Revue Internationale d'Histoire Militaire

 

Aux origines de la “méthode naturelle” : Georges Hébert et l’enseignement de l’éducation physique dans la Marine française[1]

 

Jean-Philippe Dumas

 

Le nom de Georges Hébert est lié à la méthode d’éducation physique qu’il a inventée, la méthode naturelle, fondée sur le développement com­plet de l’individu. La méthode naturelle, qui entend façonner les caractères autant que les corps, a connu une renommée internationale après la Première Guerre mondiale. Propice à l’organisation d’exercices rassem­blant des centaines, voire des milliers de participants, elle a été adoptée en France et à l’étranger par plusieurs fédérations sportives. L’entraînement à la méthode se pratiquait sur des installations spécifiques, les parcours Hébert, dont certains subsistent encore aujourd’hui[2]. La méthode naturelle a été supplantée, dans les années 1970, par la méthode sportive, qui privilégie l’excellence dans un sport plutôt que l’harmonie du développe­ment physique et intellectuel, et dont les finalités sont plus individualistes et plus élitistes.

La méthode naturelle est principalement connue par les ouvrages qu’a publiés Georges Hébert, L’éducation physique ou l’entraînement complet par la méthode naturelle, Le code de la force, le Guide abrégé du moniteur et de la monitrice, maintes fois réédités. Avant d’être largement diffusée, elle fut d’abord expérimentée dans la Marine, où Georges Hébert débuta sa carrière. À partir de l’examen de ses années de formation, il est possible de connaître le contexte dans lequel il développa ses théories, mais aussi la part qu’il prit à la réforme de la formation des fusiliers-marins de Lorient, et l’étendue de sa renommée dans la Marine.

De “l’indolence” à la gymnastique

Hébert naquit en 1875. Issu d’un milieu modeste de petite bourgeoisie parisienne, il entra à dix-huit ans à l’école navale. Ses débuts dans la Marine furent loin d’être brillants : il sortit de l’école soixantième sur soixante-douze[3]. “élève indolent”, au “caractère léger et mou”, à la “tenue médiocre”, à la “conduite mauvaise[4], il ne correspondait pas à l’idéal de l’officier enseigné à l’école. Les premières pas du jeune élève dans la Marine furent difficiles. Ils s’accompagnèrent, à en croire les ouvrages qu’il publia par la suite, d’une amère désillusion.

A sa sortie de l’école, Georges Hébert fut affecté au bataillon de fusiliers-marins, qui était chargé, à terre comme à bord, de la préparation physique des combattants. Sa personnalité s’affirma au sein de cette unité. Ses débuts d’apprenti-fusilier, en 1899[5], furent sans éclat mais lui permi­rent de faire valoir ses qualités d’attention et de travail. Georges Hébert fit des efforts importants pour satisfaire aux exigences du commandement : son goût pour un enseignement plus pratique qu’à l’école navale comme l’affermissement de son caractère favorisèrent ses ambitions : les notes de ses supérieurs, de 1900 à 1902, témoignent des progrès de son aisance et de sa capacité de commandement[6].

Il est significatif de noter que, durant les années de formation de Georges Hébert, le développement de ses qualités d’officier alla de pair avec celui de son intérêt pour l’exercice physique. Hébert manifestait un goût particulier pour la gymnastique, dont on a un premier témoignage en 1903 : alors qu’il formule une demande en vue de suivre les cours de l’école de gymnastique de Lorient[7], le commandant du bataillon des fusiliers-marins note qu’il est “presque un professionnel de ce sport qu’il cultive avec ardeur et succès[8]. Ses écrits trouvent là vraisemblablement une de leurs sources : c’est à l’issue d’un cheminement intérieur, marqué par ses difficultés à intégrer le milieu fermé des officiers de Marine, que Georges Hébert découvrit l’alchimie de travail et d’exercice physique qui est l’un des fondements de la méthode naturelle.

L’examen de la notation du jeune Hébert fait apparaître sa transformation rapide[9]. Sa période d’instruction à l’école de gymnastique de Lorient, commencée en 1903, fut particulièrement brillante. Camille Pelletan, ministre de la Marine dans le cabinet Combes, lui décerna, le 7 décembre 1903, un témoignage officiel de satisfaction avec inscription au calepin “pour le zèle et l’entrain dont il fit preuve à l’école de gymnastique, pendant la durée de l’instruction[10]. On ne sait si Pelletan s’intéressa personnellement à Hébert ou s’il suivit les propositions de l’état-major de la Flotte. Il faut cependant noter que cette récompense n’était pas dépourvue d’une certaine ambiguïté : Pelletan affichait sans nuance sa préférence pour les hommes du rang plutôt que pour le commandement ou le matériel[11] ; il est probable que le témoignage qu’il décerna à Hébert valut à celui-ci des commentaires désobligeants de quelques uns de ses camarades, prompts à y voir une marque de favoritisme d’un ministre par ailleurs déconsidéré.

Hébert fut intégré, à l’issue de sa période d’instruction, aux cadres de l’école de gymnastique. Jeune enseigne de vaisseau, il servit sous les ordres du capitaine de frégate Goujon, commandant le bataillon des fusiliers-marins. Goujon se préoccupait particulièrement des questions pédagogi­ques, ayant entièrement réformé, quelques années auparavant, l’enseigne­ment de l’école de tir. Il semble qu’il ait joué, à partir de 1904, un rôle important auprès de Georges Hébert, l’encourageant dans ses initiatives, l’incitant à développer ses conceptions et défendant celles-ci auprès de l’état-major de la Flotte.

Georges Hébert consacra, sous sa férule, l’essentiel de l’année 1904 à la mise au point d’une nouvelle méthode de gymnastique à bord, qu’il soumit au début de l’année 1905 à l’approbation de l’état-major. On en a la trace par une dépêche ministérielle du 22 avril 1905, dans laquelle celui-ci “approuve dans son ensemble la méthode d’instruction de la gymnastique à bord [que Hébert a] proposée [et lui demande] de commencer dès à présent la préparation des instructions en vue de sa mise en essai à la prochaine période d’instruction[12].

Ainsi encouragé, Hébert développa sa méthode durant l’année 1905 et, le 20 décembre, envoya à l’état-major, comme il lui avait été demandé, “un projet de manuel de gymnastique spécial à la Marine”. Son travail fut entièrement approuvé et Hébert reçut, par dépêche du 19 janvier 1906, un nouveau témoignage officiel de satisfaction pour “la capacité technique […] dont il [avait fait] preuve dans la réorganisation de l’enseignement de la gymnastique au bataillon et l’élaboration de son projet de manuel[13].

Ce projet fait date dans l’histoire de la gymnastique dans la Marine. Par décision du 6 avril 1887, l’amiral Aube, ministre de la Marine, avait supprimé le Manuel d’escrime et de gymnastique de la Marine pour le remplacer par les manuels approuvés en 1877 par le département de la Guerre[14]. De même, la partie Gymnastique de la seconde édition du Manuel du fusilier auxiliaire, mise en service par circulaire du 12 janvier 1904, était puisée dans le règlement du 22 octobre 1902 de la Guerre[15]. Le projet de manuel présenté par Hébert en 1905 ne se démarquait pas entièrement de ce règlement[16], mais, il montrait la nécessité de l’adapter au contexte propre de la Marine et notamment à la vie à bord. Il mettait ainsi fin à plus de vingt années de dépendance exclusive de la Marine à l’égard des règlements de la Guerre.

La préparation au combat

Hébert ne se cantonna pas au seul enseignement de la gymnastique à bord. Il participa aussi aux réflexions menées, au tournant du siècle, sur la préparation au combat des fusiliers-marins. Plusieurs réformes avaient été tentées en la matière à partir de 1900[17]. Mais, malgré une dépêche ministérielle attirant, en 1901, l’attention du commandement des fusiliers-marins sur cette question, aucune solution satisfaisante n’émergea des réflexions du bataillon[18]. Les différents projets successivement proposés puis rejetés butaient tous sur la difficulté à lier les deux grandes disciplines de l’instruction des fusiliers, la mousqueterie – entretien et maniement des armes – et la gymnastique. Au printemps de l’année 1905, l’état-major de la Flotte avait récusé la demande du commandant Goujon visant à intégrer la gymnastique dans la formation dispensée par l’école de tir. En revanche, à la même époque, l’état-major montra tout son intérêt pour les travaux de Georges Hébert. “Officier très zélé”, “plein d’activité et d’entrain”, “excellent entraîneur d’hommes”, “instructeur parfait[19], celui-ci était un homme neuf, jouissant de surcroît d’une réputation exemplaire. Tout en mettant au point une nouvelle méthode de gymnastique, il réussit à imposer sur le terrain la réforme de l’instruction des fusiliers-marins sur laquelle achoppait depuis longtemps le commandement du bataillon.

En 1905, les marques de confiance à l’égard de la méthode de Georges Hébert se multiplièrent. Une dépêche ministérielle d’août 1905 fit de la gymnastique la base de la préparation au combat des fusiliers-marins, fixant de “nouvelles dispositions” en vertu desquelles la gymnastique faisait “obligatoirement partie des connaissances que [devait] posséder le personnel de la mousqueterie[20]. Tout en demandant au commandement du bataillon de faire preuve de prudence et de discernement dans ses efforts de réforme, l’état-major de la Flotte approuva l’affectation de neuf personnes supplémentaires à l’enseignement de la gymnastique. Il montrait ainsi sa volonté de donner à Hébert la possibilité de développer et d’expérimenter ses réflexions.

Après un nécessaire temps d’essai, les initiatives de Georges Hébert reçurent une consécration officielle. Le ministre de la Marine lui décerna, en 1907, un nouveau témoignage officiel de satisfaction avec inscription au calepin, “heureux des résultats obtenus par cet officier dans l’enseignement de la gymnastique[21]. Puis il donna, le 14 février 1908, force réglementaire à son travail dans le domaine de la préparation au combat en soumettant à la signature du président de la République, Armand Fallières, un décret modifiant le décret du 30 avril 1897 sur l’organisation de la Flotte en ce qui concerne l’enseignement de la gymnastique et de l’escrime au bataillon des apprentis-fusiliers de Lorient[22]. Cette réforme, fruit des trois années d’expérimentations, venant récompenser les efforts d’un jeune officier de trente-trois ans, donna à Georges Hébert une renommée sans précédent dans la Marine.

La renommée

Dès cette époque, la réputation de Georges Hébert s’étendait bien au-delà du seul bataillon des fusiliers-marins. Les archives gardent la trace d’une méthode de nage en embarcation qu’il proposa puis essaya sans succès, en 1907, à l’école des gabiers[23]. Cet échec est révélateur de l’aura qui était alors la sienne : Georges Hébert était devenu, même en dehors de sa spécialité, un expert consulté pour tout ce qui concernait l’éducation physique des jeunes gens dans la Marine.

Mais, la Marine s’intéressait semble-t-il moins aux questions techniques qu’aux séances d’entraînement dirigées par Georges Hébert. Leur caractère spectaculaire, leur originalité, leur organisation remarquable étaient susceptibles d’attirer l’attention d’un vaste public, contribuant au prestige de toute l’armée de mer. En 1910, Hébert fut nommé directeur technique des exercices physiques dans la Marine[24], titre nouveau créé pour lui. En 1911, l’état-major de la Flotte le chargea de diriger “la préparation du détachement de mousses qui [devait] figurer à la fête fédérale de l’Union des sociétés de gymnastique de France, à Caen, les 4 et 5 juin[25]. En 1912, le ministre de la Marine décida de “faire participer [au congrès international d’éducation physique prévu à Paris du 17 au 20 mars 1913] un certain nombre de représentants des trois écoles de la Marine où les méthodes d’éducation physique préconisées par M. le lieutenant de vaisseau Hébert sont en application depuis un certain temps déjà”. La manifestation devait avoir une ampleur sans précédent : le ministre avait “décidé à cet effet qu’un détachement de 350 hommes fourni à raison de cent pupilles pour l’établissement de Villeneuve, cent-cinquante mousses pour le Bretagne et le Magellan, et cent hommes pour l’école des fusiliers de Lorient serait [à cette occasion] dirigé sur Paris”. Et de souligner “l’intérêt primordial que présente ce congrès pour la marine au point de vue non seulement de la consécration des méthodes de M. le lieutenant de vaisseau Hébert, mais encore et surtout de la propagande pour le recrutement de la Flotte et spécialement de l’école des mousses[26].

Il est singulier d’entendre un ministre souligner aussi volontiers, dans une institution hiérarchisée comme la Marine, les mérites d’un officier subalterne. Cela tenait au fait qu’en 1913, Hébert avait déjà publié plusieurs ouvrages, dont certains destinés au grand public, et que la popularité des démonstrations que réalisaient ses jeunes athlètes en faisait un cas à part dans la Marine.

Ce destin particulier le poussa à quitter la Marine où sa situation ne lui permettait plus de faire carrière. À la fin du congrès de Paris, Hébert se fit placer hors cadre, en congé sans solde, prétendument pour aller vendre des moteurs marine Panhard-Levassor en Bretagne[27], en réalité pour assumer la direction technique du collège d’athlètes de Reims.

L’enseignement de Georges Hébert

L’œuvre de Georges Hébert ne saurait se résumer à la forme qu’elle prit dans la Marine. Hébert devait beaucoup à la Marine, qui, elle-même, continua à s’intéresser aux principes qu’il avait établi. Certes, les fusiliers-marins ne pratiquent plus depuis longtemps la méthode naturelle, mais ils reconnaissent encore la valeur de ses acquis : le fusilier ne doit jamais aller au-delà de ses limites physiques pour pouvoir toujours analyser la situation dans laquelle il se trouve ; pour être polyvalent au combat, il ne doit pas faire primer l’excellence dans une discipline sur le développement complet de ses capacités physiques[28].

Georges Hébert semble, lui, ne s’être jamais contenté de l’écho que rencontra son œuvre dans la Marine. Dès 1904, il quitta son unité pour participer, à ses frais – et avec succès – à une épreuve de cross-country organisée par le journal La vie au grand air[29]. En 1909, il publia, sous forme de brochure, son premier ouvrage : L’éducation virile et les devoirs physiques de l’officier combattant[30]. Il y critiquait l’enseignement de l’école navale, le goût de ses instructeurs pour les mondanités et leur mépris de l’exercice physique, au point que le ministère de la Marine se sentit obligé de préciser “qu’aucune mention ayant trait à l’autorisation ou à l’approbation du département ne devra figurer sur la publication susvisée[31].

En 1909 toujours, il fut autorisé à accepter la vice-présidence de la section d’éducation physique du IIIe congrès international d’hygiène scolaire[32]. En 1911, ses préoccupations pour le développement de l’éducation physique l’amenèrent à faire une tournée, en Angleterre, Belgique, Hollande, Allemagne – cinq jours à Berlin – Autriche, Hongrie, Italie puis en Suisse[33]. à ce titre, le succès de la démonstration de 1913 fut bel et bien une double consécration pour Hébert : pour le marin bien sûr, mais aussi pour celui qui joua un rôle considérable pour faire connaître à un large public la valeur de l’exercice physique.

La Première Guerre mondiale arriva trop tôt pour permettre d’analyser comment Hébert aurait pu transposer son modèle à la préparation, sous l'égide du marquis de Polignac, des athlètes français aux Jeux olympiques de 1916[34]. Pourtant, les multiples initiatives qu’il prit durant ou après la guerre, entraînement des soldats de la IVe armée, création en 1919 de la Palestra de Deauville, un établissement pour les femmes inspiré de l’antiquité grecque[35], direction, à partir de 1922, de la revue L’éducation physique, création, en 1929, d’une école nautique féminine de navigation sur le trois-mâts l’Alcyon à Deauville[36], montrent la fécondité de son travail. Elles laissent apparaître, à travers toute son œuvre au service de l’éducation physique, un même fil directeur, fruit de ses premières expériences dans la Marine : la pratique de l’exercice physique doit toujours rester subordonnée à l’accomplissement d’un idéal humain, l’affermissement du corps ne se comprend jamais sans celui du caractère et de la volonté.

L’œuvre de Georges Hébert est profondément liée au contexte dans lequel elle s’est développée, et notamment à la volonté de l’état-major de la Flotte de perfectionner les méthodes d’instruction et de maintenir la condition physique des équipages, à l’heure du déclin de la Marine à voile. Sa fortune rapide tient à la personnalité exceptionnelle de Georges Hébert, à son tempérament atypique dont témoigne sa carrière contrastée dans la Marine. Le renom qu’acquirent ses méthodes, à la veille de Première Guerre mondiale, doit toutefois trouver ailleurs son explication : le principe d’une formation physique autant qu’intellectuelle, le goût porté par Hébert pour le développement harmonieux de l’individu, la maîtrise du corps par l’esprit, rejoint d’une façon plus générale la préoccupation des républicains pour l’instruction de la jeunesse et la morale. Au tournant du siècle, son projet doit être rapproché de l’importance donnée par les radicaux et le socialisme municipal aux questions d’hygiène, à l’heure où la lutte contre la tuberculose et l’insalubrité est portée au rang de priorité nationale. Ce contexte général explique l’intérêt qu’accordèrent à la méthode naturelle des ministres aux opinions républicaines affirmées, comme Delcassé, ou aux convictions avancées, comme Pelletan. Ils donnèrent à Georges Hébert une place particulière dans la Marine, qui lui valut vraisemblablement, une partie de ses démêlés avec celle-ci, notamment durant la Première Guerre mondiale.

L’œuvre de Georges Hébert ne peut cependant se laisser enfermer dans le seul projet républicain. Elle est d’abord marquée par une expérience personnelle difficile, celle de ses premières années dans la Marine, à l’école navale, puis par sa réussite après son affectation au bataillon des fusiliers-marins de Lorient. Ce parcours singulier fait que Georges Hébert a tenu par la suite à développer son propre projet, en dehors des doctrines et des institutions officielles, au gré des humeurs du temps, et notamment, durant l’entre-deux-guerres, du culte de l’esthétique, du corps, du soleil… L’originalité de sa méthode explique sa fortune auprès des fédérations sportives, soucieuses de principes moins formels, quoique souvent parallèles à ceux préconisés par l’éducation nationale.

L’intérêt de la méthode naturelle fit qu’elle réussit à perdurer bien au-delà de la période durant laquelle elle fut élaborée. Elle ne résista cependant pas à la montée de la médiatisation du sport au dépens de la pratique, ainsi qu’à l’exacerbation du culte de la performance qui se déve­loppèrent à partir des années 1960, en même temps que la professionna­lisation du sport. Plus que la méthode naturelle, ce sont sans doute une partie des fondements de la pratique sportive qui s’effondrèrent alors…

 



[1]        Communication prononcée au colloque “de Joinville à l’Olympisme” organisé en 1994 à l’école interarmées des sports de Fontainebleau. Je remercie MM. Marcel Spivak et Régis Hébert, fils de Georges Hébert, pour leur aide.

[2]        On lira avec profit : G. Andrieu, “Georges Hébert”, dans P. Arnaud, Le corps en mouvement, Toulon, 1981, p. 291-312 ; A. de Schlemmer, Paul Carton et Georges Hébert : deux maîtres de la méthode naturelle, Paris, 1962, 125 p. Sur le rôle de Georges Hébert dans la préparation des athlètes français pour les jeux olympiques de 1916, voir : M. Spivak, éducation physique, sport et nationalisme en France du second Empire au front populaire, thèse pour le doctorat d’état es lettres et sciences humaines, université de Paris I-Sorbonne, s.d., pp. 758-773.

[3]        Service historique de la Marine, archives centrales [désormais : SHM/AC], CC7 4e moderne 205/10, bulletin individuel de notes, le Borda, 1er août 1895.

[4]        Ibidem.

[5]        SHM/AC, CC1 1233 n° 977. Dans une dépêche ministérielle d’avril 1899, Hébert est cité comme venant d’être désigné pour le bataillon d’apprentis-fusiliers.

[6]        SHM/AC, CC7 4e moderne 205/10, bulletins individuels de notes : “peu travail­leur”, au “caractère léger” en 1896, alors qu’il est à l’école d’application des aspirants, il “manque encore de l’autorité et de l’entrain qui conviennent dans un jeune officier” en 1897. Ce n’est qu’au bataillon d’apprentis-fusiliers en 1899 qu’il “travaille avec ardeur”, montre “beaucoup de bonne volonté et d’entrain” ; ces deux dernières qualités sont à nouveau signalées en 1900, 1901 et 1902. Sa santé, “bonne” au début de 1897 est “très bonne” en 1898 puis “parfaite” en 1901.

[7]        SHM/AC, CC1 1289 n° 1683, CC1 1290 nos 1791 et 1817. Affecté à l’origine comme second sur un torpilleur de la Défense mobile de la Corse, Hébert demande à suivre les cours de l’école de gymnastique de Lorient.

[8]        SHM/AC, CC7 4e moderne 205/10, bulletin individuel de notes, Lorient, 11 août 1903.

[9]        Ibidem : “conduite et moralité : parfaite ; tenue : parfaite ; instruction : très bonne ; capacité technique : excellente”.

[10]       Ibidem.

[11]       Tony-Révillon, Camille Pelletan, 1846-1915, quarante-cinq années de lutte pour la République, Paris, 1930, p. 162-163. L’auteur rapporte les propos nourris de paradoxe prononcés par Pelletan le 6 juillet 1903 devant la Chambre des députés : “l’histoire politique entière est là pour enseigner que la victoire a souvent été du côté de celui qui avait les forces inférieures. Le génie des chefs, la valeur des soldats peut contre toute prévision […] couronner [de la victoire] le plus faible”.

[12]       SHM/AC, CC1 1316 n° 1516 quater 3.

[13]       SHM/AC, CC1 1327.

[14]       Bulletin officiel de la Marine [désormais : BOM], 40e année, 1887, tome Ier, p. 419.

[15]       BOM, année 1904, partie principale, tome 113, p. 12.

[16]       Voir SHM/AC, CC1 1327.

[17]       BOM, année 1900, 2e semestre, tome 106, p. 607. Un arrêté ministériel provisoire de 1900 l’arrêté du 15 mars 1895 concernant l’organisation et l’instruction du bataillon d’apprentis-fusiliers

[18]       Voir SHM/AC, CC7 4e moderne 134/10, lettre du 30 octobre 1901 du capitaine de frégate Duval, commandant le bataillon d’apprentis-fusilliers.

[19]       SHM/AC, CC7 4e moderne 205/10, bulletin individuel de notes, 1904 à 1908.

[20]       SHM/AC, CC1 1327, n° 2985, quater 1.

[21]       SHM/AC, CC7 4e moderne 205/10, bulletin individuel de notes, 1906 et CC1 1342 n° 497.

[22]       BOM, année 1908, partie principale, p. 217. Dans son rapport au président de la République, le ministre de la Marine souligne que “la fusion de la mousqueterie et de la gymnastique tentée […] au commencement de l’année 1905 se trouve aujourd’hui entièrement réalisée. […] une expérience de trois ans a fait ressortir les résultats [de ces dispositions]”. On y lit l’influence de Hébert, dont l’idée forte est d’imposer sa gymnastique renouvelée comme un des éléments principaux de la formation du combattant.

[23]       SHM/AC, CC1 1346 n° 1906 ter.

[24]       SHM/AC, CC7 4e moderne 205/10, bulletin individuel de notes, 1910.

[25]       SHM/AC, CC1 1401 n° 1070.

[26]       SHM/AC, CC1 1421 n° 2912bis. Delcassé, ministre de la Marine de mars 1911 à janvier 1913, semble avoir eu une conscience très nette du rôle que pouvait jouer Hébert dans le développement des relations publiques de la Marine. Les archives centrales de la Marine conservent un dossier comprenant des autorisations d’assister aux cours donnés par Hébert à l’école des fusiliers délivrées à la fin de l’année 1912 par son cabinet à des journalistes et des médecins (SHM/AC, BB8 2246 m).

[27]       SHM/AC, CC7 4e moderne 205/10, pièce n° 25.

[28]       Je remercie M. le contre-amiral Kessler, chef du service historique de la Marine et ancien commandant des fusiliers-marins, pour les indications qu’il m’a données sur ce sujet.

[29]       SHM/AC, CC7 4e moderne 205/10, pièce n° 8. L’autorisation lui est donnée par dépêche ministérielle du 14 mars 1904 (CC1 1301).

[30]       Idem, pièce n° 16.

[31]       SHM/AC, CC1 1378 n° 3591.

[32]       SHM/AC, CC1 1380 n° 4528.

[33]       SHM/AC, CC1 1400 n° 745 et 789.

[34]       L’Illustration, 1913, 2e semestre, pp. 215-219.

[35]       L’Illustration, 1919, 2e semestre, pp. 173-178.

[36]       L’Illustration, 1929, 2e semestre, p. 131.

 

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