LA FRANCE ET LES OPÉRATIONS SPÉCIALES1

Eric Dénécé et Nicolas Warney

La dislocation de l’empire soviétique et la rupture de l’équilibre stratégique Est/Ouest ont libéré des antagonismes jusqu’ici contrariés ou contenus, accroissant le nombre des conflits dits "de basse intensité" et des situations de crise auxquels la France peut être confrontée. Dans ce nouveau contexte, les occasions d’intervention de nos armées se trouvent multipliées. Il est donc indispensable pour notre pays de disposer de forces d’une grande disponibilité et d’une grande souplesse opérationnelle, aptes à réagir à différents types de situation de manière rapide et adaptée.

Au premier rang des priorités apparaît le besoin d’unités hautement spécialisées capables d’intervenir sans délai et d’une façon non clandestine sur tout le spectre d’évolution des crises, en menant à bien des opérations militaires non conventionnelles dites opérations spéciales.

Par "opération spéciale", il faut entendre l’ensemble des actions qu’un volume réduit de forces, engagé discrètement pour une durée pouvant aller de quelques heures à plusieurs semaines, est amené à réaliser afin d’obtenir un résultat décisif dans un contexte souvent hostile.

Le propre des forces spéciales est de combattre de façon hétérodoxe. Elles doivent être aptes à faire face à toutes les situations. Opérant en petits effectifs, elles doivent pouvoir agir de manière autonome, survivre en toute discrétion y compris sur les manières de l’ennemi et rester efficaces pendant toute la durée de leur mission, jusqu’à leur récupération2.

En ce domaine, la France n’a pas su pendant longtemps capitaliser l’expérience acquise depuis la Seconde Guerre mondiale. Ayant pris conscience du rôle que pouvaient remplir de telles unités à l’occasion de la guerre du Golfe, le ministère de la Défense a créé en 1992 le Commandement des Opérations Spéciales (COS), sans aller cependant jusqu’au bout de la rationalisation de notre dispositif. La clarification du concept d’opérations spéciales et une refonte de nos forces spéciales sont aujourd’hui nécessaires. Elles supposent au préalable l’examen de notre dispositif et de ses insuffisances.

  1. UN DISPOSITIF COMPLEXE, CARACTéRISé PAR LA REDONDANCE ET LA DISPERSION
    1. Le poids du passé

    La France s’est progressivement dotée des unités dont elle avait besoin sans jamais procéder à une harmonisation d’ensemble. La dispersion qui en a découlé trouvait son origine dans la confusion qui a longtemps existé dans notre pays entre forces spéciales et troupes de choc d’une part, entre opérations spéciales et action clandestine d’autre part.

    Malgré des expériences réussies (Seconde Guerre mondiale, Indochine, Algérie), une tradition d’action "commando" ancienne et une ressource humaine de très haute qualité, la France a mis longtemps à élaborer une "culture de forces spéciales", à la différence des pays anglo-saxons où celle-ci est répandue et

    reconnue au sein du monde militaire. Les Britanniques, par exemple, ont mis sur pied, depuis les années 1950, un nombre restreint d’unités chargées des missions stratégiques, opérant le plus souvent en petits détachements, composées exclusivement de cadres expérimentés, restant longtemps dans leur affectation et jouissant d’une grande protection en termes de confidentialité. En France, les nombreuses unités "spéciales" ont été parfois employées comme de classiques bataillons d’infanterie de choc : leurs engagés avaient un âge moyen plus faible que leurs homologues étrangers et étaient souvent de simples soldats, la rotation des hommes et des cadres était fréquente en raison des règles de mutation et d’avancement en vigueur dans les armées, hommes et unités ne bénéficiaient pas d’une réelle protection en termes de confidentialité3.

    De plus, depuis l’après-guerre, une partie des missions du Service Action4 - telles que la constitution de gardes présidentielles et la protection de personnalités à l’étranger ou la conduite d’actions de contre-guérilla - ont relevé plus des opérations spéciales ou de la coopération militaire que de l’action clandestine.

    Enfin, cette confusion a résulté de la méfiance durable qu’ont éprouvé après la guerre d’Algérie le pouvoir politique et les états-majors à l’égard de certaines unités d’élite et du Service Action. Cette méfiance a longtemps été à l’origine de l’absence de reconnaissance particulière de leur rôle, voire d’une dispersion délibérée des moyens ayant empêché l’apparition de véritables unités spéciales.

    Ce foisonnement a été source de dysfonctionnements. L’existence de nombreuses unités, revendiquant chacune des attributions sans cesse plus larges, a provoqué des chevauchements de compétences et des rivalités aiguës entre ces unités comme entre leurs armées d’appartenance.

    Des rivalités se sont exercées d’abord pour l’attribution des missions. Il n’y a pas eu cumul mais partage de missions entre les différentes unités. Les occasions d’emploi ont donc été plus réduites pour chacune d’elles tant en raison de l’équilibre à préserver dans cette répartition qu’en raison de leur vocation particulière. Il y a donc eu absence de capitalisation des expériences et des savoir-faire.

    La meilleure illustration de ce phénomène demeure l’opération d’Ouvéa, en mai 1988, où quatre unités sont intervenues - GIGN, EPIGN5, nageurs de combat du commando Hubert, commandos de la DGSE - là où une seule aurait dû suffire.

    Des rivalités ont existé ensuite pour l’attribution des moyens provoquant une dispersion de ceux-ci entre différentes unités ayant souvent des missions similaires ou complémentaires. Ainsi nos unités ont été, jusqu’à il y a une dizaine d’années, moins bien équipées que leurs homologues étrangères.

    Des rivalités sont intervenues également entre les armes et entre les armées, lesquelles ont toutes voulu conserver sous leur autorité des unités à vocation spéciale, chacune vantant la spécificité et la supériorité de sa composante et étant réticente à toute réorganisation pouvant provoquer sa disparition.

  2. LE DISPOSITIF ACTUEL

    Lors de la réorganisation de notre outil militaire liée au plan Armées 2000 et aux enseignements de la guerre du Golfe, les inconvénients de cette situation n’ont pas échappé aux autorités politiques et militaires. Cette prise de conscience a abouti, en 1992, à la création du Commandement des Opérations Spéciales (COS). La mise en place de ce commandement a eu d’incontestables vertus : utilisation des forces spéciales dans leur domaine de compétence, développement de la complémentarité des unités et de l’esprit interarmées, mise au point de procédures destinées à limiter les conflits d’attribution. La création du COS n’a cependant pas résolu tous les problèmes.

    Elle n’a pas réduit le nombre d’unités. L’inventaire des forces aptes aujourd’hui à conduire des missions spéciales6 fait apparaître une panoplie de moyens nombreux et diversifiés :

    Armée de terre :

    - 1er Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine,

     

    - 13e Régiment de Dragons Parachutistes,

    - Commandos de Recherche et d’Action dans la Profondeur (CRAP) de la 11e DP,

    - Escadrille "opérations spéciales" de l’ALAT.

    Marine nationale :

    - Commandos d’assaut amphibie (Jaubert, Trepel, de Montfort, de Penfentenyo),

     

    - Commando d’action sous-marine (Hubert),

    - Flottille 33 F de l’Aéronavale.

    Armée de l’Air :

    - Commando Parachutiste de l’air n° 10 (CPA 10).

    DGSE :

    - Centres d’entraînement aux opérations clandestines aéroterrestres et aéromaritimes,

     

    - Commandos de guerre spéciales,

    - Moyens aériens et maritimes adaptés.

    La réforme n’est pas allée jusqu’au bout de la rationalisation du dispositif. Seuls ont été placés sous le commandement du COS le 1er Rpima, les Commandos Marine, le CPA 10 et divers moyens de projection spécialisés qui demeurent tous sous la responsabilité organique de leurs armées respectives.

    Le 13e RDP n’a pas été affecté à la nouvelle structure en raison de la création quasi-simultanée de la brigade de renseignement et de guerre électronique (BRGE), unité opérationnelle de la direction du renseignement militaire (DRM), à laquelle il a été rattaché, pérennisant ainsi la séparation entre le renseignement et l’action.

    Les commandos de la DGSE ont été laissés de côté alors qu’une partie de leurs missions, de leur savoir-faire et de leur équipement relève plus du domaine des opérations spéciales que de l’action clandestine.

    Les détachements opérationnels constitués dans le cadre de certaines interventions extérieures se caractérisent en conséquence par leur composition très hétéroclite. Ainsi, au Rwanda, en juin 1994, en préalable à l’opération Turquoise, le contingent du COS sur le terrain comptait 150 hommes, provenant de trois unités différentes (1er RPIma, commando-marine Trepel, CPA 10), qui a opéré parallèlement à des membres du GIGN et de l’EPIGN, à des équipes CRAP de la 11e DP et à des éléments du 13e RDP7.

    La création du COS s’est largement inspirée du modèle américain, qui n’est pas forcément le plus adapté à notre situation. Il existe, en effet, des différences majeures d’approche, de moyens et d’effectifs entre la France et les Etats-Unis.

    Dans le cadre de la doctrine "Special Operations/Low Intensity Operations", le Special Operations Command (USSOCOM)8 assure le traitement de toutes les crises dites de "basse intensité". Or, en France, cette mission ne saurait être du seul ressort du COS. L’expérience française en matière d’interventions extérieures permet d’affirmer que toutes les situations de crise n’appellent pas nécessairement une réponse de type "opération spéciale".

    De plus, les américains font entrer dans le champ de responsabilité de l’USSOCOM la guerre psychologique, les opérations menées en direction des populations civiles dans le cadre d’un engagement extérieur et la manipulation médiatique d’un événement. Or, pendant la guerre d’Algérie - il est vrai à l’époque département français - ce furent les "Sections administratives spéciales" (affaires indigènes) et non les forces spéciales qui assumèrent l’essentiel du volet civil de l’action politico-militaire. L’action psychologique comme le contrôle et la manipulation des médias étaient du ressort du 5e Bureau (guerre psychologique), lequel agissait en liaison avec les 2e et 3e Bureaux (renseignement et opérations). Nous avons donc, dans ce domaine, une expérience propre, distincte de celle des Etats-Unis.

    Enfin, en ne considérant que les aspects purement militaires de l’USSOCOM, on observe que celui-ci est chargé de missions qui seraient en France à la fois du ressort du COS, de l’assistance militaire technique (AMT), voire de certaines unités de la 11e DP. Le modèle britannique, où le "Director of Special Forces" ne dirige que les 21e, 22e, 23e SAS"9 et le SBS10, et assume la fonction de conseiller du chef d’état-major et du gouvernement pour les opérations spéciales, paraît mieux adapté à notre situation.

  3. LA NéCESSAIRE RESTRUCTURATION DE NOS MOYENS :
    CLARIFIER LE CONCEPT "D’OPÉRATION SPÉCIALE"
    1. L’emploi des forces spéciales
    2. En temps de crise, l’emploi des forces spéciales doit permettre le règlement de situations qui ne peuvent trouver de solutions par la voie diplomatique ou par des moyens militaires conventionnels. Elles représentent souvent la seule réponse militaire possible au terrorisme international à l’étranger et sont le moyen le plus efficace d’enrayer une crise. Leur action a notamment pour intérêt d’éviter un engagement important de troupes régulières dans un conflit à l’issue incertaine. En cas d’échec, le coût politique d’un retrait ou d’un revers reste limité et les pertes en vie humaines, en blessés et en matériel restent très inférieures à celles qu’aurait enregistrées une unité régulière.

      En temps de guerre, l’emploi des unités spéciales doit apporter une contribution majeure à la victoire. Pour cela, il leur faut être capables, dès le déclenchement d’un engagement, de désorganiser les forces et la manœuvre de l’adversaire, lui interdire toute mobilité, neutraliser ses centres de décision et ses moyens de communication, s’emparer de points et de secteurs névralgiques dont le contrôle permettra à l’offensive de réussir et guider les unités d’assaut dans la profondeur après avoir reconnu les itinéraires.

    3. Les missions des opérations spéciales

L’observation des interventions conduites ces dernières années permet de définir six grandes familles de missions dévolues aux forces spéciales :

la recherche et la transmission de renseignements ;
la neutralisation ou la destruction d’objectifs vitaux pour l’adversaire ;
l’accueil et le guidage d’unités conventionnelles dans le cadre d’interventions extérieures ;
la libération d’otages, la récupération de pilotes abattus et l’évacuation de ressortissants nationaux ;
la protection de personnalités ou de sites sensibles à l’étranger ;
l’assistance à des pays amis pour la formation aux techniques de contre-guérilla.

Ces missions sont susceptibles de se réaliser dans deux types de situations :

en action autonome, loin sur les arrières de l’ennemi ;
en liaison avec une force, nationale ou alliée, dans le cadre d’une intervention militaire interarmées, pouvant comporter un débarquement, un parachutage ou une action aérienne.
    1. Les frontières des opération spéciales

De telles missions excluent les opérations purement clandestines, apanage des services secrets11. Toutefois, si les forces spéciales doivent être clairement distinguées de la branche "Action" des services secrets, elles peuvent être amenées à accomplir certaines opérations combinées avec ceux-ci ou à leur profit. L’utilisation des forces spéciales dans des opérations de rétorsion en pays étranger permet de ne pas impliquer directement les services secrets dans des missions d’action militaire qui ne sont pas leur vocation et qui, en cas d’échec, nuisent à leur image comme à leurs activités de renseignement et d’action clandestine.

Il est également indispensable de bien faire la différence entre les forces spéciales et les grandes unités dites spécialisées (parachutistes, troupes de montagne, fusiliers marins...), car si celles-ci sont entraînées et équipées pour des modes d’intervention spécifiques, elles opèrent en réalité comme des unités d’infanterie légère et sont structurées sur un modèle classique.

D’autre part, il convient de bien distinguer les opérations spéciales de la coopération militaire, des opérations menées en direction des populations civiles dans le cadre d’un engagement extérieur, de la guerre psychologique et de la manipulation médiatique d’un événement.

Les opérations spéciales excluent enfin les interventions de police judiciaire et la protection d’autorités assurées par les groupes spécialisés de la Police ou de la Gendarmerie.

Les opérations spéciales occupent donc une place intermédiaire entre l’action clandestine et l’engagement militaire conventionnel limité.

  1. RATIONALISER LE DISPOSITIF ACTUEL

La mise en place de forces aptes à intervenir en tout temps et en tout lieu passe par la concentration des missions dans un nombre restreint d’unités. L’expérience a, en effet, montré tout le bénéfice qui pouvait être tiré d’une concentration des savoir-faire et du cumul d’engagements opérationnels au sein d’une même unité, lesquels développent les compétences, la rapidité de réaction et les capacités d’adaptation individuelles et collectives. Dans cette perspective, un certain nombre de mesures s’avèrent nécessaires.

Poursuivre l’effort entrepris afin de lever l’ambiguïté entre les opérations clandestines et les opérations spéciales - les premières devant relever de la DGSE et les secondes des forces spéciales - et détacher les commandos du Service Action pour les rattacher aux forces spéciales. Recentrer les centres d’entraînement aux opérations clandestines sur leur vocation d’instruction du SA.
Clarifier les missions respectives des forces spéciales et des CRAP de la 11e DP, en limitant clairement l’action de ces derniers au cadre d’un engagement au profit de la zone de responsabilité du régiment et, le cas échéant, de la division, et donc à un ensemble de missions tactiques, ponctuelles, ne nécessitant pas l’engagement des forces spéciales. D’autres composantes de l’armée de terre disposent d’ailleurs de tels éléments pour l’accomplissement de leurs missions12 .
Mettre un terme à la séparation des missions de renseignement et d’action en confiant aux unités spéciales les missions de recherche humaine à effectuer au profit de la DRM.
Faire évoluer notre dispositif vers plus de concentration à travers la création de deux véritables unités spéciales caractérisées par leur mode d’insertion, cumulant chacune dans son domaine les missions, les savoir-faire et les engagements opérationnels :

* une unité à vocation aéroportée serait mise sur pied à partir des personnels du 1er RPIma (Bayonne), du 13e RDP (Dieuze) et des commandos de la DGSE ;

* une unité à vocation maritime serait reconstituée avec les personnels des quatre commandos d’assaut amphibie de Lorient et les nageurs de combat du commando d’action sous-marine de Saint-Mandrier.

Ces deux unités constitueraient un vivier dans lequel le Service Action de la DGSE pourrait puiser certains de ses cadres ou spécialistes.

Doter ces deux unités du même schéma d’organisation offrant l’avantage d’une grande souplesse d’utilisation : une demi-douzaine de commandos indépendants, composés chacun d’une centaine d’hommes au maximum, ainsi qu’une composante "réserve" pouvant être affectée aux opérations spéciales ou à leur soutien. Spécialiser les commandos par métiers ou établir au contraire un système de rotation afin d’accroître leur polyvalence.

Le volume des effectifs à sélectionner doit être déterminé de façon suffisamment large pour que l’accomplissement des missions ne soit pas remis en cause par l’inévitable proportion de personnels se trouvant à l’instruction, à l’entraînement, en permission ou en indisponibilité.

Renforcer les moyens de projection et de soutien des opération spéciales dont disposent les trois armées.
Proposer une véritable carrière aux personnels sélectionnés, lesquels doivent pouvoir rester au sein des unités le plus longtemps possible afin d’amortir le coût de leur formation, d’augmenter le degré d’expérience de l’unité, de permettre la transmission du savoir-faire des plus anciens vers les plus jeunes et de garantir la confidentialité des opérations. Une véritable carrière, affranchie des contraintes habituelles que leur imposent les armées (durée de présence dans l’unité, règles d’avancement) et assortie d’avantages propres à l’unité qu’ils ont choisie, doit en conséquence pouvoir leur être proposée (échelle de solde supérieure d’un grade à celle des forces régulières, prime spécifique aux forces spéciales).
Accroître la confidentialité entourant les opérations, les unités et les personnels. Les opérations spéciales doivent être secrètes dans leur préparation et discrètes dans leur exécution. Elles doivent être entourées d’un maximum de protection afin que leur mode d’exécution ne puisse être reconstitué et que leurs acteurs ne puissent être identifiés. Il en va de même des unités elles-mêmes qui doivent être protégées par une confidentialité maximale en ce qui concerne leurs effectifs, leur entraînement, leur équipement et l’identité de leurs personnels.
Centrer l’activité du COS sur la coordination et le soutien des forces spéciales, le développement de matériels spécifiques, la standardisation des procédures et des matériels entre les différentes unités, les recherches et études techniques pour le développement d’équipements spécifiques aux forces spéciales ainsi que sur l’organisation d’échanges avec les unités étrangères. En matière de commandement, les opérations spéciales ne doivent pas être dirigées de l’arrière. Il importe donc de définir précisément l’intervention du COS et des responsables gouvernementaux sur le plan strictement opérationnel, en admettant qu’une fois les directives fixées, c’est au responsable sur le terrain qu’incombe la conduite de l’opération. Il est par ailleurs souhaitable que les états-majors intègrent davantage dans leur raisonnement le recours aux forces spéciales et accueillent des officiers provenant de celles-ci afin de mieux utiliser le potentiel qu’elles représentent.
Poursuivre l’action entreprise depuis 1994 pour développer en parallèle dans la structure militaire des compétences "affaires civiles" et "traitement médiatique des crises", indispensables à la conduite d’actions d’environnement.

Les réformes entreprises à partir de 1992 vont dans la bonne direction : d’ores et déjà, on observe un début de reconnaissance du rôle des forces spéciales dans l’institution militaire. Mais elles doivent être prolongées afin de permettre la préservation de la spécificité et de l’autonomie des unités spéciales, l’attribution de moyens adaptés à leurs missions et une utilisation plus efficace de cette composante essentielle de nos forces armées.

 

 

Notes:

 

1 Les informations figurant dans cet article ont été tirées de sources accessibles au public (presse et ouvrages spécialisés). Les auteurs ont obtenu le prix de la Fondation pour les études de défense 1996 pour un travail sur ce thème.

2 Sur les principales caractéristiques des unités spéciales, voir l’article des mêmes auteurs “Forces et opérations spéciales : à la recherche du paradigme”, Enjeux Atlantique, n° 8, janvier 1994.

3 A l’exception des unités relevant de la DGSE.

4 du SDECE puis de la DGSE.

5 Groupe d’Intervention de la Gendarmerie nationale et Escadron Parachutiste d’Intervention de la Gendarmerie nationale.

6 Le présent article ne traite pas des groupes d’intervention anti-terroriste de la Police ou de la Gendarmerie, car bien qu’il s’agisse d’unités d’élite extrêmement spécialisées, elles ne sont pas à proprement parler des forces spéciales.

7 On peut d’ailleurs se demander ce que faisaient des gendarmes anti-terroristes dans une opération militaire à caractère humanitaire à l’étranger et les commandos-marine dans un pays enclavé au sein du continent africain.

8 L’USSOCOM dispose de plus de 40 000 hommes.

9 Special Air Service. Seul le 22e SAS est un régiment d’active.

10 Special Boat Squadron, des Royal Marines.

11 Les opérations clandestines se caractérisent notamment par le fait qu’elles ne laissent pas de signature (à moins que celle-ci ne soit délibérée), qu’elles revêtent souvent un caractère illégal, qu’elles sont limitées dans le temps et menées par des effectifs très réduits.

12 Sections de renseignement des bataillons de chasseurs alpins, escadrons d’éclairage divisionnaires, observateurs avancés d’artillerie...

 

 

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