Revue Internationale d'Histoire Militaire

 

La Roumanie militaire. Entre la nécessité de l’originalité et les contraintes du modèle 1921-1939

 

Dr. Petre Otu

 

Dans le cadre des publications roumaines spécialisées, la revue La Roumanie militaire a occupé une place privilégiée. Elle a été la plus importante publication périodique de l’armée roumaine pendant presque un siècle. L’initiative de créer cette publication a appartenu à un groupe enthousiaste de jeunes officiers, tous capitaines à ce moment-là. Le premier numéro a paru le 15 février 1864[1].

Sur la couverture de la revue est inscrite la devise “science, art et histoire militaire”, tandis que ses buts étaient détaillés dans le cadre du prospectus. “Plus le régime politique d’une nation devient libre, affirmaient les auteurs, plus fort devrait être son organisation militaire”. Aussi, demandaient-ils l’organisation d’un système militaire “capable de défendre la loi, l’ordre et le droit l’intérieur et la nationalité à l’exté­rieur[2]. Pour ce faire, le groupe fondateur se proposait de faire des recher­ches sur les institutions anciennes des Roumains et d’élaborer des ouvrages et études destinées à contribuer à l’instruction de l’armée, à l’information du personnel militaire en ce qui concernait les nouveautés apparues dans d’autres pays.

La Roumanie militaire était le troisième organe de presse de l’armée roumaine, les deux premiers étant L’observateur militaire (1859) et Le Moniteur de l’Armée (1860). Sa parution s’inscrivait dans le contexte de la politique de réformes, adoptées par le prince Alexandru Ioan Cuza (1859-1866), en vue de moderniser le pays et l’armée.

Il faudrait aussi préciser qu’à ce moment-là, l’influence française était prédominante dans l’armée roumaine, le prince Alexandru Ioan Cuza ayant appelé une mission militaire, conduite par Eugène Lamy (jusqu’au 1866) et ensuite par son frère, Paul Lamy (jusqu’au 1869)[3].

En 1866, seulement deux années après sa parution, la revue La Roumanie militaire cessa de paraître. Un quart de siècle plus tard, toujours à l’initiative d’un groupe d’officiers, intellectuels distingués, sortis des écoles étrangères de guerre, La Roumanie militaire reprit sa parution[4]. Le programme de la revue était plus ample que celui de 1864, car les auteurs désiraient la transformer en un organe des officiers d’état-major et de tous ceux appartenant aux armes et services, dans le but de développer la science et l’art militaire et de renforcer l’armée roumaine.

La revue a paru jusqu’au mois d’août 1916, quand la Roumanie entra en guerre aux côtés de l’Entente. Pendant cette période de vingt-cinq ans, dans ses pages furent débattus l’histoire militaire, l’évolution de la stratégie et de la tactique, la préparation des cadres et des troupes, la dotation de l’armée, l’aménagement défensif du territoire national, l’évolution des armes et services, les rapports entre l’armée et la société, etc. La revue a été aussi un organe d’information pour les officiers avec les nouveautés militaires dans les autres armées. Elle s’est imposée comme le plus important organe de la presse militaire roumaine, quoiqu’elle n’ait été une publication officielle du ministère de tutelle que dans la période 1897-1907.

La Première Guerre mondiale a représenté une épreuve difficile pour la nation roumaine qui, a finalement réussi à créer l’État national unitaire, par la réunion de tous les territoires où la population roumaine était majori­taire – la Bessarabie, la Bucovine, la Transylvanie et le Banat.

Pendant les premières années après la guerre, la Roumanie fut confrontée à une situation difficile, ainsi la restauration de la normalité fut un processus de longue durée. Ce fait eut aussi des répercussions sur la presse militaire, La Roumanie militaire incluse, qui reprit sa parution avec un certain délai.

Si en 1866 et 1891 l’initiative a appartenu à des officiers enthou­siastes, cette fois les autorités militaires se sont rendu compte de la néces­sité d’avoir un organe de presse propre. Le 13 mai 1920, le général Ion Rǎşcanu, ministre de Guerre, demanda, par un ordre confidentiel, au chef du Grand état-major, le général Constantin Cristescu, d’examiner les moda­lités de création d’une revue militaire, pour développer et diffuser la culture au sein de l’armée. Le ministre précisait que l’étude devait partir de la “popularisation des idées dans le cadre des revues L’armée de demain et La nation armée[5].

Le 17 mai 1920, le général Constantin Cristescu présida la réunion du comité consultatif du Grand état-major, qui a tiré la conclusion qu’il fallait “recréer une revue de large culture militaire, où l’on pourrait exposer toute l’expérience accumulée pendant la guerre européenne et où l’on pourrait faire des suggestions relatives aux besoins de l’armée de demain en ce qui concerne les possibilités économiques, le personnel, le matériel nécessaire, l’instruction et l’éducation militaire[6].

Pendant la séance, on décida aussi que la revue aurait un comité de direction, conduit par le chef du Grand état-major et formé d’inspecteurs techniques des armes et services, les sous-chefs du Grand état-major, deux officiers pour chaque arme et un officier pour chaque service. La rédaction et l’administration de la revue devaient être assurées par des officiers supérieurs et subalternes. Le titre de cette revue était La Roumanie mili­taire, reprenant ainsi la tradition, interrompue par la guerre. Le 6 juillet 1920, le général Ion Rǎşcanu approuva le programme, le Grand état-major ayant la charge de le matérialiser.

La reparution de la revue La Roumanie militaire fut sanctionnée par la décision ministérielle no 605 du 8 octobre 1920, qui stipulait la recréation de la revue le 20 septembre 1920, auprès du Grand état-major[7]. Le premier numéro parut au mois de janvier 1921, l’article programme portant le titre “1916-1920[8]. Il présentait de manière succincte les événements passés depuis l’entrée en guerre de la Roumanie jusqu’à la fin de l’année 1920 et faisait référence au but de la reparution de cette publication et au pro­gramme. Dans l’article programme on pouvait lire “La Roumanie militaire comble un vide ressenti par notre armée à cause du fait qu’il lui manquait une revue où l’on pouvait décrire les expériences accumulées pendant notre guerre et discuter les idées nouvelles sur l’organisation de l’armée de demain[9].

Rétablie après maintes difficultés, La Roumanie militaire parut chaque mois, sans interruption, jusqu’à la fin de l’année 1947, date à laquelle les autorités communistes décidèrent de la supprimer définitivement.

Nous allons analyser l’activité de la publication, depuis sa reparution en 1921, jusqu’au commencement de la deuxième guerre mondiale, dans la perspective de sa contribution au développement de l’organisme militaire roumaine, au progrès de la science et de l’art militaire. Nous allons examiner le degré d’originalité promu, élément caractéristique pour chaque publication, par rapport aux facteurs de contrainte auxquels la revue a été soumise. Un de ces facteurs a été, jusqu’à un certain point, le modèle français, adopté par l’armée roumaine après la Première Guerre mondiale. L’adoption, par les autorités de Bucarest, de la doctrine militaire française s’explique par les conditions d’évolution de la Roumanie pendant la guerre mondiale et pendant les premières années après la guerre. En août 1916, la Roumanie était entrée en guerre, aux côtés de l’Entente et au mois d’octobre 1916 la France avait envoyé une mission militaire, conduite par le général Henri Mathias Berthelot. Pendant presque une année et demie, les militaires français avaient apporté une contribution importante à l’instruction de l’armée roumaine et aux victoires obtenues pendant l’été de l’année 1917 à Mǎrǎşti, Mǎrǎşeşti et Oituz[10]. L’armée roumaine était donc familiarisée avec la doctrine française, avec les procédures d’instruction et de combat, avec l’armement français. Victorieuse, la France était devenue la plus grande puissance continentale, avec une armée nombreuse et puissante. De plus, elle avait accordé à la Roumanie, lors de la Confé­rence de la Paix de Paris, une aide importante et représentait le principal garant du système politique créé à Versailles. Selon l’appréciation des leaders politiques de Bucarest, l’alliance avec la France était la plus signifi­cative garantie de l’intégrité de l’État roumain réunifié, même si l’on n’avait pas conclu un traité bilatéral d’assistance mutuelle, mais seulement un traité politique, qui stipulait des aspects généraux et avait une signi­fication plutôt morale.

En tant qu’organe officiel de presse, La Roumanie militaire avait l’obli­gation d’informer le corps de commandement de l’armée de la doctrine adoptée par l’État roumain. Pourtant, cet aspect n’apparaît pas de manière explicite dans le cadre des documents – programme de la revue. Les statuts de juin 1921 précisaient que La Roumanie militaire avait com­me objectif de rendre publique l’expérience accumulée pendant la guerre mondiale, d’élaborer des études relatives à l’organisation et les besoins de l’armée de terre et de la marine, de contribuer au développement culturel de l’armée, de s’intéresser aux progrès techniques des armées étrangères et d’en informer les lecteurs, de stimuler la participation des officiers au déve­loppement de l’armée, en encourageant les écrits militaires traditionnels et les traductions[11].

Selon le même document, la revue était subdivisée en trois parties. La première, qui comprenait la moitié des pages, était réservée aux écrits por­tant sur la culture militaire et les thèmes tactiques. La deuxième, un quart des pages, était destinée aux études scientifiques et sociales, tandis que la troisième était consacrée aux ouvrages et revues importantes parues en Roumanie et à l’étranger, aux comptes rendus, aux bibliographies, etc.[12].

L’étude des documents d’archives et des articles publiés dans La Roumanie militaire souligne la dépendance accentuée, pendant les pre­mières années, par rapport au modèle français. La promotion des doctrines françaises représentait une priorité pour le comité de direction de la revue. Jusqu’en 1925, la revue reçut de la part du Grand état-major, l’autorité de tutelle, une subvention annuelle de 20 000 lei pour l’acquisition de publi­cations étrangères. Cette somme a été employée chaque année seulement pour des abonnements à des revues françaises : Revue des deux mondes, Les archives de la Grande Guerre, Revue d’infanterie, Revue du génie mili­taire, Revue de la cavalerie, La France militaire, L’Illustration, etc.[13].

De plus, on acheta, chaque année, un nombre de livres français qui traitaient des problèmes militaires d’actualité, que la revue mit à la dispo­sition des officiers, pour servir à des études, traductions, comptes rendus, publiés ensuite dans la revue[14]. En conséquence, la revue a publié des nombreux matériaux inspirés de la littérature française spécialisée ou qui propageaient les conceptions militaires de l’Hexagone[15].

La grande fréquence des traductions et compilations basées sur des sources étrangères, surtout françaises, a bloqué de manière significative l’activité théorique propre. Préoccupé par cet aspect, le comité de direction exigea que les professeurs de l’École supérieure de guerre élaborent au moins deux articles originaux relatifs à des problèmes tels que notre doctrine militaire, l’organisation du territoire, la défense des frontières, les expérience d’ordre tactique tirées de la guerre, le développement de l’aéronautique etc. La rédaction ouvrit aussi une rubrique d’informations portant sur l’organisation et la doctrine tactique des armées voisines et des armées occidentales plus importantes[16].

Le comité de direction fit aussi un autre pas important pour sortir du corset imposé par le modèle. En janvier 1927 un appel adressé à tous les lecteurs de la revue soulignait le fait qu’outre son rôle de disséminer les connaissances militaires générales, La Roumanie militaire avait aussi celui de propager parmi les officiers la doctrine officiellement admise, c’est-à-dire “la doctrine de l’armée française, exprimée dans le cadre du Règlement des Grandes Unités et de ses annexes”. Etant donné le fait que cette doctrine était bien connue, car on l’avait pratiqué pendant quelques années, le Comité de direction de la revue considérait qu’il était opportun et nécessaire de faire un pas en avant et chercher à vérifier si les principes de la doctrine française s’adaptaient toutes ou seulement en partie aux situations spéciales de notre armée (organisation, armement, nature des théâtres d’opérations, adversaires probables, etc.)[17].

Le Comité de direction se proposait de lancer, dans les pages de la revue, une discussion libre, en publiant des articles qui traitaient des problèmes relatifs à l’adoption ou la modification de certains aspects de la doctrine officiellement admise. On faisait un appel chaleureux à tous les lecteurs de la revue de contribuer à la mise en pratique de cette proposition.

Cet appel représente une première tentative de dépasser le modèle. Tenant compte de sa qualité d’organe officiel du Grand état-major, il est très possible que la publication de l’appel dans la revue ait été la conséquence des opinions et décisions des chefs militaires. La décision d’imprimer l’appel séparément et de la distribuer aux commande­ments et dans toutes les unités de l’armée roumaine soutient notre opinion. Les résultats n’ayant pas répondu aux prévisions, un appel similaire fut publié en 1932. Le document constatait l’absence d’articles originaux et demandait aux officiers de contribuer à la croissance de la qualité, car la revue devait devenir “une tribune illuminée, d’où l’armée entière reçoive l’orientation nécessaire dans l’activité intellectuelle[18].

Les pages de la revue étaient ouvertes à une ample discussion sur les problèmes militaires de la Roumanie, surtout ceux qui concernaient la doctrine, les systèmes de fortifications, le développement de l’aéronau­tique, l’évolution de certaines armes (aviation, chars de combat etc.), l’instruction des troupes, l’application du principe de la “nation armée”, etc. La rédaction de la revue précisait aussi que son but n’était pas de détrôner les prescriptions réglementaires empruntées à la doctrine tactique française, mais d’adapter cette doctrine aux réalités roumaines, en étudiant les propres traditions, le terrain, les conditions économiques et sociales.

Les deux appels représentent une tentative pour dépasser les contrain­tes du modèle, qui ne correspondait pas en totalité aux conditions histo­riques de la Roumanie. Leur effet a été positif, quoiqu’il n’ait pas atteint le niveau prévu par les autorités.

Jusqu’au commencement de la deuxième conflagration mondiale, La Roumanie militaire, mais aussi d’autres publications militaires, publièrent un nombre accru d’articles originels consacrés à la défense du pays. Le débat fut beaucoup plus actif. Nous retenons les idées concernant la nécessité d’une doctrine militaire roumaine, la matérialisation du principe de la “nation armée”, la structure d’organisation de l’armée roumaine, la physionomie de la prochaine guerre, le rôle des différentes armes – l’aéronautique et les chars de combat, la nature et la structure des systèmes de fortifications, etc.

Une ample controverse se déclencha autour de la nécessité d’une doctrine roumaine de guerre. Cette dispute se reflète dans les pages de La Roumanie militaire. En gros, il y avait trois grandes orientations. La première soutenait la nécessité de garder la doctrine militaire française car, dans une prochaine guerre, la Roumanie allait lutter, de nouveau, aux côtés de la France. Quoiqu’ils se rendent compte des différences entre les réalités françaises et celles roumaines, certains théoriciens roumains estimaient qu’il fallait conserver la doctrine française, car elle était conforme aux grands principes de la guerre, et les petites armées, sans expérience et tradition, avaient toujours adopté les doctrines des grandes armées[19].

Une deuxième orientation relevait la nécessité que la Roumanie adapte la doctrine française, non qu’elle l’adopte. L’adaptation était natu­relle et la Roumanie, en tant que pays relativement petit, devait la faire[20].

Beaucoup de théoriciens militaires se sont prononcé, pourtant, en faveur de l’édification d’une doctrine militaire roumaine. Les frontières de l’État roumain qui devaient être défendues étaient quatre fois plus étendues que celles de la France, l’armée était deux fois moins nombreuse et les ennemis proches étaient quatre ou cinq fois plus forts. Il y avait aussi des différences sensibles entre les traditions militaires des deux pays, l’expé­rience du combat, la dotation avec technique, le niveau de culture des troupes, etc. Toutes ces conditions, mais aussi d’autres, obligeaient les théoriciens militaires de faire des investigations afin de trouver les solu­tions optimums pour la défense du pays. “Nos intellectuels, notait le commandant Anastasie Tomiţǎ, ont la possibilité sans précédent dans notre histoire militaire de créer, maintenant que l’armée est entrée dans le cadre absolu de sa maturité organique, des œuvres intellectuelles roumaines, inau­gurant dans tous les domaines la période des créations originales[21]. La doctrine militaire nationale devait être une de ces créations[22]. Dans le cadre des études publiées dans la revue, surtout pendant les années 1930, beau­coup d’idées intéressantes ont été transmises. Voilà, par exemple, celle concernant la priorité de l’effort propre, au détriment du système d’alliances édifié par la Roumanie pendant la période entre les deux guerres (l’alliance avec la France, la Petite Entente, l’Entente balkanique). Ce système était considéré, surtout à la fin des années 1930, comme dépourvu d’efficacité. La formule dans laquelle ce principe se retrouvait a été “par nous-mêmes”. Elle avait des connotations politiques, car le sigle avait été adopté par la Parti national libéral comme programme économi­que pour la reconstruction du pays après la Grande Guerre. La formule a tenté, mais certains théoriciens militaires, aussi entre les pages de La Roumanie militaire, ont averti qu’elle pouvait être contreproductive pour la sûreté du pays, dans le cas où elle dépasserait certaines limites.

Les menaces potentielles auxquelles la Roumanie était soumise, comme résultat de sa position géopolitique et géostratégique, ne pouvaient pas être découragées seulement en recourant à la force militaire propre, qui présentait certaines limites quantitatives et qualitatives. La formule “par nous-même”, se demandait le capitaine Traian Panaitescu, pouvait-elle s’opposer au danger slave? La réponse était, évidemment, négative. Et alors, que pouvait-on espérer? Une défaite honorable? Un mort héroïque? Aussi, conclut l’officier, non sans raison, il vaut mieux ne pas nous faire des illusions et ne renoncer à aucune possibilité d’avoir toujours un support. Il est sage “de cultiver et d’apprécier les alliances, de faire accroî­tre leur prestige et de multiplier leur nombre et les liaisons[23].

La formule “par nous-mêmes”, appréciait le commandant Pompeius Dumitrescu, ne pouvait pas être appliquée, du fait que le prochain conflit s’annonçait comme une confrontations entre de grandes coalitions d’États, tout comme la Première Guerre mondiale[24]. En ce cas, un petit pays – le cas de la Roumanie – finirait par rejoindre une grande alliance.

Pourtant, l’effort propre ne pouvait pas manquer. L’État roumain devait prendre les mesures les plus amples pour préparer le pays du point de vue militaire, conformément au principe de “la nation armée”, matéria­lisé par la plupart des pays belligérants pendant la première conflagration mondiale. La Roumanie militaire a mené une vraie campagne pour l’appli­cation de ce principe dans l’organisation de la force armée. La formule que la revue a lancé a été “que chaque sillon produise un pain, chaque fabrique une pièce de guerre, chaque école un combattant, chaque caserne un héros[25].

Les théoriciens militaires ont esquissé, par leurs articles et études, un vrai programme en vue de consolider la force défensive de la Roumanie. Des mesures proposées, nous retenons : l’institution de l’instruction prémilitaire et post-militaire, l’édification d’une industrie propre d’armement et technique militaire, la construction d’un système de fortifications aussi fort que possible, le développement, au niveau de l’opinion publique roumaine, d’un courant solide en faveur de la défense du pays. Certains points de ce véritable programme d’armement général de la Roumanie ne tenaient pas compte du degré de développement du pays. Les militaires embrassaient le principe “Il vaut mieux avoir trop que de ne pas avoir assez”. C’est le cas de la construction d’un système de fortifications au long de toutes les frontières potentiellement menacées, qui représentait deux tiers du total, pour lequel la Roumanie ne possédait pas les ressources nécessaires. Dans d’autres domaines, l’intervention de la revue a été bénéfique et a engendré la prise des décisions adéquates. Il s’agit, en premier lieu, de l’institution de l’instruction prémilitaire pour les jeunes gens entre 18 et 20 ans, décidé par le Parlement roumain en 1934, au printemps[26]. Beaucoup d’officiers espé­raient qu’après l’introduction de l’instruction pré-régimentaire on pourrait réduire le service militaire obligatoire, question largement débattue aussi sur le plan international. Ces espoirs ne sont pas devenus réalité, mais l’instruction prémilitaire a gagné du terrain, comprenant presque tous les jeunes gens soumis aux obligations militaires[27].

Dans le contexte des mutations survenues dans les relations interna­tionales pendant les années 30, qui soulignaient la modification du rapport de forces entre les États révisionnistes et ceux qui se prononçaient pour le maintien du statu quo politique et territorial, l’appel à l’expérience et la doctrine françaises apparaît toujours plus rarement dans les pages de La Roumanie militaire . En revanche, les références et traductions de la littéra­ture militaire anglaise, allemande, russe, américaine, italienne sont plus fréquentes. Certains auteurs regardaient avec plus de courage les réalités politiques et militaires sur le continent européen et essayaient de trouver des solutions aux problèmes militaires de la Roumanie.

Dans cet esprit, on a beaucoup discuté sur la physionomie de la pro­chaine guerre et du rôle sur le champ de bataille des armes traditionnelles (la cavalerie, l’infanterie) et des armes nouvelles (l’aviation, les chars de combat, la défense antiaérienne).

Les opinions des théoriciens militaires roumains, exprimées dans les pages de La Roumanie militaire et des autres revues militaires ou dans des ouvrages, ont été contrastées. Certains d’entre eux, le général Florea Ţenescu par exemple, partageaient les idées de leurs collègues français, qui étaient d’avis que la guerre de l’avenir serait, en général, similaire à celle de la dernière période de la Grande Guerre. D’autres – les colonels Ion Cernăianu et Radu Dinulescu – soutenaient l’idée de la guerre de mouve­ment, basée sur l’influence accrue des nouveaux moyens de combat. Il y a eu aussi une opinion intermédiaire, exprimée par les généraux C.N. Hârjeu, I. Sichitiu, le colonel Alexandru Ioaniţiu, qui pensaient qu’il ne pourrait pas exister une séparation absolue entre la guerre de mouvement et celle de position et que les deux coexisteraient dans le prochain conflit.

Il y eut unanimité dans un domaine : le caractère manœuvrier de la guerre pour la Roumanie, qui avait trois directions à interdire – l’Est, l’Ouest et le Sud.

Les discussions furent libres concernant les armes sur les champs de bataille et les opinions exprimées furent très variées. L’infanterie continua d’être considérée comme “le cœur de l’armée”, “la reine de la bataille” et sa contribution sur les champs de bataille ne fut pas contestée, tandis que la cavalerie suscita des débats animés. Certains théoriciens militaires, issus de la cavalerie, les généraux Constantin Ilasievici, R. Scărişoreanu, Constantin Atanasescu, Nicolae Sinescu soutinrent l’idée que la Roumanie continuait d’avoir besoin d’une cavalerie nombreuse[28]. D’autres – le capitaine Mircea Tomescu – jugeaient que le rôle de la cavalerie serait réduit, étant rempla­cée par les armes blindées, qui seraient l’arme de l’avenir. Les tanks (chars de combat, ainsi qu’on les nommait) ont bénéficié de nombreuses articles, la plupart des opinions étant en concordance avec les idées dominantes en France, selon lesquelles ils seraient utilisés seulement pour aider l’infante­rie et ne pourraient agir séparément.

On fit aussi des propositions pour augmenter le nombre de tanks, mais sans succès. Jusqu’au 1939, l’armée roumaine eut seulement un régiment de tanks et un deuxième fut créé seulement après le commencement de la guerre.

L’aviation, qui connut un développement explosif entre les deux guerres, fut considérée comme l’arme de l’avenir. Les théoriciens militaires roumains ont connu les idées lancées par l’italien Giulio Douhet, qui soute­nait le rôle décisif de l’aviation sur le champ de bataille, mais se sont montrés réticents. Le général Virgil Economu, qui dirigea La Roumanie militaire pendant presque une décennie, pensait que “l’époque de la guerre aérienne, capable à soumettre seule l’ennemi, n’est pas encore venue[29]. Mais c’est aussi lui qui jugeait qu’au commencement de la guerre, la conquête de la suprématie aérienne serait un objectif très important et celui qui l’obtiendrait serait plus près de la victoire[30].

Il est à remarquer que la direction de la publication essaya de promou­voir l’originalité et la valeur. Dans ce but, dès 1923, elle organisa des concours et récompensa en argent les ouvrages primés. On prima aussi les meilleurs articles publiés dans la revue et les solutions aux problèmes tactiques.

Jusqu’au commencement de la Deuxième Guerre mondiale, la revue proposa 35 sujets de concours et l’on accorda 41 prix à des théoriciens militaires déjà connus ou qui connurent la consécration ultérieurement[31]. De ces derniers, rappelons ici Radu Dinulescu, Mircea Tomescu, Ion Cernăianu, Platon Chirnoagă, Alexandru Budiş, etc.

En 1923, 1924 et 1927, il n’y eut pas de prix, car les ouvrages présentés n’avaient pas le niveau requis. Entre 1921 et 1938, on avait prévu 644 324 lei et les prix ont représenté 509 324 lei[32]. Le Comité de direction et la rédaction accordèrent encore 430 550 lei comme primes pour les meilleurs articles publiés dans la revue. Pour encourager l’écrit militaire on accorda un total de 939 874 lei. Dans la littérature roumaine spécialisée, c’était le support le plus important qu’un organe de presse ait jamais accordé aux auteurs de créations intellectuelles.

Les efforts pour promouvoir l’originalité dans l’écrit militaire roumain ont été récompensés seulement par un succès partiel. En examinant le contenu des matériaux publiés dans la revue avant et après la guerre on constate des aspects positifs et négatifs. Jusqu’en 1914, les colonnes de La Roumanie militaire étaient réservées surtout aux membres du Comité de direction et du Comité de rédaction. Les articles avaient un caractère uni­taire, un esprit critique plus prononcé, mais ils se tenaient loin des inquié­tudes des troupes. Après la guerre, le mouvement intellectuel militaire a élargi sa sphère de pénétration et a commencé à s’intéresser aux problèmes concrets de l’armée roumaine. Le style des auteurs militaires est devenu plus sobre après la guerre, plus froid, plus modéré et plus penché vers la partie pratique du phénomène militaire. Pourtant, le degré d’originalité et l’ouverture vers le nouveau ont souffert. À mon sens, c’était la consé­quence du modèle, dont les contraintes n’ont pas toujours été dépassées, mais aussi du caractère officiel de la revue, qui limita la créativité et l’originalité, car pendant toutes ces années on pratiqua une certaine cen­sure, destinée à garder le prestige de la revue, en évitant les polémiques, les disputes d’idées, présentes dans la presse militaire avant la Grande Guerre. L’activité de la presse militaire a été réglementée par plusieurs actes nor­matifs spéciaux en 1924, 1930, 1934 et 1937. Le document le plus impor­tant est celui de 1934, par lequel les revues étaient appréciées comme “l’élément essentiel pour l’accomplissement de la préparation intellectuelle des officiers[33]. Les instructeurs du Grand état-major constataient que les revues militaires roumaines n’étaient pas “à la hauteur des revues similai­res étrangères”. Comme remède, on établissait un train de mesures, parmi lesquelles celle de laisser aux auteurs militaires “la liberté d’exposer les idées personnelles dans les revues, mais de manière objective, urbaine, de bonne foie et avec grande attention pour les questions secrètes[34]. Le document prévoyait que La Roumanie militaire traite les questions d’ordre général, supérieur, tandis que les autres problèmes techniques allaient être traités par les publications des armes respectives (La Revue de l’infanterie, La Revue de la cavalerie, La Revue de l’artillerie, etc.).

En pratique, cependant, le Comité de direction faisait très attention à ce que les articles et matériaux publiés ne contreviennent pas aux ordres et règlements émis par le ministère de tutelle. Dans le compte rendu pour 1925, on mentionnait que malgré les mesures prises, des opinions con­traires à celles du ministère de la Guerre s’étaient glissées dans les pages de la revue. En conséquence, le Comité de direction demandait au Comité de rédaction “de censurer les ouvrages reçus en vue de la publication, pour que les auteurs, qui ont toute la liberté de leurs idées, n’aient pas aussi la licence des procédés[35]. Si cela arrivait, pourtant, le Comité de rédaction et la section respective du Grand état-major devaient répondre par un article montrant pourquoi les idées de l’auteur n’étaient pas partagées par la rédaction de la revue. On a même publié, pendant la période analysée, de tels matériaux, qui attiraient l’attention sur les “dérapages” des articles par rapport à la ligne officielle.

La préoccupation principale du Grand état-major était d’appliquer les divers règlements militaires de manière unitaire. En février 1934, par exemple, un article a mis en discussion l’ouvrage La tactique de l’artil­lerie, écrit par le colonel T. Gheorghieş. Le Grand état-major se dissociait de certaines idées avancées. Une pratique pareille bloquait, sans doute, l’initiative et la créativité de l’écrit militaire roumain. Cette mesure a été abandonnée.

Une autre contrainte venait, ainsi que nous l’avons déjà montré, du modèle adopté par l’armée roumaine. Si pendant les premières années la propagation de la doctrine militaire française et des règlements français a été bienvenue, plus tard, la dépendance par rapport au modèle est devenue un frein dans la promotion de l’originalité et de la créativité. Saisissant ce phénomène, le Comité de direction agit pour éliminer les conséquences négatives. Les instructions mêmes pour l’organisation et fonctionnement des revues militaires de 1934 demandaient qu’on suive le mouvement des idées sur le plan international et qu’on informe les officiers des mouvements nouveaux. On recommandait la traduction des articles intéressants de l’anglais et l’allemand, tandis que ceux du français devaient être recommandés seulement après une critique plus ou moins étendue, selon le cas.

La diminution de la contrainte du modèle et de son attractivité, évi­dente pendant les années 30, a été causée par la faiblesse manifes­tée par la France sur le plan international. Plusieurs théoriciens militaires roumains doutaient la valeur de l’aide française pour la Roumanie, puisque Paris n’avait pas été capable de réagir avec énergie aux provocations lancées par l’Allemagne, surtout celle concernant l’occupation de la zone démilitarisée rhénane.

Jusqu’au commencement de la Seconde Guerre mondiale, quand même, les leaders politiques et militaires roumains, mais aussi l’opinion publique roumaine, ont considéré la France l’allié essentiel pour la sécurité et l’intégrité de la Roumanie.

L’activité de la revue La Roumanie militaire, a oscillé entre la promotion de l’originalité, essentielle pour le profil scientifique de la revue et les contraintes que le modèle français a engen­drées, évidentes surtout pendant la première décennie. Les organes de direction de la revue (le Comité de direction et le Comité de rédaction) ont essayé de maintenir une ligne d’équilibre, assez difficile à obtenir. Les résultats ont cependant été positifs pendant la période entre les deux guerres mondiales la revue La Roumanie militaire a été la plus importante publication militaire roumaine et a enregistré l’activi­té théorique la plus ample de toute son existence.     

 



[1]        Din trecutul României Militare. Cu prilejul comemorării a şaptezeci şi cinci de ani de la apariţia ei în viaţa armatei. 1864-1938 (Le passé de “La Roumanie militaire”. À l’occasion de la commémoration de soixante-quinze ans dès son apparition dans la vie de l’armée. 1864-1938), Bucarest, 1939, p. 31. Ouvrage réalisé par le major Atanasie Tomiţǎ Rǎzǎşul [dorénavant cité Din trecutul României Militare… (Le passé de la “Roumanie militaire)]. Le groupe d’initiative a été formé par les capitaines Gheorghe Slǎniceanu, G. Gramont, Grigore Barǎnescu, G. Anghelescu, A. Anghelescu, Eraclie Arion, E. Pencovici et ensuite Constantin Barozzi.

[2]        Ibidem, p. 32.

[3]        Maria Georgescu, Misiunea militară franceză în România. 1860-1869 (La mission militaire française en Roumanie. 1860-1869), dans Anuarul Institutului pentru Studii Politice de Apǎrare şi Istorie Militarǎ (Annuaire de l’Institut pour Etudes politiques de Défense et Histoire militaire), 1997, p. 194-204 ; Ibidem, 1998, pp. 173-185.

[4]        Din trecutul, României Militare… (Le passé de la “Roumanie militaire…), pp. 77-90.

[5]        Ibidem, p. 265.

[6]        Ibidem, p. 266.

[7]         Monitorul Oficial (Le Journal officiel), no 178/1920, p. 6555.

[8]        La Roumanie militaire , no 1/1921, p. 4-13.

[9]        Ibidem, p. 13.

[10]       Pour la mission militaire français, voir aussi les ouvrages : Glenn E. Torrey, General Henri Berthelot and Romania. Mémoires et Correspondance. 1916-1919, East European Monographs, New York, 1987 ; Jean Noël Grandhomme, Le général Berthe­lot et l’action de la France en Roumanie et en Russie Méridionale (1916-1918), SHAT, Château de Vincennes, 1999.

[11]       La Roumanie militaire , no 6/1921, p. 2.

[12]       Ibidem, p. 1.

[13]       Ibidem, 5/1925, p. 93-105; 5/1926, p. 93-109.

[14]       Ibidem, 3/1924, p. 105-112.

[15]       Mesures pour l’instruction des capitaines et commandants qui ont des aptitudes à l’avancement (traduction du français), 5/1921, p. 552-566 ; commandant Nicolae Mǎgereanu, La doctrine militaire préconisée par l’Ecole Supérieure de Guerre de Paris, 7-9/1922, p. 436-451 ; colonel Bujac, La Mission militaire française en Rou­manie, 1-2/1923, p. 141-160, 242-256 ; Etude sur l’organisation de l’artillerie des grandes unités et de la réserve générale de l’artillerie dans l’armée française (traduit par le lieutenant colonel M. Spiroiu), 1-2/1923, p. 29-43 ; L’artillerie dans l’offensive (traduit par le capitaine I. Spirea), 3-4/1923, p. 239-251 ; La signature de l’armistice sur le front français (traduit par le capitaine George Demetrescu), 7/1923 ; commandant Gh. Potopeanu, La réorganisation de l’armée française, 7-9/1922, p. 458-471 ; colonel Ion Sichitiu, La traction automobile en France, 7-8/1924, p. 51-67 ; L’effort militaire de la France pendant la guerre, 1914-1918 (traduit par le lieutenant I. Mihǎilescu), 3/1921, p. 327-341 ; général A. Scǎrişoreanu, L’application des règlements de la cavalerie française dans notre armée, 2/1925, p. 39-55 ; La contre-offensive des armées alliées en France (traduit par le capitaine V. Cârlan), 3, 5/1926, p. 102-117, 73-88 ; colonel A. Ghika, Réflexions sur les grands manœuvres françaises de 1925, 2/1926, p. 69-83 ; général Ioan Florescu, Idées françaises sur la liaison des armes, 2/1927, p. 3-9 ; lieutenant colonel Vrǎjitoru, Le Commandement dans l’armée française et dans notre armée, 4/1927, pp. 26-41 etc.

[16]       Din trecutul, României Militare (Le passé de la Roumanie militaire), p. 294.

[17]       La Roumanie militaire , no 1/1927, p. 2.

[18]       Ibidem, no 1/1933, p. 2.

[19]       Colonel D. Grozianu, L’art de la guerre et l’organisation de l’armée du passé, du présent et de l’avenir, La Roumanie militaire , no 12/1930, p. 66-75.

[20]       Capitaine I. Popescu, L’adaptation et l’adoption, ibidem, no 3/1930, p. 90-101.

[21]        Commandant Anastasie Tomiţǎ, La création intellectuelle dans les publications militaires, ibidem, no 3/1935, p. 94.

[22]       Pour la dispute autour de ce problème voir colonel dr. Petre Otu (coordonnateur), colonel dr. Teodor Oroian, lieutenant colonel Ion Emil, Personalităţi ale gândirii mili­tare româneşti (Personnalités de la pensée militaire roumaine), vol. I, Bucarest, 1997, p. 28-30.

[23]       Capitaine Traian Panaitescu, Par nous-mêmes. Une interprétation, “La Roumanie militaire”, no 9/1925, p. 101.

[24]           Commandant Pompeius Demetrescu, Contribution au problème de la guerre de coalitions, ibidem, no 3/1933, pp. 41-57.

[25]       Ibidem, no 9/1925, p. 100.

[26]       Des études consacrées à ce problème, nous retenons : colonel I. Filip, Les sports et l’instruction pré régimentaire, no 7/1926, p. 3-11 ; général A.B.C., Le besoin d’intro­duire l’instruction prémilitaire, no 10/1929, p.43-67 ; général V. Economu, L’instruc­tion pré régimentaire, 3/1930, p. 3-21 ; 5/1930, p. 3-17 ; colonel Dumitru B. Popescu, Du programme de l’instruction pré régimentaire, 10/1930, p. 84-96 ; général I. Trăiles­cu, Propositions pour les possibilités d’une bonne instruction pré régimentaire, 10/ 1930, p. 53-72 ; général F.A.B., Contributions à l’éducations physique et morale de la jeunesse, en vue de l’instructions pré-régimentaire, 3/1933, pp. 80-96.

[27]       Détails dans Petre Otu, Aspecte ale pregătirii tineretului pentru apărarea patriei în perioada interbelică (Aspects de l’instruction de la jeunesse pour la défense de la patrie pendant la période entre les deux guerres), dans Pregătirea tineretului pentru apărarea patriei. Tradiţie şi actualitate (La préparation de la jeunesse pour la défense de la patrie. Tradition et actualité), Bucarest, 1984, p. 98-156.

[28]       Voir aussi colonel Constantin Ilasievici, Considérations générales sur l’emploi de la cavalerie dans la guerre moderne, 1/1927, p. 27-43 ; 2/1921, p. 103-111 ; Colonel I. Prodan, Réponse à une étude critique sur la cavalerie, 1-2/1923, p. 23-46 ; général R. Scărişoreanu, Considérations sommaires sur l’emploi de la cavalerie dans la guerre passée et la prochaine, 4/1923, p. 307-324 ; lieutenant-colonel P. Georgescu, L’avenir de la cavalerie, 7-8/1924, p. 103-117 ; lieutenant colonel M. Postelnicescu, Contributions à l’emploi des grandes unités de cavalerie, 1/1934, p. 102-117 ; 2/1934, p. 26-39 ; capitaine Mircea Tomescu, La cavalerie-possibilités, missions, mode d’action, 6/1934, p. 3-17 ; 7-8 /1934, pp. 3-21 ; 9/1934, p. 3-15 etc.

[29]       Général Virgil Economu, L’aviation d’aujourd’hui et de demain, 4/1932, p. 12.

[30]       Ibidem, p. 13.

[31]       Din trecutul, României Militare… (Le passé de la Roumanie militaire), p. 377-378.

[32]       Ibidem, p. 379

[33]       La Roumanie militaire, 2/1934, p.3.

[34]       Ibidem, p. 5.

[35]       Ibidem, p. 9-14.

 

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