Revue Internationale d'Histoire Militaire

 

Les relations franco-polonaises et les problèmes de sécurité en Europe orientale, 1924-1925

 

Frédéric Dessberg

 

Au sortir de la première guerre mondiale, la France établit un système d’alliances en Europe centrale et orientale pour parer à la renaissance du danger allemand. Au cœur de ce système, la Pologne était considérée comme le principal “allié de revers”, avec les pays de la Petite Entente, contre la menace allemande en même temps qu’elle représentait une barrière contre l’expansion bolchevique. Mais la période de l’entre-deux-guerres a vu l’échec de ce nouveau système de sécurité et notamment une évolution vers un relâchement des liens franco-polonais avant que Paris ne se mette à la recherche d’une nouvelle alliance russe dans les années 1930.

Les années 1924 et 1925, de l’arrivée du Cartel des Gauches au pouvoir en juin 1924 à la signature des accords de Locarno en octobre 1925, ont marqué une étape significative du refroidissement des liens franco-polonais. La politique d’arbitrage international, sous l’égide de la S.D.N. et le rapprochement franco-allemand, mené par Aristide Briand et Gustav Stresemann, ont été les causes majeures de la fragilité de l’alliance franco-polonaise. Cependant, un facteur a trop souvent été occulté : celui de la sécurité en Europe orientale, bien sûr vital pour la Pologne mais que la France avait tendance à reléguer au second rang des priorités derrière la menace allemande. Avant l’échec du système de sécurité français à l’Est, les années 1924 et 1925 ont vu les divergences franco-polonaises s’établir durablement à propos du danger soviétique, au moment où Paris entamait des relations avec l’Union soviétique.

Il serait stérile de s’interroger sur la pertinence de telle ou telle perception (et d’ailleurs, les chefs militaires polonais ont régulièrement admis, dans les années 1920, la priorité allemande) mais il est important de voir dans quelle mesure le problème de la sécurité en Europe orientale a été responsable du relâchement des liens militaires et des divergences diploma­tiques entre Paris et Varsovie. La volonté française de se désengager de ses responsabilités en Europe orientale, liée au nouveau contexte diplomatique de sécurité collective et non à une quelconque intention de “lâcher” l’allié polonais, était perceptible dans deux phases des relations militaires et politiques franco-polonaises : d’abord dans les conversations militaires de 1924, ensuite au moment des négociations conduisant aux accords de Locarno. Ces deux aspects permettent d’évaluer l’importance du facteur oriental dans la distanciation des liens franco-polonais de cette période.

Les conversations militaires franco-polonaises à l’époque des ministères Poincaré et Herriot (avril-novembre 1924).

La convention militaire franco-polonaise de février 1921 et les conversations qui suivirent en octobre 1922, lors de la visite à Paris du ministre des affaires militaires polonais, le général Wladyslaw Sikorski, prévoyaient une aide militaire française à la Pologne en cas d’agression soviétique. La priorité des militaires français demeurait la protection contre une attaque allemande et le plan Foch préconisait à cet effet, en cas d’agression conjointe germano-soviétique, une offensive concentrique des forces françaises et polonaises sur Berlin, l’essentiel des troupes polonaises (18 divisions) étant tournées contre l’Allemagne[1]. Face à la Russie, le reste de l’armée polonaise devait par contre se cantonner à une attitude défensive.

La priorité faite par les militaires français à la menace allemande se retrouvait également dans leur désir de créer un triangle Paris-Prague-Varsovie. C’est dans cet objectif que le maréchal Foch effectua une tournée en Tchécoslovaquie et en Pologne en mai 1923. La Conférence des Ambassadeurs ayant alors reconnu les frontières orientales de la Pologne, Paris estimait que la menace à l’Est se faisait moins forte. Mais Varsovie était loin de partager ce point de vue[2]. D’accord avec la priorité allemande, le général Stanislaw Haller, chef de l’état-major général polonais, n’en estimait pas moins qu’une coalition de ce type devait être également tournée contre la Russie et, à l’automne 1923, il préconisa une entente tripartite entre la France, la Pologne et la Roumanie. Sur son invitation, une conférence fut organisée à Varsovie les 7 et 8 avril 1924 entre lui, le général Dupont, chef de la Mission militaire française, et le général Floresco, de l’état-major roumain. Ces conversations visaient à aborder le cas d’une guerre sur deux fronts et envisageaient la possibilité de mobilisations et d’attaques conjointes allemandes et russes. Pour y répondre, les alliés devaient d’abord neutraliser l’attaque allemande et essayer d’empêcher une jonction germano-soviétique, la Pologne et la Roumanie étant particulièrement chargées de contenir la poussée soviétique[3]. Les conversations de Varsovie n’avaient cependant qu’un “caractère informatif” et devaient être complétées par une série de conversations d’états-majors. Or, les circonstances politiques en France entravèrent largement un approfondissement de ces relations et contribuèrent même à éloigner la France de ses alliés orientaux.

Les élections législatives françaises du mois de mai 1924 portèrent en effet la coalition du Cartel des Gauches au pouvoir et Edouard Herriot put former son cabinet en juin. La politique étrangère du nouveau gouvernement visait à intégrer la Pologne dans un système de sécurité plus large, à se rapprocher de la Grande-Bretagne, à éviter les différends avec l’Allemagne et prévoyait la reconnaissance juridique du gouvernement soviétique : autant de facteurs qui devaient pousser Herriot à se dégager des obligations militaires françaises envers l’allié polonais, même si la convention de 1921 devait être respectée[4]. Déjà, depuis la crise de la Ruhr et dans le but d’éviter tout motif de querelle avec Berlin, Paris ne voulait pas afficher un rapprochement militaire franco-polonais de manière trop voyante. D’autre part, la perspective de la reconnaissance de l’URSS, prévisible depuis 1923, pouvait entrer en contradiction avec la convention militaire de 1921, qui désignait la Russie soviétique comme agresseur éventuel de la Pologne[5]. Dans ce contexte, comme l’a souligné Georges-Henri Soutou, l’arrivée au pouvoir d’Herriot marqua clairement un désengagement français de l’alliance polonaise, mais le mouvement était perceptible auparavant[6].

C’est durant l’“interrègne” Poincaré-Herriot, en mai-juin 1924, que le général Haller assista à Paris à de nouvelles conversations militaires franco-polonaises. Dans une note qu’il lui fit remettre, le maréchal Foch faisait mention d’une collaboration polono-roumaine dans le cas d’une agression soviétique, subordonnée à la priorité française contre l’Allema­gne et soumise aux impératifs de sécurité en Europe orientale : “L’offensive de ce côté (russe) ne peut par suite et pour longtemps sans doute prendre que très lentement un développement inquiétant. Néanmoins… la Russie pourrait engager une armée. À ce premier danger répond très judicieu­sement l’entente polono-roumaine de caractère essentiellement défensif. Par contre, une offensive stratégique entreprise par l’entente polono-roumaine n’est pas à rechercher et encore moins à poursuivre… Elle ne peut être envisagée en face de la vaste Russie[7]. Cette note du 23 mai faisait référence au plan secret “R+N”[8], élaboré à l’origine par les Polonais et qui prévoyait une guerre sur deux fronts. Selon ce plan, 17 divisions polonaises d’infanterie et trois de cavalerie étaient tournées contre la Russie, onze divisions d’infanterie et une de cavalerie contre l’Allemagne.

Le général Haller accepta la note du maréchal Foch et on peut dire que la convergence de vues entre les deux hommes était réelle, à partir du moment où Paris admettait l’existence du danger que la Russie soviétique faisait planer sur la Pologne, comme l’a d’ailleurs montré la correspon­dance ultérieure entre Sikorski et Foch[9]. Mais la disposition des troupes polonaises, majoritairement placées à l’Est, montrait également que Varso­vie ne comptait pas sur un réel appui français face à la Russie soviétique[10]. De son côté, la diplomatie polonaise se montrait ouverte aux orientations diplomatiques françaises visant à asseoir la sécurité européenne sur la base de l’arbitrage international, mais elle insista sur son rôle dans l’échec d’une éventuelle coopération germano-soviétique et sur le besoin d’aide qu’il nécessitait[11]. En insistant sur cette position, il s’agissait de faire valoir l’importance intacte que revêtait l’alliance polonaise pour Paris, certes adaptable au nouveau contexte diplomatique, mais qu’il ne fallait pas atténuer.

Concrètement, lors des entretiens militaires franco-polonais de mai 1924, une séance fut consacrée le 10 au ravitaillement en fournitures de guerre et aux communications maritimes. Le général Haller demanda que la France fût capable d’envoyer une escorte navale en mer Baltique. Il s’appuyait sur l’article 3 de la convention de 1921, qui prévoyait une action française pour assurer la sécurité des lignes de communication maritimes en mer Baltique et en mer Noire dans l’éventualité d’un conflit avec l’Allemagne. Mais, en cas de conflit polono-russe, une telle action aurait nécessité une décision politique impliquant le gouvernement français. Le commandement français, souhaitant éviter toute complication entre Paris et Moscou, se limita donc à la promesse d’un envoi de matériel et de personnel technique[12]. Une note secrète ultérieure indiquait à ce propos : “La France ne peut assurer la sécurité des communications maritimes par la protection des convois sans risquer de se heurter aux forces navales russes et de provoquer ainsi une guerre avec la Russie et la France. La collaboration navale franco-polonaise est donc, dans ce cas, entièrement subordonnée à une décision du moment du gouvernement français[13]. La nécessité d’envoyer des sous-marins afin d’éviter une jonction entre les marines allemande et russe en cas de conflit était simplement évoquée[14]. Cependant, la construction navale polonaise était encouragée, notamment la construction de sous-marins, particulièrement adaptés à la protection de la mer Baltique. Cette décision, liée au prêt de quatre cents millions de francs accordé en 1922 à la Pologne, fut à l’origine de la construction de bâtiments de guerre à partir de 1925. De même, la construction de la base navale de Gdynia, prévue en 1921, était relancée.

Après ces entretiens, des échanges d’informations eurent lieu entre militaires français et polonais au sujet de la Russie et de sa menace potentielle. Du côté polonais, on s’efforça d’appuyer sur quelques signes menaçants. Ainsi, en septembre 1924, le 2e bureau français était informé de menaces pesant sur la frontière orientale de la Pologne à la suite d’incidents survenus au mois d’août. Des troupes polonaises devaient appuyer les gardes frontières, ce qui devait diminuer l’ampleur de manœu­vres prévues[15]. Au même moment, le Service de Renseignements polonais faisait parvenir aux militaires français des rumeurs concernant des manœu­vres navales conjointes germano-soviétiques en mer Baltique[16]. Très circonspects, les services français choisirent d’attendre[17], de se renseigner à leur tour et, d’ailleurs, les rumeurs ne furent jamais véritablement confirmées. Enfin, le colonel Dosse, chef du 3e bureau de l’état-major français, eut des entretiens à Varsovie avec l’état-major polonais, entre le 15 et le 30 septembre 1924. De nombreuses informations furent alors échangées, notamment concernant la situation militaire en Russie sur laquelle les Polonais étaient particulièrement bien renseignés[18]. Mais aucune des mesures précises envisagées lors de ces entretiens ne fut exploitée par la suite, ce qui peut signifier un manque de volonté du gouvernement français de s’engager dans une coopération militaire trop précise[19].

Une nouvelle série d’entretiens, particulièrement importante pour les liens militaires franco-polonais et pour leur place dans les problèmes de sécurité en Europe orientale, fut menée à Paris par le général Sikorski, ministre des affaires militaires polonais, avec les autorités françaises entre le 15 octobre et le 2 novembre 1924. Ces conférences intervenaient donc au moment où Paris reconnaissait juridiquement le gouvernement de l’URSS, ce qui les teinta d’une pointe de méfiance réciproque. Il s’agissait bien, avant tout, d’adapter les relations militaires franco-polonaises au Protocole de Genève et Sikorski rencontra pour cela le ministre de la Guerre, Charles Nollet, et celui de la Marine, Jacques-Louis Dumesnil. En tout cas, le général polonais venait à Paris dans la ferme intention de “travailler sérieusement” au maintien des relations franco-polonaises face à l’Alle­magne et à la Russie soviétique, au cours des entretiens prévus avec Herriot et Nollet et il chargea le colonel Kleeberg, à la légation polonaise à Paris, d’informer ses interlocuteurs de ses intentions[20].

Outre la question du Protocole de Genève, la question de l’attribution à la Pologne d’un siège permanent au Conseil de la Société des Nations, à la suite de l’entrée de l’Allemagne à la SDN, devait être abordée. Une réunion devait également être consacrée aux rapports avec la Russie soviétique, une autre au problème des communications maritimes[21].

Le maréchal Foch proposa le 24 octobre un “Accord militaire”, destiné à être enregistré à la Société des Nations et qui promettait un “concours efficace et rapide” entre la France et la Pologne en cas d’agres­sion contre l’une d’elles[22]. Un “Arrangement” secret l’accompagnait, qui reprenait cette expression et citait l’URSS comme agresseur. L’article 2 garantissait à la Pologne un appui en cas d’attaque soviétique et l’article 3 définissait l’aspect purement “technique” de cette aide, qui consistait “non pas à envoyer en Pologne des unités combattantes mais à procurer au gouvernement polonais du matériel de guerre et de chemin de fer ainsi que du personnel technique[23].

Cependant, le caractère politique de l’accord déplut fortement au Quai d’Orsay qui, par la voix de son directeur politique, Jules Laroche, voulut le restreindre à des considérations techniques : “J’ai dit à Nollet qu’il faudrait enlever de la convention militaire toutes les stipulations de caractère politique qui s’y trouvent indûment et limiter cet acte à de simples mesures d’application technique… Aucun accord militaire, même enregistré à la Société des Nations et publié, ne doit comprendre les engagements de se prêter un mutuel concours. J’ai en outre fait de sérieuses objections quant à l’étendue des engagements à prendre et notamment quant à l’engagement d’agir en commun en cas d’agression[24]. Un coin était donc enfoncé entre l’attitude des militaires français, favorables à la conservation d’un lien militaire franco-polonais solide et celle des diplomates, beaucoup plus réservés.

Edouard Herriot, au moment où son gouvernement reconnaissait l’Union soviétique, dut cependant faire des concessions à la Pologne. À la suite d’une initiative et des insistances de la diplomatie polonaise, Herriot dut accepter, le 19 octobre 1924, que la légation polonaise à Paris fut élevée au rang d’ambassade[25] avant l’arrivée des diplomates soviétiques. Il accepta de faire pression sur Berlin pour que l’Allemagne ne pose ses conditions sur l’article 16 (afin de ménager ses relations avec l’URSS) avant d’avoir adhéré à la Société des Nations[26]. Cependant, en liaison avec la reconnaissance de l’Union soviétique, il refusa de voir mentionné le traité de Riga dans le texte final des conférences. Autrement dit, aux accusations polonaises de remettre en cause la frontière orientale de la Pologne, on répondit que la France restait entièrement loyale envers son alliée[27]. Il fut donc signifié à Sikorski, aussi bien par les politiques que par les militaires français, que les inquiétudes polonaises n’étaient pas fondées et que les relations militaires franco-polonaises étaient justement resserrées avec les entretiens en cours[28].

Face à Herriot, au cours des conférences des 1er et 2 novembre, Sikorski insista à nouveau pour que la mention du traité de Riga figure dans les documents résumant les entretiens, mais le président du Conseil français s’y opposa à nouveau[29].

Malgré les réticences initiales d’Herriot, le Protocole des Conférences fut signé le 6 novembre par Sikorski, Nollet et Dumesnil. Y figurait l’acceptation par le gouvernement français des décisions de la Conférence des Ambassadeurs sur les frontières polonaises[30]. Ainsi, les relations mili­taires franco-polonaises sortaient renforcées des entretiens, même s’il était convenu que la convention de 1921 devait être modifiée en fonction du nouveau contexte diplomatique européen. Mais la volonté évidente d’Herriot d’alléger les responsabilités françaises dans l’alliance polonaise, même si les militaires français y restaient largement attachés, augurait des changements à venir dans le sens d’un relâchement de l’alliance. En cela, les conversations militaires d’octobre 1924 peuvent être considérées comme un tournant dans les relations franco-polonaises[31]. Si le rapproche­ment franco-allemand en a été la cause au cours de l’année 1925 et au-delà, on oublie trop souvent de dire que le problème de la frontière polono-russe et la difficulté des rapports franco-polono-soviétiques dans les années 1920 ont largement participé au “malentendu” entre Paris et Varsovie.

Un soutien distant de la France à la Pologne en Europe orientale dans le contexte des négocia­tions menant à la conclusion des Accords de Locarno

Nous avons vu que la reconnaissance de l’Union soviétique par le gouvernement français posait pour Varsovie le problème de l’éventualité d’une remise en cause de la frontière orientale de la Pologne. Les relations entre cette dernière et la Russie étaient régulièrement empoisonnées par des incidents de frontières. De plus, à l’automne 1924, l’Union soviétique provoquait l’inquiétude grandissante de la Pologne et de la Roumanie, notamment depuis le coup de main organisé par un commando bolchevik, le 12 septembre, à Tatar Bunar. L’attaque de cette localité bessarabe avait alors donné l’occasion aux Soviétiques de proclamer la “République Soviétique de Moldavie”[32]. Ces événements favorisèrent l’acceptation du Protocole de Genève par la Roumanie, ainsi que des projets d’alliance anti-soviétique, incluant par exemple la Turquie. On put y reconnaître la volonté polonaise de former un front contre la Russie, de la mer Baltique à la mer Noire. Cependant, l’inquiétude ressentie en Europe orientale était considé­rablement atténuée à Paris et dans le personnel diplomatique français : “Les Soviétiques, s’ils cherchent à provoquer des désordres en Bessarabie, ne menacent pas actuellement d’une attaque contre la Roumanie ou la Pologne[33].

L’influence de Moscou se fit à nouveau ressentir au mois de décem­bre, lors de l’échec de la tentative de prise du pouvoir par les communistes en Estonie, le 1er décembre 1924. Pour une partie de l’opinion polonaise, la récente reconnaissance de l’Union soviétique par Paris donnait de l’audace aux dirigeants soviétiques. Mais Moscou exerça à ce moment une pression sur le gouvernement estonien pour qu’il affirme la non-responsabilité des Soviétiques dans la tentative de coup d’État de Reval, ce qui, selon le représentant français en Estonie, devait contribuer à améliorer les relations franco-soviétiques[34].

Malgré les menaces soviétiques, Varsovie avait pris le parti, dès le mois d’août 1924, d’entamer un mouvement de rapprochement avec Moscou, en vue de renforcer sa position envers Paris dans la perspective d’une reconnaissance soviétique et afin, également, de dissuader l’Allema­gne de rectifier sa frontière orientale. Dans les négociations qui s’engagè­rent entre Varsovie et Moscou, la diplomatie polonaise se prononça pour la conclusion d’un pacte de non-agression avec l’Union soviétique englobant la Pologne, la Roumanie et les États baltes. Cette option était difficile à réaliser à cause des mauvais rapports entre la Pologne et la Lituanie mais, pour Varsovie, l’hypothèse d’une entente baltique était un moyen d’exercer une pression sur Paris, inquiet des désaccords entre la Pologne et les pays de la Petite Entente. De son côté, Moscou s’opposa au projet polonais, qu’elle considérait comme une tentative pour former un “bloc anti-soviéti­que” destiné à l’encerclement de la Russie. C’est d’une manière tout aussi négative qu’elle jugea le traité d’arbitrage signé à Helsingfors le 17 janvier 1925[35]. Le gouvernement soviétique estima donc préférable de rejeter la proposition de Skrzynski et se déclara pour la conclusion d’un pacte bilatéral.

Il convient de rappeler qu’avant l’arrivée au pouvoir du Cartel des Gauches, Paris était favorable au resserrement des relations entre la Pologne et les États baltes. Pour le Quai d’Orsay, ce rapprochement aurait pu conduire à une réconciliation polono-lituanienne et à un réchauffement des relations entre Varsovie et Moscou[36]. Il était donc utile que Varsovie exerçât son influence sur ses voisins baltes avant de négocier avec Moscou. Mais cette politique visait surtout à constituer un bloc capable de séparer l’Allemagne de la Russie, ce à quoi Berlin répondit par une propagande active dans les “États périphériques” pour les convaincre de l’inefficacité d’un tel regroupement face à la Russie dans la mesure où Paris interpréterait la convention franco-polonaise de manière restrictive en cas d’agression soviétique[37]. L’influence polonaise ne devait cependant pas non plus aller trop loin et le projet fédéraliste de Pilsudski destiné à regrouper les voisins de la Russie sous son égide, qui avait été jusque-là un échec, ne manquait pas d’inquiéter le côté français[38]. Mais les gouverne­ments de droite polonais devaient se montrer plus circonspects en matière de rapprochement avec les États baltes.

Le gouvernement Herriot devait reprendre la politique visant à accentuer ce rapprochement. Varsovie, de son côté, s’orienta progressive­ment vers cette voie, à partir de l’arrivée de Skrzynski à la tête de la diplomatie polonaise et après la tentative de coup d’État de Reval[39]. La conférence d’Helsingfors des 16 et 17 janvier et la signature du traité d’arbitrage entraient donc tout à fait dans les vues du gouvernement français et, dans une certaine mesure, n’alla pas aussi loin que l’avait escompté Herriot, qui s’attendait à ce qu’un projet d’entente militaire fut discuté. Mais les Finlandais étaient hostiles à des contacts militaires[40]. D’autre part, les États baltes tenaient à conserver une certaine neutralité entre la Pologne et la Russie, malgré la nécessité d’une action commune contre les activités communistes. Herriot devait donc ménager toutes les susceptibilités pour mettre en place un dispositif efficace, tourné certes contre l’Union soviétique, mais destiné surtout à isoler l’Allemagne et à contrecarrer l’influence économique et politique britannique dans les pays baltes.

À l’inquiétude polonaise sur l’inviolabilité de sa frontière orientale répondait la crainte soviétique d’un encerclement par les pays d’Europe centrale et orientale, alliés de la France, ou encore par la Pologne et les États baltes. Le commissaire-adjoint aux Affaires étrangères, Litvinov, demanda d’ailleurs des assurances au Quai d’Orsay au sujet de l’engage­ment de la France envers la Pologne et la Roumanie pour éviter que ces derniers ne spéculent sur un appui français[41]. Les choses en restèrent à ce point mais l’ambassadeur français à Moscou, Jean Herbette marquait sa préférence pour une révision des frontières orientales de la Pologne afin d’éviter une collusion entre Moscou et Berlin : “Il ne faut pas demander au gouvernement soviétique de garantir pour toujours tel ou tel tracé de frontières…c’est pourquoi une détente entre l’Union soviétique et la Polo­gne… ne saurait être réalisée si le gouvernement polonais invitait le gouvernement de Moscou à garantir toutes les frontières de l’Europe orientale[42].

Si Herriot n’était pas loin de partager les vues de l’ambassadeur français, le Quai d’Orsay devait exprimer son opposition à ces proposi­tions. D’une part, s’il était dans l’intérêt de la diplomatie française de rapprocher Varsovie et Moscou, il ne convenait pas de montrer un rappro­chement trop visible avec l’URSS, afin de ne pas effrayer la Pologne. Le danger soviétique était en effet ressenti trop vivement à Varsovie pour qu’un rapprochement franco-soviétique ne fut pas perçu comme un acte hostile aux Polonais. D’autre part, l’alliance polonaise gardait de beaux avantages que Moscou ne pouvait remplacer[43].

Un autre problème important pour la sécurité de la Pologne, mais également pour les autres États riverains de la mer Baltique et pour la Rou­manie, était celui de la restitution par la France à la Russie de l’ancienne flotte de Wrangel, réfugiée à Bizerte. En 1923, Raymond Poincaré avait accepté le principe d’une restitution en déclarant : “Au yeux du gouverne­ment français, l’escadre réfugiée à Bizerte est propriété de l’État russe. Dès qu’il y aura un gouvernement régulièrement reconnu, il pourra en prendre possession[44].

Le gouvernement d’Edouard Herriot fut donc forcé de reconnaître la validité juridique des arguments soviétiques pour la restitution dans la perspective de l’échange de relations diplomatiques entre Paris et Moscou. La position du gouvernement Herriot fut pourtant très réticente à une restitution immédiate, malgré les protestations soviétiques[45]. Cette attitude peut s’expliquer par le fait que Paris ne voulait pas nuire à ses alliés d’Europe orientale : la Roumanie, qui faisait prévaloir les risques contre la paix dans le cas où l’escadre russe aurait été installée en mer Noire, la Pologne si la flotte avait gagné la mer Baltique. Mais il semble que deux facteurs aient eu davantage d’importance dans les réticences françaises à restituer les navires russes. Tout d’abord, Paris détenait un gage et un moyen de pression sur les Soviétiques, tant que ces derniers n’auraient pas fait un pas dans le règlement du problème des anciennes dettes tsaristes. Ensuite, l’augmentation du tonnage en mer Baltique du fait de la restitution aurait pu entraîner une présence navale britannique accrue et un déséquilibre en défaveur des États baltes, liés par le Pacte de la Société des Nations à l’engagement de réduire leur flotte[46].

La pression roumaine dans ce problème fut certainement plus forte que les objurgations polonaises[47] et une proposition fut faite de transférer les navires russes en mer Baltique[48]. Le risque d’une restitution, une fois connu, avait en effet suscité des réactions de la part des diplomates polo­nais et baltes en poste à Paris. Ainsi, l’ambassadeur polonais Chlapowski, secondé par l’attaché militaire Juliusz Kleeberg, s’adressa à ses collègues roumain et estonien[49] pour une action commune, il rencontra Herriot et Dumesnil et ressortit très peu confiant de ces derniers entretiens. À l’initia­tive du ministre Skrzynski, la question fut également abordée à la confé­rence d’Helsingfors entre les représentants polonais, estonien, letton et finlandais. L’objectif du ministre polonais était de convaincre ses homolo­gues de mener une action commune auprès du Quai d’Orsay[50], mais l’unanimité ne put se faire à cette occasion.

Dans le courant de l’année, la menace d’une restitution se fit plus précise pour les Polonais qui s’offusquèrent du fait que les Français ne les consultaient pas suffisamment, faisant passer la sécurité de la Pologne au second rang de leurs priorités : “L’alliance militaire polono-française nous donne le droit d’exiger que, pour une décision importante, ce qui touche à l’intérêt des États soit décidé par le gouvernement français avec l’accord du gouvernement polonais[51].

Finalement, l’affaire traîna en longueur et ne fut pas résolue avant le début des années 1930, à un moment où la flotte russe avait perdu toute sa valeur. Cette solution avantageait bien sûr les Polonais mais il apparaît que l’alliance franco-polonaise, au cours de l’année 1925, a été mise à rude épreuve dans cette question. Une fois de plus, dans l’opinion polonaise, Herriot risquait de mettre en péril la sécurité de l’Europe orientale et négligeait de mener une coopération “normale” avec son allié.

Plus largement, l’année 1925, marquée par la préparation des négocia­tions de Locarno, a vu se confirmer les inquiétudes des Polonais et des partisans français de l’alliance franco-polonaise, parmi lesquels se trouvait le maréchal Foch. Aristide Briand ne put faire prévaloir auprès de ses interlocuteurs allemands et britanniques sa volonté de lier la sécurité de la frontière orientale allemande au pacte rhénan. Le relâchement des liens franco-polonais fut donc largement accentué par ce problème qui a montré la baisse d’intérêt de Paris pour la sécurité de ses alliés d’Europe centrale et orientale. Cependant, la diplomatie française devait se montrer favorable à un règlement du différend frontalier polono-soviétique[52].

Paris s’exprima également en faveur d’une union des pays baltes autour de la Pologne en vue de les protéger face à la Russie. Comme nous l’avons vu, les États baltes n’étaient pas dans leur ensemble favorables à une telle union baltique dans la mesure où ils pouvaient craindre, comme ce fut le cas de la Lettonie, aussi bien une domination polonaise que sovié­tique[53]. Paris devait donc conduire les Polonais à montrer d’eux-mêmes une image moins dominatrice à leurs voisins baltes, ne serait-ce que pour enrayer la progression de l’opinion anglophile dans la région. La diploma­tie française appuya le rapprochement entre l’Estonie et la Pologne et tenta en même temps de dissuader la Lettonie de rassembler les États baltes dans une union dont serait absente la Pologne. Des instructions furent données en ce sens[54]. Un projet de conférence baltique fut également élaboré, dans le but de faire un “examen des questions concernant la sécurité générale”, ce qui inquiéta aussi bien Moscou que Berlin. Mais la conférence fut reportée et la presse soviétique s’empressa de voir là un refus de suivre les directives françaises[55]. C’est finalement à Genève, le 6 septembre 1925, que Briand prit l’initiative de réunir Skrzynski et les représentants baltes pour parvenir à un accord. Cette démarche non plus ne fut pas couronnée de succès, au moment où le cadre du Protocole de Genève, auquel Skrzynski voulait encore croire, était abandonné.

La perspective des accords de Locarno et leur signature devaient cependant inciter à la conclusion d’accords diplomatiques devant régler le problème de la sécurité en Europe orientale. Tchitcherine, quelques jours avant de se rendre à Varsovie, le 26 août 1925, avait signifié qu’il était prêt à une entente avec Paris sur la sécurité de la Pologne, dans le but évident de maintenir une forte pression sur Berlin. Aussi, Paris ne releva pas la proposition, mais incita Varsovie à un rapprochement avec son voisin oriental. Pour Briand, la priorité du moment était à la sécurité en Europe occidentale et à l’entretien de bons rapports franco-allemands. La sécurité de l’Europe orientale et des négociations avec Moscou passaient après.

Il est inutile de répéter ici que les accords de Locarno ont marqué une dissymétrie en matière de sécurité entre l’Europe occidentale et l’Europe orientale. Le traité franco-polonais du 16 octobre 1925, signé à Locarno, ne prévoyait qu’une concertation en cas d’agression contre la France ou la Pologne. Il marquait la volonté des diplomates français (beaucoup moins celle des militaires) d’entretenir de nouveaux rapports militaires avec la Pologne et, comme devait l’affirmer Aristide Briand[56], de se dégager face à une éventuelle agression soviétique. Le cadre de la S.D.N. prévalait et devait gouverner par la suite toute tentative d’organisation pacifique des différends en Europe orientale. L’idée d’un “Locarno oriental” découlait directement de ce principe.

Si les accords de Locarno n’ont pas mis fin à l’alliance franco-polonaise, ils ont accéléré la volonté française d’une révision de la con­vention militaire de 1921. Le choix français d’un désengagement français de ses obligations était en tout cas perceptible et la vulnérabilité polonaise se trouva accentuée du fait que la France renonçait à s’engager en Europe centrale et orientale. Pour Aristide Briand, la France n’était soumise à aucune obligation de secourir la Pologne en cas d’agression soviétique contre elle. Dès lors, la France, assurée sur sa frontière orientale et inca­pable de toute action multilatérale avec ses alliés est-européens, n’eut pas de véritable politique d’ensemble en Europe centrale et orientale et mena ses relations de manière souvent bilatérale avec la Roumanie ou la Pologne. Il n’y eut donc pas de rupture, même avec l’arrivée au pouvoir du maréchal Pilsudski en Pologne, considéré avec tant de méfiance à Paris, en mai 1926. La coopération militaire continua, notamment dans le domaine du renseignement. La politique étrangère polonaise évolua elle aussi dans le cadre de la Société des Nations. Seulement, vis-à-vis de l’Union soviétique, les négociations devant mener à la signature de pactes de non-agression, souvent encouragée par la diplomatie française, ne donna pas les résultats escomptés. Le principal malentendu entre Paris et Varsovie, en matière de sécurité orientale, venait d’une perception différente du danger soviétique. À perception différente, priorités de politique étrangère différentes, et Paris eut beaucoup de mal, dans les années 1930, à comprendre le refus polonais d’adhérer à un système de sécurité incluant l’URSS tourné contre l’Allemagne.

 



[1]        Henryk Bulhak, “L’alliance militaire franco-polonaise. Son développement et ses crises”, dans Bâtir une nouvelle sécurité. La coopération militaire entre la France et les États d’Europe centrale et orientale de 1919 à 1929, actes du colloque organisé en décembre 1999 par le CEHD, en collaboration avec le SHAT et le Centre d’Histoire du monde germanique et danubien de l’université de Paris IV, Vincennes, 2001, p. 225.

[2]        SHAT 7 N 2993, Mission militaire française en Pologne, avril 1923.

[3]        Henryk Bulhak, “Rozmowy wojskowe polsko-rumunsko-francuskie w Warszawie (7-8 kwietna 1924 r.)” (Les entretiens militaires polono-roumano-français à Varsovie, 7-8 avril 1924), Przeglad Historyczny, t. XXX, 1989, pp. 128-131. L’auteur y donne le “Résumé” en français de la conférence.

[4]        Georges-Henri Soutou, “L’alliance franco-polonaise (1925-1933) ou comment s’en débarrasser ?”, Revue d’Histoire diplomatique, Paris, 1981, pp. 295-348.

[5]         Contrairement à la volonté polonaise, le maréchal Foch avait tout fait à l’époque pour ne pas entraîner la France dans une déclaration automatique de guerre à la Russie en cas d’agression contre la Pologne. Pour cela, l’appui français était limité à une aide technique et matérielle excluant l’envoi de troupes. Voir Tomasz Schramm, Henryk Bulhak, “La France et la Pologne, 1920-1922. Relations bilatérales ou partie d’un système européen de sécurité ?”, Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 193, 1999, p. 45.

[6]        SHAT 7 N 3006, E.M.A./2 Pologne : relations avec la France, 1920-1940. Un rapport de l’état-major français de 1937 estimait que la politique française visant à se détourner de la Pologne pouvait être datée de 1922.

[7]        SHAT 7 N 3006, E.M.A./2, note du 23 mai 1924.

[8]        SHAT 7 N 3446, E.M.A./3, dossier 3 : Relations franco-polonaises. Accords et conventions, conversations et visites franco-polonaises (1921-1939), note du 23 mai 1924 (R= Russie, N= Allemagne).

[9]         Archiwum Akt Nowych (AAN), Ministerstwo Spraw Zagranicznych (MSZ), vol. 3760, F° 49-50, lettre de Sikorski à Foch du 15 juillet 1924 : “C’est en Allemagne que je vois la tête de la coalition ennemie. Cependant, l’accroissement continuel de la puissance russe pendant les dernières années et le resserrement de ses relations avec l’Allemagne m’amènent à la même conclusion que vous, mon Maréchal, notamment que la Pologne doit accomplir un effort pour empêcher la jonction russo-allemande”.

[10]       AAN, MSZ, vol. 3760, rapport du général Haller du 3 juin 1924.

[11]       AMAEF, série Europe 1918-1940, vol. 134, France-Pologne, F° 164-165, “aide-mémoire” polonais du 22 juillet 1924.

[12]       SHAT 7 N 3006, 10 mai 1924.

[13]       SHAT 7 N 3448, E.M.A./3, dossier 3, note secrète du 4 octobre 1924, rappelant les entretiens du mois de mai.

[14]       Ibid., note du 23 mai 1924.

[15]       Centralne Archiwum Wojskowe, I 303.4, vol. 7459, colonel Kleeberg au colonel Fournier, 5 septembre 1924.

[16]       Service historique de la Marine (SHM), 1 BB7 130.

[17]       Ibid., procès-verbal des représentants des 2e bureaux français et polonais du 18 septembre 1924.

[18]       SHAT 7 N 3006, annexe au procès-verbal.

[19]       Georges-Henri Soutou, “L’alliance franco-polonaise (1925-1933) ou comment s’en débarrasser ?”, op. cit., p. 300.

[20]       CAW, I 303.4, lettre de Sikorski à Kleeberg, 6 octobre 1924.

[21]       Henryk Bulhak, “Les relations polono-françaises dans la première période du gouvernement d’Edouard Herriot (juin-novembre 1924)”, Studia Gallo Polonica II, Uniwersytet Jagiellonski, Varsovie, 1992, p. 122.

[22]       SHAT 4 N 93, note du 18 octobre 1924 et SHAT 7 N 3006. Voir également G.-H. Soutou, op. cit., p. 300 et H. Bulhak, op. cit., p. 123-124.

[23]       SHAT 4 N 93. Voir également Henryk BULHAK, op. cit., p. 124.

[24]       SHAT 7 N 3006, note du 30 octobre 1924.

[25]       Mariusz Wolos, Alfred Chlapowski (1874-1940). Biografia ambasadora Polski we Francji, Torun, Wydawnictwo Adam Marszalek, 1999, p. 99.

[26]       Traïan Sandu, Le système de sécurité français en Europe centre-orientale. L’exemple roumain, 1919-1933, Paris, L’Harmattan, 1999, p. 234.

[27]       AMAEF, vol. 356, F° 141, Edouard Herriot à Hector de Panafieu, légation française à Varsovie, 27 octobre 1924.

[28]       Henryk Bulhak, op. cit., p. 127.

[29]       AAN, MSZ, vol. 3760, télégramme n°250 de Skrzynski à Sikorski du 2 novembre 1924, cité par H. Bulhak, op. cit., p. 130.

[30]       SHAT 4 N 93, Protocole du 6 novembre 1924. Le texte du Protocole figure dans Henryk Bulhak, “Rozmowy wojskowe polsko-francuskie w Paryzu (pazdzrenik-listopad 1924), (Conversations militaires franco-polonaises à Paris, octobre-novembre 1924)”, Przeglad Historyczny, t. LXI, Warszawa, 1970, pp. 681-683.

[31]       G.-H. Soutou, op. cit., p. 301.

[32]       Traïan Sandu, op. cit., p. 233.

[33]       AMAEF, Europe 1918-1929, Roumanie, vol. 37, F° 114, de Manneville à Herriot, 26 septembre 1924.

[34]       AMAEF, Esthonie, vol. 5, F° 139, 6 janvier 1925.

[35]       AMAEF, vol. 301, Russie-Pologne, F° 3, 24 janvier 1925. La conférence réunis­sait les ministres des Affaires étrangères de Lettonie, d’Estonie, de Finlande et de Pologne.

[36]       AMAEF, Russie 1918-1940, vol. 695, États baltiques, dossier général, F° 19, visite du ministre de Finlande à de Peretti, directeur politique-adjoint, 21 janvier 1924.

[37]       Ibid., F° 148, de Vienne, ministre en Estonie à Poincaré, 9 avril 1924.

[38]       SHAT 7 N 2993, général Dupont (chef de la M.M.F. en Pologne) au 2e Bureau de l’état-major, 5 juin 1924.

[39]       AMAEF, vol. 695, F° 267, de Vienne à Herriot, 17 décembre 1924. Le représentant polonais en Estonie venait d’être brusquement remplacé.

[40]       Ibid., vol. 696, F° 65.

[41]       AMAEF, vol. 357, F° 180, Herbette à Herriot, 26 janvier 1925.

[42]       AMAEF, vol. 41, F°71-72, 23 avril 1925.

[43]       AMAEF, vol.358, France-Russie, F° 43-49, note du 28 mars 1925 : “La Russie n’est pas encore assez stable pour être un contrepoids à la puissance allemande. La Pologne, malgré les inconvénients de sa situation géographique périlleuse entre la Russie et l’Allemagne, constitue un élément de force plus réel que la Russie”. Nous suivons l’avis de Georges-Henri Soutou qui identifie Hector de Panafieu, ambassadeur à Varsovie, comme l’auteur de cette note. Voir, G.-H. Soutou, “La France, l’URSS et l’ère de Locarno, 1924-1929, dans Mikhaïl Narinski. Élisabeth Du Reau, Georges-Henri Soutou, Alexandre Tchoubarian (dir.), L’URSS et l’Europe dans les années 1920, Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2000, p. 69.

[44]       AMAEF, vol. 1134, Russie, Marine, Flotte de Bizerte I, F°29, 16 mars 1923.

[45]       Mariusz WOLOS, op. cit., p. 106-110.

[46]       AMAEF, vol. 1135, Russie, Marine, Bizerte II, F° 34, note du Directeur politique du 12 janvier 1925.

[47]       Traïan Sandu, op. cit., p. 232.

[48]       AMAEF, vol. 1134, F° 137, sénateur de Kerguezec à Herriot, 18 novembre 1924.

[49]       Mariusz Wolos, op. cit., p. 107.

[50]       Ibid., p. 108.

[51]       AAN, MSZ, vol. 3679, Kajetan Morawski à Alfred Chlapowski, 21 décembre 1925, cité par M. Wolos, op. cit., p. 109.

[52]       Un protocole polono-soviétique relatif aux incidents de frontières fut signé le 29 août 1925. AMAEF, vol. 301, F° 66, Panafieu à Briand, 31 août 1925.

[53]       AMAEF, vol. 696, F° 232, rapport de Paul Mantoux, directeur de la section politique de la S.D.N. à Jules Laroche, 9 avril 1925.

[54]       AMAEF, vol. 697, F° 35, MAE à Riga, 22 mai 1925 et F° 75, 26 juin 1925.

[55]       Ibid., F° 180, 30 août 1925.

[56]       W.N. Medlicott, D. Dakin (ed.), Documents on British Foreign Policy, First Series, Vol. XXV, London, HMSO Press, n° 332, note de Chamberlain du 14 octobre 1925.

 

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