Chapitre I

Un enjeu stratégique historique

Comme toutes les régions-carrefour, la région de la Baltique a, depuis des temps immémoriaux, une grande valeur stratégique. C’est une mer fermée à haute valeur communicationnelle, puisqu’elle est pour l’Occident le seul accès maritime à la Russie occidentale, au nord de l’Europe centrale, à la Finlande et à la Suède et qu’elle est pour ces deux pays la seule issue vers les océans ; la seconde route maritime envisageable, celle du "passage nord-ouest", sur l’Arctique, est à peu près impraticable pour des raisons climatiques (malgré les efforts soviétiques pour trouver des solutions techniques), la mer y étant gelée en hiver et dangereuse en été3 ; le seul point de sortie du continent navigable toute l’année se trouve au cap nord, dans la région du Finmark norvégien, et s’étend à une partie de la côte de la péninsule de Kola, en Russie. Dans ces conditions, la valeur des détroits de la Baltique est inestimable, et l’on peut dire en pastichant Mackinder que qui les contrôle, contrôle la Baltique et prend un avantage considérable sur les puissances qui en sont tributaires.

La Baltique a d’ailleurs, dans son histoire, été l’enjeu de diverses tentatives hégémoniques ; elle fut contrôlée entre les IXe et XIe siècles par les Vikings qui fondèrent le Danemark et la Suède à l’ouest, et Novgorod à l’Est, puis aux XIIe et XIIIe siècles le Danemark domina la Baltique en contrôlant l’entrée et la sortie – le Sud de la Suède lui appartenait alors. Entre les XIIIe et XVIIe siècles, c’est la Hanse qui maîtrisa la Baltique4, mer vitale pour son commerce, grâce à sa coopération avec des ordres de chevalerie allemands, qui l’aidèrent à maintenir la liberté de navigation dans les détroits. Après le déclin de la Hanse, ce fut au XVIIe siècle le tour de

(cf carte 2)

la Suède de devenir la grande puissance de la région ; le royaume s’étendit en effet de l’autre côté de la mer à la Finlande, la Carélie, l’Estonie, l’Ingrie, la Livonie, la Poméranie et au duché de Brême. Une guerre remportée par la Russie mit fin à cette situation : après la paix de Nystad en 1721, la Baltique ne fut plus une mer sous domination unique. Elle devint une mare clausum, dont les riverains interdisaient le trafic aux vaisseaux militaires étrangers. Entre les XVIe et XVIIIe siècles, la Baltique fut importante pour les puissances navales (et même vitale pour la Hollande), car ses côtes étaient sources de matières premières stratégiques, et fournissaient notamment le bois qui servait à construire les navires ; elles représentaient en même temps un marché pour les produits finis.

Au XIXe siècle, la Russie, se souvenant de Pierre le grand, tenta de devenir un Etat maritime avec pour projet de dominer la région, qui aurait constitué pour elle une fenêtre ouverte sur l’occident. En 1809 elle acquit la Finlande. Le rêve de domination de la Baltique resta dès lors toujours à l’esprit des dirigeants russes puis soviétiques5. Mais la flotte allemande se modernisa aussi, et maîtrisa au cours de la première guerre mondiale toute la côte sud. Dans l’entre-deux-guerres, le nombre d’Etats riverains passa de quatre à huit, avec l’indépendance de la Finlande, de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie, auxquelles il faut rajouter la ville libre de Dantzig (et, pour quelques années, celle de Memel). Aucune puissance ne maîtrisait alors la Baltique, mais la seconde guerre mondiale fit apparaître à nouveau la domination de l’Allemagne, qui l’utilisa comme une vaste base abritée. A l’issue du conflit, la carte de la région Baltique se trouva radicalement transformée : l’Union soviétique devint l’Etat le plus puissant de la région, ayant de plus étendu ses côtes à la Carélie, aux trois Etats baltes annexés dans les conditions illégales que l’on sait, et au nord de la Prusse orientale. La Pologne étendit son littoral très étroit en 1939 à une largeur de 500 km en 1945. Enfin, l’Allemagne fut divisée, et la RDA fut celle des deux moitiés qui eut le plus long littoral en mer Baltique. La carte des contours de la Baltique devenait ainsi très favorable au bloc de l’Est, le reste des riverains étant constitué par deux Etats neutres (dont la Finlande, liée de telle sorte à l’Union soviétique qu’elle ne pourrait plus faire partie de ses ennemis), et deux membres de l’OTAN.

La diversité caractéristique de la région Baltique aurait pu en faire une région explosive, comparable aux Balkans. Sa domination totale ne fut d’ailleurs jamais achevée par aucune des trois puissances — Danemark, Suède puis Russie/Union soviétique — qui souhaitèrent la réaliser. Cependant, un bilan historique global la fait apparaître comme une région stable, et sinon totalement pacifique, du moins "raisonnable" : que l’on prenne pour exemple la remarquable facilité avec laquelle la Norvège est passée des mains du Danemark auquel elle appartenait depuis 1536 à celles de la Suède en 1814 par la paix de Kiel (en 1809 la Suède avait dû céder la Finlande qu’elle possédait depuis 1216 à la Russie) pour gagner son indépendance en 1905, de façon totalement pacifique... Certes ceci est plus vrai pour la rive scandinave, plus homogène que la rive sud, où ce type de transfert s’est toujours opéré de manière autoritaire et violente (les épisodes de modification des frontières polonaises, le destin tragique des pays baltes...). D’un point de vue global, on peut dire en somme que la région de la Baltique s’est toujours relativement bien accommodée de sa diversité ; au cours des siècles les guerres en modifiaient les frontières, mais on traitait finalement "entre voisins", si ce n’est pour dire "entre cousins", la région formant un tout malléable...

 

Le XXe siècle ou la Baltique coupée en deux

 

Le vingtième siècle en revanche, a failli dramatiser à jamais le paysage géopolitique de la région Baltique. En instaurant un ordre mondial bipolaire, il a plongé cette région pourtant périphérique dans une situation hautement explosive, qui aurait pu rendre irréconciliables les éléments de la diversité qui la caractérisait. Le seul lien unificateur, la mer, ne suffit plus, alors, à cimenter l’ensemble, et les facteurs de dissension, d’origine essentiellement exogène puisque relevant de la politique des deux grandes puissances rivales, se mirent à prédominer. En effet, le schéma bipolaire fut, au lendemain de la seconde guerre mondiale, plaqué sur la réalité plurale de la région de façon artificielle et pour partie autoritaire.

Sur la rive sud, l’URSS et le bloc de l’Est dominaient largement du fait de l’annexion des pays baltes, et de l’adhésion au pacte de Varsovie de la RDA et de la Pologne, cette dernière ayant considérablement étendu son littoral sur la Baltique. La rive Sud se caractérisa pendant toute la période de l’après-guerre et de la guerre froide, jusqu’aux événements de Pologne au début des années quatre-vingts, par la grande simplicité de sa situation : tout cet espace était stérilisé, avec pour seule aspiration officielle sa loyauté au Pacte de Varsovie.

En face, les pays scandinaves, qui avaient souhaité au cours de la seconde guerre mondiale rester neutres, mais dont seule la Suède avait pu échapper à la guerre, durent concilier pour le mieux leurs

(cf carte 3)

aspirations profondes aux nécessités de leur sécurité. C’est ainsi que la Finlande, qui par deux fois s’était trouvée opposée à l’URSS au cours de la guerre, se trouva amputée de 45 000 kilomètres carrés de son territoire, comprenant d’importants gisements de nickel et des bases sur la Baltique, soit la Carélie orientale au sud (ce qui faisait du lac Ladoga un lac intérieur soviétique), la région de Salla au centre et, au nord, la bande de Petsamo, seule fenêtre finlandaise sur la mer de Barents ; cette situation instituait du même coup une frontière commune entre l’URSS et la Norvège sur 196 kilomètres ; enfin la base de Porkkala, au sud-ouest d’Helsinki, fut concédée à bail aux Soviétiques pour cinquante ans (elle fut évacuée en 1956). La Finlande, en quelque sorte miraculée de la guerre, puisqu’elle fut le seul pays contigu de l’URSS à ne pas être satellisé, dut, pour conserver sa liberté, se montrer très conciliante avec son voisin soviétique et la signature du Traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle du 6 avril 1948 constitua le début d’une politique étrangère de neutralité mêlée d’auto-limitation à l’endroit des intérêts soviétiques6.

Grâce à la neutralité finlandaise, de nature à satisfaire les intérêts soviétiques, la Suède put rester également neutre, l’URSS voyant d’un très bon œil cette position, qui venait élargir la zone tampon entre son territoire et l’occident ; les Américains la toléraient, étant donné que la neutralité suédoise est une neutralité armée, et qu’ils comptaient secrètement sur un soutien, même indirect, de l’aviation suédoise en cas de conflit dans la région. Mais la Norvège7, ainsi que le Danemark8, qui avaient été très éprouvés par la guerre, souhaitèrent rallier le camp occidental, choix dicté davantage par l’échec de la tentative de constitution d’une union de défense scandinave, que par leur nature qui les guidait plutôt vers une profonde aspiration pacifique9. Ces deux pays ont d’ailleurs toujours assorti leur adhésion de réserves concernant l’emploi et le stockage d’armes nucléaires sur leur sol, ainsi que le stationnement de troupes étrangères.

Le paysage résultant de ces arrangements perpétua, sous une autre forme, ce que les Scandinaves nommaient traditionnellement l’équilibre nordique10. On désignait ainsi le système formé par les diverses orientations de politique étrangère des pays nordiques, qui étaient désormais d’ouest en est : une adhésion à l’Alliance atlantique avec restrictions, pour le Danemark et la Norvège (ainsi que pour l’Islande si on l’inclut dans le schéma de l’équilibre nordique11), une neutralité "équilibrée" pour la Suède, cherchant à compenser un trop visible ancrage dans le monde occidental par des attitudes appréciées par l’Union soviétique, telles les violentes critiques des Etats-Unis au moment de la guerre du Vietnâm12, ou une politique de coopération dans le tiers-monde privilégiant surtout des pays "progressistes", et enfin, pour la Finlande, une politique de neutralité "liée" par le Pacte d’amitié et de coopération. Ce glacis de positions très diverses permit d’assurer la stabilité de la région, car les politiques de chacun des acteurs nordiques visaient à fournir un correctif au "stress" apporté par les politiques des deux superpuissances envers elle ; par exemple, la politique étrangère norvégienne était basée sur les deux concepts de avsrekking (dissuasion) et beroligelse (apaisement), ce qui signifiait à la fois maintien d’une menace armée contre l’URSS et actions politiques visant à la rassurer : d’une part l’adhésion de l’OTAN était assortie de réserves, et d’autre part, la Norvège signifiait à l’URSS que sa politique étaitt purement défensive. Le système de l’équilibre nordique se présentait ainsi comme un système raffiné, où des options contradictoires étaient synthétisées avec succès ; il contenait de solides capacités d’autorégulation, grâce au caractère particulier des peuples scandinaves, épris de raison et de paix.

 

Une problématique radicalement bouleversée

 

Aujourd’hui, on peut dire que du point de vue géostratégique, le vingtième siècle s’est terminé avec une dizaine d’années d’avance. L’épisode du monde manichéen de la guerre froide s’est achevé sur une paradoxale tempête pacifique, balayant les pièces complexes, étroitement imbriquées, du puzzle géostratégique qui avait été élaboré pour arriver à plaquer le schéma de la bipolarité sur une réalité initialement complexe. En ce début de la décennie quatre-vingt-dix, l’histoire est en suspens, au seuil d’une mutation importante, à l’heure où tout est à inventer. Si le scientifique ne peut s’adonner au plaisir trop léger de la futurologie, du moins peut-il tenter, dans l’incertitude ambiante, de se constituer un champ d’étude qui soit un échantillon représentatif des ferments qui sont en train de germer à partir de l’Europe, pour transformer bientôt la géopolitique mondiale. L’étude d’une région charnière entre ce qui fut deux blocs antagonistes peut être, de ce point de vue, très intéressante13.

Celle de la région de la Baltique peut l’être à plusieurs titres : parce tout d’abord elle constitue une région charnière typique, non seulement charnière entre les deux ex-camps antagonistes, mais aussi carrefour à la croisée de nombreux éléments de la diversité européenne (systèmes culturels, économiques et sociaux, et stratégiques). Parce qu’ensuite, malgré ces caractères, elle fut traditionnellement une région stable, devant sa stabilité au miracle de la bonne volonté et au haut niveau de développement des peuples qui l’habitent, représentant en quelque sorte une vitrine du progrès en matière de bonne entente. Enfin, on va le voir, parce cette région venait, depuis une vingtaine d’années, de prendre une valeur stratégique inestimable pour les deux grands, et qu’elle constitue aujourd’hui encore un centre stratégique vital où la braise qui couvait n’a pas été éteinte par les progrès récents de la coopération est-ouest en matière de contrôle des armements. Ces éléments font de la région Baltique une sorte de microcosme contenant toutes les données de la réalité européenne actuellement remise en question ; elle pose à elle seule toutes les questions fondamentales de la fin de l’affrontement des idéologies, de la fin de la concurrence des systèmes économiques et sociaux opposés, de l’énigme de la coexistence de peuples retrouvant brusquement leur identité avec leur liberté, de leur coexistence avec des peuples jamais opprimés et riches, de l’énigme de l’avenir des arsenaux militaires gigantesques accumulés pendant la guerre froide, de leur future répartition et de leur éventuelle destruction ; elle pose toutes les questions du futur de la sécurité européenne, de la disparition du Pacte de Varsovie et de la redéfinition de l’OTAN et du système de sécurité européenne, de la transformation de l’URSS en une union plus étroite, de l’élargissement de la CEE, de l’avenir de la neutralité dans un monde multipolaire, de l’avenir, enfin, des grandes stratégies militaires. En effet, les événements qui se sont succédés à une allure folle depuis 1989 ont bouleversé l’ordre de la région de la Baltique dont tous les éléments ou presque sont affectés :

- Des sept Etats qui entouraient la Baltique, on est passé d’abord à six, avec la réunification allemande. Un allié de première importance de l’Union soviétique a ainsi disparu, passant qui plus est aux mains de l’ennemi par son intégration à l’OTAN.

- Des six Etats résultant de cette situation, on est passé à neuf, l’indépendance des trois républiques baltes – Lituanie, Lettonie, Estonie – ayant été le premier acte du nouvel exécutif soviétique, le "Conseil d’Etat", mis en place après le putsch manqué de l’été 1991.

- L’Union des Républiques Socialistes Soviétiques a été dissoute le 8 décembre 1991. Une "Communauté d’Etats Indépendants", comprenant la Russie, l’Ukraine et la Bélarus, lui succéda alors, et fut élargie le 21 décembre 1991 à huit autres républiques (les républiques d’Asie centrale, la Moldavie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan). La grande puissance militaire riveraine de la Baltique a donc changé de visage et d’échelle : c’est aujourd’hui la République fédérative de Russie.

- La Russie a perdu la plus grande partie de sa côte sur la mer Baltique, à l’exception de Leningrad (aujourd’hui Saint-Petersbourg) et de l’enclave de Kaliningrad ; elle n’a plus, de ce fait, de position dominante sur la Baltique.

- La Pologne a rejeté le communisme et ne constitue plus un allié.

- La Suède a fait un pas historique en posant sa candidature d’adhésion à la CEE en 1990-91, et a abandonné toute référence à la neutralité en temps de paix pour qualifier sa politique étrangère, sans pour autant renoncer à la neutralité dans l’éventualité d’une guerre.

- La Finlande s’est, dès que possible, libérée de l’"obligation d’amitié" qui pesait sur elle vis à vis de l’Union soviétique. En adhérant au Conseil de l’Europe en 1989 elle avait déjà fait un pas important vers une plus grande liberté, essai qu’elle a transformé en signant en janvier 1992 un accord avec la fédération de Russie dans lequel il est stipulé qu’il n’est plus question d’"assistance mutuelle" et que "les frontières entre la Russie et la Finlande sont ce qu’elles sont". En même temps qu’elle se démarque de ses liens particuliers avec l’est, la Finlande cherche à se rattacher au processus d’unification européenne : le 18 mars 1992, elle a posé sa candidature d’adhésion.

- Seul le Danemark n’a rien modifié de sa ligne de conduite, si ce n’est que son refus de ratifier le traité de Maastricht semble pour l’instant le mettre sur la touche du processus d’unification européenne. Par ailleurs, sa position est extrêmement sensible à l’évolution de la situation allemande.

(cf carte 4)

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Pour étudier la géopolitique de la Baltique et comprendre son récent bouleversement, on effectuera tout d’abord un retour
au donné géographique brut. C’est en effet la configuration morphologique de la région qui en a fait l’importance stratégique tout au long de l’histoire, et c’est ce donné qui sera la base des nouveaux équilibres qui sont en train de s’y mettre en place. On effectuera ensuite un retour sur la situation stratégique de la région avant 1989 : car il faut bien voir que c’est au moment même où la tension était à son paroxysme dans la région – fait qui a quelque peu échappé à l’analyse francophone, ou qui commençait tout juste à lui apparaître – qu’elle s’est brusquement effondrée pour laisser place à la plus grande confusion. On s’attachera particulièrement à quelques questions importantes restées sans réponse, telles l’évolution du droit de la mer en mer Baltique, le mystère des sous-marins fantômes soviétiques dans les eaux territoriales suédoises, et la question de la zone dénucléarisée en Europe du Nord, réactualisée par M. Gorbatchev. On étudiera alors les problèmes nouveaux que rencontre la région du fait de la dislocation de l’empire soviétique et des mutations que connaissent les sociétés scandinaves.

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Notes:

3 André Vigarié, "Stratégie océanique de l’URSS : le poids de la route maritime sibérienne", Relations internationales, n° 61, printemps 1990, pp. 41-58.

4 Le Danemark installa en 1423 un péage à l’entrée de la Baltique, qui était pour lui un moyen de combattre la puissance de la Hanse et dont il tira de considérables revenus jusqu’en 1857.

5 Cet objectif resta, bien sûr, présent au XXe siècle. Dans les années 50, le slogan concernant la Baltique était : "chassez les requins de l’OTAN hors de la Baltique". Puis il devint au cours des années 70, avec la période de détente : "la Baltique n’est pas une mare aux canards pour les adeptes de la convergence". Enfin, la formule de l’époque gorbatchévienne fut celle de la "Baltique, mer de la paix" (avec le sens de "paix soviétique").

6 Jacques Arnault, Finlande, "finlandisation", Union soviétique..., Paris, L’Harmattan, 1986.

7 La Norvège, on l’a dit, se trouvait désormais frontalière de l’Union soviétique.

8 De 1945 à 1946, l’île danoise de Bornholm fut occupée par les Soviétiques, qui la quittèrent contre l’engagement qu’elle ne devienne pas une base militaire occidentale.

9 Jean-Pierre Mousson-Lestang, La Scandinavie et l’Europe de 1945 à nos jours, Paris, PUF, 1990.

10 Erik Noreen, "The nordic balance : a security policy concept in theory and practice", Cooperation and Conflict, 1983, Vol. XVIII, pp. 43-56.

11 Nathalie Blanc-Noël, "L’Islande ou le porte-avions malgré lui", Stratégique, 1991, n° 50.

12 Magnus Jerneck, Kritik som utrikespolitiskt medel, Stockholm, Dialogos, 1983.

13 Constatant l’échec de la délégation de la CEE (la "troika") pour régler le conflit yougoslave en août 1991, des dirigeants yougoslaves soulignaient son ignorance de la situation extrêmement complexe de ce pays qui était à lui seul une charnière entre l’Est et l’Ouest (France-Inter, journal de 12 heures, 06/08/1991). Cet exemple est à méditer...

 

 

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