DEBATS

 

Séance présidée par

le Général Docteur Günter ROTH

 

 

Professeur Marc Michel1

 

Je remercie tout particulièrement Jacques Frémeaux d’avoir évoqué les contingents dits d’outre-mer, les contingents coloniaux. Nous sommes à Fréjus et Saint-Raphaël ; pendant la guerre de 1914-1918, il y a eu ici des camps qui ont regroupé jusqu’à 40 000 soldats pendant les hivers (qu’on appelait l’hivernage), et il reste ici un musée, des camps, un mémorial, et il fallait je crois leur consacrer une part à ces soldats d’outre-mer. Ces soldats d’outre-mer m’évoquent quelques questions que je pose tout spécialement à Jacques Frémeaux ; la part des soldats de l’empire dans la libération de la Provence a été évoquée tout spécialement dans cette région, et mes questions débordent cette région.

 

L’une d’entre elles concerne une affaire qui n’a pas été évoquée, c’est ce qu’on appelle le blanchiment. A l’automne 1944, les troupes françaises ont été blanchies, c’est-à-dire que l’on a cherché à remplacer les soldats d’outre-mer, surtout noirs, par des soldats blancs. Les raisons invoquées très souvent - et qui remontent d’ailleurs à la Première Guerre mondiale - sont la moindre résistance des soldats d’outre-mer, spécialement des soldats noirs, pendant les hivers ; et l’on abordait la campagne d’hiver. Je me demande s’il n’y aurait pas d’autres raisons. Il y en a une qui concernerait peut-être l’attitude américaine - et je demande à Jacques Frémeaux ce qu’il en pense ; il y en a une autre qui n’est jamais évoquée, et je voudrais savoir ce qu’il en pense également : au lendemain de la guerre 1914-1918, l’Armée Mangin ayant occupé la Rhénanie, puis ensuite dans l’affaire de la Ruhr, les troupes noires, plus généralement, disons, pour employer un terme que je réprouve, " les troupes bronzées " ont été l’objet d’une campagne de diffamation, une affreuse campagne, " la honte noire ". Je voudrais savoir dans quelle mesure on a pu penser ou non pour l’avenir à l’éventualité d’une mauvaise opinion à l’égard des troupes françaises rentrant en Allemagne en 1944 ?

 

Deuxième question un petit peu liée à la première : Jacques Frémeaux a évoqué le fait que plus on montait dans la hiérarchie et moins il y avait, évidemment, d’indigènes. Alors cela paraît évident. Mais est-ce si évident que cela ? A-t-on fait l’effort nécessaire pour former des officiers dans l’entre-deux-guerres ? J’ai, par exemple, calculé le nombre d’officiers noirs qui existaient avant la guerre de 1939-1940 dans les troupes françaises coloniales : il y en avait une quarantaine, guère plus. Il y en a eu beaucoup plus pour la conquête coloniale elle-même. Par contre, dans l’entre-deux-guerres on a renoncé à en former. Les raisons invoquées sont souvent l’incapacité à former de bons officiers français avec des soldats d’origine coloniale, spécialement des noirs. Ceci va d’ailleurs à l’encontre des positions qu’avait soutenues le général Mangin jusqu’à sa mort. N’y a-t-il pas aussi une autre explication ? Je me souviens qu’au lendemain de la guerre de 1914-1918, la formation d’officiers nord-africains, spécialement algériens, a été très mal envisagée. Je voudrais ton avis sur cette question.

 

Enfin, le sentiment d’injustice n’est pas né en 1945. En effet, il y a des troubles dès 1941, des travaux l’ont montré, en Afrique du Nord et on a très tôt le sentiment de frustrations dans les troupes dites indigènes. Il y a des incidents significatifs, à Maison Blanche par exemple, et ces incidents débouchent sur des attitudes différentes. Y a-t-il des liens entre le soulèvement du 8 mai 1945 et le mécontentement des soldats nord-africains pendant la guerre ?

Général Bernard SAINT-HILLIER

 

Je peux répondre pour le blanchiment, puisqu’avec la 1re D.F.L. nous étions arrivés avec les vêtements chauds d’Italie. Il pleuvait et il faisait froid et nous avons eu énormément de pieds gelés. Mais je dois dire le contraire de ce que vient de raconter notre ami ; c’est que, même blessés, même les pieds gelés, les noirs demandaient à retourner au combat. Ils étaient d’une fidélité absolue. Je pense que si nous n’avons pas eu des officiers supérieurs, c’est qu’à l’origine nous n’avons pas fait l’effort nécessaire. Ils sont passés par le grade de sous-officier avant de devenir officier, alors qu’il était facile de faire des généraux puisque l’on faisait des évêques en même temps.

 

 

Un témoin

 

Je n’ai été qu’un petit ludion puisque j’étais un des oiseaux que le général Lécuyer était venu chercher dans la Montagne Noire où je coupais du bois. Nous avons fait un maquis dans la région de Varennes, dans celle de Digne, puis finalement est arrivée la bataille, qu’il vous a racontée, au parc Grégoire. Il faut avouer que je suis reconnaissant à un officier anglais qui s’appelle Edgar, et pour lequel nous étions allés chercher des PIAT auprès de Roger qui était un représentant de l’Intelligence Service à Seynes-les-Alpes. Les premières PIAT d’Edgar n’avaient pas marché et, quand on a fait cette embuscade sur cette colonne allemande, Edgar a tiré deux PIAT : l’un n’a pas marché, mais le deuxième a marché et finalement il est passé de notre côté en disant : " Tu vois, ça a bien marché ". Et je suis reconnaissant à cet Edgar parce qu’au moment même où il me doublait, il a pris une balle dans la gorge, qui a claqué entre nous deux, et j’ai ramassé les deux morceaux : un à l’aine, l’autre dans le bras. Dans le même temps, le général Dautremer perdait un bras dix mètres plus loin. C’est à dire que cette embuscade est restée pour nous immortelle car l’on ne voyait pas comment nous pouvions nous en sortir, avec les faibles armements que nous avions, face une unité armée allemande.

 

 

Général François VALENTIN

 

A propos du blanchiment, je voudrais compléter, et approuver bien sûr, ce qu’a dit le général Lécuyer. Dans la division marocaine, dans laquelle j’étais, nous avons pratiqué un premier blanchiment qui était tout à fait évident puisque nous avons eu des pertes qui n’avaient pas pu être comblées en Italie. Nous sommes arrivés très souvent avec des insuffisances d’effectifs et nous avons trouvé en Provence quelques jeunes garçons qui nous ont immédiatement rejoints et ça a évidemment augmenté le pourcentage de ce que vous appelez les " blancs ", moi je dirai les " Français métropolitains " par rapport aux Marocains ou Oranais que nous avions avec nous. Ensuite, ça a continué tout du long de la marche jusqu’en Alsace et nos régiments ont recruté des personnels partout parce qu’ils avaient des pertes qui n’étaient pas comblées ; c’était donc tout à fait naturel. De plus, nous ne crachions pas sur le fait d’être légèrement en sur-effectif quand on avait les moyens de transports nécessaires. Il y a eu par la suite un autre phénomène qui a été, pour ma part, quelque chose de particulier, c’est que l’on a décidé à la fin de la bataille de France - ce qui était une mesure d’ailleurs sage - de regrouper un certain nombre de Marocains, les plus âgés ou autres, de renvoyer au Maroc un des trois régiments de tirailleurs marocains et de le remplacer par un régiment français, le fameux 15.1 commandé par le colonel Fabien avant qu’il ne saute avec son état-major de manière accidentelle puis par la suite par le colonel Gandouet, un des héros du Belvédère. A ce moment-là, on peut dire qu’en quelques mois notre division s’était pas mal blanchie, mais, et je contredis ici l’orateur, nous n’avons jamais eu d’incident de discipline collective.

 

Ma deuxième remarque, c’est que l’effort qui a été fait pour qu’il y ait des cadres ou des officiers marocains, ou pour nommer officier des sous-officiers brillants, n’a pas été fait. Et je suis persuadé pour ma part que Ben Bella, qui était au 5e régiment de tirailleurs marocains dans la division à laquelle j’appartenais, si on l’avait nommer sous-lieutenant, il y a beaucoup de choses qui se seraient passées autrement.

 

 

Professeur Giorgio ROCHAT

 

Quelque chose de bien désagréable : personne ne discute de la valeur et de l’efficacité des troupes françaises dans la campagne d’Italie et dans la bataille de Cassino. Mais on peut rappeler aussi que, de Cassino à Rome, elles ont laissé un sillage de violences, de pillages et de viols.

 

 

Général François VALENTIN

 

Faux. C’est complètement faux. Scandaleux. Je m’élève avec la plus grande force contre ça.

 

 

Professeur Giorgio ROCHAT

 

Je vous dis seulement que dans la mémoire collective italienne, les troupes africaines françaises sont les seules à avoir laissé un mauvais souvenir et que, encore aujourd’hui en Italie, marochinare veut dire " violer " homme ou femme et ça remonte à la Deuxième Guerre mondiale. Cela fait partie de la mémoire populaire italienne et, disons non pas seulement dans la mémoire, puisque quelques traces ont paru neuf mois après aux alentours de Rome.

 

 

Professeur Jacques FREMEAUX

 

Le blanchiment concerne le remplacement des troupes d’Afrique noire par des unités pour la plupart issues des FFI, et c’est un remplacement qui a été organisé sous la responsabilité de de Lattre à l’automne 1944. Effectivement, la raison qui est la plus souvent donnée, est la raison climatique. Sur la question de savoir si l’on se refusait à envoyer des troupes noires en Allemagne, j’avoue n’avoir rien lu. Ce qui est certain en revanche, c’est que le commandement allié avait refusé que des troupes de couleur, au sens colonial du terme, soient envoyées en Angleterre pour préparer le débarquement de Normandie, de façon à ce qu’il n’y ait pas de troupes de couleur sur le territoire britannique ; ce qui n’a pas empêché d’ailleurs la 2e D.B. de comprendre aussi un certain nombre de contingents maghrébins.

 

 

Général Bernard SAINT-HILLIER

 

Il n’y avait plus du tout de troupes de couleur. Ils les avaient renvoyées au Maroc. Il n’y avait que quelques Marocains au 1er régiment de spahis marocains, mais il n’y avait plus de noirs à la 2e D.B.

 

 

Professeur Jaques FREMEAUX

 

Bien sûr. C’est ce que je disais. Bon, c’était la première chose. Concernant les officiers : pour être officier dans l’armée française, il fallait être non seulement de nationalité, mais de citoyenneté française, c’est-à-dire avoir accepté le statut civil français. Par conséquent, il existait, en Algérie par exemple, un certain nombre d’officiers d’origine musulmane-algérienne qui avaient accepté le statut français et qui, à partir de ce moment-là, étaient considérés totalement comme des Français, donc qui entrent dans la catégorie des officiers français sans distinction. Il y en eu un certain nombre. Un des premiers a été par exemple, même si cela ne concerne pas la Deuxième Guerre mondiale, un polytechnicien, le colonel Cadi, promotion 1887, qui est compté comme un officier français dans les statistiques. Donc, à ces 2%, il faudrait rajouter des officiers d’origine, disons, arabe ou berbère qui, considérés comme Français, n’entrent pas dans les statistiques. D’autre part, il est certain qu’il y a eu un certain nombre d’officiers recrutés sur place et aussi un effort au Maroc avec l’école de Dar el-Béïda, créée sous la responsabilité du maréchal Lyautey, qui a fourni un certain nombre d’officiers qui se sont battus pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le gros effort de formation d’officiers, c’est quand même après la Deuxième Guerre mondiale aussi bien en AOF qu’en AEF, c’est là que l’on crée des écoles et que l’on forme des cadres en avance par exemple sur ce qu’ont fait les Britanniques.

 

Enfin, troisième question, à savoir : y a-t-il une liaison entre les événements d’Afrique du Nord et ceux d’Afrique Noire (mai 1945), j’avoue que je ne sais pas. Ce qui est probable, c’est que les événements de mai 1945 en Algérie sont simultanés de ceux de mai 1945 au Levant et que, étant donné l’importance des premières réunions de la Ligue arabe comme de la conférence de San Francisco, étant donné les encouragements des Anglo-Saxons, pas pour le soulèvement peut-être mais pour l’émancipation en Afrique du Nord et au Levant, il n’est pas impossible que là il y ait eu des simultanéités qui ne seraient pas dues uniquement à une coïncidence de temps. Mais il n’y a pas là, à ma connaissance, de preuves formelles.

 

 

Professeur André MARTEL

 

Je voulais intervenir d’abord sur un premier point. Les rapports du moral, rédigés par le général Molle, qui sont publiés dans le livre consacré au général de Lattre de Tassigny, font état de la dégradation du moral des troupes d’origine nord-africaine ; ils l’attribuent pour l’essentiel à l’usure subie en Italie et au fait que les Nord-Africains commencent à en avoir assez de se faire tuer (les pertes ont été effroyables) alors que les Français n’ont pas été mobilisés. Il n’en reste pas moins que le renvoi des musulmans - car il faut toujours faire la distinction entre les tirailleurs d’Afrique du Nord et les tirailleurs africains - est lié à un phénomène d’usure qui se traduit par une crise du moral. Il ne faut pas oublier que lorsque l’on a reconstitué l’Armée d’Afrique en Afrique du Nord, les Américains ont imposé leurs quotas. Contrairement au général Giraud qui voulait reconstituer une armée sur modèle français et qui a dit : " Donnez nous les équipements " , les Américains ont dit : " Vous ferez vos divisions comme nous voulons que vous les fassiez ". Il y avait donc des quotas : une division blindée ne devait pratiquement pas comprendre d’éléments noirs, les régiments d’artillerie, c’était par quotas, et c’est pour cela que l’armée française ne comptait que huit divisions au lieu des onze ou douze qui avaient été prévues. Enfin, nous n’avons pas été capables de créer en Afrique du Nord, avec les éléments français instruits qu’exigeaient les Américains, les divisions que nous pouvions former. J’en suis désolé, on pouvait former des divisions d’infanterie modèle 14, on ne pouvait pas créer les éléments de soutien tels qu’ils étaient prévus.

 

 

Général François VALENTIN

 

Je crois que ce que vous dites est en grande partie exact, mais il y a quelque chose qui ne l’est pas. C’est que si l’on a eu huit divisions au lieu de onze, c’est que les Américains, c’est vrai, imposaient leurs quotas en ce qui concerne le matériel et l’équipement, mais qu’ils considéraient qu’ils ne pouvaient pas pour des raisons de shipping en particulier fournir à ce moment-là plus de huit divisions. Il y avait donc un ensemble de considérations qui ont fait qu’ils ont estimé que les souhaits du général Giraud dépassaient les possibilités dans le domaine du personnel, mais surtout du matériel. Et cela a été plus vrai encore en France, puisque pour fournir les trois divisions supplémentaires, la 1re, la 8e et la 10e, cela a été la croix et la bannière ; on ne les a pas eues tout de suite. Là-dessus, votre point de vue n’est pas inexact, mais il y a un point sur lequel je ne suis pas tout à fait de votre avis. Cela a été surtout une question de matériel.

 

 

 

Général Bernard SAINT-HILLIER

 

Le général Leclerc avec la colonne Leclerc n’avait pas 2 000 hommes. Il y avait juste le régiment de marche du Tchad qui était noir. Il a fait un recrutement avec les évadés par l’Espagne, et comme il lui manquait de quoi faire un bataillon, il l’a fait avec des Espagnols, qui étaient d’anciens légionnaires. Ce sont d’ailleurs des Espagnols qui sont entrés les premiers sur la place de l’hôtel de ville. D’autre part, le général Giraud avait cru pouvoir former des divisions sans leur donner des services, services du matériel, ateliers et tout. Alors les Américains lui ont dit : " C’est pas ça l’armée moderne, il faut faire quelque chose de nouveau ". Pour un peu le général Giraud faisait ça avec des fusils uniquement.

 

 

Général François VALENTIN

 

Il y a une phrase du général Juin écrivant au général Chambe, à propos du nombre de divisions, Giraud voulant faire onze avec le matériel de huit. Il écrit : " C’est du Giraud tout craché ".

 

 

Général LE DIBERDER

 

Je voulais simplement donner une précision. Le nombre d’anciens combattants qui se sont sacrifiés pour nous entre 1954 et 1962 est assez important en Afrique du Nord. J’ai le souvenir d’un porte-drapeau d’une section d’anciens combattants qui, assassiné, a été relevé quatre fois.

 

Professeur Jean-Marie GUILLON2

Je voudrais réagir à l’intervention du général Lécuyer, intervention émouvante sur la participation de la Résistance, pour souligner rapidement l’ampleur du mouvement de mobilisation du mois de juin 1944. C’est un mouvement d’une ampleur extraordinaire, qu’il est difficile de mesurer parce que la Résistance est extrêmement dispersée, atomisée ; tout dépend en fait du responsable local. Certains militants de l’A.S., des corps francs de la libération comme l’on dit à l’époque, réagissent. Ceux de Toulon, sous le contrôle direct du comité départemental de la libération du Var, se mobilisent dans les collines au nord de Toulon et, à partir du 6 et du 7 juin, il y a là plus de 500 résistants qui attendent comme tous des parachutages et le débarquement. Chez les F.T.P., la situation est d’ailleurs aussi complexe : ceux du golfe de Saint-Tropez (on n’a d’ailleurs pas l’habitude d’imaginer Saint-Tropez comme une place forte des F.T.P., pourtant tel est le cas) montent au maquis dans les Maures. Donc une ampleur tout à fait extraordinaire, mais difficile à mesurer.

 

Résistance, pourquoi ? Parce que, évidemment, dans cette période de mobilisation " militaire " (ils sont peu armés), il y a aussi une action civile qui prend une ampleur décisive à ce moment-là. Un seul exemple : Hyères, 14 juillet 1944, plusieurs milliers de Hyèrois rassemblés devant le monument aux morts et honorant la mémoire de maquisards hyèrois tués par la milice dans le Haut-Var le 12 juin 1944.

 

Rapidement, quelques détails sur les liaisons dont a parlé le Capitaine de Vaisseau Huan entre l’Afrique du Nord, la Corse et cette région-ci. Je voudrais simplement rappeler que l’organisateur des liaisons par vedette, le lieutenant Pelletier, responsable du secteur de Saint-Tropez, a fait partie de cette fournée de 38 responsables de la résistance de R2 fusillés à Signes. Ces liaisons, il y en a eu cinq à ma connaissance. Quant au tube, par sous-marins de 1943, il y en a eu à peu près un nombre équivalent. Cela nous renvoie d’ailleurs au colonel Zeller, qui a effectué sa première mission en Afrique du Nord grâce à ce tube.

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Notes:

1 Professeur à l’Université de Provence.

2 Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Provence.

 

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