L'INFLUENCE DE DE RE MILITARI DE VEGECE SUR LA PENSEE MILITAIRE DU XVIe SIECLE

Philippe Richardot

 

Le traité De Re militari 1 de Végèce, fut écrit vers la fin du IVe siècle. Résumé de la science militaire romaine, il s’est imposé comme la source militaire de l’Occident au cours du millier d’années qui suivit2. Traduit et compilé au Moyen-Age, il le fut encore au XVIe siècle. La culture technique et la philologie humaniste de la Renaissance italienne l’utilisèrent et l’illustrèrent3. Néanmoins l’essor des armes à feu aux XVe-XVIe siècles appelait de nouvelles théories. De nouveaux oracles apparurent donc, mais qui n’ignoraient pas le legs de Végèce.

  1. Végèce chez les auteurs militaires italiens

    L’ingénieur et architecte militaire Roberto Valturio (?-1482) avait illustré quelques machines de siège décrites par Végèce, mais faisait la part belle à ses propres inventions fantaisistes ou futuristes publiées dans un De re militari en douze livres imprimé dès 14724. Cette illustration graphique de Végèce rompait avec les commentaires médiévaux, mais n’apportait pas de réflexion tactique. La réflexion militaire des écrivains italiens fut aiguillonnée par le cycle des guerres désastreuses entamé sur leur sol à partir de 14945.

    Antonio Cornaz(z)ano, littérateur italien natif de Ferrare (1430-1483-1484), a marqué la pensée militaire pendant près d’un demi-siècle6. En 1553, il était considéré comme un des grands auteurs militaires par Raymond de Fourquevaux dans ses Instructions sur le faict de la guerre extraictes des livres de Polybe, Frontin, Végèce, Cornazan, Machiavelle et plusieurs autres… Cornazzano, qui est ici placé juste après Végèce, a une œuvre variée et nombreuse, conservée surtout sous la forme de manuscrits. Entre des proverbes grivois, Proverbi in facezie, et des poèmes dévots, Vita di Gesù Cristo, Cornazzano conçut un Del Arte militar composé en prose vers 1476 pour le duc de Ferrare Hercule d’Este. Il fut mis en vers et imprimé le 8 novembre 1493 à Venise par Maistro Christophoro de Mandello et fut souvent réédité jusqu’en 1526 et traduit en espagnol en 15587. Le Del Arte militar, œuvre majeure de Cornazzano, fut la première à être imprimée ; sa Vie de Pierre Avrogadro, par exemple, ne fut imprimée qu’en 1560. Alors qu’il était de bon ton au Moyen Age de citer Végèce, voire de le compiler presque in extenso, la Renaissance en fait une référence cachée, en particulier dans la littérature militaire italienne. Cornazzano ne cite pas nommément Végèce, mais lui emprunte un certain nombre d’idées.

    Cela apparaît clairement dans les titres de chapitres, souvent puisés dans le De Re militari de Végèce, sur le recrutement, le marquage des recrues à l’ancienne mode romaine, le serment militaire, l’hygiène aux armées ou le fait que "c’est la valeur et pas le nombre qui donne la victoire" 8. Les chapitres sont néanmoins constitués d’exemples historiques repris des Anciens et des Modernes. Les idées sont végétiennes mais ce n’est pas une traduction littérale. Seules les considérations sur l’entraînement font appel à des exemples tirés du De Re militari, en particulier la natation dans les eaux du Tibre, comme la pratiquaient les recrues sous la République romaine, et l’exercice avec des armes en bois contre un pieu. Cornazzano recommande encore le tir à la fronde et à l’arbalète (l’arc chez Végèce) pour entraîner les recrues9. Cornazzano a repris les thèmes à succès du traité de Végèce et les a habillés de vêtements neufs.

    Le Del Arte Militar de Cornazzano est antérieur à L’Arte della guerra de Machiavel, entrepris dès 1519, paru en 1521. L’Art de la guerre se présente sous la forme d’un dialogue entre le condottière Fabrizio Colonna (mort en 1520) et de jeunes aristocrates dans les jardins de Cosimo Rucellai, cénacle littéraire de Florence10. Fabrizio Colonna se fait le défenseur des Anciens, tandis que ses jeunes contradicteurs représentent les idées des Modernes sur la guerre. Le dialogue glisse de l’éloge des vertus classiques d’austérité, de tempérance et d’endurance à l’art militaire, comme si vertu morale et vertu guerrière allaient de pair.

    Il semble que Machiavel se soit inspiré de deux chapitres de Cornazzano portant sur l’analyse des systèmes d’armes des Anciens - duel phalange-légion, écho à Polybe - et des Modernes - pique, hallebarde, arquebuse, bombarde -11. Il est important de remarquer que l’idée centrale de L‘Arte della guerra, la comparaison militaire des Anciens et des Modernes, n’est pas une idée originale de Machiavel comme on l’affirmait jusqu’à présent. Cette comparaison, qui était un véritable débat dans le premier quart du XVIe siècle, avait une grande importance pour la tradition de Végèce : l’artillerie rendait-elle son enseignement obsolète ? Machiavel ne le croyait pas : "selon moi, l’artillerie ne nous empêche pas d‘utiliser l’ordonnance des Anciens et de montrer l’antique valeur" 12. Au contraire, l’ordonnance des Anciens permettait de se prémunir des effets de l’artillerie : "c’est une règle générale que de laisser passer ce que l’on ne peut arrêter, comme le faisaient les Anciens avec les éléphants et les chars à faux" 13. Végèce n’écrivait pas autrement14. Le corps à corps restait, au début du XVIe siècle, la principale manière de combattre. Les leçons militaires de l’Antiquité demeuraient payantes. Machiavel, remarquant que les Suisses imitaient entièrement la phalange des Grecs, rappelle que la phalange avait été vaincue par l’art des légions15. Machiavel allait donc puiser dans l’art militaire romain des solutions pour son temps.

    Son ouvrage fut publié en 1521 et dédié à Lorenzo Strozzi, alors que Machiavel était tombé en disgrâce depuis la chute de la République florentine et la restauration des Médicis. Ce fut la seule grande œuvre de Machiavel à être publiée de son vivant : Le prince, les discours sur la première décade de Tite-Live, les Histoires florentines ne furent imprimés qu’en 1532. La gloire de L’Arte della guerra a étouffé avec le temps l’œuvre de Cornazzano dont le succès d’édition fut considérable dans la première moitié du XVIe siècle. L’Art de la guerre connut un plus grand succès et fut traduit et publié en France avec le tacticien grec Onosandre dès 154616. La crise militaire italienne depuis l’invasion française de 1494 lui révéla clairement le côté néfaste de la condotta : vénalité, manque de combativité et insécurité permanente17. En outre, Machiavel avait une expérience militaire ou plus exactement une approche politique de l’armée. Il servit d’observateur au siège de Pise (1499-1500) par les condottières de Florence et conseilla une stratégie d’encerclement de la ville. Deux expériences le portèrent à condamner le mercenariat : la trahison du capitaine Paolo Vitelli et la mutinerie des Suisses impayés, où Machiavel sauva la vie du commissaire de la République Lucas degli Albizzi menacé par les mutins18. Armé de cette expérience, il pressa les Dix de Florence de créer le 6 décembre 1506 une Milice de 5 000 citoyens répartis en bandiere, insistant sur les vertus d’une armée de citoyens19. La défiance de Machiavel envers le mercenariat se retrouve dans Le Prince écrit vers la fin de 151320 et L’Art de la guerre 21. Végèce avait mis en garde l’empereur Théodose Ier contre les mercenaires plus coûteux que des sujets22. Végèce restait prudent dans sa critique car Théodose n’avait ramené la paix avec les Goths qu’en les enrôlant massivement dans l’armée romaine. Néanmoins la critique de la condotta était une donnée permanente des écrivains politiques florentins depuis le XIVe siècle. Leonardo Bruni, Coluccio Salutati, Matteo Palmieri, Franciscus Patricius avaient souhaité le retour à une armée de citoyens et à l’entraînement militaire de la jeunesse23. Machiavel a réalisé ce projet politique. Nommé chancelier des Neuf de la Milice de Florence en 1507, il exerçait les fonctions d’un ministre de la défense. En 1509, après dix ans de blocus, Pise succombait enfin alors que Machiavel était commissaire du camp de la nouvelle armée florentine. En 1512, il fut chargé de recruter une milice à cheval. La défaite de cette armée et de la République en 1513 l’amena à écrire.

    Machiavel a volontairement occulté sa référence suivie à Végèce de même qu’il ne cite pas ses autres sources, Polybe, Tite-Live et Frontin24. Néanmoins, il dépend philosophiquement et techniquement du De Re militari de Végèce. Evoquer dans le détail les parallèles entre les deux œuvres reviendrait à transcrire près du tiers de L’Art de la guerre. Cette étude se bornera aux points principaux.

    Le livre I de Machiavel reproduit les idées de Végèce sur la sélection des recrues. Il s’intéresse aux critères végétiens de recrutement : des paysans recrutés dès l’adolescence, physiquement et moralement sains25. Machiavel préfère la qualité au nombre26. Il évoque les exercices décrits chez Végèce, ajoutant l’arbalète et l’arquebuse aux divers exercices inspirés de l’Antiquité : l’escrime d’estoc contre un pieu avec des armes de bois doublement plus pesantes que les vraies ; lancer de traits, tir à la fronde, à l’arc, course, lutte, saut, port de fardeaux pesants27. Il reprend aussi l’idée que l’entraînement donne de la confiance28 et qu’il transforme rapidement des recrues en soldats29. Machiavel transcrit presque littéralement l’argumentation de Végèce sur l’utilité de la natation, remarquant qu’il n’y a pas toujours de ponts pour franchir les fleuves30. Il reprend l’idée végétienne d’utiliser des chevaux de bois pour entraîner les futurs cavaliers31. Machiavel veut créer une armée idéale. Pour créer une nouvelle organisation militaire, il propose une brigade de 6 000 hommes répartis en dix bataillons sur le modèle de la légion décrite par Végèce32, Il amalgame phalanges de piquiers, escuciers à la romaine armés de boucliers et de glaives, arquebusiers à l’allemande33. Sa brigade est composée de 3 000 porteurs de boucliers, 1 000 piquiers ordinaires et autant d’extraordinaires, 500 vélites ordinaires (arquebusiers) et 500 extraordinaires34. Après l’organisation, Machiavel traite du combat.

    Au livre III, Machiavel remarque que, contrairement à la légion romaine, les armées du XVIe siècle, formées en un seul corps de bataille, ne peuvent se reformer en cas d’échec initial et que la victoire dépend du premier choc35. Il s’inspire donc de la triplex acies de la République romaine pour ranger son armée en bataille. Végèce tenait aussi cet ordre de bataille comme efficace36. Néanmoins, Machiavel en tire une ordonnance complexe dont, fictivement, le condottière Fabrizio Colonna est crédité. Machiavel n’arrive pas à conceptualiser une légion rangée en quinconce sur trois lignes de manipules, il range donc sa brigade sur trois échelons dégressifs permettant le repli : une première ligne de cinq bataillons, une deuxième de trois bataillons, une troisième de deux bataillons. Des pièces d’artillerie bordent les intervalles de la première ligne37. Son ordonnance est lourde et prolixe et tient de la phalange grecque et de la légion romaine 38 : tous les avantages tactiques de l’Antiquité sont réunis. Comme Végèce, il recommande de veiller à ne pas avoir le soleil et la poussière dans les yeux39, mais il remarque, à travers l’expérience de Fabrizio Colonna, qu’il n’y a pas de plus épaisses ténèbres que la fumée de l’artillerie et que l’ennemi s’aveugle de lui-même en tirant40. Machiavel résume les préceptes de castramétation contenus chez Végèce41. Traitant de poliorcétique au livre VII, il commence par rappeler l’enseignement du De Re militari, évoquant les stratagèmes et le matériel des Anciens (balistes, onagres, scorpions, arcobalistes, fustibali, frondes, béliers, tours, mantelets, faux, tortues)42. Le septième et avant-dernier livre incorpore en les enrichissant les regulae bellorum générales de Végèce. véritable guide d’opérations du chef d’armée43, L’Art de la guerre renouvelait l’approche polémologique et inspira en partie le traité de Raymond de Fourquevaux dont il sera question plus loin.

    Le capitaine Francesco Ferretti, d’Ancône, chevalier de Saint-Etienne, rédigea deux traités militaires. Le premier, Della Osservanza militare, parut sous sa forme définitive en 157644, il fut traduit en français par Charles du Caurel en 158745. Le second traité de Francesco Ferretti fut les Dialoghi notturni publiés en 160446. L’idée du dialogue est peut-être empruntée à Machiavel mais le contenu est différent. Le Della Osservanza militare se fait l’écho d’idées empruntées à Végèce, en particulier sur la sélection des recrues47, sur la nécessité de s’habituer au port de l’armure qui équipe encore au XVIe siècle la gendarmerie ou cavalerie lourde, et sous une forme allégée, les piquiers48. Ferretti reprend, en des termes proches, l’idée végétienne que dans tous les arts le talent provient de l’entraînement, à plus forte raison dans l’art de la guerre le premier de tous ; thème que l’on retrouve chez Cornazzano49. L’expérience et la science des armes nourrissent le courage : autre vieil adage du De Re militari 50. Végèce insistait sur le commandement des troupes par les enseignes et la musique. Chez Ferretti le tambour, qu’ignorait l’armée romaine, remplace trompettes et buccines. Bannières et musique jouent à nouveau le rôle de transmission codifiée qu’elles avaient à l’époque romaine. Il évoque le tambour, nouveauté de la Renaissance dans la panoplie de la musique militaire51. Comme Végèce, et dans les mêmes termes, Ferretti insiste sur l’utilité de la natation chez les soldats52, considération qui n’était pas présente chez les compilateurs médiévaux de Végèce. Après le recrutement et la formation des soldats (Des mœurs du soldat privé), Ferretti, comme Végèce, passe aux considérations opérationnelles, c’est-à-dire l’Office du Capitaine général. Avant le combat interviennent le choix du campement, le choix du champ de bataille, en fonction du soleil et du vent, puis la connaissance de la valeur de ses propres troupes. Il ne faut pas mener au combat des soldats inexpérimentés. Le commandant en chef doit savoir si le combat s’avère avantageux et ne pas laisser le hasard décider d’une bataille53. Le Capitaine général doit alors veiller à reconnaître les dispositions de l’ennemi, assurer le confort de ses soldats et se défier de poursuivre un ennemi en fuite, "Et sur toute chose qu’il face la guerre par art, et non par hazard" 54. Ferretti résume à l’essentiel le contenu de plusieurs chapitres du De Re militari en principes qui demeurent applicables à toutes époques. Ferretti comme Cornazzano s’approprient la maxime qui affirme la supériorité de la valeur sur le nombre ; vérité tactique d’autant plus forte qu’au XVIe siècle les armées, réduites et temporaires, étaient un agrégat cosmopolite de mercenaires à la fidélité douteuse. Un petit nombre de professionnels loyaux et compétents s’avérait la solution militaire et financière la plus acceptable.

    Cornazzano, Machiavel, Ferretti définissaient, à partir d’éléments du De Re militari, un idéal. Un soldat sain de corps et d’esprit qui prête serment à son enrôlement. Un soldat qui s’entraîne régulièrement et obéit aux signaux sonores et visuels. Un soldat commandé par un général soucieux de l’hygiène aux armées et qui connaît les stratagèmes de base : reconnaître l’ennemi, avoir le soleil et le vent dans le dos, connaître les possibilités de ses hommes, ne pas appuyer sa force sur le nombre, ne pas poursuivre un ennemi en fuite. Agir par raison et non par hasard : voilà le legs de Végèce à la pensée militaire italienne du XVIe siècle. Ce legs était réduit à l’essentiel car la guerre, par nature contingente, avait beaucoup changé depuis l’Antiquité. Les guerres d’Italie furent le théâtre d’un véritable conflit européen où les différentes tactiques triomphèrent et perdirent tour à tour, le vainqueur du moment étant bientôt renversé par un compétiteur plus apte. Entre la victoire de Marignan et le désastre de Pavie, il y avait toute la sclérose d’un système militaire qui croyait la victoire éternelle. La guerre était devenue plus complexe et changeait rapidement. En observateur avisé Ferretti notait avec raison : "Se doit encores souvenir que bien souvent aux nouvelles guerres est requise nouvelle raison de combattre, nouvel art, et nouvelles sortes d’armes" 55.

  2. Végèce chez les écrivains milItaires français

Contrairement à la pratique, la pensée militaire française au début du XVIe siècle pouvait sembler en retard sur l’Italie. Si Raymond de Fourquevaux, au milieu du XVIe siècle, se plaçait dans la lignée de Végèce, de Cornazzano et de Machiavel, reconnaissant l’originalité italienne, Philippe de Clèves était un praticien et un théoricien consommé qui ne devait rien aux précurseurs italiens. Les écrivains militaires de langue française, Fourquevaux y compris, étaient des hommes de guerre. Au contraire, Cornazzano n’était qu’un habile littérateur et Machiavel, tacticien de rencontre, n’avait eu qu’une approche politique de l’armée. Ces remarques un peu rudes ne doivent cependant rien enlever au talent des auteurs italiens et à leur influence au XVIe siècle. En tant qu’auteurs militaires, Cornazzano et Machiavel étaient les débiteurs de la science et de l’histoire romaines. Végèce intéressait toujours les lecteurs français, car en plus de nombreuses éditions latines, il eut droit à une traduction par Nicolas Volcyr en 1536 que Montaigne possédait dans sa bibliothèque56. Rabelais raillait même Végèce en évoquant l’imaginaire Franctopinus De re militari de la bibliothèque de Saint-Victor57.

Philippe de Clèves, seigneur de Ravenstein (1456-1528) était un homme de guerre professionnel qui servit aussi bien Maximilien de Habsbourg que Charles VIII et Louis XII.

Chef de la bande d’artillerie de Flandre en 1489 et de ses seize pièces lourdes et six couleuvrines, il est au cœur de la guerre moderne58. Vers 1516, il rédige une Instruction de toutes manières de guerroyer tant par terre que par mer. Il en existe de nombreux manuscrits mais l’editio princeps ne date que de 155859. A lire les titres de chapitres, on pourrait croire à une forte influence de Végèce, mais le contenu diffère souvent60. A l’instar de Cornazzano, le De Re militari avait permis à Clèves de modéliser les différentes rubriques de l’art de la guerre, mais un nouvel art de la guerre Philippe de Clèves déclare : "I’ay aucunes fois vu faire des ponts sur bateaux, et autres sur tonneaulx" 61. Végèce parle de ponts de bateaux62 ce qui ne lui est pas original, mais il est le seul à évoquer ceux construits avec des tonneaux vides recouverts d’une charpente. Apparemment, cette pratique a été empruntée à Végèce par des lecteurs créatifs. Quand l’armée doit franchir un pont, Végèce préconise d’installer un poste de garde avec fossé et palissade au débouché de chaque rive63. Philippe de Clèves modernise Végèce en faisant passer sur la rive opposée "quatre faulcons atout cinq ou six cents gens de pied, tant picques que gens de traicts : et puis debvrez faire passer aucun carroy subit et à diligence, pour le mettre devant eulx, avec aucun nombre des pionniers pour faire tranchis, se il en avoit besoing 64. Il reprend presque intégralement les recommandations du De Re militari sur l’installation du camp d’étape qui était un des piliers de l’efficacité militaire romaine65. Sans le citer, le duc de Clèves fait une sévère critique d’un enseignement particulier de Végèce devenu obsolète et dont la pratique était devenue néfaste aux XVe-XVIe siècles. Végèce recommande de combattre avec le soleil et le vent dans le dos pour aveugler l’ennemi et ne pas avoir la poussière dans les yeux ; le vent d’autre part pouvait détourner les traits66. Cette précaution, que Ferretti recommandait encore au milieu du XVIe siècle, pouvait alors perturber l’ordre de bataille par des mouvements intempestifs. Philippe de Clèves remarque que "cela servoit plus au temps passé, qu’il ne faict à ceste heure". Cette précaution végétienne est aussi une perte de temps car les batailles de la Renaissance, à cause de l’artillerie, sont plus courtes d’après lui que celles d’autrefois qu’il évalue à trois ou quatre heures67.

Raymond de Fourquevaux (1509-1574) fit son apprentissage militaire en Italie sous les ordres du maréchal de Lautrec et servit dans les guerres de Savoie et du Piémont. Il remplit diverses fonctions diplomatiques en Ecosse, en Italie et en Allemagne. En 1554, il commanda un corps à la bataille de Marciano où il fut blessé et capturé. Devenu gouverneur de Narbonne en 1557, il y mourut en 1574, après avoir, dans l’intervalle, défait le baron des Adrets et conduit une ambassade en Espagne. Son traité de l’art de la guerre68 fut l’objet de son vivant d’un détournement qui profita à Guillaume du Bellay, seigneur de Langey dès 154869 : les éditions de 1553, 1592 et même une traduction italienne de 1571 et une anglaise de 1589 continuèrent d’etre attribuées faussement à Guillaume du Bellay 70. Ce traité se veut une compilation des anciens et des modernes : Polybe, Frontin, Végèce, Cornazzano et Machiavel sont explicitement mentionnés dans le titre des éditions de 1553 et 1592. Il s’agit d’un projet de réforme militaire. Raymond de Fourquevaux veut créer une armée idéale, rendue invincible par son organisation et son armement. Comme chez Végèce et dans l’Antiquité classique, la force de cette armée idéale repose sur l’infanterie.

Raymond de Fourquevaux s’inspire des critères végétiens du recrutement71. Il est beaucoup plus descriptif que Végèce quand il énonce les métiers nécessaires à l’armée72. Fourquevaux doit aussi beaucoup à Machiavel dans l’organisation de son armée néo-classique de 25 000 hommes, en piquiers ordinaires et extraordinaires, assistés d’arbalétriers, d’harquebuziers et même d’archers73. Comme Machiavel, il estime qu’"il faudroit armer et embastonner les soldars selon la façon des anciens et des modernes" 74. Il fait sienne l’opinion de Végèce selon laquelle les troupes romaines de la fin du IVe siècle, privées d’armure, allaient au massacre75. En conséquence, Fourquevaux protège même les troupes légères, arquebusiers, arbalétriers, archers, de chemises et manches de mailles, ou, à défaut, de pourpoints d’escailles, de bonnes brigantines, avec un cabasset pour le crâne.

Fourquevaux adapte librement le texte de Végèce dans un développement sur la composition des grandes unités à travers l’Antiquité et le présent76 : "Les nations qui ont eu autresfois ordonnance de gens de pied, ont faict un nombre principal des gens qu’il levoyent, lequel iacoit qu’ait esté nommé diversement, si a il esté presque pareil en nombre estoit appellé Legion par les Romains, par les Grecs Phalange, par les François Caterve 77, et de notre temps les Suisses et Allemans luy donnent un nom en leur langue, (Hourt) qui vault autant à dire que Bataillon en la nostre". Et de ce mot usent aussi les Italiens et les Espagnols : "mais pour ce que les hommes levez par élection méritent d’estre dicts Legionnaires 78, et leur nombre estre dict Legion, ionct à ce que le Roy a voulu user de ce terme comme du plus propre, j’en useray aussi comme il a faict". Et pour ce que les Romains (comme dit Végèce) "faisoyent leurs Legions de VI mil et C homes 79, j’ordonneray aussi celles que ie dresse de mesme nombre, et despartiray apres ce nombre en XII bandes, et en cela seray ie different à eulx : car ils divisoyent leurs Legions en X bandes, desquelles ils faisoyent Bataillons…"

Le mythe de la légion romaine restait opérant au XVIe siècle. Le roi François Ier avait créé des légions françaises à recrutement provincial en 1534 et Fourquevaux reprend à son compte le chiffre végétien de 6 100 hommes par légion80. Il ose seulement modifier la structure interne de la légion.

Après le recrutement, l’armement et l’organisation, Fourquevaux traite de l’exercice en amalgamant le contenu de plusieurs chapitres de Végèce81. Très anachronique est sa recommandation de ruer la pierre, le dard, la barre de fer (référence à la plumbata, trait plombé). Il est plus moderne ensuite sur l’entraînement à la pique, la hallebarde et l’arquebuse. Fourquevaux, à la suite du De Re militari 82, insiste sur la manœuvre de doublement des rangs. Il note que le nombre de rangs n’a aucune importance mais que c’est l’usage qui compte : "et mesme Végèce n’en sçait assigner aucune raison, mais que de l’usage" 83 ; étonnant exemple de fidélité à la tradition.

La triplex acies romaine, que voulaient restaurer Végèce puis Machiavel, fait l’objet de tout un chapitre chez Fourquevaux84. Il y rappelle, à la manière de Polybe, la supériorité du système romain sur la phalange. Fourquevaux, comme Machiavel, penche pour un système mixte gréco-romano contemporain85. Il adopte une sorte de triplex acies 86 illustrée par une planche. Le problème des intervalles de repli reçoit une solution proche de Machiavel : le nombre de bataillons est dégressif sur trois lignes (5, 3, 2). Chaque soldat occupe trois pas de largeur en marchant, deux en bataille, un en combattant87. La planche d’illustration montre la première ligne rangée sur un pas de largeur, la deuxième sur deux pas et la troisième sur trois. Fourquevaux comme Machiavel butaient sur le problème de la formation en quinconce qu’ils ne savaient pas imaginer et dont Végèce, Tite-Live et Polybe ne disaient rien.

Comme Machiavel, Fourquevaux déplore "la servitude où les estrangers nous ont detenuz iusques a present, lesquels se peuvent vanter d’avoir esté les depositaires de toutes les guerres que nous avons faictes de XXX ans enca, et de nous avoir faict perdre toutes les fois qu’ils ont voulu" 88. A la place des mercenaires, il propose une armée nationale sur le modèle proposé par Végèce89. Ainsi Raymond de Fourquevaux, homme de guerre du milieu du XVIe siècle, cherchait encore dans Le De Re militari le modèle d’une armée idéale.

Blaise de Monluc ou Montluc (1502-1577) est à lui seul une synthèse de l’homme de guerre français du XVIe siècle. Jeune Gascon intrépide, il s’était engagé en 1518 comme archer dans une compagnie commandée par Bayard. Vétéran des Guerres d’Italie, il devint maréchal de France après avoir gravi tous les grades. A soixante-quinze ans, stropiat et défiguré par une arquebusade, il déposa enfin le harnais. Loin d’être un intellectuel ou un doctrinaire, c’était un homme de terrain, plus à l’aise dans les armes que dans les livres. L’image d’un maréchal sorti du rang ne doit toutefois pas le rabaisser au rang d’un illettré. Dans ses Commentaires en forme de mémoires publiés en 1592, rien ne transparaît d’une culture classique. Néanmoins, dans ses anecdotes biographiques, où perce la maxime, retentit un écho végétien. Montluc a-t-il lu Végèce ? A-t-il entendu certaines maximes de la bouche de capitaines qui étaient des lecteurs de Végèce ? La seconde solution semble la plus probable. Il revient fréquemment sous sa plume l’idée chère à Végèce, devenue un lieu commun, que "la valeur l’emporte sur le nombre" 90. Montluc prétend la tenir du discours de sages capitaines91. Cornazzano, Machiavel et Ferretti s’étaient eux aussi approprié cette idée92. Végèce, citant Caton, exprimait que toute faute à la guerre est irréparable93. Montluc aime constater le caractère implacable des erreurs de commandement94. Végèce conseille d’éprouver des soldats inexpérimentés par des escarmouches, premiers contacts avec la peur et la mort95, et parallèlement, Montluc croit que les capitaines et gens de guerre peuvent faire leur apprentissage aux petits faits d’armes96. L’enseignement de Végèce, sous la forme de principes généraux, appartenait à la culture militaire vivante du XVIe siècle. Rares les idées qui durent plus de mille ans. Les idées de Végèce sont de celles-là.

François de la Noue (1531-1591), gentilhomme breton mort d’une chute au siège de Lamballe, a porté les armes dès son enfance dans les guerres d’Italie. Vaillant capitaine, il était surnommé Bras de fer à cause d’une prothèse qui remplaçait son bras gauche, broyé au cours du siège de Fontenay-le-Comte en 1570. Il prit part aux guerres de religion du côté huguenot, comme mentor militaire du jeune roi de Navarre, le futur Henri IV. C’était donc un homme d’expérience qui rédigea les Discours politiques et militaires 97. Il connaissait l’ouvrage de Fourquevaux en l’attribuant au Seigneur de Langey et le cita dans un passage tiré de Végèce98. De la Noue était plus moderne que Fourquevaux. Le soldat idéal n’était plus inspiré de l’Antiquité, mais du fantassin espagnol, l’homme du tercio, moderne et discipliné (Discours 16-17). Toutefois certaines de ses idées, dans l’air du temps, ont une inspiration végétienne que l’on retrouve chez les précédents auteurs. Végèce jugeait que l’abandon de l’armure par l’infanterie était responsable des défaites romaines99. De la Noue constate que "les soldats ne veulent plus aujourd’hui porter de corcelets" 100 et juge que "l’infanterie, qui en est depourveuë, est imparfaite" et que les officiers doivent donner l’exemple101. Le fantassin, qui voyait encombrer sa marche par une armure, a toujours eu le même réflexe, préférant le confort de plusieurs semaines de marche à la sécurité de quelques heures de combat. A l’instar de Végèce, qui estimait la cavalerie lourde des cataphractaires incommode102, de la Noue raille l’excès d’armure des gens d’armes qui craignent les arquebusades : "la pluspart se sont chargez d’enclumes, au lieu de se couvrir d’armures" 103. Végèce, Machiavel, Fourquevaux, de la Noue concordent dans leur souhait de protéger l’infanterie par des armures : ce qui pourrait sembler un archaïsme de la part des auteurs du XVIe siècle. Néanmoins, la puissance de feu n’était pas assez puissante pour rendre l’armure, la pique et la hallebarde obsolètes.

De la Noue critique les mercenaires comparés aux mauvais médecins et aux mauvais juges : "Que sçauroit pis dire un mauvais medecin et un mauvais juge, qui desirent que la cité soit tousiours pleine de maladies, de crimes et de procès, à fin d’avoir bonne curée" 104. Il condamne "les gentilhommes François qui vont porter les armes en païs estrange" 105. De la Noue honore le nom de légion comme Végèce, il fait de la supériorité militaire la cause fondatrice de l’Empire romain106. Il approuve le roi François Ier qui a restauré le principe des légions dans le but de s’affranchir du mercenariat107. L’échec du projet de François Ier est expliqué d’après de la Noue par sa lourdeur financière. Selon lui, quatre légions, comme le propose Végèce, "en suyvant le pied ancien" pour un total de 24 000 hommes est trop coûteux. Il préfère l’adage espagnol poco y bueno : qui est à dire peu et bon. Il propose donc trois légions (Picardie, Champagne, Bourgogne) de 2 000 hommes chacune108. François de la Noue avait donc une vision cruellement réaliste des moyens du royaume de France qui ne pouvait s’offrir qu’une armée permanente de 6 000 hommes, soit le total des effectifs d’une seule légion d’après Végèce…

Un trait commun caractérisait les auteurs militaires italiens et français du XVIe siècle : l’idéalisation de la légion romaine parée du mythe de l’invincibilité romaine. Même vidé de son contenu, le terme de légion faisait rêver les hommes de guerre de la Renaissance. La critique du mercenariat était le pendant politique de cette admiration pour Rome. Végèce se posait en médiateur de l’Antiquité romaine et offrait un modèle pratique à ceux qui voulaient créer un nouvel outil militaire.

 

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Notes:

1 Flavii Vegetii Renati Epitoma rei militaris, éd. K. Lang, Teubner, Leipzig, 1869, reprise en 1885, rééd. 1967. Sur Végèce : A.R. Neumann, “Publius (Flavius) Vegetius Renatus”, Paulys-Wissowa Real-Encyclopädie, Suppl. X, 1965, col. 992-1020. Biblographie, R. Sablayrolles, “Bibliographie sur l’Epitoma rei militaris de Végèce”, Cahiers du Groupe de recherche sur l’Armée romaine et les provinces, 3, 1984, pp. 139-146.

2 D. Bornstein, “Military Strategy in Malory and Vegetius”, De Re militari, Comparative Literature Studies, 9, 1972, pp. 123-129. M. Springer, “Vegetius im Mittelalter”, Philologus, 123, 1979, pp. 85-90. C.R. Shrader, The Ownership and Distribution of the Manuscripts of the De Re militari of Flavius Vegetius before the Year 1300, Diss., New York, Columbia Univ., 1976. Id., “A Handlist of Extant Manuscripts containing the De re militari of Flavius Vegetius Renatus”, Scriptorium, 33, 1979, pp. 280-305. Ph. Contamine, La guerre au Moyen Age, Paris, PUF, Coll. Nouvelle Clio, 1980, rééd. 1992, pp. 303, 353-356, 359, 408, 469. F.H. Sherwood, Studies in medieval Uses of Vegetius Epitoma Rei Militaris, Diss., Los Angeles, Univ. of California, 1980. J.A. Wisman, “L’Epitoma rei militaris de Végèce et sa fortune au Moyen Age”, Le Moyen Age, 85, 1979, pp. 13-31. Id., “Flavius Renatus Vegetius”, Catalogus Translationum et Commentariorum, 6, 1986 pp. 175-184. B.S. Bachrach, The Practical Use of Vegetius’De Re militari during the Early Middle Ages, tiré à part communiqué par l’auteur.

3 Ph. Richardot, “La réception de Végèce dans l’Italie de la Renaissance : entre humanisme et culture technique”, Studi Umanistici Piceni XV, 1995, pp. 195-214.

4 Ph. Richardot, 1995, pp. 199-200, (Illustrations en annexe de l’article).

5 P. Pieri, La crisi militare italiana nel Rinascimento. Naples, R. Ricciardi, 1934. Il Rinascimento e la crisi militare. Turin, G. Einaudi, 1952.

6 Bibliographie : C. Fahy, “Per la vita d’Antonio Cornazzano”, Bolletino storico Piacentino, 1964 (texte dactylographié). D. Bianchi, “Antonio Cornazano e le sue biografie”, La Bibliofila, 67, pp. 17-124. G. Fiori, “Ricerche biografiche piacentine 1 : notizie storiche e precisazioni biografiche sul Antonio Cornazzano… “: Boll. stor. Piacentino, 74, 1979, pp. 179-189. N. de Vecchi Pellati, “Sulla vita e sulle opere di Antonio Cornazzano”, Istituto Lombardo. Accademia di Scienze morali e storiche, 115, 1981, pp. 345-370. Art. A. Cornazzano in Dizionario Biografico degli Italiani, Rome, 1983, t. 29, pp. 123 132. R.L. Bruni, D. Zancani, “Antonio Cornazzano, le opere a stampa”, La Bibliofilia, 86, 1986, p.1-62. M. Tomassini, C. Bonavigo, “Tra Romagna ed Emilia nell’Umanesimo, Biondo e Cornazzano”, Bologne, Clueb, 1985. Ph. Richardot, 1995, pp. 200 et 207.

7 Opera belissima del arte militar del excellentissimo poeta miser Ant. Cornazzano in terza rima, Impr. par Maistro Christophoro da Mandello, a poste del Venetabili (sic) Homo Miser Pre Piero Benalio, Venise, achevé d’imprimer du 8 novembre 1493. Réimp. p. H. Soncino, Pesaro, 1507 ; id., Orthona ad Mare, 1518. Cornazzano de re militari, novamente impresso. Impr. par Alexandro de Bindoni, Stampato in Venetia per Alexandro de Bindoni anno Domini MDXV a di XXVI septemb., Venise, 1515 ; id. 1521. Impr. par Filippo di Giunta, Florence, 1520. Sessa, Venise, 1526. Cornazzano de re militari, nuovamente con somma diligentia impresso. P. di Nicolini da Sabbio, Venise, 1536. [Un exemplaire de la BN porte les armes de François Ier, Rés. Yd. 999]. Augusto de Zanni da Portese, Venise (sans date). traduction espagnole : A. de Corn. Reglas militares traducidas del idioma Toscano en romance castellano p. Lor. Suarez de Figueroa, Venise, 1558. D. Zancani, De l’integrita de la militare arte in Chivalry in the Renaissance, éd. par S. Anglo, Woolbridge, The Boydell Press, 1990 (CR : L. Harf-Lancner, Bibliothèque d’Humanisme et de Renaissance, 1991, t. 53, pp. 800-801).

8 Cornazzano, I, 1. DRM, III, prologue et 26. Cornazzano, I, 3. DRM, I et II.

9 Cornazzano I, 3. DRM, I, 3 10, 11, 15.

10 F. Gilbert, “Bernardo Rucellai and the Orti Oricellari : A Study on the Origin of Modern Political Thought”, in History : Choice and Commitment, Cambridge (Mass.), Harvard Univ. Press, 1977.

11 Cornazzano, III, 1, 2. Machiavel, L’Arte della guerra, éd. D. Carbone, Florence, 1872, livre II, pp. 27-33. Machiavel conclut, d’après Tite-Live, à la supériorité des armes romaines sur celles des Grecs.

12 L’Arte della guerra, livre III, p. 72.

13 L’Arte della guerra, livre III, p. 73.

14 DRM, III, 24.

15 L’Arte della guerra, livre III, p. 61.

16 Editions : Libro della Arte della guerra, Impr. par Filippo di Giunta, eredi di Filippo di Giunta, Florence, le 16 août 1521, M.D.XXI adi XVI di Agosto. Libro della Arte della Guerra, Impr. par les figliuoli d’Aldo, Venise, 1540. Comin da Tridino, Venise, 1541. Fig. di Aldo, Venise, 1546. Giolito, Venise, 1550 et 1552. Giglio, Venise, 1552. L’Art de la guerre, composé par Nicolas Machiavel, citoien de Florence. L’Estat aussi et charge d’un lieutenant-général d’armée, par Onosander, ancien philosophe platonique. Oeuvres très utilz et nécessaires à tous roys, princes, républiques, etc… et autres suivants les armes ; le tout traduict en vulgaire françois par Jehan Charrier, natif d’Apt en Provence, et par lui adressé à… monseigneur le Dauphin… Impr. par Jehan Barbé, Paris, 1546.

17 F.L. Taylor, The Art of War in Italy, 1494-1520, Cambridge, 1921. P. Pieri, “Milizie e capitani di ventura in Italia del Medio Evo”, Atti della Reale Accademia Peloritana di Messina, 40, 1937-1938. Id., La crisi militare italiana nel Rinascimento, Naples, R. Ricciardi, 1934. Id., Guerra e Politica negli scrittori italiani, Milan, R. Ricciardi, 1954. H. Lapeyre, L’art de la guerre au temps de Charles Quint, Paris, CNRS, 1959. M. Mallett, Mercenaries and their Masters. Warfare in Renaissance Italy, Londres, Sydney et Toronto, 1974. J.R. Hale, Renaissance War Studies, Londres, Hambledon Press, 1983. Id., War and Society in Renaissance Europe 1450-1620, New York, St. Martin’s Press, 1985.

18 Toutes les lettres de Machiavel, éd. E. Barincou, Paris, Gallimard, 1955, pp. 39, 63-66.

19 Ibid., Rapport sur l’institution de la Milice, pp. 70-71 et pp. 74-77.

20 Le Prince, VII, XII.

21 L’Arte della guerra, livre I, p. 9.

22 DRM, I, 28.

23 C.C. Bayley, War and Society in Renaissance Florence. The De Militia of Leonardo Bruni, Toronto, Toronto Univ. Press, 1961, pp. 377-378. H. Baron, The Crisis of the Early Italian Renaissance. Civic Humanism and Republican Liberty in Age of Classicism and Trinity, Princeton Univ. Press, 1955, pp. 553, 560-561. Matteo Palmieri, Libro della Vita Civile, 1529, pp. III et 76. Franciscus Patricius, De institutione rei publicae, écrit vers 1470, éd. en 1594, p. 406. Coluccio Salutati, Invectiva… in Antonium Luscum de florentina republica male sentientem, écrit vers 1400, éd. par D. Moreni, Florence, 1826, p. 181. F. Gilbert, “Machiavelli : The Renaissance and the Art of War”, in Makers of Modern Strategy. Military Thought from Machiavelli to Hitler, éd E. Mead Earle, Princeton Univ. Press. 1944. rééd. éd. P. Paret, 1986. pp. 16-22.

24 L.A. Burd, art. cit.

25 L’Arte della guerra, Livre I, pp. 20-21. DRM, I, 3-4, 6-8.

26 L’Arte della guerra, Livre I, p. 23. DRM, III, 1.

27 L‘Arte della guerra, Livre II, pp. 36-38. DRM, 14-15, 19.

28 L’Arte della guerra, Livre II, p. 37. DRM, I, 1.

29 L’Arte della guerra, livre II, pp. 37-38. DRM, II, 23.

30 L’Arte della guerra, livre II, p. 38. DRM, I, 10.

31 L’Arte della guerra, livre II, p. 38. DRM, I, 18.

32 L’Arte della guerra, livre II, p. 39. DRM, II, 6.

33 L’Arte della guerra, livre II, p. 33. Sur la légion de 6 000 hommes en dix cohortes, DRM, II, 6.

34 L’Arte della guerra, livre II, pp. 39-40.

35 L’Arte della guerra, livre III, p. 73.

36 DRM, II, 14-16.

37 L’Arte della guerra, livre III, pp. 62-65.

38 L’Arte della guerra, livre III, p. 66.

39 L’Arte della guerra, livre III, p. 70. DRM, III, 14.

40 L’Arte della guerra, livre III, p. 70.

41 L’Arte della guerra, livre VI, pp. 108-131. DRM, I, 21-25 et III. 8.

42 L’Arte della guerra, livre VII, pp. 137-139. DRM, IV, 2 12-15, 17, 22, 24-27

43 L’Arte della guerra, livre VII, pp. 144-146 : 1. “Tout ce qui sert votre ennemi vous nuit ; tout ce qui lui nuit vous sert”. DRM, III, 26 : 1. “Dans toute opération de guerre, la règle est que ce qui te sert nuit à ton adversaire et ce qui lui sert joue toujours contre toi”.

44 Della Osservanza militare del Capitan Francesco Ferretti d’Ancona in Venetia Appresso Camillo et Rutilio, Borgomenerij Fratelli, All’Insegna di San Giorgio, 1576.

45 Deux Livres de l’Observation militaire et conduite de la guerre. Traduits de l’italien du Capitaine Francisque Ferreti d’Ancone Chevalier de Saint Etienne, par Charles du Caurel, Escuyer seigneur de Woëlles. A tresil. Prince Charles de Bourbon, Comte de Soissons. Paris, Pour Mathieu Guillemot, au Palais en la gallerie par où on va à la Chancellerie.

46 Dialoghi notturni… dove si ragiona di ordinanze, et del marchiar esserciti, et del modo di allogiarli. Impr. chez B. Giotti l’Ancien, appresso Gio Battista Giotti senese, Venise, In Venetia, 1604. Le même ouvrage est publié sous un autre titre : Arte militare… dove si ragiona di ordinanze et del marchiar esserciti,… Impr. F. Manolesso, ad instantia di Francesco Manolesso, Ancône, 1608.

47 Le texte de Ferretti est cité dans sa traduction française de 1587, f. 1 R°-V° : “A celuy qui faict son dessein de devenir bon soldat, s’il veut bien employer sa peine, est principalement requis qu’il ne soit maladif, mais bien complexionné et robuste de corps, pour pouvoir resister aux factions laborieuses que continuellement luy faut supporter”. Végèce insiste sur les critères physiques de sélection avec un luxe de détails, DRM, I, 4, 5, 6. Ferretti comme Végèce s’arrête aux conditions morales, f. 2 V° : “Il importe que le soldat soit traitable, de bonnes mœurs”. DRM, I, 7.

48 Ferretti, f. 2 R°-V° : “Ainsi les soldats qui ne peuvent endurer la peine de porter armes de deffense, se trouvans desarmez, sont forcez de recevoir et blessures et mort des ennemis, ou bien de fuir, qui est le plus infame, ou a tout le moins de demeurer prisonniers, partant est necessaire de s’accoustumer aux armes”. Traduction littérale du DRM, I, 20.

49 Ferretti, f. 6 R°. DRM, II, 24. DRM, III, Prologue.

50 Ferretti, f. 35 V°. DRM, I, 1.

51 Ferretti, f. 5 V°-6R° : “Que si la compagnee se desbande il luy sera bien seant qu’il (sic) attende tant que l’enseigne sera arborée pour eviter tout ce qu’on luy sçauroit imputer. Il doit apprendre encore à bien entendre le son du ta(m)bour, pour sçavoir tousiours et à propos obeir comme il appartient, par ce que par cest instrument, on fait entendre aux soldats ce qui est necessaire de faire”. DRM, III, 5.

52 Ferretti, f. 6 R°. DRM, I, 10.

53 Ferretti f. 35 V°. DRM, III, 2. DRM, III, 14. DRM, III, 12. DRM, III, 26.

54 Ferretti, f. 36 R°-V°. DRM, III, 9 et une maxime III, 26. DRM, III, 11. DRM, III, Prologue. DRM, III, 26.

55 Ferretti, f. 35 V°.

56 Flave Végèce René,… Imprimé par Chrestian Wechel, A lenseigne de lescu de Basle, En la rue Sainct-Jaques, Paris, 1536. [Exemplaire de Montaigne, BN, Rés. R.613]. P. Chavy, Traducteurs d’autrefois, Moyen Age et Renaissance. Dictionnaire des traducteurs et de la littérature traduite en ancien et moyen français. 842-1600, Paris-Genève, Champion-Slatkine, 1988, p. 1411.

57 Pantagruel, éd. J. Plattard, Paris, 1929, p. 34.

58 P.H. Contamine, “L’art de la guerre selon Philippe de Clèves (1456-1528) : innovation ou tradition ?”, Biijdragen en medelingen betreffende de geshiedenis der Nederlanden, 95, 1980, pp. 363-376. Id., Histoire militaire de la France. Des origines à 1715, t. 1, Paris, PUF, 1992, pp. 217, 244-245.

59 Instruction de toutes manieres de guerroyer, tant par terre que par mer, et des choses y servantes, redigées par escript, par Messire Philippes duc de Cleves, Comte de la Marche, et Seigneur de Ravestain. A Paris, Chez Guillaume Morel, 1558.

60 Clèves, p. 21 : “Le moyen d’asseoir un camp, et des logis et places y requises”. DRM, III, 8 : “Comment ordonner un camp”. Clèves, p. 27 : “La façon de passer à seureté ponts sur rivieres, passaiges et destroicts”. DRM, III, 7 : “Comment traverser les fleuves”.

61 Clèves, p. 27.

62 DRM, II, 24.

63 DRM, III, 7.

64 Clèves, p. 28.

65 Clèves, p. 33 : vostre mareschal des logis quand il aproche le lieu où l’host doibt loger, a premierement à regarder de prendre camp en lieu convenable, pres de bois, et de rivieres… et aussi doibt regarder que ce soit lieu avantaigeux, pour combatre les ennemis, s’ils les venoient assaillir de nuict ou de iour : et doibt bien regarder qu’il n’y ait lieu ne montaignes empres, là où leurs ennemis puissent venir fortifier, et batre dedans leur camp”. DRM, III, 8, Végèce évoque en plus le risque d’inondation et le pâturage.

66 DRM, III, 14.

67 Clèves, p. 80 : “Aussi aucunes gents quand ce vient à combatre, regardent à prendre le vent et le soleil : et pareillement à l’avantaige de combatre en pied pendant, ou en pied montant : c’est bien faict de prendre le vent et le soleil, qui le peult avoir : mais aucunesfois pour le chercher, l’on se boutte en desordre : ou les ennemis qui vous voyent, cuident que vous branlez et fuyez qui leur peult donner meilleur cœur qu’ils n’avoient : et certes cela servoit plus au temps passé, qu’il ne faict à ceste heure : car alors ils combatoient trois ou quatre heures main à main, voire aucunesfois demy-iour, à la pluspart à pied : parquoy estoit bon besoing de prendre le vent au visaige pour la frescheur, et donner le soleil au visaige de leurs ennemis pour leurs eschauffer et nuire : mais noz batailles à cette heure si tost faictes, que ie ne trouve point que cela nous peult beaucoup nuire ny aider”. Chez Végèce, repris incorrectement par Philippe de Clèves, la bataille dure deux à trois heures. DRM, III, 8.

68 Cf. édition et étude dans The Instructions sur le faict de la guerre of Raymond de Beccarie de Pavie, sieur de Fourquevaux, éd. par G. Dickinson, Londres, 1954.

69 Instructions sur le faict de la guerre, Impr. par M. de Vascosan, Paris, 1548.

70 Instructions sur le faict de la guerre, extraites des livres de Polybe, Frontin, Végèce, Cornazan, Machiavelle et plusieurs autres… Impr. par M. de Vascosan, Paris, 1553.

71 Fourquevaux, I, 3 : “Comment c’est qu’il faudroit lever les gens, et les enroller, et des qualitez comunement requises en un nouveau soldard”. f. 30 R° : “Les signes pour cognoistre les plus idoines à ce mestier, sont les yeux vifs et esveillez, la teste droicte, l’estomach eslevé, les espaulles larges, les bras longs, les doigts fors, le ventre petit, les cuisses grosses, les iambes gresles, et les pieds secs”. Traduction littérale du DRM, I, 6. Fourquevaux, f. 30 V° : “Sur tout il faut adviser que ces gens nouveaux soyent honnestement conditionnez selon leur qualité, et au’ils ne soyent point de ceulx qui font de vice-vertu”. DRM, I, 7 : “L’honnêteté fait un bon soldat”.

72 Fourquevaux, f. 30 R° : “… pour ce qu’il est des mestiers moult necessaires à un ost, si comme sont Forgerons, Armuriers, Esperonniers, Mareschaulx, Charpentiers, Roturiers, gens accoustumez aux Mines, Cordonniers, Chaussetiers, Tailleurs, Selliers, et autres leurs semblables”. DRM, I, 7.

73 Fourquevaux, édition de 1553, f. 36 V°.

74 Fourquevaux, I, 4.

75 Fourquevaux, f. 36 V° : “Végèce se plainct en son livre, de ce que les soldars de son temps alloyent armez trop légèrement, et qu’ils n’ensuivoyent les anciens, lesquels souloyent surmonter tous leurs ennemis, à cause de ce qu’ils estoyent tousiours biens armez, et que les desarmez estoyent ordinairement vaincuz en toutes leurs batailles”. Compte-rendu assez libre du DRM, I, 20.

76 Fourquevaux, f. 38 R°-V°.

77 DRM, II, 2 : “Les Macédoniens, les Grecs, les Dardaniens avaient des phalanges… les Gaulois et les Celtibères et plusieurs nations barbares utilisaient des bandes (caterslae) au combat… les Romains ont des légions qui ont six mille hommes parfois plus”.

78 Echo au DRM, II, 1 : “Légion vient d’élire”.

79 DRM, II, 6.

80 A. Blanchard, “La bonne sûreté du royaume ; milieu du XVe - milieu du XVIe siècle”, in Histoire militaire de la France. 1 Des origines à 1715, sous la direction de Ph. Contamine, Paris, PUF, 1992, pp. 250-254.

81 Fourquevaux, f. 43 R°-V° : “… les (soldats) faire exerciter à courir, pour devenir istes à saillir : pour ce faire dextres à ruer la pierre, le dard, la barre de fer… sans lesquelles qualitez un soldart ne peult rien valoir… Il faudroit pareillement accoustumer ses soldars à porter poisans faix, à celle fin que si quelque entreprinse se dressoit, pour laquelle mettre à execution il leur faulsist cheminer plusieurs iours sans trouver vivres, qu’ils en puissent porter une bonne quantité à leur doz… Oultre plus, qui vouldra que ces gens ne puissent estre empeschez par aucune riviere n’ayant avec eulx aucun pont, ne le dequoy en dresser promptement un, il sera tresproufitable de leur faire apprendre à nager…” DRM, I, 9 10, 13-14, 16-17.

82 DRM, I, 26.

83 Fourquevaux, f. 47 V°.

84 Fourquevaux, I, 9 : “Comment il est necessaire partir un chacun bataillon en trois batailles separées l’une de l’autre”.

85 Fourquevaux, f. 75 R° : il m’a semblé bon de retenir les armes et les façons des phalanges Grecques, et en partie des légions Romaines, et de noz gens de guerre modernes”.

86 Fourquevaux, I, 10 : “Pour ranger une Legion en bataille, et quellement il la faut exerciter”.

87 Fourquevaux, f. 7, V°.

88 Fourquevaux, f. 85 R°-V°.

89 Fourquevaux, f. 88 V° : Tout ainsi qu’ils avoyent deux legions de citoyens propres, et deux d’alliez en chacun de leurs exercites, ie prendray semblablement quatre Legions de François ou deux pour le moins, et seront VI M C homes de pied chacune. Car ce nombre me plaist mieulx, ionct à ce que Végèce en a usé en ordonnant ses Legions. Et des deux susdictes Legions Françoises, ie feroye mon principal fort. Si tant estoit que l’on y voulust des soldars estrangers, ie colloqueroye cesdicts estrangers aux aux poinctes de l’armée, come les Romains y mettoyent leurs aides. DRM, II, 4-5.

90 DRM, III, 26 : Amplius iuuat uirtus quam multitudo.

91 Montluc, Commentaires, Ed. P. Courteault, NRF, Gallimard, La Pléiade, Paris, 1964, p. 65 : “Ce n’est pas tout d’avoir des hommes un grand nombre : quelque fois il nuist plus qu’il ne profite”. p. 154 : “… j’ai apprins de sages capitaines, pour les avoir ouy discourir, qu’une armée composée de douze à quinze mil hommes est bastante d’en affronter une de trente mil. Car ce n’est pas le grand nombre qui vainc, c’est le bon cœur”. p. 161 : Ce n’est pas tout d’avoir des hommes en compte, il faut avoir du bon cru, car cent valent mille.

92 Cf. Cornazzano, note 8, Machiavel note 43 (correspondance 4=4) et Ferretti, f. 35 R° : “Doit tousiours avoir en la memoire, que d’estre superieur de forces à son ennemy, ne promet point la victoire certaine”.

93 Végèce, DRM, I, 13.

94 Montluc, p. 56 : “Mais ce n’est pas tout d’estre vaillant et hardy ; il faut prevoir ce qui peut survenir, veu qu’aux armes les fautes sont irreparables. p. 696 : … en la guerre une faute est irreparable”.

95 Végèce, DRM, III, 12.

96 Montluc, p. 681.

97 François de la Noue, Discours politiques et militaires du Seigneur de la Nouë. Nouvellement receuillis et mis en lumiere, A Basle, De l’Imprimerie de François Forest, 1587. W.h. huseman, La personnalité littéraire de François de la Noue (1531-1591), Paris, 1986.

98 De le Noue, Discours 16, p. 294 : Monsieur de Langey, au livre qu’il a escrit de la discipline militaire, parle des camarades, qu’il appelle en nostre langue Françoise Chambrées et les fait de dix soldats, baillant à l’un d’iceux quelque prééminence sur les autres, et le nomme Chef de Chambre. En ceci il imite les Romains qui avoyent en leurs cohortes des decuries et des decurions, c’est-à-dire, dizaines et dizainiers. En fait Langey/Fourquevaux plaque Végèce, DRM, II, 8 où il est question de contubernium de dix hommes commandé par un caput contubernii.

99 DRM, I, 20.

100 De la Noue, Discours 13, p. 267.

101 De la Noue, Discours 14, p. 275.

102 DRM, III, 23.

103 De la Noue, Discours 15, pp. 285-286.

104 De la Noue, Discours 14, p. 180.

105 De la Noue, Discours 14, p. 185.

106 De la Noue, Discours 14, p. 272 : “Le nom de Legion a esté anciennement en grand honneur et reputation. peut-on dire, sans mentir, que par ces superbes et valeureuses bandes tout le monde a esté dompté, et l’Empire Romain eslevé en la grandeur où il est parvenu”. DRM, I, 1 : “Nous voyons que le peuple romain a soumis le monde grâce à rien d’autre que l’entraînement aux armes, la discipline et l’expérience militaire”.

107 Ibid., le grand fi’oy François, desirant fortifier et asseurer son Royaume par tous les moyens practiquables, s’avisa d’establir des Legions, pour avoir tousiours des gens prests, quand le besoin surviendroit, sans estre contraint d’aller mendier l’aide des estrangers”.

108 De la Noue, Discours 14. p. 273.

 

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