Nouvelles publications

La situation stratégique européenne impose de regarder plus à l’est, et notamment vers la Baltique et ses riverains. Si Stratégique y avait déjà consacré un numéro, la thématique est très loin d’être épuisée. Aussi, toujours sous la direction de Matthieu Chillaud, notre 133ème numéro examine un  certains nombre de problématiques qui y sont liées. Vous pouvez consulter sa table des matières, de même que l’éditorial d’Olivier Zajec

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Nouvelles publications

Deux nouvelles parutions de Stratégique

Le dernier numéro de Stratégique est paru en novembre 2022, il y a deux ans. Le long silence qui l’a suivi fut la conséquence de diverses vicissitudes, à commencer par la défection imprévue d’un jeune collaborateur et la sursollicitation de beaucoup d’entre nous par le monde universitaire comme par les médias du fait de la guerre en Ukraine. Du moins le second facteur prouve-t-il que notre expertise est reconnue, et du moins avons-nous tiré les leçons de cette passe difficile en nous adjoignant de nouvelles compétences afin que la vie de la revue ne pèse pas sur les épaules surchargées de quatre ou cinq personnes seulement.

Nous prions nos fidèles lecteurs de bien vouloir nous pardonner ces deux ans d’interruption, et avons d’ailleurs proposé à nos abonnés un dédommagement sous forme d’envoi de volumes publiés par l’ISC. Que tous se rassurent en ce qui concerne l’avenir : outre celui qu’ils lisent en ce moment, plusieurs numéros de Stratégique sont pratiquement bouclés et paraîtront dans les mois qui viennent. Nous sortons renforcés de ce qui fut en définitive une crise de croissance, et avec pour figure de proue de cette nouvelle ère un numéro entièrement consacré à Hervé Coutau-Bégarie.

Stratégique, le retour !

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Deux nouvelles parutions de Stratégique

Publications et mises en ligne

Précis de stratégie militaire

L’ISC a la plaisir de vous annoncer la parution de la deuxième édition, revue et augmentée, du Précis de stratégie militaire de Joseph Henrotin. Elle compte près d’une centaine de pages de plus. Outre l’ajout de nombreuses références et de 18 encadrés supplémentaires, elle comporte l’insertion d’un chapitre sur la stratégie des moyens. Certains chapitres ont par ailleurs été profon­dément remaniés. Vers sa table des matières.

Par ailleurs, introuvable depuis 2021, Le pire des deux mondes. Techno-guérilla et guerre hybride, initialement paru à l’été 2014, a été mis en ligne. L’ouvrage, du même auteur revient sur la genèse d’un concept depuis lors fortement mobilisé et en retrace les origines historiques comme les concrétisations, à la fois au profit des groupes irréguliers comme des Etats. Vers sa table des matières et la consultation en ligne.

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Publications et mises en ligne

Publication de Le général Lucien Poirier et la stratégie

L’ISC a le plaisir de publier le dernier ouvrage en date de Matthieu Chillaud, consacré au général Lucien Poirier, compagnon de longue date d’Hervé Coutau-Bégarie et de l’ISC, dix ans après sa disparition.

Le général Lucien Poirier, Hommage au primitif d’un art qui reste à découvrir sera prochainement disponible à la vente, mais vous pouvez déjà consulter son sommaire, de même que son avant-propos, le mot de Madame la générale Simone Poirier, et son introduction.

 

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Publication de Le général Lucien Poirier et la stratégie

Publication des Actes du Colloque 1870 : matrice de la guerre moderne

L’ISC a le plaisir de publier les Actes du Colloque 1870 : matrice de la guerre moderne, sous la direction d’Isabelle Davion et Stéphane Faudais. Outre leur table des matières, leur préface et leur introduction ont également été mis en ligne.

 

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Publication des Actes du Colloque 1870 : matrice de la guerre moderne

Bienvenue sur notre site rénové !

Toute l’équipe de l’Institut de Stratégie Comparée vous présente ses meilleurs vœux, tout en vous souhaitant la bienvenue sur cette nouvelle version de notre site web. Il est encore en cours de montage – il compte plusieurs milliers de pages – aussi nous vous prions de nous excuser d’éventuels désagréments à sa lecture.

Par ailleurs, nous avons le plaisir de vous présenter le 129ème numéro de Stratégique. Dirigé par Martin Motte, il est particulièrement d’actualité, en revenant sur la guerre d’Ukraine. Vous pouvez consulter sa table des matières et le commander ici.

 

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Bienvenue sur notre site rénové !

Journée d’étude en hommage à Hervé Coutau-Bégarie

Le 21 septembre, l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, l’Ecole de Guerre et l’Institut de Stratégie Comparée ont organisé une journée d’étude dans la salle même où Hervé Coutau-Bégarie dispensait son cours sur l’histoire des doctrines stratégiques au profit de l’EPHE.

Les différentes interventions seront rassemblées en des actes qui seront publiés dans un numéro de Stratégique.

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Journée d’étude en hommage à Hervé Coutau-Bégarie

Notes sur la guerre en Ukraine

L’Institut de Stratégie Comparée a le plaisir de publier ses premières Notes sur la guerre en Ukraine, qui comprend des textes de Georges-Henri Soutou (« La grande rupture »), Martin Motte (« Les enjeux stratégiques de la mer d’Azov) et Joseph Henrotin (« La modernisation capacitaire russe à l’épreuve des réalités »), à la croisée des préoccupations de l’ISC : l’histoire, la stratégie comparée, les aspects technico-militaires.

 

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Notes sur la guerre en Ukraine

Les Rencontres stratégiques de la Méditerranée

La Fondation Méditerranéenne d’Etudes Stratégique (FMES) organise les premières Rencontres stratégiques de la Méditerranée, qui se tiendront les 27 et 28 septembre 2022 à Toulon. C’est un événement majeur, avec des thématiques qui ne le sont pas moins et où l’ISC sera présent. 

D’ici là, vous pouvez consulter https://fmes-france.org/perspectives-strategiques-2021-2-la-mediterranee-et-le-moyen-orient-en-quete-dune-nouvelle-boussole/ ou encore le récent Atlas stratégique de la Méditerranée et du Moyen Orient

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Les Rencontres stratégiques de la Méditerranée

Retour sur le colloque du 20 mai

Retour en images sur le colloque sur l’œuvre et l’héritage du général Ailleret, premier chef d’état-major des armées de la Ve République, organisé par l’Institut de stratégie comparée (ISC), avec l’appui de la direction de l’enseignement militaire supérieur du 20 mai 2021.
Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Retour sur le colloque du 20 mai

Le général Ailleret et la modernisation des armées françaises

Le colloque « Le général Ailleret et la modernisation des armées françaises » aura lieu à l’amphithéâtre Desvallières de l’Ecole militaire le 20 mai de 9h à 16h45.

Attention, l’inscription en ligne est obligatoire.

Tous les renseignements et le programme ici !

 

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Le général Ailleret et la modernisation des armées françaises

Introduction

Par Martin motte

Le présent dossier prend le relais de la somme que feu Hervé Coutau-Bégarie et moi-même avons coordonnée il y a plus d’une décennie sous le titre Approches de la géopolitique . Mais là où cette somme explorait pour l’essentiel la grand-route occidentale conduisant des intuitions proto-géopolitiques en Grèce ancienne aux géopoliticiens européens et américains du XXe siècle, ont ici été privilégiées des approches différentes, soit parce qu’elles viennent de Chine, du monde musulman ou de l’Inde, soit parce qu’elles traitent de l’Indopacifique, soit encore parce qu’elles émanent de francs-tireurs comme Homer Lea, Emil Reich ou James Fairgrieve. Y figurent aussi deux auteurs de tout premier plan, mais que l’on rattache ordinairement à d’autres champs d’études, Ibn Khaldûn et Leibniz. Avec ce dernier, nous retrouvons la susmentionnée grand-route, ne serait-ce que parce qu’elle constitue un référentiel commode pour apprécier l’originalité des autres approches. Elle est également représentée par une étude sur la proto-géopolitique française du XVIe siècle et une autre sur les liens et différences subtiles qui articulent la géographie militaire, la géostratégie et la géopolitique.

Le croisement de ces différentes approches permet d’affiner notre connaissance de la géopolitique et des intuitions qui l’ont préparée. S’agissant tout d’abord du passage de celles-ci à celle-là, il confirme la chronologie suggérée dans Approches de la géopolitique : si le lien entre la géographie et la politique fut perçu voire théorisé à l’échelle grand-régionale dès l’Antiquité, l’exploration du globe aux XVe et XVIe siècles et les rivalités impérialistes qu’elles stimulèrent incitèrent à le repenser à l’échelle mondiale, d’où une première apparition du mot « géopolitique » en 1679. Mais à cette époque, les connaissances géographiques étaient trop limitées pour permettre l’aboutissement d’une telle entreprise. Il fallut attendre que l’inventaire du monde s’achevât, aux alentours de 1900, pour voir le mot resurgir et la discipline prendre son essor.

D’autre part, de la Chine antique au XXIe siècle, l’intuition puis la réflexion géopolitique ont beaucoup emprunté à l’histoire en tant que moyen d’avérer la récurrence de comportements politiques liés à telle ou telle configuration spatiale ; sans doute même pourrait-on définir la géopolitique comme une enquête géohistorique visant à éclairer la décision en matière de conquête, de défense ou de gestion d’un espace donné. Non moins fréquentes sont l’opposition centre-périphérie, présente de la proto-géopolitique chinoise à Reich en passant par Ibn Khaldûn, ou la valeur reconnue aux positions centrales, depuis Duplessis-Mornay soulignant en 1584 l’importance de l’isthme de Darien jusqu’à Lea cartographiant en 1909 les archipels dont dépend le contrôle de l’Indopacifique.

À côté des points communs, que de différences entre les pensées étudiées dans ce dossier ! Les auteurs de la Chine ancienne se meuvent dans un monde très exotique à nos yeux, parce qu’ils se montrent plus soucieux de symbolisme cosmologique que de localisation précise des espaces évoqués. Par comparaison, Ibn Khaldûn apparaît comme un auteur occidental – et pour cause : il a été profondément marqué par Aristote. Mais le parallèle que l’on peut esquisser entre sa proto-géopolitique et le système de Mackinder n’en bute pas moins sur la divergence des méthodes, le géopoliticien britannique centrant ses analyses sur le rapport espace-technique alors que le philosophe maghrébin privilégiait le rapport espace-société. Disciple et sans doute aussi rival de Mackinder, Fairgrieve pense pour sa part les différentes régions du monde en fonction de leur potentiel énergétique…

Ce dossier permet également d’entrevoir la façon dont l’attraction-répulsion entre l’Orient et l’Occident s’est traduite dans la réflexion proto-géopolitique puis géopolitique. Au début du XVe siècle, Ibn Khaldûn apprend avec inquiétude que l’Europe, continent jusque-là barbare à ses yeux, connaît un développement intellectuel et scientifique risquant fort de lui donner rapidement l’avantage sur un monde musulman en voie d’assoupissement. À la fin du XVIIe siècle, ce basculement est déjà bien entamé : la réflexion de Leibniz sur l’Égypte traduit certes sa fascination pour l’héritage des pharaons, mais surtout son mépris pour un empire ottoman dont il voit s’amorcer le déclin, en vertu de quoi sa conclusion annonce résolument le colonialisme du XIXe siècle. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la parenthèse coloniale s’est déjà refermée, mais son empreinte culturelle reste bien présente ; pour les peuples récemment décolonisés, la grande question est de savoir qu’en faire. Les géopoliticiens indiens étudiés par Mehdi Kouar choisissent de l’assumer en inscrivant consciemment leur réflexion dans les cadres posés par leurs anciens maîtres britanniques. À l’inverse, le théoricien jihadiste al-Suri, dont la pensée comporte un volet géopolitique, entend rejeter tout apport occidental. Mais la lecture de ses écrits à laquelle procède Mehdi Bouzoumita montre qu’il n’y parvient pas complètement.

Le présent dossier bat par ailleurs en brèche un certain nombre de poncifs géopolitiques. Par exemple, démontre Alexis Lycas, la Chine ancienne ne s’est pas exclusivement conçue comme le centre du monde, car la pénétration croissante du bouddhisme a permis un décentrement du regard au cours du haut Moyen-Âge. D’autre part, Fairgrieve transcende l’opposition ressassée ad nauseam entre la Geopolitik allemande et la Geopolitics anglo-saxonne pour des raisons qu’élucide ici Florian Louis. D’autre part encore, l’étonnant Emil Reich, que ressuscite Pascal Venier, dément l’idée selon laquelle la géopolitique serait par principe expansionniste et belliciste.

Dernier point, et non des moindres : fidèles à la ligne de l’Institut de stratégie comparée, les études ici réunies se veulent des contributions savantes à l’histoire de la géopolitique, mais l’érudition n’y est pas une fin en soi. L’objectif ultime est bien de faciliter le décryptage de notre actualité stratégique. Pour nous en tenir à quelques exemples, savoir comment la Chine, l’Islam ou l’Occident ont traditionnellement pensé leur place dans le monde n’est évidemment pas indifférent à cet égard ; de même le risque de surextension stratégique, dont Victor Moulinier montre qu’il était perçu dès 1515 par Claude de Seyssel, reste-t-il d’actualité pour les grandes puissances d’aujourd’hui ; la fonction légitimatrice et propagandiste que les cartes avaient dans la Chine ancienne est assumée au XXIe siècle par le renseignement géospatial (GEOINT), ici étudié par Philippe Boulanger ; vieux de plus d’un siècle, les travaux d’Homer Lea sur la géostratégie de l’Indopacifique inspirent encore les décideurs américains et chinois, comme l’établit l’enquête de Michel Paquien ; quant aux thèses d’Ibn Khaldûn, elles ont été démenties par l’histoire des derniers siècles, mais Gabriel Martinez-Gros suggère que le déclin de l’Occident pourrait leur rendre leur pertinence. En somme, le bel avenir du passé n’a pas fini de surprendre ceux qui ne voient que le présent.

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Introduction

Editorial

Olivier Zajec
Directeur de la revue Stratégique
Professeur de science politique, Université Jean Moulin – Lyon III

Dans quelle mesure la réflexion sur les rapports entre espace, pouvoir et stratégie existe-t-elle en dehors de la géopolitique occidentale contemporaine, et comment ces différentes tradi­tions contribuent-elles à enrichir la compréhension contempo­raine de la géopolitique ? C’est le passionnant questionnement auquel ce nouveau numéro de notre revue a choisi de consacrer son dossier principal, sous la direction de Martin Motte.

Autour d’un fleuve, d’un massif montagneux, d’une plaine agri­cole fertile, d’un gisement de matières premières, d’une ville sacrée, d’une île bien placée sur les routes maritimes majeures, d’un détroit, les ambitions s’affrontent, les stratégies se confrontent, parfois jusqu’à la guerre, et ce de siècles en siècles. Maîtriser la grille de lecture de ces logiques spatiales à la fois coopératives et conflictuelles apparaît essen­tiel pour la stratégie. L’approche géopolitique a pour objectif d’y aider, sans nier la complexité des interactions humaines dont rendent compte l’anthropologie, la sociologie, l’économie, le droit et surtout la science historique, disciplines auxquelles elle ne s’oppose pas, mais qu’elle com­plète. L’approche spatiale du changement social qu’est la géopolitique a été illustrée par une constellation d’auteurs dont certains sont considérés comme « classiques » (Mackinder, Spykman par exemple), et leurs concepts sont de nouveau convoqués à l’heure où le canal de Panama, le détroit d’Ormuz, la position de verrou du Groënland ou les vastes plaines du glacis ukrainien s’invitent de nouveau dans l’actualité de la politique internationale, faisant mentir les prédictions aventurées de ceux qui avaient cru pouvoir diagnostiquer une « mort de la distance », ou une inutilité de la géopolitique. La réalité résiste.

Ces auteurs classiques et les concepts qu’ils nous ont légués ne représentent évidemment pas l’intégralité de la boîte à outil des appro­ches géopolitiques. Il s’agit toujours d’interroger leur pertinence heuris­tique en prenant en compte les interrogations de la géopolitique critique ou de la théorie des relations internationales, par exemple. Mais aussi d’élargir nos horizons en scrutant ou découvrant les apports d’auteurs peu connus, ou de cultures géopolitiques ne se limitant pas à l’aire euro-atlantique, En explorant justement différentes traditions intellectuelles de la géopolitique à travers l’histoire et les cultures, les auteurs rassemblés par ce numéro de Stratégique font le pari d’un décentrement relatif. Ils montrent que la réflexion sur les rapports entre pouvoir et espace ne se limite pas à la géopolitique apparue au xixᵉ siècle, mais qu’elle est repérable assez tôt, sous des formes variées, dans de nombreuses civili­sations.

Nos lecteurs le savent : Stratégique a été pionnière dans l’étude des croisements entre géopolitique et stratégie, auxquels elle a consacré de nombreux dossiers. Ce numéro s’inscrit dans la ligne de cette tradi­tion, et les complète en proposant ainsi une histoire élargie de la pensée géopolitique. C’est une occasion de mettre en perspective une grande diversité de concepts stimulants, dont la proto-géopolitique, qui corres­pond à une réflexion sur le rapport entre espace et pouvoir avant la formalisation de l’approche géopolitique contemporaine, et qui s’articule avec diverses notions, parmi lesquelles le couple antithétique centre-périphérie, la notion de cycles impériaux, ou encore l’équilibre classique de la puissance. Les prismes permettant d’interroger ces notions et con­cepts sont très variés du point de vue géoculturel. Du point de vue historique, nous avons ainsi l’occasion de revisiter la pensée d’Ibn Khaldûn au travers d’une analyse géopolitique fondée sur l’opposition entre sociétés nomades et sociétés sédentaires. Pour l’auteur de la Muqqadima, les tribus périphériques possèdent une cohésion sociale forte (asabiyya) qui leur permet de conquérir les centres urbains et de fonder des dynasties. Les empires suivent ainsi des cycles historiques liés à leur environnement social et géographique. L’étude sur la Chine ancienne montre quant à elle que la gestion administrative, les cartes et la stratégie militaire participent à une forme de proto-géopolitique orientée vers l’unification territoriale et la stabilisation de l’empire.

Du point de vue des articles consacrés à la période moderne, l’article très stimulant consacré aux intuitions géopolitiques dans la France du xviᵉ siècle montre la manière dont les derniers Valois com­mencent à analyser les rivalités européennes en tenant compte de la position géographique du royaume. La perception d’un équilibre néces­saire des puissances, ainsi que la crainte de l’encerclement par les Habsbourg, stimulent l’apparition d’une réflexion stratégique sur l’espace européen. Le traitement de cette période peu connue sur le plan de la pensée géopolitique est complété par une étude consacrée à Leibniz, dont la réflexion associe philosophie et stratégie et donne à voir une lecture globale des rapports de puissance, montrant que la géographie et les alliances jouent un rôle déterminant dans l’équilibre international.

Les articles traitant de la période contemporaine se répartissent entre découvertes et redécouvertes. Les premières nous orientent d’abord vers la figure peu étudiée d’Emil Reich, dont les développements origi­naux insistent sur la compétition entre nations et sur la nécessité pour les États de disposer d’adversaires « à leur mesure ». Ce dossier permet aussi de découvrir la richesse de la pensée géopolitique indienne, construite en partie sous l’influence britannique, mais qui a développé une vision géopolitique propre, centrée sur la sécurité régionale, la puissance mari­time et la gestion de ses frontières. Au titre des redécouvertes, Florian Louis revisite l’œuvre de James Fairgrieve, tandis que Mehdi Bouzoumita analyse brillamment la géopolitique du djihad global d’Abu Musab al-Suri, qui illustre une forme contemporaine de géopolitique idéologique proposant une stratégie mondiale fondée sur des réseaux décentralisés et sur la multiplication des fronts de conflit destinés à affaiblir les puissances occidentales.

Le dernier article de ce dossier d’une très grande richesse est une « montée en généralité » maîtrisée, qui donne l’occasion à Philippe Boulanger de retracer, avec sa clarté accoutumée, l’évolution de la géographie militaire vers la géostratégie et la géopolitique.

En proposant une approche historique et comparative de la géopolitique sous la houlette efficace de Martin Motte, ce nouveau numéro, le dernier de l’année 2025 – qui paraît avec un léger décalage – montre en définitive comment différentes civilisations ou penseurs ont conceptualisé l’espace politique, les relations de puissance et la stratégie territoriale. Il sera suivi dès avril par le premier volume de l’année 2026, dont le dossier sera consacré à la cyberstratégie.

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Editorial

Un avion pour les gouverner tous. Le F-35, prisme de la dépendance stratégique européenne

Joseph Henrotin

Commander l’ouvrage

Table des matières

Table des illustrations
Glossaire des abréviations

Introduction

Première partie. Un programme techniquement controversé

Chapitre 1. Origines et particularités du programme JSF
Un changement d’approche managérial
Un système complexe

Chapitre 2. L’enjeu technico-tactique
Les implications du choix d’un monoréacteur furtif
La question de la manœuvrabilité au cœur de la conduite des missions

Chapitre 3. Un cyber-objet réseaucentré
La problématique d’une logistique intégrée
La vulnérabilité d’un système d’échelle mondiale

Deuxième partie. Les raisons du succès

Chapitre 4. La dimension stratégique-conceptuelle du F-35
La place de la stratégie aérienne dans l’architecture de sécurité internationale
Le poids normatif américain et ses conséquences sur la stratégie des moyens
De la norme à la force et à ses structures

Chapitre 5. L’enjeu d’une dépendance stratégique consentie
Voies et moyens de la mise en dépendance
Découplage capacitaire et découplage stratégique

Chapitre 6. L’enjeu diplomatico-politique
Des positions nationales différenciées, reflet d’une agentivité plus ou moins contrainte
De l’agentivité américaine
Un enjeu de dissuasion nucléaire partagée

Chapitre 7. L’enjeu industriel
Des logiques d’arrimage
Les effets sur l’industrie européenne
De la place de l’industrie dans le programme

Chapitre 8. Coûts cachés et effets d’éviction : l’enjeu budgétaire
Too big to fail ? La question des coûts irrécupérables
Simply too big ? Effets d’éviction et bénéfices attendus de l’approche managérialiste

Conclusion

Annexe 1. Le F-35, une chronologie

Annexe 2. Cibles initiales d’achat de F-35 et leur situation au 15 novembre 2025

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Un avion pour les gouverner tous. Le F-35, prisme de la dépendance stratégique européenne

Stratégique n°131-132 – Du wargaming

 

Martin Motte Éditorial
Thibault Fouillet Introduction
I – Histoire et méthodologie du wargaming
Antoine Bourguilleau Témoignage : Une histoire du wargaming, former les officiers de l’armée de terre par les wargames
Baptiste Alloui-Cros Le wargaming : un outil de recherche applicatif. La méthodologie du wargaming : enjeux, usages, et limitations de l’Intelligence Artificielle
David Vallat Le wargaming comme outil de formation à l’incertitude ?
Philippe Lépinard Des wargames au wargaming en école de management : entre belliludisme et pratique professionnelle
Gaëtan Balan Simulation immersive et pédagogie active : création et utilisation de simulation dans l’apprentissage du droit
Propos recueillis lors des Assises françaises d’Études du Wargaming et traduits par Malo Cornuaille et Thibault Fouillet Entretien stratégique avec l’US Naval War College, département wargaming
II – Les cultures stratégiques et l’emploi du wargaming
Augustin Lefort Le wargaming dans la culture stratégique française. Le cas de l’École de Guerre
Thibault Fouillet La culture stratégique, un cadre d’analyse pertinent pour la méthodologie et la pratique du wargaming ? Le cas de la Chine
Brian Kalafatian Les jeux vidéo Call of Duty comme outil d’influence et de promotion de la politique étrangère américaine
Patrick Ruestchmann Témoignage : Le nouvel élan du wargaming en France
III – Le wargaming appliqué à un cas d’étude : outil d’analyse et d’appui à la conception des doctrines militaires
Mathéo Schwartz Sauter dans le gouffre : la compréhension des stratégies atomiques par la modélisation nucléaire de la Guerre froide à nos jours
Nicolas Mazzucchi et Enguerrand Ducourtil La pensée navale au prisme de l’emploi des wargames : l’exemple du Centre d’Études Stratégiques de la Marine
Jérôme Ranc et Patrick Bouhet Puissance aérienne future et wargaming : le wargame cognitif, façonner le développement capacitaire en projetant la cognition humaine dans les conflits futurs
Thomas Danger Penser les doctrines multi-milieux / multi-champs (M2MC) par le wargaming : la problématique de l’enseignement du niveau opérationnel
Sébastien de Peyret Témoignage : Wargaming et innovation technologique
Jean-Philippe Gury Dixmude – Simuler une bataille atypique, méthode et enseignements
Thibault Fouillet et Malo Cornuaille Modéliser un commandement et contrôle (C2) multi-milieux/multi-champs (M2MC) par le wargaming ? Note d’analyse du wargame Operative Strike
Varia
Amaury Dufay La propulsion nucléaire dans les opérations spatiales : enjeux opérationnels stratégiques d’une rupture capacitaire
Actualités de la stratégie – Notes de lecture
Résumés
Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur Stratégique n°131-132 – Du wargaming