LES CHEFS MILITAIRES ALLEMANDS

 

 

Selon le maréchal britannique Montgomery, les Allemands avaient perdu, le 20 août 1944, après le désastre de Falaise, 20 généraux, ou par la mort ou par captivité. Deux commandants en chef avaient été remplacés 1

 

En réalité, le bilan était encore pire. Abstraction faite de ces deux commandants en chef limogés, un maréchal de l’armée de l’Air avait été renvoyé ; un autre maréchal, commandant le groupe d’armées responsable des combats dans le nord de la France, avait été blessé si grièvement qu’il ne pouvait plus reprendre le service et fut contraint de se suicider. Parmi les quatre généraux commandant des armées, il y en avait un qui préféra, très probablement le suicide à son renvoi ; et deux furent limogés. Un nombre considérable d’autres généraux furent remplacés, quelques-uns à cause de leur participation au complot du 20 juillet 1944. Sur le théâtre d’opérations occidental aussi, le commandement allemand s’usait vite, ce qui reflétait et la manière hitlérienne de conduire cette guerre et la situation désespérée que connaissait alors la Wehrmacht.

 

En effet, après des pertes énormes subies en 1943 sur le front de l’Est, en Afrique du Nord et en Italie, la Wehrmacht avait de gros problèmes en personnel et en matériel. C’était surtout le front occidental qui en avait souffert. Il avait été longtemps négligé. Le commandant en chef à l’Ouest, le maréchal von Rundstedt, avait à sa disposition la 15e Armée (général von Salmuth) en Belgique et dans le nord de la France, la 7e (général Dollmann) en Normandie et en Bretagne, la 1re Armée (général Blaskowitz) dans le sud-ouest et la 19e dans le midi de la France, commandée par le général von Sodenstern. Toutes ces armées avaient été obligées de céder constamment des unités qui devaient boucher des trous sur d’autres fronts. Rundstedt recevait, en échange, des divisions épuisées ou de réserve qui étaient à restaurer ou à entraîner. Cette situation ne s’améliora qu’à partir de l’automne 1943.

 

Pour les Allemands, il existait une différence de qualité très nette entre les armées de l’Est et de l’Ouest. Dans le langage militaire de l’époque, il y avait le qualificatif " utilisable au front de l’Est ", et ce degré d’aptitude ne fut conféré qu’à une partie des troupes et des officiers de l’Ouest. Nombre d’unités de Rundstedt manquaient d’expérience guerrière et d’entraînement. Elles étaient presque immobiles et n’avaient pas suffisamment d’armes lourdes, et disposait assez souvent de deux régiments d’infanterie au lieu des trois prévus. Elles étaient donc moins efficaces.

 

A cet état des choses, ressemblait l’image, qui existait au quartier général de Hitler, relative aux chefs militaires à l’Ouest. Surtout, les commandants supérieurs furent considérés comme trop âgés et physiquement inaptes pour le front de l’Est. L’exemple typique fut cet amiral à Aix, responsable de la défense de la côte méditerranéenne (Admiral Wever) qui succomba à une crise cardiaque quelques jours avant le débarquement en Provence. Après une visite en France, au début de l’année 1944, le général Jodl, conseiller militaire le plus important de Hitler au haut commandement des forces armées (OKW), critiqua vivement ces généraux qui étaient devenus des bureaucrates mécontents. Il leur reprocha d’être trop habitués à leurs bureaux, de vivre dans des hôtels de luxe ou des châteaux et d’avoir la nostalgie du XVIIIe siècle 2Selon Jodl, nombre de généraux manquaient d’expérience du front, et en effet, des chefs militaires comme Blaskowitz, Dollmann et même Rundstedt n’avaient plus dirigé des opérations depuis 1940 ou 1941.

 

Les états-majors et les services centraux n’ignoraient pas ce problème. Hitler exigea le rajeunissement du commandement. Mais Rommel et Model, qui commandaient des armées à l’âge de 51 ans, restèrent une exception 3Il y avait des réticences et il n’y avait pas un nombre suffisant de jeunes. Ceux qui, plus tard, furent envoyés précipitamment à l’Ouest, manquaient sur d’autres fronts. La méthode de Hitler de renvoyer tous les généraux qui l’avaient déçu, n’augmentait que le nombre des pensionnaires et ne pouvait résoudre aucun problème.

 

Le dictateur appréciait le maréchal von Rundstedt, dont il connaissait les talents et dont il savait pourtant qu’il n’était ni un nazi ni quelqu’un qui sympathisait avec le régime de l’époque. D’après les souvenirs d’un officier de l’OKW, Hitler avait déclaré qu’aussi longtemps que Rundstedt serait rouspéteur, tout marcherait bien 4Il ne doutait pas de la loyauté de ce dernier. Mais, pour supprimer les Alliés s’ils tentaient de débarquer, Hitler donnait toute sa confiance au maréchal Rommel. Il l’avait envoyé à l’Ouest avec son état-major d’un groupe d’armées et l’investit, en janvier 1944, du commandement tactique des 7e et 15e Armées ainsi que des unités stationnées aux Pays-Bas. Ce qui lui importait : Rommel avait gagné lors d’expériences récentes avec les Britanniques.

Rommel fut subordonné à Rundstedt. Entre les deux maréchaux, il existait une importante divergence d’opinion relative aux réactions appropriées à un débarquement. Rommel croyait que seule une défense à la côte avait une chance de réussir. Rundstedt, au contraire, votait pour une opération à l’intérieur du pays, en s’appuyant sur une aviation forte, qui lui avait été promise, et en employant toutes les réserves. Hitler choisit le compromis. Au commandant en chef à l’Ouest, restaient quelques divisions blindées dont l’emploi fut lié à l’autorisation de Hitler. Elles furent réunies dans un " groupe blindé Ouest ", commandé par le général Geyr von Schweppenburg, et devinrent ensuite la 5e Armée blindée allemande.

 

A partir de mai 1944, les 1re et 19e Armées formèrent le groupe d’armées G sous les ordres du général Blaskowitz auquel succéda finalement, à la tête de la 1re Armée, le général de la Chevallerie. Comme chef de la 19e Armée, le général von Sodenstern fut remplacé par le général Wiese, considéré comme plus énergique.

 

Blaskowitz constituait un cas particulier. Après la campagne contre la Pologne, en tant que commandant en chef à l’Est, il avait protesté contre les crimes des SS. Sa carrière s’arrêta. Son emploi, comme commandant d’une armée en 1940 et comme premier gouverneur militaire en France occupée, n’était que de courte durée. Il devait se contenter enfin du long commandement de cette 1re Armée de moindre importance. En 1944, Hitler ne s’opposait pas à sa nomination à la tête du nouveau groupe d’armées. Le dictateur était même disposé à lui demander pardon s’il réussissait la retraite allemande du midi de la France. Blaskowitz fut renvoyé quand même, décoré et rappelé vers la fin de la guerre.

 

La Wehrmacht, sur le théâtre occidental d’opérations, déjà avant le débarquement en Normandie, était donc handicapée à maints égards : la qualité très inégale des divisions disponibles, dont le nombre ne permettait pas une défense cohérente de toutes les côtes ; l’insuffisance des forces aériennes et navales ; l’ignorance totale des intentions alliées, surtout de la date et de l’endroit du premier débarquement ; une structure de commandement assez confuse ; une confiance limitée, de la part du quartier général, dans le commandement à l’Ouest. Aux ingérences permanentes de Hitler, qui assez souvent prescrivait même les détails tactiques, s’ajoutait un échange ininterrompu des généraux. Seulement, les successeurs préférés, en raison d’une expérience du front oriental, étaient aussi impuissants que leurs précédesseurs renvoyés. Qui étaient ces chefs militaires qui, dans les limites imposées par Hitler, avaient la responsabilité de l’Ouest, qui tous ne réussissaient pas, mais qui pourtant faisaient partie des meilleurs généraux de l’armée allemande ?

 

 

Les commandants en chef

 

Le maréchal von Rundstedt, fantassin, âgé de 68 ans en 1944, était le doyen du corps d’officiers allemands. Il avait été mis à la retraite avant la guerre, fut plusieurs fois rappelé et renvoyé, toujours sous prétexte d’une santé précaire. Son sentiment du devoir ne connaissait pas de refus. Après la guerre, Rundstedt a été vivement critiqué parce qu’il avait fait partie de cette cour d’honneur qui, en été 1944, devait exclure de l’armée tous les officiers accusés d’une participation à l’attentat du 20 juillet.

 

Le grand talent opérationnel du maréchal était incontestable. Certes, c’était une faute d’avoir arrêté les divisions blindées devant Dunkerque en mai 1940, et, en tant que chef à l’Ouest, il avait sous-estimé la supériorité de l’aviation alliée 5Mais Rundstedt était un des meilleurs chefs militaires allemands, modeste, religieux, maître de soi et intelligent, même francophile. Très respecté et vénéré dans l’armée, quelques-uns l’appelaient : " le dernier chevalier6". On lui reprochait cependant ses sorties très rares pour visiter le front.

 

Rundstedt était plutôt apolitique. Il ne fut pas typique, pour cet officier très prussien, de demander à Hitler, en juin 1944, de chercher une solution politique pour mettre fin à une guerre que lui, Rundstedt, croyait perdue depuis longtemps. Le maréchal penchait vers la passivité et n’avait pas l’habitude de lutter pour ses idées et ses intérêts, bien que Hitler ne se refusât que rarement à ses propositions. Mais Rundstedt s’était résigné et était devenu sarcastique. Il était à peu près au courant de l’opposition antihitlérienne, mais il se sentait trop âgé pour y participer. Il encourageait Rommel qu’il respectait au fond. Il le considérait comme un excellent tacticien qui ne comprenait pas grand-chose à la stratégie et au commandement d’un groupe d’armées7Mais Rundstedt n’intervenait pas, connaissant les bons rapports entre Rommel et Hitler. D’ailleurs, les deux maréchaux, si différents, étaient plutôt complémentaires sur le théâtre d’opérations occidental.

 

Son successeur, depuis le 3 juillet 1944, était le maréchal von Kluge, 61 ans et artilleur. Il avait la réputation d’un bon stratège. Il était distingué et intelligent, mais également impulsif et versatile, très énergique, chef militaire exigeant et constamment au front. Le maréchal Ney de Napoléon était son idéal. Un chef d’état-major, de Kluge, l’a décrit comme un homme froid, vain, beau parleur et opportuniste, qui avait deux faces8

 

Kluge était aussi habile et quelquefois hésitant. Hitler le croyait son fidèle et, depuis longtemps, avait prévu, non pas Rommel, mais lui comme successeur de Rundstedt. Kluge arriva nourri des illusions que Hitler lui avait suggérées, et il devait vite déchanter. Il souffrit de son échec. Son remplacement par le maréchal Model, le 17 août, portait atteinte à son honneur. Il se suicida pendant son voyage en Allemagne, avant d’être emprisonné à cause de sa connaissance du complot du 20 juillet, et parce que Hitler était convaincu que le maréchal avait cherché un armistice avec les Occidentaux9Le dictateur était très déçu par Kluge10

 

Le maréchal Model, 53 ans, des troupes blindées, était un national-socialiste convaincu qui ne doutait pas du génie de Hitler. Cela ne l’empêchait pas d’exprimer une opinion contraire le cas échéant11Il apparaissait constamment au front, savait improviser, mais se distinguait moins comme stratège dirigeant une offensive. Model était fort dans la défensive et avait acquis la réputation de savoir " tenir ". Il avait des manières rudes, était impulsif et inconstant et, étant plutôt désagréable, loin d’être populaire. Pour le front occidental, sa nomination s’avérait pourtant un bon choix.

 

 

Les commandants des groupes d’armées

 

Le maréchal Rommel, 53 ans, fantassin et sans formation d’état-major, était le général le plus populaire de la Wehrmacht. La propagande du ministre Goebbels l’avait présenté au grand public comme une sorte de héros national. Favori de Hitler, il était en bons rapports avec le régime. Il admirait le " Führer ". Tous les deux s’intéressaient aux problèmes techniques et entretenaient des contacts réguliers12

 

Rommel était plein de bravoure, de dynamisme, de fantaisie et d’ambition. Très sûr de lui, il n’épargnait ni ses subordonnés ni sa propre personne. Il était excellent tacticien, préférait le front à son état-major, mais était également difficile pour ses officiers, rude et chaotique. Il avait un penchant au pessimisme et, entre-temps, beaucoup d’amertume en raison de son échec en Afrique du Nord13

 

Comme chef du groupe d’armées B, Rommel réussit à renforcer considérablement la défense côtière, et voyait juste en prévoyant une supériorité écrasante de l’aviation alliée. Le maréchal hésitait encore entre une vénération enthousiaste du dictateur et l’aversion. Sous l’influence de son chef d’état-major surtout, le général Speidel, Rommel était disposé enfin à se joindre à l’opposition antihitlérienne, où il était pourtant contesté. Mais sa popularité et son prestige auraient été utiles. Le maréchal lui-aussi ne croyait plus à une victoire allemande et avait l’idée d’un armistice avec les Occidentaux, de préférence avant leur débarquement en France14Qu’il exigeât lui aussi une solution politique pour sortir de la guerre, était pour Hitler le pire péché qu’un soldat pût commettre15

 

Le général Blaskowitz, 61 ans et fantassin, ressemblait à Rundstedt. Très apte, mobile, il était un bon instructeur de troupes. Il manquait d’expérience au front depuis quatre ans, mais cela n’importait pas. C’était son mérite16que deux tiers à peu près de ses soldats aient réussi à se sauver après l’abandon du Sud-Ouest et du Sud de la France. On regretta, après la guerre, que Blaskowitz n’ait pas été à la place de Rommel au commandement du groupe d’armées plus important17

 

Le maréchal Sperrle, 59 ans, commandait la 3e Flotte aérienne. En 1944, il s’était résigné, le cynisme avait remplacé ses sympathies antérieures pour le régime nazi. Les moyens dont il disposait ne correspondaient nullement aux tâches assignées. Sperrle fut relevé le 18 août 1944, plutôt comme bouc-émissaire de son chef Goering et de la Luftwaffe toute entière qui avaient profondément déçu Hitler.

 

 

Les commandants des armées

 

Le commandant de la 7e Armée en Normandie et en Bretagne depuis 1940 était le général Dollmann, 62 ans et artilleur. Rundstedt attesta de ses grands talents d’organisateur, de ses efforts infatigables pour achever la défense côtière et pour l’entraînement de ses troupes18Dollmann ne manquait pas d’aptitudes, mais plutôt d’expérience du combat, qu’il ne connaissait plus depuis quatre ans. Sa santé était précaire. Peu après le débarquement allié dans son secteur, en juin 1944, Hitler lui reprocha la défense insuffisante de Cherbourg et le menaça du tribunal de guerre, ce que Rundstedt et Rommel auraient refusé. Dollmann aurait certainement été relevé de son poste. Le 29 juin, le général fut trouvé allongé inerte sur son lit. L’hôpital certifia une crise cardiaque, et le chef d’état-major en informa la veuve. Il s’avéra après la guerre qu’en réalité Dollmann s’était suicidé19

 

Le général von Salmuth, 57 ans, fantassin et commandant en chef de cette 15e Armée qui devait rester d’abord immobile sur la Manche, fut remplacé le 23 août 1944 par le général von Zangen. Hitler ne le croyait plus apte à bien exercer son commandement.

 

Le général Geyr von Schweppenburg, 58 ans et commandant le groupe blindé Ouest, fut limogé au début de juillet 1944. Geyr s’était distingué comme attaché militaire et au front de l’Est. On le considérait comme intelligent et réfléchi, efficace, plein d’entrain et excellent instructeur20A cause de sa santé instable, il ne devait plus être employé au front russe.

 

Le général von Sodenstern, 54 ans et fantassin, passait pour un personnage distingué, calme et d’un remarquable talent opérationnel21Très probablement à cause de son état physique, il fut remplacé en juin 1944 au commandement de la 19e Armée.

 

Son successeur, le général Wiese, 61 ans et fantassin, avait prouvé ses aptitudes au front de l’Est. Il était réputé tenir ferme en cas de crise22

 

Encore plus national-socialiste que Wiese était le jeune général des troupes blindées, Eberbach, qui avait 49 ans. Guderian le considérait comme un des meilleurs commandants de son arme. Au front de l’Est, il avait acquis des expériences récentes, la réputation d’un bon tacticien et d’un supérieur très humain23Il avait remplacé Geyr von Schweppenburg et commandait la 5e Armée blindée avant d’être capturé en août 1944.

 

La 1re Armée, après l’avancement de Blaskowitz et le court commandement du général Lemelsen, était sous les ordres du général d’infanterie von der Chevallerie qui avait 52 ans. Il était distingué, très cultivé et modeste. Selon ses supérieurs, il avait bien rempli sa tâche. Hitler le releva quand même le 5 septembre 1944 sous prétexte d’une mauvaise santé 24

 

Les généraux des corps d’armée

 

Parmi les généraux qui commandaient un corps d’armée sur le théâtre d’opérations occidental, il y a trois personnages qui méritent une mention particulière.

 

En Normandie, le général Marcks qui fêta son 53e anniversaire le jour du débarquement, artilleur, commandait le LXXXIVe CA. Fils d’un historien et écrivain lui-même, Marcks était considéré comme très intelligent et énergique. Très estimé dans l’armée, il aurait encore avancé mais fut tué à Saint-Lô peu après le débarquement.

 

Le général SS Hausser, 64 ans, passait pour un des meilleurs officiers de la SS dont il commandait le 1er Corps blindé. Il s’était bien battu en Russie, mais avait irrité Hitler par l’indépendance de ses décisions. Le dictateur le nomma quand même successeur de Dollmann à la tête de la 7e Armée. Hausser était audacieux, compétent et raisonnable. Ses soldats le vénéraient, il était aussi populaire qu’un autre général SS, Dietrich, qui commandait le 1er Corps SS et temporairement la 5e Armée blindée. Ses homologues de l’Armée de Terre le jugeaient bon camarade, sans méchanceté et plutôt simple. Dietrich était considéré comme un baroudeur ; le commandement d’une grande unité dépassait ses capacités.

 

 

Conclusion

 

Les chefs militaires allemands étaient aussi différenciés que d’autres groupes sociaux25Il y avait le prussien raide et l’originaire de l’Allemagne du Sud plus vif, le national-socialiste convaincu et celui qui était devenu sceptique ou s’était joint à l’opposition en assumant tous les risques. Il y avait le général apolitique qui se contentait d’exercer son métier et l’autre qui avait l’espoir que les hommes politiques chercheraient une solution pour terminer une guerre déjà perdue. Et presque tous avaient commencé à réfléchir dans l’attente d’une catastrophe inéluctable.

 

En commun, ils avaient la fierté et la dignité d’une position sociale élevée, une forte aptitude à l’exercice de leur profession, une grande expérience guerrière, le patriotisme et cet opportunisme qu’il fallait dans une dictature. A la fin, sauf quelques exceptions, ils ne répondaient plus aux exigences démesurées de Hitler. Ce dernier ne voulait pas comprendre que la cause des revers subis à l’Ouest ne fut pas la défaillance des chefs militaires, leur manque d’énergie et de fanatisme, mais la supériorité écrasante des Alliés à laquelle rien d’équivalent ne pouvait plus être opposé.

 

 

Hans UMBREIT

Institut historique militaire de la Bundeswehr

 

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Notes:

1 Richard Brett-Smith, Hitler’s General. San Rafael, Cal 1976, p.274.

2 Chef d’état-major de commandement de la Wehrmacht du 24 janvier 1944, Bemerkungen zu meiner Reise im Bereich der 15. Und 7. Armee (Observations sur mon voyage dans les territoires des 15e et 7e Armées), copie, Bundesarchiv-militärarchiv (BA-MA), RM 7/1099.

3 Rudolf Schmundt, Tatigkeitsbericht des Chefs des Heerpersonalamtes. General der Infanterie Rudolf Schmundt (rapport d'activité du chef du service des personnels de l'armée de terre, le Général d'infanterie Rudolf Schmundt) ler octobre 1942 - 29 octobre 1944, continué par Wilhelm Burgdorf, édité par Dermot Bradley et Richard Schulze-Kossens, Osnabruck 1984, Blatt 6 (feuillet 6), 3 octobre 1942.

4 Generalmajor D. Freiherr von Buttlar-Brandenfels, in BA-MA, étude B 308, vol. V, Blatt 7; Dieter Ose, Entscheidung im Westen (Décision à l'Ouest) 1944. Der Oberbefehlshaber West und die Abwehr der alliierten Invasion (Le commandant en chef Ouest et la résistance à l'invasion alliée), Stuttgart 1982 (Beitrage zur Militär-und Kriegsgeschichte :  contributions à l'histoire de l'armée et des guerres, Tome 22), p. 39.

5 Brett-Smith, op. cit., p.39.

6 Bericht uber die Operationen des Ob. West von den Vorbereitungen gegen die Invasion bis zum Ruckzug auf den Westwall (rapport sur les opérations du commandant en chef Ouest des préparatifs contre l'invasion jusqu'au retrait vers la ligne de Siegfried), BA-MA, étude B-308, vol. IV, p.ll.

7 Brett-Smith, op. cit., p.36.

8 Lettre de Blumentritt à Hesse du 15 février 1947 (copie), BA-MA, étude B-344, Blatt 134 et suivantes.

9 Hitlers Lagebesprechungen. Die Protokollfragmente seiner militarischen Konferenzen (Les analyses de situation d'Hitler. Les fragments de procès-verbaux de ses conférences militaires) 1942-1945, édité par Helmut Heiber. Stuttgart 1962, Sources et représentations de l'histoire contemporaine, tome 20, p.610 (31 août 1944).

10 Ibid., p. 618 (31 août 1944).

11 Brett-Smith, op. cit., p.89.

12 Guenther Blumentritt, Von Runstedt. The soldier and the Man (Von Runstedt, le soldat et l'homme), Londres 1952, p.203.

13 Ibid., p.210.

14 John W. Wheeler-Bennet, Die Nemesis der Macht (La némésis du pouvoir). Deutsche Armee in der Politik (l'armée allemande dans la politique) 1918- 1945, Dusseldorf 1954, pp. 627 et suivantes.

15 Hitlers Lagebesprechungen (les analyses de situation d'Hitler), op. cit., p. 614 (31 août 1944).

16 Beurteilung durch v. Runstedt vom 1.3. und 23.10.1944 (Examen de la situation par von Runstedt du ler mars et du 23 octobre 1944), BA-MA, Pers 6/20.

17 Bericht...Ob.West, op. cit., p.49.

18 Beurteilung vom 1.3.1944 (examen de la situation du ler mars 1944), BA-MA, Pers 6/23.

19 Max Joseph Pemsel, " Generaloberst Friedrich Dollmann ", in Deutsches Soldatenjahrbuch (almanach du soldat allemand), 1974, p. l9; comp. également avec Max Hastings, Unternehmen Overlord. D-Day und die Invasion der Normandie 1944, Munich 1985, p.l56.

20 Beurteilung vom 15.12.1942, (appréciation de la situation du 15 décembre 1942), BAMA, Pers 6/156.

21 Beurteilung durch von Runstedt, ler mars 1944, BA-MA, Pers 6/332.

22 Beurteilungen, ler avril 1942 et ler mai 1943, BA-MA, Pers 6/395.

23 Beurteilungen, 31 décembre 1941 et 26 juin 1943, BA-MA, Pers 6/121.

24 Beurteilungen, 15 avril et 14 août 1944, BA-MA, Pers 6/107. Lettre de Hitler à v.d.Chevallerie du 5 septembre 1944 (copie), ibid.

25 Brett-Smith, op. cit., p.ll.

 

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