ÉCONOMIES parallèles
et pérennisation des conflits armés en Afrique subsaharienne

Serge Loungou

La fin de la confrontation idéologique entre le monde capitaliste et le camp communiste, consécutive à l’effondrement de l’Union soviétique, avait suscité, au début des années 1990, un immense et légitime espoir de paix à travers le monde. De fait, la plupart des conflits locaux ou régionaux liés à la “guerre froide” ont, depuis cette période, connu un règlement définitif. Ainsi la stabilité retrouvée en Amérique latine, après deux décennies de multiples tensions régionales et nationales ; la résolution de certaines oppositions africaines telles que la première guerre entre l’Érythrée et l’Éthiopie, la guerre civile du Mozambique ou la confrontation entre la République sud-africaine et les États de la “ligne de front” ; ou encore la cessation du conflit afghan sont-elles à inscrire dans le cadre de la dynamique d’apaisement global née du rapprochement Est-Ouest[1].

Or, une décennie après ce vaste processus de recomposition géopolitique, la paix demeure illusoire dans plusieurs régions du monde[2]. Parmi ces espaces politiques voués à la conflictualité figure l’Afrique subsaharienne, laquelle offre, en ce début de xxie siècle, le spectacle d’une instabilité généralisée. En effet, à l’exception de quelques îlots de stabilité, aucune partie du conti­nent noir[3] ne semble véritablement pouvoir échapper à la logique du conflit[4]. Qu’ils soient plus ou moins anciens comme en Angola et en Casamance, ou plus ou moins récents comme au Libéria, en Sierra Leone et au Congo-Zaïre, tous ces conflits paraissent avoir un dénominateur commun : les économies paral­lèles. Qu’est-ce qu’on entend par “économie parallèle” ? Quelle est la valeur opératoire de ce concept ? Les réponses à ces deux questions fondamentales constitueront la toile de fond de notre propos. 

Les conflits armés en Afrique subsaharienne : essai de typologie

D’un point de vue polémologique, l’Afrique subsaharienne constitue un objet d’étude particulièrement intéressant, tant elle présente la caractéristique d’un espace en proie à des conflits récurrents et multidimensionnels. En effet, depuis les années 1960, l’Afrique noire est le théâtre de très nombreux conflits armés dont les enjeux apparaissent tout autant multiples. Ainsi, les conflits africains se distinguent d’abord par un dédoublement de leur cadre politico-territorial, c’est-à-dire qu’ils s’observent aussi bien à l’intérieur des États (ou nations) qu’entre les États. De même, une analyse de ces conflits à partir des enjeux qui les sous-tendent permet d’en distinguer grosso modo cinq grands types : le conflit colonial, le conflit à caractère idéologique, le conflit civil, le conflit territorial et le conflit à enjeux multiples (tableau 1).

Un éclairage sémantique préalable : qu’est-ce qu’un conflit armé ?

Au préalable, il convient de procéder à quelques précisions d’ordre sémantique. La conflictualité traduit un état de conflit. Par conflit il faut comprendre une opposition d’intérêts entre deux - ou davantage - États, groupes d’États, systèmes de pen­sées ou ethnies qui peut, ou non, prendre une forme armée. Très souvent, la notion de conflit est confondue avec celle de crise. Celle-ci correspond, en réalité, à une situation de déséqui­libre dans les relations entre deux ou plusieurs États, pouvant précé­der un conflit armé. Dans le cas d’un conflit armé, on parle de guerre. Concept d’une grande abstraction, la guerre se présente sous des formes infiniment variées ; elle peut revêtir un aspect militaire, mais également une forme économique ou psycho­logique[5]. 

Un conflit armé peut être généralisé et englober un grand nombre d’États ; on parle alors de conflit mondial. Les exemples classiques de guerres mondiales sont les conflagrations de 1914-1918, puis de 1939-1945, qui ont vu principalement les nations européennes, regroupées en forces Alliées et de l’Axe, s’affronter aussi bien en Europe que sur de nombreux autres théâtres à travers le monde. Actuellement, l’implication de plusieurs nations - y compris celles n’appartenant pas à la région d’Afrique centrale - dans le conflit civil du Congo-Zaïre a fait dire à certains médias qu’il s’agit-là de la première “guerre mondiale africaine”.

Un conflit armé peut également être limité, soit dans l’espace, soit par l’utilisation de certains types d’armements au détriment d’autres. Dans le cas d’une situation conflictuelle limi­tée dans l’espace, trois stades peuvent être distingués : celui du conflit local, du conflit national et du conflit régional. Un conflit armé est considéré comme ayant un caractère local lorsque sa scène et ses effets se situent à une échelle infraétatique, c’est-à-dire au niveau d’une localité, d’une province ou tout autre partie infime du territoire national. En Afrique subsaharienne, comme exemples de conflits locaux, on peut citer les affrontements fré­quents entre forces gouvernementales et bandes armées dans les confins sahariens du Mali et du Niger[6]. Un conflit est considéré comme ayant une dimension nationale dès lors qu’il se déroule sur une échelle territoriale dépassant le cadre restreint d’une localité ou d’une province, et qu’il engendre des effets tels que le fonctionnement de l’État s’en trouve paralysé, ou que la nation perde sa cohésion. Comme exemples de conflits nationaux, on peut citer la guerre inter-clanique qui, entre 1991 et 1999, a entraîné la décomposition de l’État somalien[7], ou encore les guer­res civiles sur fond d’antagonismes enthno-régionaux d’Angola, du Congo-Brazzaville ou du Soudan[8]. Enfin, un conflit est qualifié de régional lorsqu’il implique - soit par débordement territorial, soit par communauté d’intérêts - plusieurs États appartenant à une même aire géographique. Les cas typiques de conflits régio­naux en Afrique subsaharienne sont illustrés notamment par les conflits de Casamance et de Sierra Leone. Dans le cas du conflit casamançais, les rebelles du MFDC se servent des territoires de Gambie et de Guinée Bissau comme sanctuaires[9]. S’agissant du conflit de la Sierra Leone - qui est lui-même issu d’une “extériori­sation” de la guerre civile libérienne -, sa régionalisation tient, à la fois, au fait qu’il déborde sur les territoires de Guinée et du Liberia, et à l’implication plus ou moins intéressée de plusieurs autres États voisins[10].

Dans le cas d’un conflit armé limité par l’utilisation d’un certain type d’armement, on peut citer comme exemple africain le pogrom généralisé du Rwanda qui, entre avril et juillet 1994, a fait officiellement plus de 500 000 morts : au cours de celui-ci, l’armement utilisé fut essentiellement de nature blanche (machettes, haches, gourdins…)[11].

Caractérisation géopolitique des conflits africains

La caractérisation géopolitique des divers conflits armés en Afrique - qu’ils soient éteints ou en cours - amène à distinguer d’abord le conflit de type colonial. Le sens que nous accordons à la notion de conflit “colonial” est celui de guerre menée, dans un but d’émancipation politique, par des populations indigènes contre une puissance tutélaire. Entrent notamment dans cette catégorie les premières phases des guerres d’Angola et du Mozambique ainsi que les conflits de Namibie, de Rhodésie et d’Érythrée. Ce dernier conflit présente toutefois la caractéristi­que de ne pas correspondre à l’opposition classique entre coloni­sateurs européens et colonisés africains. En effet, le conflit d’Érythrée (1962-1991) est né de la volonté des populations de cette ancienne colonie italienne de s’affranchir de la tutelle d’une autre nation africaine : l’Éthiopie. En revanche, toutes ces guerres coloniales ont éclaté à une période où les relations internationales étaient caractérisées par une vive tension entre l’Est et l’Ouest. L’implication - généralement indirecte - des deux superpuissances dans les guerres coloniales africaines explique que la cessation de certains de ces conflits - en Érythrée et en Namibie notamment - a coïncidé avec la fin de l’antagonisme des blocs, et que d’autres se sont prolongés après l’accession à l’indé­pendance des colonies. C’est précisément le cas en Angola et au Mozambique où, à partir de 1975, la guerre de libération natio­nale a fait place à un conflit à caractère idéologique. Phénomène observable à l’échelle des nations, les conflits sur fond d’antago­nisme idéologique ont également, et surtout, caractérisé l’opposi­tion entre États. Ainsi la guerre entre l’Éthiopie et la Somalie, ou encore l’antagonisme entre la République sud-afri­caine raciste et les États de la “ligne de front” peuvent-ils être considérés comme des formes d’extension de la “guerre froide” en Afrique. Le rapprochement Est-Ouest, opéré au début des années 1990, a facilité le règlement définitif des conflits africains à caractère idéologique, à l’exception notable du conflit angolais qui, depuis 1992, s’est mué en guerre civile à caractère ethno-politique[12].

La guerre civile désigne un conflit armé se produisant au sein d’un État et opposant le gouvernement de cet État à un ou des groupes insurrectionnels, ou encore, en l’absence d’État, des factions ennemies recherchant soit le contrôle du pouvoir central, soit l’autonomie ou l’indépendance pour leurs régions. Des pays tels que l’Éthiopie (Tigré) et le Nigeria (Biafra) ont connu ce type de conflit ; d’autres comme le Burundi, le Congo, le Liberia, l’Ouganda, la RDC, le Rwanda, le Soudan, le Sénégal (Casa­mance), la Sierra Leone et la Somalie en sont encore en proie, ou en sortent à peine. Il est à noter que la quasi totalité de ces guerres civiles sont caractérisées par l’intervention directe ou indirecte d’États étrangers - généralement les pays voisins. Ces interventions étrangères contribuent à donner aux guerres civiles une dimension régionale (ou multinationale). C’est, ainsi que, nous l’avons évoqué plus haut, le cas du conflit de Sierra Leone qui déborde le cadre des frontières nationales. Mais l’exemple le plus édifiant sur l’internationalisation d’une situation conflic­tuelle en Afrique est, sans conteste, celui des Grands lacs. En effet, l’interconnexion entre les différentes guerres civiles qui y sévissent et la multiplicité des enjeux sous-tendant celles-ci font apparaître cette partie de l’Afrique centrale comme le théâtre d’une “guerre gigogne”[13].

Tableau 1
Typologie des conflits armés en Afrique subsaharienne

Cadre politico-territorial

 

 

 

 

 

 

 

Caractérisation géopolitique

 

Échelle intraétatique

Échelle interétatique

Conflit colonial

Angola (1961-1975) ; Érythrée ; Mozambique (1964-1975) ; Namibie ; Rhodésie

 

Conflit idéologique (“guerre froide”)

Angola (1975-1990) ; Mozambique
(1975- 1990)

Éthiopie-Somalie (1977) ;
RSA-États de la “ligne de front” (jusqu’en 1990)

Conflit civil

Angola (depuis 1992) ; Burundi ; Congo ; Éthio­pie (Tigré) ; Liberia ; Ni­geria (Biafra) ; Ougan­da ; RDC ; Rwanda ; Somalie ; Soudan

 

Conflit territorial

 

Burkina-Mali (1974, 1984) ; Érythrée-Éthiopie (1999-2000) ; Éthiopie-Somalie (1978) ; Tchad-Libye
(1973, 1987)

Conflit à enjeux multiples
(“guerre gigogne”)

 

Région des Grands Lacs

Enfin, la caractérisation géopolitique des situations conflic­tuelles prévalant en Afrique subsaharienne fait apparaître un cinquième type de conflit armé : le conflit territorial. Celui-ci désigne une opposition armée entre deux États à propos d’un territoire ou du tracé d’une frontière. Entrent ainsi dans cette catégorie les conflits ayant mis aux prises le Burkina Faso et le Mali au sujet de la bande de l’Agascher (1984), l’Éthiopie et la Somalie à propos de la province de l’Ogaden (1977), le Tchad et la Libye au sujet de la bande d’Aozou (1987), ou plus récemment l’Érythrée et l’Éthiopie à propos du tracé d’une partie leur fron­tière commune. Dans la plupart des cas, ces conflits territoriaux sont liés à l’importance économique et/ou stratégique des zones disputées[14]. 

Les économies parallèles : un phénomène éminemment géopolitique

La déliquescence du pouvoir des États, observée dans plusieurs régions du monde, et particulièrement en Afrique[15], s’accompagne d’une forme d’organisation économique et politico-territoriale parallèle. Le développement des activités économi­ques évoluant en dehors ou en marge des circuits officiels des États a fait germer toute une terminologie aujourd’hui consa­crée : ne parle-t-on pas d’économies informelle, souterraine, criminelle, de maquis ou de guerre ? Très souvent employées de manière indistincte, ces notions renvoient pourtant chacune à des situations spécifiques. Pour notre part, nous leur préférons le concept - certes peu connu mais plus englobant - d’économie parallèle. Celui-ci présente le double avantage d’impliquer toutes les formes d’économies non-officielles et d’exprimer le parallé­lisme spatial découlant du contrôle des pans de territoires natio­naux par des groupes insurrectionnels ou mafieux. Le phéno­mène des économies parallèles est éminemment géopolitique, en ce sens qu’il découle de la rivalité entre divers types de pouvoirs sur des espaces politiques. En outre, son double caractère récent et mondial achève de lui conférer une valeur majeure.  

Une réalité économique et spatiale

Le concept d’économie parallèle recouvre deux dimensions interdépendantes : l’une économique, l’autre spatiale. Ainsi, une économie parallèle désigne, tout d’abord, une situation où deux ou plusieurs circuits organisés autour d’un ou plusieurs secteurs ou produits économiques appartien­nent à des groupes d’intérêts distincts en conflit armé ou non à l’intérieur d’un même État[16]. En situation de paix, les économies parallèles revêtent la forme d’économies qualifiées d’informelles ou souterraines. Dans ce cas, elles ont comme principaux animateurs aussi bien des commerçants informels, des groupes de tontine, des trafiquants d’État que des faussaires ou des narco-trafiquants. Dans un contexte non-conflictuel, les économies parallèles s’organisent autour d’une variété de res­sources à la fois licites et illicites. Ainsi, les ressources licites se limitent aux produits du petit commerce et aux ressources finan­cières issues de la thésaurisation ; les ressources illicites, quant à elles, regroupent davantage de biens : ce sont notam­ment les produits de contrebande et de contrefaçon, l’argent sale, les animaux protégés ou la drogue (tableau 2). Bien qu’évoluant en dehors de toute réglementation sociale, fiscale et commerciale, les économies parallèles de type informel bénéficient générale­ment en Afrique de la complaisance des pouvoirs publics[17], auxquels elles servent de “béquilles”, du fait de la déliquescence des struc­tures économiques officielles.

En situation de conflit armé, les économies parallèles s’appa­rentent aux économies de type criminel ou mafieux, de guerre ou encore de maquis. Dans ce cas, les économies parallèles ont comme principaux acteurs les gemmocraties, les mouvements autonomistes ou rebelles, les narco-rébellions et les narcocraties. Ces derniers organisent leurs activités autour de secteurs ou produits économiques licites et illicites. Parmi les produits licites figurent les ressources agricoles, financières et naturelles ainsi que les aides humanitaires. Quant aux ressources illicites, elles concernent essentiellement les armes et la drogue (tableau 2). En situation de conflit, le parallélisme économique s’accompagne d’un parallélisme spatial. Celui-ci a généralement pour cadre les confins territoriaux échappant au contrôle des gouvernements centraux, et où contrebandiers, mouvements insurrectionnels ou autres narcotrafiquants parviennent souvent à créer une organi­sation politique et administrative parallèle à celle de l’État.

Tableau 2
 Mise en perspective des situations d’économies parallèles

Contexte
Acteurs

Ressources

Licites

Illicites

Non-conflit

Commerçants ; faussaires ; groupes de tontine ; narco-trafiquants ; racketteurs ; trafiquants d’État

Produits du petit commerce ; thésaurisation

Alcool (pays musul­mans) ; animaux protégés ; armes ; argent sale ; drogue ; produits de contre­bande ; produits de contrefaçon

Conflit

Gemmocraties ; mouve­ments autonomistes ; mouvements rebelles ; multinationales ; narco­craties ; narco-rébellions

Aide humanitaire ; ressources agrico­les ; ressources financières ; ressources naturelles (diamants, or…)

Armes ; drogue

Conception : Loungou, Messerschmitt, Ogoulat, Ropivia.

Un phénomène récent et de portée mondiale

La fin de la “guerre froide” a eu pour conséquence - négative, si l’on peut dire - de rendre plus complexe la compréhension d’un monde demeuré bipolaire entre 1947 et 1989. De fait, les conflits nés du clivage idéologique communisme contre capitalisme, qu’ont connus les pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie durant ces quarante-deux années, ont désormais fait place des oppositions civiles fondées sur une alchimie de ressorts : identi­taires, politiques et économiques. Le regain d’intérêt pour le fait géopolitique, manifesté avec ostentation à partir des années 1990[18], répond précisément au besoin de comprendre l’actuel “désordre mondial”. Or, parmi les phénomènes qui apparaissent caractéristiques de ce désordre, figure celui de la duplication territoriale.

La duplication territoriale est un phénomène corrélatif de ce que d’aucuns perçoivent comme la “criminalisation de la conflic­tualité”[19]. En effet, dans de nombreux pays en proie à des conflits de déprédation nationale, l’État se trouvant dans l’incapacité de maintenir sous son contrôle le territoire national et sa popula­tion, des secteurs entiers de l’économie, des villes, des provinces et des régions tombent sous le joug de groupes armés dont les activités se situent, dans bien des cas, entre action politique et grand banditisme[20]. Les espaces nés de l’érosion du pouvoir des gouvernements centraux forment ce que l’on qualifie en géopoli­tique de “zones grises”. Celles-ci doivent ainsi leur dénomination au fait qu’elles évoluent en marge du réseau mondial de l’autorité politique, de l’économie d’échange et de l’information, et se structurent selon leurs propres lois, atteignant un haut degré d’autonomie et d’opacité[21].

L’étude géographique du phénomène fait apparaître le parallélisme économico-spatial comme une réalité mondiale[22]. Ainsi, que l’on soit en Afrique, en Amérique latine ou en Asie, la formation des zones grises obéit à un double impératif : l’enraci­nement territorial et la prospérité économique des mouvements de guérilla ou tout autre type de structure contestant l’autorité étatique. De fait, l’exploitation et la commercialisation des ressources économiques dont sont pourvues les zones “libérées” assurent généralement aux groupes insurrectionnels des revenus financiers colossaux, grâce auxquels ils disposent ainsi de moyens militaires importants, parfois suffisants pour menacer les pouvoirs centraux des États. La perpétuation de nombreux conflits à travers le monde, en particulier sur le continent africain, trouve là son explication fondamentale. 

Quelques exemples de conflits africains liés aux économies parallèles

En 1999, une quinzaine de conflits armés ont été répertoriés en Afrique subsaharienne. Sur l’ensemble de ces conflits, un seul avait un caractère externe, car opposant deux États-nations - l’Éthiopie et l’Érythrée[23] -, le reste des conflits étant de nature interne ou civile[24]. Cette prédominance des guerres civiles est loin d’être fortuite ; elle met en évidence le rôle joué par les économies parallèles dans la multiplication et la perpétuation des conflits à travers la planète. L’impact des économies parallèles sur la conflictualité africaine doit cependant être relativisé et mis en rapport avec la causalité première de ces conflits. De fait, quelque soit le théâtre de conflit en Afrique, ou ailleurs dans le monde, les motivations des acteurs sont avant tout identitaires ou politiques. Les économies parallèles n’expliquent donc pas les guerres civiles ; elles les alimentent et les perpétuent. En Afrique subsaharienne, la relation entre économies parallèles et conflic­tualité s’illustre parfaitement à travers les conflits de l’Angola, de la RDC et de la Sierra Leone. Dans les trois cas, les gemmes - les diamants en particulier - servent en quelque sorte de carburant de la conflictualité[25].

Le conflit angolais

L’Angola est la plus vieille scène de conflit armé en Afrique. En effet, cette ancienne colonie portugaise connaît, depuis quatre décennies, une instabilité politique liée à une guerre dont le profil a constamment changé, passant d’un conflit colonial, entre 1961 et 1975, à une guerre à caractère idéologique, entre 1975 et 1990, avant de se transformer en conflit civil sur fond d’anta­gonisme ethno-politique à partir de 1992. L’objet de notre propos n’est pas d’examiner en détail ces différentes phases du “drame angolais”, sur lequel on retrouve du reste une abondante litté­rature[26]. Présentement, nous nous limiterons à l’analyse de la phase actuelle de la crise ; celle-ci nous paraissant, en effet, corrélative du phénomène des économies parallèles. Toutefois, rappelons que le contexte général d’apaisement des conflits régio­naux, né de la fin de la “guerre froide”, avait permis la signature, en 1991, d’accords de paix - ceux de Bicesse - entre les deux principales formations politico-militaires du pays : le MPLA, au pouvoir depuis 1975, et l’UNITA, demeurée la seule force d’oppo­sition d’envergure depuis l’effacement du FNLA dès le début des années 1980. Les espoirs suscités par ces premiers accords conclus au lendemain de l’indépendance devaient cependant vite être déçus, du fait de l’échec du processus de réconciliation natio­nale et de la reprise des hostilités dès novembre 1992.

C’est que, loin d’être affaiblis par le désengagement de leurs alliés respectifs - l’Union soviétique et Cuba pour le pouvoir central, la République sud-africaine et les États-Unis pour la rébellion - les deux camps sont, au contraire, parvenus à renfor­cer leur capacité guerrière, et ce grâce aux énormes profits finan­ciers générés par la commercialisation des ressources naturelles dont sont pourvues les zones sous leur contrôle respectif. En effet, le conflit angolais se déroule, dans sa phase actuelle, sur fond de parallélisme économique et territorial : au gouvernement central le pétrole de la zone côtière, à la rébellion les diamants de l’hinterland ; chaque zone disposant de ses propres droits et franchises, et gérant, de façon autonome, ses intérêts diploma­tiques, commerciaux, financiers et militaires[27].

Certes, l’UNITA n’exerce pas un contrôle monopolistique sur les gisements diamantifères du pays (tableau 3), mais il est établi que le trafic des gemmes lui procure les moyens financiers d’un État, et par conséquent ceux de poursuivre la guerre, en dépit de sa marginalisation aux plans régional et international[28]. Cela tient au fait que le mouvement rebelle angolais bénéficie, dans l’illicite et juteux trafic de diamants, de complicités africaines et occidentales. Au niveau africain, l’Afrique du Sud et la Zambie paraissent, depuis le renversement, en 1997, du régime zaïrois du maréchal Mobutu, être les principales voies d’évacuation des diamants produits par l’UNITA. C’est manifestement à partir de la Zambie, pays frontalier de l’Angola, et dont les marges territoriales servent de sanctuaire aux forces rebelles angolaises, que les diamants “conflictuels” gagnent, via l’Afrique du Sud[29], et vraisemblablement avec la complicité des bourgeoisies affairistes locales et des réseaux de mercenaires, les centres de taille et autres circuits de blanchiment situés en Occident.

En dépit des pressions internationales exercées sur l’écoule­ment délictueux de ses diamants, l’UNITA peut encore se targuer d’engranger des profits financiers colossaux. La preuve en est que la firme diamantaire De Beers - qui a elle-même été longtemps accusée d’acheter des diamants “sales” - a estimé que, pour l’année 1999, le trafic des gemmes aurait rapporté 150 millions de dollars au mouvement rebelle[30] ! De quoi, en effet, permettre à l’UNITA de financer une guerre dont les grands bénéficiaires ne sont pas seulement, ainsi que l’atteste notamment le récent scandale de l’“Angolagate[31], les rebelles angolais.

Le conflit en RDC

Près de quatre ans après la guerre civile qui vit, en mai 1997, Laurent-Désiré Kabila[32] et son AFDL, partis de l’est du pays en octobre 1996[33], renverser le régime du maréchal Mobutu, le Congo-Zaïre est à nouveau en proie à un conflit armé. Déclenchée en août 1998, cette nouvelle guerre civile confronte le gouvernement central à trois factions rebelles. Toutefois, derrière ce schéma oppositionnel simplifié, apparaît une alchimie d’allian­ces régionales : le gouvernement central congolais est épaulé par l’Angola, la Namibie et le Zimbabwe tandis que les factions rebelles ont pour parrains l’Ouganda et le Rwanda qui sont eux-mêmes opposés[34]. C’est que, au-delà des arguments de bon aloi, transparaissent des volontés hégémoniques et la convoitise que suscitent les richesses du “scandale géologique” de l’Afrique centrale.

Il faut rappeler que le conflit actuel est né des dissensions au sein du pouvoir congolais : le 12 août 1998, des membres de l’AFDL, déçus par le retour du nouveau chef de l’État congolais aux méthodes du précédent régime, se réunirent à Goma, dans l’est du pays, pour constituer le RCD, leur but étant d’amorcer le changement social[35]. Or, très rapidement, le RCD s’est révélé à la solde de l’Ouganda et du Rwanda dont les divergences quant à la stratégie à mener au Congo ont fini par faire éclater le mouve­ment en deux factions politico-militaires hostiles - le RCD-Goma parrainé par les Rwandais et le RCD-Kisangani épaulé par les Ougandais - et abouti à la création d’une troisième force : le MLC, soutenu par l’Ouganda[36].

Si l’impératif de sécurité[37] est souvent invoqué pour justifier la double intervention de l’Ouganda et du Rwanda en RDC, le comportement des troupes rebelles congolaises et de leurs par­rains étrangers dévoile des motivations moins nobles. En effet, de nombreux témoignages concordent pour relever que l’impopula­rité des rebelles est totale dans les régions qu’ils occupent depuis le début du conflit. Non seulement les habitants des régions “libérées” considèrent le RCD comme une force d’occupation et ses dirigeants comme des opportunistes, mais ils en dénoncent aussi les manquements à la démocratie : les partis politiques ne sont pas autorisés à fonctionner dans les régions sous occupation, les fonctionnaires ne perçoivent pas leurs salaires, tandis que les avoirs des entreprises publiques sont confisqués par la rébellion pour couvrir ses frais de fonctionnement. Mieux, les factions rebelles s’avèrent être des courroies de transmission politique, économique et militaire permettant aux Ougandais et Rwandais d’exercer une tutelle déguisée sur le Congo[38].

De fait, il apparaît que les franges orientale et septentrionale du Congo sont traitées par l’Ouganda, et plus encore par le Rwanda, comme un hinterland dont il s’agit d’exploiter les ressources minières. Non seulement les bénéfices ainsi dégagés assurent le financement de la guerre, mais ils permettent aux élites au pouvoir de maintenir un niveau de vie privilégié. C’est ainsi que des comptoirs d’or et de diamants se sont ouverts à Kigali[39] alors que le sous-sol rwandais n’est pas reconnu nanti de ces gemmes, et que le café de la province congolaise du Nord-Kivu est exporté via l’Ouganda et le Rwanda. Les ambitions économiques de ces deux États ne se limitent pas à la prédation de richesses facilement accessibles et commercialisables (diamant, or) ; elles concernent également des minerais tels que le niobium et le tantale, qui sont utilisés dans l’industrie de pointe (électronique, aéronautique, médecine de pointe). Ainsi, l’exploitation et la commercialisation de ces minerais sont le monopole des Rwandais, protégés par des militaires, et plusieurs compagnies internationales sont représentées à Kigali. Enfin, deux faits achèvent d’illustrer les ambitions hégémoniques de l’Ouganda et du Rwanda sur la RDC : d’une part la création au nord du Congo d’une nouvelle province - Kibale-Ituri – adminis­trée par le commandement militaire ougandais, et d’autre part le jumelage de la province du Sud-Kivu avec la ville rwandaise de Kigali[40].

Si, comme le reconnaît l’ONU en sa résolution 1234, la guerre en RDC découle d’une agression par les voisins Ougandais et Rwandais, il ne doit pas échapper que la pérennisation de ce conflit tient aussi au parti qu’en tirent le pouvoir central et ses alliés. En effet, la partition de fait du Congo entre zones de conquête des différentes factions rebelles et le territoire encore maîtrisé par le gouvernement central a conduit à une situation d’économie parallèle : dans ce conflit qui s’est irrésistiblement réduit à une entreprise d’exploitation systématique des ressour­ces minières du pays, chaque protagoniste - y compris donc le pouvoir central et ses soutiens étrangers[41] - consacre l’essentiel de son énergie à l’exploitation et à la commercialisation des gemmes et autres ressources naturelles et agricoles. Cette répar­tition du butin national, avec en toile de fond une guerre aussi lente que longue, a, semble-t-il, fini par convenir au pouvoir congolais[42]. Toutefois, près de trois ans après le début des hostilités, un signe permet d’entrevoir une issue prochaine à ce conflit : l’adoption récemment d’un calendrier de désengagement des forces étrangères du territoire congolais[43]. L’infléchissement du pouvoir congolais - incarné désormais par Joseph Kabila -, qui a enfin accepté le principe du dialogue inter-congolais, n’est pas étranger à cette évolution[44].

Tableau 3
Part de l’Afrique dans la production mondiale de diamants

Pays producteurs

Production de diamants
(en millions de dollars)

Rang mondial
Zone “non-conflictuelle”

Zone conflictuelle

 

Afrique du Sud

              776

Néant

3

Angola

              468

150

4

Botswana

            1 782

Néant

1

Guinée

                40

Néant

13

Namibie

              430

Néant

5

RCA

                67

Néant

11

RDC

              361

35

7

Sierra Leone

Néant

70

10

Tanzanie

                24

Néant

14

Source : Le Monde, 2 juin 2000

Le conflit de Sierra Leone

La guerre civile qui ravage la Sierra Leone depuis 1991 ressemble sur bien des aspects à celle qui a ensanglanté le Liberia voisin entre 1989 et 1997. Nés d’une même démarche “généreuse” visant à réimplanter sur le continent noir des esclaves affranchis d’Amérique du Nord et des Caraïbes, ces deux États se sont construits chacun sur un clivage fondamental opposant les “Créoles” de la côte aux populations autochtones de l’hinterland. Dans les deux cas, les élites côtières ont très tôt dominé la vie politique et économique, l’exploitation des ressour­ces naturelles qui y abondent a été confiée aux multina­tionales tandis que d’influentes communautés de Libanais se sont appro­prié les différentes formes d’économies locales. Dans les deux cas, la guerre civile découle de la conjugaison de trois éléments : la volonté de chaque groupe ethnique ou d’intérêts de disposer de la rente, l’étiolement du sentiment national et la crispation identi­taire sur des valeurs tribales. Enfin, ce qui achève de rapprocher les conflits sierra-léonais et libérien, c’est que le premier est né de la “délocalisation” du second. En effet, c’est au début de 1991 que Charles Taylor, chef d’une des factions rebelles libériennes aux prises avec la force d’interposition ouest-africaine - l’Ecomog - composée en majorité de soldats nigérians et basée en Sierra Leone, décida d’y ouvrir un second front dont la direction revint à un certain Foday Sabannah Sankoh. Regroupée au sein du RUF, la rébellion sierra-léonaise devait rapidement poursuivre ses propres objectifs[45].

Or, mis à part le vague idéalisme socialiste de son leader, le RUF ne paraît avoir ni programme ni idéologie[46]. Ce détail compte dans la compréhension d’un conflit qui représente un modèle de “sale guerre”[47]. De fait, la guerre civile sierra-léonaise constitue l’archétype du conflit de déprédation caractérisé par une violence extrême, souvent gratuite, des acteurs multiples, mus par des intérêts divers, et des enjeux cachés, difficiles à cerner au premier coup d’œil. L’horreur dans cette guerre est multiforme : engagement d’enfants-soldats, succession d’atrocités aux dépens des populations civiles (massacres fréquents, souvent précédés de mutilations terribles, et parfois ponctuées par des pratiques rituelles d’anthropophagie). De plus, une analyse détaillée du conflit fait apparaître un enchevêtrement de groupes armés. Ainsi distingue-t-on, en dehors des forces gouvernemen­tales et des rebelles du RUF, un troisième type de combattants : d’une part les “sobels”[48], mi-soldats, mi-rebelles et mi-brigands, en rupture avec l’armée ou la rébellion, et d’autre part les unités de défense locale reposant pour la plupart sur les réseaux de chefferies traditionnelles et de sociétés sécrètes. De cette situation militaire confuse découle un entrelacs de guérilla, de règlements de comptes locaux et de banditisme pur et simple qui concourt à l’extrême nébulosité du conflit.

Une décennie après son déclenchement, le conflit sierra-léonais ne semble pas près de s’arrêter, en dépit de plusieurs initiatives - internationales et régionales - tendant à instaurer la paix dans le pays[49]. La pérennisation de ce conflit s’explique par le fait que la Sierra Leone constitue un véritable champ d’affron­tement mafieux où l’enjeu principal est le contrôle des ressources naturelles, en particulier le diamant[50]. C’est que, à l’instar des guerres civiles angolaise et congolo-zaïroise, le conflit sierra-léonais se déroule sur fond de parallélisme économico-spatial : le gouvernement central et la rébellion contrôlent chacun une moitié de territoire national, et chaque protagoniste met autant d’énergie au combat qu’à l’exploitation des richesses du pays. Mais à cette différence près : en Sierra Leone, les zones d’exploitation diamantifère sont largement sous le contrôle de la rébellion.

De fait, le RUF bénéficie d’un vaste réseau de complicités qui lui permet de contourner l’arsenal de sanctions internationales frappant ses diamants “sales”. Le premier maillon de ce réseau est constitué des pays voisins : c’est en effet au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et, surtout, au Libéria que les pierres brutes extraites - de façon artisanale - en zone rebelle ou milicienne sierra-léonaise sont blanchies une première fois en acquérant une fausse identité. Le deuxième maillon est formé par les intermé­diaires traditionnels en Afrique occidentale que sont les négo­ciants libanais dont le rôle est de servir de relais auprès des diamantaires belges, israéliens et sud-africains. D’Afrique de l’Ouest, les diamants munis d’un certificat d’origine falsifié gagnent les centres de taille agréés d’Europe où le nom Sierra Leone disparaît définitivement au profit d’un autre label plus “propre”[51]. En 1999, ce système de contrebande du diamant a généré des revenus d’une valeur estimée à 70 millions de dollars américains (tableau 3).

Largement privé de la manne diamantifère, le gouvernement central n’est pas moins responsable de la situation qui fait de toute la Sierra Leone “utile” un territoire hypothéqué sous forme de concessions de diamants, de rutile, de bauxite et d’or. C’est que, en dépit d’une légitimité interne suffisamment entamée, ce gouvernement bénéficie toujours d’une reconnaissance interna­tionale qui lui permet de signer des contrats avec diverses com­pagnies minières belges, britanniques, nord-américaines ou sud-africaines. Or, chacune de ces compagnies détient des réseaux d’agents qui leur permettent de maintenir à peu près en état leurs installations[52]. D’où la guerre de Sierra Leone peut être perçue comme un “conflit par délégation”, c’est-à-dire une lutte sans merci que se livrent par acteurs sierra-léonais interposés les compagnies minières internationales pour le contrôle des richesses du pays.  

Conclusion

Depuis une dizaine d’années, l’Afrique subsaharienne est le théâtre de plusieurs conflits armés que l’on peut qualifier à la fois de “petits conflits oubliés”[53] et de processus de déprédation nationale. En effet, non seulement ces conflits extrêmement meurtriers se déroulent dans une sorte d’indifférence polie de ce que l’on nomme la “communauté internationale”, mais ils don­nent lieu au pillage des ressources naturelles des pays concernés. Sans en être la causalité première, l’aspect économique apparaît donc central dans la compréhension des guerres civiles qui agitent actuellement le continent noir. Précisément, le contrôle des matières premières constitue un enjeu majeur de la con­flictualité en Afrique subsaharienne, et la pérennisation de nom­breuses situations conflictuelles découle de ce que les revenus tirés de l’exploitation de ces matières premières offres aux diffé­rents protagonistes des capacités militaires à peu près égales. Les exemples des guerres civiles d’Angola, de la RDC et de la Sierra Leone sont tout à fait illustratifs de ce que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de “malédiction des matières premières”[54].    

Glossaire

-     AFDL : Alliance des forces pour la libération du Congo

-     FNLA : Front de libération nationale de l’Angola

-     MFDC : Mouvement des forces démocratiques de Casamance

-     MLC : Mouvement de libération du Congo

-     MPLA : Mouvement populaire de libération de l’Angola

-     RCD : Rassemblement congolais pour la démocratie

-     RUF : Revolutionary united front ou Front révolutionnaire uni

-     UNITA : Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola

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[1]      P. Boniface et al, Atlas des relations internationales, Paris, Hatier, 1997, pp. 28-29.

[2]      P. Conesa, “Une géographie du ‘‘monde inutile’’, Le Monde diplomatique, mars 2001, pp. 1 et 4.

[3]      L’échelle considérée ici est celle des régions (ou sous-régions). Aussi, les “parties” du continent noir correspondent aux régions d’Afrique de l’Ouest, du Centre, de l’Est, de la Corne d’Afrique et de l’Afrique australe. 

[4]      Ph. Leymarie, “Ces guerres qui usent l’Afrique”, Le Monde diplo­matique, avril 1999, pp. 16-17.

[5]      J. Soppelsa et al, Dictionnaire de géopolitique, Paris, Dalloz, 1988, pp. 73-82-135 et s.

[6]      J.-M. Balencie et al, Mondes rebelles, tome 1, Paris, Michalon, 1996, pp. 238-256.

[7]      G. Prunier, “Recomposition de la nation somalienne”, Le Monde diplomatique, avril 2000, p. 23.

[8]      P. Boniface et al, L’année stratégique 1998, Paris, IRIS/Editions Complexe, 1998, pp. 165-175 ; J.-M. Balencie, op. cit.

[9]      P. Boniface, L’année stratégique, op. cit., pp. 171-172 ; C. Marut, “La rébellion casamançaise peut-elle finir ?”, Afrique contemporaine, n°180, octobre-décembre 1996, pp. 75-83.

[10]     Ph. Leymarie, “L’Afrique de l’Ouest dans la zone des tempêtes”, Le Monde diplomatique, mars 2001, pp. 10-11.

[11]     M. Sitbon, Un génocide sur la conscience, Paris, L’esprit frappeur, 1998.

[12]     La guerre d’Angola est souvent présentée comme une opposition armée entre les métis et asimilados de la côte, d’une part, et les Ovimbundu de l’intérieur du pays, d’autre part. 

[13]     R. Pourtier, “La guerre du Kivu : un conflit multidimensionnel”, Afrique contemporaine, n° 180, pp. 15-38.

[14]     M. Foucher, Fronts et frontières. Un tour du monde géopolitique, Paris, Fayard, 1991.

[15]     J.-P. Olivier de Sardan, “Déliquescence des États en Afrique”, Le Monde diplomatique, février 2000, pp. 12-13.

[16]     Cette définition est le fruit d’un effort de conceptualisation effectué par des enseignants du département de géographie de l’Université de Libreville, dans le cadre du séminaire de maîtrise en géographie politique intitulé “Problèmes géopolitiques et géostratégiques du monde contemporain”.

[17]     J.-F. Bayart, L’État en Afrique : la politique du ventre, Paris, Fayard, 1989.

[18]     P. Lorot, Histoire de la géopolitique, Paris, Economica, 1995.

[19]     A. Chauprade, Introduction à l’analyse géopolitique, Paris, Ellipses, 1999, pp. 272-274.

[20]     O. de Rivero, “Les entités chaotiques ingouvernables”, Le Monde diplomatique, avril 1999, p. 3.

[21]     P. Boniface, Atlas des relations internationales, op. cit., pp. 44-45.

[22]     J.-M. Balencie, op. cit. P. Conesa, art. cit.

[23]     J.-L. Peninou, “Éthiopie-Érythrée, une paix en trompe-l’œil”, Le Monde diplomatique, juillet 2000, p. 20.

[24]     Ph. Leymarie, art. cit., pp. 16-17.

[25]     M. Roche, “Comment les ‘‘diamants de sang’’ financent les guerres africaines”, Le Monde, 2 juin 2000, p. 2.

[26]     Voir notamment celle citée par J.-M. Balencie, op. cit., pp. 507-524.

[27]     A. Mbembe, “Les frontières mouvantes du continent africain”, Le Monde diplomatique, novembre 1999, p. 22-23.

[28]     A. Conchiglia, “Cuisant échec des Nations-Unies en Angola”, Le Monde diplomatique, juin 1999, p. 27.

[29]     A. Conchiglia, “L’Afrique du Sud piégée au Burundi”, Le Monde diplomatique, juin 2000, p. 5.

[30]     Le Monde, 2 juin 2000, p. 2.

[31]     Le Monde, 13 janvier 2001, pp. 1 et 8 ; Le Monde, 14-15 janvier 2001, pp. 1 et 5.

[32]     Laurent-Désiré Kabila a été assassiné le 16 janvier 2001, et aussitôt remplacé à la tête de l’État par son fils Joseph Kabila. Lire à ce propos Le Nouvel Afrique-Asie, n° 137, février 2001, pp. 6-10.

[33]     R. Pourtier, op. cit.

[34]     M. Tshiyembe, “Ambitions rivales dans l’Afrique des Grands Lacs”, Le Monde diplomatique, janvier 1999, pp. 10-11.

[35]     C. Coquery-Vidrovitch, “Au Congo, de la rébellion à l’insurrection ? ”, Le Monde diplomatique, janvier 1999, pp. 10-11.

[36]     Récemment, la fusion du MLC avec l’aile Kisangani du RCD a donné naissance au FLC (Front de libération du Congo).

[37]     Le droit de poursuite des mouvements rebelles hostiles à leurs gouver­nements respectifs est l’argument invoqué par l’Ouganda et le Rwanda pour justifier leur double intervention sur le territoire congolais.

[38]     C. Braeckman, “La République démocratique du Congo dépecée par ses voisins”, Le Monde diplomatique, octobre 1999, pp. 16-17.

[39]     Kigali est la capitale du Rwanda.

[40]     C. Braeckman, op. cit., p. 17.

[41]     F. Chambon, “Affairisme, diamants, cobalt, comment M. Kabila paie ses soutiens étrangers”, Le Monde, 13 juin 1999, p. 2. M. Roche, “Le nouvel homme fort de la Gécamines est désormais un Zimbabwéen”, Le Monde, 13 juin 1999, p. 2.

[42]     F. Laloupo, “RDC : mort d’un maquisard”, Le Nouvel Afrique-Asie, n°137, février 2001, p. 7.

[43]     Adopté le 21 février 2001 par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, ce calendrier prévoit le début du retrait des troupes étrangères du Congo au 15 mars 2001.

[44]     A. Conchiglia, “RDC : de la guerre à la palabre ? ”, Le Nouvel Afrique-Asie, n°137, février 2001, p. 10.

[45]     J.-M. Balencie, op. cit., pp .294-304.

[46]     E. Blunt, “Paix fragile en Sierra Leone”, Le Monde diplomatique, décembre 1999, p. 14.

[47]     J.-M. Balencie, op. cit., pp. 299-300.

[48]     “Sobel” est une contraction de soldier (soldat) et de rebels (rebelles).

[49]     E. Blunt, op. cit., p. 14.

[50]     A. Perez, “Guerre et diamants en Sierra Leone”, Le Monde diplomatique, juin 2000, p. 4.

[51]     M. Roche, “Diamantaires et chefs de guerre se jouent des contrôles en Sierra Leone”, Le Monde, 2 juin 2000, p. 2.

[52]     A. Perez, art. cit., p. 4.

[53]     P. Conesa, op. cit., p. 1.

[54]     P. Chalmin, “Géopolitique des ressources naturelles : prospective 2020”, Ramsès 2000, Paris, Dunod/IFRI, 1999, pp. 91-102.

 

 

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