DE LA GUERRE À LA DÉFENSE

 

Hervé Coutau-Bégarie

 

Le discours est fondé sur des mots, dont certains deviennent des concepts, c’est-à-dire que derrière leur simple énoncé se dissimulent des présupposés philosophiques ou idéologiques qui vont orienter, de manière généralement inconsciente mais souvent décisive, l’ensemble de la démonstration. Raymond Aron et d’autres après lui ont dénoncé la confusion des langues, c’est-à-dire la déformation de certains concepts, voire la négation de leur essence. Le concept de stratégie en fournit un excellent exemple : son élargissement (nécessaire) a, en fait, abouti à sa dissolution : le comble de la confusion est atteint lorsqu’on voit des auteurs parler de stratégie diplomatique ou de diplomatie stratégique. Il est alors impossible de dire ce qui relève spécifiquement de l’activité diplomatique ou de l’activité stratégique. L’une des tâches les plus importantes de la réflexion, aujourd’hui, est donc de retrouver l’essence des concepts comme ont pu le faire, dans des domaines très divers, Carl Schmitt pour la politique, Julien Freund pour la philosophie ou l’économie, ou Michel Villey pour le droit. Une réflexion sur les concepts stratégiques doit procéder de la même exigence.

Deux concepts dominent le vocabulaire politico-stratégique contemporain : la sécurité et la défense1. La distinction semble, de prime abord, simple : la sécurité est une fin, un état vers lequel on tend, alors que la défense est un moyen, en vue d’obtenir la sécurité. L’association de ces deux concepts suggère donc une dialectique, mais celle-ci risque malheureusement de ne pas épuiser le sujet. La langue française comporte des nuances qui recommandent d’introduire des notions connexes : la sécurité peut ainsi être rapprochée ou distinguée de la sûreté. Mais, surtout, il est nécessaire d’élargir la proposition et de remplacer le diptyque par un triptyque guerre, défense, sécurité.

LA SÛRETÉ PAR LA GUERRE

Au commencement était la guerre. Non seulement parce que celle-ci est probablement la matrice de l’histoire, comme l’ont affirmé nombre d’auteurs, mais aussi parce que dans l’ordre qui nous préoccupe, la guerre a précédé la défense. Le département de la Guerre est, en effet, le nom que portent en Europe tous les ministères que nous appelons aujourd’hui de la Défense.

La guerre est, sous l’Ancien Régime, et jusqu’au XIXe siècle finissant, une compétence légitime et courante de l’Etat. Les juristes reconnaissent à la fois le jus in bello et le jus ad bellum, le droit de la guerre, ou plus exactement le droit dans la guerre, et le droit à la guerre. La doctrine de la guerre juste que forgent les théologiens est un cadre trop peu contraignant dans la pratique pour limiter le recours à la guerre2. Les juristes modernes n’exigent, en fait, que deux conditions pour qu’une guerre soit licite : la compétence - seuls les Etats ont le droit de faire la guerre - et la forme - la guerre doit être précédée d’une déclaration selon les formes prescrites -3. En conséquence, contrairement a ce qui soutient une légende tenace, l’Ancien Régime n’est pas du tout un modèle de guerre limitée, la guerre fait au contraire partie intégrante du système, elle en constitue la régulation contre des candidats à l’hégémonie4. La mise sur pied des armées permanentes est l’un des éléments décisifs de la constitution des Etats modernes, comme l’a bien vu Bertrand de Jouvenel5. Claude de Seyssel, dans son traité écrit au début du XVIe siècle, recommande aux Princes d’"aimer et chercher la paix", mais comme "les hommes sont par nature corrompus, communément si ambitieux et convoiteux de dominer que l’on n’y peut bonnement prendre sûreté" ; il recommande donc l’entretien d’une force armée, de terre et de mer, suffisante pour tenir les régions du royaume "en sûreté en tous temps" et tenir les pays voisins "en crainte" 6.

Néanmoins, le droit essaie de limiter, autant que faire se peut, les effets de la guerre, notamment par la distinction entre les combattants et les non-combattants. On assiste donc à deux évolutions contraires : le jus ad bellum tend à consacrer le droit presque illimité des Etats à faire la guerre tandis que le jus in bello essaie, au contraire, d’en limiter les effets à l’égard des populations civiles.

Le terme de sûreté dérive de la même racine que sécurité, du latin securitas. Mais les deux mots expriment une nuance de sens assez forte. D’après le roi des dictionnaires, le Littré, la sûreté est l’état de celui qui n’a rien à craindre, alors que la sécurité est la tranquillité d’esprit, bien ou mal fondée, dans des circonstances où l’on pourrait craindre. C’est-à-dire que la sûreté est objective (un état) alors que la sécurité est subjective (une perception). Dès la fin du XIXe siècle, le mot "sûreté" tend à disparaître du vocabulaire de la stratégie (au sens de grande stratégie) pour ne plus appartenir qu’à celui de l’échelon intermédiaire entre la stratégie et la tactique que l’on n’appelle pas en France l’art opérationnel (notion couramment admise dans les conceptions allemande ou russe). Les auteurs classiques, de Colin à Castex, parlent couramment des sûretés dans le cadre de la manoeuvre stratégique, mais il n’est plus guère question de sûreté dans le discours des relations entre les Etats.

L’époque contemporaine va connaître une évolution radicalement inverse, c’est-à-dire que la guerre va perdre progressivement sa légitimité alors que ses effets vont devenir de plus en plus universels et dévastateurs. Ce renversement est imputable à des facteurs multiples, dont les principaux sont d’ordre technique et idéologique.

Le XIXe siècle voit le triomphe de l’industrialisation de la guerre parfaitement décrite par William McNeill7. Le perfectionnement des armes va accroître, dans des proportions géométriques, l’étendue du champ de bataille et la proportion des pertes humaines, même si, avant 1914, la vulgate soutient que plus les armements se perfectionnent, plus les pertes diminuent. L’apparition du chemin de fer, puis du transport automobile, va rendre possible la concentration d’armées qui ne se comptent plus en dizaines ou en centaines de milliers d’hommes, mais en millions, l’avion va permettre de frapper derrière les lignes adverses.

Dans le même temps, le passage des guerres d’Ancien Régime aux guerres nationales tend à accentuer le caractère acharné des affrontements. Il ne s’agit plus seulement de rétablir l’équilibre antérieur ou d’accroître son territoire, la lutte doit se terminer par la destruction de l’une des parties. Les guerres de la Révolution et de l’Empire consacrent l’avènement de ce type de guerre nationale qui, avec les progrès de l’armement, le renforcement de l’emprise de l’Etat sur la vie des nations et le perfectionnement des appareils de propagande, que l’on n’appelle pas encore idéologiques, va évoluer vers la guerre totale.

La Première Guerre mondiale marque le paroxysme de cette évolution rampante qui a cheminé durant tout le XIXe siècle, mais qui a été efficacement combattue par le système mis en place au Congrès de Vienne en 1815. Paradoxalement, une trop longue période de paix, perturbée seulement par une guerre limitée franco-allemande en 1870-18718 et quelques conflits périphériques, va engendrer des illusions et des contre-vérités sur la nature réelle de la guerre moderne, dont seuls quelques esprits isolés et marginaux annonceront le déroulement exact. L’avertissement très net de la guerre russo-japonaise (1904-1905) ne sera pas retenu. Le résultat, en 1918, sera effroyable : 8 millions de morts, des dévastations gigantesques, une Europe abaissée, le tout entraînant logiquement une réaction pacifiste : "plus jamais la guerre". Non seulement celle-ci n’est plus fraîche et joyeuse, mais une grande partie de l’effort des diplomaties, sous la pression des opinions publiques, va tendre à la mettre hors la loi et à lui substituer de nouveaux mécanismes de régulation des relations internationales. C’est alors que vont s’imposer dans le discours politique et stratégique deux substituts : la sécurité et la défense.

La sécurité par le désarmement

La première notion s’enracine dans le vocabulaire au XIXe siècle, mais elle n’est le fait que de visionnaires qui n’ont aucun écho dans les milieux dirigeants. Le premier de ces utopistes, que l’on pourrait éventuellement rattacher aux illustres ancêtres que furent Pierre Dubois (1306), Emeric Cruce (1623), le duc de Sully et l’abbé de Saint Pierre, est Gustave de Molinari qui propose, en 1857, de maintenir la paix par des sanctions internationales, lesquelles seraient décidées par un tribunal international. Après lui viennent James Lorimer et Bluntschli, en attendant des cercles comme la Fabian Society, qui contribueront, à la fin du siècle, à faire connaître le thème9. Cette utopie internationaliste se veut fondamentalement pacifiste, elle est trop radicale pour être conciliée avec la pratique des Etats.

Les horreurs de la Première Guerre mondiale donnent enfin à ces projets la possibilité d’une plus vaste audience. Le gouvernement britannique accepte ainsi d’envisager un projet de gouvernement international patronné par la Fabian Society. Aux Etats-Unis, la Ligue pour le renforcement de la paix a une influence suffisante pour orienter les conceptions du président Wilson, lesquelles seront déterminantes dans la création de la Société des nations.

La SDN se donne pour but de créer les conditions de la sécurité pour tous et par tous. La paix doit donner lieu à une réduction générale des armements et à la mise en place de mécanismes d’arbitrage destinés à prévenir la guerre. Le complément logique du traité de Versailles sera ainsi le traité naval de Washington, qui restera, jusqu’à l’autre traité de Washington sur les forces nucléaires intermédiaires en 1987, le plus grand succès du désarmement. Les réductions consenties par les grandes puissances navales sont, en effet, massives et contribueront à désamorcer une course aux armements navals naissante qui risquait de compromettre l’alliance entre les vainqueurs, et plus précisément entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne10.

La sécurité collective naissante s’identifie donc, peu ou prou, au désarmement, qui cesse d’être une utopie pour devenir une stratégie11. Les exigences de la défense s’en trouvent reléguées au second plan. C’est oublier que l’édifice reste intrinsèquement fragile, dès lors qu’il se construit sur l’effacement imposé de la puissance centrale (géographiquement), qui va vite revendiquer sa réinsertion dans le concert des nations, puis l’égalité des droits, et que les mécanismes d’arbitrage et de conciliation mis en place ne s’accompagnent pas d’un système automatique de sanctions. Le pacte Briand-Kellogg, repose essentiellement sur la force morale de l’opinion publique. Aux Britanniques et aux Américains, protégés par leur situation insulaire, qui mettent en avant la paix par le droit ou par le désarmement, les Français répondent par la sécurité par la force, dès lors que seul le Rhin les sépare de la puissance allemande. A la sécurité collective s’oppose donc la sécurité nationale, laquelle met au premier plan les exigences de la défense.

La sécurité par la défense

Le mot défense, dans le sens qui nous intéresse ici, n’existe pas sous l’Ancien Régime. Il est certes très ancien, mais ne s’emploie que dans un sens restreint, dans le cadre de la poliorcétique et de la castramétation : on parle plutôt des défenses d’une place, il n’est pas question de la défense du royaume, même si Vauban élargit le cadre spatial du mot pour parler parfois des défenses du "pré carré".

Le mot défense commence véritablement à se vulgariser, dans le discours stratégique, dans les années 30. On parle alors de défense impériale en Grande-Bretagne et de défense nationale en France. La grande loi du 7 juillet 1938 sur l’organisation de la nation en temps de guerre consacre définitivement la notion de défense nationale. Son contenu sera largement repris deux décennies plus tard dans l’ordonnance du 7 janvier 1959, qui reste aujourd’hui la charte de la politique de défense française.

Cette irruption de la défense dans le discours politique et stratégique a une triple signification.

1. D’un point de vue proprement politique, elle est la conséquence logique de l’évolution qui critique le droit des Etats à faire la guerre. Si la licéité de la guerre est mise en question, seuls quelques pacifistes utopistes dénient à l’Etat le droit de se défendre. Le glissement sémantique traduit cette évolution et proteste des intentions non agressives de l’Etat. Au moins dans les pays développés, les politiques de bien-être ont pris le pas sur les politiques de puissance et le problème fondamental n’est plus l’extension de l’espace, mais plutôt son organisation.

2. Le mot défense a une portée qui dépasse la seule dimension militaire. L’irruption de la défense dans le discours s’accompagne d’un élargissement du concept de stratégie, avec la reconnaissance de stratégies non militaires (l’amiral Castex est l’un des premiers, dans les années 30, à parler de stratégie militaire, ce qui, peu d’années auparavant, aurait encore été considéré comme un pléonasme). La défense est donc contemporaine de la guerre totale. La loi de 1938, comme plus tard l’ordonnance de 1959, consacrent de larges développements à toutes les dimensions non militaires, et notamment économique, de la défense.

3. La défense a aussi une signification organique. Auparavant, il y avait deux départements ministériels séparés, la Guerre et la Marine. Et, finalement, il y avait deux stratégies distinctes qui ne se souciaient guère l’une de l’autre. En 1914, le grand quartier général de l’armée allemande fait dire à la marine de préparer ses plans d’opération sans se soucier de ce qui se passe sur terre : aucune action n’est demandée pour essayer d’entraver l’acheminement du corps expéditionnaire britannique vers la France. Le développement de la guerre au commerce, notamment au moyen de l’arme sous-marine, et surtout l’apparition d’un troisième larron, l’avion, qui va vite revendiquer une stratégie propre et qui est capable d’intervenir à la fois au dessus de la terre et de la mer, rend nécessaire la coordination des stratégies, coordination qui sera de plus en plus poussée, jusqu’à aboutir dans certains cas à une intégration. Intégration que combattront les marins avec l’énergie du désespoir, mais qui est aujourd’hui un fait accompli dans la plupart des pays. Certains voudraient aller encore plus loin, jusqu’à une fusion pure et simple, malgré les enseignements en sens contraire qu’ont pu produire certaines expériences, par exemple celle du Canada.

Aujourd’hui, le mot défense est devenu la référence standard de la pratique des Etats. La sécurité est, aux yeux du plus grand nombre, indissociable de la défense et tout le monde, ou presque, s’accorde sur l’idée que, dans l’ordre international comme dans l’ordre interne, le droit est inséparable de la sanction. L’expérience des multiples résolutions des Nations Unies restées sans effet est tout à fait explicite à cet égard et celles relatives au Koweit n’ont été suivies d’application qu’après une démonstration militaire impressionnante. La défense est donc légitime, y compris, semble-t-il, lorsqu’elle revêt la forme paroxystique de la dissuasion nucléaire. Les théologiens sont très divisés sur la légitimité d’une paix qui repose sur l’équilibre de la terreur, et donc sur la menace d’anéantissement des populations civiles, mais le magistère romain admet que d’un très grand mal peut parfois surgir un plus grand bien12. L’esprit de défense13 tend à se substituer au patriotisme, notion passablement vétuste et parfois suspecte, au moins en France14.

La sécurité sans défense ?

Ce discours dominant se trouve cependant contesté par une faction minoritaire, mais très bruyante, qui substitue à la complémentarité entre sécurité et défense une opposition. L’objectif est, au fond, de revenir au rêve pacifiste des années vingt et d’obtenir une sécurité sans défense. Pour ne pas tomber dans un discours pacifiste utopiste, les partisans de cette solution essaient d’élargir le concept de sécurité, de manière à le vider progressivement de tout contenu militaire. On aboutit ainsi au discours sur la sécurité globale qui a notamment été systématisé par les théoriciens de la Peace Research. Les menaces militaires classiques, qui appellent un raisonnement en terme d’affrontement (le couple ami/ennemi), sont dévalorisées et accusées d’être artificiellement entretenues par des bureaucraties formant un complexe militaro-industriel pour dissimuler les véritables menaces qui pèsent sur l’humanité, menaces résultant du sous-développement, de la surpopulation ou de la dégradation de l’environnement et qui appellent, non pas un affrontement, mais une coopération entre les Etats et entre les peuples. L’effondrement du système soviétique ne peut que renforcer une telle vision, dès lors qu’il n’y a plus d’ennemi désigné et que les ennemis de substitution proposés par les "faucons" menacés de chômage n’ont pas la même "crédibilité".

Ce discours, qui se qualifie lui-même d’alternatif, a encore beaucoup de mal à dépasser le stade de la déclaration d’intention, dès lors que la dimension militaire reste irréductible. Nous sommes dans un système à variables multiples, dans lequel un seul facteur, aussi puissant soit-il, ne suffit pas à déterminer le fonctionnement de l’ensemble du système. Il n’en reste pas moins vrai qu’à l’ère nucléaire, le spectre de la guerre continue à hanter les esprits. Une guerre totale aurait des conséquences absolument effroyables et se terminerait, quoi qu’en dise Colin Gray avec sa théorie de la Victoire, sans vainqueur ni vaincu. C’est parce qu’elle a des milliers de têtes nucléaires que l’ex-Union soviétique suscite tant d’attentions et de craintes de la part des pays occidentaux, au lieu d’être abandonnée à son sort comme un vulgaire pays du tiers-monde. La prolifération nucléaire, chimique et classique dans les pays du Sud multiplie les risques de conflit. Julien Freund l’a rappelé avec force : tout état politique qu’il s’agisse de la paix ou de la guerre, suppose un rapport de forces et, donc, "tout désarmement est lié à une situation conflictuelle, soit pour prévenir l’affrontement, soit pour diminuer ses effets si jamais la guerre éclatait" 15. Dans ces conditions, plus que jamais, la sécurité restera inséparable de la défense et les dividendes de la paix n’aboutiront jamais à la dissolution du capital militaire.

 

 

 

 

 

________

Notes:

1 Lucien Poirier, “Désarmement, sécurité, défense”, Stratégique 47, 1990-3.

2 Guillaume Bacot, La doctrine de la guerre juste, Economica, 1989.

3 Charles de Visscher, Théories et réalités en droit international public, Pédone, 1955.

4 Hervé Coutau-Bégarie, “L’Ancien Régime militaire : un modèle de guerre limitée”, Stratégique 54, 1992-2, pp. 125-135.

5 Dans son maître-livre Du pouvoir, 1945, rééd. Paris, Le livre de Poche, 1977.

6 Claude de Seyssel, La monarchie de France, éd. par J. Poryol, Paris, Librairie d’Argences, 1961, pp. 191 et 198.

7 William McNeill, The Pursuit of Power, 1982 ; trad. française La recherche de la puissance, Paris, Economica, 1992.

8 Guy Pedroncini, “La guerre de 1870-1871 : une guerre limitée”, Stratégique 54, 1992-2, pp. 137-148.

9 F.H. Hinsley, Power and the Pursuit of the Peace, Cambridge University Press, 1963.

10 Hervé Coutau-Bégarie, Le désarmement naval, Paris, ISC-Economica, 1995, ch. IV.

11 Julien Freund, “Le concept de désarmement”, Stratégique 47, 1990-3, insiste sur cette mutation.

12 Cf. Jean Guitton, La pensée et la guerre, Paris, Desclée de Brouwer, 1969 ; ch. IV “Philosophie de la dissuasion à l’ère nucléaire”.

13 Cf. Jacques Robert et alii, L’esprit de défense, Paris, Economica, 1987.

14 On se souvient du dessin de Faizant, montrant toute une galerie en train de crier : Vive les Etats-Unis, l’Angleterre…, avec ce commentaire : “valeureux patriote”. En dessous du Français, le commentaire était : “Vieux con, chauvin et présumé facho”.

15 Julien Freund, art. cit., p. 26.

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin