Polémologie 

Paléontologie de la guerre

 

Jean-Baptiste Margeride

 

"... il voit toutes les autres races harmonieusement

 équipées ; et l’homme nu, sans chaussures, sans armes".

 

Platon : Le Protagoras

 

 

L’Homme moderne ("Sapiens-Sapiens" pour le distinguer du "Sapiens Neanderthalensis") existe depuis des dizaines de milliers d’années, identique quant à son physique et ses facultés mentales aux êtres humains actuels.

Un des nombreux problèmes le concernant est celui de ses activités conflictuelles : notre ancêtre direct était-il le bon sauvage, cher aux disciples de Rousseau, ou bien la brute toujours prête à massacrer ceux qui ne faisaient pas partie du cercle étroit de son petit clan de chasseurs-nomades ?

 

LA QUESTION

 

Ce problème a longtemps agité le petit monde des spécialistes de la paléontologie humaine, comme - par ricochet - celui des "intellectuels", et ce n’est que depuis peu d’années qu’il est possible d’y voir plus clair.

Konrad Lorenz, homme pacifique s’il en fut, a montré l’apport positif de l’agressivité dans l’évolution, spécialement celle qui a conduit aux hominiens.[1] Il estime qu’elle a été un facteur fondamen­tal de survie/développement ; ceci :

- par la sélection sexuelle : le plus fort et agressif (avec l’aide de l’intelligence chez l’hominien) a le maximum de chances de procréer.

- pour la défense du groupe, des jeunes spécialement, contre les prédateurs.

- pour la conquête de l’alimentation du groupe face à la concurrence des autres espèces du même biotope ; les carnivores dans le cas de l’homme primitif.

Que cela nous plaise ou non, descendants des plus forts, des plus agressifs et, depuis que l’intelligence est apparue, de ceux qui y ajoutent la ruse, notre héritage biologique nous porte plus à la violence qu’à la douceur,[2] encore que nous puissions sublimer notre agressivité, ou la détourner vers les substituts que sont les sports et aussi notre instinct de découverte, qui est une sorte de lutte, plus ou moins consciente, contre notre ignorance.

D’autre part les capacités de nos plus lointains ancêtres homi­niens - dentition, ongles, musculature, rapidité de la course - étaient bien médiocres pour assurer la pérennité de la nouvelle espèce, à la fois prédatrice et proie dans une zone - la savane - où le gibier est abondant mais aussi les grands carnassiers ; et les refuges rares. Il a donc fallu suppléer au handicap physique par l’emploi d’"outils" de défense et de chasse dès que le cerveau eut acquis cette notion.[3]

Il est plus que probable que l’arme de chasse au gros gibier, ou de défense contre les grands prédateurs, existe depuis bon nombre de centaines de milliers d’années, mais leur identification est délicate, car après l’épieu ou la massue, l’arme la plus primitive se compose d’une "tête" de frappe de pierre taillée, associée à un manche, assurant la violence du coup (1/2 M.V²), qui a disparu. Or il est difficile de distinguer la pierre taillée-couteau à dépecer, cas du fameux coup-de-poing, dont la nature n’a été révélée que depuis peu par examen microscopique, de la pierre qui a servi d’arme. Il semble bien pourtant que le "hachereau" acheuléen (- 300 000 ans et Homo Erectus) ait été déjà une arme fixée à un manche.[4]

Dans les faits, la plus ancienne arme découverte dans son emploi est un épieu, retrouvé fiché dans le flanc d’un mammouth conservé par une tourbière. La datation au carbone 14 a donné un ordre de -30 000 ans. Mais des pointes (d’os) de sagaies ont été découvertes dans des sites du Chatelperronien (soit un ordre de -35 000 ans) et il est plus que probable que si des découvertes d’un passé plus lointain n’ont pas été faites, ceci tient à l’élimination des objets par le temps, et pas à la non-existence des armes.

L’invention de l’arc - première "machine" conçue par l’homme (car le propulseur n’est qu’un prolongement du bras) - constitue une percée intellectuelle et technique remarquable : pour la première fois l’homme a conçu un dispositif emmagasinant de l’énergie de manière relativement progressive, puis capable de la libérer brutalement en la transférant à un projectile qui acquiert ainsi une vitesse, donc une portée, très supérieures à tout ce qui peut être obtenu par la simple détente musculaire.

Toutes proportions gardées, cette invention est à placer sur le plan de l’arme à poudre ou celui de l’arme nucléaire (d’ailleurs l’arc, jusqu’à présent au moins, a tué beaucoup plus que ne l’a fait l’atome).

Nous sommes certains que l’arc remonte au moins au Gravettien (-25 000) pour avoir retrouvé des pointes de flèches de silex - perfo­rantes, mais aussi, pour certaines, tranchantes - dans des sites de cette "industrie". Mais il est permis de penser que, bien avant d’avoir pensé à fixer des pointes de pierre, l’homme a commencé par lancer des flèches de bois dur, appointées. En effet, de deux choses l’une, puisque les amérindiens et les mélanésiens ont connu l’arc :

- ou bien l’invention s’est produite et diffusée nettement avant -30/35 000,

- ou bien le hasard a voulu qu’elle se produise presque simul­tanément (à quelques milliers d’années près) dans l’Ancien Continent, aux Amériques, et dans les îles de la "plate-forme de Sahul" (Nouvelle Guinée, Australie,etc) conquises les unes et les autres d’emblée par l’homme moderne vers ces -30/35 000 ans. Ceci, alors que le Sapiens-Sapiens existait depuis des dizaines de milliers d’années.[5] Coïncidence temporelle peu vraisemblable.

Voici donc l’"Homo Sapiens-Sapiens" en possession vers -30 000 (+5 000 ?) des armes de chasse au gros gibier, ou de lutte contre les grands prédateurs. Mais ces armes sont précisément aptes, aussi, à donner la mort à des individus de sa propre espèce.

Que va donc faire notre "double-raisonnable" à cet égard ?

 

LES CONSTATATIONS

 

Pour savoir comment s’est comporté l’homme préhistorique, les seuls indices dont nous disposons sont les restes humains retrouvés : portent-ils des traces de mort par action violente ou non ? En quelle proportion ? Si oui, par actions isolées (meurtre) ou bien "groupées" (guerre) ?

Cette enquête est rendue difficile pour plusieurs raisons :

 

- la densité de la population était infime (nous y reviendrons) par rapport à ce qu’elle est devenue depuis que l’être humain a appris à gérer les ressources de la nature ;

- ces restes, objets de l’enquête, ont tendance à disparaître avec le temps, sauf certains moins sensibles à cette "usure" (p.ex, les mandibules et dents, mais qui ne suffisent pas pour établir un diagnostic) ; ou hasard de l’inhumation (voulue et rituelle, ou acciden­telle) dans un sol "conservateur" (tourbe, gel, minéralisation, extrême sécheresse ...).

- il est bien évident que les fouilles paléontologiques ne couvrent qu’une intime partie des terres parcourues par des hommes qui, sauf les derniers, n’ont pas laissé des traces de constructions "en dur" (émergence des ruines ; photo aérienne montrant l’incidence sur la végétation de surface, etc.).

Comme conséquence, les découvertes sont dues, en règle générale et aussi longtemps que l’homme n’a pas bâti, à l’intuition des chercheurs ou à un hasard heureux, (et alors, souvent à l’occasion de grands travaux de terrassement, tels ceux de création des autoroutes après ceux des chemins de fer).

Nous ne disposons donc que d’un "échantillonnage" numérique faible. Pourtant il semble suffisant pour que nous puissions nous estimer en droit de tirer les conclusions des constatations relevées.

Mais constatations et conclusions récentes ; en effet : jusqu’à la fin des années 1960 nous nous sommes représentés les rapports entre les petits groupes d’hominiens, puis d’hommes, sous une forme très proche de celle popularisée au début du siècle par des romans ; notamment ceux de J. H. Rosny aîné (La guerre du feu, Le félin géant, etc.) : le combat à mort, livré par réflexe lors de la rencontre accidentelle de deux petits clans. Combat qui décidera de la survie de l’un seulement des deux groupes de nomades chasseurs, et où seules les femmes jeunes seront épargnées, mais pour être incorporées au clan victorieux.

Romans intéressants à un double titre : d’abord par le récit - bien supérieur au film qui a prétendu s’inspirer de l’un d’eux - et plus encore par le fait que l’auteur, ayant pris conseil auprès des paléonto­logues de son temps, vulgarise les vues officielles de la période allant depuis la charnière XIXe-XXe siècles jusque 25 ans, environ, après le second conflit mondial.

Mais les très récents progrès de la paléo-anthropologie ont fait justice de ces tableaux dramatiques. Ce bouleversement résulte des travaux de "paléopathologistes" ; en clair, de médecins qui se sont intéressés aux maladies et blessures de l’homme préhistorique et qu’il serait peut-être préférable d’appeler parfois médecins paléolé­gistes (en France, Mme de Lumley, le Pr Dastugne, etc.).

Naturellement ces recherches n’ont pu s’appuyer que sur les seuls "documents" disponibles : les squelettes et fragments de squelettes mis à jour. On a pu ainsi reconnaître des déformations rhumatismales, arthroses, spondyloses, etc. et aussi des ostéo­sarcomes (ce qui montre que le cancer existait avant l’abominable pollution de la civilisation machiniste... qui a doublé l’espérance de vie en 100 ans).

Ont été observés aussi divers traumatismes ainsi que leurs conséquences : le blessé a survécu s’il y a ossification des bords de fractures.

Les résultats sont les suivants :

- pour les Paléolithiques supérieur et moyen, on ne trouve guère que des traces qui peuvent être attribuées à des accidents, mis à part l’homme de la Chapelle-aux-Saints qui présente une côte cassée et une phalange d’orteil écrasée, et qui est mort peu après (sans doute d’autres traumatismes n’ayant pas touché le squelette). Mais s’agit-il de mort violente, ou d’un accident ?

Les "documents" de cette époque sont rares.

- Pour le Paléolithique supérieur, nous devons tenir compte d’un autre unique cas : celui de la pointe de flèche fichée dans la colonne vertébrale de l’un des corps de Grimaldi. Blessure certainement mortelle mais, s’agissant d’un sujet âgé de 3 à 4 ans, on peut penser à un accident ?

Les documents de cette période sont, aussi, en faible nombre.

C’est le Mésolithique qui apporte, enfin, des preuves de meurtre.

* A Columnata (Algérie) sur une centaine de corps inhumés, un squelette d’adulte présente une pointe de flèche fichée dans une vertèbre lombaire, après perforation par le flanc gauche des organes internes. Pas d’ossification ultérieure, donc décès rapide. Mais un fait qui, dans notre mentalité, est anormal : il s’agit du corps d’une femme.

* En Algérie, encore, à El Bachir, ainsi qu’au Maroc, à Meceta­el-Arbi, perforation de l’os temporal par flèche aussi.

* Encore une pointe de flèche, dans un os, à Abu Hureya, en Mésopotamie.

Enfin, le cas célèbre de l’"homme de Théviec", le plus inté­ressant, car il ne s’agit plus de présomptions - certains des précé­dents pourraient être des accidents - mais de certitude : 23 corps datant du Mésolithique ont été découverts, inhumés, dans cet îlot de Teviec et 14 dans celui voisin de Hoëdic (situés de part et d’autre de la presqu’île de Quiberon, mais alors rattachés à la terre ferme).

Aucun de ces corps ne porte de traces de violence, sauf celui d’un homme adulte qui a fait l’objet d’un meurtre délibéré : dans sa colonne vertébrale sont encore fichées deux têtes de flèches. Le squelette a été étudié par le Pr Dastugne (laboratoire d’anthropologie de la Faculté de médecine de Caen) ; la flèche supérieure a traversé le thorax, sans doute en tranchant l’aorte, mais de toutes façons en provoquant des lésions pleuro-pulmonaires telles "que la survie du blessé est impossible" (en un temps où la chirurgie, a fortiori celle d’urgence, était inconnue).

De toutes façons, la présence des deux flèches - encore et toujours des flèches - est la "signature", en quelque sorte, de l’assassinat de cet homme. Pourtant, il a été inhumé avec 22 autres individus du petit clan : signe qu’il n’était donc sans doute pas un "étranger".

Le Mésolithique nous apporte donc la preuve de la pratique de l’assassinat chez l’homme préhistorique. Mais 1 meurtre certain, 4 possibles, pour des centaines de corps retrouvés, ne représente pas une proportion dramatique. Et, surtout, tous les cas recensés sont isolés.[6]

Nous en arrivons maintenant au Néolithique.

Rappelons d’abord, ou soulignons que, comme le Mésolithique, il ne représente pas une date, mais un faciès culturel dont le moment d’apparition peut varier de plusieurs milliers d’années selon la région considérée : vers -8 000/9 000 dans le "croissant fertile", -6 000 en France du Sud, -3 000/4 000 en Grande-Bretagne et Scandinavie.

C’est alors qu'interviennent plusieurs faits nouveaux dans le domaine - à côté des nombreux autres - qui nous intéresse ici : celui de l’emploi de la violence :

- Nous commençons, en effet, à trouver alors les traces de massacres collectifs. Par exemple la nécropole de Jebel Sahaba -proto-Néolithique local : -8 000 - contient une soixantaine de squelettes d’âges et sexes divers, dont 24 portent les traces évidentes de violence (pointes de flèches et/ou sagaies) et dont les autres peuvent avoir été tués par moyens "contondants".

Plus près de nous, dans le temps et dans l’espace, l’hypogée de Roaix (Vaucluse) contient une "couche de guerre", c’est-à-dire de squelettes, jetés en désordre et non pas "inhumés", avec nombreuses pointes de flèches encore fichées dans les os, ou tombées à côté pour celles qui ont été arrêtées par les chairs et les organes internes. Ce massacre, daté de -2 200 environ, fait irrésistiblement penser (toutes proportions gardées) à ceux de Vendée, aux fosses communes des camps d’extermination nazis, à Katyn, aux charniers de Hué après la fameuse offensive ("libératrice") du Têt, ou aux exécutions de masse par les Khmers Rouges,

Il est inutile de continuer à citer des exemples, comme la Mohenjo-Dâro, Dabar Kot, etc. du Néolithique.

- En second lieu, si le Mésolithique présente - art rupestre - de nombreuses scènes de chasse, ce n’est qu’à partir du Néolithique (ou du Périnéolithique) - VIIe/Ve millénaires - que ce genre de figura­tion montre des scènes de combat. Notamment au Sahara, au Levant espagnol, etc. (le plus souvent, un groupe défend ses bestiaux contre des pillards ; l’arme utilisée des deux côtés est encore, et toujours, l’arc).

Enfin, c’est un peu partout au Néolithique local qu’apparaît la protection collective, c’est-à-dire la fortification, alors que nous n’avons pas retrouvé le moindre indice d’organisation défensive pour les périodes précédentes.

Le plus ancien site important actuellement connu est celui de la première Jéricho, (découverte sous le tertre de Tell-El-Sultan près de la ville actuelle) datant du début du VIIe millénaire - mais la ville avait alors près de 1000 ans d’existence, c’est-à-dire qu’elle s’était formée au Protonéolithique. La muraille d’énormes blocs, remplaçant une première enceinte de brique, est coupée de tours (de guet ?). Elle atteint 8 à 10 m de hauteur et est précédée d’un fossé. Il est évident que les habitants de cette grosse bourgade ne se seraient pas lancés dans cet épuisant travail sans raisons impérieuses.

Un cas particulier, qui mérite d’être détaillé, est celui de la défense de Catal Hoyück : ne disposant pas de rocs dans leur vallée, et sans doute édifiés déjà sur la piètre valeur d’un rempart de briques crues, ces Anatoliens eurent l’idée de bâtir leur ville - un millier de maisons, 5 000 à 7 000 habitants à l’apogée, VIIe millénaire - de manière à ce que toute sa surface constitue une organisation défensive. A cet effet, elle fut constituée de maisons de hauteur quelque peu variable, mais accolées sans la moindre ruelle, et sans portes ni fenêtres, n’offrant que des murs aveugles vers l’extérieur de la cité. Seule entrée/source de lumière, une trappe dans le toit-­terrasse. Mais la circulation dans la ville exigeait d’emprunter sans cesse des échelles pour passer d’un toit à un autre de niveau différent ; et de plus grandes échelles pour "entrer" dans cette ville depuis l’extérieur. En cas d’attaque toutes les échelles extérieures eussent été retirées, ainsi que, selon la situation tactique, une partie de celles de circulation. La prise de cette très grande ville (pour l’époque) aurait exigé des effectifs importants lancés dans une lente et difficile conquête, maison par maison. Ce système fut dissuasif, puisque les archéologues n’ont relevé aucun indice de combat. Mais Catal Hoyük succomba sous l’action de la désertification progressive de ses alentours.[7]

En Occident les réalisations sont plus récentes - comme le passage au Néolithique.

Le principe adopté fut celui du rempart, mais seulement de madriers ou troncs pendant longtemps, précédé d’un fossé et établi autant que possible sur une hauteur naturelle. Plus tard et là où le matériau disponible le permettait, la muraille de bois fut remplacée par celle de pierre. Ceci, au moins pour le point faible classique : la porte d'accès. Cas "exemplaire" de Champ-Durand en Vendée, mais aussi de nombreuses autres organisations défensives en Europe de l’Ouest, notamment en Grande-Bretagne : les fameux "camps anglais".

Naturellement, localement une collectivité humaine n’a pensé à la protection du groupe, c’est-à-dire la fortification, qu’après avoir été l’objet, ou avoir eu connaissance, d’une expérience dramatique. C’est ainsi que les premiers villages de la civilisation des Balkans (-6 000/4 000) tels que Strelika, Karanovo, ou scandinaves, comme Egtved ou Trindoj, n’offrent aucun indice de système défensif.

Avant de passer du "comment" au "pourquoi", il semble utile de résumer les mérites des ouvrages défensifs (au moins jusqu’au canon, puis au moteur allié à la chenille et au bombardier) :

1) ils permettent aux défenseurs de résister à une force ennemie très nettement plus importante, ce qui donne le temps d’attendre les secours d’alliés, ou de faire renoncer l’ennemi en le décourageant ;

2) ils permettent à des individus peu entraînés (le "citadin"­agriculteur) de contrer efficacement des adversaires mieux exercés (le pasteur-nomade-chasseur). Les femmes et les enfants, même, peuvent exercer une action non négligeable en jetant des pierres ou objets pesants du haut d’une muraille sur l’ennemi donnant l’assaut (beaucoup plus tard, Pyrrhus aurait été tué au siège d’Argos par une lourde tuile lancée adroitement par une vieille femme) ;

3) mais, naturellement, des réserves de projectiles, d’eau et de vivres, et un moral solide, sont les compléments indispensables d’une fortification.

 

LES HYPOTHÈSES

 

Le phénomène-guerre social semble donc bien être apparu avec le Néolithique, alors que l’homme, jusque-là, ne paraît avoir utilisé la violence que pour des meurtres, isolés et en nombre très limité.

Mais il convient, sans doute, de définir les caractéristiques de ce qu’est la guerre puisque la violence s’étale sur un très large "spectre", allant de la bagarre entre deux individus coléreux jusqu’à l’extermination systématique d’un peuple vaincu.

Nous adopterons des critères très voisins, en somme, de ceux de G. Bouthoul : la guerre présente les caractéristiques suivantes :

- emploi de la violence physique contre les individus et les biens ; soit avec les inévitables mais seules "éclaboussures" touchant le domaine civil, soit - et c’est le franchissement d’un seuil – l’exercice systématique de cette violence contre ce domaine civil guerre "de terreur".

- entreprise collective, c’est-à-dire menée avec des effectifs "importants" (le terme étant, évidemment, très flou, mais ce n’est pas une poignée d’hommes qui mène une guerre au sens où nous l’entendons ; au plus un "hold-up" ou un acte de terrorisme) ;

- action très généralement préméditée au moins par l’un des camps protagonistes, étudiée et préparée : armes, équipements, organisation et mission des forces, concepts tactiques et opération­nels, logistique s’il y a lieu, etc.

- lancement de l’action au moment jugé le plus favorable par le "décideur", mot pouvant désigner un individu, une direction collégiale, un conseil réunissant des chefs alliés... ;

- désignation du chef investi du pouvoir de commandement et responsable qui, selon le cas peut être aussi l’individu détenant les pouvoirs politiques, ou bien avoir été désigné par l’autorité civile suprême.[8]

*

*       *

Après, donc, avoir vu le "comment" (ou le "quoi"), c’est-à-dire l’existence, rare d’ailleurs, du meurtre isolé jusqu’au Mésolithique compris, puis le développement du phénomène social nouveau de la guerre au Néolithique, reste à chercher le "pourquoi" de ce changement radical dans le comportement humain.

Malheureusement - et par définition - les périodes en cause n’ayant laissé aucun texte, nous en sommes réduits à l’étude de "pièces à conviction" ; étude qui ne peut conduire qu’à d’"intimes" convictions (elles aussi), controversables parce qu’inévitablement entachées d(une part subjective.

Nous ne donnons donc pas ici des certitudes, mais des hypothèses : celles qui, tenant compte des données, paraissent les plus vraisemblables.

La formidable mutation du Néolithique réside dans ce fait que l’homme est passé de l’économie d’"aubaines" - chasse, pêche, cueillette - à celle de la production, ce qui a provoqué un boulever­sement démographique, social, culturel, auprès duquel nos modernes révolutions ne sont que de faibles transitions.

On estime en effet qu’en zone tempérée, non de haute montagne, cas de la majorité de la France clans ses limites actuelles, et après la fin de la dernière grande période de glaciation ( vers -7500 en France après l’épisode "Drias III" de la glaciation Würm), donc en conditions favorables, cette économie d’aubaines exigeait une cinquantaine de km² par individu pour assurer sa survie. Le petit clan "standard" d’une vingtaine d’adultes et une quinzaine (?) d’enfants devait donc exploiter une surface de l’ordre de 1800 km² (1/3 d’un actuel département moyen) ce qui supposait une "base" permanente ou semi-permanente - grotte, hutte - pour les femmes avec enfants en bas âge ainsi que pour les vieillards perdus : ceux de plus de 40 à 45 ans.

On arrive ainsi[9] à une population de l’ordre de la dizaine de milliers d’âmes dans les limites de la France actuelle, c’est-à-dire une densité de l’ordre de 0,02 au km². A titre de comparaison, notre densité moyenne, une des plus faibles d’Europe, est actuellement de 102 - 5 000 fois supérieure - mais n’est que de 12 dans le département le moins peuplé (la Lozère) y compris petites villes et bourgades mais y descend à un ordre de 2 en zone purement rurale (ce qui est encore 100 fois celle de l’économie d’aubaines).

Avec l’agriculture, la surface nécessaire pour assurer la survie de l’individu s’est effondrée, tout au moins en zone favorable (température, pluviométrie, fertilité du sol, etc.). Elle se mesure en hectares - 1/100 de km² - voire en fraction d’hectare. En outre, le cultivateur du Néolithique a déjà un petit troupeau vivant des restes (porcins) ou de la pâture sur les parcelles impropres à la culture (ovins, caprins, bovins).

Alors, et malgré la mortalité infantile considérable, se produisit une explosion démographique par rapport à laquelle celle dont nous menacent - de moins en moins, à mesure des révisions successives à la baisse - nos néo-malthusiens n’est qu’une très passagère inflexion.

D’après des experts[10] aux conclusions concordantes, toujours pour la France, la population passe de 10 000 avant le Néolithique local, à 100 000 vers -3700, un million vers -2700 et au moins 4 millions vers -1800.

Mais il se trouve que certaines zones se prêtent moins à la culture, et certains hommes n’aiment pas la sédentarité. Ils vont se limiter aux techniques de l’élevage et seront les premiers nomades­-pasteurs qui se maintiendront jusqu’à la période contemporaine.

Les problèmes furent, pour les uns, de trouver de nouvelles terres cultivables là où des apports annuels de limon ne viennent pas pallier leur épuisement ; pour les autres, de disposer de zones de pâture suffisantes, plus particulièrement pendant l’hiver.

Et alors, aussi, apparaît le phénomène-guerre, coïncidence qui ne peut être fortuite et qu’il faut tenter d’analyser.

L’hypothèse qui nous paraît la plus vraisemblable est la suivante :

Les chasseurs-cueilleurs étaient en nombre si faible que les rencontres entre petits groupes ne pouvaient qu’être très rares. Lors de ces rencontres l’emploi de la violence était sans objet, puisqu’en économie d’aubaines les réserves alimentaires sont nulles et que chaque groupe possède déjà son "outillage" (mot pris, évidemment, au sens large). D’ailleurs les "étrangers"[11] à une zone, en état psycho­logique d’insécurité, car se trouvant en territoire inconnu, pouvaient se re tirer et aller chercher fortune ailleurs, sur une terre apparem­ment sans limite.

Pourtant, certaines circonstances favorables (gibier plétho­rique ? faiblesse numérique de l’un des groupes associée à la récente disparition de son chef ? déséquilibre complémentaire des sexes ? ... ) ont nécessairement donné lieu à fraternisation, voire à fusion si le total des individus ne dépassait pas une certaine "masse critique". En effet, sans ces rencontres pacifiques et au moins quelque peu durables, on ne saurait expliquer la diffusion des nouvelles techniques, telles que la taille des pierres,[12] l’aide au lancement par le propulseur, arc et flèche, domestication du chien, précieux auxiliaire de la chasse et du guet, etc.

Par ailleurs, les associations de clans ou les échanges de jeunes gens ont permis d’éviter une consanguinité qui, si elle avait été indis­pensable pour l’apparition et la fixation d’une espèce nouvelle, eut été néfaste à long terme.

Toutefois, nous l’avons dit, comme les autres espèces supérieures, l’être humain a hérité une forte dose d’agressivité. Agressivité qui peut s’exprimer à l’intérieur même du petit clan et notamment pour son commandement. Exactement comme nous le constatons chez les diverses sous-espèces sauvages canines vivant en sociétés, du loup au dohle en passant par le lycaon, ou chez les grands primates sociables, comme le babouin, il y eut certainement luttes pour la prédominance.

Mais, à la différence des animaux, chez qui le vaincu n’est tué qu’involontairement dès lors qu’il s’est soumis - il peut avoir reçu une blessure mortelle au cours du duel – l’homme sait que le vaincu accepte mal sa défaite et aura la patience d’attendre l’occasion favo­rable pour se venger, de manière... "définitive". Donc le vainqueur doit tuer le vaincu, et s’il ne le fait pas, il risque fort, un jour, plus tard, d’être assassiné par surprise.

D’où le meurtre, que nous avons relevé avant le Néolithique, et qui semble avoir eu l’arc et sa flèche comme moyen favori dès leur invention (peut-être en raison de la distance de tir si le meurtrier "rate son coup" à 30 ou 40 m, il lui est plus facile de s’enfuir que dans un corps à corps... ce qui peut laisser supposer que l’homme de Théviec était un "leader", assassiné par un rival n’osant l’affronter face à face).

Venons-en au Néolithique. Des notions nouvelles apparaissent : celle de l’attachement du paysan à la terre qu’il travaille, devenue un bien précieux, et surtout là où elle ne s’épuise pas grâce à l’apport annuel de limon fertile. En même temps, le paysan s’attache à sa maison, beaucoup plus confortable et durable que les huttes provisoires de ses prédécesseurs. Même le pasteur-nomade s’attache à son troupeau, qu’il doit gérer avec sagesse ; et aussi aux zones de pâture indispensables à ses bêtes.

Apparaît aussi, alors, une extraordinaire nouveauté : désormais les périodes de disette doivent normalement disparaître.

Mais la croissance démographique explosive amène rapidement des problèmes :

- pour l’agriculteur, une année trop sèche, trop humide, trop froide, voire une violente grêle locale, se traduit par des récoltes catastrophiques, avec menace non plus de disette, mais de famine ;

- pour le pasteur, les mêmes causes peuvent rendre les pâtures très insuffisantes, et pire encore les épizooties, qui détruisent radicalement le troupeau.

La survie du village d’agriculteurs ou de la tribu de nomades­-pasteurs étant alors menacée, un code de morale externe – c’est-à-­dire vis-à-vis de ceux qui n’appartiennent pas au groupe - se fait jour : ce n’est pas un crime, mais un devoir d’attaquer l’étranger pour se procurer par la violence ce qui assurera la survie de la collectivité.

Est Bien ce qui est nécessaire (au sens fort : ce qui ne peut pas ne pas être) à la communauté ; est Mal ce qui lui est préjudiciable. En d’autres termes, seul le résultat compte. Pragmatisme encore inconscient, mais qui se maintiendra jusqu’à nos jours, après que les théoriciens de la Renaissance, notamment Guichardin, Machiavel, lui ont donné ses "lettres de noblesse" en affirmant que l’acte ne doit pas être jugé par son contenu moral, mais par son succès ou son échec. Et un code de morale externe qui n’a jamais été mieux résumé que par la célèbre formule britannique : "Right or wrong, my Country."

L’appropriation des biens par la violence semble s’être vite étendue à celle des hommes - du moins ceux en âge et état d’être utilisés - esclaves ou populations étroitement soumises à un despo­tisme étranger, et considérés comme une sorte de réservoir d’énergie musculaire à bon compte (beaucoup plus tard, la dispari­tion de l’esclavage en Europe, aux débuts du Moyen-Age et sous l’influence de l’Église, a été jusqu’à un certain point l’équivalent de nos "chocs pétroliers").

Naît aussi la pratique du tribut périodique, imposé aux vaincus que l’on a bien voulu laisser survivre : tribut à fournir en nourriture, en métal, objets précieux ; voire en êtres humains : esclaves, auxiliaires militaires.

Soulignons pourtant encore que ce qui précède n’a que valeur d’hypothèse cherchant à expliquer l’apparition du phénomène-guerre au Néolithique : celle qui découle du vieil adage romain de criminologie, "Ist fecit cui prodest".

Mais hypotbèse exacte ou non, le fait demeure ; l’archéologie préhistorique montre que si le meurtre isolé semble aussi vieux que l’Homme - au moins l’Homme moderne, le "doublement raison­nable" ( !) - la violence collective avec ses massacres ne se fait jour qu’au Néolithique, c’est-à-dire il y a 10 000 ans, environ, dans certaines régions ; beaucoup plus récemment dans d’autres, moins... évoluées ; alors que cet Homme moderne existait depuis plusieurs dizaines de millénaires.

 

ARMES ET TECHNIQUE

 

Nous ne voudrions pas conclure sans une remarque à propos d’une question si souvent débattue de nos jours : la recherche militaire apporte-t-elle quelque chose au domaine civil[13] ou constitue-t-elle à cet égard une perte sèche de crédits et de matière grise ? Et, plus particulièrement, qu’en fut-il à cet égard dans la préhistoire ?

Un des très grands progrès de l’extrême fin du Paléolithique supérieur – l’"épi-Paléolithique" - et du Mésolithique fut le remplace­ment de l’outil de pierre taillée par les "microlithes", constitués eux aussi de pierre taillée, mais sous la forme d’éclats tranchants ou perforants dont la plus grande longueur est souvent inférieure au centimètre, fixés sur un support.

L’être humain avait réalisé le fait que le rôle demandé à la précieuse matière première, souvent apportée de loin,[14] était essen­tiellement de trancher, racler, percer : utiliser l’énorme majorité de ce matériau rare pour la préhension de l’outil comme "manche" constituait un gaspillage, comparable à ce que serait pour nous l’emploi de forêts, ou d’outils de coupe de tournage, alésage, etc., entièrement en carbure de tungstène (wolfram) ; ou encore si nous entendions couper une vitre avec un diamant de 100 carats – pour pouvoir le tenir entre pouce et index - au lieu de fixer un minuscule éclat au bout du coupe-vitre.

Le passage au microlithe a permis de tirer plusieurs dizaines de mètres de tranchant d’un kilo de silex (ou d’obsidienne, etc.) là où l’industrie de l’Homo Erectus, l’Abbevillien n’en donnait que 3 ou 4 cm ; celle du Moustérien, du Néanderthalien, de l’ordre du décimètre et l’Aurignacien de l’homme moderne, quelques dm.

Or, quels ont été les premiers microlithes ? Précisément les pointes de flèches et de javelines, car les munir de pointes de plusieurs centaines de grammes en aurait rendu la portée dérisoire. Il n’est pas interdit de penser que, puisqu’il fallait fixer solidement ces microlithes à l’extrémité des flèches, c’est sur cet exemple que l’homme en a étendu l’emploi à tout son matériel. Désormais l’outil proprement dit sera fait de bois dur (ou de bois de renne parfois) portant une rainure dans laquelle seront fixés les microlithes - coincement et collage. La pierre taillée ou polie n’intervient plus que comme tranchant de cet outil.

Autre avantage de la nouvelle technique : quand le microlithe se brise ou est émoussé, il suffit de le remplacer, alors qu’auparavant il fallait reprendre la taille du "nucléus" ou jeter le matériel quand ce "réaffûtage" était impossible.

Enfin, chose importante, cette technique de l’outil de bois a permis de lui donner des formes impossibles à obtenir avec la pierre (par exemple, l’herminette, la hache fine du menuisier-­charpentier-constructeur d’embarcations) ; et aussi de réaliser des instruments légers, dont ceux qui ont si fortement contribué à la réussite de la "révolution" néolithique : la faucille et le couteau-à-­moisson, long, dont on voit mal par quoi ils auraient pu être remplacés sans ces microlithes.

Naturellement, il s’agit là de suppositions, et suppositions qui ne seront jamais confirmées ou démenties. Il serait pourtant réconfor­tant de savoir si l’invention, il y a 20 000 ans, d’armes nouvelles de chasse mais aussi de meurtre, a permis, quelque 10 millénaires plus tard, le démarrage de la civilisation.

Car, puisque l’homme "raisonnable-raisonnable" existait depuis plusieurs dizaines de milliers d’années à l’Est de l’Europe, pourquoi avoir attendu si longtemps avant de s’engager dans cette civilisation... au moins matérielle ?



[1] K. Lorenz : "A quoi le mal est-il bon ?"

[2] Ayant eu souvent à parler devant des auditoires se réclamant du pacifisme le plus intégral, le regretté polémologue G. Bouthoul y avait noté les réactions d’une idéologie haineuse. Rapportant ce fait, il note tristement (Lettre ouverte aux pacifistes) : "Les pacifistes se croient pacifiques ; mais leur subconscient ne l’est pas".

[3] Le chimpanzé sait intimider le prédateur de ses jeunes, le léopard, avec le fort, gourdin que sa force - considérable pour un être de son poids - lui permet de faire tournoyer. Mais, le danger passé, il abandonne l’arme : l’idée de conserver un outil ne l’effleure pas.

[4] La finesse de taille de l’industrie acheuléenne implique la transmission du savoir par la parole venant s’ajouter à l’exemple. Certains spécialistes, par examen de l’ossature du palais et de la mâchoire, n’hésitent pas à faire remonter le langage articulé à quelques 2 millions d’années, mais avec impossibilité de prononcer certaines consonnes et voyelles. (De nos jours encore, il existe des dialectes qui n’utilisent pas certaines voyelles mais, en général, des variations de la hauteur du son).

[5] Sauf en Europe, où "régna" précisément jusque vers -30/35 000, ce qui apparaît comme une sous-espèce, le "Sapiens Neanderthalensis", probablement éliminé par métissage rapide avec l’homme moderne venu de l’Est.

[6] On objectera le cas de l’anthropophagie, comme à Fontbrégoua (Ve millénaire et Mésolithique encore dans cette zone) où les os portent encore la trace de ce qu’il faut bien appeler le dépeçage. Mais si ces os ont été mêlés à ceux des animaux, les 5 crânes ont été soigneusement rangés dans un coin de la grotte, ce qui peut faire penser à une pratique rituelle sur des hommes décédés de manière naturelle (les traces de "découpe" montrent d’ailleurs qu’elles n’ont pas été effectuées par le même "spécialiste", ce qui peut signifier un espacement relativement important dans le temps entre ces "repas"(de cérémonie ?).

[7] Les spécialistes ont pu montrer la quasi-simultanéité - à un intervalle inférieur à un millier d’années - de la désertification du Sahara et de vastes zones des Proche et Moyen-Orient.

[8] Solutions qui peuvent avoir chacune de graves inconvénients :

- le chef politique le plus habile peut avoir de très médiocres talents militaires,

- le chef de guerre désigné par l’autorité politique peut l’avoir été par la faveur, ou/et le faible risque de "pronunciamento" : plus pour sa docilité que sa compétence (en France, notamment, le souvenir du 18 Brumaire est resté, pour le moins, vivace).

[9] Cf les estimations de l’INED, Populations et Sociétés, n° 224, mai 1988.

[10] Cf Masset, Histoire de la famille, 1986. J.N. Biraben, dans Histoire de la Population française, 1988, etc.

[11] Au sens anglo-saxon ; "stranger" est celui qui ne fait pas partie de la communauté. L’individu de nationalité étrangère est un "foreigner".

[12] Il y a sans doute lieu de noter la constante tendance, sur 20 000 siècles, de l’Homo Habilis à l’homme moderne, à tirer toujours une plus grande longueur de tranchant d’une masse donnée de ces matières précieuses qu’ont été le silex, la calcite, le quartz, l’obsidienne.

[13] Dans les nations, du moins, où il n’y a pas coupure radicale entre le domaine civil et le domaine militaire, conséquence d’une sorte de psychose de l’espionnite, comme ce fut le cas en URSS depuis quelque 70 ans.

[14] On a retrouvé de véritables "mines" de silex préhistoriques. A Rijckholt, par exemple (près de Maestricht) la zone minière s’étendait sur 25 hectares environ avec une densité de l’ordre de 200 puits de mine à l’hectare. De chaque puits partaient des galeries d’une superficie moyenne de 25m².

 

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin