Les troupes coloniales dans la Grande Guerre

 

ALLOCUTION  DE  CLÔTURE

 

par M. Pierre Méchin

Conseiller général

 

représentant M. le sénateur Rémi Herment , Président du Conseil général de la Meuse

 

 

Monsieur le Président,

Mon Colonel,

Mesdames et Messieurs,

            Je suis chargé tout d’abord d’excuser l’absence du pré­sident du Conseil général, Rémi Herment, qui retenu au Sénat, m’a chargé un peu tardivement je dois le dire, puisque c’était dans le courant de l’après-midi, de venir vous dire quelques mots. Je vais être le plus concret et le plus court possible car après une journée de colloque, je suppose que votre capacité d’écoute a été mise à rude épreuve.

            Je voudrais simplement dire que, étant conseiller géné­ral de Verdun, mais né à Verdun, avec mes grands-parents natifs de Verdun, j’ai été en permanence confronté aux trou­pes coloniales.

Dès mon enfance, j’ai vu défiler les tirailleurs avec la nouba en tête et le bélier. Puis, aussitôt après, en 1944-1945, à nouveau, il y avait des tirailleurs à Verdun. J’ai souvenir donc un petit peu avant la guerre de 1940 de tirailleurs qui remet­taient leur ceinture de flanelle rouge sous le contrôle d’un ami, d’un camarade. Pour que cette ceinture soit parfaitement ten­due, il tournait sur lui-même. J’ai été en permanence confron-té aux soldats des troupes coloniales. Je dois dire également qu’ayant été engagé dans la campagne d’Algérie, j’ai à nou-veau rencontré les harkis, les anciens de la guerre de 1914 qui, du plus loin qu’il me voyait dans le secteur où j’étais, le sec-teur de Gériville, me saluait et saluait, à travers moi, autre chose que ma personne.

Voilà en ce qui concerne les petits témoignages per­sonnels. Je voudrais vous dire que le Conseil général de la Meuse est très attentif à tout ce qui porte sur la mémoire, sur l’histoire bien sûr, mais surtout la mémoire. Nous avons, à cet effet, monté une commission spécifique sur les problèmes de mémoire que nous avons appelés « 14-18 » mais cela ne se limite pas aux conflits, aux premiers conflits. Bien évidem­ment, il s’agit, non seulement de dire tout le soutien, mais également de l’accompagner avec des moyens financiers. Sachez que, de ce côté, nous sommes tout à fait disposés, et pas seulement le président mais toute l’assemblée unanime, à soutenir les projets relatifs à la mémoire et notamment à Verdun.

Je voudrais remercier les organisateurs, Monsieur le Président du Comité National du Souvenir de Verdun, M. le Président de l’Institut d’Histoire des Conflits Contemporains, le Mémorial, le colonel Farinet, le colonel Rodier. Merci de votre engagement depuis de longues années sur ces problè­mes. Sachez que nous sommes à vos côtés, que nous ne failli­rons pas quand vous nous solliciterez. Nous y tenons beau­coup car, de ces colloques, il reste, bien sûr, les actes des col­loques.

C’est une page nouvelle qui a été écrite car les troupes coloniales, c’est souvent quelque chose qui est oublié. Pour­tant, lorsqu’on va à Douaumont et qu’on regarde le cimetière national, on sait bien que tout ce qui est sur la gauche, ce sont des tombes de soldats musulmans. Le Verdunois que je suis, l’élu verdunois que je suis, y est très sensible et sait qu’il faut que nos enfants puissent se souvenir de ce dépassement, de cet engagement des hommes, pour que d’autres conflits n’existent plus.

 

 

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