INTRODUCTION

 

PAR MONSIEUR LE DOYEN GUY PEDRONCINI

DIRECTEUR DE L'INSTITUT D'HISTOIRE DES CONFLITS CONTEMPORAINS

 

 

Je déclare ouvert le colloque international sur Les États-Unis pendant la Première Guerre mondiale, colloque qu'ont bien voulu patronner Monsieur le Président de la République et Monsieur le Premier ministre. Je les en remercie avec reconnaissance. Je remercie Monsieur le ministre des Anciens Combattants dont l'appui a permis la tenue de ce colloque, et Monsieur le Président de l'Assemblée nationale qui nous a fait l'honneur de nous accueillir dans cette salle pour la seconde fois. Comme un colloque est toujours très loin d'examiner toutes les questions qu'il pose ou qu'il soulève, j'espère que le proverbe - jamais deux sans trois - sera respecté, et même très dépassé.

Je remercie également de tout coeur les collègues français et étrangers qui ont accepté, malgré la lourdeur bien connue des obligations universitaires, de présenter une communication. Sa préparation constitue souvent une surcharge considérable que nous avons toutes les peines du monde à intégrer dans nos emplois du temps.

Je remercie en particulier nos amis André Kaspi et Yves-Henri Nouailhat dont les thèses ont renouvelé la question du rôle des États-Unis dans la Première Guerre mondiale et qui ont assuré la préparation scientifique de ce colloque ainsi que les professeurs Mark Rubin et Jean-Luc Susini pour leur concours dans cette tâche ingrate et difficile de la traduction.

Je remercie les membres de l'Institut d'histoire des conflits contemporains pour leur concours de tous les instants. Comme d'habitude ils se sont dépensés sans compter et tout spécialement le professeur Claude Carlier qui, avec une maîtrise bien connue, a dirigé la préparation matérielle de ce colloque. Préparation d'autant plus lourde que voici deux semaines se tenait un colloque sur la guerre aérienne, que le mois prochain nous en organisons un sur les hélicoptères, puis une journée commémorative de l'année 1942 et à la fin novembre, dans cette même salle, avec la Fondation Maréchal Leclerc de Hauteclocque, un colloque sur le maréchal Leclerc de 1940 à 1942.

Je suis particulièrement ému de remercier la famille du maréchal Joffre qui a bien voulu témoigner de son intérêt pour nos travaux et s'y associer, ainsi que le fils du général Mangin et le général Gouraud.

Enfin, je tiens à remercier tout particulièrement M. Serge Barcellini dont les historiens apprécient hautement l'action qu'il mène en faveur de l'histoire. Son chaleureux concours ne nous a jamais manqué pour surmonter tous les obstacles.

Si un colloque n'est en effet pas chose facile à réaliser sur le plan matériel, ce n'est guère plus aisé sur le plan scientifique. Il faut dire que les spécialistes d'une question historique sont rarement légion et que, de ce fait, nombre de questions ne sont pas suffisamment étudiées, voire ne le sont pas du tout. Dans le dernier bulletin de l'Association des professeurs d'histoire et de géographie - que je remercie de soutenir amicalement notre action - André Kaspi notait qu'un aspect très important de l'intervention des États-Unis : était un thème très peu étudié.

Puis-je dire avec tristesse que l'on attend encore en France les thèses nécessaires sur les maréchaux Foch et Joffre, pour ne citer que ceux-là. Il faut exprimer notre gratitude à Monsieur le ministre des Anciens Combattants pour avoir bien voulu permettre la réalisation d'un projet déjà ancien : la publication du Journal des Marches du maréchal Joffre. Cette publication sera faite en commun par le Service historique de l'armée de Terre et par l'Institut d'histoire des conflits contemporains. J'en assurerai la présentation scientifique. Ce journal est très important, en particulier pour tout ce qui concerne l'action des États-Unis pendant la Grande Guerre.

Enfin je tiens à rappeler qu'en raison de l'ancienne règle du cinquantenaire, les archives françaises sur la Grande Guerre ne se sont ouvertes que voici une vingtaine d'années. Délai très court dans le temps universitaire pour lancer, et voir commencer à se réaliser, des programmes de recherches. D'autant plus, dois-je encore le redire ? mais oui... que le nombre des historiens susceptibles de les animer est notoirement insuffisant et que, dans bien des cas, ils font encore figure de pionniers.

Il faut remercier avec gratitude les ministres de la Défense qui ont créé l'Institut d'histoire des conflits contemporains. Ils ont soutenu son action ainsi que celle des centres d'histoire spécialisés dans les problèmes militaire et de défense comme ceux de Montpellier du président Martel ou de Nantes du professeur Nouailhat. Mais les résultats acquis dépendent encore trop de quelques professeurs, mortels comme chacun sait d'après un célèbre syllogisme.

Néanmoins, depuis un quart de siècle, l'histoire dite militaire a beaucoup évolué. Elle ne délaisse pas ce que l'on appelle l'histoire bataille et elle s'intéresse toujours à Seicheprey, à Cantigny, Lucy le Bocage, au Bois Belleau, au rôle des DIUS dans la contre-offensive du 18 juillet 1918, à la réduction du saillant de Saint-Mihiel et à la bataille du 26 septembre. Il suffit d'avoir lu la thèse d'André Kaspi pour en être convaincu. Mais elle pose d'autres questions, comme celles de la décision, des contraintes, des précédents et de ce que j'ai appelé  . Ainsi, elle intègre largement toutes les composantes de l'histoire : politique, économie, relations internationales, finances, psychologie collective, etc.

Il serait particulièrement intéressant que nos travaux puissent être ultérieurement non seulement complétés pour la Grande Guerre, mais qu'ils s'intègrent dans une grande recherche à l'échelle européenne - et pourquoi pas mondiale - sur l'étude comparative des deux guerres mondiales comme nos collègues polonais ont commencé à le faire, avec notre concours, lors du colloque de Varsovie de 1984 ?

Je ne me suis qu'en apparence éloigné de notre sujet. Toutes ces remarques me semblent nécessaires pour faire comprendre combien il est souvent difficile de trouver des thèmes susceptibles d'être traités à partir de travaux scientifiques universitaires. Aussi les colloques représentent-ils un moment particulièrement privilégié pour faire le point des connaissances internationales sur quelques questions et pour ouvrir la voie à de nouvelles recherches. Surtout lorsqu'il s'agit d'un fait historique majeur comme le rôle des États-Unis dans la Première Guerre mondiale. Il nous faut donc souhaiter que notre colloque soit lui aussi un point de départ et qu'il permette, en attendant d'autres rencontres, de donner une idée du renouvellement depuis une vingtaine d'années des connaissances et des perspectives sur la Première Guerre mondiale en général et tout spécialement sur l'action des États-Unis en 1917-1918. Renouvellement et progrès sans lesquels l'histoire ne saurait jouer son rôle dont personne ne s'étonnera que je sois persuadé qu'il est éminent.

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin