L’ALBANIE ET LA SECURITE DANS LES BALKANS

 

Stéphane LEFEBVRE

 

La crise yougoslave, après plusieurs longs mois d’affrontements aussi sanglants qu’inutiles, serait-elle sur le point de s’amenuiser ? La question, ainsi posée, ne peut appeler qu’une réponse à deux volets.

Tout d’abord, et cela est positif, les efforts de la France, par le biais de son président et de ses commandos, ont contribué largement à la réouverture de l’aéroport de Sarajevo et au réapprovisionnement de la cité assiégée, et à sa prise en charge par les soldats canadiens du 22e Royal Régiment et des officiels des Nations Unies. Ces efforts ont aussi contribué à montrer que les déclarations d’intention ne sont crédibles que lorsqu’elles se doublent d’actions concrètes, dénonçant ainsi l’administration Bush, certainement l’Union européenne occidentale et, incidemment, et bien que la France ne voit cette organisation s’impliquer, l’OTAN. L’action de la France n’a toutefois pas été sans critiques. Ainsi a-t-on reproché à son président de n’avoir agi que pour des raisons relevant purement de la politique domestique, et à la France d’avoir encore une fois fait cavalier seul alors que la formulation d’une politique de sécurité et de défense européenne commune en est à un stade critique. Mais, en fait, c’est d’initiative dont la France a fait montre.

Plusieurs scénarios prévoyant une expansion du conflit ont récemment été mis de l’avant. Le plus plausible parmi ceux-ci consiste en l’envenimement du conflit entre les Serbes et les Albanais du Kosovo, ce qui ne manquerait pas d’impliquer l’Albanie et la Turquie au conflit, ce à quoi la Grèce ne pourrait se montrer indifférente. Le nouveau président de l’Albanie, Sali Berisha, exprimait ses craintes à cet égard lors de discussions avec le président américain Bush en juin 1992. Pour Berisha, une réorientation du conflit yougoslave vers le problème kosovois signifierait que la Macédoine et l’Albanie ne pourraient rester inactives et que leurs éventuelles actions précipiteraient par le fait même une guerre des Balkans1.

Les altercations violentes entre Serbes et Albanais au Kosovo sont de plus en plus fréquentes. La mission d’enquête de la CSCE, dirigée par le Canada en mai dernier, n’a certes pas démenti de tels faits. Les perspectives d’une résolution nous apparaissent plutôt faibles, particulièrement si on prend en compte l’élection d’un président de souche ethnique albanaise au Kosovo, les déclarations d’indépendance de la province, les intentions, repoussées par les autorités serbes, d’un rattachement éventuel à l’Albanie si le pire se produisait, et la répression continue des Kosovois par la Serbie.

L’attention s’est portée jusqu’à maintenant, et de manière prioritaire, sur la Yougoslavie et ses anciennes républiques. La situation est maintenant propice pour une plus grande observation des développements en matière de sécurité et de défense en Albanie. Non seulement la République d’Albanie complète sa transition du communisme vers la démocratie, mais elle risque d’être au centre d’un conflit yougoslave des Balkans, tant redouté de tous en Europe. Il importe donc de se familiariser avec ce petit pays qui est, d’aucuns en conviendront, un acteur d’importance dans tout processus de paix devant s’appliquer à la région.

CONTEXTE GÉOGRAPHIQUE ET POLITIQUE

Située en Europe du sud-est, dans la péninsule balkanique, l’Albanie s’étend sur près de 28 748 kilomètres carrés. Ses frontières bordent celles de la Grèce sur près de 282 kilomètres et celles de la Macédoine yougoslave, de la Croatie et du Kosovo sur près de 486 kilomètres. S’ajoute à ces 768 kilomètres de frontières terrestres un littoral de 362 kilomètres, qui borde les mers Adriatique et Ionienne. Le canal d’Otrante, qui relie la mer Adriatique au nord à la mer Ionienne au sud, est considéré comme étant un passage stratégique.

L’Albanie est un pays montagneux (près de 80 % de sa surface), plusieurs petites plaines parsèment toutefois son littoral. Par conséquent, ses réseaux ferroviaire (543 kilomètres) et routier (6 700 kilomètres) sont très peu développés. En ce qui concerne la navigation fluviale, elle ne dispose que de 43 kilomètres. S’ajoutent à ces voies de navigations quatre ports principaux (Durrës, Sarandë, Vlorë, Shëngjin) et 10 aéroports (plusieurs étant de très petite dimension), bien qu’il n’y ait pas de vols domestiques réguliers. Près de 80 % du commerce maritime transite par le port de Durrës, le reste du commerce se répartissant entre les trois autres ports principaux. La marine marchande albanaise est plutôt maigre, n’ayant à son actif qu’une vingtaine de navires. Enfin, un service de traversier fonctionne entre Trieste (Italie) et Durrës.

Le conflit gréco-albanais

La frontière albano-grecque a par le passé donné lieu à plusieurs litiges entre la Grèce et l’Albanie. La Grèce considère, en raison de facteurs historiques et ethniques, que l’Epire septentrionale (la zone sud de l’Albanie) lui revient de droit. Cette contrée montagneuse, alors sous domination turque, fut divisée, en 1881, lorsque la Grèce annexa la majeure partie de l’Epire, la région septentrionale allant à l’Albanie, qui par la suite devint autonome (1912). Lors des deux guerres mondiales, alliances et rivalités politiques firent de l’Epire une région contestée. Cette contestation s’atténua en 1946 lorsque les Alliés confirmèrent les frontières de l’Albanie, telles qu’elles avaient été acceptées en 1913 lors de la conférence de Londres. La Grèce se rangea à cette décision jusqu’en 1958, puis elle remit sur le tapis la question de l’Epire en réponse à un désir de rapprochement de l’Albanie.

La dispute au sujet de l’Epire sembla se régler lors de l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays en 1971, mais encore aujourd’hui plusieurs nationalistes grecs revendiquent l’Epire septentrionale. Il est toutefois douteux que ces revendications reçoivent l’aval du gouvernement grec. En dépit d’inévitables tensions frontalières principalement causées par les déboires économiques de l’Albanie, les relations entre les deux pays se portent relativement bien alors que leurs relations économiques s’accroissaient encore dernièrement. Néanmoins, si la Turquie s’impliquait dans la résolution du problème kosovois, on pourrait prévoir une opposition grecque, qui sans doute utiliserait cet autrefois épineux problème qu’est l’Epire septentrionale. De plus, la Grèce viserait à protéger les quelque 200 000 membres de sa diaspora en Albanie.

La transition du communisme à la démocratie

Les premières élections libres tenues en Albanie en près de 70 ans eurent lieu le 31 mars et le 7 avril 1991. L’opposition, faible et n’ayant eu que très peu de temps pour s’organiser, ne fit pas très belle figure. En effet, ce n’est qu’en décembre 1990, dans la foulée des manifestations anti-communistes, que s’est constitué le parti démocratique albanais. Le parti du travail albanais (communiste) fut victorieux, s’emparant de 168 des 250 sièges. Le parti démocratique, quant à lui, obtint 75 sièges. Fait significatif, les votants en milieu rural votèrent en majorité pour le parti du travail, alors qu’au contraire, en milieu urbain, les votes allèrent en majorité au parti démocratique. Mais fait intéressant, le président, Ramiz Alla, perdit son siège aux mains de l’opposition. Afin qu’il conserve son poste, le nouveau gouvernement, possédant 67 % des sièges, amenda la constitution en éliminant l’article obligeant la détention d’un siège parlementaire par le président.

Le Parti du travail, renommé Parti socialiste, ne fit pas très long feu, affrontant crise après crise et mécontentement après mécontentement et n’utilisant pas moins de trois premiers ministres en moins d’un an. Faisant face à une crise économique et sociale aiguës, Alia n’eut d’autre choix que de confier à son dernier premier ministre, Vilson Ahmeti, un non-communiste, la tâche d’organiser les deuxièmes élections libres. A cette fin, une nouvelle loi électorale fut votée par l’assemblée du peuple. Cette loi fixa le nombre de députés à 140, les cent premiers devant être élus à la majorité absolue lors d’un premier tour, ou à la simple majorité lors d’un second tour, et les 40 autres députés selon la méthode de la représentation proportionnelle, le seuil étant fixé à 4 % des voix.

Ces dernières élections, tenues en mars 1992, virent s’affronter 12 partis politiques, alors que seulement deux partis s’affrontèrent lors de l’élection précédente. De prime abord, autant de partis sont apparus comme étant un obstacle à la stabilité politique. On crut que les forces de l’opposition se diffuseraient et que, par conséquent, les communistes seraient encore vainqueurs. Or, la réalité fut toute autre. En effet, le Parti démocratique remporta 62 % des voix, alors que 92 sièges sur 140 lui étaient alloués, 38 des autres allant au parti socialiste et le reste se répartissant entre le parti social-démocrate (7 sièges), le parti républicain (1 siège) et le Forum des droits civiques (2 sièges). Le 3 avril, le président, Ramiz Alia, en poste depuis novembre 1982, offrait sa démission. Le 6 avril, Sali Berisha, le chef du Parti démocratique, était élu par l’assemblée du peuple. Lors de son discours inaugural, il indiqua clairement les objectifs de son administration : premièrement, rétablir l’ordre et la stabilité2, deuxièmement favoriser les investissements étrangers, et troisièmement, intégrer l’Albanie au sein des institutions européennes.

Politique étrangère : une nouvelle approche

La mort du dirigeant communiste Enver Hoxha (ou Hodja), qui avait présidé à la destinée de l’Albanie depuis la fin de la seconde guerre mondiale, suivie quelques années plus tard par la "mort" du communisme en Europe de l’est, ont incité l’Albanie, sous la direction du président Alia, à sortir d’un isolationnisme des plus orthodoxes. Les canaux diplomatiques furent progressivement rouverts avec, tout d’abord, les pays de l’Europe de l’est et des Balkans et par la suite avec l’Europe occidentale, avec, en premier-plan, la République fédérale d’allemagne, et la Chine.

Lors de la période isolationniste, les contacts officiels furent très restreints particulièrement avec les Etats formant chacun des blocs militaires du Pacte de Varsovie et de l’OTAN. Cette politique s’allégea quelque peu après la rupture idéologique qu’a connue l’Albanie avec la Chine, pendant les années 1970. Cette petite ouverture s’élargit après la mort d’Hoxha pour finalement s’étendre à tous les pays, quelle que soit leur idéologie politique, en avril 1990.

A l’ouest, l’Espagne, le Canada et la République fédérale d’Allemagne ne perdirent pas de temps, établissant leurs relations diplomatiques avec l’Albanie dès septembre 1986 (Espagne) et septembre 1987 (Canada et République fédérale d’Allemagne). Les canaux diplomatiques furent rouverts avec l’Union soviétique en août 1990 et avec les Etats-Unis en mars 1991. Aujourd’hui, l’Albanie entretient des relations diplomatiques avec plus de 100 Etats.

Sur le plan institutionnel, le déblocage eut lieu le 8 mai 1990 lorsque l’Albanie déclara son intention de se joindre à la CSCE. Ceci se réalisa le 17 septembre 1991 lorsque Alia signa la charte de Paris, ayant signé le jour précédant les actes de la conférence de Helsinki, tenue en 1975. L’Albanie se considère par ces gestes comme étant sur la voie de l’intégration européenne et fera en sorte que ses obligations, particulièrement en ce qui concerne les droits de l’homme, soient respectées.

L’Albanie participa à la conférence de Paris sur la prohibition des armes chimiques et annonça son intention d’adhérer au traité de non-prolifération. Elle a, de plus, signé un accord de coopération en matière commerciale avec la Communauté européenne, qui, espère-t-elle, l’aidera à décrocher à moyen terme un statut de membre associé. Finalement, son souhait de participer au Conseil de coopération nord atlantique (COCONA) fut exaucé le 5 juin dernier, lorsqu’elle y fut officiellement admise3.

Sur le plan des relations économiques avec l’étranger, l’Albanie a adopté une stratégie à deux volets. Premièrement, pour répondre aux besoins les plus urgents, elle quémande l’aide étrangère. Il ne faut pas oublier ici que le revenu moyen par habitant de l’Albanie est de moins de 1 000 dollars américains par année. Deuxièmement, pour le développement à moyen et long terme du pays, l’Albanie fait appel à l’investissement étranger et à la coopération économique régionale. Sur les deux fronts, les développements se font attendre. Encore en juillet dernier, plusieurs milliers d’Albanais tentèrent, sans succès, de s’emparer de navires pour quitter le pays4. Les tentatives d’émigration d’Albanais vers l’Italie sont la simple réflexion d’une situation économique catastrophique (qui se manifeste particulièrement par de faibles provisions alimentaires). Par exemple, lors de la première moitié de 1991, la production industrielle et agraire chuta de 50 % en comparaison avec la même période l’année précédente.

A court terme, l’aide étrangère demeurera nécessaire. Mais en même temps on tente d’obtenir des concessions économiques, comme le statut de la nation la plus favorisée (obtenu des Etats-Unis en juin dernier), et d’augmenter le nombre et le montant des investissements. La signature par l’Allemagne, en novembre 1991, d’un accord promotionnel en vue d’augmenter les investissements allemands est certes considérée comme étant l’exemple à suivre. Mais le nouveau gouvernement albanais n’entend pas s’asseoir sur ce succès. Un programme de réformes économiques a été mis en place en avril dernier et un autre programme législatif prévoit, par exemple, de garantir la propriété étrangère en sol albanais. Un autre programme, de nature publicitaire, cherche à mettre en valeur les ressources naturelles de l’Albanie (charbon, chrome, nickel). Il est ici intéressant de noter que l’Albanie, malgré sa pauvreté, est le troisième producteur mondial de chrome, accaparant, en 1987, 8 % du marché derrière l’ancienne URSS et l’Afrique du Sud5. L’Albanie n’est certes pas au bout de ses peines, mais elle prend les mesures qui lui permettront d’obtenir très prochainement l’aide du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

La coopération économique régionale favorise le développement des liens entre les pays de la région. Elle fut donc très encouragée par la création d’une zone de coopération économique en mer Noire (déclaration d’Istanboul) le 25 juin dernier. Les 11 Etats signataires (Moldova, Ukraine, Géorgie, Arménie, Russie, Roumanie, Turquie, Bulgarie, Albanie, Grèce et Azerbaïdjan) ont manifesté, à la suite de la signature de l’accord, leur volonté d’établir des relations pacifiques, gage de tout succès économique éventuel (déclaration du Bosphore)6.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères a ainsi une immense tâche devant lui. Cette tâche se complique lorsqu’on lui ajoute les ajustements internes dont son ministère doit faire l’objet. Car il ne faut pas se leurrer, l’Albanie, pour atteindre ses objectifs tant en matière économique que de sécurité, a besoin de diplomates talentueux et loyaux. Ceux-ci devront faire valoir leur attachement aux deux principes fondamentaux guidant la formulation de la politique étrangère albanaise : premièrement, tout élément de politique étrangère doit aider à l’établissement et à l’affermissement d’une démocratie véritable et permanente ; et, deuxièmement, tout élément de politique étrangère doit contribuer à l’obtention d’une solution démocratique à la cause nationale (c’est-à-dire au problème du Kosovo). Ces deux principes, formulés par le ministre des Affaires étrangères, Alfred Serreqi, sont certes imprécis en ce qui concerne les actions concrètes à prendre, mais c’est avant tout un état d’esprit qu’il cherche à insuffler à une nouvelle génération de diplomates. La recherche de ces diplomates "nouveau genre" se poursuit.

Le premier principe, en particulier, indique que les relations de l’Albanie avec l’Occident seront privilégiées et que ces relations seront cordiales et de nature coopérative. L’Albanie compte notamment sur de solides liens d’amitiés avec l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie et les Etats-Unis, dont la diaspora albanaise est forte de 600 000 membres, pour développer son potentiel humain et économique. Cela n’est pas sans signification. En effet, cela démontre le caractère tout européen que l’Albanie cherche à se donner. Le ministre Serreqi ne peut être plus clair à cet égard : "en termes généraux, nous sentons que nous sommes européens, que nous vivons en Europe tant géographiquement, spirituellement, mentalement, psychologiquement qu’historiquement" 7. Quant au deuxième principe, il indique clairement que l’Albanie n’entreprendra aucune action militaire de sa propre initiative pour faire valoir ses vues. L’Albanie cherchera ainsi à user de "moyens démocratiques" pour régler le problème du Kosovo et tout problème pouvant survenir avec son voisin du sud, la Grèce, avec qui l’Albanie n’a jamais eu de confrontation armée.

PROBLÈMES CONTEMPORAINS DE LA SÉCURITÉ ALBANAISE

Le problème de l’immigration

La fin du communisme en Europe de l’est a encouragé les Albanais à revendiquer de plus en plus fermement le contrôle de leur destinée politique et économique dans un cadre démocratique. Alors que la libéralisation politique se matérialisa progressivement, sans toutefois rallier inconditionnellement tous les démocrates, les progrès d’une économie meurtrie par plus de quatre décennies de communisme furent lents. Il s’ensuivit inévitablement une période d’insatisfaction profonde qui fut marquée de démonstrations, parfois violentes. Le relâchement, en juin 1990, des contraintes en matière de voyage à l’étranger et la répression de manifestants dans la capitale, le 2 juillet suivant, allaient créer un exode massif d’Albanais. Plus de 5 000 d’entre eux allaient, dans l’espace de quelques mois, se "réfugier" dans les ambassades de France, d’Allemagne, de Grèce, de Turquie, de Pologne, de Hongrie, de Tchécoslovaquie, et d’Italie.

La pression publique internationale et l’aide accordée par les Nations Unies, les Etats impliqués ainsi que diverses organisations, ne résolurent pas le problème. Alors que les progrès vers la démocratie se faisaient sentir ("arrachés" par la population), le multipartisme étant, par exemple, introduit en décembre 1990, l’économie albanaise ne se redressait pas assez rapidement. Ce qui devait arriver arriva : les "réfugiés économiques" albanais prirent la mer et traversèrent l’Adriatique vers Bari (Italie), où ils furent la cause de multiples problèmes d’hygiène et d’approvisionnement. L’exode allait atteindre son sommet une première fois en mars 1991 lorsqu ’environ 24 000 Albanais cherchèrent refuge en Italie. Le second sommet fut atteint en août de la même année lorsqu’environ 17 000 Albanais franchirent de nouveau l’Adriatique. L’Italie, ne pouvant les absorber tous, adopta des mesures de rapatriement, usant même de la supercherie pour atteindre ses fins. De plus, sur le plan interne, le pillage et la confusion continuaient devant une police plus ou moins efficace. De façon à endiguer ce flot humain et à calmer les esprits en Albanie, l’Italie décida d’envoyer ses troupes pour distribuer sa contribution alimentaire, évaluée à 85 millions de dollars américains.

L’émigration se réduisit considérablement, mais avait coûté 330 millions de dollars américains en l’espace de trois mois au gouvernement italien. Une partie du coût, toutefois, était le résultat d’un déploiement de 300 marines du Régiment de San Marco dans les ports albanais pour aider les autorités albanaises à contrôler les sorties du pays et la distribution des secours d’urgence. Néanmoins, l’Italie n’eut pas tout le fardeau à supporter. La Communauté européenne annonça en effet le 3 septembre qu’elle mettrait à la disposition de l’Albanie 45 000 tonnes de blé hongrois. L’opération Pélican fut par la suite mise sur pied et battait toujours son plein lors du premier trimestre de 1992.

Pour les autorités albanaises, l’émigration économique de ses citoyens constitue un obstacle sérieux à son développement économique. En effet, elle mise sur le faible niveau des salaires et les qualités de bon et dur travailleur de sa main-d’œuvre pour attirer des investissements étrangers. Perdre le meilleur de sa main-d’œuvre (il faut ici noter que 65 % de la population a moins de trente ans) ne peut qu’entraver un accroissement des investissements éventuels et, aussi, ne fera que maintenir le pays dans le chaos économique et social. Mais à court terme, ceux qui décident de rester n’ont que peu d’options pour assurer leur subsistance. C’est ainsi que le crime (le vol en particulier) a connu une hausse vertigineuse au cours de la dernière année. En fait, c’est dans un cercle vicieux que se trouve aujourd’hui l’Albanie.

De plus, comme le soulignait récemment Stephen Larabbee, "le problème des réfugiés démontre avec force les liens existant entre les changements domestiques et la stabilité régionale dans les Balkans" 8. Les réfugiés albanais ont, en effet, été une cause d’inquiétude pour plusieurs des pays vers lesquels ils se sont dirigés, surtout les deux plus proches voisins de l’Albanie, l’Italie et la Grèce.

Il faut quand même souligner un aspect positif. D’une certaine façon, l’armée albanaise a bénéficié de la crise des réfugiés. Elle a certainement appris de l’armée italienne que l’armée, en tant qu’institution, peut aider la société civile. Elle a aussi certainement appris à planifier, mettre sur pied, et conduire des opérations d’aide humanitaire de petite envergure. L’expérience lui a indiqué, sans doute, les domaines où elle devra accroître ses ressources, comme ceux du transport logistique et de l’entraînement des troupes en vue d’opérations humanitaires9. Finalement, les contacts développés avec les forces armées d’un pays démocratique ne peuvent que rehausser son moral quant à ses rôles futurs et à développer des liens avec l’armée italienne et d’autres forces armées.

Le problème du Kosovo

L’inquiétude extérieure majeure de l’Albanie est la situation instable dans laquelle se trouve le Kosovo. Province autonome de la Serbie, le Kosovo aurait appartenu à l’Albanie jusqu’en 1913, lorsqu’il fut cédé à la Serbie. Le Kosovo a une population d’environ deux millions d’habitants, 90 pour cent de ceux-ci étant de souche albanaise guègue, et les autres de souche serbe ou monténégroise. De plus, un peu moins d’un million d’Albanais se répartissent au sein des autres ex-républiques de la Yougoslavie. Considérant que la population de l’Albanie tourne autour de trois millions, et que les Tosques, au sud, sont en majorité, un rattachement du Kosovo à celle-ci doublerait non seulement le nombre de ses habitants, mais ferait aussi pencher la balance démographique en faveur des Guègues, ce qui rend bien compte de l’importance du Kosovo pour l’Albanie. Historiquement, les Guègues se sont avérés anti-communistes au contraire des Tosques, et en faveur d’une pan-Albanie, englobant la "vieille Serbie" qu’est le Kosovo.

L’Albanie s’est engagée dans une campagne propagandiste en faveur des Albanais du Kosovo. Mais en aucun cas elle ne procurera une assistance militaire à ceux-ci10. La politique albanaise à l’égard du Kosovo se veut dénuée de pression. En septembre 1991, et cela en dépit d’énormes pressions de la part des Serbes, le Kosovo tint un référendum sur l’indépendance de la province. Les résultats exprimèrent, à plus de 90 %, le désir des habitants du Kosovo de se détacher de la Yougoslavie. La réaction albanaise fut très positive. Dans un message envoyé au président de l’assemblée parlementaire du Kosovo, le président albanais reconnut comme légitimes les résultats au référendum et assura la province de son entier support pour une reconnaissance internationale de celle-ci.

Dans le cas où la Serbie chercherait à modifier les plans de souveraineté et d’indépendance du Kosovo, ce qui semble en rhétorique, sinon pratiquement, être le cas, les chefs politiques de cette province autonome ont clairement indiqué qu’ils rechercheraient l’unité avec l’Albanie, dans des termes, bien sûr, qui restent encore à négocier.

En d’autres mots, de façon à éviter tout conflit ethnique interne, le président Alia évita de démontrer un support illimité pour l’indépendance du Kosovo. Il semble bien que les choses vont changer sous la présidence de Berisha, un guègue, qui apparemment n’aurait pas exclu un rôle militaire pour l’Albanie. De telles actions risqueraient, si elles sont sérieusement envisagées, de faire perdre leur crédibilité aux principes guidant la formulation de la politique étrangère albanaise, principes dont nous avons fait mention précédemment.

Aujourd’hui au Kosovo, les relations entre les Serbes et les Albanais se sont tellement détériorées que des altercations violentes sont maintenant chose courante. Les institutions provinciales ont peine à fonctionner et d’autres épisodes de violence sont à prévoir. Une telle perspective, qui n’est guère réjouissante, risque d’entraîner dans le conflit l’Albanie et, enfin, d’impliquer l’entière région des Balkans et l’Europe11. Pour que ce scénario devienne réalité, on n’a qu’à penser aux dépêches récentes laissant entendre que l’Albanie aurait massé près de 50 000 de ses soldats à sa frontière yougoslave, et qu’une intervention turque qui viserait à protéger les musulmans maltraités par les Serbes serait à prévoir. Cela pourrait être perçu par la Grèce comme étant une tentative de la Turquie visant à établir son hégémonie dans les Balkans12. Comme la Grèce et la Turquie sont toutes deux membres à part égale de l’OTAN et de la CSCE, il y a peu de chance que ces deux organisations ne s’impliquent pas.

L’APPAREIL MILITAIRE ALBANAIS

L’ordre de bataille

L’Albanie était un membre originel de l’organisation du Pacte de Varsovie. Elle quitta cette organisation en 1968, près de sept années après la rupture de ses relations avec l’Union soviétique. Ainsi, c’est jusqu’aux environs de 1961 qu’elle se procura de l’Union soviétique l’ensemble de son matériel de combat. La Chine, jusqu’à la rupture idéologique de juillet 1978, sut bien remplacer l’Union soviétique en livrant à l’Albanie pièces de rechange et systèmes d’armement, et lui assignant plusieurs conseillers militaires. Depuis cette période, toutefois, il a été très difficile à l’Albanie de maintenir un statut de préparation élevé pour ses systèmes d’armes.

Les forces armées albanaises sont divisées, de façon traditionnelle, en trois services : l’armée de terre, l’aviation et la marine. En incluant les forces de réserve de l’armée de terre, la marine et l’aviation n’en ayant pas, le nombre de militaires mobilisables est, selon les estimations, situé entre 198 000 et 203 000 militaires.

L’armée de terre maintient une structure, sur le papier, de 4 brigades d’infanterie, brigade blindée, 3 régiments d’artillerie, 2 régiments de défense aérienne, régiment de sapeurs, 6 bataillons de défense côtière et 1 bataillon de transport. Son équipement est vieillot et désuet. Sa dotation inclut de vieux chars tels les T-34 et T-54, des transports de troupes BTR-40/50/142, des canons anti-chars M-1942 et des canons anti-aériens jumeaux ZU-23.

Cette structure de l’armée de terre était, jusqu’à tout récemment, très artificielle. Son contrôle s’établissait à travers près de 1 500 petites unités, chacune ayant une indépendance relative, de façon à ce qu’aucune formation ne soit en mesure de saisir le pouvoir. C’était l’application du principe "diviser pour régner". Depuis sa nomination au poste de ministre de la défense, Safet Zhulali a indiqué à plusieurs reprises son intention de restructurer l’armée en de plus grandes et fonctionnelles unités/formations. De plus, il a indiqué que l’armée serait réduite en personnel, tant au niveau des officiers que des sous-officiers, et qu’elle serait éventuellement transformée en une armée de métier (professionnelle). Entre-temps, le service militaire se voit réduit de 24 à 15 mois, en vertu de l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi sur le service militaire. Cette décision aura comme effet, à moyen terme, de réduire le nombre des appelés du contingent du tiers.

La marine est la plus petite composante des forces armées albanaises. Comme l’armée de terre (et l’aviation), son équipement est vétuste et a besoin d’être remplacé. Sa dotation d’unités navales inclut 3 ex-sous-marins soviétiques de la classe Whiskey, dont un sert à l’entraînement et dont les deux autres sont considérés comme étant inactifs, 2 ex-navires de patrouille soviétiques de la classe Kronstadt, 29 ex-navires d’attaque rapide chinois de la classe Huchuan, 6 ex-navires d’ attaque rapide chinois de la classe Shanghaï, 2 ex-navires de patrouille côtière soviétiques de la classe P0-2, une force de dragueurs et de poseurs de mines comprenant 4 ex-navires soviétiques de la classe T301 et 2 ex-navires soviétiques de la classe T-43, ainsi que trois navires citernes, 2 remorqueurs et 5 navires de support auxiliaires.

Les bases principales de la marine sont Vlorë, l’île de Sazan, où sont basés les sous-marins, Durrës, Sarandë, Shengjin, Pasa Liman et Scutari. Dans l’ensemble, entretien de la flotte ainsi que sa préparation au combat sont considérés comme étant inadéquats, peu d’exercices étant tenus en haute mer et les navires manquant de pièces de rechange13.

L’aviation, quant à elle, se compose principalement d’avions chinois (F-4, F-6, F-7)14, et peu de spécialistes aujourd’hui croient qu’ils soient utilisables en situation de combat ou même pour l’entraînement. La vétusté des appareils, de même que les difficultés de l’Albanie à se procurer les pièces de rechange nécessaires, ont depuis longtemps réduit (presqu’à néant) l’inventaire des dites pièces. L’aviation n’est pas présumée indépendante, au sens où sa mission première est le support tactique aux forces terrestres. Pour remplir cette mission, elle s’est constituée en 5 escadrons d’interception et d’attaque au sol, un escadron de transport (10 An-2, 3 Il-14M, 6 Li-2) et 2 escadrons d’hélicoptères (20 Mi-4 [Z-5 chinois]). Les principales bases aériennes sont Berat, Durrës, Kucove, Tirana, Valona, Vlorë et Durrazzo.

L’inventaire des forces militaires albanaises ne saurait être complet sans mentionner l’existence des forces paramilitaires : la force de sécurité interne qui comprend 5 000 soldats et les gardes frontières au nombre de 7 000.

Les forces armées en évolution

Le Parti du Travail albanais (communiste), après son élection d’avril 1991 et les protestations de rues qui commencèrent dès juillet 1990, promit d’établir une constitution mettant une emphase particulière sur le respect des droits de l’homme, le pluralisme politique et la propriété privée. Le nouveau gouvernement, élu en mars 1992, ne brisera pas cette promesse de son prédécesseur. Il est même à envisager qu’il accélérera le processus tout en lui donnant plus de profondeur. Pour les forces armées, cela signifie à tout le moins l’adoption d’une nouvelle philosophie en ce qui concerne son rôle au sein de la société ainsi que ses relations avec cette dernière.

Les principes de la philosophie communiste sont en train d’être remplacés. Les commissaires politiques ont disparu, soit pour prendre goût à la vie civile, en raison de leur incompétence professionnelle, soit pour se recycler en officiers des affaires sociales.

A l’académie militaire le curriculum des cours est en révision. De nouveaux cours, dont plusieurs portant sur la politique étrangère de l’Albanie et d’autres pays, et sur la démocratie, se font jour. Ce processus, malheureusement, fait face à un problème de taille : celui d’obtenir la documentation nécessaire à ces nouveaux cours et leur traduction. Une des solutions envisagées consiste à augmenter les contacts militaires avec des pays occidentaux. Cela s’est avéré fructueux, puisque les portes d’académies et de collèges turcs, allemands, américains, italiens et autrichiens s’ouvrent progressivement aux officiers albanais. Dès leur retour, ils pourront contribuer à la formation des officiers albanais inscrits aux académies du pays.

Sur un deuxième plan, il est nécessaire à l’Albanie de développer les outils qui lui permettront de façonner une politique de sécurité et de défense adéquate. C’est dans cette optique qu’un institut d’études stratégiques sera bientôt créé. Cet institut sera à la fois composé de personnel militaire et civil et se concentrera sur l’étude de problèmes de sécurité et militaires. Des liens, sous forme de projets conjoints, avec d’autres instituts seront activement recherchés, de façon à compenser un niveau de connaissances insuffisant dans ces domaines.

Sous l’ancien régime, les forces armées étaient considérées comme un important facteur d’unité nationale et de stabilité. Sous le nouveau régime, cette conception de l’armée sera adaptée aux nouvelles conditions d’exercice du pouvoir, dont la plus importante est sans aucun doute un budget restreint devant permettre de parer en priorité aux besoins humanitaires de la population, ce qui exclut à court et moyen terme une modernisation des forces armées. A long terme, il est dans l’intention de l’actuel gouvernement d’éliminer la conscription, de réduire le personnel des forces armées et de transformer ces dernières en forces professionnelles. Malgré cela, la tâche des forces armées demeurera pratiquement inchangée au niveau extérieur : la protection de l’intégrité territoriale du pays.

Depuis le début de l’année 1992, les forces armées ont gagné quelque peu en popularité. Elles n’ont pas agi de façon répressive contre les gens manifestant pour des raisons économiques ou contre les réfugiés albanais revenant au pays. De plus, elles ont fait de leur mieux pour distribuer la nourriture et autres vivres à ceux qui en avaient besoin. Malgré cela, le niveau de discipline des soldats est sévèrement critiqué. Ceux-ci ont en effet enfreint la loi à plusieurs occasions et n’ont pu assurer la protection d’entrepôts contenant des secours d’urgence. Le ministre de la défense a appelé à un resserrement de la discipline et au patriotisme des troupes. La discipline s’est améliorée mais les conscrits demeurent néanmoins dans l’ensemble peu disciplinés, peu motivés et peu efficaces.

PERSPECTIVES

A court terme, la guerre civile en Yougoslavie et le traitement négatif que subissent les Albanais au Kosovo vont encourager un accroissement de l’implication politique de l’Albanie dans ce conflit. En ce moment, un rôle militaire de l’Albanie n’est pas envisagé, mais il n’est pas à exclure non plus, particulièrement à moyen terme (six mois à un an).

Trois raisons peuvent faire pencher l’analyste en faveur d’une intervention militaire de l’Albanie. Premièrement, les déclarations du président Berisha n’ont jusqu’à maintenant pas toujours été en accord avec les principes formulés par son ministre des Affaires étrangères. Deuxièmement, la guerre civile actuelle en Yougoslavie est de nature non linéaire, c’est-à-dire sans fronts distincts, et poursuivie à un niveau technologique relativement bas, ce qui peut difficilement être au détriment des pauvres forces albanaises. Enfin, l’Albanie n’aura que peu de choix sauf réagir militairement si elle est ouvertement attaquée, ce que nous croyons en ce moment être une faible possibilité.

En revanche, une des raisons qu’on pourrait évoquer pour soutenir une faible probabilité de confrontation armée est que si l’Albanie entre en conflit armé avec la Yougoslavie, dont les forces armées, bien équipées en armes lourdes, n’ont pas été entièrement engagées dans la guerre civile faisant rage et dont la présence est significative au Kosovo, la perspective de tout gain doit être exclue à court et moyen terme. Toutefois, considérant la nature montagneuse de l’Albanie et du Kosovo, il est possible qu’ un conflit armé y soit là aussi non linéaire, ce qui permettrait à tout le moins une résistance armée jusqu’à une solution internationale du conflit.

L’Albanie est sur une voie incertaine. Malgré un faible mouvement vers l’avant de l’économie, la réforme économique n’en est qu’à ses débuts et la présence quotidienne dans les rues de gens désespérés, affamés ou violents est le signe que les problèmes économiques nécessitent encore aujourd’hui une amélioration urgente. Le défi auquel fait face le parti démocratique est sérieux. Il faudra des années et beaucoup plus d’aide étrangère qu’il n’y en a présentement pour reconstruire le pays. L’armée, dont la popularité était légèrement en hausse, sera probablement plus active sur le plan interne que Berisha ne l’aurait voulu, ce qui peut créer de sérieux troubles si les manifestations "économiques" ne peuvent être contenues. La réforme de l’appareil militaire sera longue mais l’aide de forces armées étrangères se fera positivement sentir à moyen et long terme (1 à 5 ans).

 

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Notes:

1 David Binder, “Albanian Leader Tells Bush of His Fear of Serbia”, The New York Times, 16 juin 1992, p. A10.

2 A cet égard, les exécutions publiques de criminels reprirent, l’objectif étant de dissuader par l’exemple. La majorité de la population, surtout paysanne, ne s’y opposa guère.

3 L’Allemagne a grandement favorisé son accession au COCONA. Le ministre allemand des affaires étrangères à l’époque, H.D. Genscher, exprima vivement ce support lors de sa visite à Tirana en avril. “Genscher Welcomed in Tirana as `Bringer of Friendship and Hope’“, The Week in Germany, 24 avril 1992, pp. 1-2.

4 Associated Press, “Albanian Port Exodus Foiled”, The New York Times, 2 juillet 1992, p. A8.

5 L’état du monde 1991, Montréal/Paris, Boréal/La Découverte, 1990, p. 595.

6 Agence France-Presse, “Création à Istanbul d’une zone de coopération économique en mer Noire”, Le devoir, 26 juin 1992, p. A7.

7 Mehmet Elezi, “A Creature Cannot Enjoy Health in Only Half Its Body”, Bashkimi, 24 mai 1992, p. 1, Daily Report, Eastern Europe, FBIS-EEU-92-110, 8 juin 1992, p. 6.

8 F. Stephen Larrabee, “Instability and Change in the Balkans”, Survival, vol. 34, n° 2, été 1992, p. 34.

9 Ce n’est qu’en octobre 1991 que le ministère de la défense albanais mit sur pied son premier bataillon de transport. Sa tâche est de distribuer les secours d’urgence de la façon la plus efficace possible. Daily Report : Eastern Europe, FBIS-EE-91-204, 22 octobre 1991, p. 7.

10 Entretien de l’auteur avec le colonel Copani, conseiller militaire du président de la République.

11 L’Albanie aurait déjà massé à sa frontière avec le Kosovo 50 000 soldats, supportés par de l’artillerie et des blindés. Voir Paul Beaver, “New alliances boost chances of wider Balkan unrest”, Jane’s Defense Weekly, vol. 17, n° 24, 13 juin 1992, p. 1023.

12 Cette idée fut exprimée par le ministre associé des Affaires étrangères de la Grèce, Virginie Tsouderou. Voir Paul Koring, “Fighting from the Sidelines”, Globe and Mail, 6 juin 1992, p. A10.

13 Cela était d’ailleurs le cas en 1986. Voir Milan Vego, “Communist Navies in the Adriatic Sea”, dans James L. George (sous la direction de), The Soviet and Other Communist Navies : The View from the Mid-80s, Annapolis, Naval Institute Press, 1986, p. 377.

14 Ces avions correspondent, respectivement, aux MiG-17F “Fresco C”, MiG-19 “Farmer” et MiG-21 “Fishbed” soviétiques.

 

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