CLAUSEWITZ ET LE PROBLEME DE LA “METHODE”

Hervé Guineret

 

lausewitz, ainsi que son œuvre posthume De la guerre, constituent des références indispensables dans le cadre de la pensée du conflit en général et de l’affrontement guerrier en particulier. Néanmoins, cette œuvre pose d’emblée un problème de lecture : doit-on la considérer comme un ouvrage militaire destiné aux militaires et, éventuelle­ment, aux politiques, ou comme une pensée philosophique de la guerre et de la société ?

Il nous semble que l’intention de Clausewitz permet d’éclairer rapidement ce point, indispensable pour comprendre le sens d’une interrogation sur la “méthode”. La guerre est un acte de la vie sociale ; par conséquent, sa compréhension suppose de saisir l’articulation entre les forces armées, la société et la politique. Clausewitz répète maintes fois que la guerre est une modalité de la politique1. Dès lors il convient de définir non pas seulement des procédés, des ruses ou des “techniques”, mais également une méthode qui nous donne accès au phénomène guerrier, c’est-à-dire à son sens. En effet, l’idée de méthode se distingue tout d’abord radicalement de celle d’habileté, de tour de main. Elle ne se confond pas non plus avec celle d’instrument. La méthode désigne, au plus près de son étymologie, la capacité pour la raison à se frayer un chemin. En ce sens, elle désigne l’ordre que suit la raison relativement à un objet qu’elle veut étudier. Ce sens, proche de la définition même de Descartes, est à la fois fondamental et probablement connu par notre auteur.

Dès lors la question de la méthode, que nous ne confondons plus avec l’habileté tactique ou avec le génie militaire, est bel et bien une question théorique ou “transcendantale”, au sens où elle fonde la possibilité de l’intelligibilité de la guerre, permet de “dépasser” l’apparence diverse et confuse des événements. Cependant, la question de la méthode se pose à deux niveaux qui semblent très différents.

D’une part, nous rencontrons la question initiale de l’ouvrage, qui concerne à la fois les notes, l’avant-propos de la première édition et le début de la première partie2. Clausewitz explique qu’il faut critiquer un certain dogmatisme stratégique, comprendre le rapport de la raison à l’expérience afin d’accéder à la compréhension de ce caméléon que constitue la guerre. La pensée dogmatique du conflit est fausse, se crispe sur une certaine conception de la science et de la méthode, mise en échec par la guerre elle-même. Il faut donc penser, à ce premier niveau, une méthode de l’intelligibilité du phénomène guerrier.

D’autre part notre auteur aborde, par un néologisme qui lui est propre, la question du “méthodisme”3. Ce dernier est distin­gué de la méthode elle-même ; il est défini comme le propre d’une action qui est dirigée exclusivement par des méthodes. Le pluriel est ici très important car il nous conduit à penser ce qui est le plus vraisemblable. Le terme de méthode subit alors une in­flexion. Nous sommes au niveau, distinct du précédent, des méthodes dans la guerre.

Les deux moments que nous venons de distinguer supposent, au fond, deux usages du terme de méthode. Le premier, assez classique, désigne un mouvement d’investigation et de réflexion, la recherche de liens nécessaires ainsi que la mise en évidence d’un régime de rationalité propre à la théorie de la guerre. Le second usage, qui marque une rupture entre l’idée de méthode aux xviie et xviiie siècle et l’usage qui en est fait au xixe, se rapproche de l’idée d’un garde-fou qui me prémunit, en l’absence de certitude, des erreurs les plus grossières4. En ce sens nous allons de la recherche d’une nécessité et d’une vérité à l’acceptation de la probabilité et du hasard. Ceci est évident au fur et à mesure que nous nous rapprochons des faits et des situations particulières.

Dès lors cette question de la méthode met en jeu l’ensemble de l’espace social ainsi que l’ensemble des expériences que les hommes peuvent faire. Y-a-t-il, de ce point de vue, une continuité possible, une homogénéité de la démarche ou, au contraire, des changements nécessaires d’instruments, en fonction de l’objet ? Il s’agit donc de statuer sur l’unité de la raison et sur ses limites, dans son application au phénomène guerrier. In fine, nous devrions savoir en quoi consiste un enseignement sur la guerre et le conflit.

LA GUERRE : UN SYSTÈME IMPOSSIBLE ?

Dès le début de l’ouvrage5, Clausewitz indique que Montes­quieu lui sert de référence initiale. Cependant cette référence est considérée dans l’ignorance d’un ordre systématique et de la cohésion rigoureuse. En ce sens, et quoique par ailleurs Clause­witz ne se contente pas de cet aspect, Montesquieu ne donne pas l’exemple d’une méthode au sens usuel. Il fournit une sorte de procédé d’écriture qui devrait conduire à rédiger de brefs chapitres, riches en maximes. Clausewitz précise que cette façon de faire ne peut s’adresser qu’à un lecteur cultivé et averti, capable de construire sa propre réflexion à partir des “graines” qui lui sont proposées. Il est évident que l’ouvrage ne se présente pas de cette façon. Pour justifier ce changement, Clausewitz invoque sa nature propre qui le pousse à systématiser et dévelop­per. Si nous en restons à cet argument, il nous faut admettre que la forme de l’ouvrage est due au tempérament de l’auteur et non à l’objet. Or, à y regarder de plus près, nous voyons que ce n’est pas le cas. En effet, il est aisé de montrer que c’est l’objet, la guerre elle-même, qui implique d’abandonner l’intention initiale. Pour mieux comprendre ce point, il convient d’apporter deux précisions.

La guerre nécessite un esprit d’investigation6. Ce dernier se définit comme un esprit d’enquête, concernant tout aussi bien les expériences présentes que l’expérience passée. L’investigation ne peut, par définition, s’accommoder des brèves maximes parce qu’elle nécessite de parcourir le champ de l’expérience, de montrer, de “déplier” ce qui d’ordinaire est concentré ou ramassé. Rendre visible ce qui ne l’est pas d’emblée implique nécessaire­ment le développement.

De plus, il n’est pas du tout évident que la maxime, dans sa généralité quasi morale, permette de saisir le fait guerrier. En un sens péjoratif, il semble que la maxime soit “trop abstraite”.

Ce changement de direction, exigé par l’objet, conduit à un changement de lecteur. De la guerre, par sa forme même, peut concerner tout lecteur possible ou, du moins, un lecteur qui n’est pas familiarisé avec le sujet. On s’aperçoit que la méthode d’investigation est à la fois une méthode de recherche mais aussi une méthode de “vulgarisation”. Parce que cette méthode permet de construire devant le lecteur l’objet de la réflexion, elle est accessible à tous et, en ce sens, universelle.

Reste donc, et c’est l’objet de la Préface, à montrer que cette démarche d’investigation possède une portée scientifique, qui éloigne la guerre de l’opinion, ainsi qu’un fondement. La démar­che d’enquête possède dans l’histoire de la pensée des précédents célèbres7. Par delà les différences de contenus, l’enquête suppose de décider des rapports que nous entretenons avec l’expérience. Elle ne conduit pas nécessairement à une “soumission” de la raison au donné mais elle implique nécessairement de clarifier le rapport entre une faculté et un ensemble qui m’est présenté, sans être nécessairement ordonné. Clausewitz se livre à cette clarification dans la Préface.

La science ne peut se réduire à la systématicité. On peut même soutenir que les deux aspects sont aisément disjoints pourvu que l’on comprenne ce qu’est un système. Ce dernier se présente comme une totalité close et cohérente avec elle-même. Fondamentalement, le système prétend à la cohérence, critère formel qu’il est relativement facile de satisfaire. Mais cette cohérence n’est certes pas synonyme de vérité. Quant à l’idée selon laquelle un système pourrait être “complet”, tout englober, elle est sujette à caution parce qu’indémontrable. Il nous faut donc dissocier système et connaissance scientifique. De façon polémique, Clausewitz donne un exemple, emprunté à Lichten­berg, parfaitement cohérent et parfaitement ridicule, indiquant la procédure à suivre lors de l’incendie d’une maison8. En revanche, “l’effort d’explorer l’essence des phénomènes militaires9 pose une exigence véritablement scientifique. Ce n’est pas seule­ment l’effort ou l’intention qui se présentent comme scientifiques mais la démarche elle-même. Il s’agit en effet de rechercher une corrélation entre les phénomènes dans leur mode d’apparition et la nature des éléments qui les composent. La recherche de la corrélation n’est pas une affirmation dogmatique de la loi mais, au contraire, la recherche d’un rapport ou d’une correspondance, sans préjuger de leurs caractéristiques. L’enquête me permet de m’appuyer sur les phénomènes, de me laisser, en partie, guider par ce qui m’est présenté. Clausewitz effectue clairement un choix : “Nulle part le raisonnement ne se dérobe à la cohérence philosophique, mais partout où le fil de cette dernière se révélait trop ténu, l’auteur a préféré le rompre et suivre plutôt le mouve­ment des phénomènes empiriques…”10. Cette citation permet d’éclairer deux points importants.

Premièrement, Clausewitz se réclame de la pensée philoso­phique et non simplement de la consultation de manuels de stratégie. Par conséquent, nous sommes en présence d’une philosophie de la guerre.

Néanmoins, si nous définissons implicitement la philosophie comme système de la raison - et quoique cette définition soit clairement réductrice - nous devons suivre avant tout le mouve­ment des phénomènes empiriques. En effet, la science ne saurait se présenter comme l’usage d’une raison qui n’aurait affaire qu’à elle-même. Elle réside dans le rapport entre la raison et l’expé­rience, cette dernière constituant à la fois une sorte de garde-fou et ce qu’il convient d’expliquer, d’éclairer.

Ces deux remarques sont à la fois fondamentales et de bon sens dans le domaine des arts pratiques qui ont, par définition, rapport à l’expérience. Pour le dire autrement, la raison ne cons­truit pas la guerre. Elle trouve cet objet déjà constitué dans l’expérience, tout comme le grain de blé se trouve dans le champ11. La philosophie et l’expérience se référent, dans l’ordre, à l’analyse et à l’observation. La connaissance est le résultat de la collaboration efficace de ces deux instances. Clausewitz déve­loppe une thèse de la garantie mutuelle. Clairement, l’expérience seule ne suffit pas ; elle ne possède pas sens en elle-même. Mais la raison seule n’est pas mieux lotie puisque nous avons vu qu’elle peut produire des discours délirants. Par conséquent, le sens et la compréhension supposent que ces deux instances s’appuient l’une sur l’autre.

Le Livre Premier porte sur la nature de la guerre. Cette dernière, cependant, ne se présente pas comme le résultat de la réflexion de la raison seule. Elle est la conséquence de la métho­de que nous venons de dégager succinctement. L’ordre suggéré par Clausewitz12, qui part des éléments pour aller aux parties et s’achever dans la guerre en son entier, a permis de guider le classement des notes pour éditer l’ouvrage. Cet ordre est bien conforme à ce qu’exige la raison. Néanmoins, il nous faut appor­ter deux précisions.

Tout d’abord, on peut considérer que cet ordre est un ordre d’exposition. Il se présente donc, pour partie, comme un ordre de la “reconstruction”. En effet, le mouvement ne prend sens et vérité que dans la mesure où je peux accéder à la guerre en son entier. On remarque d’ailleurs que la guerre comme totalité est posée dès le livre I13.

L’ordre d’examen proposé n’est pas, rigoureusement parlant, un ordre d’analyse. En effet, dans ce dernier cas, les éléments sont trouvés en dernier. La réflexion analytique est première­ment confrontée à un ensemble ou une totalité qu’elle tente de résoudre. Clausewitz propose donc un résultat qui nous permet de recomposer la guerre. Ce résultat suppose que le travail d’analyse est terminé.

Clausewitz dit “… l’idée du tout doit sans cesse pénétrer l’idée de la partie14. C’est dans ce contexte que notre auteur présente la guerre comme “un combat singulier agrandi15 . La lutte entre deux hommes se présente comme l’image de la guerre. Pour autant le duel n’est pas en vérité la guerre. Mais il permet de produire une représentation de la guerre considérée en elle-même, indépendamment des rapports sociaux et politiques. Très vite16, Clausewitz précise que le modèle de la guerre qu’il propose ainsi que l’analyse du passage aux extrêmes sont modifiés si nous considérons la guerre dans sa réalité. Dans cette dernière, il existe des éléments, sociaux et politiques, qui viennent infléchir la violence initiale. Si nous nous contentions du modèle initial, on pourrait penser la guerre de façon physique et presque “calculatoire”. Chaque action amène une réaction qui tente de surpasser l’action et ainsi à l’infini. Cependant, nous savons bien qu’il n’en est pas ainsi dans la réalité. C’est pourquoi une méthode qui s’adresserait à la raison seule fournirait des absurdités ou du moins une théorie qui ne parviendrait pas à éclairer la réalité. Clausewitz de dire qu’“on en arriverait qu’à édicter un précepte livresque sans application possible dans la pratique17.

Nous obtenons donc un clivage entre les conceptions et la vie réelle. Dans les guerres réelles, le résultat n’est jamais absolu et les probabilités de la vie réelle se substituent aux conceptions extrêmes absolues18 . Dans ce cas, l’observation de la réalité con­crète et particulière est nécessaire, afin de dégager non des certi­tudes mais des lignes directrices pour l’action. Nous pourrions dire que le pur modèle du calcul est efficace si, pour reprendre la terminologie des économistes, les choses demeurent égales par ailleurs. Mais cette requête ne peut être satisfaite dans les conflits qui opposent des États réels. Pour cette raison les guerres réelles sont complexes, ont besoin d’être éclairées.

Une des raisons fondamentales de la difficulté réside dans la position de buts politiques qui président à toute guerre. Autre­ment dit, les buts de la guerre sont politiques, ce qui n’empêche pas qu’il existe, dans l’action concrète de la guerre, des calculs et des buts purement guerriers. La politique est importante parce qu’elle nous livre les raisons d’un conflit, la quantité d’efforts qui sera consentie ainsi que le but qui est poursuivi. La politique donne sens à la guerre. Il n’est pas surprenant, en fonction des raisons qui viennent d’être énoncées, que la guerre change sans cesse d’aspect, qu’elle se présente comme un véritable caméléon.

UNE MÉTHODE SANS ART NI SCIENCE

Dès lors, comment peut-on définir l’activité intellectuelle qui se rapporte à l’analyse de la guerre ? Comment peut-on définir la connaissance qui permet l’action dans la guerre ? Ces deux ques­tions sont fondamentales. Elles exigent qu’on apporte réponse. Faute de cela, la démarche de Clausewitz serait uniquement une critique, au sens négatif, des différentes pensées stratégiques qui l’ont précédée.

L’affirmation centrale de notre auteur est que la guerre n’est ni une science ni un art mais un “acte de la vie sociale19. Il nous faut donc comprendre le sens de cette proposition ainsi que ses incidences sur l’idée de méthode. Pour ce faire, deux remarques semblent nécessaires.

Un livre, comme le dit l’auteur20, ne peut pas exposer un savoir-faire. C’est donc une sorte d’habitude qui conduit à donner comme titre à un livre “Théorie de l’art”. C’est également un abus de langage, une conceptualisation qui manque de rigueur.

Il va de soi, d’après ce que nous avons dit, que la guerre ne peut se présenter comme une science. Ceci reviendrait à admet­tre une science de la société, sur le modèle de la physique. Or la liberté, les désirs et les passions des hommes sont des obstacles définitifs à une telle science.

Clausewitz distingue donc d’une part les sciences dont le but est le pur savoir (mathématiques, astronomie) et des arts (archi­tecture) dans lesquels le but est un savoir faire. La distinction ne s’opère pas tant du point de vue du raisonnement que du point de vue de la fin qui est visée. Plus important encore, il n’y a pas de sciences sans art. Ainsi les applications algébriques des mathé­matiques sont un art21. Clausewitz poursuit en affirmant que le fait de penser est déjà en soi un art. Il soutient également que la déduction logique s’arrête là où les données de la connaissance cessent. C’est également le point de commencement du jugement et donc de l’art. Ces propositions nous permettent de préciser tout d’abord que l’art est intimement lié à la méthode. Il l’est dans la mesure où la tradition présente la méthode comme un art de penser ou un art d’inventer. Mais ceci veut dire également que la méthode n’est pas une simple déduction logique. Elle est liée au jugement. De plus, Clausewitz distingue la déduction et le jugement parce que la première peut relever d’une formalisation des propositions qui ne nécessite pas de jugement afin de conclure, alors que le second, défini également comme la consta­tation des choses par l’esprit ou par les sens, n’est plus l’ordre pur et formel. Il ne s’agit pas d’une dichotomie dans la mesure où l’on ne peut concevoir que je sois doté de jugement sans être doté de connaissance ou l’inverse. Il existe néanmoins entre les deux une différence conceptuelle et une différence d’attitude impor­tante. Clausewitz précise ainsi les rapports entre raison et expérience qui débutaient l’ouvrage. Plus encore, nous voyons à la fois que notre lumière intérieure a besoin des éléments exté­rieurs et nous saisissons, dans le même mouvement, la distinc­tion entre ces deux éléments.

Ce n’est pas pour autant que nous pourrons classer la guerre du côté de l’art ou du côté de la science. Ce n’est évidemment pas une science puisqu’il ne s’agit pas de dégager un pur savoir ; ce n’est pas plus un art puisqu’elle n’a pas rapport à la matière inerte. Les deux analogies sont également fausses : c’est avec le commerce que la guerre possède un rapport, sous la figure du conflit des intérêts. De même, la guerre se rapproche, indépen­damment des liens de subordination déjà dégagés, de la politique qui est “une sorte de commerce aux dimensions agrandies22.

L’enjeu d’une méthode pour penser la guerre est, par consé­quent, à la fois clair et ambitieux : il nous faut penser l’ordre éventuel d’une activité qui a rapport à des êtres vivants réagis­sants. Cette dernière précision est utile car on peut bien penser des êtres vivants passifs, ce qui n’est pas le cas dans la guerre : sans cela le passage aux extrêmes, dégagé au début de l’ouvrage, n’aurait aucun sens. L’erreur à propos de la guerre est donc tout autant du côté de l’assimilation à l’art que du côté de l’assimi­lation à la science. La première erreur est plus “perverse” parce que l’idée d’art, liée à celles d’action et de production, nous semble adéquate à l’activité guerrière. Cette erreur est possible à cause de l’ignorance de l’objet spécifique sur lequel porte l’acti­vité guerrière. Il y a donc quelque chose à inventer puisque nous ne pouvons plus nous contenter de la classification binaire usuelle. Tout particulièrement, Clausewitz met en question le modèle des arts mécaniques appliqués à la guerre, modèle inadé­quat puisque, par définition, il porte sur de l’inerte. L’analogie est trompeuse entre l’architecte qui construit une maison et ses fondations, l’horloger qui conçoit la transmission du mouvement par des rouages et le militaire qui pense la campagne et les affrontements. C’est une autre façon de dire que la guerre concerne le vivant en ce qu’il a de plus complexe. Ce caractère éminemment vivant rend compte de la complexité de la tâche et de l’importance de l’élément moral, qualitatif et variable. Ainsi compris, le problème est clair puisqu’il faut se demander dans quelle mesure le conflit de forces vivantes peut être soumis à des lois23. Si ceci est possible, alors nous pouvons nous livrer à une déduction qui concerne l’action.

MÉTHODE ET MÉTHODISME

La chapitre sur le méthodisme24 pose d’emblée une hiérar­chie logique. Provisoirement et afin d’éclairer notre propos, il est possible de considérer que ce chapitre constitue l’architectonique, entendue comme le fondement, ce qui constitue l’unité, de De la guerre.

La loi y est définie comme subjective et arbitraire, reprenant son sens initial et politique de commandement. Elle désigne un rapport de dépendance ; elle est ce à quoi les choses et nous-mêmes obéissons. Classiquement, connaître une loi revient à connaître le rapport entre les choses - terme dont la parenté étymologique avec “causes” est patente - et leurs effets. La loi désigne, soit un rapport de nécessité, soit ce qu’il est défendu de faire. D’après ce que nous savons déjà, il est clair que le phéno­mène guerrier ne sera pas traversé de part en part par cette forme de rationalité : cette affirmation serait en grande partie incompatible avec la libre activité et la libre volonté des hommes.

Le précepte est mis en relation avec l’intention, le sens, de la loi. Nous l’utilisons à chaque fois que la complexité d’une situa­tion n’autorise pas l’application rigoureuse et univoque de la loi. Clausewitz affirme qu’il laisse plus de liberté au jugement que la loi. Nous voyons que plus une situation s’avère complexe, moins elle est univoque, plus l’hésitation et le doute peuvent s’insinuer. C’est bien dans cet espace que le jugement peut prendre place. En effet, lorsque la loi s’applique, on ne me demande pas de juger mais tout simplement de l’utiliser, “mécaniquement” pourrait-on dire. Le précepte n’étant pas infaillible, il se définit comme un repère pour l’action. Il pose donc la question des moyens pour s’orienter en l’absence de loi qui puisse s’appliquer. Lorsqu’il comprend des données subjectives, le préceptes se nomme maxime.

Des deux sens de la règle, l’un nous intéresse particulière­ment. Le premier se ramène au précepte. Dans le second sens, une règle est un moyen de découvrir une vérité profonde au moyen d’un indice isolé. Elle permet donc la découverte, en particulier, du mode d’action qu’il convient d’appliquer à une situation entière.

Les prescriptions et instructions concernent les détails et les circonstances secondaires. Ils constituent donc une forme de précision dans le rapport à l’action.

Cette typologie est nécessaire afin de comprendre les rap­ports entre méthode et méthodisme. Cependant, avant d’entrer dans le détail de l’analyse, il est indispensable d’apporter deux précisions.

Clausewitz, dans ce passage, ne vise pas à séparer des régimes de rationalité mais, au contraire, à poser une continuité possible de la réflexion et de l’investigation. De ce point de vue, il paraît difficile de penser que le passage de la loi, comme rapport nécessaire, au précepte ( qui implique une incertitude) puisse se présenter comme un saut. Tout au contraire, le texte en son entier aménage la possibilité d’aller de la loi au précepte, de la règle à la loi, par exemple.

Il s’agit d’une possibilité et non d’une réalité ou vérité avérée parce que la démarche de Clausewitz ne prétend pas clore l’espace du conflit. Il ne peut donc décréter qu’il est impossible de légiférer sur tel point de la réalité. Pour oser une telle affirma­tion, il faudrait disposer d’un système clos, complet de la guerre. Cette idée est exclue dès le début de l’ouvrage. Cette démarche évite le rejet la guerre comme irrationnelle et le dogmatisme que Clausewitz prête à von Bülow.

Pour ces deux raisons, la distinction entre méthode et méthodisme prend sens.

La méthode est une manière de procéder unique, résultant d’un choix et qui se représente constamment25. Le méthodisme ne repose ni sur des préceptes généraux ni sur des prescriptions particulières. En ce qui le concerne, l’action est exclusivement dirigée d’après des méthodes26. La méthode ne s’applique pas parce que tous les cas, et encore moins tous les cas possibles, sont semblables, mais parce que le plus grand nombre de cas possibles possède une similitude. Par conséquent, la méthode n’est pas pensée comme ce qui constitue l’unité d’un domaine. Au con­traire, elle ne peut s’appliquer que sur le fond de cette unité déjà donnée. Il convient de préciser que la similitude porte sur le possible et non seulement sur les cas que nous rencontrons ici et maintenant. Dès lors, deux aspects de la méthode doivent être mis en évidence.

Elle met en question le rapport entre la raison et la réalité. Dans cette mise en question, il s’avère qu’elle ne commande pas, n’ordonne pas le réel. Cette idée est en cohérence totale avec les affirmations précédentes qui nous conduisaient à penser que notre lumière intérieure ne se développait pas “spontanément” mais grâce au rapport entretenu avec les faits matériels.

L’idée de “possible”, fondement du passage au métho­disme, est très importante. Il ne faut pas pour autant la consi­dérer du point de vue d’une logique purement formelle qui déterminerait a priori le possible. Cette affirmation serait en contradiction avec l’idée selon laquelle la guerre est liée à un vivant actif et réagissant, qui peut toujours nous surprendre. Donc, cette position du “possible” peut être saisie comme la détermination de ce qui est clairement et en soi impossible. Ce dernier terme se comprend comme ce qui est contradictoire, mais aussi comme ce qui ne peut être pratiqué.

Il existe des séries de cas, parce qu’il sont très majoritai­rement identiques, qui sont soumis à une même méthode. Là se situe l’analyse spécifique du méthodisme. Le méthodisme sup­pose donc la pluralité des méthodes ; cette dernière est une nécessité relative à la pluralité des objets. Dans le méthodisme, je ne me situe pas dans une relation de détermination ou de certitude mais dans une vraisemblance moyenne. Par consé­quent, je n’ai aucune certitude. Néanmoins, sans ce méthodisme, il serait extrêmement difficile d’agir ; en ce sens il est la condi­tion des actions concrètes. Le méthodisme définit une ligne de conduite, relativement à la conformité apparente entre les cas. Pour mieux comprendre de quoi il est question, deux précisions nous semblent indispensables.

La méthode prend ici le sens précis de “manière de procé­der”. Ce n’est pas une méthode appliquée stricto sensu à la connaissance mais à l’action. Dans une situation donnée, je peux hésiter entre diverses façons de faire. Le méthodisme m’aide parce qu’il m’apprend à choisir une voie moyenne, relative à ce qui se produit dans la majorité des cas comparables, en l’absence de certitude ou de vérité.

Il permet d’établir un procédé applicable. Ce procédé ne nécessite pas véritablement de jugement, quoique ce soit le jugement qui ait permis l’élaboration du procédé. Je ne peux pas savoir avec certitude comment mettre à l’abri mon approvision­nement ; il se peut que son acheminement soit difficile ou problé­matique. Le méthodisme ne me dira pas avec certitude ce qu’il faut faire ; en revanche, il me montre comment on procède avec succès dans la majorité des cas27.

C’est donc cette analyse qui permet à la guerre d’échapper à l’irrationnel, au hasard pur, sans pour autant la constituer comme une science certaine. Les actions du stratège de génie sont surprenantes et, en un sens “impossibles” dans la mesure où personne n’envisageait de conduire les opérations de cette façon ; disons qu’elles sont pour le moins audacieuses et inventives. Le méthodisme permet de comprendre ces actions au sens où il ne clôt pas le domaine des possibles. Son but, dans la mesure où il autorise la détermination du choix moyen, est de développer une habileté mécanique28. Cette dernière est indispensable parce que l’acte guerrier n’est pas le propre des génies, parce qu’il concerne le commandement et la troupe à tous les niveaux. Dans cette mesure, il existe bien une instruction militaire minimale qui permet l’efficacité d’une armée, en son ensemble. Le méthodisme n’est donc pas une “généralisation” de la méthode parce qu’il n’existe pas une seule méthode. Il n’est pas plus l’instrument de la certitude stratégique. Il est le témoin de ce qu’est la guerre en sa réalité, sorte de clair-obscur dans lequel nous tentons de nous diriger, non seulement comme individus mais également comme groupe ou corps.

Dans le même mouvement, il nous faut admettre que nous pouvons nous passer de la loi dans la conduite de la guerre29, sachant que la loi n’est pas la seule figure de l’action rationnelle.

… à la guerre, les phénomènes complexes ne sont pas assez réguliers, et les phénomènes réguliers ne sont pas assez complexes pour que l’idée de loi puisse conduire beaucoup plus loin qu’à des vérités simples30.

C’est à cette difficulté que répond le méthodisme. Il souligne les limites de la loi parce que soit cette dernière ne peut s’édicter en raison de la complexité, soit elle n’est pas utile, en raison de la simplicité. Le problème de la théorie de la guerre n’est donc pas celui de la découverte de lois mais de l’émergence de préceptes. Souvent, nous sommes conduits à raisonner à partir d’un indice isolé, afin de remonter à l’intention qui semble y présider. Les prescriptions et méthodes doivent être enseignés - “inoculés” dit notre auteur - car ce sont des principes actifs, c’est-à-dire qui permettent une action éclairée et véritable. Nul doute que cet enseignement ne saurait gommer la liberté de choix. Cette dernière est indispensable en raison même de l’objet considéré. Mais cette liberté de choix n’est pas une licence, une liberté qui n’est encadrée par rien ou par l’impulsion du moment. On peut donc dire que la compréhension des règles et des préceptes est la condition de cette liberté. Autrement dit, et sans qu’il y ait là le moindre sophisme, je ne peux violer une règle que si je la connais, je ne peux exercer mon jugement que s’il est éclairé. Ce méthodisme se comprend comme une aide à la décision, comme ce qui supplée une inspiration défaillante. Il est également la preuve, par sa nécessité, que la guerre n’est pas un système31. Dans la guerre, l’erreur se paye immédiatement ; le méthodisme n’est donc pas là pour me dire ce qui est “vrai” mais pour éviter les erreurs les plus tragiques. En ce sens, il est constitutif de la discipline, qui définit ce que dont on doit s’abstenir dans la grande majorité des cas. Il constitue, et Clausewitz le dit plu­sieurs fois, quelque chose de positif, qui contribue à poser et établir l’action, qui la tire de sa confusion initiale. Ce n’est pas parce que je ne peux embrasser la totalité et la diversité des circonstances qu’il n’y a rien à penser, à juger ou à faire.

Il existe donc un double avantage du méthodisme, sachant qu’il est directement lié à l’action militaire concrète, particulière. Tout d’abord, il donne à mon esprit des lignes directrices pour cette action. Ensuite, en fonction des règles qu’il pose, il permet la discipline et l’action de l’armée. Il est donc essentiel pour transformer ce qui n’est initialement qu’un agrégat en une troupe. En ce sens, il constitue, tout aussi bien que l’habitude de la manœuvre, un moment essentiel de l’instruction militaire. Nous voyons que le problème auquel nous avons affaire concerne le rapport entre des principes et des situations particulières. Or, le méthodisme fournit une réponse qui est, pour Clausewitz, la seule possible. Du moins, si nous mettons de côté le génie mili­taire qui ne s’apprend pas, les coups d’éclat, il nous reste ces règles qui sont susceptibles d’être enseignées. Rien ne dit qu’elles pourront s’appliquer à la situation qui nous attend demain, mais cela vaut mieux qu’une action faite à l’aveugle.

Dès lors, le méthodisme ne concerne pas le génie militaire ; il concerne peu les grades les plus élevés. Plus l’activité du juge­ment est grande, moins il a sa place. Le méthodisme n’est pas un carcan ; il ne donne pas des solutions toutes faites. Il permet un fonctionnement et constitue donc l’armée comme un instrument. On peut supposer que ce méthodisme est, d’une certaine façon, provisoire.

Tant que n’existe pas une théorie satisfaisante, capable de raisonner, le méthodisme continue à exercer, dans les hauts grades de la hiérarchie militaire, une autorité qu’il n’y devrait pas conserver32.

Cette citation permet d’établir le bilan que tire Clausewitz de son analyse et ce en suivant deux axes.

Le méthodisme est indispensable. Il structure en partie l’activité des armées. Il est donc quelque chose de positif et de nécessaire, relativement à notre connaissance actuelle de la chose militaire. Il fournit à la troupe des habitudes salutaires. Cependant, il n’est pas en lui-même acte de jugement puisqu’il produit des mécanismes et des habitudes. Ces derniers permet­tent d’éviter le pire, nous mettent à l’abri des erreurs les plus grossières et les plus tragiques.

Si le méthodisme n’est pas critiqué en lui-même, il faut néanmoins prendre garde à la façon dont il est considéré et à l’usage qui en est fait. Un général n’est pas général pour appli­quer mécaniquement les règles du méthodisme. Le général et le politique sont donc concernés par la théorie de la guerre. Si cette dernière ne dit pas comment faire la guerre, elle leur est pour­tant indispensable afin de ne pas se laisser enfermer dans des recettes toutes faites. Une telle démarche est incompatible avec leur statut et la libre activité de l’esprit requise par la guerre et si souvent rappelée par notre auteur.

Clausewitz détaille33 les routines qui s’instituent dans les états-majors, qu’il s’agisse de ceux de Frédéric, de la Révolution ou de Bonaparte. Le méthodisme devient recopiage aveugle, ce qui est tout à fait inacceptable à ce niveau du commandement. Il serait stupide de se demander si l’on doit être pour ou contre le méthodisme. Ce serait une mauvaise façon de poser le problème. En effet, il existe un niveau de l’action ou du commandement où il est absolument nécessaire d’avoir des moyens et des référents communs. Mais ce qui s’applique à ce premier niveau ne saurait valoir pour le commandement suprême. Il convient donc de s’interroger sur le domaine de validité du méthodisme. On com­prend alors très rapidement qu’il est nécessaire pour l’unité de l’action mais qu’il ne doit pas valoir comme règle pour les chefs suprêmes. Si tel était le cas, ils ne différeraient en rien de leurs troupes dans l’intelligence de la situation, ce qui reviendrait à dire que leur place dans la hiérarchie militaire serait en grande partie usurpée. On comprend donc que nous arrivons à un moment de la décision militaire où le choix effectué, tout en connaissant les règles du méthodisme, ne se résout pas par leur application aveugle.

Pour cette raison le méthodisme ne peut se comprendre que dans le cadre d’une théorie générale qui lui accorde la place qui lui revient. A cette seule condition, il est autre chose qu’une imitation servile. Si la guerre est un rapport violent entre des libres volontés, alors le commandement suprême se caractérise par une façon de faire personnelle et ne peut se résoudre dans une routine. En ce sens, il est inimitable. Il n’est pas question de bannir le méthodisme, du moins aussi longtemps que la théorie de la guerre est inachevée. Or cette théorie ne peut prévoir ou comprendre l’influence que le caractère général d’une guerre exerce sur les événements particuliers. Dès lors, s’il faut com­prendre les limites du méthodisme, il faut également saisir que son existence et sa nécessité sont la preuve des limites de la théorie de la guerre. A titre d’exemple34, Clausewitz dit que les guerres de la Révolution, avec la levée en masse, exigent des procédés particuliers. Il ajoute qu’aucune théorie ne pouvait prévoir le caractère spécifique de ces guerres. L’erreur que nous devons éviter consiste à reproduire des procédés alors que les circonstances changent. Nous sommes responsables de notre routine, de notre manque d’initiative, de notre aveuglement à la nature des circonstances. En revanche, on ne peut reprocher à personne de ne pas prévoir les circonstances futures ; aucune théorie ne le peut. C’est pourquoi le pouvoir de la théorie de la guerre réside dans la démonstration d’un certain nombre d’impossibilités. Ainsi, elle doit nous convaincre qu’il est inintelli­gent d’opérer de façon routinière. Sa fonction est critique dans la mesure où elle établit un ensemble d’erreurs objectives, qui tiennent à l’ignorance des faits et de l’objet guerrier. En ce sens, les conséquences de la mauvaise compréhension du méthodisme sont évidentes : nous sommes conduits à un appauvrissement de l’esprit qui conduit à la catastrophe militaire35. Le “coupable” n’est pas le méthodisme mais les individus.

Ces analyses sur la méthode et le méthodisme permettent de statuer sur la rationalité militaire et la guerre et ce de trois points de vue.

-          Clausewitz parvient à mettre en ordre, à donner sens à un sentiment que chacun possède à propos de la guerre. Il y a, initialement, une remarque de bon sens qui consiste à dire que nous ne savons pas avec certitude et que néanmoins nous avons besoin d’un type de certitude ou de repère. Nous nous doutons que la guerre n’est pas rigoureusement réductible à des calculs, que, même si la victoire est certaine, l’incertitude subsiste quant à son coût exact en efforts et en vies humaines. L’analyse des méthodes et du méthodisme répond de ce point de vue à nos attentes.

-          Pour que cette réponse soit possible, il faut toutefois que l’idée de méthode soit utilisée d’une façon bien particulière. En effet, cette idée n’est plus l’emblème d’une unicité de la raison mais de la diversité des phénomènes. Nous sommes conduits à parler des méthodes dans la mesure où le réel est divers et parce que la raison ne crée pas son objet. Dans cette perspective le méthodisme est capital parce qu’il permet de montrer que tout se joue dans le jugement des hommes, dans l’usage qu’ils savent faire des instruments qui leur sont donnés. On peut aisément sombrer dans le dogmatisme, par paresse ou soumission. Si tel est le cas, cette erreur est la nôtre ; les faits sont hors de cause. Dès lors, l’analyse de la méthode permet de rappeler la nécessité d’une théorie de la guerre. Cette dernière ne fragmente pas la raison en usages divers et variés sans rapport les uns avec les autres. Au contraire, elle souligne l’intelligence qui doit présider à l’usage de la raison, elle définit un champ de la rationalité qui est éminemment ouvert quoique nous désirions sa clôture.

-          Ainsi, la réflexion sur la guerre met en évidence une double liberté : celle des hommes dans l’espace même du conflit, celle de la réflexion sur le conflit et l’action. La première clôt définitivement, pour Clausewitz, la question d’une science ou d’un art militaires. La seconde fonde, au plus haut niveau, la liberté de décision et d’invention.

   

Notes:

 

       Clausewitz, De la guerre, Paris, Lebovici, 1989, p. 21. Les références seront systématiquement données dans cette édition.

       P. 15-sq., p. 21-sq. ; p. 25-sq.

       P. 145-sq.

       P. 149.

       Avant propos de la première édition, p. 17.

       Ibid.

       On peut penser à J. Locke, Essai sur l’entendement humain ; à David Hume, Enquête sur l’entendement humain.

       P. 26.

       P. 25.

10       P. 26.

11       Ibid.

12       P. 33.

13       P. 41.

14       P. 33.

15       Ibid.

16       P. 37.

17       Ibid.

18       P. 41.

19       P. 143.

20       P. 141.

21       P. 142.

22       P. 143.

23       P. 144.

24       P. 145-sq.

25       P. 146

26       Ibid.

27       C’est le cas, en particulier pour les préceptes tactiques : cf. p. 147.

28       P. 146.

29         P. 147.

30       Ibid.

31       Et ce, contrairement au titre de l’ouvrage de von Bülow, Esprit du système de la guerre moderne.

32       P. 150.

33       Ibid.

34       p. 151.

35       Ibid. Clausewitz cite l’exemple des Prussiens en 1806 qui ne surent se défaire de l’ordre oblique posé par Frédéric II dans d’autres circonstances.

 

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