Le maréchal Juin et les problèmes de l'aviation 1951 - 1956

 

 

par Claude Carlier

Lorsque le général Eisenhower prend son commandement interallié en Europe, en 1951, il constate que les forces armées des troupes d'occupation américaines, belges, britanniques, françaises, néerlandaises et norvégiennes n'ont que peu de contacts entre elles et ne peuvent participer à des opérations communes :

La répartition géographique de ces garnisons ne tenait aucun compte de l'éventualité d'une attaque. Les aérodromes étaient concentrés dans les zones avancées, parfois même à l'est des troupes terrestres qui étaient censées les protéger. (...) Nous savions qu'avant de pouvoir mettre en campagne une division pour plus de quarante-huit heures, il aurait fallu lui fournir plus de cinq cents tonnes d'approvisionnements par jour. La quantité des approvisionnements nécessaires était comparativement tout aussi importante pour l'aviation. Les avions à réaction consomment plus d'une tonne de carburant à l'heure. Il était certain qu'il nous fallait constituer un nombre énorme de dépôts et de bases aériennes pour pouvoir assurer d'une façon convenable le ravitaillement de nos forces armées dans cette région d'importance vitale1.

En 1951, les moyens aériens, en Europe occidentale, environ 800 avions dont 10 % à capacité nucléaire, sont essentiellement constitués par des éléments de l'armée de l'Air des Etats-Unis et de celle de la Grande-Bretagne.

L'armée de l'Air des Etats-Unis en Europe comprend deux grandes composantes :

- L'USAFE (United States Air Force in Europe), créée le 16 août 1945, a son quartier général à Wiesbaden. Elle contrôle toutes les activités de l'armée de l'Air des Etats-Unis en Europe continentale, notamment celles des forces d'occupation en Allemagne et en Autriche. Elle a été responsable du fonctionnement du pont aérien de Berlin. Elle se compose essentiellement de groupes de chasseurs-bombardiers (F-80 Shooting Star) et de transport (C-54 Skymaster et C-82 Packet). L'USAFE dispose de 17 000 hommes et de 350 avions.

- La 3rd Air Division (3ème division aérienne) est constituée en tant que grand commandement de l'USAF le 3 janvier 1949. Elle est basée en Grande-Bretagne, elle dispose de trois groupes de bombardiers lourds à long rayon d'action Boeing B-29 et B-50 Superfortress, elle comprend 7 000 hommes.

Les forces aériennes britanniques d'occupation (British Air Forces of Occupation) ont été créées le 15 juillet 1945, leur quartier général se situe à Bad Eilsen. Elles disposent d'avions chasseurs-bombardiers De Havilland Vampire et Gloster Meteor, de bombardiers Avro Lincoln, d'avions de transport Handley Page Hastings.

Le problème du secteur Centre-Europe est le peu de profondeur dont disposent les Alliés pour mener une bataille défensive2. Cette faible profondeur est aggravée par la disproportion des forces en présence. Néanmoins, ce déséquilibre est contrebalancé par l'armement atomique que possèdent les Américains dans le cadre de leur stratégie de représailles massives3.

L'Alliance Atlantique, dans laquelle les Etats-Unis jouent un rôle prépondérant, associe l'utilisation de l'arme nucléaire à la mission de l'aviation stratégique américaine. Cette dernière est réservée, en grande partie, à l'attaque du potentiel économique de l'adversaire et de son organisation politique et militaire. Elle n'accorde qu'une valeur incidente d'appoint dans le déroulement des opérations en soutien indirect et lointain des unités terrestres et de l'aviation tactique engagée dans une guerre classique.

Prévalait alors la conception de deux formes de guerre : une guerre classique faite avec des moyens conventionnels terrestres, aériens et navals et une guerre purement aérienne. Cette dernière, avec des objectifs stratégiques, est conduite avec l'emploi de bombes atomiques. Elle est

laissée à l'initiative et à la responsabilité du seul gouvernement des Etats-Unis avec cependant des interventions secondaires en appui de la première, au-delà du champ de bataille, mais en relation avec lui.

Le général Eisenhower, ayant constaté lors de la Seconde Guerre mondiale toute l'importance de l'aviation, souhaite la conserver sous son commandement direct pour pouvoir la faire intervenir, selon les nécessités, sur le front menacé. Il dispose d'un commandant suprême adjoint Air, le maréchal de l'Air britannique Sir Hugh Saunders.

Le commandement de l'OTAN en Europe est organisé en trois secteurs 4 : les Forces alliées Nord-Europe confiées à un amiral anglais, Sud-Europe à un amiral américain et Centre-Europe que le général Eisenhower souhaite confier à un Français, le général Juin alors Résident Général au Maroc.

Le général Juin accepte mais souhaite que ses attributions soient précisées. Il souhaite, en particulier, pouvoir disposer des forces aériennes qui peuvent intervenir au profit du secteur Centre-Europe. Un compromis intervient, le général Eisenhower garde personnellement le commandement Centre-Europe avec trois subordonnés : le général Juin pour les forces terrestres, le général américain Lauris Norstad 5 pour les forces aériennes, le vice-amiral français Jaujard pour la coordination des forces navales. Le général Juin bénéficie néanmoins d'une possibilité prioritaire d'emploi des forces aériennes au profit du Centre-Europe mais ne peut actionner directement l'ensemble des forces aériennes pouvant agir sur son théâtre d'opérations6.

L'évolution du commandement

Les forces aériennes Centre-Europe sont réorganisées en deux forces aériennes tactiques alliées (Air tactical Air Force = ATAF) qui participent aux Forces aériennes alliées du secteur Centre-Europe (AIRCENT).

Le général Eisenhower quitte son commandement européen le 30 mai 1952. Le général Matthew B. Ridgway lui succède puis est rappelé aux Etats-Unis pour occuper le poste de Chef d'état-major des forces armées. Il est remplacé, le 11 juillet 1953, par le général Alfred M. Gruenther 7 qui reste à ce poste jusqu'en 1957. Les relations entre Gruenther et Juin sont bonnes, ils se sont connus en Afrique du Nord et en Italie.

La surprise de l'explosion de la bombe H soviétique, en septembre 1953, a mis fin à la suprématie américaine en matière d'armements nucléaires. L'adoption, par l'OTAN, de la stratégie des représailles nucléaires, en cas d'agression en Europe fait évoluer la conception des structures militaires de l'Alliance Atlantique qui s'orientent vers une conception du combat au-dessous du seuil nucléaire, une place importante est alors accordée à l'aviation.

Le général Gruenther, en accord avec le maréchal Juin 8 modifie l'organisation mise en place par le général Eisenhower. Le SACEUR dispose d'un adjoint, le maréchal anglais Lord Montgomery, d'un adjoint pour l'aviation, le général américain Norstad, d'un adjoint pour la marine, l'amiral français Lemonnier.

Le général Norstad n'ayant plus un commandement Centre-Europe, le général Gruenther décide de confier au maréchal Juin la responsabilité totale des forces alliées Centre-Europe : Terre, Air, Mer.

Le maréchal Juin dispose alors de trois subordonnés : le général français Carpentier 9 pour les forces terrestres, le maréchal de l'Air britannique Sir Basil Embry 10 pour les forces aériennes, le vice-amiral Jaujard pour les forces navales. Dans le cadre de cette nouvelle organisation, le maréchal Juin développe, à partir d'octobre 1953, une stratégie défensive du bouclier et du javelot.

Le bouclier doit résister au premier choc de l'ennemi pour que puissent se réunir les moyens nécessaires à la riposte. La riposte, le javelot, correspond à la frappe atomique qui doit être déclenchée automatiquement pour atteindre et détruire les forces vives de l'adversaire, c'est-à-dire son potentiel économique et militaire. L'arme aérienne est ainsi amenée à jouer le rôle de filtre destructeur capable d'anémier suffisamment les forces terrestres adverses pour ne laisser arriver au contact des divisions amies que des unités à la puissance au plus équivalente. Aucune intermittence dans l'intervention aérienne rapprochée n'est admissible.

C'est ainsi que s'instaure une sorte de cordon sanitaire aérien du nord de la Scandinavie au sud de l'Europe. Les nations concernées entendent renforcer leur armée de l'Air pour pouvoir répliquer immédiatement à une offensive venant de l'Est, tant du point de vue tactique que stratégique. De leur côté, les forces terrestres doivent s'efforcer de tenir le terrain menacé.

Les forces aériennes alliées Centre-Europe

En 1954, ce sont quelque 2 000 avions, chasseurs, chasseurs-bombardiers, bombardiers légers, avions de reconnaissance et de transport, répartis dans les deux ATAF qui participent à la défense du secteur Centre-Europe placé sous le commandement du maréchal Juin (AFCENT).

Les deux ATAF sont commandées par le maréchal de l'Air britannique Sir Basil Embry, commandant de l'AIRCENT dont le quartier général se trouve à Fontainebleau où se côtoient les représentants des six nations dont les forces assurent la défense du secteur Centre-Europe.

La 2ème Force aérienne tactique alliée (2nd ATAF) représente la contribution de la Grande-Bretagne, de la Belgique et des Pays-Bas.

La 4ème Force aérienne tactique alliée (4th ATAF) regroupe les unités américaines et françaises en Allemagne ainsi que les bases françaises de l'Est de la France. S'y ajoute la 1ère division aérienne du Corps royal d'aviation canadien en position dans la zone française contiguë à la frontière Est de la France.

La 2ème ATAF est plus fortement amalgamée que la 4ème avec deux groupes tactiques de formation internationale. Alors que les trois formations aériennes de la 4ème ATAF sont organiquement nationales, le groupe n° 2 de la 2ème ATAF est constitué de cinq escadres de la RAF et de trois escadres néerlandaises. Il possède une formation complémentaire, le groupe n° 83, composée de deux escadres équipées respectivement d'avions britanniques et belges. Le noyau de la 2ème ATAF est constitué par la 2ème force aérienne tactique britannique en Allemagne qui utilise un réseau d'aérodromes, s'étendant vers l'est, à quelques minutes de vol des terrains de l'adversaire.

Contrairement à l'armée de l'Air des Etats-Unis en Europe, qui a réalisé un retrait tactique en ramenant ses bases derrière le Rhin pour répondre à une éventuelle menace venant de l'Est, la 2ème force aérienne tactique britannique s'est maintenue sensiblement sur les positions qu'elle occupait le jour de la victoire. Elle s'est attachée à acquérir une grande mobilité afin de pouvoir faire mouvement sur plusieurs centaines de kilomètres avec un préavis de quelques jours11.

La composante américaine de la 4ème ATAF connaît un important développement avec l'arrivée de deux nouvelles escadres de chasseurs-bombardiers F-86 Sabre qui s'ajoutent aux quatre escadres de chasseurs-bombardiers et aux deux escadres de reconnaissance tactique déjà positionnées en Europe de l'Ouest. 

La 1ère division canadienne comprend quatre escadres de chasseurs-bombardiers Sabre, elle stationne provisoirement en Grande-Bretagne en attendant que soient achevées les bases qu'elle doit occuper en France.

Le troisième élément de la 4ème ATAF est le 1er Corps Aérien Tactique français (1er CATAC), composé de 28 escadrilles d'intercepteurs, de chasseurs bombardiers et d'avions de reconnaissance. Les formations françaises commencent à être dotées du chasseur à réaction Dassault Ouragan auquel succède le Dassault Mystère IV construit au titre du programme d'approvisionnement franco-américain Off-Shore de 1953. Les premiers exemplaires livrés aux Américains, en juin 1954, ont été remis à l'armée de l'Air française.

A Fontainebleau, l'AIRCENT côtoie le commandement des troupes terrestres, le LANDCENT, placé sous les ordres du général Carpentier. Sur le terrain, la 2ème ATAF est chargée de soutenir le groupe d'armées Nord (Mönchengladbach) avec lequel elle est très imbriquée tandis que la 4ème ATAF (Ramstein) est chargée de soutenir le groupe d'armées Centre (Heidelberg).

Deux autres éléments occupent une place importante dans le dispositif de défense aérienne du secteur Centre-Europe. Il s'agit des formations nationales de défense aérienne des trois puissances continentales de l'AIRCENT et des forces extérieures : le Bomber Command de la Royal Air Force et le Strategic Air Command américain dont les bombardiers sont en position en Grande-Bretagne et en Afrique du Nord.

Conformément à leurs aspirations nationales, la Belgique, la France et les Pays-Bas possèdent des formations de défense aérienne indépendantes de leur contribution à l'OTAN. Ces formations sont similaires aux forces aériennes alliées du secteur Centre-Europe.

Les manoeuvres, organisées depuis 1951, ont constamment mis l'accent sur la coopération étroite qui doit exister entre ces formations nationales et les deux ATAF du secteur Centre-Europe. Pour l'OTAN, en cas de guerre, il deviendrait absolument nécessaire de réaliser une coopération parfaite des différents éléments aériens, la direction de cette coordination revenant au général Norstad, adjoint pour l'aviation du général Gruenther.

Pour augmenter son efficacité, AIRCENT tend vers un objectif tactique unique : la constitution d'une formation aérienne aux éléments étroitement coordonnés mais douée cependant d'une grande souplesse d'emploi. Les pilotes doivent pouvoir utiliser indifféremment tous les aérodromes alliés tandis que le personnel au sol doit s'occuper sans restriction de tous les avions équipant les escadrilles alliées. La clé de cette souplesse réside dans l'uniformité des techniques de combat, des principes logistiques et de l'armement.

Pour réaliser l'uniformité des techniques de combat, les forces aériennes de l'OTAN pratiquent des échanges concernant des formations complètes.

L'uniformité en matière de logistique et d'armement est obtenue par la mise en service d'avions normalisés, d'abord le Republic F-84 Thunderjet puis le North American F-86 Sabre qui devient l'avion essentiel d'AIRCENT en attendant l'arrivée du F-84F Thunderstreak.

Un réseau plus poussé d'uniformité est réalisé par l'établissement, en Europe occidentale, d'un réseau d'infrastructure militaire. En 1955, l'AIRCENT dispose de 160 aérodromes dotés chacun d'une piste de 2 000 mètres susceptible de recevoir tous les avions à réaction. Les aérodromes, le réseau d'oléoducs, les dépôts, ont été réalisés conformément à une spécification commune, grâce à la participation financière de tous les membres de l'OTAN12.

Répondant à cette demande, la France a élaboré un plan quinquennal aéronautique 1951-1955, voté en août 1950, pour la reconstruction de sa puissance aérienne. Ce plan est essentiellement conçu pour répondre aux besoins en matériels des unités aériennes restant à la disposition du commandement national et basées en France. C'est au titre du programme d'aide militaire que les Etats-Unis ont fournis des avions à réaction de soutien terrestre utilisés dans le cadre des forces aériennes françaises en Allemagne13.

Si tous les états-majors s'accordent sur le rôle décisif que doit jouer l'arme aérienne dans la défense de l'Europe occidentale, les outils d'une telle action de l'aviation ont été inégalement étudiés car les stratégies nationales l'ont souvent emporté sur la stratégie commune.

Les Etats-Unis raisonnent en terme de défense et de bombardement stratégique. En 1946, ils ont constitué un nouveau commandement, le Strategic Air Command qui est chargé de la mission de représailles massives.

La Grande-Bretagne raisonne en terme d'insularité et de défense des îles britanniques. Elle a réalisé des chasseurs d'interception de qualité tout en maintenant une composante stratégique, le Bomber Command équipé de bombardiers V14.

L'appui des forces terrestres est un peu négligé, y compris en France, nation dont la défense est pourtant basée sur un concept essentiellement terrestre. La France n'a pas assez songé au soutien de son infanterie et n'a pu admettre que les réalisations anglo-saxonnes qu'elle voulait imiter ne correspondaient pas toutes aux impératifs de sa géographie, de sa puissance industrielle sévèrement touchée par la guerre, ni non plus à ses possibilités financières.

Toute coalition d'une certaine ampleur gagne pourtant à rassembler des éléments complémentaires, à disposer de la gamme complète des instruments de la puissance aérienne. Elle y perd néanmoins dans la mesure où les apports nationaux étant par trop inégaux, les armes du plus fort ne sont pas toujours adaptées au théâtre considéré.

Pour la France, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en raison de l'évolution rapide des techniques comme des délais exigés par la réalisation et la mise au point des matériels aériens modernes, il est difficile d'élaborer une doctrine encore valable cinq à dix ans plus tard, d'autant plus que le contexte international de guerre froide précipite les événements15.

En ce qui concerne l'aviation de défense du territoire, deux conceptions étaient possibles :

- tenter de regagner le retard acquis durant les hostilités en prenant la licence des meilleurs et des plus récents parmi les matériels alliés ;

- se tourner résolument vers les techniques nouvelles (moteur à réaction, fusées) ébauchées en Allemagne. Cela nécessite une remise à niveau technologique se fondant sur une longue période de paix.

La guerre froide a précipité les événements.

Alors que la France a en commun avec la Grande-Bretagne l'avion de défense aérienne, elle décide de s'imposer un effort purement national en matière d'aviation tactique. Elle cherche à obtenir de son armée aérienne une capacité d'intervention décisive qui limiterait au maximum la part d'un combat d'infanterie très coûteux en vies humaines, il faut se souvenir que les pertes de la Première Guerre mondiale sont toujours très présentes à l'esprit. Toutefois, les moyens financiers ont manqué pour créer un tel instrument de puissance aérienne si bien que les programmes de l'époque sont annulés ou demeurent modestes.

C'est pour pallier les conséquences de ces incertitudes qu'à la fin de 1947, l'état-major de l'Air fixe son choix sur le Vampire 5 anglais capable d'assurer, en l'attente de matériel français, les missions d'interception et d'appui terrestre. L'apparition de l'Ouragan puis du Mystère IV a permis de redresser la situation en matière de défense aérienne du territoire tandis que l'aide américaine a renforcé, de son côté, l'aviation tactique française.

L'apparition d'armes nouvelles, en particulier le tandem bombe atomique-avion puis bombe atomique-fusée, a rendu possible une rupture du bouclier. Seul un bouclier suffisamment consistant et adapté à la guerre moderne peut, avec des moyens puissants, paralyser une agression. C'est ce qu'avait compris le maréchal Juin qui avait pu apprécier toute l'importance de l'arme aérienne dans un conflit majeur. En 1956, quittant son commandement Centre-Europe, il déclarait :

C'est cet outil, lequel utilise encore l'avion comme véhicule en attendant l'emploi généralisé de la fusée nucléaire téléguidée, qui, incontestablement, devient l'arme de la décision et non plus les forces classiques, qui, tout en jouant un rôle essentiel pour la préservation des territoires nationaux, ne seront plus à l'égard de l'exploitation qu'un auxiliaire.

Il va sans dire qu'on éprouva dans le camp occidental un immense soulagement, car cette doctrine offrait la possibilité de faire face à une attaque par surprise avec un moindre volume de forces conventionnelles formant le bouclier et peut-être aussi, grâce à la riposte atomique foudroyante suivant de près l'agresseur, d'obtenir une décision rapide du conflit, si toutefois il est encore permis de penser qu'il y aura un vainqueur et un vaincu dans une guerre caractérisée par un échange massif de bombes A et H16.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention.

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Notes:

1 First Annual Report to the Standing Group, OTAN, Paris, 1952.

2 Moins de 200 km entre le saillant de Thuringe et le Rhin.

3 Cf. Etat de la sécurité européenne, les aspects de la stratégie occidentale, Assemblée de l'UEO, 1964, 54 p.

4 Le Supreme Headquarters Allied Powers in Europe (SHAPE) a pour Commandant suprême des forces alliées en Europe (Supreme Allied Commander in Europe = SACEUR) le général Eisenhower.

5 Ancien chef d'état-major adjoint de l'USAF délégué aux opérations puis directeur des Plans.

6 Cf. Bernard Pujo, Juin maréchal de France, Albin Michel, Paris, 1988, 415 p.

7 Ancien chef d'état-major du général Eisenhower au SHAPE.

8 Le général Juin est élevé à la dignité de maréchal de France le 8 mai 1952.

9 Bras droit du général Juin en Italie.

10 Ancien commandant du Fighter Command de la RAF.

11 Cf. colonel Pierre M. Gallois, Défense aéro-nucléaire, Revue Défense Nationale, mai 1955.

12 Cf. Claude Carlier, L'aéronautique française 1945-1975, Lavauzelle, Paris, 1983, 645 p.

13 Cf. Foreign Relations of the United States 1952-1954, volume V, GPO, Washington, 1983 et Lawrence Kaplan, A Community of interest : NATO and the MAP 1948-1951, Office of the Secretary of Defense, Historical Office, 1980, GPO, 250 p..

14 Victor, Valiant, Vulcan.

15 Cf. général Pierre M. Gallois, Stratégie de l'âge nucléaire, Calmann Lévy, 1960, 241 p.

16 Maréchal Juin, La Défense nationale, pages 579 et 580, PUF, 1958.

 

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