Stratégique n°129 – Ukraine : le retour au réel

Image

 

Numéro épuisé

Martin Motte Éditorial
Georges-Henri Soutou, de l’Institut La grande rupture
Martin Motte Chroniques du grand isthme : origines et enjeux géopolitiques de la guerre en Ukraine
Dimitri Minic Guerre en Ukraine : l’obsession fatale du contournement de la lutte armée
Olivier Zajec Événements et époques du monde : la dimension atomique de la guerre d’Ukraine
Joseph Henrotin Les opérations terrestres en Ukraine : la guerre conventionnelle parfaite ?
Jérôme de Lespinois La guerre aérienne en Ukraine : guérilla ou guerre de haute intensité ?
Joseph Henrotin Les opérations navales durant la guerre d’Ukraine
Pierre Vallée La guerre cyber en Ukraine
Frédéric Dessberg La Pologne face à la guerre en Ukraine : l’héritage du XX e siècle et l’expérience de l’insécurité
Mathieu Chillaud Le verrouillage de la Baltique par l’Euro-atlantisme : conséquences inattendues et effets espérés de la guerre en Ukraine
Gaïdz Minassian Les interactions entre la guerre en Ukraine et le Caucase du Sud
Tancrède Josseran Garder la bonne distance : la Turquie face au conflit russo-ukrainien
Varia
Hugo Tierny Le déni d’accès chinois face à Taïwan : une recherche de profondeur stratégique hors-limites (1949-2020)
Actualités de la stratégie – Notes de lecture
Résumés
Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Stratégique n°129 – Ukraine : le retour au réel

Introduction : Essai de définition d’un mythe

Stéphane Faudais

Cette forme de guerre subversive revisitée par les communistes est une synthèse de la pensée militaire et de la pensée révo­lutionnaire, de l’action guerrière et de l’action révolutionnaire[1].

Cette définition de la guerre révolutionnaire par Jacques Hogard est une mise en abyme des débats stratégiques de la fin des années 1950 et cet « en-même temps » lexical nous aide assez peu à dissiper certains malentendus.

Pour beaucoup de ses exégètes, de tous les continents et toutes les nationalités d’ailleurs, la guerre révolutionnaire est en effet la quin­tessence de la guerre subversive. Guérilla, guerre subversive, guerre révolutionnaire : les mots n’ont cependant pas le même sens et on les prend souvent l’un pour l’autre. Tout le monde, tacticiens, stratèges et politistes, ne s’entend d’ailleurs pas sur ces termes. Le mot même de révolution n’a pas les mêmes acceptions en Russie et en France, par exemple. Chez les uns, elle est une guerre républicaine ; chez les autres, une guerre communiste.

Les buts de guerre des belligérants dans la guerre dite « classique » ou « régulière » sont connus, généralement précis et limi­tés. En revanche, la guerre révolutionnaire, comme la révolution elle-même, a des buts de guerre très larges et elle touche à des champs variés ; ses buts de guerre peuvent paraître ambigus. Cependant, ceux-ci sont parfaitement clairs : le pouvoir complet sur les corps et les esprits. Elle ne vise pas nécessairement la conquête d’objectifs mili­taires, mais le contrôle des populations est un objectif majeur.

Ainsi, l’asservissement des masses est à la fois le but et le moyen. Il s’agit simultanément de dissoudre la société ancienne en l’attaquant de l’intérieur et de construire une société nouvelle, jusqu’à ce que la seconde subvertisse la première : il s’agit d’un vrai remplace­ment idéologique, politique, voire religieux dans certains cas.

Marie-Catherine Villatoux nous aide à mieux percevoir les nuances de cette guerre, mal connue en somme :

La guerre révolutionnaire est une forme de guerre. Elle est une guerre de nature hétérogène, car elle est une combinaison d’action politique, de tactiques traditionnelles, de guérilla (mode d’action privilégié : le harcèlement), et de surprise[1].

Cette définition de la guerre révolutionnaire est des plus pré­cises : elle parle de théorie et de pratique. Elle possède sept caractères généraux :

1)    la guerre révolutionnaire se présente comme une lutte politico-militaire de complexité et d’envergure croissantes. Elle s’exerce dans un domaine infiniment plus vaste que la guerre classique, selon un principe physique de dilatation.

2)    la guerre révolutionnaire est une « guerre totale ». Il nous faudra revenir sur la définition de cette dernière.

3)    il s’agit-là d’une affaire de « dosage de la recette » de la guerre classique dont la quantité de certains « ingrédients » est modifiée. L’aspect psychologique par exemple. Pour Philippe Masson[2], la révolution de la guerre n’existe pas ; Hogard a tort. Pour fabriquer du pain : eau, farine, levure. Pour faire la guerre : les mêmes éléments tactiques et straté­giques, les mêmes principes fondamentaux et les mêmes procédés. Cela reste à attester.

4)    la guerre classique ou régulière a besoin d’un front, même s’il n’est pas continu. Dans une guerre révolutionnaire, le front disparaît et il devient, la plupart du temps, immatériel.

5)    l’idée est souvent avancée que la guerre révolutionnaire est une guerre « de surface » ou « en surface », dans la mesure où les caractères profonds de la guerre sont oubliés.

6)    dans la guerre révolutionnaire, l’avant se superpose aux arrières. Insistons sur ce point : il s’agit bien d’une super­position et non d’une confusion.

7)    et dernier caractère : comme l’affirme Philippe Masson, la guerre révolutionnaire met en défaut l’adage d’après lequel il faut « avoir l’armée de sa politique »[3]. Ainsi, Mao avait peu de moyens armés en 1947 et pourtant, il a atteint ses objectifs révolutionnaires. Ce serait la preuve, en creux, que le rapport de force se joue dans d’autres champs que le champ purement militaire.

*
*     *

Pour compléter cette définition, citons à nouveau Mao :

L’infériorité matérielle n’est pas grave, ce qui compte, c’est la mobilisation populaire[4].

Dans la guerre classique ou régulière, la concentration des efforts sert la plupart du temps à détruire matériellement l’adversaire en particulier par la violence, le choc et le feu, dans tous les milieux. Dans la guerre révolutionnaire, ce qu’il y a d’original, ce sont les lignes d’opérations d’ordre immatériel ; la violence n’est pas le truchement privilégié, au moins au début de la guerre. Les révolutionnaires modi­fient voire inversent le rapport de force grâce à leur puissance de conviction et d’influence, de pression, tous azimuts, dans de nombreux domaines : politiques, militaires, diplomatiques, économiques ou sociaux.

« Le peuple doit être le grand océan dans lequel l’ennemi se noiera » affirme toujours Mao. La guerre révolutionnaire vise la noyade, la suffocation, le remplissage des poumons et des esprits. Une métaphore aquatique ou marine fréquente dans ses écrits.

Est-elle pour autant une guerre d’un nouveau genre ? Six points peuvent être évoqués pour répondre à cette question.

  • le concept de guerre révolutionnaire embrasse largement des domaines de la tactique, de la stratégie et de la politique.
  • la guerre révolutionnaire bouleverse la forme et les condi­tions de la guerre ; c’est l’avis de Jacques Hogard :

Son mécanisme et ses règles sont suffisamment neufs et effi­caces pour qu’il y ait, en plus de la “guerre de la révolution”, une révolution dans l’art de la guerre qui se manifeste dans la conduite de toutes “les guerres révolutionnaires locales” actuelles[5].

Nous reviendrons sur le point de vue de Hogard. Une fois apprécié le jeu de mot facile – guerre révolutionnaire et révolution de la guerre –, il nous faut comprendre cette assertion, qui s’appuie sur le retour d’expérience des conflits qui lui sont contemporains en Extrême-Orient et dont les leçons sont reprises en Algérie : la guerre, que l’on peut comparer au drame classique (unité de temps, de lieu et d’action) se trouve bouleversée par l’irruption de facteurs nouveaux modifiant le temps, le lieu et l’action. L’ordre, au sens de l’ordo liturgique, de la guerre serait donc modifié.

  • nous l’avons vu, c’est Mao lui-même qui fixe une définition et une doctrine de la guerre révolutionnaire dans les années 1930. Puis, la fin de la seconde guerre mondiale marque le début de réflexions et de débats doctrinaux. La publication en français de la prose de Mao, en 1951, permet l’actuali­sation de son expression.
  • l’école française des années 1950-1960 est aussi très prolixe autour des théoriciens que sont Hogard, Némo[6], Lacheroy[7] et aussi Trinquier[8]. Elle est largement employée par certains officiers français qui considèrent que la révolution, principe éminemment politique, est désormais appliquée et plus seule­ment applicable, au fait militaire, tactique et stratégique.

Politiquement, la guerre révolutionnaire est, il faut le préciser d’emblée, intimement liée à la lutte communiste et contre le commu­nisme. Comme l’écrit très bien Denis Leroux :

Les officiers construisent peu à peu l’instrument de leur riposte : un répertoire de techniques de persuasion politique, d’ingénierie tactique et stratégique, et de coercition sociale s’appuyant sur la vision d’une lutte irréductible opposant l’Occident et le communisme[9].

  • pour autant, la guerre révolutionnaire trouve ses racines historiques, tactiques et stratégiques, bien avant la seconde moitié du xxe siècle, où le concept devient à la mode : les guerres de Vendée, mais aussi la guérilla espagnole sous Napoléon Ier. Le général Turreau organise ses « colonnes infernales » de janvier à mai 1794 ; après la prise de la ville de Bressuire le 24 février 1794, Stofflet fait achever les blessés et massacrer les prisonniers et les malades républi­cains.

Sixième et dernier point : si l’on réfléchit en termes de centre de gravité, celui-ci, dans la guerre révolutionnaire, ne porte plus ni sur l’ennemi ou l’adversaire, ni sur le terrain, mais bien sur la population, qu’il faut impérativement contrôler pour vaincre. La victoire straté­gique est donc liée à la masse civile et non plus à une quantité faci­lement dénombrable de militaires. Il s’agit donc de la convaincre, de l’influencer voire de l’intoxiquer.

La déception, mise en scène par le Caravage, revient à la mode : Judith vainc Holopherne par l’intelligence et non par la force[10].

Il est un élément supplémentaire qui mérite d’être étudié avec soin : le terrain. Car, dans la guerre révolutionnaire, la notion de terrain dépasse le seul cadre géographique. Elle confond les deux paragraphes de l’étude du « où ? » – terrain et population – de la méthode d’éla­boration des ordres en en créant un nouveau : le « terrain-population », selon Masson[11].

Certes la valeur stratégique d’un point au sens topographique demeure. Cependant, dans la guerre révolutionnaire, elle ne prend un sens et une valeur complets qu’en rapport avec la population qui s’y trouve. C’est ce que dit Mao dans sa célèbre comparaison avec le guerrier manchot :

Dans notre guerre, le peuple armé et la guérilla d’une part, l’Armée rouge en tant que force principale d’autre part, cons­tituent les deux bras d’un même homme. Une Armée rouge sans l’appui de la population en armes et de la guérilla serait un guerrier manchot[12].

*
*     *

En étudiant la guerre révolutionnaire, on peut avoir l’impression, dit François Dieu, qu’elle est une « guerre fourre-tout »[13]. Pour préciser encore notre sujet, accolons quelques épithètes au substantif « guerre ».

La guerre révolutionnaire, une guerre populaire ?

Pour Clausewitz :

La guerre populaire, quelque chose de vaporeux et de fluide, ne doit se concentrer nulle part en un corps solide : sinon l’ennemi envoie une force adéquate contre le noyau et le brise[14].

Il est intéressant de noter la notion de concentration, qui vient compléter l’application des principes de la guerre évoqués précé­demment. La population est pour l’organisation révolutionnaire à la fois une base logistique, un camp retranché et une source de légitimité.

La guerre révolutionnaire, une guerre hybride ?

Un terme somme toute à la mode : les moteurs, la stratégie, la guerre, sont hybrides. Cette notion dont on pourrait vite se méfier prône elle aussi un « en même temps » ou un « tout est dans tout », qui peut paraître à certains, finalement, comme un non choix[15]. La stratégie hybride – et nous en tirons des conclusions stratégiques –, selon la définition arrêtée par l’État-major des armées, très pertinente, peut être définie en quelques points.

Elle vise tout d’abord à contourner ou affaiblir quatre notions que nous avons évoquées : la puissance, l’influence, la légitimité et la volonté adverse.

La stratégie hybride met en œuvre une combinaison intégrée de modes d’actions militaires et non-militaires, directs et indirects, licites ou illicites, souvent subversifs, ambigus et difficilement attribuables : attaques cyber, mesures économi­ques, désinformation, déstabilisation, manœuvres d’intimida­tion, actions par procuration. Cette approche permet la sur­prise, facilite l’obtention de gains – politiques, territoriaux, économiques – tant que le seuil estimé par l’adversaire comme déclencheur de notre réaction n’est pas franchi. Cette stratégie peut être employée dans le cadre d’une gestion volontaire d’escalade[16].

À coup sûr, la guerre révolutionnaire est une guerre hybride.

La guerre révolutionnaire est-elle une guerre du faible au fort ?

La guerre du faible au fort vise un triple déséquilibre :

  • D’ordre physique : absence de prépondérance du feu, volonté d’empêcher le contrôle des espaces communs, dispersion de l’action, imbrication du conflit au sein des populations, utilisa­tion des médias et de la propagande.
  • D’ordre conceptuel : la guerre révolutionnaire n’est pas réseau-centrique par certains aspects ; son approche n’est pas « ma­nœuvrière » au sens classique du terme ; elle est une guerre d’attrition ; elle vise la suffocation et non le choc mortel.
  • De l’ordre de la volonté ou des volontés : le rythme des opérations n’est pas élevé, il tend même vers l’atonie ; la cam­pagne ne peut être courte, même si du côté des contre-révolu­tionnaires, il faut qu’elle le soit, car le soutien de la population est fragile et s’étiole ; la volonté de combattre est très forte des deux côtés. La guerre révolutionnaire est une guerre de survie, une guerre qui dure, une guerre qui use.

Ils posent la question de la notion même de « force », qui est une notion très occidentale. Les armées occidentales seraient donc toujours les armées « fortes » ? Il s’agit-là d’un abus de langage; cette expres­sion aboutit à un certain mépris à l’égard du rebelle en général. C’est le point de vue de Trinquier.

La guerre révolutionnaire est-elle une guerre totale ?

Oui, à coup-sûr. La guerre totale, rappelons-le, possède trois dimensions, trois pieds solides garants de stabilité :

  • Une dimension matérielle, liée à la guerre industrielle et à l’économie de guerre, mais aussi à la guerre de masse et la mobilisation de toute la société.
  • Une dimension psychologique : encadrement et contrôle de l’opinion, souffrances endurées par la population civile et surtout, consentement et acceptation de la guerre.
  • Une dimension combattante : violence brute, nombre important des pertes militaires, conditions de combat rustiques, instru­mentalisation des pertes civiles, « industrialisation » des com­bats, guerre d’usure et d’épuisement.

La guerre révolutionnaire peut être présentée comme une guerre totale parce qu’elle tend à mobiliser l’ensemble des ressources mili­taires, économiques et morales pour vaincre l’adversaire, mais aussi parce qu’elle se caractérise par sa prépondérance idéologique et sa dimension humaine.

Ainsi, la notion de guerre totale renvoie à l’idée selon laquelle l’être humain, pris anonymement comme partie intégrante d’une foule, représente un objectif stratégique, comme peut l’être une colline ou un pont sur une carte.

La guerre révolutionnaire est-elle une guerre irrégulière ?

« Invisible, fluide, insaisissable » selon le colonel Trinquier, l’ennemi mène une guerre souterraine et n’apparaît au grand jour, surprenant son adversaire, que lorsqu’il est certain de la victoire. Le colonel Bonnet compare cet ennemi « par sa faiblesse simulée, son ingéniosité déroutante », à un judoka qui, utilisant la force de son adversaire pour le terrasser, ne « recule devant aucun Hercule ». Raymond Aron conclut :

L’ingéniosité et la résolution peuvent souffler au faible le secret d’une résistance durable, sinon victorieuse[17].

Le paradoxe de la guerre révolutionnaire est que le faible se trouve dans une position défavorable mais privilégiée, entraînant son ennemi sur un terrain qui risque fort de se dérober sous ses pieds, dans un combat aux règles différentes, affirme François Dieu. Le colonel Némo écrit :

Les Français étaient en Indochine indiscutablement plus forts et mieux instruits sur le plan technique que ne l’étaient leurs ennemis. Pourtant, le certificat d’études et le peloton des élèves caporaux chez ceux-ci ont vaincu l’agrégation et l’École de Guerre chez ceux-là[18].

L’École de Guerre, rendue trop facilement responsable des défaites militaires, a en tous cas pris en compte, dans l’enseignement de ces dernières années, les invariants stratégiques de ce type de guerre.

*
*     *

On voit donc, dès ces éléments introductifs, qu’avec la guerre révolutionnaire, la guerre change de paradigme, en théorie certainement et en pratique sans doute. Trois termes peuvent résumer ces variations : le temps long, la réalité et le tout.

Sur les échelles du temps et de l’espace, cette guerre oblige les belligérants à privilégier le long terme ; il s’agit aussi de donner la priorité aux processus par rapport aux résultats immédiats.

Par ailleurs, la réalité est plus importante que l’idée : le pragma­tisme s’impose aux révolutionnaires et la mise en œuvre des idées révolutionnaires importe plus que tout.

Enfin, le tout est supérieur à la partie : bien commun et solidarité sont des maîtres-mots ; « s’oublier soi-même pour une cause com­mune », telle pourrait être la devise révolutionnaire.

Du point de vue ontologique, la guerre révolutionnaire s’oppose à la guerre juste et loyale. Elle vient à l’encontre d’une conception occidentale de la guerre, parfois naïve, dont les racines puisent de leur vigueur dans la geste chevaleresque. Elle est une guerre avec peu de limites, voire sans limites. Sa conception asiatique vient bouleverser certaines de nos certitudes stratégiques.

La notion de restrictions, de tous ordres – en particulier tactique et stratégique, mais aussi juridique, moral, psychologique et social – est questionnée sans cesse, voire remise en question, à dessein d’ailleurs par les partisans de la guerre révolutionnaire, qui, en amenant leur adversaire sur leur terrain, matériel et immatériel, savent que le choc stratégique sera surtout un choc culturel, voire civilisationnel.

La question du mythe est un autre débat : le mythe de la guerre révolutionnaire est à coup sûr une construction de l’esprit qui donne confiance et incite à l’action, chez ses partisans.

La guerre révolutionnaire est aussi une représentation tradi­tionnelle idéalisée qui permet de conformer ses idées.

Elle est enfin et surtout l’expression allégorique d’une idée abstraite – la révolution – mise en pratique par la guerre.

 

[1]        Marie-Catherine Villatoux, « Hogard et Némo. Deux théoriciens de la “guerre révolutionnaire” », Revue historique des armées 232, 2003, p. 20‑28.

[2]        Philippe Masson, « Guerre totale », Dictionnaire de stratégie, PUF, 2000, p. 309.

[3]        Ibid.

[4]        Mao Zedong, Questions de stratégie dans la guerre de partisans antijaponaise, 6A, Ikko, 2005.

[5]        Jacques Hogard, op. cit., p. 19.

[6]        Jean Némo (1906-1971) est un officier français issu de l’infanterie coloniale, il théorise à la guerre révolutionnaire tout en étendant son rayon d’étude à la « subver­sion » et la « guerre du futur ».

[7]        Charles Lacheroy (1906-2005) est un officier français et théoricien de la guerre révolutionnaire.

[8]        Roger Trinquier (1908-1986) est un officier parachutiste français. Il théorise la « guerre subversive » et de la « contre-insurrection ».

[9]        Denis Leroux, « La “Doctrine de la guerre révolutionnaire”: théories et pratiques », Histoire de lʼAlgérie à la période coloniale, p. 526.

[10]       Stéphane Faudais, « Judith et Holopherne : les six leçons tactiques du Cara­vage », Revue de tactique générale 4, 2019, p. 109-116.

[11]       Philippe Masson, op. cit.

[12]       Mao Tsé-Toung, « Problèmes stratégiques de la guerre révolutionnaire en Chine », Œuvres Choisies, Editions Sociales, vol. 1, 1955.

[13]       François Dieu, « Quelques observations sur le positionnement institutionnel de la lutte anti-terroriste », Sociétés 152, 2021, p. 27-35.

[14]       Carl von Clausewitz , De la guerre, 2014.

[15]       Élie Tenenbaum, « Guerre hybride : concept stratégique ou confusion séman­tique ? », Revue Défense Nationale 788, 2016, p. 31-36.

[16]       Vision stratégique du CEMA, 2021.

[17]       Raymond Aron, Paix et guerre entre les nations, 2004.

[18]       Ibid. note 18.

 

[1]        Jacques Hogard, « Guerre révolutionnaire et pacification », Revue militaire d’information 280, janvier 1957, p. 17.

 

 

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Introduction : Essai de définition d’un mythe

Editorial

Par Georges-Henri Soutou de l’Institut

La « guerre révolutionnaire » existe en fait depuis toujours, c’est un mode stratégique essentiel, d’où l’importance de ce numéro organisé par le colonel Stéphane Faudais. Mais la théorisation de la guerre révolutionnaire est intervenue avec Lénine, Trotski et Mao. Certes, Marx, Engels et Lénine lui-même avaient beaucoup réfléchi au phénomène politique et social que constitue la guerre « classique », dans un sens que l’on pourrait qualifier de clausewitzien, en ajoutant cependant la dialectique de la lutte des classes (là où Clausewitz parlait de l’irruption du peuple dans la guerre avec la Révolution française, Lénine corrigeait : « de la Bourgeoisie »)[1].

Ceci dit, là comme dans d’autres domaines, Staline a corrigé les orientations de Lénine et Trotski, conformément à la ligne générale de la construction de l’État soviétique, centre révolutionnaire mondial mais aussi État. Le livre passionnant de Geoffrey Roberts, Stalin’s Library. A Dictator and His Books (Yale UP, 2022) qui est en fait une biographie intellectuelle de Staline, montre très bien comment il a réinterprété, en fonction de son expérience, les enseignements de Lénine en matière de guerre révolutionnaire, et ce dès la Révolution, et en particulier à la suite de l’échec de l’offensive de l’Armée rouge contre Varsovie en août 1920. Il est revenu à une stratégie plus classi­que, les opérations « révolutionnaires » de propagande, de guerre psychologique et de guérilla étant tout au plus des adjuvants d’une stratégie en fait très opérative, comme le montre bien l’histoire de la « Grande guerre patriotique »[2].

Ce qui restait du marxisme, c’était l’analyse « scientifique » des rapports de force entre les classes sociales chez l’adversaire, de façon à repérer les points faibles, les divisions internes et les moments oppor­tuns. De la « guerre d’hiver » contre la Finlande en 1939 à l’invasion de l’Afghanistan en 1979, l’approche soviétique a toujours été la même : une analyse préalable des conditions « objectives » locales et internationales, l’URSS intervenant pour soutenir les « forces de progrès », à condition que l’adversaire « capitaliste » soit suffisamment divisé ou affaibli, permettant ainsi une action de force (théorique­ment…) rapide et limitée[3]. On remarquera que cette méthode n’a à peu près fonctionné que dans le cas de la Tchécoslovaquie en 1968, lors de l’intervention du Pacte de Varsovie, précédée par des mois de discus­sions politico-idéologiques à Moscou même, et entre le Centre soviéti­que et les démocraties populaires. Et on remarquera aussi que cet épisode fait tout-à-fait penser à la phase initiale de l’actuel conflit en Ukraine, quand Moscou pensait pouvoir s’emparer de Kiev en quelque sorte par surprise. Mais, comme en Afghanistan à partir de 1979 (là aussi l’invasion fut précédée de plusieurs mois de discussions et de supputations entre le Politburo et la direction internationale de l’admi­nistration du Comité central), les choses ne se passèrent pas comme prévu au départ. On notera au passage que cette administration était un énorme organisme de quelques 9 000 membres au sujet duquel on n’a longtemps su que peu de choses, et qu’elle a été reprise dans l’actuelle « administration présidentielle » russe.

Mais force est de constater que l’approche socio-économique du marxisme est insuffisante pour rendre compte de tous les aspects des guerres du xxe et du xxie siècle et qu’elle laisse de côté un axe fondamental de la guerre révolutionnaire, qui est d’ordre subjectif : il faut que la population, ou plutôt la partie la plus militante de celle-ci, développe une volonté d’agir révolutionnaire, et dépasse la résignation devant l’état existant des choses. Comme on disait dans les années 1960-1970 : « il faut rendre subjectifs les besoins objectifs », en l’occurrence il faut rendre subjective la nécessité de faire la révolution[4].

Répétons-le, la guerre révolutionnaire est de tous les temps. Les Stagiaires de l’École Supérieure de Guerre dans les années 1960 utili­sait le livre, à mon avis toujours utile, du colonel Gabriel Bonnet, Les Guerres insurrectionnelles et révolutionnaires de l’Antiquité à nos jours[5]. Il s’agissait d’une histoire méthodique, de l’empire romain à l’Algérie, clarifiant les concepts et le vocabulaire. En 1972 le général Beaufre donnait une définition conceptuelle de la guerre révolu­tionnaire :

La guerre classique exploite les dimensions techniques et les caractères géographiques des États… La guerre révo­lutionnaire exploite les dimensions politiques et psycholo­giques des peuples en fonction d’une géographie sociale. C’est en principe la lutte de tout le peuple. De ce point de vue, la guerre révolutionnaire est la forme moderne de la guerre primitive, conduite avec la volonté d’attendre un double objectif : s’emparer du pouvoir intérieur, forcer l’adversaire à la capitulation[6].

Il est évidemment nécessaire de distinguer le contexte intérieur (soulèvements, guerres civiles…), les guerres coloniales et de décolo­nisation, mais aussi le contexte particulier des « stratégies indirectes » pendant les deux guerres mondiales et la Guerre froide, durant lesquel­les la guerre totale, puis la dissuasion nucléaire imposaient des scéna­rios « en-dessous du seuil »[7]. La politique de l’Allemagne impériale à l’égard de la Russie et des peuples allogènes en 1914-1918 est un bon exemple d’influence, d’ingérence, de stratégie indirecte et de manœu­vres induisant chez l’adversaire divisions, soulèvements, et même une révolution débouchant sur une guerre révolutionnaire[8]. On pense égale­ment aux guerres successives au Vietnam, qui furent localement des guerres révolutionnaires – type, mais avec de grandes conséquences aussi pour l’affaiblissement des pays occidentaux, France d’abord, États-Unis ensuite, conséquences comprises, voulues et exploitées à fond par Moscou[9]. Dans le domaine aussi de la guerre révolutionnaire existe donc une sorte de continuum stratégique, qui baigne souvent dans une ambiguïté propice (car en droit international, si l’agression armée est bien caractérisée, l’ingérence et le soutien à des mouvements révolutionnaires ne le sont pas).

Notons que c’est à l’époque de la Guerre froide qu’est née en France une abondante réflexion sur la guerre révolutionnaire. Après 1945 et jusqu’au début des années 1960, l’appareil militaire et les stratèges français étaient profondément divisés entre deux pôles (« La Bombe et le Partisan », disait Raymond Aron) : ceux qui privilégiaient les guerres de décolonisation, les théories de la guerre révolutionnaire, les stratégies de la contre-insurrection. Et ceux qui réfléchissaient à la stratégie nucléaire de dissuasion.

Jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie (et à l’OAS…) le premier pôle tenait le haut du pavé. Toute une série d’ouvrages parurent, à partir des expériences de la Corée, de l’Indochine et de l’Algérie (en particulier la « Bataille d’Alger » au début 1957, donnée en exemple aux partenaires atlantiques lors d’une conférence au SHAPE en novem­bre 1957…)[10]. Très caractéristique de ce courant : le livre du colonel Roger Trinquier, La guerre moderne[11]. Il soulignait que l’on avait affaire à une forme de guerre différente, à une guérilla, dont le terro­risme constituait une arme essentielle. Les moyens militaires clas­siques ne suffisaient pas, il fallait y ajouter une « action psychologique et sociale ». C’était selon Trinquier gagnable, mais tout devait être coor­donné au plus haut niveau. Inutile de dire qu’après 1961 on n’en parla plus guère…

Mais, à côté de ce courant de pensée que l’on pourrait considérer comme tactique, voire opératif, et qui est évidemment daté, le substrat stratégique de la réflexion sur la guerre révolutionnaire qui fut établi à l’époque peut être considéré, lui, comme intemporel et toujours valable, du moins quant à la méthode d’analyse. De 1951 à 1957, le sociologue Jules Monnerot donna des cours à l’ESG sur « Le renouvellement de la stratégie politique par le marxisme révolutionnaire au xxe siècle ». Le Coup de Prague de février 1948 l’avait incité à réfléchir sur l’essence du communisme et à rédiger sa Sociologie du communisme (1949), ouvrage très remarqué à l’époque.

Il développa sa pensée dans le domaine qui nous occupe avec La Guerre en question (Gallimard, 1951). La thèse centrale du livre soulignait que l’on tendait à ramener le conflit Est-Ouest au modèle des guerres précédentes, alors qu’il était d’un type nouveau et visait les hommes dans leurs masses et leur organisation. Monnerot se situait donc bien au niveau stratégique. Il ne me paraît pas avoir eu de suc­cesseur évident face aux nouveaux foyers de guerre révolutionnaire, et pour tout dire, il paraît largement oublié.

On connaît en fait mieux aujourd’hui les doctrines de contre-insurrection nées dans les années 1950, autour d’auteurs comme Trinquier ou Lacheroy, qui suscitent à nouveau de l’intérêt, comme en témoigne ce numéro de Stratégique. Et pas seulement en France : on sait que la réflexion de David Galula, qui en fut le successeur, est devenue toté­mique pour toute une génération de chefs américains[12].

Mais ces doctrines étaient, répétons-le, plus tactiques que straté­giques. Elles étaient à peu près adaptées par exemple contre l’influence de l’URSS et du PCF en 1952 en France même (rappelons le mouve­ment « Paix et Liberté » du député radical Jean-Paul David, qui, en 1951-1952, avec l’appui du gouvernement et au moyen de la radio d’État, mena une campagne de propagande très efficace dirigée en priorité vers les milieux populaires contre l’URSS et le communisme, campagne très appuyée sur les théories de Monnerot)[13].

Ces doctrines peuvent s’appliquer aussi dans des guerres civiles, comme en Grèce à partir de 1944, comme pour la guerre de Corée ou l’insurrection communiste en Malaisie de 1948 à 1960, exemple classi­que d’une contre-guérilla réussie[14]. Mais elles conviennent beaucoup moins aux guerres de décolonisation. Certainement pas en Afrique du Nord (où les experts commirent une erreur d’analyse sur le poids du communisme et de Moscou en Algérie à partir de 1954). Il existait pourtant de bons spécialistes du monde arabo-musulman (le général Pierre Rondot, par exemple)[15] mais en dehors d’eux les facteurs cultu­rels n’étaient pas vraiment pris en compte.

Or on se rend compte aujourd’hui que ceux-ci sont déterminants, y compris dans le domaine de la guerre révolutionnaire. D’autant plus que les interventions occidentales du temps de la Guerre froide, comme la guerre française puis américaine au Vietnam, et qui se sont multi­pliées après 1990, face aux mouvements révolutionnaires qui se récla­ment de l’Islam radical, des Talibans à l’État islamique, se terminent en règle générale par des échecs. Peut-être aussi parce que les Occiden­taux sont passés du simple rétablissement de l’ordre, tel que le prati­quaient les puissances impériales, à la volonté de transformer les socié­tés et les régimes locaux ? (Comme contre-exemple on rappellera la guerre du Golfe de 1990-1991, qui se termina victorieusement parce que le président Bush évita soigneusement de s’engager dans le Regime change)[16].

On commence à disposer d’ouvrages qui analysent ce phéno­mène au fond, au-delà de la thèse fréquente pendant longtemps de l’« abandon », pour des raisons politiques, d’expéditions qui auraient réussi du point de vue militaire, comme lors de la décision du Sénat américain en 1975 de ne plus financer l’aide militaire au Sud-Vietnam, qui contribua à accélérer la chute du gouvernement sud-vietnamien[17]. Je citerai ici James S. Corum, Bad Strategies. How Major Powers Fail in Counterinsurgency, pour son information et sa profondeur de réflexion[18]. Et aussi Craig Whitlock, The Afghanistan Papers: A Secret History of the War. Même s’il s’agit essentiellement d’une chronique de l’engagement occidental en Afghanistan depuis 2001. Sans la pro­fondeur méthodologique de l’ouvrage précédent, c’est un suggestif constat des échecs répétés[19].

Que faire ? En ce qui concerne les OPEX face à des mouvements pratiquant la guerre révolutionnaire, on lira pour de premières pistes utiles Jean-Gaël Le Flem et Bertrand Oliva, Un sentiment d’inachevé. Réflexion sur l’efficacité des opérations[20]. Et on notera depuis quelques années le retour de la notion de défense du territoire, contre des mena­ces qui peuvent être aussi d’ordre intérieur[21]. Ainsi que des réflexions sur la Garde nationale des États-Unis, susceptibles de renforcer les armées en expédition mais aussi élément essentiel du maintien de l’ordre à l’intérieur, en cas de crise[22].

Mais, malgré les réticences que le sujet de la guerre révolution­naire suscite souvent, aussi bien au cours des OPEX que dans le cadre national, il ne faut pas l’éluder et il faut le replacer dans son contexte stratégique, ne pas se contenter d’une simple approche de type « main­tien de l’ordre ». C’est dans cet esprit qu’a été préparé ce numéro de Stratégique.

 

[1]        Dans un Cahier célèbre, Lénine avait recopié et annoté des passages importants de Vom Kriege. On retrouvera une traduction française parfaitement éditée et utilement commentée dans Berthold C. Friede, Les Fondements théoriques de la guerre et de la paix en URSS, Paris, 1945.

[2]        L’ouvrage de Raymond L. Garthoff, La Doctrine militaire soviétique, Plon, Paris, 1955, reste là essentiel.

[3]        Dans le cas afghan, cf. Georges-Henri Soutou, La Guerre de Cinquante Ans. Les relations Est-Ouest 1943-1990, Paris, 2001, p. 618-619.

[4]        Cet aspect des choses est fort bien expliqué dans le livre toujours essentiel de Roger Mucchielli, La Subversion, Paris, 1976.

[5]        Payot, 1958.

[6]        Général Beaufre, La Guerre révolutionnaires. Les formes nouvelles de la guerre, Fayard, 1972, p. 50.

[7]        Pour la première guerre mondiale : Olivier Entraygues, Le Stratège oublié : J-F-C Fuller, 1913-1933, Bourges, 2012. Du côté allemand pour les deux guerres mon­diales : Winfried Baumgart, éd., Friedrich Freiherr Kress von Kressentein. Bayerischer General und Orientkenner. Lebenserinnerungen, Tagebücher und Berichte 1914-1946, Schöning, 2020.

[8]        Fritz Fischer, Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale, Trévise, 1970. Winfried Baumgart, Deutsche Ostpolitik 1918. Von Brest-Litowsk bis zum Ende des Ersten Weltkrieges. Oldenbourg, 1966.

[9]        Laurent Cesari, L’Indochine en guerres, 1945-1993, Paris, Belin, 1995. Ilya V. Gaiduk, The Soviet Union and the Vietnam War, Chicago, 1996.

[10]       Par le général Allard, commandant le Corps d’Armée d’Alger, assisté des colonels Godard et Goussault, Archives du ministère des Affaires étrangères et euro­péennes.

[11]       La Table ronde, 1961.

[12]       David Galula (trad. de l’anglais américain par Philippe de Montenon, préf. David H. Petraeus) Contre-insurrection : théorie et pratique, Paris, Economica, coll. « Stratégies & doctrines », 2008. Et le compendium du Pentagone : Counterinsurgency Theoretical and Practical Principles – COIN Doctrine, David Galula, Acclaimed Sage, Trinquier, Defining Modern Warfare, Charles Lacheroy and Doctrine de Guerre Révolutionnaire, 82 p., Department of Defense, 2017.

[13]       Jean-François Alloucherie, « Paix et Liberté », mémoire de Maîtrise sous ma direction en 1994.

[14]       Robert Thompson, Defeating Communist insurgency: the lessons of Malaya and Vietnam, New York: 1966.

[15]       L’Islam et les Musulmans d’aujourd’hui, Éditions de l’Orante, 1958 ; Destin du Proche-Orient, Les éditions du Centurion, 1959.

[16]       Frédéric Guelton, La Guerre américaine du Golfe : guerre et puissance à l’aube du xxie siècle, Presses universitaires de Lyon, 1996.

[17]       Leslie H. Gelb with Richard K. Betts, The Irony of Vietnam: The System Worked, Washington, The Brookings Institution, 1979.

[18]       Zenith Press, 2008.

[19]       Washington, 2021.

[20]       Paris, Éditions de l’École de guerre, 2018.

[21]       Cf. le dossier de la Revue Défense nationale de janvier 2016, « Défendre le territoire national ».

[22]       André Rakoto, « Les États-Unis, une démocratie en armes : construction du fait militaire, mémoire et histoire publique, stratégie internationale », thèse soutenue en 2019. Et Georges-Henri Soutou, « La Garde nationale aux États-Unis », Revue Défense Nationale, janvier 2016.

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Editorial

Stratégique n°128 – La guerre révolutionnaire

Image
Georges-Henri Soutou, de l’institut Éditorial
Stéphane Faudais
Introduction : Essai de définition d’un mythe
Edouard Jolly Le peuple en armes. Catégories clausewitziennes d’une politique militaire révolutionnaire
Général (2S) Jean-Marc Marill La guerre révolutionnaire en France au XVIIIe siècle
Paul et Marie-Catherine Villatoux De Lacheroy et de quelques autres : les théoriciens français de la guerre révolutionnaire
Marie-Danielle Demelas Faut-il encore lire Roger Trinquier ?
Commandant Ivan Cadeau Le général Giap et la guerre du peuple
Christian Malis La guerre révolutionnaire, de Lénine à l’État islamique
Mathieu Guidere La guerre révolutionnaire islamiste
Joseph Henrotin
L’hybridation comme figure de la guerre révolutionnaire au XXIe siècle ?
Varia
Rémy Hémez et Anthony Namor L’apport des actions cyberélectroniques aux opérations de déception tactiques et opératives
Actualités de la stratégie – Notes de lecture
Résumés
Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Stratégique n°128 – La guerre révolutionnaire

Partenariats éditoriaux

L’ISC travaille de manière régulière avec plusieurs revues ou centres de recherche:

Association pour la prospective et la stratégie

Centre de Recherche des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan

Défense & Sécurité Internationale

Continuer la lecture

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Partenariats éditoriaux