UN POINT DE VUE HISPANO-ARABE

L'ESPAGNE ET LA GUERRE DU GOLFE

 Bernard Labatut

 

En envoyant le 21 août 1990 une frégate et deux corvettes en mer Rouge en réponse à l’invasion irakienne du Koweit, le gouvernement espagnol a pris une décision sans grande portée sur le plan militaire, mais qui revêt une grande importance au plan politique.

La crise du Golfe a été la première grande crise internationale à laquelle s’est trouvée confrontée l’Espagne depuis son intégration à part entière dans le système de défense occidental (OTAN-UEO). Pendant toute la durée de cette crise le gouvernement socialiste eut pour préoccupation de prouver à ses alliés qu’il optait sans ambiguïté pour la solidarité occidentale tout en s’efforçant de donner une image d’"autonomie" à une opinion publique peu favorable à de telles positions et à des voisins arabes historiquement considérés comme amis.

Ceci permet d’expliquer le comportement du gouvernement qui a multiplié les gestes en direction de l’opinion publique espagnole et arabe tandis qu’il essayait d’occulter l’importance réelle de son engagement dans la guerre au côté des occidentaux. C’est par rapport aux contraintes imposées par une telle position qu’il faut comprendre les critiques formulées par le gouvernement espagnol à l’encontre de l’application jugée trop stricte de l’embargo contre l’Irak par les Etats-Unis ou la lettre, adressée au Président Bush par le Président du Gouvernement Felipe Gonzalez, dénonçant le bombardement des villes irakiennes et qui était destinée à atténuer l’impact causé par les révélations de la presse sur l’importance du soutien logistique apporté par l’Espagne à une telle opération ; la base aérienne de Moron de la Frontera ayant servi de véritable tremplin pour les B 52 qui déversaient leurs tonnes de bombes sur l’Irak1.

C’est également à cette politique destinée à donner l’image d’une position espagnole "d’autonomie dans le cadre de la solidarité avec les alliés" 2 qu'il faut attribuer les propositions plusieurs fois renouvelées du gouvernement espagnol en faveur d’une "solution arabe". Laissée de côté au début du conflit, une telle solution était de nouveau suggérée par le ministre des Affaires étrangères, M. Fernandez-Ordoñez qui proposait la réactivation du dialogue euro-arabe lors de sa visite au Caire le 2 septembre 19903. Quelques jours avant que n’expire l’ultimatum, le gouvernement espagnol insistait sur "l’impulsion espagnole à une ultime médiation arabe" qui devrait être réalisée sous les auspices de l’OLP et de l’Algérie4. Le 21 janvier encore, soit une semaine après le début des hostilités, le gouvernement espagnol maintenait des contacts avec la Jordanie, l’Egypte, l’Algérie et l’OLP dans le cadre "d’un effort diplomatique destiné à trouver une solution pacifique" 5 et cette "solution arabe" sera encore défendue après le cessez-le-feu par le Président du gouvernement, Felipe Gonzalez, qui ajoutait : "je me répète dans mes erreurs" 6. De même, le gouvernement espagnol n’a pas pu laisser la question palestinienne en marge du conflit en raison de la position traditionnelle de l’Espagne favorable au peuple palestinien, mais aussi pour échapper à l’accusation d’avoir une double morale selon qu’il s’agit de défendre certains arabes (Koweitiens et Saoudiens) ou d’autres (Palestiniens et Libanais).

Quand le Congrès des Députés a adopté les résolutions de l’ONU, et concrètement la résolution 678, il se prononça dans le même temps en faveur de l’adoption d’un plan "de stabilisation régionale", sitôt que la crise serait terminée, qui règlerait tous les problèmes du Proche-Orient, "parmi lesquels le problème palestinien" 7. Le 4 février 1991, le ministre espagnol des Affaires étrangères fera connaître au Président en exercice de la CEE le désaccord espagnol sur la décision de suspendre tous les contacts de haut niveau avec l’OLP et obtiendra que cette décision ne s’applique qu’à la Présidence et à la Troïka européennes. Cependant, il faut remarquer que lors de sa visite à Tunis, quelques jours après, le même ministre des Affaires étrangères espagnol ne rencontrera aucun membre de l’OLP.

 

LA QUESTION DE LA GUERRE DEVANT LE PARLEMENT ET DANS L’OPINION PUBLIQUE

 

En termes de politique intérieure, la guerre du Golfe a fait apparaître le fossé qui existait entre les décisions prises à la majorité au Parlement et les positions contraires exprimées par la société espagnole.

L’opposition parlementaire a, dans sa grande majorité, soutenu la politique du gouvernement en faveur de l’intervention militaire8. Ce fut le cas, notamment, du principal parti d’opposition, le parti conservateur Alliance Populaire (Alianza Popular). On doit noter une seule exception dans ce concert d’unanimité, le groupe parlementaire Gauche Unie (Izquierda Unida) qui se posa aux Cortes9 comme le défenseur de la neutralité, essayant de capitaliser à son profit l’anti-militarisme et l’anti-américanisme qui demeurent très vifs dans la conscience collective des Espagnols.

En réalité, en Espagne, toute une série de facteurs spécifiques explique les importantes manifestations pacifistes et anti-militaristes de l’opinion publique et la réaction "islamique" des communautés musulmanes de Ceuta et de Melilla. Le ministre des Affaires étrangères devait d’ailleurs déclarer à l’issue du conflit : "nous avons nagé pendant sept mois contre un fort courant de l'opinion" 10, un courant qui, selon les sondages, a toujours représenté plus de la moitié des Espagnols tout au long du conflit11. Ce comportement s’explique par des tendances lourdes, l’absence de l’Espagne de la scène internationale depuis plusieurs décennies, absente notamment des deux conflits mondiaux ; l’anti-américanisme, qui s’explique par des raisons historiques et qui a été réveillé par une crise dont les Etats-Unis ont été l’acteur principal sur un théâtre géographique perçu comme lointain par les Espagnols. Il faut y ajouter des facteurs plus directement liés à la conjoncture. En particulier, les réactions ont été unanimes face à l’envoi de soldats du contingent dans le Golfe. Le choix du gouvernement espagnol d’envoyer en mer Rouge, non seulement des militaires professionnels et des volontaires, comme cela a été fait dans les autres pays d’Europe et notamment en France, mais aussi des appelés du contingent, visait à ne pas donner d’arguments supplémentaires à tous ceux qui depuis longtemps sont hostiles au système de conscription. Mais cette décision a eu des effets pervers parce qu’elle a favorisé une réaction anti-militariste et pacifiste des espagnols exacerbée par la dimension émotionnelle et mélodramatique de certains comportements : sanglots de parents s’opposant au départ de leur fils pour la guerre, phénomènes de désertion et d’insoumission12.

 

La guerre du Golfe vue de Ceuta et Melilla

 

A la différence des autres pays européens, il n’y a pas en Espagne de forte minorité musulmane et pour cette raison l’Espagne n’a pas eu à se préoccuper des réactions éventuelles de cette communauté face à la guerre. Au contraire, le caractère largement clandestin de cette émigration a conduit à son repli plus qu'à son extériorisation, ce qui ne l’a pas affranchie de son identification à une communauté à risque, portant en elle un potentiel de terrorisme et de fanatisme, ce qui eut pour effet d'arrêter l’embauche d’immigrants maghrébins dans leurs deux principaux secteurs d’emplois : la construction et les emplois de maison13.

Par contre, le cas de Ceuta et Melilla est différent. Les communautés musulmanes de ces deux villes situées sur la rive sud du détroit de Gibraltar représentent respectivement 17 % et 21 % du total de leur population (selon les chiffres officiels du recensement) et ces communautés n’ont pas échappé à la dimension identitaire et culturelle qu’a pu revêtir ce conflit, une dimension qui a été utilisée par divers groupes de pression. Au fur et à mesure que l’on avançait dans le conflit et que les opinions publiques maghrébines se mobilisaient contre l’attaque de l’Irak, la solidarité islamique à Ceuta et à Melilla s’est affirmée et a conduit, comme dans le reste du monde arabe, à voir dans cette guerre un conflit Nord/Sud, une lutte de l’Occident contre l’Islam, d'Israël contre le Monde arabe.

Une large majorité de la population musulmane de Ceuta et Melilla est très jeune, marginalisée et ne possède pas la nationalité espagnole bien qu’elle y aspire. Il s’agit d’un groupe prompt à se mobiliser, non seulement du fait de sa situation perçue comme discriminatoire mais également en raison des comportements racistes de certains secteurs "nationalistes espagnols" et de l’attention que leur porte le Maroc "voire de leur manipulation par les représentants de l'irrédentisme tels que l'Istiqlal" 14.

La guerre du Golfe a agi sans aucun doute comme un catalyseur au sein de cette communauté qui a trouvé dans la solidarité arabo-musulmane, comme d'ailleurs d’autres peuples musulmans, un moyen d’exprimer son aspiration à l’égalité. En ce sens, le conflit a montré qu’il n’y avait pas en Espagne une mais des opinions publiques.

Pour le président de l’Association musulmane de Ceuta, il n’était pas possible "de rester inactifs devant le massacre de nos frères" et par solidarité avec eux la communauté musulmane de Ceuta s’est largement associée à la journée de jeûne organisée au Maroc le 28 janvier 1991 "pour soutenir le peuple irakien" 15. A Melilla, la réaction a été plus vive. En novembre 1990, fut créé un Comité pour la Dignité dans le golfe arabique à l'initiative des secteurs de l’islam radical et auquel a été étroitement associé Terra Omnium, organisation du principal leader musulman de Melilla, Aomar Duddu. Cette association déclarait, dès le début de cette guerre, qu’il s’agissait d’une "agression de l’Occident dirigé par les Etats-Unis contre le peuple arabe" et lancera des slogans du type : "La Palestine vaincra la main criminelle", "Paix, oui ; cynisme, non". Elle organisera aussi toute une série de manifestations contre la guerre16.

La situation à Ceuta et Melilla fit craindre que ne s’y propage le radicalisme croissant des mouvements de masse du Maghreb et que celui-ci soit exploité par les secteurs nationalistes et islamistes marocains pour revendiquer ces deux enclaves, "obligeant la monarchie marocaine à prendre le train en marche" 17, ce qui amena le gouvernement espagnol à revoir ses plans de défense et considérer l’Afrique du Nord comme la menace principale pour l'Espagne.

Alors que le Gouvernement se souciait de la sécurité de Ceuta et Melilla (notamment en renforçant le dispositif policier), que le ministre des Affaires étrangères déclarait que "l’Espagne est davantage préoccupée par une possible extension du conflit au Maghreb que par ses conséquences en Turquie" 18 et que le commandant militaire de Melilla déclarait qu’une agression contre Ceuta ou Melilla devrait être considérée comme une attaque contre l'Espagne19, les sondages d’opinion montraient que 55,5 % des Espagnols considéraient que l’Espagne ne devrait pas entrer en guerre pour défendre Ceuta et Melilla dans le cas où la guerre du Golfe déboucherait sur l’organisation d’une "Marche verte" sur le modèle de celle qui fut organisée par le Maroc au moment de la décolonisation du Sahara Occidental par l’Espagne20. Il est d’ailleurs intéressant de rapprocher ces chiffres de ceux du sondage réalisé en septembre 1974 par ce qui était alors l’Institut d’Opinion Publique - chiffres qui ne furent jamais publiés par le régime franquiste - et qui faisaient apparaître que 54,1 % des personnes interrogées étaient favorables à l'abandon de ce territoire contre seulement 15 % qui se déclaraient décidées à lutter pour y conserver la souveraineté espagnole21.

 

LES RELATIONS ESPAGNE-MAGHREB PENDANT LE CONFLIT

 

L’autre grand sujet de préoccupation pour l’Espagne pendant la guerre du Golfe fut le Maghreb, "région hautement prioritaire de la politique extérieure espagnole" 22. L’évolution de la situation au Maghreb suscita une vive inquiétude de l’Espagne concernant l’avenir de ses relations dans une région où même le roi du Maroc, qui avait envoyé un contingent de 1 300 hommes en Arabie saoudite, ne put échapper à une opinion publique qui devait multiplier les manifestations anti-occidentales.

La révélation de l’utilisation de la base aérienne de Moron par les B 52 américains le 1er février déclencha dans la presse et dans l’opinion publique maghrébine une critique immédiate de l’Espagne. Une délégation de parlementaires de l’opposition marocaine devait manifester devant l’ambassade d’Espagne à Rabat et le journal Al-Alam publiait le 3 février un éditorial virulent intitulé : "Les vaincus de la deuxième guerre mondiale s’enhardissent avec les musulmans", dans lequel, selon une interprétation particulière du conflit mondial, il était dit que les partenaires de l’Allemagne nazie s’étaient maintenant joints avec enthousiasme à la cause américaine. Du côté algérien, l’ambassade à Madrid déclarait que les B 52 mettaient entre parenthèses la traditionnelle amitié hispano-arabe23 et quelques jours plus tard des manifestants algériens attaquaient les bureaux d’Iberia à Alger. Abbassi Madani dans une interview accordée au journal El Mundo du 19 février déclarait : "L’Espagne était un pays ami et un bon voisin avec lequel nous n’avions jamais eu de problèmes comme cela fut le cas avec d’autres pays d’Europe [...] mais le gouvernement espagnol s’est montré faible face aux pressions américaines, il a agi contre la volonté de son peuple et il va le payer".

Les réactions de la rue au Maghreb à l’égard de la position espagnole seront encore plus virulentes en raison de la place privilégiée que l’Espagne occupe dans l’imaginaire arabe. Le patrimoine culturel commun que représente l’Andalousie musulmane (Al-Andalus), que l’on ne retrouve dans aucun autre pays européen, occupe une dimension affective dans l’univers mental des arabes que l’Espagne devrait davantage prendre en compte dans ses relations avec le monde arabe, tant au plan politique que culturel.

C’est cet imaginaire qui rejaillit quand des journalistes sont pris à parti dans les rues de Tunis par des manifestants contre la guerre et qu’ils sont dénoncés comme "traitres parce que ton sang est arabe à 80 %" 24.

La situation fut jugée telle que le ministre des Affaires étrangères, accompagné de la totalité de l’équipe de la Direction de l’Afrique du Nord, entreprit une "tournée diplomatique" dite de "bonne volonté" pour "prendre le pouls" au Maroc, en Mauritanie, en Libye, en Algérie et en Tunisie du 12 au 15 février 1991. L’objectif était d’expliquer la position espagnole par rapport à la guerre, d’engager un certain nombre d’actions destinées à éviter les malentendus entre pays des deux rives de la Méditerranée et développer la coopération et les programmes d'aide au Maghreb dans le but de limiter les conséquences politiques néfastes pouvant résulter de la grave crise socio-économique et de la flambée de nationalisme engendrée par le conflit.

Avec la Mauritanie, il fallut dissiper, notamment aux Canaries, les craintes nées de supposées installations militaires irakiennes dans ce pays et qui auraient directement menacé l’archipel. L’Espagne accorda une aide d’urgence de 5 millions de dollars, donna 4 000 tonnes de blé au titre de l’aide alimentaire et porta sa participation à la Banque mondiale à 6 millions de dollars pour ce pays. De même, il fut accordé à la Tunisie une aide de 100 millions de pesetas, même si les relations avec ce pays, quoique amicales, soient limitées. Avec la Libye, pays avec lequel l’Espagne entretient un flux important d’échanges commerciaux, un compromis fut adopté, consistant pour la partie espagnole à faire abolir par la CEE les sanctions imposées à ce pays et à rétablir la coopération moyennant le règlement d’un contentieux concernant une dette de 2 000 millions de pesetas portant sur des exportations espagnoles vers ce pays.

Vis-à-vis du Maroc, la volonté espagnole de renforcer la coopération pour compenser "la douloureuse situation économique aggravée par la guerre" s’est traduite par l’engagement de porter à 25 milliards de pesetas la ligne de crédit de ce pays. C’est en ce sens que le 15 février le gouvernement espagnol acceptait de soumettre aux Cortes un code de l’investissement entre l’Espagne et le Maroc.

Au cours de ce voyage, le ministre des Affaires étrangères, M. Fernandez-Ordoñez, soucieux de préserver la politique d’équilibre menée jusque-là dans les relations hispano-maghrébines, notamment entre les deux principaux pays du Maghreb, Algérie et Maroc, proposa à l'Algérie de porter les relations au niveau existant avec le Maroc depuis 1989, par la signature d’un accord global de coopération et de bon voisinage sur le modèle de celui existant avec le Maroc. La signature d’un tel traité produirait un saut qualitatif important dans les relations avec ce pays puisqu’il donnerait une dimension politique à des rapports qui ont été jusque-là essentiellement commerciaux25. Indépendamment de l’octroi à l’Algérie d’une aide financière biennale de 380 millions de dollars, la visite du ministre des Affaires étrangères avait surtout pour but de s’assurer des relations stables et amicales avec l’Algérie afin de pouvoir respecter les objectifs du Plan national de l’Energie qui prévoit de couvrir à partir de 1995 l’essentiel de la consommation d’électricité en Espagne par l’achat de gaz algérien. Afin de s’assurer un approvisionnement régulier et donc de se garantir la couverture énergétique, l’Espagne a engagé dès septembre 1989 des négociations avec les deux principaux pays du Maghreb afin de construire un gazoduc entre les zones d’extraction du gaz en Algérie et l’Espagne, via le Maroc et le détroit de Gibraltar26. C’est également l’Algérie qui fut choisie par l’Espagne pour annoncer le report de l’obligation de visa pour les ressortissants des pays du Maghreb, mesure initialement prévue pour le 1er mars 1991, étant donné le malaise que cette mesure avait soulevé au Maghreb parce que perçue comme signe de la fermeture de l’Europe à l’immigration en provenance d’Afrique du Nord27.

La guerre du Golfe a clairement montré combien la stabilité du Maghreb est essentielle pour l’Espagne. D’où la relance de l’idée d’une conférence sur la sécurité et la coopération en Méditerranée qui est considérée comme le meilleur moyen de créer les mécanismes permettant d’apporter équilibre et sécurité à la région "en contribuant à la création d'un système euro-méditerranéen de coopération et d’amitié entre les peuples des deux rives, pour le plus grand bénéfice de tous" 28, ce que, de toute façon, la guerre du Golfe n’a guère contribué à favoriser.

 

 

________

Notes:

 

1 La contribution de l’Espagne à la guerre a été d’ordre essentiellement logistique ce qui ne diminue en rien son importance puisque 35 % du trafic aérien en provenance des Etats-Unis et à destination du Golfe a transité par les bases de Torrejon, Saragosse, et Rota ; et notamment 294 missions de bombardiers B 52. De même, au titre de l’aide financière et humanitaire, l’Espagne a contribué pour un montant de 87 244 000 millions de pesetas et les bâtiments de la Marine espagnole ont effectué 3 831 missions de surveillance et de contrôle. Conflicto del Golfo Persico, Invasion iraqui de kuwaït, OID, ministère des Affaires étrangères, Madrid, 1991.

2 En visite officielle à Rabat le 19 août 1990, Felipe Gonzalez devait déclarer que la position de l’Espagne consistait à “préserver une marge d’autonomie sans se retrouver isolé, c’est-à-dire maintenir notre solidarité (avec l’UEO)”, El Pais, 3 février 1990.

3 Ce plan relevait surtout du domaine des bonnes intentions et consistait à réunir les ministres des Affaires étrangères des pays de la CEE et de la Ligue Arabe, El Pais, 3 février 1990.

4 El Pais, 13 février 1991.

5 El Independiente, 22 janvier 1991.

6 El Independiente, 1er mars 1991.

7 Article 5 de la résolution votée par le Congrès des Députés le 18 janvier 1991. A la fin de la guerre, le Conseil des Ministres rendra publique une déclaration dans laquelle il considère que la solution du problème palestinien est “inévitable”.

8 Le 18 janvier 1991 les Cortès approuveront la position du gouvernement par 296 voix pour et 17 contre, El Pais, 19 janvier 1991.

9 Equivalent de l’Assemblée nationale.

10 El Pais, 1er mars 1991.

11 60 % des personnes interrogées en août étaient hostiles à l’envoi de troupes dans le Golfe (Diario 16, 26 août 1990) ; en septembre 1990, 54 % rejetaient l’idée d’une participation directe à la guerre (El Pais, 13 septembre 1990) ; en janvier 1991, 78 % des personnes interrogées estimaient que la libération du Koweit ne valait pas une guerre (El Mundo, 6 janvier 1991) et en février, 52 % soutenaient la position du gouvernement mais étaient hostiles à une intervention de plus grande envergure (El Pais, 1er février 1991).

12 Toutes les actions ayant un lien avec les soldats envoyés dans le Golfe ont été coordonnées par l’Oficina del Defensor del Soldado, créée en 1989 à Madrid et à partir de laquelle sera lancée la Plataforma contra la guerra, à laquelle viendront se joindre les Jeunesses Socialistes et du Centre Démocratique et Social (CDS) ainsi que la Coordination des Parents de Soldats dans le Golfe.

13 Ce que put constater le journal El Pais, 3 mars 1991, dans une série d'enquêtes réalisées auprès d’agences de placement et dans les milieux de l’immigration.

14 Voir Victor Morales-Lezcano, “Ceuta y Melilla” dans España-Autonomias, ed. Espasa-Calpe, Madrid, 1989. Il s’agit d’une analyse de l’histoire des deux villes. Pour une analyse des questions stratégiques et des problèmes de défense, on consultera Bernard Labatut, “Ceuta et Melilla : tensions sur la société et la politique de défense espagnoles”, Studia Diplomatica, vol. XXXVIII, Bruxelles, 1985. Pour une analyse de la situation socio-politique on consultera Bernabé Lopez-Garcia, “Ceuta et Melilla, entre l’Europe et la Méditerranée”, Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, 1991.

15 Selon les déclarations faites par le chef de la communauté musulmane de Ceuta, Ahmad Subaire, Diario 16, 29 janvier 1991.

16 Dans une interview à la revue Tiempo, 4 janvier 1991, l’un des dirigeants de “Terra Omnium”, Halifa Mohamed, explique les positions pro-arabes, anti-américaines et anti-sionistes de ce groupe dans un article au titre évocateur : “La guerre se rapproche de Ceuta et Melilla”.

17 Selon l’expression employée par des sources en provenance des services de renseignement (CESID) cités par le journal ABC, 18 février 1991, dans un article intitulé : “Intense activité du CESID au Maghreb”.

18 Diario 16, 29 janvier 1991.

19 Déclarations au journal El Sol (3 février 1991). A la mi-février, des manœuvres communes hispano-américaines se déroulèrent dans la région d’Almeria, leur but étant de s’entraîner à une attaque aérienne dans une région désertique comparable au nord de l’Afrique.

20 C’est en ces termes que la question était posée aux personnes interrogées, Tiempo, 18 février 1991.

21 Publié par Epoca, 28 janvier 1991.

22 Selon les termes du porte-parole du gouvernement, Mme Rosa Conde, à l'issue du premier conseil des ministres de l'après-guerre du Golfe, le 1er mars 1991.

23 El Periodico, 12 février 1991.

24 Propos rapportés par El Pais, 20 janvier 1991.

25 Pour une étude des relations hispano-arabes du franquisme jusqu'en 1987, voir Bernabé Lopez-Garcia, “Marruecos y el Magreb en la politica española”, Razon y Fe, n° 1065, 1987, pp. 709-723. Pour une analyse de ces relations dans les années 80, on consultera également Carlos Echevarria, “La profundizacion de relaciones entre España y los paises del Magreb”, Revista de Estudios Africanos, vol. IV, n° 7, 1989, pp. 9-20.

26 Le Parlement marocain a approuvé à l'unanimité le protocole d'accord algéro-marocain pour la construction de ce gazoduc le 16 avril 1991.

27 Cette mesure est entrée en vigueur le 15 mai 1991 pour satisfaire aux obligations du groupe de Schengen dont l'Espagne est membre à part entière depuis le 25 juin 1991.

28 Selon la formule de Emilio Menendez del Valle, ex-ambassadeur d'Espagne en Jordanie, “Por una politica mediterrànea de España”, El Pais, 21 mars 1987.

 

 

 

 Copyright www.stratisc.org - 2005 - Conception - Bertrand Degoy, Alain De Neve, Joseph Henrotin