POST TENEBRAS LUX : WERNER HAHLWEG

Jean-Jacques Langendorf

 

On peut affirmer sans exagération que Werner Hahlweg, avec ses éditions de texte, ses commen­taires critiques, ses études, a non seulement renou­velé - et considérablement élargi - la connaissance que nous avons de Clausewitz, mais qu’il a également ouvert des perspec­tives nouvelles à l’historiographie militaire allemande, et pas uniquement allemande. Si son labeur, qui s’est étendu sur plus de cinquante ans, lui a permis de défricher des champs divers, il en est un qui a retenu toute son attention et qui a constitué la grande passion - le mot n’est pas trop fort - de son existence : l’édition et l’étude des œuvres de Clausewitz.

Comme tant de familles prussiennes, celle de Hahlweg1 n’est pas autochtone mais, provenant à l’origine des Pays-Bas, elle s’est établie dans la région de Dantzig. Il s’agit d’un milieu mili­taire, le grand-père paternel ayant servi dans un bataillon de chasseurs poméraniens, alors que son père exerça les fonctions de médecin militaire, d’abord auprès des troupes allemandes stationnées en Afrique du sud-ouest, ensuite auprès du 1er régiment de la Garde à pied se trouvant à Potsdam. Après 1908, il quitta l’armée, ouvrit un cabinet à Berlin mais reprit du service au début de la guerre pour s’établir, la paix revenue, à Dantzig. C’est là que son fils, né à Berlin le 29 avril 1912, fit ses études secondaires et passa son baccalauréat. L’ambiance très particulière de la cité libre exerça une forte influence sur lui, sa première étude, publiée dans une revue locale d’histoire, portait d’ailleurs sur le peintre d’histoire militaire von Höwel, originaire de cette ville. En 1931, il s’inscrivit à l’université de Tubingen, mais se rendit presque aussitôt à Vienne. L’Autriche, ou plutôt ce qui restait de la vieille Autriche, a toujours fasciné Hahlweg qui, jusqu’à sa mort, est demeuré un fidèle de l’ancienne capitale impériale, fréquentant assidûment ses bibliothèques aux ressour­ces multiples, entre autres celle, tout à fait remarquable, des Archives de la Guerre, où il était sûr de trouver ce que les bibliothèques allemandes, détruites ou mutilées au cours de la Deuxième Guerre mondiale ne pouvaient lui offrir. Tout en suivant les cours de l’université - avec pour point fort l’histoire - il devint membre associé de l’Institut autrichien pour la recherche historique, où il se familiarisa avec l’étude critique des sources, Mais, parallèlement, il travaillait à l’Arsenal, qui abrite les riches collections du Musée d’histoire militaire (“Heeresges­chichtlichesmuseum”), se familiarisant avec les armes et les uniformes des diverses époques, domaine dans lequel il ne tardera pas à s’affirmer comme un spécialiste éminent. Entre 1934 et 1939, il publia dans diverses revues de nombreuses études consacrées surtout aux uniformes, aux armes, à Dantzig ou à la muséologie militaire. Il assista aux événements de février 1934, qui virent à Vienne l’écrasement des socialistes.

Ce déchaînement de violence le poussa à s’interroger sur la relation qu’entretiennent entre elles guerre et politique, ce qui, par la force des choses, l’amena à une lecture attentive et passionnée du Vom Kriege de Clausewitz. Installé à Berlin, il devint membre de la société allemande des sciences militaires (“Deutsche Gesells­chaft für Heereskunde”) qu’il présidera à partir de 1963. Il suivit également les cours de Walter Elze, détenteur de la chaire d’histoire militaire à l’université Frédéric-Guillaume, qui avait été l’élève de Hans Delbrück. Mais il élargit encore considérable­ment son horizon intellectuel en s’adonnant à une étude intensive de la philosophie, En 1936, il soutint sa thèse sous la direction de Elze. Elle a pour sujet l’organisation militaire de la ville de Dantzig entre 1474 et 1793. Aussitôt après, il travailla dans les ateliers de l’arsenal de Berlin, en tant que spécialiste des armes d’infanterie et l’artillerie. À Vienne déjà, il avait acquis la conviction que dans l’histoire militaire tout se tient, que chaque détail possède son importance et que les hautes spéculations philosophiques d’un Clausewitz ne doivent pas nous détourner du mécanisme d’un mousquet ou de la fonction d’un percuteur. Toujours guidé et encouragé par Elze, il publia en 1941 son doctorat d’État (“Habilitation”) soutenu en 1939, une œuvre magistrale et fondamentale qui ouvrit de nouvelles voies à la recherche : La réforme de la maison d’Orange et l’Antiquité2.

En septembre 1939, il fut mobilisé et versé dans une unité d’artillerie stationnée à Spandau. Paradoxalement, il n’avait pas effectué de service militaire auparavant, n’ayant participé qu’à quelques exercices afin de se familiariser avec l’armement le plus récent. Il prit part à la campagne de France puis fut rappelé à Berlin afin de pouvoir y donner sa leçon inaugurale. Promu lieutenant début 1942, il fut ensuite détaché auprès de l’adminis­tration du matériel de guerre où il dirigea un groupe chargé de développer et d’essayer des armes nouvelles. Après la guerre, il n’assuma plus aucune fonction jusqu’en 1950, époque où on lui offrit un poste d’assistant adjoint (!) à l’université de Münster en Westphalie. Peu après, il devint chargé de cours pour l’histoire, puis fut nommé professeur d’histoire en 1957. Si l’accent était mis exclusivement sur l’histoire “à l’état pur”, c’est parce qu’à cette époque il était interdit d’enseigner l’histoire militaire dans les universités allemandes. Hahlweg axa ses cours sur la maison d’Orange, sur Guillaume III et sur Louis XIV, sur la guerre de Succession d’Espagne, sur la Révolution française ou Napoléon Ier. Mais progressivement, d’abord par la petite porte, et ensuite par la grande, il fit entrer l’histoire militaire, y compris la technique de l’armement, dans l’amphithéâtre. Ce qui lui vaudra, au lendemain de mai 1968, un afflux de nouveaux étudiants, des gauchistes désireux de s’initier aux mystères de la grenade ou du fusil-mitrailleur, afin de préparer par la lutte armée les lendemains qui chantent ! Hahlweg n’avait d’ailleurs pas attendu les frémissements maoisto-trotskystes pour s’inté­resser à la pensée militaire des grands révolutionnaires. En 1954 déjà - alors que le sujet était encore très neuf - il publia une étude consacrée à “Lénine et Clausewitz3 qui sera suivie de nombreu­ses autres, qu’il s’agisse du voyage de Lénine à travers l’Allema­gne en 19174, de “Clausewitz, Lénine et les attitudes militaires communistes d’aujourd’hui5, du “Socialisme et la science militaire chez Frédéric Engels6, de “Science militaire, théorie militaire et histoire militaire chez Marx et Engels7, de “Marx et Engels et le problème de l’armée8. Il éditera également, dans la même perspective, les sources allemandes relatives au voyage de Lénine ainsi que celles concernant la paix de Brest-Litowsk.

Un autre problème sur lequel se concentra Hahlweg fut celui de la guérilla et du terrorisme. Citons “Aspects et manifestations de la guérilla hier et aujourd’hui9, “Expériences de guerre au Vietnam et leur utilisation pour l’Europe10, “L’évaluation de la guérilla moderne et son appréciation politico-sociale11, “Les conceptions des mouvements de guérilla arabes vues à travers les publications palestiniennes12, “Guérilla urbaine”13, “Essence et fonction de la guérilla moderne14, “Fondements théoriques de la guérilla moderne et du terrorisme15. Trois ouvrages couronnent cette réflexion, la Typologie de la guerre moderne16 et Les maîtres de la petite guerre. De Clausewitz à Mao Tsé-Toung et Che Guevara17. Quant à Guérilla, guerre sans frontières, il constitue une somme particulièrement remarquable en raison de l’exten­sion donnée au sujet, comme en témoigne la bibliographie, Hahlweg se penchant sur les différentes formes prises par la guérilla, ainsi que ses théoriciens, à partir du xviiie siècle.

Mais ces intérêts variés, débouchant sur tant de travaux, ne constituaient en fait que le péristyle au grand’œuvre de Hahlweg, à savoir l’édition des textes, inédits ou non, de Clause­witz et l’étude de la pensée du philosophe de la guerre. Hahlweg s’était, nous l’avons vu, intéressé très tôt à cette dernière ; toutefois l’impulsion décisive, qui devait l’orienter vers l’étude approfondie et systématique des travaux du Prussien, vint de l’éditeur Dümmler qui, à partir de 1833, avait publié - très incom­plètement - les œuvres posthumes du général. Hahlweg fut chargé d’éditer la 16e édition du Vom Kriege, qui parut à Bonn en 1952. Il la dota d’une importante préface et de nombreuses annotations. Alors que toutes les éditions précédentes se signa­laient par leur insuffisance, celle-ci allait devenir l’instrument de travail indispensable, qui se perfectionna encore avec le 17e édition de 1966 et la 18e de 1972, En 1966, Hahlweg publia également le 1er volume des Écrits, essais, études et lettres18 de Clausewitz, mais il mourra avant d’avoir pu assister à la publication du second19. Inutile de dire que ces volumes, qui comptent environ 2 000 pages de textes inédits, permettent non seulement de nous faire une image nouvelle de Clausewitz, mais confèrent également une dimension inédite à ses réflexions. Le premier volume contient, entre autres, le mémoire Sur les opérations futures de la Prusse contre la France, rédigé en 1807-1808 et les considérables (400 pp.) Leçons sur la petite guerre que Clausewitz professa à l’École de Guerre de Berlin en 1810-1812. Dans le second volume, on trouve la correspondance Clausewitz-Gneisenau échangée entre 1812 et 1831, une première version du Vom Kriege, des mémoires et des travaux d’histoire militaire, ainsi qu’un historique des fonds Clausewitz.

Les inédits de Clausewitz n’en finissent plus de surgir d’un véritable tonneau des Danäides et Hahlweg, dans sa préface au deuxième volume, rédigée en décembre 1988, quelques mois avant sa mort, signale l’apparition de nouveaux manuscrits, comme les Leçons du colonel von Scharnhorst Berlin, hiver 1804-1805, les Notices sur le service d’état-major 1811-1812 et les Notices sur la petite guerre présentée par le commandant von Clausewitz à l’hiver 1811-1812, ces deux derniers manuscrits étant des notes de cours prises par le beau-frère du conférencier, le comte von Brühl. Et, depuis lors, d’autres textes sont encore apparus...

Un des grands rêves de Werner Hahlweg aurait été de rédiger, “dans sa troisième vie”, comme il disait, la biographie, physique et intellectuelle, de Clausewitz, qui fait défaut. Mais l’édition des textes, avec l’énorme appareil critique qu’elle impliquait, qui se faisait de plus en plus absorbant à mesure que sa santé se dégradait, finit par lui ravir tout son temps. Il dut se contenter de nous donner un petit Clausewitz Soldat-Politicien-Penseur20 dont le contenu, concentré et intelligent, nous fait d’autant plus regretter qu’il n’ait pu mener son projet à bien.

Les étudiants de Hahlweg se plaisaient à louer sa disponi­bilité et son ouverture d’esprit. Ils trouvaient chez lui un accueil chaleureux et il acceptait de diriger toutes les thèses, celles souvent rejetées par ses collègues qui trouvaient - bien à tort - leurs sujets trop saugrenus, ainsi par exemple lorsqu’il s’agissait de la technologie des armes d’infanterie au début du XIXe siècle. D’ailleurs sa magnifique collection d’armes, comme sa splendide bibliothèque, leur étaient toujours ouvertes. Mais il y avait quelque chose d’autre, encore, quelque chose de singulier chez lui, qui mérite d’être relevé, Hahlweg, célibataire endurci, était un de ces savants comme le xixe siècle allemand en a tant produits et qui appartenaient à une race aujourd’hui disparue. Ne vivant que pour “son” Clausewitz et pour sa science, ne songeant qu’à accroître sa collection d’armes et sa bibliothèque, dépourvu de toute ambition de carrière, et apparemment de tout besoin matériel parce que déconnecté par rapport au monde, il offrait plus les apparences d’un miséreux que celles d’un respectable “Herr Professor”, ce qui lui valait une grande popula­rité auprès des étudiants, sans que nulle trace de démagogie ne s’en mêlât.

Je l’ai bien connu ! En son temps, le général von Brandt nous a laissé un portrait très personnel de Clausewitz, alors qu’il était directeur administratif de l’École de guerre de Berlin. Une bénédiction pour la postérité car sans lui nous ne saurions ce qu’a été le Clausewitz en chair et en os. En pensant à ces esquis­ses, c’est l’image de Hahlweg qui me revient, intensément. Je le revois à Vienne dans la bibliothèque des Archives de la Guerre, installées à l’époque dans la somptueuse caserne baroque de la Stiftskaserne. C’était là un de ses lieux de prédilection, car il y trouvait ce que l’Allemagne, aux bibliothèques mutilées et brûlées, ne pouvait plus lui fournir. Mais il y trouvait encore autre chose - et que j’y trouvais aussi et qui me ravissait - le “Parfum” de l’armée de l’ancienne monarchie. J’ai encore à mes oreilles sa diction prussienne d’Ancien Régime, de nos jours définitivement perdue, et son visage, lui aussi si fondamentale­ment prussien qu’il semblait sorti de tableau représentant les généraux victorieux de 1866 ou de 1870-1871. Mais je me sou­viens également des discussions que nous avons eues et qui nous amenaient fort avant dans la nuit. Hahlweg n’était nullement rongé par le “tic du spécialiste”. Plus il avançait dans ses travaux et plus il relativisait l’importance de Clausewitz par rapport à Rühle von Lilienstem, à von Lossau, à von Valentini, à Menu de Minutoli ou à Jomini. Pour lui, il s’agissait là d’un vaste courant de pensée qui s’était développé à partir des guerres de la révolu­tion et napoléoniennes, dont Clausewitz était un des représen­tants parmi d’autres. Il me parlait aussi de la manière dont il envisageait sa biographie de Clausewitz, qui aurait été un fresque impressionnante de tous les courants de la pensée militaire prussienne de l’époque. Mais, hélas, cette “troisième vie”, dont il avait annoncé le début, a été bien trop brève pour lui permettre d’aborder cette tâche.

En définitive, Werner Hahlweg a conservé une candeur et une faculté d’enthousiasme qui lui a permis d’abolir toute distance entre lui-même et les personnages, ou sujets, qu’il étudiait. Sa vie durant, il a été un homme du début du xixe siècle avec des traits de caractère qui l’apparentaient à Clausewitz.

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Notes:

 

       Pour la biobibliograplie de Hahlweg, cf. Dermot Bradley, “Professor Dr. Werner Hahlweg. Eine Würdigung zur Vollendung seines 65. Lebensjahres am 29. April”, Militärgeschichte, Militärwissenschaft und Konfliktforschung. Herausgegeben von Dermot Bradley und Ulrich Marwedel, Osnabrück, Studien zur Militärgeschichte, Militärwissenschaft und Konfliktforschung N° 15, 1977.

       Die Heeresreform der Oranier und die Antike. Studien zur Geschichte der Niederlande, Deutschlands, Frankreichs, Englands, Italiens, Spaniens und der Schweiz vom Jahre 1589 bis zum Dressigjähringen Kriege, Berlin, Schriften der kriegsgeshichtlichen Abteilung im Historischen Seminar der Friedrich-Wilhelms-Universität Berlin, Heft 31, 1941.

       “Lenin und Clausewitz. Ein Beitrag zur politischen Ideengeschichte des 20. Jahrhunderts”, Archiv für Kulturgeschichte, vol. XXXVI, 1954.

       “Lenins Reise durch Deutschland im April 1917”, Viertelsjahreshefte für Zeitgeschichte, 5e année, 1957.

       “Clausewitz, Lenin and the Communist military attitude today”, Journal of the Royal United service Institution, vol. CV, 1960, 618. À ma connaissance, c’est la seule étude de Hahlweg qui ait été traduite en français : “Clausewitz, Lénine et les attitudes militaires communistes d’aujourd’hui”, Revue de défense nationale, Paris, 1961.

       “Sozialismus und Militärwissenschaft bei Friedrich Engels. Mit einem unveröffcentlichen Engels-Manuskript”, Friedrich Engels 1820-1870. Referate-Diskussionen-Dokumente, Hanovre, Schriftenreihe des Forschungs-Instituts der Friedrich-Ebert-Stiftung, vol. 95, 1971.

       “Militärwissenschaft, Militärtheorie und Militärgeschichte bei Marx und Engels”, Österreichische Militärische Zeitschrift, 4, 1973.

       “Marx und Engels und die Probleme des Militärwesens”, Allgemeine Schweizerische Militärzeitschrift, 1975.

       “Aspekte und Erscheinungsformen des Kleinkrieges in Geschichte und Gegenwart”, Allgemeine Schweizerische Militärzeitung, 1968.

10       “Kriegserfahrung in Vietnam und ihre Anwendbarkeit auf Europa”, Wehrwissenschaftliche Rundschau, 1968.

11       “Zur Einschätzung des modernen Kleinkrieges und seiner gesells­chaftspolitischen Einschätzung”, Allgemeine Schweizerische Militärzeitung, 1971.

12       “Konzeptionen arabischer Guerillabewegungen im Spiegel palästinen­sischer Veröffentlichungen”, Wehrforschung, 1972.

13       “Stadtguerilla”, Allgemeine Schweizerische Militärzeitschrift, 1973.

14       “Wesen und Funktion der neuzeitlichen Guerillakrieges”, Wëhrfors­chung, 1975.

15       “Theoretische Grundlagen der modernen Guerilla und des Terroris­mus”, Politik durch Gewalt. Guerilla und Terrorismus heute, Bonn, Beiträge zur Wehrforschung, vol. XXV, 1976.

16       Typologie des modernen Kleinkrieges, Wiesbaden, Institut für Europäische Geschichte, Vorträge 46, 1967.

17       Lehmeister des kleinen Krieges - Von Clausewitz bis Mao Tse-Toung und Che Guevara, Darmstadt, Beiträge zur Wehrforschung, vol. XVIII-XIX, 1968.

18       Carl von Clausewitz, Schriften-Aufsätze-Briefe. Dokumente aus ôffentli­chen und privaten Sammlungen, Göttingen, Deutsche Geschichtsquellen des 19. und 20. Jahrhunderts. vol. 45, 1966.

19       Carl von Clausewitz, Schriften-Aufsâtze-Studien-Briefe : Dokumente aus dem Clausewitz, Scharnhorst - und Gneisenau-Nachlass sowie aus öffëntlichen und privaten Sammlungen, Göttingen, Deutsche Geschichts­quellen des 19. und 20. Jahrhunderts, vol. 49, 1990.

20       Werner Hahlweg, Clausewitz. Soldat-Politiker-Denker, Göttingen, Persönlichkeit und Geschichte, Bd. 3, 1957 et 1969.

 

 

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