DEUXIÈME PARTIE : LA MER ET LES MARINS

 

Je me suis embarqué sur un vaisseau qui danse

Et roule bord sur bord et tangue et se balance

Mes pieds ont oublié la terre et ses chemins (…)

Hors du port qui n’est plus qu’une image effacée,

Les larmes du départ ne brûlent plus mes yeux.

Je ne me souviens pas de mes derniers adieux…

O ma peine, ma peine, où vous ai-je laissée ?

Jean de la Ville de Mirmont

 

"Mes pieds ont oublié la terre et ses chemins, les larmes du départ ne brûlent plus mes yeux" Quelques mots pour dire la profonde marginalité du marin. Enfin en mer ! Vus par les habitants casaniers de la terre, les marins n’ont guère bonne réputation. Platon leur reproche d’apporter bien de la bigarrure et de la perversité sur le littoral. Un sermon écouté l’autre jour ne disait pas autre chose. Il était question de Marseille et l’illustre orateur se plaignait des mauvaises mœurs induites par la présence de marins, individus faillibles de pauvre moralité. D’autres casaniers pourront être plus indulgents, ils railleront gentiment les marins, leur parler bref et technique, leur démarche lente et chaloupée, leurs bordées et leurs chants nostalgiques, leurs larges épaules et leurs grandes mains. L’objet de la deuxième partie de ce livre est de tenter d’expliquer
la mer et les marins. Tout au moins de lever quelques malentendus.

Tour à tour, se trouveront sur scène, la mer, comme zone d’action des "marins de guerre", puis les marins eux-mêmes, sans distinction. Ensuite l’on argumentera contre un adage aussi fameux qu’inexact : "La mer est le carrefour des civilisations". Le dernier chapitre, "Le navire de marbre", porte l’ambition de conclure.

 

Chapitre Cinq : LA ZONE D’ACTION DES MARINS
Chapitre Six : ETRE MARIN
Chapitre Sept : LA MER, CARREFOUR DES CIVILISATIONS ?
Chapitre Huit : Le navire de marbre

 

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