Paris, Editions du centre national de recherche scientifique, 1955, p. 200.

[35]       Ladas Natkevicius, Aspect politique et juridique du différend polono-lithuanien, Paris, Jouve & Cie, 1930, p. 28.

[36]         Les partis lithuaniens avaient appelé au boycott de ces élections en conséquence de quoi l’écrasante majorité de la Diète était polonaise.

[37]       Alfred Erich Senn, The Great Powers, Lithuania and the Vilna question, 1920-1928, Leiden, E. J. Brill, 1966, 236 p.

[38]         Pierre Vileichis, Le conflit polono-lithuanien, Paris, Imprimerie Desmoineaux & Brisset, 1921, p. 13.

[39]         Ibid., p. 18.

[40]       Il en était de même pour les minorités allemandes, biélorusses et ukrainiennes intégrées à la Pologne d’après les traités frontaliers.

 

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