RENSEIGNEMENT, QUADRILLAGE DU TERRITOIRE ET LUTTE CONTRE L’ESPIONNAGE L’exemple de la Meurthe-et-Moselle à la veille de la Grande Guerre

par Marc GATEAU LEBLANC

Quels sont les faits qualifiés d’espionnage ? Il existe des situations qui, soit donnent lieu à poursuites pour espionnage, c’est le flagrant délit, soit font présumer un acte d’espionnage, il y a alors des éléments constitutifs. Certaines catégories de personnes sont particulièrement suspectes. La juridiction civile est compétente et, conséquence logique de la peine pour espionnage, il y a interdiction de séjour.

Enfin, il faudra s’intéresser aux agents qui quadrillent ce territoire1, à la chaîne du renseignement, et aux signes avant-coureurs de l’entrée en campagne de l’adversaire.

LA LUTTE CONTRE L’ESPIONNAGE

La loi du 18 avril 1886 établit des pénalités pour l’espionnage2. Elle prévoit des peines de prison et d’amende pour tout fonctionnaire public qui aura livré ou communiqué, ou divulgué en tout ou partie les plans, écrits ou documents secrets intéressant la défense du territoire ou la sûreté extérieure de l’État. Sa révocation suivra de plein droit. Toute personne qui, à l’aide d’un déguisement ou d’un faux nom, ou en dissimulant sa qualité, sa profession ou sa nationalité, se sera introduit dans une place forte, un poste, un navire de l’État ou dans un établissement militaire ou maritime, qui aura levé des plans, reconnu des voies de communication ou recueilli des renseignements intéressant la défense du territoire ou la sûreté extérieure de l’État, qui aura exécuté des levées ou opérations de topographie dans un rayon d’un myriamètre autour d’une place forte, d’un poste ou d’un établissement militaire ou maritime, à partir des ouvrages avancés, qui, pour reconnaître un ouvrage de défense, aura franchi les barrières, palissades ou autres clôtures établies sur le terrain militaire ou qui aura escaladé les revêtements et les talus des fortifications, se verra appliqué des peines de prison et d’amende.

La tentative sera considérée comme le délit lui-même. Seront punies comme complices, toutes personnes qui, connaissant les intentions des auteurs des délits, leur auront fourni logement, lieu de retraite ou de réunion ou qui auront sciemment recelé les objets ou instruments ayant servi ou devant servir à commettre ces délits.

Les renseignements recherchés par des espions sont3 :

- sur le plan militaire, la force des effectifs en hommes, chevaux et matériels, dans une région ou une place forte, l’état de l’armement et des travaux dans une place forte, la reconnaissance de la place et de ses abords, les expériences sur les polygones et les champs de tir... ;

- sur le plan de la mobilisation, les dispositions prises en vue de la mobilisation dans une région, une place forte... les voies ferrées à employer, les travaux à exécuter... ;

- sur le plan statistique et topographique, la reconnaissance des voies ferrées, les travaux d’art, ponts, viaducs... les appareils télégraphiques...

Les espions ambulants sont à distinguer des espions sédentaires. L’espion sédentaire a un domicile fixe et remplit son rôle sous le couvert d’un emploi. L’espion ambulant est chargé d’un objectif déterminé et se fera remarquer par sa présence, les demandes fréquentes de renseignements qu’il sera obligé de faire. Il importe de ne pas le perdre de vue, de connaître son identité et de faire remonter l’information.

D’après les instructions confidentielles, il faut signaler au commissaire spécial, chef de secteur ou à la gendarmerie, les étrangers habitant la localité qui paraissent suspects au point de vue national, par suite de leur manière de vivre, leurs relations, leurs déplacements... Il faut surveiller tout individu de passage paraissant suspect4.

L’espionnage des ouvrages de défense s’effectue de la manière suivante : l’espion, après s’être assuré de ne pas être observé, s’approche de l’ouvrage pour en reconnaître les talus et les fossés. Il compte les pièces en batterie et cherche à connaître leur calibre ainsi que le genre d’affût sur lequel elles sont placées. Il cherche à connaître le lieu des magasins de munitions. Il mesure au pas la longueur des faces et des flancs de l’ouvrage et en étudie la gorge. Il lui arrive de prendre des notes, des croquis, des vues photographiques”5.

Il faut arrêter tout individu surpris en flagrant délit d’espionnage, c’est-à-dire, prenant des notes ou croquis sur les ouvrages de fortification, chemins stratégiques, canalisations d’eau, voies ferrées, lignes télégraphiques ou téléphoniques militaires, sur tout ce qui a un caractère militaire.

Si cette dernière opération a eu lieu à moins d’un myriamètre de l’ouvrage fortifié, il y a flagrant délit à l’art. 6 de la loi du 18 avril 18886 sur l’espionnage. Il faut alors s’emparer de l’individu et l’empêcher de détruire ses dessins ou de mettre à jour les plaques photographiques7. Il s’agit d’éviter par là la destruction des pièces à conviction.

Le commissaire spécial signale à Toul l’arrivée d’un dessinateur de Metz. C’est un espion dangereux. Pour semer le commissaire qui le suit, il tente toutes les ruses, entrant dans les églises par une porte, sortant aussitôt par l’autre donnant dans une autre rue, traversant les petites ruelles et les passages...8

Le maréchal des logis Petitjean, commandant la brigade de gendarmerie de Toul, signale un individu suspect surpris par un lieutenant du 160e de ligne, relevant le croquis des bâtiments du parc à ballon9.

Est un flagrant délit, le fait de répandre des cartouches de dynamite, de déplacer des rails de chemin de fer, d’accumuler des matières combustibles près d’un ouvrage d’art...

Il faut “surveiller plus particulièrement photographes, musiciens ambulants, colporteurs, nomades, tout individu aux allures suspectes10.

On assure qu’un certain nombre d’officiers allemands déguisés en touristes, paysagistes, herboristes, botanistes... ont été envoyés en France et chargés de la mission de visiter les abords de nos forts, de se rendre compte du nombre de batteries des ouvrages fortifiés, d’évaluer les munitions de guerre déposées dans nos places fortes... La place et les forts détachés de Toul préoccuperaient plus que tout autre l’état-major de l’armée allemande11.

La présence des étrangers, notamment allemands, aurait augmenté dans l’Est où beaucoup se dissimuleraient sous la qualité d’Alsaciens12.

Les agents allemands venant en tournée dans l’Est reçoivent comme consigne de prendre un train omnibus ou de changer en route, plutôt que d’arriver par un train rapide ; de prendre un billet provenant d’une station peu éloignée de la ville où ils doivent opérer, plutôt que d’arriver directement13.

Des officiers supérieurs de l’état-major allemand circuleraient en automobile le long de la frontière. Ils auraient pris le costume de l’ouvrier italien endimanché, pantalon, gilet, veston de velours, chapeau de feutre mou et, comme signe caractéristique, une large cravate rouge. Ils seraient même parfois accompagnés de jeunes gens italiens qui, sous prétexte de vendre des images pieuses et autres chromolithographies, visiteraient les villages et les fermes situés le long de la frontière14.

De plus, de nombreux bergers d’origine allemande sont employés dans le département. Ces individus, dont certains ont acquis la nationalité française, se trouvent en situation, du fait de leur emploi, de pouvoir servir facilement d’agent de renseignement pour le compte de leur pays. Il faut donc que les gardes champêtres exercent une surveillance discrète à l’égard de ces pâtres15.

Les débitants de boisson sont également surveillés. Au moment où d’importants travaux de défense sont entrepris sur le département, le général commandant la 11e division d’infanterie appelle l’attention du préfet de M.-et-M. sur les mesures à prendre pour assurer la police de ces travaux, notamment pour empêcher que des personnes étrangères n’aient accès sur les chantiers. “Dans ce but, il importe de surveiller les industriels qui viendront installer des cantines ou construire des baraquements pour les ouvriers, à proximité des ateliers. Que des mesures soient prises pour qu’aucune autorisation de tenir cantine, boutique ou auberge ne soit accordée aux individus qui ne présenteraient pas toute garantie au point de vue de la nationalité, de la moralité, et même de la solvabilité, sans l’assentiment du chef du génie chargé des travaux16.

Ainsi, un individu a été surpris par le chef de poste du Charnois, dans l’emplacement où l’on édifie une tourelle à l’ouvrage de la Cloche. Après vérification, il s’avère que c’est un ouvrier occupé depuis quelques jours aux travaux de cet ouvrage, en qualité de monteur17.

Ces ouvriers, souvent d’origine étrangère, font l’objet de surveillance. En effet, on apprend que “le service d’espionnage à Metz s’efforce de recruter par l’intermédiaire de certains entrepreneurs militaires, des ouvriers terrassiers, maçons et cimenteurs italiens pour les envoyer s’embaucher sur les chantiers des forts français actuellement en réfection. C’est ainsi qu’il y en aurait un certain nombre dans un fort dépendant de la place de Verdun et que parmi eux s’en trouveraient de particulièrement stylés pour suivre attentivement les travaux en cours au fur et à mesure de leur exécution. Ces Italiens reviennent ensuite rendre compte verbalement de leur mission au Génie de Metz qui les interroge plan en main. Quatre de ces ouvriers qui n’auraient travaillé que pendant quelques jours aux environ de Verdun sont rentrés ces jours derniers à Metz et ont repris leur place à l’entreprise militaire18.

Les marchands ambulants font également l’objet de surveillance. Le 27 mai 1895, une note très confidentielle du préfet de M.-et-M. au sous-préfet de Toul signale que, depuis plusieurs années, trois ou quatre groupes d’Italiens ambulants parcourent à tour de rôle la frontière de l’Est. Ces étrangers feraient le métier de doreur ou argenteur de vases en métal et d’ornements d’église. Ils s’établiraient généralement dans les localités importantes ou à proximité d’ouvrages d’art et d’ouvrages militaires. Ils chercheraient à nouer des relations et seraient très intéressés par tout ce qui se passe dans la contrée. Ils seraient en relations avec des individus réputés suspects19.

Une menace diffuse mais réelle pèse sur les sites sensibles et la population qu’il s’agit de sensibiliser. C’est ce à quoi s’emploie le journal de l’Union patriotique dans un article du 24 novembre 1888 : “Déjà, avant 1870, on a pu s’en apercevoir, la région de l’Est fut inondée d’officiers voyageant en bourgeois, quelques-uns « pêchaient » à la ligne, sondaient la Marne, d’autres « artistes » prenaient des croquis de Langres ou de Belfort, on connaît du reste ce « touriste » qui dernièrement, en 1880, arrivant à Gérardmer, salua le propriétaire de l’hôtel d’un involontaire « Mon Dieu ! Comme votre fille à grandi depuis 187020.

Des notes très confidentielles, sur les trucs d’espions et moyens employés pour dissimuler leurs notes, sont adressées aux préfets et commissaires spéciaux de la frontière. Les manchettes en caoutchouc sont doubles, il suffit de défaire un bouton et de tirer et la manchette s’allonge comme un longue vue, c’est sur la partie intérieure qu’on écrit. Le truc du parapluie consiste, en cas d’alerte, à rouler avec les doigts le morceau de papier sur lequel on aurait écrit des notes et à le laisser tomber dans l’intérieur du parapluie. Des talons spéciaux sont creusés et vissés à la chaussure et les tiges sont composées de deux morceaux de cuir formant portefeuille21.

Concernant la juridiction compétente, il faut distinguer l’espionnage du temps de guerre, de celui en temps de paix.

L’espionnage militaire en temps de guerre est un espionnage réalisé par des militaires, auxquels on applique les sanctions prévues au code de justice militaire de 1857.

En temps de paix, toute personne arrêtée en terrain militaire et soupçonnée de s’être livrée à un acte d’espionnage, doit être étroitement surveillée, conduite en lieu sûr, fouillée et interrogée. La loi du 16 avril 1886 n’établit aucune distinction entre les inculpés, qu’ils soient français (civils)22, ou étrangers. Ils relèvent des tribunaux correctionnels. Il en résulte que l’arrestation, la constatation du délit, la remise de l’inculpé au parquet, doivent suivre une démarche identique, la juridiction militaire étant écartée. Si les preuves recueillies laissent subsister un doute, et si l’identité de la personne ne peut être établie, c’est au parquet qu’il appartient d’agir, et la remise est faite du prévenu au procureur de la République. Cette démarche sera suivie même en l’absence de preuve matérielle, lorsque certains indices, tels que les antécédents de la personne arrêtée, les renseignements recueillis sur elle, sa qualité, sa nationalité, sa présence sur le terrain militaire... auront fait naître de sérieux soupçons. La relaxe est immédiate si l’identité et l’honorabilité de la personne arrêtée ne font pas de doute.

L’autorité militaire ne dispose pas des moyens propres à découvrir si un individu qui s’est introduit dans une place forte, un poste, un établissement militaire, y est parvenu à l’aide d’un déguisement, d’un faux nom ou en dissimulant sa qualité, sa profession ou sa nationalité. La constatation du délit ou du crime devra seule préoccuper le ou les militaires qui auront pris part à l’arrestation et à la constatation du délit. Le parquet et l’autorité civile ont seuls les qualités et les facilités nécessaires pour agir en pareil cas23.

L’art. 206 du code de justice militaire ne s’applique qu’en temps de guerre. Si un étranger n’est inculpé d’aucun délit, la détention ne peut être prescrite que par ordre administratif et comme préliminaire à un arrêté d’expulsion (art. 7 de la loi du 3 décembre 1849 sur la naturalisation et le séjour des étrangers en France). L’autorité administrative peut, du reste, lorsque, sans avoir commis de méfait, un individu voyageant hors de son canton et dépourvu de papier régulier, ne justifie pas d’un domicile, le retenir pendant vingt jours, (art. 6 et 7 de la loi du 10 vendémiaire an IX), pour s’éclairer sur son identité et sa situation. S’il est inculpé de vagabondage ou d’un autre délit, il y aura lieu d’observer les formes prescrites par le code d’instruction criminelle et de le conduire devant le procureur de la République24.

Le 18 avril 1894, la cour d’appel de Nancy condamne à 10 ans d’interdiction de séjour pour espionnage, le nommé Kannengeisser Pierre, originaire d’Alsace-Lorraine, qui avait opté pour la nationalité française. Lui sont interdits, à titre spécial, les départements de la Meurthe-et-Moselle, du Nord, de l’Aisne, des Ardennes, des Vosges, de la Meuse, du Doubs, de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort, il est par ailleurs condamné à un an de prison et à 1 000 francs d’amende. Le 18 août 1894, il avait été arrêté pour espionnage, en étant surpris à différentes reprises exécutant des levées ou opérations de photographie autour du fort de Pont-Saint-Vincent25.

Un rapport du commissaire spécial de Pont-Saint-Vincent signale un pseudo photographe, Alsacien-Lorrain, qui a opté pour la nationalité française et parcourt la campagne muni de ses appareils photographiques. Il a été vu en train de photographier les lieux destinés à établir le camp retranché de Toul. Il a été condamné, le 18 avril 1894, à 1 an de prison pour espionnage et par arrêté ministériel du 9 février 1895, s’est vu interdire à titre spécial, le département de la Meurthe-et-Moselle26.

De même pour un nommé Haussmann, sujet allemand, berger à Bruley, qui est détenu à la maison d’arrêt pour vol. Sa présence dans le rayon des fortifications présentant des dangers, son expulsion du territoire sera décidée par le préfet, aussitôt que la justice aura statué sur son sort27.

L’interdiction de séjour est généralement de dix ans. Si, en dépit de cette prohibition, l’individu est rencontré dans un de ces départements, il est poursuivi pour infraction à l’interdiction de séjour28.

Indépendamment des peines édictées par la loi d’avril 1886, le tribunal pourra prononcer, pour une durée de 5 ans au moins ou de 10 ans tout au plus, l’interdiction de tout ou partie des droits civiques, civils et de famille énoncés en l’article 12 du code pénal.

LE QUADRILLAGE DU TERRITOIRE

Département singulier que la Meurthe-et-Moselle ; un département né de la défaite de 1871 et du rattachement de l’Alsace-Lorraine à l’empire allemand. Un département frontière qui devient un théâtre d’opérations possible pour un conflit futur, une zone d’édification des fortifications Séré de Rivières et une zone ouverte aux flux de populations : Alsaciens-Lorrains qui choisissent la France, travailleurs immigrés qui vont là où les chantiers les appellent, population nomade, touristes, vagabonds et espions.

Les réseaux de surveillance sont constitués, sur un même territoire, par les brigadiers et gardes forestiers, les cantonniers, éclusiers, barragistes et gardes de la navigation, les facteurs ruraux des bureaux de poste, les gardes champêtres, les brigades de gendarmerie, les autorités militaires et agents de police, le commissaire spécial...

Le territoire des corps d’armée frontières est partagé, du point de vue de la surveillance à exercer sur les étrangers et suspects, en un certain nombre de secteurs. À la tête de chaque secteur est placé un commissaire spécial des chemins de fer, chargé de centraliser tout ce qui concerne la surveillance des étrangers et le contre-espionnage. Le chef de secteur a comme auxiliaires la gendarmerie, le personnel des établissements militaires et ouvrages fortifiés et divers agents des administrations civiles.

À la frontière se trouvent les postes de douane. Dans les zones d’habitation, on peut distinguer les villes, sièges de commissariat de police, les villages sièges de brigades de gendarmerie et les villages sièges des commissaires spéciaux des chemins de fer. Dans les campagnes, on peut distinguer les agents des administrations spécialisées tels les gardes des Eaux et Forêts, les gardes champêtres, les agents de la Navigation, et les agents d’administration qui vont participer à titre accessoire à la surveillance du territoire, tels les receveurs des postes et enfin des personnes bien placées dans la population comme les maires et les hôteliers.

En ce qui concerne le cas particulier de la surveillance des forts et des chantiers, on retrouve les agents cités plus haut ainsi que d’autres, tels les militaires du génie et les gendarmes mobiles détachés sur les lieux.

D’après la loi de 1884, les commissaires de police sont des fonctionnaires de l’État, placés à ce titre et quant à leurs attributions générales, sous l’autorité directe du préfet. Ils sont subordonnés aux maires et aux chefs des parquets en ce qui concerne la police municipale et la police judiciaire.

Le 3 septembre 1895, par décret du président de la République, la juridiction du commissariat de police de Toul est étendue aux communes de Dommartin et d’Ecrouves, puis par la suite à la commune de Domgermain29.

Il y a des commissaires de police ordinaires à Nancy, Lunéville, Pont-à-Mousson, Toul, Bacarat et Longwy.

Le commissaire spécial est chargé, dans son secteur, de coordonner les différents auxiliaires. Il fait de fréquentes tournées dans son secteur, il veille à la transmissions des consignes, donne les explications nécessaires, tient les uns en haleine, empêche les autres de commettre des excès de zèle et signale les défaillances et la mauvaise volonté qui pourraient se produire30.

Les commissaires spéciaux rendent compte au ministre de l’Intérieur des arrivées d’individus suspects dans leur gare. Ils donnent leur signalement et assurent une surveillance de ces individus. D’après les conventions en vigueur, les sujets allemands peuvent librement pénétrer en France, et il y a réciprocité, sans être astreints à l’obligation du passeport.

Les commissaires spéciaux de la frontière de l’Est, chargés de recueillir au profit du gouvernement tous les renseignements sur ce qui se passe en Allemagne, et en particulier les renseignements utiles à la Guerre, jouissent d’une grande considération car tout le monde connaît ou devine leur mission patriotique. Leur activité est la surveillance des trains de jour et de nuit, le service de la librairie étrangère, les renseignements sur l’Alsace-Lorraine, la surveillance de la circonscription, la surveillance des étrangers, les pigeons voyageurs31.

Il y a des commissaires spéciaux à Audun-le-Roman, Briey, Conflans-Jarny, Igney-Avricourt, Longwy, Lunéville, Moncel, Nancy, Pagny-sur-Moselle, Pont-Saint-Vincent, Saint-Nicolas-de-Port, Frouard, Villerupt, Toul, Nomeny, Baccarat32.

Le commissaire spécial de Toul reçoit une carte d’entrée dans les forts du gouvernement de Toul et une lettre de service l’autorisant à pénétrer sur les terrains et zones militaires de la région.

La gendarmerie a pour devoir principal d’assurer le maintien de l’ordre et la sécurité de tous33. Elle assure la surveillance du territoire au sens large. La recherche et l’arrestation des espions sont de l’essence même de son service. Par sa dissémination sur tous les points du territoire, par la nature de ses attributions, par sa surveillance incessante à l’égard des étrangers, elle est appelée à rendre de grands services34.

Les procès-verbaux établis en cas d’arrestation devront indiquer nom, prénoms, nationalité, lieu de naissance, âge, domicile, d’où il vient, où il va, depuis combien de temps il est en route, les localités où il est descendu, les moyens d’existence, la profession, l’explication de son costume s’il n’est pas celui de la profession déclarée, les dépenses faites, l’emploi du temps depuis plusieurs jours, s’il peut se faire réclamer de quelques personnes, comment il se justifie des faits qui lui sont reprochés35.

Le 28 juin 1883, sur le tableau des compagnies de gendarmerie, la Meurthe-et-Moselle compte une population de 419 317 habitants, sur 29 cantons et 42 brigades.

Dans le département de la Meurthe-et-Moselle, il y a trois centres populeux ou industriels dans lesquels il conviendrait d’augmenter le nombre des brigades, et notamment36, le camp retranché de Toul, où la population militaire s’est accrue dans de grandes proportions.

Il conviendrait de placer des brigades à pied de préférence à des brigades à cheval. À Toul, qui possède déjà deux brigades à cheval, on pourrait faire permuter la deuxième brigade à cheval avec la brigade à pied d’Arracourt, de façon à avoir à Toul une brigade à cheval et deux brigades à pied37.

La Meurthe-et-Moselle compte 25 brigades à cheval et 16 brigades à pied.

Les brigadiers et gardes forestiers sont des OPJ38 spéciaux. La loi du 18 avril 1885 ne leur attribue aucune compétence en matière d’espionnage, ils ne peuvent constater que les faits de flagrant délit39.

Il y a des gardes forestiers à Toul, Gondreville, Velaine-en-Haye, Sexey-les-Bois, Villey-le-Sec, Chaudeney, Pierre-la-Treiche, Bicqueley, Domgermain, Blénod-les-Toul, Ménillot, Foug, Lay-Saint-Rémi, Boucq, Trondes, Lagney, Sanzey, Jaillon, Ansauville40.

Les agents des Eaux et Forêts peuvent se voir chargés de missions spéciales. “Les conduites d’eau établies par le génie militaire pour l’alimentation en eau des établissements militaires des forêts de Haye et de l’Avant-garde, devront être, de la part des préposés chargés de la surveillance de ces deux forêts, l’objet d’une attention spéciale. Ils surveilleront aussi les dégradations qui pourraient être faites aux lignes télégraphiques militaires. Tout individu surpris tentant de les couper ou de les détruire, devra être arrêté”41.

Lorsqu’un individu, par ses actes, ses questions, paraîtra se livrer à l’espionnage, les cantonniers devront l’observer et même le suivre pendant quelque temps, prendre son signalement et lui demander au besoin son nom, domicile, d’ou il vient et où il va et transmettre ces informations au commissaire spécial, au commissaire de police ou au chef de la brigade de gendarmerie la plus proche42.

Les agents de la navigation sont chargés de la surveillance des bateaux suspects et des étrangers, sous la direction des commissaires spéciaux. Il sera rendu compte des relations que les mariniers de toute nationalité et surtout étrangère, entretiennent avec des personnes suspectes. Il sera donné avis du transport des pigeons voyageurs ou de colis douteux, dont l’importation par la frontière allemande est prohibée. Tout individu surpris en flagrant délit d’espionnage sera arrêté43.

Les facteurs ruraux et locaux prêtent leur concours en vue de surveiller les agissements pouvant intéresser la défense nationale44.

Ils prêteront leur concours en vue de la surveillance d’agissements pouvant intéresser la sûreté nationale, dans les environs des places fortes et dans les localités frontières. Les facteurs auront un rôle d’observateurs, en se bornant à surveiller les faits et gestes des gens inconnus dans les localités qu’ils desservent. Face à une tentative ou un fait d’espionnage, ils relèveront les conditions d’exécution de celui-ci, le lieu et le signalement de l’auteur45.

Le recours à ces auxiliaires officiels ne doit pas empêcher de recourir à des personnes de bonne volonté, sûres, dévouées et patriotes telles que les maires, les instituteurs, les conducteurs de voiture publique, les chefs de gare, les aubergistes...

S’agissant de ces derniers, ils sont tenus d’apporter leur contribution à la surveillance du pays par la tenue de registres. Une loi des 19 et 22 juillet 1791 impose cette tâche à tous les aubergistes et hôteliers des villes de garnison, des villes possédant une place forte, ainsi qu’à ceux des localités voisines et des villes présentant un intérêt pour la défense nationale. Ils inscrivent sur leur registre, le nom de tous les voyageurs étrangers de passage dans leurs établissements, mais aussi observent leur comportement ou allers et venues susceptibles de les compromettre. Certaines villes adoptent le système suivant : des bulletins individuels sont remis aux voyageurs, à remplir de leurs propres mains. Toutes ces déclarations sont ensuite reportées par les aubergistes et hôteliers sur le registre. Ces renseignements sont communiqués aux autorités par une procédure rigoureuse et précise de centralisation des informations. Chaque matin, les bulletins individuels sont remis au commissariat de police ou, à défaut, à la mairie. Le commissaire dresse un état confidentiel qu’il envoie ensuite aux fonctionnaires civils et militaires. Cet état comprend exclusivement les voyageurs de nationalité étrangère, ou ceux dont la déclaration à cet égard paraîtrait suspecte, ainsi que tous ceux que leur allure, leur accent ou leurs agissements rendraient susceptibles d’être signalés à un titre quelconque aux autorités civiles ou militaires46.

Les agents du service des douanes ont un double rôle. Ils doivent renseigner et arrêter les délinquants. Les douaniers ne sont pas officiers de police judiciaire, ce qui est nécessaire pour constater les faits présumés d’espionnage et arrêter préventivement leurs auteurs. Ils ont un rôle d’agent informateur. En tournée, ils seront attentifs sur les menées suspectes, les personnes équivoques et les différents faits pouvant intéresser la sûreté de l’État et la surveillance des frontières.

Ils devront particulièrement surveiller les voies de communication, le tracé des routes nouvelles, la création et le fonctionnement des chemins de fer stratégiques reliant les ouvrages militaires entre eux, les ouvrages d’art, les canaux, les chemins de fer et les routes, le domaine forestier...

Ils surveilleront les opérations militaires, manœuvres importantes et voyages d’étude des officiers et les individus qui franchissent fréquemment la frontière, qui vont à l’étranger ou qui en viennent.

Ils surveilleront les pigeons voyageurs, leur importation n’est autorisée que par Longwy. Le service des douanes est spécialement appelé à réprimer les introductions clandestines de ces oiseaux, en vertu de la circulaire du 21 septembre 1896 et du décret du 21 juillet 1896.

Ils constateront les violations de territoire des militaires et fonctionnaires étrangers en tenue et veilleront sur les mouvements de troupes étrangères qui seraient remarqués à l’extrême frontière, ainsi que les poteaux ou bornes frontières qui seraient renversées accidentellement ou par malveillance.

Ils surveilleront les déserteurs français et étrangers ainsi que les nomades pénétrant en France. Lorsque la douane constatera leur présence à la frontière, elle le signalera au commissaire spécial et à la gendarmerie la plus voisine.

Les douaniers pourront suivre les personnes suspectes et, s’ils constatent des tentatives et des faits d’espionnage, ils retiendront les conditions dans lesquelles ils se sont produits, le lieu où ils ont été constatés et le signalement de l’auteur. Après le service, ils rendront compte à leur brigadier chargé d’informer l’autorité compétente.

En cas de délit ou de crime flagrant, nettement et absolument caractérisé, ils pourront arrêter leurs auteurs47.

Le ministre de la Guerre a envoyé une force supplétive à Toul, composée de six gendarmes mobiles pour aider les brigades à la surveillance des environs, devenue plus difficile par suite du grand nombre d’ouvriers qu’ont attiré les travaux de construction des forts48.

LA CHAÎNE DU RENSEIGNEMENT ET LES SIGNES AVANT-COUREURS DE L’ENTRÉE EN CAMPAGNE

On prévient le commissaire spécial ou la brigade de gendarmerie la plus proche, puis l’agent qui n’a pas été prévenu, toujours l’agent territorialement compétent qui va faire remonter l’information à sa hiérarchie. “Les auxiliaires des commissaires spéciaux sont la gendarmerie, le personnel des établissements militaires et ouvrages fortifiés et divers agents des administrations civiles. Tout gardien de batterie, garde du génie, portier, employé des service de l’artillerie ou du génie, chef de poste de fort, batterie ou autre établissement militaire, qui remarque un fait d’espionnage ou les agissements suspects d’un individu aux abords d’ouvrages fortifiés ou d’établissements militaires, doit immédiatement, tout en rendant compte à son chef direct, en aviser le commissaire spécial, chef de secteur ou le commissaire de police, ou le chef de brigade de gendarmerie le plus voisin49.

Pour le commissaire spécial de police, le rapport sera adressé au sous-préfet de Toul, au préfet de Meurthe-et-Moselle et centralisé au ministère de l’Intérieur, direction de la Sûreté générale. En vertu de la circulaire du 1er juillet 1899 du ministre de l’Intérieur, sur la surveillance du territoire, et les rapports des commissaires spéciaux avec l’autorité militaire, ainsi que les instructions des 19 et 22 septembre 1899, du préfet de Meurthe-et-Moselle, le double des rapports ayant trait aux affaires militaires sera toujours transmis directement et sous forme impersonnelle au général commandant le xxe corps d’armée à Nancy50.

La brigade de gendarmerie fait un rapport au commandant d’arrondissement qui le signale à ses brigades, et transmet au commandant de compagnie qui transmet au chef de légion et informe les commandants d’arrondissement sous ses ordres. Le chef de légion informe les autres compagnies de la légion et les commandants d’arrondissement pour les brigades sous leurs ordres avisent de même et donnent des instructions51.

Tous les rapports concernant les personnes suspectes d’espionnage doivent être établis en double expédition, le premier adressé au commandant de l’arrondissement, le second directement au sous-préfet ou au préfet52.

L’article 60 du décret du 20 mai 1903 prescrit qu’il est immédiatement donné avis par la gendarmerie, aux commissaires spéciaux de police, chef de secteur, de tous les faits se rattachant à l’espionnage et des manœuvres dirigées contre la sûreté du pays53.

En vertu des dispositions des articles 79 et 80 du décret du 1er mars 1854, il est rendu compte périodiquement au ministre de l’Intérieur, de qui émanent toutes les mesures intéressant le maintien de l’ordre, du service habituel de la gendarmerie et notamment de tous les événements qui, par leur nature, peuvent influer sur la tranquillité du pays. Les mêmes rapports sont adressés au ministre de la guerre.

Le premier de chaque mois, les commandants des compagnies départementales de gendarmerie adressent au ministre de la Guerre un rapport spécial qui porte sur :

- les causes générales ou locales de mécontentement ;

- les mesures réclamées par les populations ;

- les tentatives d’agitation contraires au bon ordre et aux lois, c’est à dire les bruits de guerre, événements et faits militaires, appel des classes et réunion de la réserve ou de l’armée territoriale, et les plaintes au sujet de la cherté des subsistances, le prix du pain et de la viande ;

- l’état des récoltes, le défaut de bras ou les bras inoccupés ;

- la mendicité ;

- les grèves et le chômage, le nombre d’ouvriers inoccupés, les sujets de plainte ;

- la situation des divers branches d’industrie et du commerce ;

- les observations et faits particuliers54.

Ces renseignements n’auront pour objet que la stricte exécution des lois et règlements et ne devront être accompagnés d’aucune appréciation ni d’aucun rapport étranger aux attributions de la gendarmerie55.

Tous ces agents coordonnent au niveau local leur action et partagent leurs renseignements. Il en va de même au niveau ministériel et préfectoral. Ainsi le renseignement se diffuse horizontalement et verticalement.

En cas d’urgence, le renseignement sera diffusé par le télégraphe qui progressivement sera installé dans les bureaux de poste, les gendarmeries et les principaux forts. Puis suivra l’installation du téléphone. S’il n’y a pas urgence, le renseignement transitera par courrier postal, les agents bénéficiant de la franchise postale.

L’étude des signes avant-coureurs de l’entrée en campagne dépasse le cadre de la lutte contre l’espionnage pour entrer dans celui du renseignement sur l’adversaire, mais ces deux aspects sont étroitement liés.

Ces signes avant-coureurs de l’entrée en campagne de l’ennemi potentiel, (sur les frontières de l’Est : l’empire allemand), ce sont les signes visibles d’un prochain déclenchement du conflit.

De nombreux signes d’intérêt de l’état-major allemand pour notre pays ont été révélés par des rapports des commissaires spéciaux. À l’arsenal du génie de la place de Metz, un matériel assez considérable, consistant en madriers, poutrelles, destiné à réparer les ponts de chemin de fer en cas de guerre, a été emmagasiné. À Metz, Strasbourg et Mayence, on aurait emmagasiné des échelles d’assaut (sturmleitern) destinées à escalader des remparts et des ponts-échelles volants démontables (sturmbrucken), à l’aide desquels on pourrait franchir de large fossés en posant les ponts-échelles sur des chevalets (bocke), qui seraient destinés à faciliter la prise des forts d’arrêt qui existent entre Toul et Verdun56.

En Allemagne, on prépare un corps de troupe dont les tambours et clairons connaîtront les batteries et sonneries françaises et dont les soldats, parlant convenablement la langue, pourront au besoin revêtir l’uniforme français pour s’emparer des grandes gares, faire prisonnier les détachements isolés, enfin faire diversion dans les batailles57.

À Pont-à-Mousson, le colonel du Ve hussards, a affirmé confidentiellement qu’en haut lieu, on craignait quelque surprise de la part des Allemands, qu’on leur prêtait le projet d’habiller à un moment donné, une trentaine de cavaliers allemands en dragons français, qu’on ferait entrer isolément en France et revenir ensuite ensemble sur le territoire allemand, où ils se trouveraient aux prises avec un détachement allemand qui se porterait à leur rencontre et fournirait un casus belli à l’Allemagne58.

Des exercices de langue française sont faits aux officiers et sous-officiers de l’armée allemande. À Metz, les officiers s’appliquent à l’étude de la langue française et font à leur tour des théories aux sous-officiers dans les régiments de cavalerie notamment, en leur donnant quelques notions de français et en s’attachant particulièrement à leur faire lire sur les cartes les noms géographiques français comme on les prononce dans notre langue, afin qu’ils ne disent pas Verdun “Ferdoune”, Étain, “Etaing”, Melun, “Meloune”59.

Le Journal d’Alsace se fait lui-même l’écho de ces études linguistiques des officiers allemands, dans ses numéros du 20 mars 1889 et du 26 novembre 1889.

À l’école de guerre de Berlin, une grande importance est attachée à l’étude des langues française et russe. 6 heures/semaine sont consacrées à l’enseignement de chacune de ces langues60.

Sur l’initiative prise par le général de Sasserling, les officiers bavarois du iiie régiment d’infanterie et du ive régiment de chevaux-légers, en garnison à Augsbourg, se réunissent plusieurs fois par mois au casino, à l’effet de se perfectionner dans la langue française, en conversant entre eux exclusivement en français61.

Au niveau gouvernemental, par la voie diplomatique, par le renseignement militaire et économique, des signes peuvent être relevés. Le fait que l’Allemagne rappelle au pays des diplomates, des hommes politiques de premier plan, des savants, des officiers généraux, manifeste une mobilisation des hommes. Le fait que l’Allemagne recouvre ses créances afin de constituer des réserves de liquidité, d’acheter des matières premières, du pétrole, du blé, d’augmenter les réserves d’or, sont autant d’indicateurs économiques.

On retrouve de semblables indicateurs au niveau local. Ces “signes de tension”, “bruits de guerre”, “mouvements”, concernent la mobilisation des hommes et des animaux, et celles des moyens.

La mobilisation des hommes passera par le rappel des militaires permissionnaires, par la consignation des troupes dans les casernes, par la distribution d’objets de campement, de nourriture et de munitions. Ce sera le rappel des réservistes, l’envoi d’instructions sur la mobilisation aux maires, et la prescription aux propriétaire de faire ferrer leurs chevaux à neuf et de faire réparer d’urgence les harnais62.

La mobilisation des biens pourra être constatée par le refoulement sur l’arrière, à l’abri, de matériel de chemin de fer, le déblaiement de quai, la constitution d’approvisionnement extraordinaire63, en fourrage, en blé, en troupeau...

Les commissaires spéciaux des zones frontières surveillent ces mouvements. Mais, et pour conclure, comme le signale le commissaire d’Avricourt, dans son rapport du 22 juin 1905, “il ne faudrait pas cependant en tirer des assurances qui pourraient être trompeuses, car il n’est besoin d’aucune disposition spéciale pour l’entrée en campagne immédiate des corps d’armée stationnés en Alsace-Lorraine, dans les Provinces Rhénanes et le grand-duché de Bade. Il importe de considérer l’armée allemande comme une machine de guerre dont tous les rouages sont en parfait état et qu’il suffit de déclencher pour la mettre en mouvement64.

 

 

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Notes:

 

          Pour simplifier, nous utiliserons pour Meurthe-et-Moselle l’abréviation M.-et-M.

          A.N., F/7/12 581. Loi du 18 avril 1886.

          SHAT, 7 N 10. Instruction très confidentielle relative à la surveillance de la gendarmerie à l’égard des espions, le 9 décembre 1886.

          A.D.M.M., 2 R 10. Instructions confidentielles à donner par oral.

          A.D.M.M., 2 R 10. Instruction secrète de l’état-major du XXe corps d’armée, le 22 septembre 1899.

          Un myriamètre équivaut à 10 kilomètres.

          A.D.M.M., 2 R 10. Instruction secrète de l’état-major du XXe corps d’armée, le 22 septembre 1899.

          A.D.M.M., 4 M 273. Rapport du commissaire spécial de police de la gare de Toul, le 13 novembre 1885.

          A.D.M.M., 4 M 273. Rapport du maréchal des logis Petitjean, le 8 juillet 1891.

10         A.D.M.M., 2 R 10. Instruction secrète de l’état-major du XXe corps d’armée, le 22 septembre 1899.

11         A.D.M.M., 4 M 273. Lettre du commissaire spécial de Pagny-sur-Moselle au commissaire spécial de Toul, le 14 mars 1880.

12         A.D.M.M., 4 M 273. Circulaire de la Sûreté générale, le 18 avril 1890.

13         A.D.M.M., 4 M 278. Lettre du préfet de M.-et-M. au commissaire spécial.

14         A.D.M.M., 4 M 275. Lettre du préfet de M.-et-M. aux commissaires spéciaux, le 9 octobre 1911.

15         A.D.M.M., 4 M 278. Lettre du préfet de M.-et-M. au commissaire spécial de Saint-Nicolas, le 5 janvier 1900.

16         A.D.M.M., 2 R 10. Lettre du préfet de M.-et-M. au sous-préfet de Toul, le 16 septembre 1874.

17         A.D.M.M., 4 M 275. Rapport du maréchal des logis chef de gendarmerie, commandant provisoire de l’arrondissement de Toul, le 29 août 1904.

18         A.D.M.M., 4 M 278. Rapport du commissaire spécial de Conflans-Jarny, le 26 janvier 1907.

19         A.D.M.M., 4 M 273. Note du préfet de M.-et-M. au sous-préfet de Toul, le 27 mai 1895.

20         A.N., F/7/12 643. Article du docteur Chassagne, Union Patriotique du 24 novembre 1888.

21         A.N., F/7/12 644. Note très confidentielle sur les trucs d’espions.

22         Un militaire français espionnant son pays relève des tribunaux militaires.

23         A.D.M.M., 4 M 277. Lettre du ministre de la Guerre, le 9 octobre 1886.

24         A.D.M.M., 2 R 10. Circulaire confidentielle du ministre de la Guerre du 2 avril 1876.

25         A.D.M.M., 4 M 277. Dossier individuel.

26         A.D.M.M., 4 M 273. Rapport du commissaire spécial de Pont-Saint-Vincent, le 9 février 1894.

27         A.D.M.M., 2 R 10, Lettre du préfet de M.-et-M. au général commandant le VIe corps, le 27 janvier 1890.

28         Delphine Sommer, L’espionnage après 1870, Nancy, Centre lorrain d’Histoire du droit, 1996, p. 27.

29         A.D.M.M., 4 M 8. Décret du 30 mars 1896.

30         A.D.M.M., 2 R 10. Lettre du préfet de M.-et-M.

31         A.D.M.M., 4 M 10. Rapport du commissaire spécial de la police Hirchauer, le 18 avril 1879.

32         A.D.M.M., 4 M 1. État des commissaires spéciaux.

33         A.D.M.M., 5 R 4. Lettre du ministre de l’Intérieur au préfet de M.-et-M. le 25 février 1874.

34         S.H.A.T., 7 N 10. Instruction relative à la surveillance de la gendarmerie à l’égard des espions, le 9 décembre 1886.

35         S.H.A.T., 7 N 10. Instruction très confidentielle relative à la surveillance de la gendarmerie à l’égard des espions, le 9 décembre 1886.

36         Les deux autres sont le centre métallurgique de Longwy et le centre industriel de Saint-Nicolas.

37         A.D.M.M., 5 R 4. Lettre du commandant de la VIe légion bis au préfet de M.-et-M., le 21 juin 1892.

38         Officiers de police judiciaire.

39         A.D.M.M., 2 R 10. Surveillance des frontières, consignes des agents forestiers.

40         A.D.M.M., 4 M 278. État des gardes forestiers.

41         A.D.M.M., 2 R 10. Instructions spéciales pour les gardes des forets de Haye et de l’Avant-garde.

42         A.D.M.M., 4 M 278. Consignes sur la surveillance des frontières terrestres.

43         A.D.M.M., 2 R 10. Surveillance des frontières, consignes des agents de la Navigation.

44         A.D.M.M., 2 R 10. Circulaire du directeur des Postes et Télégraphes, le 11 octobre 1899.

45         A.D.M.M., 4 M 278. Consignes sur la surveillance des frontières terrestres.

46         A.N., F/7/ 12 581. Circulaire de la Direction de la Sûreté générale, le 9 février 1887.

47         A.D.M.M., 2 R 10. Consignes pour le service des Douanes.

48         A.D.M.M., 2 N 18. Rapport du sous-préfet de Toul, le 13 octobre 1874.

49         A.D.M.M., 2 R 10. Instruction secrète de l’état-major du XXe corps d’armée, le 22 septembre 1899.

50         A.N., F/7/12 642. Rapport du commissaire spécial de police d’Audun-le-Romain, le 6 octobre 1900.

51         S.H.A.T., 7 N 10. Instruction très confidentielle relative à la surveillance de la gendarmerie à l’égard des espions, le 9 décembre 1886.

52         S.H.A.T., 7 N 19. Instruction résumant les principaux devoirs de la gendarmerie à l’égard des individus suspects d’espionnage.

53         S.H.A.T., 9 N 19. Lettre du ministre de la Guerre au général commandant le iie corps d’armée, le 12 juillet 1905.

54         S.H.A.T., 9 N 19. Lettre du ministre de la Guerre aux généraux commandants les corps d’armées, le 12 septembre 1883.

55         S.H.A.T., 9 N 19. Circulaire du 12 janvier 1882.

56         A.N., F/7/ 12 641. Rapport du commissaire spécial de Pagny-sur-Moselle, le 11 juin 1882.

57         A.N., F/7/ 12 643. Rapport confidentiel du 18 février 1887.

58         A.N., F/7/ 12 643. Rapport confidentiel, non signé, non daté.

59         A.D.M.M., 2 R 10 bis 1. Rapport du commissaire spécial du réseau de l’Est, le 6 décembre 1889.

60         A.D.M.M., 2 R 10 bis 1. Rapport du commissaire spécial de police d’Igney-Avricourt, le 20 mars 1889.

61         A.D.M.M., 2 R 10 bis 1. Rapport du commissaire spécial de police d’Igney-Avricourt, le 26 novembre 1889.

62         A.D.M.M., 8 R 172. Rapport du commissaire spécial de Conflans-Jarny, le 18 juin 1905.

63         A.D.M.M., 8 R 172. Rapport du commissaire spécial d’Avricourt, le 22 juin 1905.

64         A.D.M.M., 8 R 172. Rapport du commissaire spécial d’Avricourt, le 22 juin 1905.

 

 

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