STRATEGIE ET DEMOGRAPHIE AU MOYEN-ORIENT

 

Georges LABAKI

 

L’interdépendance entre stratégie et démographie est une constante dans l’histoire du Moyen-Orient, terre de grand départ, de migration et de contre-migration depuis la Haute Antiquité. En effet, tout au long de l’histoire, les peuples vivant dans cette partie du monde ont toujours eu recours pour dominer leur voisinage, soit à l’invasion directe armée et massive soit à une stratégie basée sur la démographie. Cette stratégie beaucoup plus étalée dans le temps, consistait à s’installer à l’extérieur des villes des "civilisations dominantes du moment" en attendant d’avoir la supériorité démographique qui permettait de mener tranquillement la stratégie d’étouffement des villes avant de lancer l’assaut final et fatal contre ces dernières, l’une après l’autre. Cette revanche des faibles pose un sérieux problème au Proche-Orient, région qui enregistre un accroissement démographique des plus élevés dans le monde. Ainsi, l’Etat d’Israël qui comptait dès sa fondation en 1948 une importante minorité arabe - multipliée par trois après la conquête de la bande de Gaza et de la Cisjordanie - doit faire face à une population généralement hostile qui enregistre un accroissement démographique supérieur à celui de la population juive. D’un autre côté, l’augmentation du nombre de certaines minorités dans un nombre de pays arabes fondés depuis 1920, menace les pouvoirs établis et risque d’avoir une portée géopolitique considérable1. Toutefois la nouvelle donne qui se pose concernant une stratégie basée sur la démographie est celle de savoir si les moyens de défense modernes appuyés sur une puissance de feu jamais connue jusqu’alors dans l’histoire peuvent inverser, pour la première fois dans l’histoire, la puissance irréversible des nombres, spécialement dans le conflit arabo-israélien ?

DÉMOGRAPHIE ET CONFLIT ARABO-ISRAÉLIEN

La tendance de la démographie dans le monde arabe

La population totale de l’ensemble des pays arabes a été estimée en 1985 à 234 millions d’habitants, situant le monde arabe au cinquième rang après la Chine, l’Inde, les Etats-Unis et les Etats du nouveau Commonwealth de Russie2. Cette population est répartie dans 22 pays dont 13 en Asie totalisant 62 millions d’habitants.

Huit pays arabes ont une population de plus de 10 millions d’habitants. Il s’agit de l’Egypte, de l’Algérie, du Maroc, de l’Irak, du Soudan, de la Syrie, de l’Arabie Saoudite et du Yémen.

Les autres Etats ont une population inférieure à dix millions d’habitants. Il s’agit du Liban, de la Jordanie, des Emirats Arabes Unis, du koweit, d’Oman, de Barein, du Qatar, de la Libye, de la Tunisie, de la Mauritanie et de la Somalie.

Si l’on considère les pays arabes du Moyen-Orient, ils avaient en 1990, une population estimée à 123,7 millions d’habitants. Il s’agit du Liban (2,7 millions), de l’Egypte (52,2 millions), de la Syrie (12,5 millions), de l’Irak (18,9 millions), de l’Arabie Saoudite (14,1 millions), du Koweit (2 millions)3, d’Oman (1,5 million), des Emirats Arabes Unis (1,6 million), du Yémen du Nord (11,7 millions), du Yémen du Sud (2,5 millions), de Bahrein (500 000), de Qatar (500 000) et de la Jordanie (4 millions)4 5.

A cela s’ajoutent plus de 3 millions de Palestiniens répartis essentiellement en Israël, en Jordanie, en Syrie, au Liban et en Egypte.

La démographie comme arme stratégique dans le monde arabe

La population arabe croît à un taux annuel moyen de 3 %, ce qui place le monde arabe parmi les pays ayant le taux de croissance démographique le plus élevé de la planète. En effet, mis à part le Liban, la transition démographique n’est pas encore réellement entamée au Moyen-Orient6 Ainsi la population arabe du Moyen-Orient devrait atteindre 279,8 millions en l’an 2025. A cette date, elle se répartirait comme suit  :

Liban : (4,7 millions),

Egypte : (90,4 millions),

Syrie : (34,1 millions),

Irak : (50 millions),

Arabie Saoudite : (44,8 millions),

Koweit : (3,8 millions),

Oman : (4,8 millions),

Emirats Arabes Unis : (2,7 millions),

Yémen du Nord : (28,2 millions),

Yémen du Sud : (6,4 millions),

Jordanie : (9,9 millions),

Bahrein : (1 million),

Qatar : (1 million)7.

Des raisons religieuses, politiques, familiales et sociales, ancrées depuis des siècles, expliquent cette croissance démographique effrénée. En effet, certains pays en voie de développement trouvent dans la croissance démographique une arme stratégique de première importance : plus on est nombreux, plus on est puissant. D’ailleurs, il existe une opinion assez répandue au Moyen-Orient - amplifiée par les groupes fanatiques musulmans - qui rejette toute idée de planning familial comme faisant partie d’un complot international ourdi par les grandes puissances pour affaiblir l’Islam. Somme toute, même si la transition démographique s’enclenchait dans les pays du Moyen-Orient, la croissance de la population se poursuivrait durant la transition. En effet, un délai plus ou moins long est nécessaire pour que l’ensemble des institutions sociales jusqu’alors minutieusement organisées pour maintenir la fécondité au niveau qui compensait la mortalité élevée de l’équilibre traditionnel, commencent à s’ajuster afin de permettre une adaptation de la fécondité.

La population du Moyen-Orient est une population très jeune. En effet, la tranche de population de moins de 15 ans représente près de 50 % de la population totale (1987). Le nombre d’hommes dépasse légèrement celui des femmes. Quant à la force de travail qui constitue le total de la population en âge de travailler, elle représente 53 % de la force de travail. A cause de l’extrême jeunesse de la population, les divers pays de la région trouvent dans cette force une veine inépuisable en ressource humaine mobilisable en temps de guerre. Ainsi, le nombre de libanais susceptibles d’être appelés au service militaire pour les hommes nés entre 1965 et 1975, s’élève à près de 300 000 jeunes, alors que l’armée libanaise ne dépasse pas les 45 000 hommes. De même, dans son effort pour atteindre une parité stratégique avec Israël, les effectifs de l’armée syrienne passèrent de 290 000 en 1978 à plus de 400 000 en 1986.

Israël et le danger démographique arabe

Envisagé au niveau des pays du Moyen-Orient, le ratio du personnel militaire arabe vis-à-vis d’Israël penche indiscutablement en faveur des premiers. Ainsi, le ratio des pays du Front de l’Est (Liban, Syrie, Jordanie, Irak, Palestiniens) était de 4,1 contre 1 en 1989 et de 4,3 contre 1 en 1990. Ainsi, l’ensemble du personnel militaire des forces armées de ces pays était estimé en 1991 à 571 000 hommes contre 133 000 hommes pour Israël. Au niveau des réservistes, Israël se distingue par sa capacité de mobiliser en un temps record près de 20 % de l’ensemble de sa population en temps de guerre soit près de 498 000 appelés des deux sexes. Face à cela les pays du front de l’Est possèdent des ressources humaines mobilisables beaucoup plus imposantes. Ainsi, l’irak à lui seul est capable de mobiliser plus d’un million d’hommes. Quant à la Syrie, elle possède une force de réservistes estimée à 400 000 hommes (1991). En outre, les deux derniers chiffres ne représentent pas le maximum de leur potentiel en ressources humaines que ces pays sont capables de mobiliser. D’où la nécessité impérative pour Israël de conserver une supériorité qualitative devant ces adversaires. Tous les ratios précités doivent être reconsidérés dans un sens encore plus défavorable à Israël si l’on prenait en compte l’Egypte, pays le plus peuplé du Moyen-Orient. Ainsi en 1989, la population égyptienne a été estimée à près de 51 millions d’habitants. Si sa croissance démographique se maintient à son stade actuel, la population doublera en l’espace de 23 ans. Quant aux forces armées égyptiennes, elles étaient estimées en 1988 à 445 000 hommes avec en outre une capacité énorme de faire appel aux réservistes.

Démographie et technologie

Face à ces capacités de mobilisation en ressources humaines, Israël - pays beaucoup moins peuplé et de superficie réduite - a basé sa défense contre les Arabes depuis 1956 sur le renforcement et la modernisation continue de son potentiel militaire, avec en priorité, les forces aériennes, et la formation et l’entraînement du personnel militaire, en un mot, sur le qualitatif, plutôt que sur le quantitatif. Ainsi le niveau de préparation des forces armées est un des meilleurs du monde.

Au niveau des forces de l’air, le ratio est beaucoup plus équilibré et penche en réalité en faveur d’Israël à cause du facteur qualitatif précité. Au niveau des avions de combat, le ratio en 1990 n’est plus que de 1,2 (477 avions) pour les pays du front de l’Est, contre 1 pour Israël (443 avions).

Au niveau des divisions de l’Est, le ratio était en 1990 presque à égalité. Cependant, si l’on prenait l’Egypte en compte, les différents ratios évoqués seraient davantage en défaveur de l’Etat Juif. Cependant l’on remarque qu’Israël a toujours été victorieux dans ses guerres successives contre ses voisins. L’explication réside dans une écrasante supériorité qualitative, une grande puissance de feu, une rapide capacité de mobilisation et de manœuvres sur le terrain et une grande sophistication des moyens de communication alors que du côté arabe on observe un niveau de préparation plus médiocre, la faiblesse de la logistique et des moyens de communication et une moindre performance des armements, généralement acquis auprès des pays de l’Est, ce qui entraîne une capacité de manœuvre beaucoup plus réduite qui limite le nombre de forces effectivement engagées sur le terrain.

Est-ce à dire que la technologie l’emporte indéniablement sur la démographie ? Cette équation s’est révélée exacte dans les différentes guerres déclenchées entre Israël et les pays arabes limitrophes. Cependant, à l’intérieur d’Israël même, et plus spécialement au niveau des territoires occupés, la démographie reprend ses droits à cause du caractère ethnique du conflit.

Israël et les territoires occupés

Deux communautés, en l’occurrence les Juifs et les arabes, vivent en Israël depuis la fondation de cet Etat en 1948. Le nombre des arabes s’est fortement accru depuis l’occupation de la bande de Gaza et de la Cisjordanie. Pour les deux communautés, la démographie constitue un élément essentiel de leur survie. Elles tentent de la consolider différemment mais dans la même optique. Ainsi, le nombre des Juifs en Israël avoisine les 3 millions. Cependant la communauté arabe croît à une vitesse beaucoup plus rapide que la juive (3 pour mille contre 2). La population arabe se compose des arabes restés en Israël en 1948 dont le nombre était estimé à 150 000 à cette époque. Détenteurs du passeport israélien, leur nombre avoisine aujourd’hui les 750 000. Ces derniers jouissent de leurs propres lois relatives au statut personnel. Quoiqu’ils ne soient pas engagés dans des actes de contestation violente à grande échelle contre la communauté dominante, ils ne sont pas intégrés dans la vie nationale. Le manque de contestation violente dans ce groupe s’explique par le fait qu’une minorité se sent dominée par un autre groupe plus puissant, elle préfère pactiser en attendant de meilleurs jours, pour passer à la révolte. Il faut ajouter à ce groupe les 650 000 Palestiniens de la bande de Gaza et les 1,1 million de la Cisjordanie.

Pour essayer de contrecarrer la croissance effrénée de cette communauté dont le nombre dépasserait celui des Juifs d’Israël en 2015, si l’évolution démographique se poursuivait à son niveau actuel, l’Etat d’Israël mise sur l’encouragement de l’émigration des Juifs en Israël, notamment de l’Europe de l’Est. Les autres moyens utilisés sont la déportation et la répression qui rencontrent une opposition croissante sur la scène internationale et ne peuvent pas être utilisés à grande échelle. En outre, les autorités d’occupation n’arrivent pas, depuis plusieurs années, à bâillonner l’Intifada, malgré les rafles et la répression. Il va sans dire qu’à long terme, la démographie jouera un rôle primordial dans la lutte pour le pouvoir entre les deux communautés. A moins de procéder à un véritable génocide ou une déportation massive, aucune solution militaire n’est envisageable.

Israël ne constitue pas un exemple unique des pays multi-ethniques au Moyen-Orient. En effet la majorité de ces pays ne forme qu’un conglomérat de plusieurs communautés.

STRATÉGIE, DÉMOGRAPHIE ET MINORITÉS DANS LES PAYS ARABES DU MOYEN-ORIENT

Les conflits communautaires et ethniques constituent un des problèmes les plus cruciaux du monde contemporain8. L’émergence des conflits communautaires dans les temps modernes constitue une réaction à la théorie du nationalisme du XIXe siècle qui prône l’intégration dans un seul Etat pourvu d’une unique armée nationale de l’ensemble des communautés vivant sur un territoire déterminé à travers l’adoption du système de valeurs et de la langue du groupe dominant. l’adoption du modèle occidental de l’Etat devait conduire à la création d’un grand nombre de pays, le plus souvent au détriment de toute considération des particularismes locaux.

L’acuité du phénomène communautaire tient au fait qu’il touche directement à l’identité distincte de la communauté. Ce phénomène est encore plus grave au Moyen-Orient où l’attachement de l’individu à sa communauté est primordial. Le non-respect de ces particularismes aboutit à des révoltes ou à des mouvements séparatistes ou autonomistes comme en Irak.

La révolte des communautés kurde et chiite en Irak

La révolte des Kurdes d’Irak (et ceux de Turquie et d’Iran) constitue un exemple typique de conflit ethnique. Ainsi en Irak, les Kurdes se trouvent virtuellement depuis la fondation de l’Irak en état de révolte continue contre le pouvoir établi de Bagdad. Dans cette lutte, le facteur démographique devient primordial. Ainsi la communauté kurde (3,6 millions de Kurdes en Irak) revendique une part du pouvoir équivalente à sa proportion de l’ensemble de la population comme un facteur de première importance dans sa stratégie. Donc, dans le cas de l’Irak, le pouvoir de la minorité sunnite (qui forme près de 20 % de la population), est contesté par les Chiites (60 % de la population) et par les Kurdes (15 % de la population). La conséquence en est la mobilisation considérable en ressources et en forces militaires par Bagdad pour essayer de réduire par la force les rébellions kurdes et chiites. Il en résulte une grande mobilisation des ressources de l’Etat qui se concentre sur la défense de l’unité du territoire. En outre, cela rejaillit sur le niveau de préparation des forces armées car le pouvoir établi refuse de recruter outre mesure ou de confier à des membres - même compétents - de ces communautés à risque des postes-clés.

Démographie et stratégie en Syrie

Dans les autres pays arabes, on retrouve les mêmes problèmes ethniques. Ainsi en Syrie la minorité alaouite (10 % de la population) longtemps honnie par la majorité sunnite (80 % de la population) a eu recours à l’armée pour accéder au pouvoir. Profitant du dédain de la majorité sunnite pour les carrières militaires, les officiers alaouites s’organisèrent dans l’armée, formant de la sorte la majorité du corps des officiers avant de s’emparer du pouvoir9. Les luttes sanglantes entre Alaouites dans les années 80 eurent pour conséquence d’affaiblir considérablement le régime devant Israël. Un éventuel revirement de la balance des forces, à savoir une hypothétique arrivée des sunnites au pouvoir dans ce pays, provoquera un changement certain dans le rapport des forces dans la région et pas seulement vis-à-vis d’Israël.

Le cas jordanien

L’exemple jordanien est encore plus explicite. En effet, ce pays a accueilli, depuis le début du conflit israélo-palestinien, des vagues successives de palestiniens qui forment plus de 70 % de la population de ce pays. Une grande épreuve de force entre ces derniers et le roi Hussein eut lieu en 1970 à l’avantage de ce dernier.

Démographie et stratégie au Liban

Une des raisons de la formation du Liban moderne est l’existence d’une importante communauté chrétienne dans ce pays. Cependant, l’érodement de cette majorité à cause de l’émigration et la présence de plus de 300 000 réfugiés palestiniens menacent le fragile équilibre communautaire qui existe entre les différentes communautés. Le déséquilibre confessionnel provoqué par cette présence palestinienne constitua la principale raison de la guerre libanaise. En effet, une des caractéristiques des conflits ethniques est la recherche d’appuis extérieurs par les diverses communautés concernées. Ces parties extérieures peuvent être, soit des coreligionnaires, soit des parties liées par une foi ou une langue commune. Dans le cas libanais, les palestiniens jouèrent ce rôle entre 1969 et 1982. Toutefois, il est clair que le fragile équilibre démographique entre les diverses communautés libanaises constitue une soupape de sécurité pour le maintien de la paix dans ce pays, toute rupture dans cet équilibre entraînant un réalignement des alliances sur la scène régionale.

LA FORCE DES FAIBLES

La transition démographique conditionne le passage d’une société sous-développée à une société moderne. Si cette transition a été réalisée en Europe dans un intervalle de deux siècles, ce délai - quoique nécessaire - pourrait être réduit sous certaines conditions. Cette transition n’a pratiquement pas encore débuté au Moyen-Orient où la vitalité démographique est toujours considérée comme un élément de force. Pour ces raisons, la mise demeure très haute sur cet élément, surtout à l’intérieur d’Etats du Moyen-Orient qui pourraient alors être le centre d’un redécoupage de divers pays (Kurdes, Chiites en Irak, Palestiniens ...) ou d’une redistribution du pouvoir à l’intérieur des frontières des pays actuels.

Ces minorités ne manqueront pas de trouver dans l’exemple sud-africain ou dans le redécoupage de l’Union Soviétique ou de la Yougoslavie de quoi alimenter leurs convictions sur l’importance du facteur démographique. A ce propos, dans une déclaration récente à la presse, le ministre israélien des affaires étrangères a exprimé sa crainte de voir Israël se transformer en une "nouvelle Yougoslavie".

Toutefois, il va de soi que le facteur démographique à lui seul est incapable de modifier l’équilibre des forces entre Etats dans un monde où la technologie ne cesse d’évoluer de jour en jour. En outre, la guerre moderne nécessite à la fois d’importantes ressources financières, une logistique à toute épreuve et une grande compétence au niveau de l’emploi du matériel militaire de plus en plus sophistiqué (communications électroniques, formation des pilotes…). L’exemple le plus flagrant est la guerre du Golfe où la mobilisation d’un million de soldats irakiens n’a pas été de taille à faire face à des forces moins nombreuses mais beaucoup mieux équipées. Dans le même sens, l’Irak grâce aux armes chimiques a pu stopper le déferlement de vagues humaines iraniennes durant la guerre irako-iranienne. De même, les défaites répétées des armées arabes devant Israël prouvent indéniablement la supériorité d’une armée moins nombreuse mais mieux équipée. Il ne faut pas d’ailleurs oublier les graves problèmes de développement que rencontre la majorité des pays arabes où la forte croissance démographique bloque tout véritable décollage économique (éducation, santé, infrastructure ...). En effet, il existe une interdépendance entre démographie, stratégie, économie et politique.

 

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Notes:

 

1 Ainsi, les accords Sykes-Picot conclus en 1916 par l’Angleterre et la France prévoyaient le partage du Moyen-Orient en deux zones d’influence : française (Liban et Syrie) et britannique (Palestine et Irak).

2 Nous évoquerons la situation démographique dans l’ensemble des pays arabes car ils participent d’une manière ou d’une autre à la lutte contre Israël.

3 Koweit avant la guerre du Golfe.

4 Dont une grande partie de Palestiniens détenteurs du passeport jordanien.

5 United Nations Population Fund : The state of world population, New York, 1992 et Atlas 1990, Statistiques chiffres du Monde, Encyclopaedia Universalis, Paris, 1990.

6 En effet, la transition démographique peut être définie comme le passage, à l’occasion d’un processus global de "modernisation", d’un régime traditionnel d’équilibre démographique, à mortalité et fécondité élevées, vers un régime d’équilibre moderne, à mortalité et fécondité faibles. Cf. Commission des Communautés Européennes, Cellule de Prospective, L’Europe dans le Mouvement Démographique, Bruxelles, 1990, p. 22.

7 United Nations Population Fund , op. cit., pp. 40 et 43.

8 Voir à ce propos : Georges Labaki, Les conflits ethniques et communautaires dans le monde contemporain, Universalia 1991, Encyclopédia Universalis, Paris.

9 Cf. Chabry, Laurent et Annie : Politique et minorités au Moyen-Orient, Paris, Maisonneuve et Larise, 1987, pp. 171 et ss.

 

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