Revue Internationale d'Histoire Militaire

 

La politique de la France et de l’Italie au sud-est de l’Europe pendant les premières années
après la Première Guerre mondiale 

 

Colonel dr. Alexandru Oşca

 

La concentration de la diplomatie européenne sur la recherche des solutions aux grands problèmes engendrés par le statut de l’Allemagne comme État vaincu dans la guerre a créé l’impression que les intérêts dans le Sud-Est européen des grandes puissances victorieuses étaient secon­daires. Bien entendu, la France, la Grande-Bretagne et l’Italie s’intéressaient d’abord à la configuration territoriale dans des zones proches de leurs propres territoires. Pourtant, leur vocation étant universelle, l’espace balkanique présentait un grand intérêt pour chacune de ces puissances. Les solutions établies pour les Balkans à la Conférence de la Paix étaient loin d’être acceptées par des groupes politiques importants tels que la Bulgarie, la Grèce, la Yougoslavie, tandis que la Turquie les avait rejetées par la voie des armes. L’imposition de ces solutions engendrait l’insécurité, leur appli­cation sans corrections substantielles ou en absence de certains facteurs de pression étant impossible.

Chacune des puissances victorieuses pensait à une politique pour l’Europe du Sud-Est pendant les premières années après la guerre. Cette politique n’est pas restée telle quelle pendant toute la période entre les deux guerres, mais ses repères principaux ont été peu modifiés par la dynamique des rapports politiques européens. Parmi les facteurs qui ont influencé cette dynamique, on peut en retenir au moins trois : l’évolution politique interne propre à chaque pays du sud-est européen, les modifications politiques imposées par le jeu démocratique spécifique en France et au Grande-Bretagne ou par le régime fasciste en Italie et les prétentions de la Russie soviétique (l’URSS à partir de 1922) de s’impliquer dans la conclusion des problèmes de cet espace suivant ses propres intérêts.

Voilà pourquoi nous avons considéré utile de nous focaliser sur les politiques de la France et de la Grande-Bretagne (les États-Unis ont manifesté leur manque d’intérêt majeur dans cet espace, tandis que l’URSS n’avait pas encore assez de moyens pour promouvoir ses inté­rêts) envers chaque État de la zone, politiques qui se sont maintenues entre les deux guerres et qui expliquent, en quelque sorte, la position devant la constitution de l’Entente Balkanique, le 9 février 1934.

Les attentes des autorités roumaines vis-à-vis de l’implication de la France au Sud-Est de l’Europe étaient explicables : les forces françaises avaient une poids important dans la zone et les intérêts français ne négli­geaient aucun des pays de cette région. La diplomatie française avait voulu tempérer les demandes des gouvernements de divers pays, pour garder l’auréole de puissance impartiale, de facteur d’équilibre et de stabilité dans la région. La position exprimée par Stéphen Pichon, ministre français des Affaires étrangères, a produit surprise et confusion en Roumanie : “… de droit, le gouvernement roumain ne peut pas encore être considéré d’être redevenu l’allié du gouvernement français[1]. Il s’empressait d’ajouter : “Cela ne veut pas dire, bien sûr, que nous ne serions pas animés des sentiments les plus amicaux envers la Roumanie et que nous ne sommes pas décidés de travailler à l’intérêt de ses justes revendications[2].

L’appréciation s’explique aussi par la position du commandant des forces alliées aux Balkans, pas toujours favorable à la Roumanie[3]. Les autres dysfonctionnements dans les relations roumano-française ne sont pas restés sans conséquence. Les plus nombreuses visaient le règlement de problèmes financiers plus anciens, apparus entre les deux pays, mais aussi l’intransigeance du Premier ministre roumain (I.I.C. Brătianu), qui n’accep­tait d’autres bases de discussion à la Conférence la Paix que les accords d’août 1916. Un emprunt d’urgence fait à Paris a envoyé aussi des signaux négatifs au sein de la classe politique roumaine, car un emprunt pour la Roumanie impliquait des conditions et était ajourné, tandis que d’autres pays étaient traités avec beaucoup plus d’indulgence[4]. Cela explique le délai avec lequel fut signé le traité d’amitié entre les deux pays (le 10 juin 1926), quoique il y ait eu des pourparlers dès 1922 (la France avait conclu un tel traité avec la Tchécoslovaquie dès le 25 janvier 1924). Le gou­vernement de Bucarest insistait pour que le traité garantisse la frontière orientale de la Roumanie (sur le Dniestr), fait inacceptable pour la France, grande puissance avec des intérêts généraux à l’Est du continent[5].

La ratification par la France de l’accord concernant la Bessarabie a été un succès pour le gouvernement roumain (le 24 mars). Malheureusement, le cours accéléré des négociations pour le traité (je rappelle aussi la position de la Roumanie aux côtés de la France dans le conflit gréco-turc) a été interrompu par l’arrivée au pouvoir en France du cartel des gauches (juin 1924), beaucoup plus disposé à établir des relations normales avec l’URSS. Le cabinet Edouard Herriot “a renversé la politique étrangère et s’est efforcé à entretenir des rapports de confiance avec Londres[6]-selon l’appréciation de Maurice Beaumont. D’ailleurs, en octobre 1924, la France reconnaissait l’URSS et établissait des relations diplomatiques avec elle.

La France était intéressée à ce que la Roumanie consolide son statut de puissance régionale, espérant le soutien des initiatives françaises dans le cadre de la Société des Nations et aussi sa solidarité avec ses intérêts au Sud-Est de l’Europe. Pourtant, la France n’avait pas l’intention de sacrifier, pour la Roumanie, ses rapports avec l’URSS, et le gouvernement de Buca­rest a toujours compris (quoique parfois il se soit obstiné à croire autrement) quelles étaient les limites de la politique française en appui de la Roumanie. Tablant sur la solidarité non conditionnelle et sur l’opinion publique rou­maine, fermement en faveur de la France, Paris est souvent resté assez indifférent devant les signaux venus de Bucarest. L’attitude des officiels français envers les intérêts roumains s’expliquait, peut-être, aussi pas la position géostratégique de la Roumanie, en “deuxième échelon” face à ses adversaires potentiels (comparativement à la Tchécoslovaquie, qui avait une frontière avec l’Allemagne et à la Yougoslavie-une vraie porte des Balkans).

Les intérêts de la France en Yougoslavie étaient plus forts qu’en Rou­manie, au moins pour le motif que l’État yougoslave était le point d’attrac­tion pour les autres puissances (l’URSS incluse, malgré le fait que les Sovié­tiques ne se sont jamais imposés dans une société qui acceptait la solidarité de race, mais rejetait l’idéologie communiste) et représentait la clé pour l’influence sur la mer Adriatique et dans les Balkans. D’ailleurs, la France a soutenu dès le commencement le jeune État yougoslave à la Conférence de la Paix et l’a aidé à consolider son autorité dans la région. Entrant en compétition avec l’Italie pour l’influence dans les Balkans, la France était intéressée à ce que la Yougoslavie fût un État fort et respecté dans la région, d’autant qu’il se trouvait au voisinage de l’Autriche et de la Hon­grie, dont les actions devaient être surveillées. L’emprunt de 300 millions de francs demandé à Paris par l’État yougoslave a été considéré avec plus de compréhension que celui demandé par la Roumanie (de 100 millions), quoique le fait ait engendré des réactions véhémentes à Rome[7]. Les auto­rités italiennes considéraient la Yougoslavie comme une “sentinelle avan­cée de la France sur la mer Adriatique”, un ennemi possible et “toute croissance de sa force militaire [était] un danger !”[8].

La compétition pour l’espace yougoslave s’est accentuée au milieu de la première décennie entre les deux guerres, lors de la signature des traités franco-tchécoslovaque (le 25 janvier 1924) et italo-yougoslave (le 27 janvier 1924). La tentative de la France pour signer avec la Yougoslavie et la Roumanie un accord similaire à celui signé avec la Tchécoslovaquie a engendré des réactions de désapprobation à Rome, où l’on jugeait que la France “voulait élargir son hégémonie sur l’Europe centrale et orientale et encercler l’Italie à l’Est[9]. En fin de comptes, la signature du traité franco-yougoslave fut remise pour trois années et demie. Pendant la décennie suivante, nous allons assister à la tentative de la Yougoslavie de se détacher de la politique française, fait qui provoqua la méfiance dans les alliances dont elle faisait partie, ainsi que l’inefficacité de leurs actions dans des pro­blèmes politiques d’importance majeure. La tentative impérieuse de la France pour réintroduire la Yougoslavie dans sa sphère d’influence (à la fin des années 30) s’est avérée tardive et infertile.

Les intérêts de la France en Turquie se trouvaient placés sous le signe du réalisme politique et du pragmatisme, dans les conditions où le Traité de Sèvres s’est avéré tellement fragile. Le conflit qui a suivi (entre les troupes kémalistes et grecques, mais aussi contre le blocus allié, qui a cédé, à son tour, en septembre 1922) a trouvé la France plus près de la Turquie républicaine que de la Grèce, essayant à sauver au moins les intérêts qu’elle pouvait encore sauver. Conformément à l’accord Franklin-Bouillon (le 20 octobre 1921), la France renonçait à la Cilicie, mais gardait la zone d’Alexandrette. De plus, elle reconnaissait le gouvernement du général Mustafa Kemal et lui livrait des armes pour réaliser ses objectifs[10]. La diplomatie française réalisait l’ascendant de Kemal et la position de la Turquie à Lausanne et s’efforçait de convaincre la délégation turque d’accepter les conditions de la paix. Les pourparlers furent interrompus en février 1923, et les Français demandèrent la médiation du gouvernement roumain pour convaincre Ismet Pacha d’être plus conciliant[11].

Après s’être convaincu de la nécessité d’avoir un partenaire de l’importance géostratégique de la Turquie (non seulement dans le Sud-Est de l’Europe, mais aussi au Moyen-Orient), la France ménagea soigneuse­ment la susceptibilité turque pour la tenir aussi loin que possible des scénarios dans lesquels l’URSS essayait de l’inclure, car l’URSS envisa­geait une alliance aux côtés de la Turquie, de la Bulgarie et de la Hongrie. Le soutien de la France, dissimulé au commencement, pour la politique de la jeune République prend substance vers la fin des années 20, quand la Turquie était considérée comme une importante puissance régionale. Quoi­que dans le groupe des puissances vaincues, les autorités de la Turquie, à leur tour, étaient intéressées à conserver leurs avantages et à consolider leur puissance, comptant sur la compréhension de la France. Aussi, retrouvons-nous la Turquie, après la Conférence de Lausanne, du côté des pays anti-révisionnistes, les seules revendications portant seulement sur le régime des détroits. L’État turc obtint gain de cause dans ce problème pendant l’été de l’année 1936, à la Conférence de Montreux.

En Grèce, les intérêts de la France ont été constants et pas très importants, car la France considérait que les autres grandes puissances (la Grande-Bretagne et l’Italie) étaient, à leur tour, intéressées dans cet espace, balkanique et méditerranéen. Le développement des intérêts spécifiques s’est fait avec difficulté, à cause des changements fréquents de régime, les opportunités créées par le gouvernement Venizelos dans les relations de la Grèce avec les grandes puissances n’étant pas exploitées par les gouverne­ments suivants. Les gouvernements successifs français ont sanctionné la décision de la classe politique hellénique de ramener sur le trône le roi philo-allemand contesté, Constantin[12]. L’envoyé roumain à Athènes, Filodor, rapportait à Bucarest, à la Centrale : “Toute la politique d’expan­sion de Venizelos avait pour base les crédits accordés par les Alliés. Les caisses publiques étaient épuisées et ne pouvaient plus supporter les dépenses disproportionnées, surtout pour entretenir les armées préparées pour la guerre en Asie Mineure et Thrace. Les impôts qu’on perçoit ne peuvent pas servir à ce but, car ces sommes doivent être versées à la Caisse du contrôle international pour le paiement des emprunts[13]. La France resta dès le commencement dans l’expectative dans la guerre gréco-turque[14] et a même aidé les Turcs. Plus tard, pourtant, à la Conférence de Lausanne, la France soutint quelques-unes des revendications de la Grèce, peut-être en raison du prestige du chef de la délégation, Venizelos.

Bien entendu, l’État français était intéressé à maintenir une certaine influence en Grèce et à agir pour apaiser les disputes gréco-yougoslaves. Le régime républicain (depuis mars 1925), avec toutes ses oscillations, trouva l’appui et la compréhension des gouvernements français, qui désa­vouèrent, pourtant, les excès fréquents dans une société hyperpolitisée, dont les généraux aussi étaient en proie aux idées politiques partisanes. D’ail­leurs, plusieurs généraux et colonels étaient des vrais leaders politiques, à la tête des partis ou gouvernements (les colonels Stylianos Gonatas et Nikolaos Plastiras[15], les généraux Panayotis Danglis[16], Metaxas[17], Kon­dilys, l’amiral Hadjikyriakos-les deux derniers, leaders de la Ligue militaire, tout comme le général Pangalos, qui de juin 1925 à août 1926 fut le dictateur de la Grèce).

La rivalité des grandes puissances dans l’espace hellénique commença à prendre contour vers la fin de l’année 1924, pendant le régime républi­cain[18], à propos de la priorité dans la livraison d’armements et techniques de combat pour la Grèce, action qui équivalait à la reconnaissance de l’influence générale de l’État fournisseur dans la région.

L’Italie, à son tour, avec ses prétentions de grande puissance euro­péenne, manifesta un intérêt non dissimulé pour le sud-est de l’Europe. Jusqu’au commencement des années 30, l’Allemagne avait des intérêts économiques dans la région, l’Italie devait faire face à la concurrence française dans cet espace et, malgré la proximité territoriale, la politique du gouvernement de Rome s’imposait avec assez de difficultés dans chacun des États balkaniques.

Dans les relations de l’Italie avec la Roumanie, il y avait des motifs de suspicion, d’animosité et de manque de confiance, dès le commencement de la période entre les deux guerres. Bien entendu, la Roumanie s’est engagée immédiatement et sans réserve du côté du courant politique européen de la sécurité collective promu par la Société des Nations et de la défense et respect du statu quo installé après la guerre. L’Italie, mécontente des solu­tions de la paix, loin des promesses faites par les alliés lors de son entrée en guerre, se trouvait du côté des pays insatisfaits. Ainsi, quoiqu’elle n’ait pas été vaincue, elle soutenait les révisionnistes. Plus tard, le concept de “révisionnisme pacifique”, qu’elle promouvait officiel­lement, fut abandonné et le régime fasciste italien s’engagea dans le chan­gement par la force des réalités politiques en Afrique de l’Est et dans le bassin de l’Adriatique.

Trois problèmes grevaient les relations entre la Roumanie et l’Italie. En premier lieu, l’extinction des dettes contractées par la Roumanie en Italie, avant ou pendant la guerre. Très souvent, les discussions sur ce plan étaient employées par les Italiens comme prétextes derrière lesquels se trouvaient les vrais intérêts du gouvernement italien. Même à la Conférence de la paix, l’Italie se comporta comme l’alliée de la Hongrie dans la question de la Transylvanie, tandis que dans la question de la Dobroudja elle soutint les délégués bulgares et encouragea les Bulgares de Dobroudja qui demandaient, au nom de toute la population, que le territoire passe à la Bulgarie. Dans la question de la Bessarabie, l’Italie ne se situa pas du côté des Roumains non plus et tergiversa pour ratifier l’accord de Paris (du 1920) jusqu’au mois de mars 1927.

À la Conférence de San Remo (avril 1920), le Premier ministre italien, Francesco Nitti, affirmait à l’occasion d’une conférence de presse : “La Roumanie agirait avec sagesse si elle cédait la Transylvanie à la Hongrie, ayant en vue le fait que, tôt ou tard, elle sera obligée de la restituer[19]. Les cercles politiques de Bucarest réagissent de manière véhémente, en lançant des attaques à l’encontre du Premier ministre italien[20].

Le changement de gouvernement à Rome donne espoir aux politiciens roumains, qui réussirent, à aborder le nouveau Premier ministre Giovanni Giolitti, et à convaincre le chef de la diplomatie, Carlo Sforza, d’appuyer le projet d’une alliance de cinq États à l’Est (l’appui fut communiqué à Take Ionescu pendant sa visite à Rome, en septembre 1922)[21].

Le gouvernement Giolitti fut éloigné le 4 juillet 1921 et, après une vie politique agitée, à la suite de la marche sur Rome (des “Chemises noires”), le 31 octobre 1922, le pouvoir revient à Benito Mussolini, en tant que Premier ministre. La tentative de la Roumanie d’ouvrir un nouveau canal de communication et appui avec le gouvernement italien, par une éven­tuelle union dynastique[22], était restée sans résultat. 

Immédiatement après l’installation du régime fasciste, le ministre roumain des Affaires étrangères, I.G. Duca, proposait, dans le cadre d’une discussion avec le représentant italien à Bucarest, Martin Franklin, l’inten­sification de la collaboration avec l’Italie. La Roumanie – affirmait le dignitaire roumain – était prête à accentuer les relations politiques inti­mes avec l’Italie et était disposée à arriver à un accord politique… à moins que ses clauses n’entrent en contradiction avec les traités et accords qui liaient la Roumanie aux États de la Petite Entente, à la Pologne et, en général, aux Grands Alliés”[23].

Pendant les discussions qui suivirent, on put constater que les Italiens conditionnaient la signature d’un accord politique au règlement préalable des questions financières controversées, alors que le gouvernement roumain se situait dans un ordre prioritaire opposé[24]. En fin de compte, on accepta l’ordre imposé par les Italiens et en avril 1923 le nouveau ministre italien à Bucarest, le baron Pompeo Aloisi, faisait connaître au gouverne­ment roumain les intentions de son État (le problème des bons du Trésor, en particulier)[25]. Le ministre Aloisi apprenait directement la position la plus autorisée du gouvernement roumain[26] et demandait aux leaders politiques italiens de se montrer plus modérés dans leurs revendications, afin de gagner les Roumains et de les avoir comme soutiens de la politique italienne dans les Balkans[27].

Au commencement de l’année 1924, deux des alliés de la Roumanie, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, concluaient des accords dans des directions politiques opposées : la Tchécoslovaquie avec la France (le 25 janvier 1924) et la Yougoslavie avec l’Italie (le 27 janvier 1924). À cette occasion, l’Italie occupa le port de Fiume. C’est le moment où la concur­rence entre la France et l’Italie sur l’espace central et sud-est européen se manifesta explicitement. En mai 1924, l’Italie signait elle aussi un accord avec la Tchécoslovaquie, tandis que la France voulait signer des accords similaires avec la Yougoslavie et la Roumanie[28].

Les initiatives pour un accord italo-roumain étaient bloquées, à cause de l’intransigeance du ministre roumain des Finances, Vintilă Brătianu, dans la question des litiges financiers, d’un côté, et de la réponse brutale du gouvernement fasciste, qui conditionnait la visite officielle de la famille royale en Roumanie à la solution de ces litiges, d’un autre côté[29].

Dans le contexte des changements du spectre politique en Grande-Bretagne et en France (le pouvoir étant pris par des gouvernements de gauche, disposés à avoir des relations avec l’URSS) et de la démarche italienne pour établir des relations diplomatiques avec l’URSS (le 7 février 1924)[30], le Cabinet de Bucarest acceptait faire des concessions sur le “dossier” financier avec l’Italie, espérant que celle-ci allait ratifier l’accord de Paris concernant la Bessarabie. Le souci de la partie roumaine était justifié aussi par les rumeurs concernant la possibilité d’un accord militaire italo-soviétique, dans le contexte de l’insuccès des négociations roumano-soviétiques de Vienne[31].

Les pressions roumaines pour un accord avec l’Italie restèrent sans effet jusqu’au 1927, en automne, car Mussolini a été d’accord seulement pour être du côté des Roumains (“une médiation amicale à Moscou”) au moment où les négociations sur la Bessarabie seraient reprises[32].

Quoiqu’il y ait eu quelques prémisses, il faut constater que l’Italie ne considérait pas la Roumanie comme un “pilier” pour sa politique dans les Balkans, peut-être aussi à cause de la prépondérance française à Bucarest. Les relations roumano-italiennes enregistraient des proportions réduites (en exceptant la période du gouvernement Averescu). Pendant la décennie suivante ces relations furent tendues et totalement compromises au moment où la politique étrangère fasciste employa la force (les campagnes en Abyssinie et Albanie).

Les relations de l’Italie avec la Yougoslavie pendant la première décennie après la guerre furent marquées par l’incertitude et le compromis. Le bassin de l’Adriatique intéressait également les leaders de Belgrade et ceux de Rome, d’autant que pour les derniers les problèmes concernant cet espace étaient consignés dans le traité de Londres d’avril 1915. Dans ce traité, il était stipulé que l’Italie devait recevoir la région de Trieste, une partie de la Dalmatie, au sud de Rijeka (Fiume), ce qui signifiait une moitié de la côte Adriatique et de son hinterland[33]. Le litige de Fiume est né vers la fin de la guerre et a marqué pendant longtemps les relations entre la Yougoslavie et l’Italie (juste après la signature du traité d’amitié de janvier 1924 entre les deux pays). Par le traité de Londres (1915), l’Italie n’avait pas de droits sur cette ville, mais la réalité du front avait donné espoir aux Italiens ; au moment où l’armistice de Villa Giusti fut signé (le 3 novembre 1918), les troupes italiennes se trouvaient à Fiume. Le 30 octobre, la population italienne de la ville demandait l’annexion de celles-ci à l’Italie. Quelques jours plus tard, les Croates et le Slovènes se révoltaient dans le port de Pola (au Sud de l’Istrie). Les Italiens employèrent cette révolte comme prétexte, demandant aussi l’annexion de cette zone. Les Yougos­laves reçurent un fort appui qu’ils n’espéraient pas, de la part des Améri­cains, du président Wilson personnellement. Celui-ci insistait sur le droit des nationalités, prévu au point 12 des quatorze principes énoncés par lui devant le Congrès (janvier 1918). Il était difficile, quand même, d’appli­quer ad litteram ce point à l’Istrie et la Dalmatie, où les populations de langue italienne représentaient des enclaves dans la masse de celles de langue slave. En fin de compte, la solution fut un compromis qui transfor­mait Fiume en “ville libre”.

La solution fut difficilement acceptée par les Italiens : le 12 septembre, “les volontaires” de Gabriele d’Annunzio occupèrent la ville et le gouver­nement de Rome dénonça le compromis préalable. Les États-Unis s’oppo­saient à la méthode italienne et laissaient le litige sans solution, celui-ci étant retenu tel quel dans le traité de Trianon (août 1920), mais à Rapallo (novembre 1920), par les pourparlers bilatéraux italo-yougoslaves, Fiume redevenait libre et d’Annunzio était éloigné. La prise de pouvoir de Mussolini, en tant que Premier ministre et ministre des Affaires étrangère, changea la situation et, devant la pression, Fiume fut cédé à l’Italie, en 1924. Mussolini ne cachait pas son intention de modifier les traités de paix, car il considérait la garantie du statu quo comme un “instrument” d’in­fluence franco-britannique, tandis que la révision des traités (la “paix éternelle” n’existait pas à son avis) représentait une nécessité quand ces traités ne correspondaient plus à la “réalité”.

Le gouvernement fasciste italien ne cachait pas son intention de dominer la Méditerranée et de la transformer en “mare nostrum”, en élimi­nant toute autre influence dans cet espace. Essayant d’accomplir cet objectif par la force (voir le bombardement de l’île Corfou, en septembre 1923), les autorités italiennes durent faire face à une hostilité générale à l’extérieur et adoptèrent une tactique plus moderne. Dans ce contexte on signait l’accord Mussolini-Pasič, à Rome (janvier 1924)[34]. Au commence­ment de l’année 1925, les relations italo-yougoslaves étaient considérées comme stables, quoique leur maintien en équilibre fût grevé par la pression des groupes croates radicaux sur le gouvernement yougoslave et par l’appui voilé de la part des autorités italiennes aux mouvements irrédentistes bul­gares, hongrois, macédoniens et albanais contre l’unité du royaume you­goslave. Il y eut des suggestions que le litige italo-yougoslave concernant l’Albanie  fût résolu par la division de celle-ci et la suggestion venait du côté yougoslave. Le ministre d’Italie à Paris retint, après avoir été reçu par le roi Alexandre, exaspéré par la difficulté rencontrée dans l’établissement de la frontière yougoslave-albanaise, que “l’Albanie démontre de plus en plus son impossibilité de constituer un État viable et ordonné et m’a fait une allusion discrète à l’éventualité de la diviser, car la vallée de la Drina, la voie naturelle de pénétration de l’Adriatique aux Balkans, intéressait la Yougoslavie au plus haut degré, à la recherche d’un accès à l’Adriatique, tout comme la vallée du Vardar et Salonique représentaient l’accès nécessaire à l’Égée[35].

La politique italienne en Grèce a été affectée aussi (tout comme la politique française ou britannique) par l’instabilité du régime politique de ce pays. L’Italie s’est située sur des positions opposées dans la guerre avec la Turquie républicaine après le Traité de Sèvres, les troupes italiennes étant en conflit avec les troupes grecques dans quelques régions en Adalie et Thrace orientale. L’ancien Premier ministre Venizelos, “le grand Crétois”, était perçu à Rome comme l’ennemi des intérêts italiens, mais le roi Constantin, malgré sa crédibilité en Italie, ne pouvait être soutenu ouvertement par le gouvernement italien, qui était encore sensible à l’attitu­de de la France et de la Grande-Bretagne. Les trois grandes puis­sances envoyèrent une note commune à Athènes, pour avertir du danger représenté par le retour de Constantin sur le trône.

La note commune était rédigée dans les termes suivants : les gouver­nements de la Grande-Bretagne, France et Italie déclarent que “le retour au trône d’un souverain, dont les attitudes et la conduite déloyales envers les Alliés au cours de la guerre avaient été pour ceux-ci la source des difficultés et pertes graves, ne pouvait pas être considérée que comme ratification par la Grèce des actes d’hostilité du roi Constantin. Ce fait engendrerait une situation nouvelle, défavorable aux relations entre la Grèce et le Alliés et dans ce cas les trois gouvernements déclarent qu’ils réservent la liberté totale d’action pour réglementer cette situation[36]. La note fut publiée dans la presse grecque le 4 décembre 1920 et eut un effet contraire. Le plébiscite pour le retour du roi Constantin (le 5 décembre) le désigna avec 99 % des voix. Le régime hellène ignorait la réaction internationale au retour de Constantin sur le trône et se fondait seulement sur l’aide de l’Italie. Les leaders du nouveau régime espéraient que les menaces de la France et de l’Angleterre n’allaient pas devenir concrètes et comptaient “sur le support caché de l’Italie qui, en Grèce, soutient le roi Constantin et à Londres a demandé la révision du traité de Sèvres[37]. La réalité montra que les politiciens grecs n’avaient pas été réalistes concer­nant l’aide de l’Italie. Le diplomate roumain Filodor, envoyé par Take Ionescu en qualité d’observateur à Athènes, constatait : “… ce qui unit les royalistes avec les Italiens est la haine contre Venizelos, que les Italiens considèrent comme l’ennemi de leur nation et de leur expansion[38].

Au-delà de cette raison, les objectifs de chacun étaient, bien entendu, beaucoup trop différents pour un rapprochement de durée entre les deux États. En pleine guerre entre la Grèce et la Turquie républicaine, l’Italie était loin d’appuyer la Grèce. Beaucoup plus, elle conclut un accord avec la Turquie, par le ministre des Affaires étrangères Carlo Sforza (le 12 mars 1921), qui stipulait qu’elle allait retirer ses troupes de l’Anatolie, en laissant la Grèce seule devant les troupes turques. À la suite du coup catastrophique souffert par l’armée hellène, un groupe de généraux et officiers demandèrent au roi Constantin de partir[39]. Le nouveau régime “révolutionnaire” commit des atrocités, vengeances et assassinats, et les grandes puissances, surtout la Grande-Bretagne, refusèrent de le reconnaître. L’Italie décida un rapprochement avec Athènes dès 1923, espérant la bienveillance de cette dernière dans la nouvelle conjoncture internationale. Les Italiens espéraient une solution favorable pour le statut du Dodécanèse et le soutien des Grecs dans la confrontation avec les Yougoslaves. Il y eut aussi une rencontre entre Mussolini et le ministre grec des Affaires étrangères, Apostolos Alexandris[40]. La France avait reconnu dès le mois d’août 1923 le nouveau régime du roi Georges, tandis que l’Italie était elle aussi en faveur de cette démarche[41]. La fenêtre d’opportunité pour des relations italo-hellènes normales fut fermée avec la fin malheureuse de la “mission Tellini”, suivie par le bombardement de l’île de Corfou.

Après des troubles, la Grèce se décida en faveur d’un régime républi­cain[42]. Les grandes puissances européennes reconnurent le nouvel gouver­nement républicain de Venizelos, Mussolini exprimant le désir exprès de se rapprocher de la Grèce[43]. Mais Venizelos démissionna le 4 février 1924, et l’instabilité politique, de plus courte durée quand même, recommença. Le 25 mars 1924, la Grèce devenait République (à la suite d’un plébiscite), avec un gouvernement de l’Union républicaine. Dans ces conditions, on constatait une rivalité entre l’Italie et la France pour l’influence en Grèce, surtout pour contrôler le commerce d’armement dans ce pays, les Italiens ayant paraît-il un faible avantage[44]. Petit à petit, l’Italie acquit la prépondérance en Grèce et, pratiquement, l’État hellène resta avec un espace de manœuvres limité dans la politique étrangère pendant la décennie suivante. Les leaders fascistes italiens veillèrent de ce point plus faible des Balkans à promouvoir leurs intérêts dans la région et à contre­carrer la politique française au sud-est de l’Europe.

Les relations de l’Italie avec la Turquie ont été circonscrites à la négociation du traité de Paix de Sèvres et à la reprise du conflit entre la Turquie kémaliste et les Alliés (Grecs), tout comme à la négociation de la paix de Lausanne. En pleine guerre, l’Italie signa un accord avec les autorités turques. Le compromis du 12 mars 1921 modifiait le Traité de Sèvres : les troupes italiennes quittaient l’Adalie, les Turcs acceptaient la présence des Italiens dans le Dodécanèse et leur accordaient le droit d’exploiter les mines de charbon d’Héraclée. Plus tard, le gouvernement Mussolini modifiait de nouveau le contenu des relations de l’Italie avec la Turquie, ainsi les animosités et suspicions turco-italiennes se firent sentir pendant toute la période entre les deux guerres. La presse  turque, surtout, fortement contrôlée par les autorités, présentait de manière exagérée des réalités d’Italie (tel le cas de l’assassinat du député Matteotti-juin 1924-quand la presse turque estimait que l’Italie passait par une “grave crise politique interne[45]) et les autorités d’Ankara évitèrent Rome dans leurs voyages diplomatiques et d’affaires ou s’impliquaient dans la politique italienne en Afrique.



[1]        Arhivele Naţionale Istorice Centrale (Archives nationales historiques centrales) (dorénavant ANIC/ANHC), Fonds microfilms, France, rôle 182, b. 306, (Note de Quai d’Orsay, Paris, le 8 décembre 1918, signée Pichon).

[2]        Ibidem, b. 9 (Télégramme n° 27 du 14 janvier 1920, signé Saint-Aulaire).

[3]        La France a reconnu la position “d’allié” de la Roumanie à la fin de décembre 1918 (Voir ANIC/ANHC, fonds Microfilms, France, rôle 182, b. 359, Télégramme sans numéro, Paris, du 30 décembre 1918, signé Pichon).

[4]        Ibidem, rôle 178, b. 6-7 (Note n° 226 du 10 janvier 1923 du ministère des Finances pour la présidence du Conseil des ministres et le ministère des Affaires étrangères, Paris). Voir aussi les notes n° 331 du 13 janvier 1923 du même ministère (b. 7-8) et la lettre de Quai d’Orsay pour Victor Antonescu du 2 juillet 1923, Paris (b. 146-147, même rôle).

[5]        Arhivele Ministerului Afacerilor Externe (Archives du ministère des Affaires étrangères) (dorénavant AMAE), fonds 71, France. Relations avec la Roumanie, 1920-1926, vol. 63, f. 47 (Télégramme n° 110 du 19 mars 1924, Paris, signé Antonescu-résolution signée I.G. Duca).

[6]        Maurice Beaumont, La faillite de la paix (1918-1935), 5e éd., Paris, P.U.F., 1967, t. 1, p. 310.

[7]         ANIC/ANHC, fonds Microfilms, France, rôle 178, b. 35-36 (Rapport n° 88 du 27 février 1923, Rome, non signé).

[8]        Ibidem.

[9]        Idem, Belgique, rôle 22, b. 701-702  (Rapport n° 510 du 24 janvier 1924, Paris, signé Gaiffier d’Hestroy).

[10]       Harry J. Psomiades, The Eastern Question: The Last Phase, a Study in Greek-Turkish Diplomacy, Salonique, 1968, p. 35.

[11]       ANIC/ANHC, fonds Microfilms, Belgique, rôle 16, b. 152-153 (Rapport n° 133/52 du 13 février 1923, Bucarest, signe Schneidauer).

[12]       Apud Edouard Driault, Michel Lheritier, L’histoire diplomatique de la Grèce de 1821 à nos jours, Tome V, La Grèce et la Grande Guerre. De la révolution turque au Traité de Lausanne (1908-1923), par Edouard Driault, Paris, p. 388-389.

[13]       Arhivele Bibliotecii Naţionale (Archives de la Bibliothèque nationale) (dorénavant ABN), fonds Saint Georges, P VIII, dossier 7, Rapport (manuscrit) de huit feuilles, f. 6-7.

[14]       Le 8 décembre 1920, les alliés ont communiqué au gouvernement hellénique qu’ils lui retiraient le crédit financier.

[15]       Douglas Dakin, The Unification of Greece, 1770-1923, Londres, Ernest Benn Ltd, 1972; Appendices, p. 229.

[16]       Ibidem, p. 238.

[17]       Ibidem.

[18]       Documenti Diplomatici Italiani (dorénavant DDI), 7, III, n° 154, p.  6 (Télé­gramme sans numéro du 20 avril 1924, Rome, signé Mussolini).

[19]       ANIC/ANHC, fonds Microfilms, France, rôle 183,  b. 729 (Télégramme confidentielle n° 1001 du 28 avril 1920, Rome, signé Camille Barrère).

[20]       Idem, b. 739 (Télégramme secret n° 1034 du 5 mai 1920, Rome, signé Barrère. Le télégramme rend une discussion que la diplomate français a eu avec le ministre de Roumanie à Rome, Al. Em. Lahovary).

[21]       ABN, fonds Saint Georges, P. XCII, dossier 1, f. 120-121 (Télégramme n° 2910 du 26 septembre 1920, Rome, signé T. Ionescu. Un résumé de la conversation que le ministre roumain des Affaires étrangères a eue avec Giolitti et Sforza).

[22]       En mars, Brătianu s’était rendu à Rome, pour voir s’il y avait un intérêt pour une union matrimoniale entre le prince Nicolae et une des filles du roi Victor-Emmanuel III. Voir la relation du ministre de France à Bucarest, Daeschner, dans le rapport n° 102 du 5 mai 1922 (ANIC/ANHC, fonds Microfilms, France, rôle 183, b. 350-351).

[23]       DDI, 7, II, n° 419, p, 291 (Rapport sans numéro du 27 janvier 1923, Bucarest, signé Martin Franklin).

[24]       Ibidem, n° 422, p. 295 (même rapport, annexe).

[25]       Ibidem, n° 10, p. 6 (Rapport sans numéro du 30 avril 1923, Bucarest, signé Aloisi).

[26]       Pendant un déjeuner intime chez le Premier ministre I.I.C. Brătianu, le 5 mai 1923.

[27]       ANIC/ANHC, fonds Microfilms, Belgique, rôle 16, b. 232-233 (Rapport n° 741/333 du 4 septembre 1923, Bucarest, signé Fr. Collon).

[28]       Ibidem, b. 708-709 (Rapport n° 77/33 du 26 janvier 1924, Belgrade, signé A. Delcoigne).

[29]       DDI, 7, III, n° 53, p. 37 (Télégramme sans numéro du 7 mars 1924, Bucarest, signé Savona). Voir aussi le  rapport n° 575 du 17 mars 1924, signé à Bucarest par Lawrance Dennis (dans ANIC/ANHC, fonds Microfilms, États-Unis, rôle 594, b. 47-49).

[30]       ANIC/ANHC, fonds Microfilms, Belgique, rôle 34, b. 744-745 (Rapport n° 45/152 du 24 mars 1924, Rome, signé par le Comte Van den Steen de Jehay).

[31]       Idem, France, rôle 183, b. 663-666 (Rapport sans numéro du 24 mai 1924, signé par le capitaine Palasse-adjoint de l’attaché militaire).

[32]       DDI, 7, III, n° 428, p. 248 (Rapport sans numéro du 5 août 1924, Bucarest, signé Aloisi).

[33]       Apud Constantin Iordan, “L’entrée en guerre de l’Italie et la position des État neutres du Sud-Est européen (avril-mai 1913) ”, dans Revue roumaine d’Histoire, Bucarest, XV, 1976, n° 2, p. 281-291.

[34]       La Yougoslavie cédait Fiume, recevait Porto Baros et une bail de 50 ans sur le bassin Thaon di Revel du port de Fiume. Le pacte engageait les parties à agir aussi pour le respect des traits de Trianon, Neuilly, Saint Germain. Au cas d’une agression sur une des parties, l’autre partie se déclarait neutre (voir Jean-Baptiste Duroselle, Les relations internationales de l’Allemagne et de l’Italie de 1919 à 1939, Paris, C.D.U., p. 46 et les suiv.

[35]       DDI, 7, III, n° 671 (Rapport sans numéro du 13 janvier 1925, Paris, signé Roman° Avezzana).

[36]       Apud Edouard Driault, Michel Lheritier, op. cit., pp. 388-389.

[37]       ABN, fonds Saint-Georges, P. VIII, dossier 7, f. 5.

[38]       Ibidem, f. 6.

[39]       Les colonels Plastiras et Stylianos Gonatos, avec Phokas, soutenus par 20 000 soldats de Mitilène et Chio, débarqués à Lavrion. Constantin abdiquait en faveur de Georges.

[40]       DDI, 7, II, n° 89, p. 61 (Télégramme sans numéro du 19 juin 1923, Athènes, signé de Facendis).

[41]       Ibidem, n° 182, p. 124-125 (Télégramme sans numéro du 27 août 1923, Rome, signé Mussolini).

[42]       Constantin Iordan, “La Grèce à la fin de l’année 1920. autour d’une mission roumaine à Athènes”, dans Revue des études sud-est Européennes, Bucarest, XVII, 1979, n° 2, p. 283-296.

[43]       AMAE, fonds 71, Grèce, 1924-1928 (Télégramme n° 360 du 7 février 1924, Sofia, signé Langa-Răşcanu).

[44]       DDI, 7, III, n° 606, p. 365 (Télégramme sans numéro du 7 décembre 1924, Athènes, signé Brambilla).

[45]       Ibidem, n° 278, p. 163 (Télégramme sans numéro du 18 juin 1924, Constanti­nople, signé Montagna).

 

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