QUELQUES IDÉES, PLUS OU MOINS NON-CONFORMISTES, SUR LES FAR/FDR

Jean-Baptiste Margeride

 

Premier point : transports et déplacements

Nous utiliserons ici l'expression anglo-saxonne "Forces de déploiement rapide" de préférence à "Forces d'action rapide" : il faut se déployer avant d'agir. C'est surtout ce problème et ses conséquences que nous étudierons.

L'explosion-implosion de l'URSS et - presque simultanément - la facile victoire de la guerre du Golfe ont laissé croire à bien des naïfs que le Monde entrait dans une ère nouvelle où les conflits se régleraient désormais de manière pacifique sous l'égide de l'ONU (ou, au pire, par l'engagement - toujours sous la direction de l'ONU - de forces limitées d'États-membres).

Ce fut la période des "dividendes de la Paix" chers aux politiciens à courte vue qui crurent (ou voulurent faire croire par démagogie) que désormais se pouvaient réduire les Forces Armées, et crédits correspondants, à peu de chose.

Il fallut rapidement déchanter. Mais le "train" des économies sur la défense était lancé, et - où que ce soit - les électeurs-contribuables auraient difficilement admis qu'après les avoir bercés du rêve d'une diminution drastique des prélèvements de l'État, on en revienne au taux des dépenses militaires du passé : ceci d'autant plus que dans tous les pays en général - en France tout particulièrement - les dépenses de défense sont très impopulaires (au moins jusqu'à la veille d'un conflit majeur, de la défaite et de l'occupation)1.

Par suite, les principales armées mondiales ont dû réduire leurs effectifs2 - le "Titre III" -, faire des coupes claires dans les dépenses d'équipement - le "Titre V" - et fermer de nombreuses bases extérieures3.

En conséquence s'est présentée l'idée de remplacer les forces "prépositionnées", éparpillées en permanence un peu partout dans le Monde, par des "Forces de Déploiement rapide" à envoyer en urgence là où leur présence est nécessaire. Et de toutes façons, pour les États qui "prépositionnent" encore des unités hors de la métropole4, le volume et la nature des équipements de ces formations ne permettent guère que de faire face à une situation locale du type "feu de brousse" ; mais pas du tout à celles comparables à la guerre du Golfe ou la Bosnie. A plus forte raison si l'intervention doit se faire loin de tout avant-poste ami.

Il s'agit donc, en somme, de vouloir "projeter" des forces relativement importantes plutôt que de les disséminer en de nombreux points de la Terre.

Mais pour être réalisable, efficace et rapide, cette "projection de Forces" implique de multiples conditions dont la plupart sont loin d'être réalisables dans les "formats" des armées actuelles5.

La première des conditions est la rapidité d'envoi d'au moins une avant-garde de volume significatif : l'Iraq n'a pas osé continuer l'invasion du Koweït par celle de toute la péninsule arabique6 parce que les premiers soldats américains aéroportés arrivaient : bien qu'il ne s'agît que des forces très limitées, elles étaient symboliques et, pour l'Iraq, il ne s'agissait plus de tuer des Saoudiens et/ou soldats des Émirats mais de s'en prendre à des citoyens américains 7.

Cet envoi ne peut se faire autrement que par moyens aériens, de préférence par aérotransport sur pistes de nations amies proches des zones d'engagement, ou au besoin par prise d'aéroport en territoire ennemi, par des forces parachutées.

La seconde condition découle de cet aérotransport : c'est la détention de moyens de feu et d'équipements à la fois légers et de volume limité, mais aptes à donner aux forces "projetées" des avantages techniques compensant une très probable infériorité numérique. C'est-à-dire combinant une forte puissance de feu à une grande mobilité au sol et à une certaine capacité de protection (ceci sans naturellement parler d'une supériorité nette pour les moyens "C3I").

Nous nous limiterons ici à l'aspect européen des problèmes : malgré un PIB américain inférieur à celui, cumulé, des nations "membres" de l'Europe, on peut penser qu'il faudra longtemps avant que cette Europe représente une puissance militaire comparable à celle d'outre-Atlantique. Par ailleurs, aucun de ses "membres" ne peut prétendre faire tout seul.

 

Premier point : transports et déplacements

Les transports des matériels lourds, ou très volumineux, par voie maritime ne posent guère de problèmes pourvu qu'on choisisse des ports où l'on soit assuré de ne pas avoir d'obstructions syndicalistes systématiques8.

Les difficultés de ce mode de transport viennent ensuite :

il faut trouver un port de débarquement, en pays ami, qui soit aussi près que possible de la zone d'engagement et qui soit muni des moyens de levage pour ceux des matériels apportés non auto-mouvants9 ;

 

 

puis il s'agit de rejoindre cette zone d'engagement. Ce qui, en règle très générale, exige des moyens du Génie non négligeables : par exemple le char de bataille actuel typique a une "classe" - poids dans son cas10 - de l'ordre de 55 à 60 t. Or, on ne trouve guère d'itinéraire d'une telle force portante dans les pays du tiers-monde et il peut même se faire qu'ils soient peu nombreux dans certaines zones d'Europe : Bosnie, Massif Central français, zones montagneuses d'Espagne et d'Italie, etc. En pareil cas, on peut compter que l'adversaire, au moins sur sa zone, aura d'ailleurs pratiqué les destructions mettant ces itinéraires lourds hors de service.

Enfin, il ne faut pas oublier que les moyens de préparation au pontage, puis de pontage proprement dit, sont rares11, lourds, volumineux et chers.

Il y a là une première raison pour souhaiter l'équipement des FDR par des matériels et équipements très légers et aussi compacts que possible.

Mais nous avons dit que l'"avant-garde" aura une action d'autant plus dissuasive12 qu'elle arrivera plus vite. Elle devra donc être aéroportée. A défaut de pistes libres disponibles, une "avant-avant-garde" - si l'on nous permet ce néologisme - devra être parachutée pour s'emparer des zones de poser : de préférence des aérodromes déjà existants.

Se pose donc le problème du transport aérien pour l'Europe, car les Transall français et allemands sont presque à bout d'usure et, de toute façon, ont une charge "payante"13 trop faible (tout comme les C-130 britanniques).

Le moment est donc favorable - et urgent - de remplacer les appareils de transport des principales armées européennes. L'étude d'un "FLA/ATF", c'est-à-dire "Future Large Aircraft"/"Avion de Transport Futur", est déjà bien avancée. Malheureusement, et bien qu'une firme britannique fasse partie de l'équipe d'étude, le gouvernement du Royaume-Uni a annoncé qu'il comptait se munir de C-130 modernisés... quoique le prototype ait fait son premier vol il y a quelque 41 ans : le 23 août 195414.

Les caractéristiques de l'ATF sont déjà bien définies : ce quadriturbo-propulseur - 4 fois 6 600 kW - doit pouvoir enlever une charge payante maximale de 32 t (possibilités d'envol et résistance de la structure, notamment du "plancher") à environ 4 000 km ou bien 24 t jusqu'à 7 000 km. Il doit pouvoir se poser sur des terrains très sommairement aménagés.

Ce sont des performances d'enlèvement bien inférieures à celles d'un C-5, C-17, An 52 ou 122, Ill 76, mais l'état minable des crédits de défense des armées en Europe interdit un appareil de la classe des récents C-17 et An 122.

Nous devons donc tabler sur un transporteur limité à 24 t à 7 000 km (cf. le Livre blanc : actions aéroportées jusqu'à 7 000 km), de charge "payante", et c'est là une seconde raison - peut-être la principale - pour que les matériels et équipements des FDR soient légers et compacts15.

ARMEMENT

Nous avons évoqué plus haut la nécessité d'une puissance de feu compensant une très probable infériorité numérique (au moins jusqu'à l'arrivée de renforts acheminés par mer puis par voie de terre). C'est l'occasion de s'interroger sur ce qui constitue la puissance de feu : en commençant par celle du niveau du soldat pris isolément.

Nous pensons qu'il s'agit là du produit de deux facteurs : le premier étant la capacité intrinsèque de l'arme à exercer des effets destructifs sur les matériels et/ou vulnérants sur les personnels ; le second étant le plus ou moins grand degré de maîtrise de son arme par le soldat.

En d'autres termes, et pour prendre des exemples, on n'obtiendra jamais que des résultats décevants en munissant un fantassin très entraîné d'un pistolet automatique 6,35 mm16, ou en utilisant comme tireur de mitrailleuse de 12,7 mm un individu non seulement myope mais ayant égaré ses lunettes.

Nous aurons à revenir sur les individus. Pour le moment, examinons les problèmes des armes.

a) L'arme individuelle de base dépend dans une grande mesure du "paysage" où se dérouleront les combats.

En zone désertique, de culture, ou de steppe, une portée de l'ordre de 400 m est nécessaire : elle est donnée par des fusils d'assaut genre FAMAS17, M16, AK 74.

En zone de buisson et forestière - notamment en jungle - il est essentiel que l'arme soit très compacte : ce qui est le cas des pistolets-mitrailleurs. Mais leur munition - le 9 mm Parabellum en général - n'a qu'une faible puissance. Un récent intermédiaire, P-M pour la dimension et fusil d'assaut pour les munitions, est le P.90 de la FN Herstal, à la fois puissant et précis pour une arme à canon si court18.

C'est ce type d'arme qui est à choisir pour ce type de terrain, et il doit exister en stock, pour chaque homme, un fusil d'assaut et un genre P.90.

Au domaine de l'arme individuelle appartient aussi le fusil de "Sniper". Il doit être efficace à une portée qui doit atteindre 1 000 à 1 200 mètres, ce qui élimine les armes tirant la cartouche de 5,56 mm ; même la "7,62 x 54 OTAN" est un peu faible. Dans ce domaine - et actuellement - rien ne remplace la cartouche de 12,7 mm19, à tir encore très tendu à 1 000 mètres, capable d'une bonne précision malgré un certain vent de travers, et qui peut exercer des effets importants non seulement sur les personnels, mais sur les véhicules, postes radio, électronique de radars, voire véhicules très (trop) légèrement blindés (fusil lourd pour Snipers Barret 82.A assez répandu et utilisé pendant la guerre du Golfe).

Une attention spéciale doit être apportée aux "lanceurs de grenades" : Certains fusils sont conçus d'emblée de telle sorte qu'une "queue de grenade" vienne coiffer l'extrémité du canon (un "piège à balles" permet le tir avec cartouche non spéciale). Ces grenades ont une masse de 0,5 à 0,6 kg et un diamètre de l'ordre de 60 mm.

D'autres armes peuvent recevoir un lanceur "autonome", amovible : cas du M.203 américain qui se fixe sous le fût du M.16 et tire des grenades de 40 mm de diamètre, encartouchées. Ce type de projectiles est exclusivement antipersonnel alors que la grenade en bout de fusil peut être soit du type AP, soit AC avec charge creuse. Les portées pratiques de l'un et l'autre système sont de l'ordre de 200 m en AP, mais pour celles "à fusil" tirant des munitions anti-blindés, elle tombe à quelque 80 m20. Au calibre de 60 mm la perforation d'un acier à blindage est de 300 mm : ce qui est suffisant en tout point d'un blindé léger ainsi que pour les flancs, les "toits" et l'arrière de la plupart des engins lourds.

A noter le fait qu'en ajoutant une propulsion auxiliaire sur l'engin, la firme Mekar a mis au point des grenades AP d'une portée de 600 m. Un engin AC de cette portée devrait être autoguidé (nous pensons que cela se réalisera).

Dans la guerre moderne - et sauf aux mains de tireurs exceptionnels d'habileté et de sang-froid -, les revolvers et pistolets sont presque devenus des symboles du rang d'officier, comme les épées au XVIIIe siècle21.

b) les armes collectives d'infanterie vont de la mitrailleuse aux moyens antichars et antiaériens.

  • la mitrailleuse est une arme de "saturation".

En emploi AP, le calibre 5.56 est suffisant le plus souvent : portée utile 400 mètres22. Les calibres de l'ordre de 7 à 8 mm apparaissent comme des "hybrides", d'intérêt désormais limité : peu supérieurs au 5.56 en AP, et très insuffisants contre les cibles tant soit peu protégées, les véhicules, etc. : il nous semble que la 12.723 est très nettement préférable. Certes elle n'est guère transportable à bras, mais - avec une réserve suffisante de munitions - les 7 et 8 mm ne le sont pas non plus : la 12.7 devra être portée par un véhicule léger (du genre des "fardiers" LOHR), jusqu'à son poste d'emploi.

  • Une arme AP intéressante est la "mitrailleuse à grenades" dont les premiers modèles, américains - projectiles de 40 mm identiques à ceux du M.203 - remontent à la fin des années 60. C'était la SACO M19-3 encore en production. Cette arme a inspiré dans son pays d'origine le "LAG", produit aussi, sous licence, par l'Espagne ; dans l'ex-URSS (pour l'Afghanistan) la "Plamya" ; en Afrique du Sud l'"Aram", etc.

Il est difficile de comprendre pourquoi toutes les armées européennes, sauf celle d'Espagne, semblent répugner à se munir de ce type d'arme, pourtant très efficace.

  • Tous les lanceurs de roquettes antichar - "LRAC" - sont portables à bras par un seul homme. Mais ne confier qu'une roquette à un homme bien entraîné à la visée serait un gaspillage du potentiel humain : très généralement l'équipe LRAC comprend le tireur, porteur du tube contenant une roquette, pour le tir et le transport, et l'appareillage de visée. Un autre homme au moins, souvent deux, portent selon la masse un ou deux tubes transporteurs - lanceurs.

  • Le seul missile AC assez léger pour être porté, ainsi que son trépied de visée et de tir, par un seul homme est l'Eryx français. (Missile, 10 kg ; trépied 4 kg). Sa charge creuse a des effets dévastateurs, mais le faible poids "se paye" par une portée limitée à 600 m. L'engin peut être tiré depuis un local à peu près clos (pour les combats en zone urbaine). Ici encore le tireur porte un ensemble complet et un ou deux hommes l'accompagnent, chacun chargé de ou deux missiles24.

Il existe, à part l'Eryx, peu de missiles AC portables à bras. A la rigueur on peut faire entrer dans cette "classe" le Milan ; mais il lui faut un porteur par missile et un autre pour le trépied de visée : 6 hommes pour 5 missiles alors que l'Eryx n'exige que 3 hommes - mais portée de 2 km pour le Milan 25.

Dès les toutes premières vagues d'assaut, destinées à saisir et conserver des aérodromes, se fera sentir le besoin d'une défense antiaérienne26, car nous ne pourrons nous installer - carburant, munitions, etc. - sur des bases conquises, ou amies et proches, qu'au bout de quelques jours. Au même titre, un appui aéronaval ne peut débuter que lorsque les P.A sont parvenus au plus près, c'est à dire plusieurs jours après le début de l'opération.

D'emblée, les FDR ont donc besoin de moyens de défense "anti-avions" et "anti-hélicoptères"27. Fort heureusement, il se passera bon nombre d'années avant que les nations contre lesquelles nous aurions à intervenir commencent à disposer de ces munitions "stand-off" qui peuvent être larguées depuis quelques kilomètres ou dizaines de kilomètres.

Nous proposons donc d'employer, pour les phases initiales de défense AA, des missiles dits SATCP (Sol - Air Très Courte Portée).

Actuellement on ne peut guère en citer que 5 types :

Nom

Nation

Long (m)

Diamètre
(m)

Poids (kg)

Vitesse

Portée (m)

SA.1828

Russie

1,34

0,07

14,7

520 m/s

4 500 m

Stinger

USA

1,52

0,07

16,1

720 m/s

5 500 m

Mistral

France

1,81

0,09

17,0 (a)

850 m/s

5 600 m

Starburst

G-B

1,40

0,20

30,3 (b)

 ?29

7 000 m

RBS.90

Suède

1,32

0,206

82,5

 ? 4

7 000 m

(a) Mais trépied d'affût - visée de 29,6 kg.

(b) Théoriquement épaulable ( ?)

Sont portables et utilisables à bras - y compris le dispositif de visée - les deux premiers. Les SATCP britanniques et français, compte-tenu de la masse de l'affût - système de visée ne sont portables que sur une très faible distance et, pour ce faire, nécessitent deux hommes, plus un pour chaque missile supplémentaire. Si l'on veut disposer, avec le Mistral, du radar spécialisé Samantha, il faut impérativement avoir sur place un véhicule porteur d'un générateur d'électricité. Dans la pratique, une pièce complète, avec plusieurs missiles à tirer, se déplace sur camionnette TRM 2000. A l'arrivée sur le point de tir il faut compter une minute pour déployer l'ensemble missile - affût pour le Mistral, et quelques minutes de plus si l'on entend employer le radar30.

La masse du RBS 90 et plus encore celle de son affût ne permettent pas le déploiement sans emploi de véhicules (et d'un moyen de levage pour l'affût).

Le Mistral est très performant pour, notamment, la défense de navires, de bases aériennes, etc., où il peut être prêt à servir en permanence. En revanche, une utilisation "à l'improviste" par l'armée de Terre - en déplacement - est impossible ; même sans emploi du radar Samantha, la mise en batterie prend une minute. Pendant cette minute, volant à Mach 0,8, un chasseur-bombardier se déplace de 16 km. Autant dire que s'il doit être repéré à vue, il est déjà passé, larguant ses bombes et missiles bien avant que le Mistral ait pu être tiré ; il manque cruellement à l'arsenal européen un "Manpads" (c'est-à-dire "Man Portable Air Defense System"), car le Mistral, quoique mobile, n'excelle que pour la défense d'une position fixe.

Il faut souhaiter que, s'inspirant de l'excellent autodirecteur du SATCP français, l'Europe mette au point un équivalent du Stinger, lequel ne réclame que :

  • d'être épaulé,

  • d'afficher une diode lumineuse montrant que la visée a bien "verrouillé" le guidage sur l'aéronef à abattre,

le tout ne prenant que quelques secondes.

En phases ultérieures, il sera nécessaire d'utiliser des missiles AA très nettement plus puissants pour la défense des sites essentiels : aérodromes, dépôts logistiques, etc. Le genre Aster 15 et 30 conviendrait bien à cette mission mais les Manpads devront continuer à devoir accompagner les actions de force, les convois, et les débuts d'implantations nouvelles.

  • L'artillerie commence, pour les premières vagues, au niveau du mortier assez léger pour être portable (2 ou 3 fardeaux) à dos d'homme : c'est le 81 mm.

Il se trouve que certaines nations, dont la France et l'Allemagne, ont fait l'impasse totale sur les mortiers légers, en ne s'équipant, exclusivement, que de pièces de 120, beaucoup trop lourdes pour être portables31.

Certes il existe des nations européennes qui, à côté du 120, ont conservé des 81 mm (Italie, Espagne...), mais il serait trop tard, au moment de l'alerte, pour que la France et l'Allemagne entreprennent les démarches pour se faire prêter un lot d'armes et de munitions et pour donner la formation nécessaire à leurs troupes32.

L'absence de ce type d'arme dans notre "panoplie" représente une très minable économie, dont on ne sait trop s'il faut en rire ou en pleurer.

Ultérieurement peuvent être amenés les mortiers de 120, avec leurs véhicules légers de traction ; (soit par parachutage, soit par poser d'avion de transport dès que l'on tient des pistes). Ici, au contraire des premières phases, il faudra se munir - nous en avons - de pièces assez robustes pour pouvoir tirer les charges maximales, ce qui, avec obus à propulsion assistée - obus "Pepa" - permet de porter à plus de 15 km33, mais avec une dispersion assez importante.

Il existe déjà, en 120 et 81 mm, des projectiles spécialement destinés à la lutte AC, grâce à un autodirecteur radar donnant le guidage en fin de trajectoire, pour une attaque des "toits" de blindés par charge creuse.

Le "cran" supérieur de l'artillerie est représenté par le véritable canon - en fait, canon-obusier - de 155 mm qui, en Occident au moins, est devenu le standard du calibre de campagne (152 mm dans les ex-pays de l'Est).

Ces pièces existent sous diverses formes :

  • l'automoteur chenillé sous blindage, du genre AuF-1 français ou du SP 2000 allemand, etc., tous dépassant largement la limite des 2 t et les cotes de soute, donc non utilisables par des FDR sauf envoi par mer ;

  • la pièce automotrice sur châssis à roue, comme le Caesar du GIAT ou le G6 Sud-africain. Les masses tombent alors nettement au-dessous de 24 t ce qui permet d'enlever par avion (et si les cotes ne sont pas excessives), outre le canon, son équipage et un premier lot de munitions et carburant ;

  • le 155, enfin, existe sous la forme du canon tracté, d'un ordre de masse inférieur à 10 t34. Il pourrait, du point de vue des masses, former un seul transport avec son véhicule tracteur, mais la longueur de l'ensemble serait trop importante - sauf tracteur conçu tout spécialement - pour celle de la soute de l'ATF/FLA : il semble intéressant de prévoir deux avions pour le transport d'un seul canon et de son tracteur, le complément de chaque charge étant un stock de carburant et de munitions35.

  • Un problème difficile est celui des blindés, plus particulièrement celui des chars.

Les transports de troupe et "véhicules de combat d'infanterie"36 ont des masses assez faibles pour les 24 t de l'ATF. Toutefois, certains des modèles actuels peuvent être trop hauts - rarement - et trop larges - plus souvent - pour entrer dans la cale de l'ATF.

Toutes les charges de grande diffusion37 actuelles sont des engins qui atteignent et dépassent 50 t.

  • ils sont intransportables par l'ATF/FLA,

  • en zone probable d'intervention ils ne trouveraient pas d'itinéraires de leur "classe", ce qui enlève beaucoup d'intérêt à un transport maritime38.

Le problème paraît donc insoluble.

Pourtant, trouvant là un "créneau" possible pour l'avenir de leurs ventes, plusieurs constructeurs proposent déjà des chars de masse relativement faible quoique pouvant tirer toutes les munitions OTAN de 105 mm. On peut les partager en deux familles : le char chenillé légèrement blindé, le char sur roues à pneumatiques.

Le char léger chenillé, léger mais porteur d'un canon puissant, avait été proposé déjà il y a une dizaine d'années par divers constructeurs, tels :

  • le CCV-L, (Close Combat Vehicule Light) de la FCM, de 19,4t ; 105 mm

  • le Stingray de Cadillac, de 19 t ; 105 mm ;

  • le TMC-20 de Teledyne, 105 mm ;

  • le LAV prévu pour un 75 mm surpuissant, pour flèches à très haute vitesse ;

  • le cuirassier autricien de Saurer, 18 t, à réarmer avec canon GIAT de 105 mm (non au standard des obus OTAN).

  • ....

De tous ces projets deux seulement ont abouti à des ventes : 106 Stingray fournis à la Thaïlande et quelques cuirassiers achetés par l'armée autrichienne, 50 par l'Argentine, 36 par la Bolivie, etc.

Mais désormais la perspective de "projection de forces" a relancé l'intérêt de constructeurs américains39 ; on peut citer notamment :

  • le XM8, de United defense (FCM), dont 237 ont été achetés par l'US Army et pour lequel une commande d'au moins 400 exemplaires est prévue par Taiwan ;

  • le char léger Teledyne, rival malheureux auprès de l'US Army, mais qui pourrait trouver de nombreux preneurs à l'étranger.

L'un et l'autre de ces engins porte un 105 type M65 ou XM35, cabale du tir de toutes les munitions OTAN de ce calibre. Tous les deux sont parachutables. En revanche leurs concepts sont très différents.

  • le XM8 ressemble beaucoup à son prédécesseur de United Defense/FCM par son classicisme : tourelle sur coque de duralumin (coulées), mettant seulement à l'abri contre la "ferraille" du champ de bataille : balles jusqu'au 12,7 et gros éclats d'obus. Moteur diesel de 550 CV (405 kW).

Mais, pour le combat, il est prévu d'adapter des protections supplémentaires qui peuvent être amenées ou parachutées par un autre avion et montées très rapidement. Le "niveau 1", considéré comme obligatoire, comprend des tuiles de céramique noyées dans de l'uréthane. La masse du char est alors de 17 465 kg. Le "niveau 2" couvre le "1" par des plaques d'acier destinées à faire exploser prématurément les charges creuses. La masse passe à 20 185 kg. Enfin le "niveau 3" est un "niveau 2" plus épais par addition d'un surblindage de céramique. La masse du char passe alors à 22 680 kg, ce qui est trop pour un C-130 même de type H - comme le "niveau 2" d'ailleurs, mais entre dans le cadre du futur ATF/FLA si l'Europe n'est pas capable de produire un blindé de ce genre.

  • Le Teledyne ignore ces raffinements de surblindages divers. Sa masse est fixée à 19 050 kg - visant donc "pile" le C-130-H. Son originalité réside dans la suppression de la tourelle au sens habituel du terme, (ce qui contribue à l'allègement) : le canon, alimenté en munitions par dispositif automatique, est monté sur une "plaque circulaire dont ne dépassent, à part ce canon, que les organes de détection et visée ! L'équipage - 3 hommes - est dans la "caisse", protégée par un double blindage : composite et métallique. Une disposition très intéressante est le double plancher destiné à contrer les effets des mines à charge creuse.

Une mention doit être faite d'un engin dérivé du XM. 8 : le Losat, de Loral, pour lequel la tourelle a été remplacée par une autre recevant de chaque côté deux rangées superposées de 3 missiles AC, (soit 2 x 2 x 3 = 12), porteurs de "flèches" agissant par énergie cinétique grâce à une vitesse de l'ordre de 1530 m/s pendant tout le temps de propulsion, c'est à dire jusqu'à 3 500 m40.

L'autre "famille" de chars légers est celle des véhicules à pneumatiques.

Ce type de train-porteur est beaucoup plus léger que celui chenillé ; en revanche il a été longtemps réputé ne pouvoir circuler sur des terrains dont triomphait la chenille (forte pente, boue, sable...). En outre, une simple balle de fusil ou mitrailleuse "mettait à plat" un pneumatique ; alors qu'en règle générale elle ricochait sans dégâts sur une chenille.

Mais, depuis 1945, de très grands progrès ont été faits sur les pneumatiques, dont la capacité à "encaisser" les projectiles et l'aptitude en mauvais terrain font que le blindé à roues a désormais une mobilité tactique à peine inférieure à celle du chenillé. Par ailleurs sa mobilité "stratégique" est très supérieure : l'engin à roues se déplace beaucoup plus vite sur revêtement convenable - ordre de 100 km/h sur route - et 2 fois plus loin que le chenillé sur les pleins respectifs de carburant : (autonomie de 800 à 1 000 km).

Enfin, et quoi qu'en pense souvent le grand public, le train à roues, beaucoup plus simple donc robuste, ne réclame qu'un entretien très inférieur à celui du chenillé qui exige des "soins" minutieux et fréquents.

Les premières réalisations (juillet 1959) portant des pièces antichars - AC sur blindages de l'époque - furent les véhicules blindés Panhard AML, existant avec mortier de 60 ou avec canon de 90 mm : 5 t sur 2 essieux. Suivirent, en 3 essieux, les ERC 90 "Sagaie" Panhard, (de mars 1972), masse de 8,1 t, tous munis d'un canon de 90 mm tirant charge creuse ou obus-flèche.

Le "créneau" se vendant bien, le GIAT, à partir de novembre 1974, sortit son AMX 10 RC, (roue-canon), porteur d'un 105 mm spécial tirant un obus empenné41 mais pas les munitions standard de l'AMX 30, masse 16 t en ordre de combat.

Bon nombre de ces engins, surtout les Panhard, ont été fournis à des armées étrangères. Notre armée de Terre en possède encore plus de 100042.

Malheureusement ces engins ont vieilli, puisque les plus récents, les AMX 10 RC font appel aux techniques du début des années 70, (conduites de tir, compacité du compartiment moteur, etc.). Malgré - sur une partie du "parc" français - la remotorisation et le changement du canon spécial d'origine contre un 105 mm tirant les obus du standard OTAN, il serait grand temps de remplacer l'AMX 10 RC, par exemple, et, puisqu'il ne pèse que 16 t alors que l'ATF en permet 24, de faire ce remplacement par un engin mieux protégé et tirant au moins tous les obus de 105 mm du standard OTAN ; si possible, même, porteur d'une pièce de 120 mm.

Devant les succès remportés dans leurs nations d'origine et en exportation par les engins de reconnaissance AML, ERC, Ferret, Cadillac, (quoique que les engins britanniques et américains n'aient pas reçu de pièces de gros calibre), une nouvelle génération suivit dans d'autres pays. Par exemple le Cascavel au Brésil, le Centauro en Italie... Il est inutile de les citer tous, mais une de ces réalisations mérite quelques détails : la famille des Piranhas suisses, dont plus de 3000 furent - et sont - exportés ou construits sous licence. La firme MoWAG-AG, de Kreuzungen, a sorti successivement les Pranhas 4 x 4, 6 x 6, 8 x 8 et depuis peu le 10 x 10. Ce sont les deux derniers qui nous intéressent ici, au titre de chars légers sur roues :

  • le 8 x 8 (souvent désigné par l'acronyme LAV-AG), au poids en ordre de combat de 13,9 t, porte déjà un canon de 105 mm tirant les obus du standard OTAN. C'était là un excellent rapport poids/ efficacité, mais le blindage était très faible, (sauf la "petite ferraille" du champ de bataille). Pour aboutir à une protection plus efficace il fallut en venir au :

  • 10 x 10, lui aussi porteur d'un 105, pesant 12 t à vide et 18 t en ordre de combat. Cette protection, encore légère, est toutefois améliorée par des formes très fuyantes et des cloisons en partie centrale pour améliorer la survie de l'équipage de 3 hommes. En outre la suspension autorise la mise en place d'un surblindage externe - en composite ou explosif-réactif - de 2 t.

Le futur avion de transport européen acceptant 24 t à 7 000 km, il pourra enlever une sorte de "super 10 x 10" qui pourrait soit recevoir un blindage très nettement plus efficace, soit porter une pièce de 120 mm43.

Reste que le problème des armements lourds, tels que les chars (Leclerc, Léopard, Challenger et Chieftain, M.60...), les canons automoteurs - au F1, M.109 et 110, AS-90... demeure.

Nous avons dit que si l'envoi de ce type de matériel par voie de mer est possible - quoique lent - pour faire passer l'intervention à une puissance supérieure, les véritables difficultés se rencontreront en général dans l'acheminement depuis le port de destination jusqu'à la zone d'engagement.

Il se trouvera des cas, pourtant, où cet acheminement sera envisageable sans trop de difficultés a priori. Mais il serait bon toutefois de prévoir un solide accompagnement par des matériels de pontage lourd pour l'éventualité où les ponts permanents de X, Y et Z, encore intacts au moment du départ des convois maritimes, viendraient à avoir été détruits peu après.

ÉQUIPEMENTS

Les équipements matériels - tels que blocs-opératoires de cam-pagne, PC, matériels radio, radar, informatique, citernes à carburant, etc. - devront être compatibles avec les dimensions de soute de l'ATF/FLA (largeur, longueur et hauteur), au besoin par démontage. Par exemple, longueur inférieure à 13 m.

Les équipements individuels, notamment vêtements, chaussures, doivent exister pour chaque homme en divers exemplaires adaptés au climat d'une part, aux exigences de camouflage d'autre part, de toutes les zones climatiques où une action pourrait devoir être menée : vêtements pour climats tropicaux - secs, humides - tempérés, froids, très froids. Survêtements, (directement : vêtements pour zones chaudes), à teintes de camouflage diverses, depuis la jungle jusqu'à la neige en passant par les régions sablonneuses, la steppe, etc.44

Ajoutons un point important : les vêtements doivent pouvoir être passés très rapidement pour le cas d'alerte inopinée : mettre des bottes, par exemple, ne prend que quelques secondes, mais enfiler et lacer les "rangers" actuellement réglementaires dans l'armée française réclame 3 à 4 minutes45.

Pour les équipements militaires spéciaux du soldat - protection NBC et contre-projectiles, systèmes de vision, d'information et télécommunication, etc. - nous renverrons le lecteur à deux articles faisant le point de ce dont les soldats et plus particulièrement ceux de l'extrême avant (fantassins et sapeurs), devront - ou devraient - être munis dès la première décennie du XXIe siècle46:

Ces modernisations des équipements des hommes de l'extrême avant sont un peu plus urgentes chaques jour, car depuis 1945 les seules innovations concernant le fantassin ou le sapeur ont porté sur leur armement : le "système homme-de-l'armée-de-Terre" est très loin d'avoir connu les progrès du char, de l'avion ou du sous-marin, depuis 50 ans. Les études en cours visent à améliorer :

a) la létalité des armes,

b) la protection (projectiles et NBC),

c) les communications,

d) la mobilité,

e) le soutien.

 

L'AVIATION

Nous traiterons ici des seuls appareils de combat ; étant entendu que ceux de transport pourront s'accommoder de pistes assez primitives, voire de terrains de fortune débarrassés de leurs arbres et revêtus, si besoin est, (force portante trop faible au dm2) de plaques d'acier perforé - "PSP" : Pierced Steel Plates - inventées pendant le dernier conflit mondial.

Mais les avions de combat actuels ne peuvent plus décoller ou se poser sur les pistes improvisées avec ce revêtement PSP, qui pouvait recevoir les chasseurs et chasseurs-bombardiers des années 4047.

Restent trois solutions :

  • Utiliser des bases aériennes d'un (de) pays voisin(s) de celui où se déroule l'intervention (et pays qui accepte(nt) sans réserves cette coopération).

  • Si la mer est relativement proche de cette zone d'intervention, et si l'Europe s'équipe d'un nombre suffisant de porte-avions48, assurer la domination aérienne et le soutien-feu des forces au sol depuis cette "armada".

Mais, pour ces deux options, les distances à parcourir avant l'entrée en action risquent fort, soir de limiter les temps de vol sur zone de combat à très peu de chose, soit de contraindre les avions à emporter beaucoup plus de masse de carburant en "bidons" que d'armement ; il faudrait donc disposer, sur les bases de nations amies voisines, de ravitaillement en vol49.

  • La troisième solution - s'il n'existe pas de nation amie voisine, et/ou si la flotte de PA ne peut être construite - consisterait à s'emparer, "en prélude", de bases aériennes adverses : ce qui peut être fait par surprise en parachutant des fantassins soutenus par des armements semi-lourds, mortiers, mitrailleuses lourdes et à grenade, blindés à roues, etc. ; eux aussi parachutés de manière classique ou (pour précision du poser), par la technique "LAPES", c'est-à-dire "Low Altitude Parachute Extraction System", qu'il est inutile de traduire50.

Mais l'adversaire, en prévision de ce type d'action, peut avoir pratiqué des destructions sur ses pistes - ou les avoir préparées de telle sorte que leur mise en œuvre soit immédiate dès le début du largage des forces parachutistes51. en outre les abords des pistes peuvent avoir reçu des mines AC et AP.

Il convient donc que la première vague parachutée comprenne un certain nombre de sapeurs-démineurs. La seconde devra porter des personnels du Génie de l'Air, avec des engins parachutables52 - et une quantité non négligeable de matériaux à prise rapide pour "resurfacer" les brèches de pistes.

En France les personnels du Génie de l'Air relèvent :

  • pour les appelés, du contingent "Air" annuel,

  • pour les personnels d'active, pratiquement tous du Génie-Terre, mais "prêtés" contre remboursement.

Bien que les fortes réductions d'effectifs des 20 dernières années aient très nettement moins touché l'armée de l'Air (et la Marine) que l'armée de Terre, le Génie de l'Air a été tout particulièrement réduit avec :

  • disparition des 35e et 45e BGA,

  • forte réduction des effectifs des 15e et 25e RGA (le bruit court de la suppression pure et simple du 25e RGA et de la réduction à la moitié environ des effectifs actuels du 15e : en une vingtaine d'années, ces effectifs se seraient alors effondrés de 4 200 à 700 environ).

Par ailleurs, il faudrait que tous les hommes du Génie de l'Air soient titulaires de brevet parachutiste, et qu'ils l'"entretiennent" par plusieurs sauts annuels.

LES HÉLICOPTÈRES

Avouons-le, nous n'avons guère confiance dans l'hélicoptère de combat. c'est là, certes, une machine de guerre impressionnante. Mais les emplois "en vraie grandeur", au Viêt-nam d'abord par l'US Army, puis en Afghanistan par l'URSS, s'ils ont parfois été très efficaces contre du fantassin muni de sa seule arme individuelle, se sont soldés dans un terrain comme dans l'autre - quoique très différents - par des pertes d'appareils trois à quatre fois supérieures à celles des avions de combat (à nombre égal de sorties).

De par son principe, en effet, c'est là un aéronef lent53 qui reste en vue et à portée des moyens AA adverses au moins deux fois plus longtemps qu'un avion. deux hommes dissimulés derrière un buisson et porteurs de SA.7 ou de Stingers suffisent pour abattre des machines coûteuses et rares (avec leurs équipages), comme le montrent les carcasses si nombreuses qui parsèment le sol du Sud-Viêt-nam et de l'Afghanistan. A notre sens - nous pouvons nous tromper - les hélicoptères de combat ne peuvent être réellement utiles que :

  • sur front aux contours à peu près bien délimités ;

  • en zone ne comportant pas - ou très peu - de points où peut se dissimuler une petite équipe servant des SATCP épaulables54 ;

  • contre des blindés lourds par missiles AC à grande portée ("Standoff").

Naturellement certains types d'intervention peuvent pourtant requérir des hélicoptères d'attaque, mais ces cas - si l'on se réfère aux "scénarios" du Livre blanc - seront très rares pendant au moins vingt ans. en revanche, les hélicoptères de transport nous semblent indispensables pour le type de forces envisagé ici : sous réserve qu'ils déposent leur charge à distance suffisante de là où peut être soupçonnée la présence d'équipes légères AA55.

Nous pensons donc que les forces désignées pour un déploiement rapide devraient disposer :

  • en permanence d'hélicoptères de transport, eux-mêmes comprenant :

    • une "classe" relativement légère et, après repli de certains organes, pouvant être embarquée dans la soute des ATF/FLA (la longueur de cette soute, rappelons-le, est de 13 m) ; charge "payante" de cet hélicoptère d'au moins 1 000 kg ;

    • une classe lourde, amenée par voie maritime ou par "étapes", du genre Super Puma modernisé ; c'est-à-dire capable d'enlever en charge interne au moins 4 t ou, en charge externe sous élingue, des véhicules ou matériels divers volumineux de l'ordre de 5 t ;

  • en cas de nécessité, et si possible, d'emploi, un renfort "externe" d'hélicoptères de combat.

 

VÉHICULES

Les matériels que nous citerons à titre d'exemple existaient déjà il y a une dizaine d'années et avaient été essayés par la STAT : il ne serait donc pas besoin de faire appel à de coûteux frais d'étude et de développement.

  • Les tous premiers éléments, envoyables en urgence et susceptibles de parachutage ou de poser d'assaut doivent néanmoins être munis de véhicules qui permettent de déplacer des armes semi-lourdes (mortiers, mitrailleuses lourdes, mitrailleuses "à grenades", etc., et leurs munitions) pour les placer rapidement aux points où ils seront les plus efficaces.

Dans cette classe nous trouvons de petits mais robustes engins motorisés, tel le fardier Lohr parachutable de la série FL 500, pouvant porter 500 kg tout en remorquant jusqu'à 3/4 de tonne (à faible vitesse dans ce cas)56.

  • La vague suivante devrait pouvoir être aéroportée, c'est-à-dire que ses avions de transport devraient pouvoir se poser et débarquer des matériels nettement plus lourds mais tous terrains.

Faisant appel aussi à des matériels bien éprouvés, comme exemples nous citerons (de la firme ACMAT57), les VLRA-ALM 4x4 et 6x6 qui se distinguaient par une très grande autonomie (1 600 km), une bonne tenue en terrain médiocre, une charge utile importante, de bonnes capacités de traction et - point spécial - l'intégration à la carrosserie d'un réservoir d'eau potable de 200 litres58.

La soute d'un ATF VLA pourrait porter soit deux 4x4, soit un 6x6 avec remorque, de types analogues aux ACMAT déjà chargés (le 6 x 6 peut tracter un canon de 155 mm).

  • Dans le cas (non improbable) où les premiers contingents devraient être très renforcés ultérieurement, donc par voie maritime, il y a lieu d'avoir prévu toutes les conséquences de la présence :

    • des engins de combat lourds ou/et volumineux, comme les chars "normaux", les pièces blindées d'artillerie automotrices, les systèmes de défense AA à grande portée, etc.,

    • des moyens de transport lourds agissant à terre, ceux de dépannage ou de récupération, lourds aussi : classe des TRM 10 000 semi-remorques porte-engins, grues, camion-citernes,

    • des moyens de pontage lourds mais mobiles (bacs automoteurs ?),

    • des stock de munitions et des carburants de divers types - dont air - ainsi que des pièces détachées pour les divers matériels.

Et préparé ce qui répond à ces conséquences.

Ceci suppose en effet que nous puisions disposer, lors de l'arrivée au plus près (tout est relatif) de la ou des zones de combat de ports :

a) appartenant à une nation amie, ouvertement favorable à notre intervention,

b) ports disposant de moyens de mise à terre apte à traiter nos matériels.

Dans le cas contraire, et s'il le fallait, contre la mauvaise volonté affichée59 de cette nation à façade maritime, la meilleure solution serait de faire les transports sur des navires à construire en nombre non négligeable par les européens - du genre des LSD mis en place pendant le dernier conflit mondial, qui pouvaient déposer directement leur chargement sur la plage.

Mais ce serait alors passer d'une simple intervention à un mini 6 juin 1944.

 

MOYENS MARITIMES

Nous avons déjà évoqué les navires de transport et pour les bâtiments de combat, le porte-avions.

  • sur le premier point, si la construction d'un nombre suffisant de LSD se révèle trop onéreuse pour l'Europe60, il faudra recourir à la réquisition de la marine marchande ; des cargos "Ro-ro" de préférence et des car ferries dont les planchers des hangars seraient capables de supporter des masses quasi ponctuelles importantes, comme celle des chars.

Ce type de navire devra être répertorié et les routes de chacun de ceux répondant aux exigences suivies quotidiennement (de manière à savoir à tout moment le bâtiment disponible dans tel port). Nous n'aurons pas toujours, comme lors de la guerre du golfe, un délai de six mois pour faire les mises en place.

  • Sur le second point, celui des navires de combat, il faudra tenir compte du fait que, désormais, la plupart des nations côtières, même peu développées, sont pourvues d'embryons de marine de guerre : vedettes porteuses de missiles ras de mer et de torpilles, voire corvettes, frégates, parfois submersibles qui, pour être en général de technique dépassée, n'en restent pas moins dangereux61.

Nous devrons donc, l'Europe devra, maintenir à très court délai de disponibilité non seulement les porte-avions mais aussi des frégates et corvettes AA et ASM, des SNA, un train d'escadre62, etc.

 

LES PERSONNELS (l'exemple de EUROFOR)

Les effectifs terre peuvent être relativement limités, de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d'homme, mais de très haute qualité au moins pour les premières vagues. ils pourraient être prélevés :

  • pour l'intervention en Europe, éventuellement en Amérique latine, sur l'Eurocorps dont il faut espérer qu'il s'étendra à un plus grand nombre de nations malgré la répugnance à peine voilée des États nordiques ;

  • pour l'Afrique et le proche-Orient, sur l'eurofor quoique pour le moment cet organisme n'ait pas d'existence permanente, pas même un EM et que les quelques exercices ayant eu lieu63 n'aient fait que rassembler des unités assez disparates, françaises, italiennes, portugaises ;

  • au moyen et extrême-orient, il semble difficile - si la modestie des crédits persiste chez les européens - d'intervenir en dehors du cadre d'une coalition avec les États-Unis. Éventuellement, le Japon, puisque désormais son budget militaire est le troisième, peut être même le deuxième du monde64.

Il nous semble que le minimum pour Eurofor serait, avec une existence desormais "officielle" (dans le cadre UEO) :

  • la mise en service d'un EM permanent dont les taches principales, en temps normal, seraient :

    • l'élaboration de planifications relatives aux multiples et diverses situations envisageables,

    • la liaison avec l'Eurocorps, chacun des deux organismes pouvant être appelé à renforcer l'autre,

    • définir et contrôler l'instruction spéciale des unités qui lui seront affectées en permanence (sauf renforcement temporaire de l'Eurocorps) ;

  • l'affectation permanente de formations fournies par les nations-membres. Ces unités devraient :

    • provenir d'un nombre limité de nations comme c'est le cas actuellement (France, Italie, Espagne, Portugal) car les "barrières" linguistiques croissent - comme on l'a dit - "de manière proportionnelle au carré du nombre de participants"65,

    • être en garnison près de la Méditerranée,

    • effectuer de fréquentes manœuvres bi, tri et quadrilatérales,

    • être formées de personnels tous titulaires du brevet parachutistes,

    • recevoir des crédits "activité" importants (pour, notamment, les munitions d'instruction et d'entretien du tir, les carburants66, les exercices de parachutage hommes et matériels...).

Pour ce noyau, un total de l'ordre de cinq bataillons de combat67 plus un bataillon de commandement, services et transmissions devrait être suffisant : soit 600 hommes environ.

Bien entendu les renforts éventuels, arrivant pour partie par air, pour la majorité par voie maritime avec les matériels lourds, devraient être désignés dès la période normale et, par roulement, participer à des exercices d'action de force aussi nombreux que possibles.

Il faudrait qu'au moins les unités du noyau Eurofor soient composées exclusivement d'engagés et personnels de carrière : les frais de formation seraient trop importants pour y verser des individus présents pendant seulement 10 mois (et ne pouvant être employés hors d'Europe que par volontariat du moment, ce qui n'est pas assuré a priori).

Mais reste le problème de savoir si le niveau des soldes et les multiples astreintes permettent encore d'espérer - pour l'ensemble des armées - trouver dans la population française le nombre suffisant d'engagés de niveau suffisant, voire de cadres officiers et sous-officiers.

 

Notes:

1 Une semaine avant de commencer à rédiger cet article - fin octobre 1995 - nous avons lu dans un journal qu'un élu - député français européen "écolo" - proposait de rattraper le déficit - 3 300 milliards - en lui consacrant la totalité des crédits militaires "pendant le temps qu'il faudrait".

2 En France, et selon une habitude prise au cours des 20 à 25 dernières années, c'est l'armée de Terre qui a fait l'essentiel des "frais" de la réduction d'effectifs.

3 Sans parler, sur le territoire national, de la fermeture et de la vente de casernements et petits terrains de manœuvre correspondants.

4 Notamment pour la France, dans les DOM-TOM, ainsi que dans certains États africains avec lesquels des conventions et/ou traités d'assistance militaire ont été passés.

5 A titre indicatif, les États-Unis seraient actuellement capables de projeter partout dans le Monde ou presque :

6 Et pourtant, occuper tous les ports et aérodromes arabiques aurait rendu très difficile la tâche de reconquête de cette zone par les mandatés de l'ONU. Mais on peut penser qu'à l'été 1990, Saddam Hussein était persuadé que l'ONU se limiterait à ses rituelles "sévères remontrances".

7 Le soldat américain jouit d'être considéré par son pays comme un citoyen.

8 En 1990, il fallut, devant l'obstruction du syndicat local des dockers, renvoyer certains chargements de Marseille à Anvers pour embarquement.

9 La majorité des matériels lourds étant auto-mouvants, il est évidemment souhaitable de disposer de cargos type "Ro-Ro" (Roll on-Roll off).

10 La "classe" d'un pont, masse des véhicules qui peuvent l'emprunter, dépend assez largement du type de véhicule considéré : on conçoit facilement que les moyens fléchissants et les efforts tranchants, malgré une charge de poids égal, sont différents selon qu'il s'agit d'un char - à masse très "concentrée" - ou d'un tracteur routier avec remorque chargée - dont les essieux multiples se répartissent sur plus de 10 m.

11 Ces moyens relèvent du Génie, qui partout dans le Monde - au moins en Occident - est négligé en temps de paix : ce n'est pas une arme spectaculaire pour les défilés et parades militaires.

12 Au point que, décourageant l'adversaire, il se peut qu'elle évite d'en arriver à l'affrontement par les armes, faisant ainsi l'économie des pertes dans les deux camps.

13 La " charge utile " comprend le carburant, les lubrifiants, l'équipage et la " charge payante " - "paying load" - qui est la seule caractéristique intéressant le "client" : l'armée de Terre. Bien entendu, le rayon d'action - par le carburant consommé - joue en sens inverse de la charge transportée "payante".

14 Le gouvernement britannique ayant maintenu sa décision - 25 C-130H commandés - le FLA/ATF sera plus cher à l'unité puisque les frais de développement/études se répartiront sur une série moindre. Plus grave, c'est là un signe de plus du refus britannique actuel de participer pleinement à la défense commune.

15 A noter que :

16 C'est le plus petit calibre - 0,25 pouces - existant pour les pistolets automatiques, ce qui en fait essentiellement une cartouche adaptée aux crimes passionnels, à bout portant ou presque.

17 Le FAMAS est très compact, mais le mécanisme interdit la crosse pliante, inconvénient grave pour un parachutiste.

18 En outre, le chargeur de 50 coups double le temps d'autonomie de tir par rapport aux P-M et fusils d'assaut existants (25 à 30 coups selon les armes). L'échange d'un chargeur vide contre un plein est deux fois moins fréquent - pour un individu sachant se dominer assez pour ne pas gaspiller ses munitions - ce qui est un excellent facteur pour le moral : il faut n'avoir jamais été en combat de près pour ne pas comprendre l'angoisse de l'individu qui, changeant de chargeur, se sent totalement désarmé pendant 6 à 10 interminables secondes.

19 Bien que sa puissance "se paye" par un poids de fusil assez élevé, sinon le recul de l'arme devrait la faire réserver à des colosses. (M1.V1 = M2.V2 pour, respectivement, la balle et le fusil - étant entendu que les vitesses sont en sens inverse l'une de l'autre).

20 Il faut impérativement toucher la cible, alors que pour un engin AP, qui disperse des éclats, il suffit que la grenade ou l'obus arrivent à quelques mètres des personnels adverses visés.

21 Si, au Viêt-nam, le hasard ne nous avait pas fait attribuer une carabine M.1 au lieu d'une arme de poing, il est probable que nous n'aurions jamais eu à lasser l'attention du lecteur par notre prose dans Stratégique.

22 Dans le moment le choix d'une mitrailleuse de ce calibre, légère donc portable à bras, très fiable, se réduit à la seule "minimum" belge. (Il est surprenant que ce "créneau" n'ait pas été plus exploité par les firmes d'armement).

23 La Russie met en œuvre deux calibres voisins pour ses mitrailleuses lourdes : 12,7 et 14,5 mn.

24 "... un ou deux missiles..." : selon la charge portée par ailleurs : munitions pour les armes individuelles, vivres, eau potable, etc.

25 Une augmentation de portée se traduit par la possibilité de prise à partie des blindés adverses de plus loin, et aussi par le fait que la surface couverte augmente considérablement : cette surface est en effet proportionnelle au carré de la portée.

26 Même si une nation amie et voisine de la zone d'engagement nous autorise à utiliser ses bases, il semble difficile d'assurer une couverture aérienne permanente. Dans le cas où cette zone de combat serait située assez près de la mer, on peut envisager un renfort de l'aéronavale... dans la mesure où l'Europe ferait l'effort de construire et d'entretenir plusieurs porte-avions d'une taille suffisante pour ne pas être de simples aéronefs (voie économique dans laquelle se sont, malheureusement, engagées la Grande - Bretagne, l'Italie et l'Espagne).

27 L'adversaire à prévoir n'est plus le "cannibal-muni-de-sagaies", mais une armée comportant des matériels performants : souvent, et c'est le cas pour les avions et les chars plus particulièrement, ceux des matériels qui viennent déclassés par une armée très moderne puis revendus à bas prix malgré une soigneuse remise en état (on trouve, parfois en nombre relativement important, des avions tels que des Mig. 21, Su 7 et 22, Hunter, F 5, Mirage 3, etc. Pour les chars : des T.55, 62 et 72, Vickers M.3, M.48, AMX 13 et 30, Stingray...).

28 Dit aussi SA.7B : c'est, pour l'autodirecteur, une modernisation du SA.7 d'origine (de même le Stinger 1995 a été très amélioré depuis l'engin d'origine).

29 Vitesse de ces deux engins non divulguée sauf indication : "supersonic".

30 Portée du Samantha : ordre de 20 km sur chasseur "venant" : la surface équivalente radar - SER - de deux appareils de taille comparable, se présentant sous le même angle, peut être très différente, même en laissant à part les avions "furtifs" genre F.117.A.

31 Masse du "coup complet" ; de 120 mm, 13 à 19 kg ; de 81 mm, 4 à 7 kg ; de 60 mm, 1,7 à 2,2 kg. Le mortier de 60 mm "Commando" pèse 10 kg ; le 81 "léger, 40 kg. Le 120 sur train rouleur, ordre de 300 kg ; le 120 léger - sans train - 95 kg. Tout au plus peut-on, à bras, déplacer des 120 mm, parachutés, sur quelques mètres, puisqu'ils sont très généralement munis de roues pour traction derrière un véhicule.

32 On peut même se demander si le mortier de 60 mm type "Commando" - moins de 10 kg - ne serait pas un excellent équipement pour les toutes premières vagues d'assaut, parachutées. Ceci pour une question de masse des obus à porter à bras.

33 L'obusier américain 105 HM2, de 1941-45, ne portait au maximum qu'à 12 km.

34 A notre connaissance, le "record dans ce domaine revient actuellement à la pièce du British Aerospace Defence, avec 4 080 kg. Mais c'est un "traditionnel" 39 calibres, portant à 24 km, alors que la récente tendance est le passage aux tubes de 52 calibres donnant largement 30 km avec obus standards et une quarantaine avec ceux de technique "base-bleed" ou celle de propulsion auxiliaire.

35 Ce qui ne pourra se faire, vraisemblablement, qu'après la fin des transports d'assaut.

36 Expression assez saugrenue : le fantassin combat à pied. Son engin de transport le protège contre la "ferraille" du champ de bataille en phase d'approche, puis peut soutenir son action par des feux de mitrailleuses ou de canons à tir rapide de petit calibre. Les anglo-saxons parlent, plus justement, de "APC" (Armoured Personnal Carrier).

37 Les "MBT" : "Middle Battle Tanks".

38 L'expérience - Indochine - montre qu'il est possible, mais très difficile et très lent, de dépasser en "pont de circonstance" la classe 16. Sauf à disposer de matériaux aussi spéciaux que rares, surtout en brousse : fer "IPN de 1 000" (mn) en coupons de 10 à 12 m - et moyens de levage correspondants, c'est-à-dire grues d'une quinzaine de tonnes au moins.

39 A noter le fait que la relance de la chaîne de C-130 modernisés, (modèle H, celui commandé par la Grande Bretagne), qui peuvent embarquer une charge maximale de 19,4t (qu'il porte à 3700 km) au plus sauf ravitaillement en vol) n'est pas étrangère à cette relance du char léger : sa charge est la limite de masse que se sont fixés les concepteurs de ces blindés. D'ailleurs - données de la mi-1995 - outre ses 126 C-5 et 18 premiers C-17 très gros porteurs, l'armée de l'Air américaine aligne encore 239 C-141 et 531 C-130, mais pour ces derniers, très peu seulement sont du modèle H "pur", c'est-à-dire de transport.

40 Il existe des obus flèches à sabots de 120 mm partant à plus de 1600 m/s, mais elles sont freinées par l'air en cours de trajectoire. Le concepteur du missile du Losat prétend que son pénétrateur perfore aisément tous les blindages connus, et même concevables dans les limites de masse acceptable pour un blindé (mais le Losat ne dispose que de 12 coups avant de devoir faire un rechargement relativement lent, à partir d'un véhicule portant d'autres missiles).

41 Obus empenné à charge creuse, de 5,7 kg à Vo 1120 m/s. Perforation de 350 mm de blindage classique. L'obus flèche étudié pour ce canon ne donna pas d'excellents résultats.

42 A la mi-1995 : 325 AMX 10 RC ; 192 ERC-90 et 570 AML 60 et 90 (dont environ 300 de ces derniers en stockage de mobilisation) d'après le Military Balance annuel.

43 a) Encore faudrait-il que l'ensemble des européens se mettent d'accord pour se partager l'étude et la production d'un engin, à standardiser pour toutes les armées.

44 Pendant la guerre du golfe, les soldats de toutes les troupes mises en ligne pour faire respecter les décisions de l'ONU portaient des tenues camouflées "steppe/sable"... sauf les unités françaises, au moins dans les débuts du déploiement pour certaines et jusqu'à la fin pour d'autres.

45 Les concepteurs de vêtements et chaussures pourraient s'inspirer du règlement des moines-chevaliers templiers en service dans la Palestine : ce règlement spécifiait expressément l'adoption d'un type de vêtements et de protections, depuis le casque jusqu'aux poulaines et solerets en passant par la cotte de mailles, pouvant être revêtus " au plus vite en cas de surprise".

46 "Soldier 2000" dans le numéro d'avril/mai 1995 de Armada International (revue suisse éditée en français, allemand et anglais). "Le laboratoire de l'Infanterie prépare le fantassin du XXIe siècle", dans le numéro de septembre/octobre 1995 (n° 17) de Défense magazine (revue française éditée en français et en anglais). Ce "laboratoire" français - il en existe dans la plupart des nations avancées - dépend pour emploi de la Section technique de l'Armée de Terre (STAT) et agit sous le contrôle du centre d'études tactiques et d'expérimentations de l'infanterie (CETEEI).

47 Pneumatiques beaucoup moins chargés au cm2, etc.

48 Dans le cadre de "l'Euromarfor", mais si les perspectives actuelles ne conduisent pas à l'optimisme : les Principe de Asturias et Giuseppe Garibaldi ne sont, comme les navires britanniques, que des "porte-aéronefs" pouvant recevoir des hélicoptères ou/et des avions ADAV-ADAC, les uns et les autres à faibles rayons d'action, et avions ADAC-ADAV bien limités en vitesse pour le moment ; aux Malouines ce sont les missiles Blowpipe, du type alors le plus récent qui ont permis aux Harrier de dominer les vieux Mirage III "d'occasion" ex-israéliens, à missiles anciens.

49 Le ravitaillement en vol peut aussi se pratiquer à partir de PA. Mais les appareils affectés à cette mission - eux-mêmes basés sur les PA. - ne portent guère que de quoi ravitailler un seul appareil. Sur les PA. américains actuels ce sont des dérivés du A.6, les "Prowler".

50 Des essais menés aux États-Unis ont montré dès 1987 que le Mowag Piranha 8 x 8 se prête fort bien à la technique LAPES. en France, c'est dès le début des années 80 que cette technique a été essayée, par le Groupement Para de la STAT à Toulouse, notamment sur camions ACMAT.

51 Mise en place de charges explosives dans les drains passant sous les pistes.

52 "backhoe loaders, spreaders, graders, tournadozers, dupers, pulvimixers, etc.", soit : chargeuses-pelleteuses, épandeuses-niveleuses, bouteurs à pneu, tombereaux motorisés, tritureuses, etc.

53 Pour la pale "avançante" à la vitesse propre de l'hélicoptère s'ajoute celle due à la rotation. L'extrémité de cette pale avançante devant ne pas entrer dans le domaine des vitesses subsoniques élevées (où les phénomènes de transition commencent à se produire, avec torsion et fortes vibrations dès Mach 0,8 à 0,9), vouloir faire voler un hélicoptère à plus de 350 à 400 km/h relève de l'utopie. (Les appareils à rotation de motorisation en bout d'aile, genre "Osprey", sont en étude depuis plus de trente ans. Leur avenir est loin de pouvoir être confirmé).

54 SATCP : Sol-Air Très Courte Portée.

55 Ce qui n'empêche pas de prévoir un armement léger d'autodéfense. Par exemple, une mitrailleuse sur pivot à chacune des deux portes latérales.

56 FL 501, 4 x 4 : à vide, 680 kg ; charge utile 500 kg, payante ordre de 400 kg. Consommation 12 litres/100 km en tout terrain avec autonomie propre de 200 km ou 8 heures. Remorquage - fardier chargé - jusqu'à 800 kg mais alors en terrain de bonne portance. Traction du mortier de 120 mm pratiquement possible en tout terrain.

57 Cette société de Saint-Nazaire, peu connue du grand public, est spécialisée dans la réalisation de véhicules de transport tactique tout terrain. Pour des raisons "obscures", l'armée française n'a que peu fait appel à ses services (sauf pour les petites unités stationnées en Afrique) mais elle a remporté de notables contrats à l'exportation.

58 Le 4 x 4 : masse à vide 4 200 kg ; en charge, 6 750 kg, longueur 5,90 m, Traction (en 1re) jusqu'à 5 t.

59 Cette nation peut être favorable à notre intervention mais pour des raisons de politique externe ou interne, contrainte à se déclarer officiellement défavorable.

60 Bien que le PIB cumulé des Européens soit d'année en année de plus en plus supérieur à celui des États-Unis.

61 Par exemple, avec un PIB égal au 1/45e de celui de la France, la Libye aligne 4 submersibles, 6 frégates dont deux lourdes 29 corvettes et vedettes porteuses de misiles plus 5 cargos militaires ro-ro équipés en outre pour la pose éventuelle de mines.

62 Navires ravitailleurs en carburants de toute nature y compris pour avions et forces à terre, en munitions etc.

63 Il semble envisagé de créer un petit état-major à Florence.

64 En 1992, 1993 et 1994, actions simulées, humanitaires, de récupération de ressortissants européens menacés ouvertement dans le pays ou ils résident, par une situation conflictuelle grave, externe ou interne. Mais il n'y a pas eu de simulation d'action de force.

65 L'anglais est devenu la langue internationale. Mais on ne peut exiger de l'homme du rang qu'il soit apte à utiliser cette langue de manière courante. en revanche, les langues des quatre nations en cause dérivent du latin. L'expérience montre que l'adaptation réciproque est facile (bien que le français ait été assez influencé par les idiomes germaniques. de ce point de vue, et toujours par expérience, nos jeunes gens pratiquant encore - avec parents et grands-parents - l'occitan n'ont aucune difficulté à lire ou à se "débrouiller" verbalement en italien et en catalan).

66 Sauf pour les "produits de soute" de la Marine, les armées françaises payent - comme le citoyen moyen - les taxes sur les carburants : les Finances récupèrent donc dans ce domaine de l'ordre de 80 % du coût de ce qui semble alloué par le budget de la défense.

67 Notre régiment est l'équivalent du bataillon dans les autres nations avec 800 à 1 000 hommes.

 

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