LA LIBÉRATION DE LA PROVENCE

L’ARMÉE ALLIÉE ET LE MAQUIS

 

Pendant l’été 1944, la libération du sud de la France était imminente. Les unités américaines, britanniques et françaises qui formaient la 7e Armée du général Alexander Patch s’entraînaient autour de Naples, en Corse et en Algérie, et attendaient de s’embarquer à bord des bâtiments et des avions pour l’opération Anvil (rebaptisée ensuite Dragoon), qui devait les faire débarquer sur la Côte d’Azur au niveau de Saint-Raphaël, Fréjus et de Saint-Tropez.

 

Côté français, dans le département du Var, des milliers de jeunes maquisards organisés, entre autres, par l’AS, les FTP et l’ORA, le tout chapeauté par les FFI, attendaient le débarquement. Mais d’ores et déjà, ils harcelaient l’occupant allemand, faisaient du sabotage, tendaient des embuscades. Les nouvelles de la progression alliée dans le Nord leur redonnaient courage.

 

Des deux côtés, la grande question qui se posait était de savoir comment ces deux forces, œuvrant pour une même cause, pouvaient coopérer pour atteindre leur objectif commun. La réponse fut le centre de liaison des opérations spéciales basé à Alger et composé de représentants de la SOE (Direction des opérations spéciales britanniques), de l’OSS (Service du renseignement américain) et de la DGSS (Direction générale des services spéciaux français). Au cours des différentes missions, le centre était en contact radio avec la direction des FFI. Côté français, le général de Gaulle avait nommé le général Gabriel Cochet comme délégué militaire opérations Sud (DMOS). Il était chargé de promouvoir la coopération entre le GPRF et le quartier général du général Alexander. Au sein de la 7e Armée, le groupement international SFU-4 (Special Force Unit n °4) s’apprêtait à débarquer au jour-J avec le reste des troupes pour établir la liaison avec la Résistance.

 

Telle était, très brièvement, la structure de l’opération Anvil-Dragoon. Mais, en temps de guerre, le succès ne dépend pas uniquement de la manière dont les choses sont organisées, mais aussi du courage de ceux qui, sur le terrain, font de leur mieux pour exécuter les ordres de leurs supérieurs. Dans le présent exposé sur le débarquement dans le sud de la France, je mettrai plutôt l’accent sur tout ce qui se rapporte à l’action, m’étant déjà arrêté ailleurs sur d’autres aspects de l’opération 1

 

Il y a dix ans, tandis que je traversais la Provence en voiture, j’appris qu’il y avait près de Signes un site connu sous le nom de " charnier de Signes ", où des résistants étaient enterrés. J’ai visité ce lieu isolé, marché au milieu des tombes. J’ai noté des noms tels que Louis-Martin Bret, dirigeant des MUR (Mouvements unis de la Résistance) pour les Basses-Alpes, ou de Robert Rossi, qui a été chef régional des FFI pendant une courte période. Soudain, j’aperçus une pierre tombale sur laquelle était écrit : " Muthula d’Errecalde, Américain ". Je me demandai immédiatement : " Comment se fait-il qu’un Américain soit enterré ici, avec des héros de la Résistance française ? ". Depuis ce jour, ma curiosité ne m’a jamais quitté et a été suffisamment forte pour que je tâche d’en apprendre toujours plus sur le travail accompli par des Américains aux côtés des patriotes français. Plus tard, j’ai appris que d’Errecalde était un membre de l’OSS qui était arrivé de Corse dans un canot, selon un système de transport mis au point par un officier français nommé François Pelletier. Pelletier fut exécuté lui aussi suite à l’infiltration de l’opération par un traître travaillant pour Ernest Bunker (Delage). La mission de d’Errecalde était d’inspecter les sites de débarquement autour du Muy en prévision de l’arrivée des parachutistes de l’opération Anvil2

 

Comme Alger ne recevait pas de nouvelles de d’Errecalde, le centre de liaison d’Alger a rapidement envoyé sur place un de ses officiers OSS, Geoffrey Jones, qui devait pénétrer dans la zone en parachute et faire parvenir les informations nécessaires aux troupes aéroportées. Jones atterrit sur le mont Malay, et il eut tout juste le temps d’atteindre le Muy où il assura la liaison avec le général Robert T. Frederick, qui commandait le premier groupement aéroporté, et d’organiser dans la région la destruction, par les résistants, des " asperges de Rommel ", ces lignes de défense constituées de pieux plantés dans le sol. Répondant à un appel urgent du centre de liaison à Alger, il rejoignit ensuite le maquis à Fayence, pour procéder à la destruction du radar allemand qui s’y trouvait. Il était accompagné du capitaine de corvette Léon Allain, qui avait été parachuté en même temps que lui. L’opération n’avait pas été planifiée d’avance, mais ce fut la première coopération directe, après les opérations de débarquement, entre les Alliés et la Résistance3

 

Un autre contact précoce entre l’armée régulière et la Résistance, et qui n’était pas prévu, a eu lieu près de Saint-Tropez lorsqu’une des compagnies aéroportées, commandée par le capitaine Jess Walls, a atterri par erreur à proximité de Pampelonne, au lieu du Muy. Le capitaine Walls s’est trouvé presque immédiatement en contact avec Marc Raynaud, le jeune architecte qui commandait la brigade des Maures. Ensemble, ils préparaient une attaque sur Saint-Tropez et s’étaient emparés l’après-midi de la garnison allemande, lorsque les troupes régulières de la 3e Division sont arrivées. Une fois débarqué, le général Patch a passé en revue les maquisards qui avaient fait preuve de tant d’efficacité, en décorant au passage Rainaud, et quelques-uns de ses hommes, des premières médailles militaires américaines décernées durant la campagne4

 

Le contact le plus extraordinaire entre un résistant et un officier de l’armée régulière a certainement été l’entrevue entre le colonel Henri Zeller et le général Patch avant que n’aient lieu les opérations de débarquement. L’histoire est bien trop connue pour qu’on la raconte encore une fois, mais laissons l’acteur principal l’évoquer avec ses propres termes. Zeller a quitté la France début août et, d’Alger, s’adressant au général de Gaulle, il a recommandé de faire avancer les troupes par la route Napoléon. De Gaulle l’avait rapidement dépêché à Naples pour rencontrer le général Patch. En présence de Patch et de son état-major, Zeller a défendu son plan d’action. Voici comment lui-même a relaté l’entrevue :

 

" Devant la grande carte du futur théâtre d’opérations, je lui retrace ma conversation avec le général de Gaulle, en appuyant sur ma conviction profonde d’un succès rapide dans le massif alpin et en détaillant l’appui qui pourrait être fourni par les FFI. Je conclus : direction générale, la route Napoléon ... mais, pour l’amour de Dieu, foncez ! Suivit un long interrogatoire sur les maquis, le terrain, les itinéraires ... Suivit entre les Américains une longue discussion, ... puis le général Patch me serre vigoureusement la main, me remercie. En sortant, le jeune capitaine anglais qui me servait d’interprète me dit avec un large sourire : " Mon colonel, je crois que vous avez gagné". "

 

Quatre jours après l’entrevue entre Zeller et Patch, le commandant de la zone méditerranée, le général Maitland Wilson, a notifié à Patch qu’il devait se préparer, à la tête de forces armées légères, à mener une offensive vers le nord, en franchissant la vallée de la Durance en direction de Sisteron5

 

La 7e Armée américaine avait dans ses rangs l’Armée B du général de Lattre de Tassigny, et le 6e Corps d’armée commandé par le général Lucien Truscott. En homme expérimenté de la cavalerie qu’il était, Truscott désirait une unité motorisée capable de se déplacer rapidement et, telle la cavalerie d’autrefois, d’ouvrir la route aux principales forces armées. Avant de quitter Naples, Truscott avait commencé à échafauder des plans pour constituer cette unité qui devait être commandée par son assistant, le général de brigade Frederic B. Butler. Le groupe devait être formé autour de l’escadron de cavalerie de reconnaissance, le 117e, commandé par le colonel Charles Hodge, et devait comporter de l’artillerie de campagne, des chars, des engins antichars, ainsi qu’un bataillon (le 2e) et la 143e d’infanterie (la 36e Division). Truscott a donné l’ordre à Butler de masser son détachement spécial dans les environs de Draguignan, de s’emparer des points de passage sur la Durance et d’avancer en direction de Grenoble pour bloquer les routes à l’est du Rhône. En prenant la tête du contingent principal, le détachement spécial Butler a été le premier à développer une coopération avec les FFI, avant même que les officiers de liaison de l’unité des forces spéciales ne l’aient rejoint6

 

Le 143e d’infanterie a débarqué sur la plage Green, entre le Dramont et Boulouris, le jour-J, et à Saint-Raphaël, le lendemain matin. Le 117e de cavalerie a débarqué dans la même zone. Le colonel Hodge se souvient qu’il ne voulait pas que ses hommes survivent uniquement grâce aux rations de combat, et que certaines de ses cantines roulantes étaient camouflées en camions de munitions. Le capitaine Piddington, qui commandait une des unités, se souvient d’avoir vu avec stupéfaction ses cuisiniers sur la plage avant même que ses troupes aient débarqué. Truscott fut également stupéfait et faillit faire des reproches à Hodge, mais il se radoucit en constatant que Hodge offrait du café aux hommes de la 3e Division, commandée auparavant par Truscott7

 

Une fois acquis le succès total des débarquements, Truscott a donné l’ordre à Butler de réunir son détachement spécial pour le 17 août et de progresser vers le nord, non pas par la route Napoléon, mais par la vallée de la Durance vers Sisteron. Ce jour-là, le général Dahlquist, commandant de la 36e Division, a envoyé comme message à ses unités les plus avancées de guetter et de recevoir les agents des forces alliées qui seraient en mesure de passer au travers des troupes allemandes. Ces agents (tel Geoffrey Jones) venaient de " couper les communications ennemies, de mener des opérations de guérilla, et de coopérer avec les Forces françaises de l’intérieur (FFI), couramment appelées le maquis ". C’est la première référence aux FFI dans le Journal Officiel du 143e Régiment. Trois jours plus tard, après l’arrivée du régiment dans les Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), un article de journal indique :

 

Dans cette région, les FFI étaient fortes ; leur ampleur et leur force importantes étaient mises en relief par le terrain accidenté qui rendait leurs méthodes de guérilla contre les Allemands très efficaces. Le passage à travers les gorges de montagne aurait été impossible pour nos convois motorisés si les FFI n’avaient pas protégé nos flancs, car si les Allemands n’avaient pas été harcelés par les patriotes français, ils auraient pu procéder à des démolitions afin de bloquer la route plus au nord avec des tonnes de gravats pour immobiliser notre colonne motorisée pendant une période indéterminée. Après l’entrée des Américains dans chaque ville, les FFI prenaient immédiatement le contrôle de l’administration8" .

 

Le groupe de liaison des Forces spéciales, constitué de personnel américain, britannique et français, s’est rassemblé à Saint-Tropez, en compagnie des troupes d’assaut SFU-4 (Unité de forces spéciales). Une fois que le détachement spécial Butler eut reçu l’ordre de faire route vers le nord, un groupe de huit membres des Forces spéciales reçut à son tour l’ordre d’accompagner Butler. Le groupe était constitué de deux Américains (les capitaines Henry Léger et Donald King), de trois Britanniques (le capitaine Banbury, l’adjudant de compagnie Lloyd et un conducteur) et de trois Français (le lieutenant Rainant, le sous-lieutenant Fageot et l’adjudant-chef Maxent). Les forces affectées se sont rendu compte que le détachement spécial Butler était déjà parti, mais, comme l’a rapporté le capitaine Léger :

 

Après neuf bonnes heures de route à travers des territoires accueillants et hostiles, nous avons rattrapé le détachement spécial Butler qui bivouaquait aux alentours de Riez ".

 

C’est dans la région de Riez, sur le plateau de Valensole, que les Américains ont pour la première fois pris contact avec le maquis organisé9

 

Nous pouvons aussi considérer la réunion du côté français. Le capitaine Justin Boeuf, de Puimoisson, chef du 10secteur de l’armée secrète, a appris l’avancée de la colonne. Il a rappelé :

Nous prenons à moto la route de Quinson. Après avoir traversé le plateau de Montagnac, nous percevons un bruit énorme qui se rapproche et des chars apparaissent à cinq cents mètres environ, au bout d’une longue ligne droite. La colonne s’arrête et, après m’être fait connaître comme chef du secteur, je suis tout de suite mis en rapport avec un lieutenant français en uniforme américain, qui accompagne le détachement. Il possédait la liste des chefs des secteurs que la colonne devait traverser. Je monte dans la jeep avec le lieutenant interprète ".

 

Bien qu’il n’ait pas été identifié, il devait s’agir du lieutenant Rainant de la SFU-4. Boeuf est rentré dans Riez avec les Américains. Il se souvient :

 

La foule prend d’assaut la jeep et les quelques véhicules suivants. C’est du délire : on rit, on pleure de joie, on chante. Tout le monde s’embrasse ".

 

Dans l’après-midi, d’autres chefs des FFI sont arrivés à Riez, ainsi que Butler. Selon Boeuf, il s’ensuit alors une conversation entre lui, son état-major et les responsables locaux des FFI qui ont bien voulu se mettre à la disposition des Américains10

 

Le capitaine Léger de l’unité des Forces spéciales a rappelé : 

 

Pendant la nuit du 18 au 19 août, j’ai contacté le maquis local et lui ai donné l’instruction de couvrir les flancs du détachement spécial Butler pendant la nuit, et d’envoyer vers l’avant n’importe quel groupe qui pourrait être en mesure de couvrir les flancs de l’offensive envisagée pour le 19 ".

 

Le général Butler a aussi écrit sur cette rencontre. Les préparatifs qui avaient été mis en place pour contacter le maquis marchaient bien. Très vite, des chefs se sont présentés pour les instructions. Les identités ont été établies. Le premier soir, l’invité de marque qui fut le mieux accueilli a été un capitaine américain parachutiste. Il faisait partie d’une des nombreuses équipes qui avaient été parachutées avant l’invasion. L’Américain Mills Brandes était commandant du groupe opérationnel Ruth, un groupe de commando des services de renseignements américains qui avait été parachuté sur la région au début du mois d’août.

 

Le général Butler a coopéré étroitement avec le maquis lors de la libération de Château Arnoux, de Digne, et de Gap. Il est juste de mentionner, écrit-il, " que sans le maquis notre mission aurait été beaucoup plus difficile, sinon impossible11".

 

Le 20 août, il a rencontré deux chefs qui entretenaient des contacts étroits avec le maquis. L’un d’entre eux, Francis Cammaerts, était le représentant britannique de la direction des opérations spéciales britanniques qui, sous le nom de colonel Roger, avait développé de nombreux contacts dans tout le Sud-Est. L’autre était le colonel Saint-Sauveur, chef des FFI pour la région R-2, qui comprenait les départements concernés par les opérations de débarquement de la 7e Armée. Saint-Sauveur était en réalité le colonel Jean Constans, ancien chef de cabinet du général de Lattre de Tassigny, transféré à la section Action de la DGSS, (placée sous la direction de Jacques Soustelle), et nommé, le 29 juillet par de Gaulle, " chef des FFI pour la région R-2 " pour prendre la place laissée vacante par son prédécesseur, Rossi, après l’exécution de celui-ci au charnier de Signes. Butler a refusé de coopérer avec Cammaerts, mais a travaillé avec Constans, le seul membre de la Résistance française dont il mentionne le nom dans ses mémoires. En voici une citation :

 

J’ai reçu un officier français, un certain colonel Saint-Savour (sic) à mon PC (poste de commandement) à Sisteron. Les officiers de l’ancienne armée française arrivaient à ce moment et l’assistance de ces officiers bien entraînés fut inestimable. Cet officier était venu me voir tard le même soir à mon PC de Aspres, et, supposant une avancée continue vers le Nord, il en avait arrangé les détails par l’intermédiaire de l’organisation secrète du maquis. Butler était tout à fait à l’aise avec les officiers de l’armée de métier, issus de West Point comme de Saint-Cyr, mais il était très content d’avoir la coopération du maquis, même s’il ne savait pas à l’avance combien il pouvait être utile ".

 

Dans les faits, les contacts étaient essentiellement développés à travers les unités des forces spéciales. Et Léger de rapporter :

 

Suivant les instructions données par le général Butler, le colonel Saint-Sauveur et moi-même élaborions un plan au moyen duquel un officier de liaison français serait détaché auprès des TBF en tant que représentant de Butler et du régiment de la Drôme. Cet officier était le capitaine Xavier (un prêtre catholique, Lucien Fraisse). Le CO était le commandant Legrand (de Lassus Saint-Genies, qui fut plus tard général). Les contacts radio réguliers furent établis entre les TBF (grâce à la 36e Division), le quartier général du colonel Saint-Sauveur et le quartier général du commandant Legrand ".

 

Après la reddition de la garnison allemande et de la ville de Gap au détachement spécial, dirigé par le capitaine Piddington du 117e Escadron de cavalerie, Léger rapporte que, à l’exception de quelques groupes de maquisards, " le colonel Saint-Sauveur et moi-même étions les premiers dans Gap après la reddition de l’ennemi ".

 

Les communications entre le détachement spécial Butler et la Résistance, par le biais des unités des forces spéciales, continuèrent tout au long de l’existence du détachement, jusqu’à la fin du mois d’août. Dans ses mémoires, Butler accorde au maquis un crédit toujours plus mérité, comme dans cet exemple :

Le mouvement en direction de Montélimar se poursuivait. Cet itinéraire (la RN 93 qui passe par le col de Grimone) traverse une formidable chaîne de montagnes, où une route serpente à flanc de montagne. Tout mouvement en dehors de la route aurait été impossible... Je ne sais pas si nous avions à remercier le maquis pour cette route libre et dégagée, mais elle était dégagée12".

 

En effet, le maquis avait cette route nationale sous son contrôle.

 

Le détachement spécial Butler fut démantelé à la fin du mois d’août. A la date du 30 août 1944, le journal du 117Escadron de cavalerie résumait ses relations avec la Résistance :

 

" Les opérations couronnées de succès de l’escadron peuvent être attribuées à l’ampleur considérable de l’aide matérielle fournie par le maquis français. Ces patriotes ont fourni des informations précieuses sur les positions de l’ennemi, leur force et leurs déploiements. Ils ont également fourni des renseignements sur les gués là où les ponts avaient été détruits. Nombre de ces maquisards ont offert leurs services et se sont rattachés d’eux-mêmes à différentes unités. A plusieurs reprises, ils ont contacté d’autres groupes qui agissaient en avant de nos troupes pour leur dire que les Américains approchaient. A la réception de ce genre d’information, le maquis aurait alors assailli courageusement l’ennemi juré. Dans plusieurs cas, nos hommes ont surpris de tels combats et achevé de mettre les ennemis en déroute.

" Cette aide des plus précieuses apportée par ces maquisards était, en fait, une source d’inspiration ; leurs actes de bravoure étaient contenus dans la belle tradition d’un peuple amoureux de la liberté et donnant son sang pour libérer son pays des oppresseurs. De simples mots ne peuvent décrire correctement leur contribution à la cause de la démocratie. Leurs actes resteront pour toujours dans les mémoires de chaque membre de l’escadron13".

 

 

Arthur FUNK

Professeur à l’Université de Floride

Etats-Unis

 

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Notes:

1 Arthur L. Funk, Hidden Ally : Special Operations, the French Resistance and the Landings in Southern France, Westport, CT, 1992 ; " Les forces franco-américaines et les FFI ", dans Les Armées françaises pendant la Seconde Guerre mondiale, Paris, 1986 ; " Intelligence and Operation Anvil-Dragoon ", dans Acta, n° 13, Part II, Helsinki, 1991.

2 US National Archives, Record Group 226, Entry 190, Box 128 ; Henri Noguères, Histoire de la Résistance, V, Paris, 1981, pp. 327-28.

3 Interview de l’auteur avec Geoffrey Jones, qui devint plus tard le président de l’association des vétérans des services de renseignements américains. Voir également Funk, Hidden Ally, p. 287.

4 Jacques Robichon, Le débarquement en Provence, Paris, 1982, pp. 261-265 ; Paul Gaujac, La bataille de Provence, Paris et Limoges, 1984, pp. 163-167, 282-283.

5 Zeller, Rapport sur mes missions à Alger et à Naples, archives nationales françaises, 72AJ 66, 44 ; Interview avec Sir Brooks Richards, qui a accompagné Zeller à Naples.

6 Lucien K. Truscott Jr., Command Missions, New York, 1954, pp. 401-08 ; Frederic B. Butler, Task Force Butler, 1re partie, Armored Cavalry Journal (janvier-février 1948), pp. 13-14.

7 Mémoires dactylographiées du général Hodge, propriété de l’auteur ; interview avec colonel Thomas Piddington.

8 Journal du 143e Régiment d’infanterie, entrée au 20 août 1944, archives nationales des Etats-Unis, 336.INF (143)-0.3. L’auteur de ce rapport a vraisemblablement assimilé le CDL aux FFI.

9 Rapport du capitaine Henry Léger, 8 septembre 1944, US National Archives, Record Group 226, Entry 99, Box 30 ; Butler, Task Force Butler, p. 17.

10 Guy S. Reymond, Ça sentait bon la liberté et l’espérance : Histoire de la libération de Digne, Digne, 1993, pp. 52-54.

11 Butler, Task Force Butler, pp 15, 17 ; Léger rapport.

12 Butler, Task Force Butler, 2e partie, " Armored Cavalry Journal (mars-avril 1948 ", p.33, p.34 ; Rapport du capitaine Henry Léger.

13 Journal du 117e Escadron de reconnaissance de la cavalerie, entrée au 30 août 1944, US National Archives, Record Group 407, 206-TF-0.7.

 

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