ANVIL-DRAGOON :

 LA DÉCISION ANGLO-AMÉRICAINE

 

Les origines du plan pour un débarquement sur la côte méridionale de la France venaient de la nécessité de détourner des forces allemandes du débarquement principal des Alliés en Normandie. La question capitale de toute la campagne en Normandie était celle-ci : les Alliés seraient-ils capables de faire entrer hommes et matériel de renfort par mer plus vite que les Allemands par terre ? Sinon, il était fort probable que, même après avoir réussi un premier débarquement, les Alliés perdraient la bataille. Il était donc essentiel d’immobiliser ailleurs autant de forces allemandes que possible. Une solution serait un débarquement dans le Sud, baptisé du nom de code Anvil (enclume), bien que l’enclume en Provence soit bien loin du marteau en Normandie. A la conférence anglo-américaine au Québec en août 1943, il fut convenu que le débarquement en Normandie, dit Overlord, devait être l’opération principale en Europe en 1944, et qu’elle serait appuyée par une attaque dans le Sud de la France, qui comprendrait des forces françaises, pour s’emparer de Toulon et de Marseille. Cette attaque devait être déclenchée en même temps que Overlord.

 

A ce moment-là, on n’arrêta pas de détails et ce ne fut qu’une esquisse. A la conférence de Téhéran entre Staline, Roosevelt et Churchill à la fin novembre 1943, Staline a fait preuve d’un intérêt très vif pour un débarquement dans le Sud. Il insistait sur son importance capitale. L’expérience soviétique sur le front de l’Est, disait-il, montrait qu’une grande offensive lancée d’une seule direction aboutissait rarement à un résultat décisif. Il valait mieux frapper dans deux directions à la fois. Cette intervention prit les Américains et les Britanniques au dépourvu - ils n’avaient même pas apporté le seul document déjà préparé sur ce projet. Il est probable que l’intérêt porté au projet par Staline fut avant tout politique - un tel projet assurerait que les forces alliées seraient concentrées en France plutôt que d’avancer vers l’Europe centrale. Mais, quelques que fussent les motifs de Staline, le vif intérêt qu’il témoignait à Téhéran pour un débarquement dans le Sud avait des conséquences durables, surtout pour l’attitude des Américains envers l’opération.

 

De Téhéran, les Américains et les Britanniques retournèrent au Caire, où les Combined Chiefs of Staff parvinrent à trois conclusions :

 

1. Overlord et Anvil devaient constituer les opérations suprêmes pour 1944 .

 

2. Jusque-là Overlord avait été conçu à une échelle trop restreinte .

 

3. L’étude d’Anvil comme un assaut monté par deux divisions devait être faite aussi vite que possible.

 

Ces décisions cachaient sous une apparence simple et sobre deux problèmes délicats. Où irait-on chercher les troupes pour Anvil ? Encore plus important, où pourrait-on trouver les navires pour transporter ces troupes et les péniches pour les débarquer ? Il faut nous arrêter un moment pour souligner l’importance cruciale de cette dernière question. Les Américains et les Britanniques étaient engagés dans deux guerres étendues, contre l’Allemagne et le Japon, où ils ne pouvaient rien faire sans navires. Il fallait tout transporter par mer : hommes, approvisionnement, nourriture. Quant aux péniches spécialisées, indispensables au débarquement de troupes sur une côte hostile, il n’y en avait jamais assez, à cause des opérations amphibies en cours ou prévues, ayant pour théâtre l’océan Pacifique, l’océan Indien, la Méditerranée et la Manche. La possibilité d’un débarquement dépendait absolument de la disponibilité des péniches de débarquement.

 

D’où les troupes pourraient-elles bien venir ? Les Alliés étaient d’accord sur la réponse à cette question : d’Italie et d’Afrique du Nord française, qui étaient à proximité du Sud de la France. En Italie, se trouvaient des forces américaines qui avaient déjà participé à des débarquements amphibies. En Italie, de même qu’en Afrique du Nord, il y avait des divisions françaises qui pourraient ainsi se battre sur leur propre sol, ce qui était un aspect très important de l’opération. Il restait une difficulté. Le transfert de troupes d’Italie affaiblirait automatiquement les opérations dans ce pays et aurait pour résultat d’arrêter toute offensive sur le front italien, ce que les Britanniques refusaient, pour des raisons qu’il faudra examiner plus tard. Pendant un certain temps ils prétendirent qu’on pourrait non seulement maintenir un front actif en Italie, mais aussi faire un débarquement dans le midi de la France. Churchill écrivit le 23 décembre 1943 : " En aucun cas nous ne pouvons sacrifier Rome pour la Côte d’Azur. Elles sont toutes les deux nécessaires ". Mais en fait il n’en était pas question. Un conflit fondamental existait entre les opérations en Italie et les débarquements dans le Sud de la France.

 

En outre, où pourrait-on trouver les péniches de débarquement ? Il existait deux solutions possibles : aller les chercher dans le Pacifique ou les retirer à l’opération Overlord. Le Pacifique était bien loin et les Américains peu disposés à laisser partir des vaisseaux dont ils avaient besoin là-bas. Priver Overlord de péniches de débarquement pour monter Anvil serait mettre la charrue avant les boeufs, et donner la priorité à la diversion aux dépens de l’opération principale. Aussi, maintenir le plan pour la Normandie et effectuer simultanément un débarquement sur les côtes méridionales de la France posait des difficultés presque insurmontables à cause de ces péniches.

 

En janvier 1944 deux événements réglèrent la question, bien que les décisions à prendre fussent différées. En Italie, le 22 janvier, des forces américaines et britanniques débarquèrent à Anzio, juste au sud de Rome, mais au lieu de faire une percée rapide pour opérer une jonction avec les forces principales au sud elles furent cernées et bloquées dans la tête de pont. Elles ne purent en sortir, et les forces principales ne progressèrent vers elles que quatre mois plus tard. Plus durait cette impasse, moins paraissait possible le rappel de troupes d’Italie pour préparer Anvil. Le 22 février 1944, le général Wilson, le commandant en chef en Méditerranée, conseilla formellement l’annulation d’Anvil, parce qu’il était impossible de retirer les forces nécessaires sans mettre en grave danger le front en Italie.

 

C’était aussi au cours de janvier 1944 que le général Eisenhower, récemment nommé commandant en chef de l’opération en Normandie, et le général Montgomery, qui devait commander les armées de terre pendant l’assaut, conclurent tous les deux que les plans déjà préparés étaient inadéquats. A la conférence au Caire, on avait déjà prévu que le plan pour un assaut de trois divisions serait à trop petite échelle. Les deux commandants insistèrent pour que cinq divisions débarquent sur un front plus large, et le 23 janvier ce nouveau plan fut adopté. Il fallait donc trouver tout de suite des péniches pour deux divisions de plus, et ces péniches ne pouvaient venir que du Pacifique ou de la Méditerranée. A partir de ce moment-là, il était presque certain qu’Anvil ne pouvait pas être monté en même temps qu’Overlord. C’était simple : si les péniches nécessaires pour débarquer cinq divisions étaient en Normandie, il n’en resterait pas assez pour Anvil. Pendant quelque temps, Eisenhower lutta contre cette conclusion. Il croyait toujours qu’un débarquement dans le Sud fournirait un élément important au succès d’Overlord, et il chercha un compromis qui permettrait de lancer les deux opérations à la fois. Un plan fut dressé, mais il était clair qu’il entraînerait le risque d’affaiblir les deux opérations et il fut abandonné.

 

Bref, l’échec d’Anzio rendait impossible de prélever des forces d’Italie ; et, à cause du nouveau plan pour Overlord, il n’y aurait pas assez de péniches pour un débarquement simultané dans le midi de la France. Il fallait choisir entre reporter Anvil ou l’annuler. Le 22 mars, Eisenhower lui-même recommanda l’abandon d’Anvil et le transfert de toutes les péniches à Overlord, mais le 24 mars les chefs d’état-major américains insistèrent pour que l’on repousse la date d’Anvil au 10 juillet.

 

A cette date l’opération ne divertirait pas une partie des troupes allemandes du débarquement en Normandie. Anvil ne pourrait plus remplir sa fonction originale. Etant donné ces circonstances, est-ce que l’on allait poursuivre l’opération ? Pendant près de quatre mois, d’avril au début août 1944, les Américains et les Britanniques débattirent, et de temps en temps avec âpreté, de cette question.

 

L’état-major américain, soutenu par le président Roosevelt, appuyait fermement le plan pour les débarquements dans le Sud de la France, bien qu’il dût accepter encore un délai supplémentaire jusqu’à la mi-août. Ils avançaient quatre arguments.

 

1. La nécessité de s’emparer des grands ports pour faire entrer directement en France les troupes venues des Etats-Unis. Le général Marshall affirma l’importance de Toulon et de Marseille à cet égard. Il était appuyé par Eisenhower, surtout après que les Allemands eurent rendu impossible le plein fonctionnement du port de Cherbourg par les démolitions. Il était indispensable de prendre ou Marseille ou Bordeaux avant la fin d’août - et des deux ports, Marseille était l’objectif privilégié.

 

2. Les Américains étaient décidés à engager toutes les forces possibles sur le lieu principal - et le lieu principal, c’était la France. C’était là où l’on pouvait espérer des résultats décisifs, pas en Italie. Egalement, il était de la plus haute importance que des troupes françaises soient engagées dans le combat, et surtout sur leur propre sol.

 

3. Il y avait quelque chose d’autre que l’on ne pouvait facilement admettre ouvertement. Les chefs d’état-major américains, et surtout le général Marshall, croyaient fermement que les Britanniques les avaient détournés du droit chemin à plusieurs reprises dans le passé, d’abord en Afrique du Nord française, puis en Sicile, et enfin en Italie du Sud. Marshall était las de cette continuelle tendance des Britanniques à ne vouloir que grignoter les bords de la puissance allemande, et il était décidé à en finir. Les Etats-Unis étaient depuis longtemps le principal partenaire dans l’alliance anglo-américaine du point de vue économique. En juin-juillet 1944, ils le devinrent aussi du point de vue militaire. En fait, davantage de troupes américaines que de troupes britanniques étaient engagées dans le combat contre l’Allemagne. Il était temps que les Américains imposent leur volonté.

 

Enfin, Roosevelt, depuis la fin 1943, commençait à considérer que c’était l’Union soviétique qui était l’allié principal des Etats-Unis et qui tenait la clé d’un nouvel ordre dans l’après-guerre. Un débarquement dans le midi de la France avait été promis à Staline, à Téhéran, et Roosevelt insista pour que cela ait lieu.

 

Churchill (dont l’essentiel des idées était soutenu par les chefs d’état-major britanniques) s’opposa avec ténacité à Anvil, et il continua à s’opposer jusqu’à une semaine avant le débarquement. Le plus simple de ses arguments était qu’un débarquement dans le Sud, à force d’être reporté, n’aurait plus son utilité originale. Il ne servirait plus de diversion à Overlord.

 

Plus important à son esprit, et encore plus à son coeur, était ce que la campagne en Italie représentait pour lui. Enlever des forces aux opérations en Italie pour préparer et mener à bien Anvil aboutirait à suspendre toute action sur le front italien et aurait pour résultat six ou huit semaines sans aucune offensive en Méditerranée. Les effets en France seraient dangereux parce que cela permettrait aux Allemands de retirer des forces d’Italie. Mais ses sentiments sur ce sujet avaient plus d’importance que les considérations stratégiques. Churchill était aussi conscient que les Américains que l’équilibre des forces entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avait changé, et que les Etats-Unis étaient maintenant les plus puissants. Il voulait la gloire d’une campagne victorieuse menée sous le commandement d’un général britannique. " Alexander doit avoir sa campagne ", écrivit Churchill le 6 juillet 1944. Le biographe américain du général Marshall, Pogue, écrivit avec générosité que ce n’était pas l’irascibilité mais la fierté. C’était vrai, et chez Churchill la fierté était un sentiment profond. Il était aussi vrai, sans doute, qu’une telle victoire fournirait à la longue un avantage politique à la Grande-Bretagne.

 

Churchill nourrissait une autre idée dont la signification à l’époque était incertaine. Un document du Joint Planning Committee britannique (le 15 juin 1944) examinait la possibilité de préserver intactes les troupes du général Alexander en Italie pour avancer vers le nord afin de monter une opération amphibie contre Trieste, et finalement pénétrer par Ljubljana, dans le nord de la Yougoslovie, vers les frontières de l’Autriche et de la Hongrie. Churchill adopta cette idée et l’exposa à Roosevelt dans un télégramme le 28 juin. Il se limita, tout de même, à faire référence à l’Istrie sans indiquer d’autres objectifs. Plus tard, en rédigeant ses mémoires, il laissa entendre que cette proposition avait été dirigée contre l’expansion soviétique en Europe centrale, mais il ne présenta pas cet argument aux Américains à ce moment-là. Il était plus probable qu’en 1944 il cherchait à justifier par des arguments supplémentaires une opération sous le commandement britannique. En fait, le général Brooke, le chef d’état-major britannique, était tout à fait contre une telle idée. Il fit remarquer que la géographie et la saison d’hiver, se conjuguant à la résistance allemande, constitueraient trois ennemis à combattre. Roosevelt, que choquait le moindre soupçon d’une opération balkanique, télégraphia en réponse qu’il ne pourrait pas survivre politiquement au moindre revers dans Overlord si l’on affirmait que des forces avaient été détournées vers les Balkans.

 

Churchill poursuivait la dispute avec les Américains au sujet d’Anvil avec un acharnement inhabituel. D’habitude il évitait tout conflit avec Roosevelt sauf dans les cas d’extrême importance. Mais cette fois Churchill poussa très loin ses arguments et reçut des réponses intransigeantes. Dans un télégramme préparé mais pas envoyé, il parlait d’une stratégie absolument perverse. Dans une version plus modérée, envoyée le 1er juillet 1944, il déclara que c’était " la première erreur stratégique et politique dont nous deux devrons prendre la responsabilité ". Roosevelt, dans un télégramme du 29 juillet, disait qu’il ne pouvait pas accepter d’abandonner Anvil sans consulter Staline, et il a même évoqué la possibilité inattendue de soumettre la question à l’arbitrage du dictateur soviétique.

 

Les chefs d’état-major britanniques, devinant que la situation devenait impossible, conseillèrent enfin à Churchill d’y renoncer dans l’intérêt fondamental de la coopération anglo-américaine. Le 2 juillet, Churchill céda et accepta que le débarquement dans le midi de la France ait lieu le 15 août. Tout de même, il fut indigné par sa défaite. Il dit aux chefs d’état-major qu’ensemble ils devraient montrer aux Américains " que nous avons été maltraités et sommes furieux ". Aussi tard que le 4 août, il attaqua à nouveau en proposant à Roosevelt de diriger les forces préparées pour Anvil vers Saint-Nazaire ou le Sud de la Bretagne plutôt que vers les côtes méridionales. Le 6 août, il poursuivait toujours cette chimère (il n’existait ni plan, ni préparatif) qu’il n’abandonna finalement que le 8 août, une semaine avant le commencement du débarquement. Pourquoi Churchill poussa-t-il aussi loin cette dispute ? Nous ne le savons toujours pas.

 

L’opération fut rebaptisée du nom de code Dragoon au début de juillet. Malgré leur longue opposition, les Britanniques fournirent le tiers de tous les navires de guerre, de cargos et de grands vaisseaux de débarquement qui prirent part au débarquement. Des navires de guerre britanniques composaient une majorité de la force de porte-avions de l’amiral Troubridge qui fournissait la couverture aérienne. La Royal Navy fournit aussi 46 sur 90 des dragueurs de mines qui réalisèrent la tâche indispensable de déminer les ports et les eaux côtières. En fait, donc, les Britanniques jouèrent un rôle essentiel. Il se trouva qu’au moment du débarquement, Churchill lui-même inspectait les lieux des opérations en Méditerranée, et alla jusqu’à observer la scène d’un torpilleur.

 

En évoquant ce long débat stratégique, il est clair qu’il y avait trois étapes décisives : d’abord prendre la décision de débarquer dans le Sud de la France ; ensuite décider de l’ajournement de l’opération ; et finalement exécuter l’opération sur l’insistance des Américains. Sans les première et troisième étapes, nous n’aurions pas de débarquement à commémorer. Les questions examinées ici sont donc d’une importance capitale dans notre colloque.

 

Comment résumer le débat stratégique après cinquante ans ? L’opération eut deux résultats positifs essentiels. Le premier fut l’ouverture des ports de Provence. Marseille reçut les premiers navires le 15 septembre 1944, Toulon le 20 septembre. Quand la guerre prit fin, ces deux ports (et un ou deux autres plus petits) avaient reçu 905 000 hommes. En octobre 1944, les ports de Provence reçurent 425 000 tonnes de matériel américain sur un total de 1 309 000 tonnes déchargées en Europe, c’est-à-dire 46 % du total. Pendant les trois mois suivants, cette proportion se réduisit à un tiers - quand même important. Il aurait été inconcevable de pouvoir débarquer autant d’hommes et de matériel sans ces ports de Provence. Il faut noter que Marseille est plus grand que Bordeaux et mieux situé comme point de départ pour la frontière allemande. Voilà, me semble-t-il, des arguments incontournables justifiant pleinement l’opération Dragoon.

 

Le second résultat fut de permettre à une armée française importante de combattre sur le sol de France, avec des conséquences militaires, psychologiques et politiques de grande envergure. Ces forces françaises apportèrent une contribution capitale à la victoire à un moment où les armées britanniques et américaines souffraient d’un manque de troupes de combat.

 

Les arguments contraires ne peuvent être fondés que sur la spéculation. Churchill prétend dans ses mémoires que, sans la perte de troupes due à Anvil-Dragoon, la campagne en Italie aurait pris fin avant Noël 1944. Pendant les années 1950, en pleine période de guerre froide, on s’interrogeait beaucoup sur ce qui aurait pu arriver en Europe centrale si les Britanniques étaient parvenus à Vienne avant les Russes. Mais le général Brooke écrivit à cette même période qu’il n’avait jamais cru que Vienne fût un objectif réalisable ; et il avait raison.

 

Le débarquement en Provence aboutit à des résultats positifs réels qui n’auraient pas été possibles autrement, et ces résultats furent atteints à un coût en morts et blessés remarquablement bas. Au sujet de combien d’opérations militaires l’Histoire peut-elle en dire autant ?

 

 

Philip BELL

Professeur à l’Université de Liverpool

Royaume-Uni

Orientations bibliographiques

 

 

 

- British Government archives, Public Record Office, Kew. Prime Minister’s Papers : PREM 3/342/1-11.

 

 

Correspondance Churchill-Roosevelt

 

- KIMBALL, Warren F., ed. Churchill and Roosevelt : The complete correspondence, vol. III, Alliance declining (London, 1989)

 

 

Histoires officielles

 

- EHRMAN, John, Grand Strategy, vol. V, August 1943 - September 1944 : vol. VI, October 1944 - August 1945 (London, 1956).

 

- MORISON, Samuel Eliot, History of US Naval Operations in World War II, vol. XI, The invasion of France and Germany, 1944-1945 (Boston, 1957).

 

- ROSKILL, S.W., The War at Sea, 1939-1945, vol. III (London, 1961).

 

- VIGNERAS, Marcel, Rearming the French (Washington, D.C., 1957).

 

 

Autres travaux

 

- BENNETT, Ralph, Ultra and mediterranean strategy (London, 1989).

 

- FUNK, Arthur L., Considérations stratégiques sur l’invasion du Sud de la France, in Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, La guerre en Méditerranée, 1939-1945 (Paris, 1971).

 

- POGUE, Forrest C., George C. Marshall : Organiser of Victory (New York, 1973).

 

- WEIGLEY, Russell F., Eisenhower’s lieutenants (Bloomington, Indiana, 1981).

 

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