Revue Internationale d'Histoire Militaire

 

Considérations regardant l’action politico-militaire de la Roumanie en 1913

 

Dr. Mihai Macuc

 

La Conférence de paix de Bucarest de 1886 et celle de 1913 ont eu au centre de leurs préoccupations exclusivement des questions regardant la région des Balkans[1]. Les deux conférences ont été convoquées au moment où était menacé l’équilibre des forces régionales, de la paix et de la sécuri­té au sud du Danube, mais aussi sur le plan européen. La seconde réunion de ce genre, celle de Bucarest (17/30 juillet – 27 juillet/9 août 1913), allait accroître le prestige de la Roumanie sur le plan diplomatique et mili­taire, en tant qu’arbitre incontestable des Balkans[2]. L’intervention militaire de la Roumanie au sud du Danube en 1913 a été considérée comme l’accomplissement d’un vrai mandat européen, qui consacrait le rôle d’un petit État en tant que facteur d’équilibre régional, dans des conditions où les grandes puissances s’avéraient incapables d’imposer la paix et les États appartenant à la Ligue balkanique (Bulgarie, Serbie, Grèce, Monténégro) avaient perdu leur lucidité, en essayant de se détruire réciproquement.

En ce qui regarde le caractère de cette action militaire, qui a influé sur la fin du conflit interbalkanique, il y eut, dans la période immédiatement après la Conférence de paix, des disputes ardentes entre historiens, hommes politiques, diplomates et juristes[3]. Il est incontestable que le principe des nationalités – fondement du rétablis­sement de l’ordre international après 1919-1920 – s’est imposé à la cons­cience des hommes politiques du temps grâce à la manière dont la Rou­manie a contribué au dénouement de la guerre interbalkanique. Dans les débats regardant la garantie des droits des minorités des Balkans (portés à Londres et Saint-Pétersbourg, repris ensuite à Bucarest) se trouve l’origine d’évolutions de grande importance pour le cours de l’histoire européenne.

En admettant que l’union de toutes les provinces habitées par les Roumains devait être le but final de la politique externe à long terme de l’Ancien Royaume, Radu Iorgu, un professeur renommé en droit internatio­nal soutenait que cela représentait justement la raison pour laquelle le gouvernement de Bucarest procédait sagement en ayant “des prétentions territoriales”. Celles-ci seront nécessaires “au moment opportun” pour que “l’on puisse payer avec ce qu’on obtient ce dont nous allons avoir besoin à l’avenir”. Il se prononçait pour une politique réaliste qui eût servi les intérêts du pays : “il faut mener une politique saine, réelle, non une politique d’idéologies[4]. Le fondement de son argumentation avait en vue la politique des compensations territoriales, si présente à ce temps-là, admise même en tant que norme dans les relations internationales[5]. Le terme de compensation était utilisé par Radu Iorgu en pensant au Quadrilatère et pas à Silistra, où les arguments qui légitimaient l’intervention de la Roumanie appartenaient à un autre principe, celui de la reconnaissance d’un droit par la communauté internationale.

En conformité avec les interprétations données, à ce moment, aux lois internationales de la guerre et aux  motivations pouvant justifier une action militaire, l’intervention de la Roumanie au sud du Danube était justifiée par deux raisons.

Premièrement il s’agit de la triade des principes appliqués dans la vie politique de l’Europe après le Congrès de Vienne. Jan Brownlie, professeur à Oxford, les synthétise ainsi : a) le principe de l’équilibre des puissances ; b) le principe de la conservation du statu quo ; c) le principe de la prépon­dérance des décisions adoptées par les puissances faisant partie du concert européen[6]6. À ce groupe d’axiomes dans le domaine de l’établissement des relations internationales entre 1815 et 1914 s’est ajoutée l’existence de deux blocs opposés qui se partageaient les sphères d’influence mais garan­tissaient en même temps l’équilibre des forces nécessaire à la sauvegarde de la paix. En général, les petits États étaient dans l’impossibilité de résoudre leurs propres problèmes à leur guise. Malgré le droit de participer à la guerre, les réglementations comprises dans les traités de paix allaient être “avalisées” par les grandes puissances, soit par consensus, soit par majorité de votes. De même, tout changement dans le statu quo, survenant même de manière pacifique (voir le cas de la déclaration de l’indépendance de la Bulgarie, en 1908), devait être reconnu par les ambassadeurs des États du “concert européen” pour être considéré comme valable. En d’autres termes, les petits États ne pouvaient qu’influencer ou diriger l’évolution d’un certain différend ou litige important, sans pouvoir déterminer le résultat final d’une situation de crise qui impliquait les modifications d’un statu quo ante.

En parallèle, est apparue l’idée de la guerre en tant que solution extrême (ultima ratio), à laquelle on pouvait recourir seulement après avoir épuisé tous les moyens paisibles  pour trouver les solutions des différends ou des problèmes de litige entre les États souverains, prin­cipe qui avait été déjà établi dans les documents de la Conférence de La Haye de 1907. En échange, on justifiait l’intervention armée, donc le recours à la force, lorsque celle-ci visait des buts humanitaires ou la sauve­garde de la vie ou des biens des personnes. Dans ce sens, est significatif le cas du débarquement des détachements internationaux à Istanbul, vers la fin de la première guerre balkanique. Le motif invoqué a été la protection des représentants diplomatiques des pays européens et étrangers, présents dans la capitale ottomane, aussi que des résidents appartenant à ces États, Istanbul étant menacé d’une conquête bulgare, suivie par une anarchie potentielle.

Selon Jan Brownlie, la justification de l’utilisation de la force pouvait être élargie tant dans le domaine de l’autoprotection des intérêts d’un État (self preservation), que dans celui de l’autodéfense (par actions préven­tives).

En revenant aux interprétations de 1913 – qui coïncident avec celles du professeur d’Oxford – on pouvait distinguer, selon la théorie du “droit d’autodéfense” (laquelle Radu Iorgu appelait, en employant un terme repris d’André Pillet, “le droit de conservation”, exprimé à travers “la loi du sacrifice minimum[7], deux situations dans lesquelles on pouvait promou­voir l’intervention ou l’utilisation de la force : a) quand une action vise à renforcer les droits légitimes (dans la pratique n’était admise l’utilisation de la force que si tous les moyens pacifiques avaient été épuisés, avaient échoué) ; b) quand la sécurité d’un État était menacée ou que l’on perturbait le statu quo (dans ce domaine l’utilisation de la force ne connaissant pas de restriction).

Jan Brownlie et d’autres auteurs critiquent, pour ce qui est de la période 1815-1914, les cas de recours à la force, afin d’acquérir de nouveaux territoires, en employant les termes génériques d’autoprotection (self-preservation) ou d’intervention. Ceci pouvait être approuvé en termes juridiques seulement dans le cas où les États acceptaient l’existence d’une instance internationale capable de reconnaître leurs droits légaux[8], l’inter­vention se faisant après la déclaration par cette instance de la légitimité de l’action de l’État concerné (la reconnaissance par cette instance de la légitimité des droits s’appliquait surtout pour le point a).

On peut observer que dans la conclusion du différend roumano-bulgare par action militaire, respectivement intervention armée (le passage des troupes au sud du Danube), on rencontre les éléments prévus aux points a et b.

Antérieurement à son action militaire, la Roumanie avait acquis des droits légaux sur Silistra, autant par leur reconnaissance par un tribunal européen (par le Protocole de Saint-Pétersbourg de 26 avril/9 mai 1913), que par le fait que la Bulgarie ne les avait pas contestés, admettant donc la légitimité des demandes de compensation, en tant que garantie de sécu­rité supplémentaire de la part de la Roumanie. La légitimité a été confirmée premièrement par l’acceptation d’une médiation des tiers par le gouverne­ment et le parlement de Bulgarie, et ensuite l’envoi de certains délégués à la commission de délimitation des frontières, pour mettre en pratique les décisions prévues par le Protocole de Saint-Pétersbourg. Dans les condi­tions où les délégués bulgares se sont retirés unilatéralement, en refusant de prendre part aux pourparlers pour la délimitation exacte du tracé de la nouvelle frontière, la Roumanie était autorisée légalement, conformément aux normes de droit international, à recourir à la force, afin d’appliquer ses droits. Il s’agit ici du cas prévu au point a, puisque presque tous les moyens paisibles possibles, y compris la médiation des tiers, avaient été épuisés.

J’ai employé la formulation “presque tous les moyens” parce qu’il y avait encore un tel moyen officialisé à La Haye : l’arbitrage. Pour ce qui est du différend de Silistra on ne pouvait plus parler d’un arbitrage, car par l’attaque exécutée contre les anciens alliés le 16/29 juin 1913, sans une déclaration préalable qui justifie ou du moins annonce son agression, la Bulgarie avait transgressé le principe pacta sunt servanda (regardant direc­tement les traités et les conventions constitutives de la Ligue balkanique). La Bulgarie était donc devenue un réel danger à l’adresse de la sécurité de tous ses voisins, en particulier, et de la communauté internatio­nale, en général. Elle menaçait le statu quo, l’état de stabilité et d’équilibre – il est vrai, non encore précisé dans tous ses détails par la Conférence de Londres. De plus, la Bulgarie avait rejeté de facto l’arbitrage proposé par le tsar Nicolas II pour le réglement des divergences avec la Serbie, regardant le partage de la Macédoine. On pouvait supposer, en conséquence, que pour Silistra, le gouvernement de Sofia ne serait pas disposé à appliquer le système de l’arbitrage, après avoir pris connaissance du texte du protocole de Saint-Pétersbourg et avait pleinement profité d’un vice de la manière de s’exprimer (la délimitation de la frontière limitrophe de la ville), afin de bloquer l’application de la décision du conclave des ambassadeurs des grandes puissances. À la suite de l’attaque du 16/29 juin 1913, toutes les modalités pacifiques pour trouver une solution au conflit romano-bulgare avaient été implicitement utilisées.

L’intervention de la Roumanie en 1913 n’a pas eu pour seul but le rapport de forces entre la Roumanie et Bulgarie, ou la revendication regar­dant Silistra. On posait aussi le problème de l’équilibre de forces balkani­que, qui affectait celui plus ample du continent, en intéressant directement les grandes puissances, comme le Premier ministre roumain le démontra au roi Carol le Ier le 15/28 juin, durant une entrevue[9].

Un auteur réputé dans le domaine des relations internationales a montré que, dès le xviie siècle, la politique de l’équilibre dans les rapports entre les grandes puissances était devenue “rationnelle”, ce qui faisait qu’elle atteignait l’importance d’une règle de droit, capable de dominer les relations internationales, désirant résoudre et prévenir même les conflits provoqués par l’utilisation de la force brutale[10].

Dans la seconde moitié du xixe siècle, l’idée d’équilibre entre les grandes puissances, menacée de plus en plus par l’affirmation du principe des nationalités, sera doublé par la soi-disant “responsabilité collective”, par laquelle on entendait la surveillance par les Grands Pouvoirs de la conduite des petits et moyens États, pour assurer la paix entre ceux-ci et afin de “prévenir la transformation de la crise entre les petits pouvoirs dans une crise entre les grands pouvoirs”, dans ce contexte, “le droit d’intervention représentait un droit généralement accepté”.

De cette perspective, on peut affirmer que la Roumanie a été, implicitement, un mandataire de la volonté collective de l’Europe dans l’été de 1913.

L’intervention de la Roumanie – produite après que l’État roumain eut prouvé, à la suite d’une longue période, à travers l’état de neutralité ses bonnes intentions – a eu non seulement le but de rétablir le statu quo, mais aussi celui de rétablir la paix. Il s’agissait de remettre en vigueur le droit de protéger la vie et les biens des personnes civiles se trouvant dans la zone des opérations militaires[11]. Bucarest y avait aussi un intérêt particulier, car la direction offensive des troupes serbes, après la victoire de Bregalnica, des 17/30 juin-24 juin/7 juillet 1913, visait la région habitée par les Roumains de Timok et par ceux des alentours de Vidin. La pacification a été faite en hâtant le dénouement du conflit interbalkanique et en dirigeant l’action préventive contre l’agresseur (qui était aussi le potentiel agresseur pour la Roumanie, si la guerre contre la Serbie, la Grèce et le Monténégro avait abouti à la victoire de la Bulgarie).

Notre argumentation, fondée sur les interprétations fournies par les spécialistes du droit international, contemporains des événe­ments de 1912-1913, et par des ouvrages plus récents, atteste que les opérations militaires au sud du Danube avaient un caractère d’intervention militaire, non de guerre d’agression. Désirant respecter les usages prévus pour les relations entre les États, la Roumanie a adressé le 27 juin/10 juillet 1913 au gouvernement de Sofia une note à caractère de déclaration de guerre, reconnaissant ensuite officiellement l’existence de l’état de belligé­rance. Notre opinion est que le document mentionné, de 27 juin/10 juillet a été rédigé dans le but d’éviter les hostilités, la Bulgarie acceptant de céder la ligne stratégique Turtucaia - Dobritch - Baltchic. L’ambassadeur d’Italie à Paris disait au ministre bulgare Stantchiov accrédité en France, peu après l’annonce de la mobilisation par le roi Carol le Ier : “Profitez de ce que la Roumanie ne vous a pas déclaré la guerre, pour demander à Bucarest les conditions de paix réclamées par le gouvernement roumain pour la Serbie et la ligne de frontière pour la Roumanie. Pressez-vous de recevoir ses conditions, comme seul moyen pour éviter les pires catastrophes (…). Dieu seul sait ce qui pourrait se passer si vous tardiez à conclure la paix” (il s’agit ici de la paix avec la Serbie, la Grèce et le Monténégro – n.n.)[12]. Donc, la mobilisation a été considérée au début comme un moyen de pression diplomatique, pour hâter la fin de la guerre commencée entre les alliés balkaniques et afin d’obtenir l’accomplissement des revendications regardant la partie du territoire du sud de Dobroudja, en tant que garantie stratégique.

Le 4/17 juillet, le quotidien français Le Figaro précisait très claire­ment les objectifs de l’intervention roumaine en Bulgarie : la garantie de l’équilibre balkanique et l’admission de sa participation aux traités de paix[13]. Dans une interview accordée à la même date au journal Le Temps, le premier ministre serbe Nikola Pasić écrivait que la Roumanie avait prévenu la Bulgarie de son action, qui fut ainsi parfaitement justifiée[14].

Dans d’autres commentaires de la presse internationale, l’action mili­taire de la Roumanie a été regardée de la même manière, en tant qu’intervention dictée par l’intérêt général européen. Vossische Zeitung, paru à Berlin écrivait : “La Roumanie travaille dans le sens européen, même si elle n’a pas un mandat européen clair. Elle représente dans son action vis-à-vis des pays balkaniques la réalisation de la volonté de tout le monde appartenant à l’Europe civilisée. Ce que les grandes puissances n’ont pu entreprendre, parce qu’elles étaient paralysés par la peur, c’est la Roumanie qui l’a fait. Les Roumains paraissent être un peuple discipliné et tout le monde a confiance qu’il rétabliront la paix pour de bon”. Dans le même journal on précisait aussi le droit de la Roumanie à présider l’élabo­ration du futur traité de paix. “Il serait mieux qu’aucune des grandes puis­sances ne se mêle de ces arrangements, en tant qu’intermédiaire, arbitre, ou par des protestations. Par le déroulement de ses forces militaires, apportant la tranquillité en tant qu’arbitre dans les Balkans, la Roumanie a le droit de présider la future conférence balkanique, qui établira, après l’instauration de la paix, un nouvel ordre dans la Péninsule balkanique[15].

En conclusion, on peut affirmer que l’action militaire de la Roumanie de 1913 a été une action dans l’intérêt de la paix, pour remettre en vigueur les normes du droit international. Il y avait des problèmes territoriaux entre la Bulgarie et ses anciens alliés, d’une part, et entre la Bulgarie et l’Empire ottoman d’autre part et, non entre la Bulgarie et la Roumanie. Les puis­sances européennes s’étaient déjà prononcés sur eux, lors des conférences de Londres et de Saint-Pétersbourg. Il y avait aussi des documents, para­phés par les représentants de l’État bulgare, qui reconnaissaient, en tant que solution de paix, le recours à l’arbitrage du tsar de Russie ou à la médiation d’autres chef d’État et de gouvernement, par leur représentants légalement autorisés (regardant Silistra). Les précisions de tous ces documents, conformément à leur rédaction, avaient été violées par la Bulgarie. Seule une action de force pourrait rétablir l’équilibre, remettant en vigueur les principes unanimement acceptés dans le droit international qui demandait, conformément à la Convention de La Haye, le règlement pacifique des disputes. L’action militaire de la Roumanie ne signifiait, donc, pas une agression contre l’État voisin, mais l’application de l’unique moyen possi­ble pour rétablir la paix dans la zone des Balkans, et l’occupation d’une frontière stratégique dans le sud avait un caractère préventif par rapport aux éventuelles intentions agressives, à l’avenir, de la part de la Bulgarie. Elle représentait une compensation pour la Roumanie, pour le partage des possessions de l’Empire ottoman des Balkans, qui allait se produire, selon Titu Maiorescu, “de manière conciliante dans le sens européen” et “s’opposant aux prétentions exagérées des Grecs et des Serbes contre les Bulgares” ; dans sa vision “ces derniers étaient les premiers à protéger[16].

La conduite pacifique de la Roumanie a été attestée par la manière dont la majorité de la population bulgare a reçu les troupes passant le Danube non en tant que conquérants mais pour mettre fin à un carnage prolongé qui menait leur pays un désastre total.

L’action de l’été 1913 a mené au renforcement du prestige de la Roumanie, à sa consécration en élément d’ordre et de paix dans l’Orient euro­péen. D’autre part, le résultat a été la création de relations interbal­kaniques fondées sur la cohabitation en paix, relations continuées à présent. Cela est attesté par les alliances conclues par la Roumanie entre les deux guerres mondiales et les tendances de sa politique exterieure vis-à-vis des États de la région s depuis la fin de la seconde guerre balkanique de 1913.

 



[1]           Gheorghe Cliveti, România şi crizele internaţionale, 1853-1913 (La Roumanie et les crises internationales, 1853-1913), Iaşi, 1997, Editions de la Fondation Académique “Petre Andrei”, pp. 260-261.

[2]        Gabriel Hanotaux, Documents diplomatiques (IIe série). La guerre des Balkans et l’Europe (1912-1913), Paris 1913, pp. 200-220 ; ministère des Affaires étrangères – France, Documents diplomatiques. Les affaires balkaniques, 1912-1914, Paris, 1914, tome II, p. 62 ; les suiv.  ; Archives du ministère des Affaires étrangères, fonds 21. Rapports diplomatiques (1878-1913), tome 74 (Rapports politiques de Paris), f. 222-225, tome 22 (Rapports Politiques de Berlin) f.168-172 ; fonds 71.

[3]        George Danielopol, Rectificarea graniţei noastre la sud (La Rectification de notre frontière du sud), Bucarest 1913 ; Jean D. Filitti, La Question Bulgaro-Roumaine (Extrait de la Revue Roumaine “Dreptul”, 17 Janvier 1913), Paris, 1913 ; Constantin Dobrogeanu Gherea, Conflictul româno-bulgar (Le Conflit roumain-bulgare), Bucarest 1913 ; I. G. Duca, Situaţia creată României prin ultimele evenimente din Balcani (La Situation crée pour la Roumanie par les derniers événements de Balkans, dans le “Bul­letin du Cercle d’Etudes du Parti National Libéral”, 1913 ; Em. Culoglu, Mediaţiunea şi rectificarea graniţei dobrogene (La Méditation et la modification de la frontière de Dobrogea), Bucarest 1913, Bibliothèque Politique ; M. Valerian, Chestiunea Balcanică şi Politica Externă a României (La Question Balkanique et la Politique Externe de la Roumanie), Bucarest, 1913 ; Xyzo, Austro-Ungaria, România şi Peninsula Balcanică (L’Empire Autrichien-Hongrois, la Roumanie et la Péninsule Balkanique), Bucarest, 1914, a.d.s.

[4]        Radu Iorgu, Conflictul româno-bulgar în dreptul intenaţional public (Le Conflit roumain-bulgare dans le droit international publique), Bucarest, 1913, p. 9.

[5]        On peut rappeler ici les dispositions du Traité de Berlin de 1878 quand la Bosnie et l’Herzégovine ont constitué des compensations accordées à l’Empire austro-hon­grois ; la rectification de la frontière de la Grèce en 1881, quand elle a reçu la Thessalie en tant que compensation pour l’agrandissement territorial de la Serbie et la Bulgarie et pour le maintien de la Crète sous la suzeraineté ottomane ; les compensations dans le centre de l’Afrique reçues par l’Allemagne, dans sa dispute avec la France pour le Maroc, etc.

[6]        Jan Brownlie, International Law and the Use of Force by States, Oxford, 1968, Clarendon Press, pp. 17-20.

[7]        Dans l’ouvrage Recherches sur les droits fondamentaux des États dans l’ordre des rapports internationaux et sur la solution des conflits qu’ils font naître, Paris, 1899, le juriste français A. Pillet formulait ce qu’il appelait “la loi du moindre sacrifice”. Il observait que les intérêts des États peuvent être parfois contradictoires, bien que leurs droits de suzeraineté soient égaux. Dans le cas d’un conflit d’intérêts, les États étaient obligés, en principe, de préférer l’intérêt public le plus compromis dans le litige en garantissant en même temps, l’exercice de leur suzeraineté dans les rapports bilatéraux, ce qui représente l’idéal, la solution la plus sûre et la moins imparfaite qu’on puisse trouver. En appliquant cette loi du moindre sacrifice au cas du différend entre la Roumanie et la Bulgarie de 1913, Radu Iorgu précise que la Roumanie, en 1913 ne pou­vait espérer acquérir une force égale à celle de la Bulgarie, qui se trouvait à ce temps-là en pleine expansion. Son intérêt était de préserver la situation présente (standibus rebus) pour prévenir les éventuels préjudices (de damno vitando). Selon A. Pillet, “un progrès quelconque n’est légitime que s’il ne menace ni l’existence, ni l’exer­cice de la souveraineté interne et externe d’un État” ; c’est pourquoi, le droit qui pour­rait invoquer un intérêt de conservation (préservation) pour un État prévaudra toujours.

[8]        Dès 1899, la Conférence de Haye a créée pour la première fois une instance judi­ciaire suprême (la Cour permanente d’arbitrage), en 1907 est adopté le principe au­cune guerre sans un examen préalable, par la communauté internationale (R. Redslob) Histoire des grands principes des Droits des Gens, Paris, 1923, p.220 ; Charles Dupuis, La Principe d’équilibre et le concert européen de la paix de Westphalie à l’acte d’Algésiras, Paris, 1909.

[9]        Titu Maiorescu, România, războaiele balcanice şi Cadrilaterul (La Roumanie, les guerres balkaniques et le Quadrilatère), Machiavelli, Bucarest, p. 126.

[10]       Charles Dupuis, op. cit., p. 5.

[11]       Gheorghe Bercan, Nicolae Ciachir, Diplomaţie europeană în epoca modernă (La Diplomatie européene à l’époque moderne), Bucarest 1984, p. 33.

[12]       Documents diplomatiques. Les événements de la péninsule balkanique. L’action de la Roumanie, septembre 1912-août 1913, Roumanie, ministère des Affaires étran­gères, Bucarest, 1913, document n° 192, p. 203.

[13]       Archives militaires roumaines, Grand état-major, fonds Microfilms, bobine P.II 1504, cadre 465.

[14]       Le Temps de 4/14 juillet 1913.

[15]       Archives militaires roumaines, Grand état-major, fonds Microfilms, bobine P.II 1506, cadre 111.

[16]       Titu Maiorescu, op. cit., p. 142.

 

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