La maîtrise de l’air

Giulio Douhet
traduit de l’italien et annoté par le lieutenant-colonel Benoît Smith

suivi de La guerre de 19..
traduit de l’italien par Jean Romeyer

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Table des matières

Préface du général d’armée aérienne Richard Woltzsinski

Présentation du traducteur

Livre Premier

Première Partie – La nouvelle forme de la guerre

Chapitre Premier – Des nouveaux moyens techniques

Chapitre II – La possibilité nouvelle

Chapitre III – Le retournement

Chapitre IV – L’arme offensive

Chapitre V – Ordres de grandeur des frappes aériennes

Chapitre VI – La maîtrise de l’air

Chapitre VII – Les conséquences extrêmes

Chapitre VIII – Armée aérienne et aviation auxiliaire

Deuxième partie – L’armée aérienne

Chapitre IX – Constitution synthétique

Chapitre X – L’unité de bombardement

Chapitre XI – L’unité de combat

Chapitre XII – Stabilité de l’armement

Troisième partie – La guerre aérienne

Chapitre XIII – Principes généraux

Chapitre XIV – La défense

Chapitre XV – Déroulement de la guerre aérienne

Chapitre XVI – L’avenir

1) Améliorer la sécurité du vol et rendre plus faciles le décollage et les atterrissages

2) Tendance à exclure, dans la constitution des avions, tous les matériaux facilement déformables et périssables qui y sont encore employés

3) Tendance à accroître la portée

4) Tendance à accroître la vitesse et le rendement

Quatrième partie – L’organisation

Chapitre XVII – Généralités

Chapitre XVIII – Coordination

Chapitre XIX – Aviation auxiliaire

Chapitre XX – Aviation indépendante

Chapitre XXI – Aviation civile

Chapitre XXII – Activités de l’aviation civile qui intéressent directement la défense nationale

Chapitre XXIII – Activité de l’aviation civile n’intéressant pas directement la défense nationale

Chapitre XXIV – Organisation centrale

Chapitre XXV – Les routes aériennes

Conclusion

Livre Second (1926)

Conclusion

L’armée de l’air en action (la guerre de 19..)

Chapitre Premier – L’organisation militaire de la France

I – La doctrine et la composition des Forces armées

II – Organisation et matériels de l’aviation

III – Solution du problème technique

Chapitre II – L’organisation militaire de l’Allemagne

I – Une doctrine aérienne moderne

II – Composition et matériels de l’armée de l’air allemande

III – La tactique des combattants de l’air

Chapitre III – Les plans des belligérants

I – Dispositions prises par les Alliés

II – La menace allemande

III – Généralisation de l’offensive aérienne

IV – La manœuvre du général Reuss

Chapitre IV – La bataille du 16 juin

I ‑ La chasse française en action

II ‑ La bataille aérienne du Nord

III ‑ Le développement de la manœuvre

VI – Les opérations du 17 juin et la victoire allemande

Bibliographie

Typologie des actions aériennes

1. évolution des concepts dans le temps

2. Typologie classique des actions aériennes

Missions à dominante air-air, ou mission de chasse

Missions à dominante air-surface

3. Doctrines en vigueur

MCCOA, annexe C, chapitre 4

Catalogue de modes d’action aériens

Characteristics and Capabilities of Air Power

Control of the Air

Definitions

Types of Air Operations

Glossaire des missions types France et OTAN

Typologie des aéronefs

Typologie des aéronefs civils

1. Définitions générales

2. Catégories d’aéronefs

3. Classes d’aéronefs

4. Autres notions : versions et standards

Typologie des aéronefs militaires

* Avion de combat (appellation moderne) :

Avions à vocation air-air

Avion de chasse

* Intercepteur

* Chasseur d’escorte

* Avion de supériorité aérienne (concept moderne)

Avions à vocation air-sol

* Avion de bombardement

* Avion d’assaut

Avions de reconnaissance

* Avion d’observation

* Avion de reconnaissance tactique

* Avion de reconnaissance stratégique

Avions polyvalents

* Avion BCR (Bombardement, Chasse, Reconnaissance)

* Chasseur-bombardier

* Avion multi-rôles

* Avion “swing-role”

* Avion “omni-role”

Postface – Giulio Douhet (1869-1930) : maître à penser ou prophète ignoré ? – par Ferruccio Botti

Postface – Douhet et la France entre rejet et fascination – par Patrick Facon

Comment la France découvre Douhet

Un corps de doctrine cohérent

Les incantations douhétiennes

L’émergence d’un néo-douhétisme français

Les fondements du néo-douhétisme français

Les doutes de la pensée néo-douhétienne française

Épilogue

Postface – La réception de Giulio Douhet aux États-Unis : quelques éléments sur une question controversée – par Serge Gadal

Douhet et la doctrine aérospatiale des États-Unis : une “influence substantielle”

Douhet et Mitchell

La mission Bolling

Douhet et l’Air Corps Tactical School

Les différentes traductions en circulation

L’impact réel de la doctrine douhétienne

Douhet aujourd’hui

Conclusion

Index

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L’évolution de la pensée navale. Tome VIII

Hervé Coutau-Bégarie (Dir.)

 

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Table des matières

ARCHEOLOGIE DE LA PENSEE NAVALE (SUITE ET FIN)
Hervé COUTAU-BEGARIE

APERÇU DE LA PENSEE NAVALE ITALENNE DU XVIe SIECLE
Ferruccio BOTTI

UN PENSEUR NAVAL DU XIXe SIECLE LE PERE ALBERTO GUGLIELMOTTI
Ezio FERRANTE

LA SUISSE PUISSANCE MARITIME : REVES ET REALITES CHEZ JAKOB DUBS
Jean-Jacques LANGENDORF

UN MANUEL SUEDOIS DE L’ART DE LA GUERRE NAVALE DE 1887
Lars WEDIN

ENSEIGNEMENTS DE L’HISTOIRE ET PROGRES TECHNIQUE : L’EXEMPLE
DE L’ELABORATION DE LA DOCTRINE DE LA JEUNE ÉCOLE
François-Emmanuel BREZET

LA JEUNE ÉCOLE ET LA GENEALOGIE DE LA GUERRE TOTALE
Martin MOTTE

L’AMIRAL FOURNIER (1842-1934
Étienne TAILLEMITE

PREDECESSEURS ET COLLEGUES DE CASTEX. LES COURS DE STRATEGIE ET DE TACTIQUE DE L’ÉCOLE DE GUERRE NAVALE DE 1920 A 1930
Antoine COUDRE

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René Fonck. L’as des as, l’homme

Corinne Micelli et Bernard Palmieri

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Table des matières

Préface et avant-propos

PREMIERE PARTIE – L’AS DES AS

À Saulcy-sur-Meurthe
En école
En escadrille d’armée
En escadrille de chasse
Graine d’as
L’as des as
La victoire en chantant…
La Chambre bleu-horizon
Le député-pilote
L’aviation et le Parlement
René Fonck et l’écriture
Le rêve américain

DEUXIEME PARTIE – L’HOMME

La traversée de l’Atlantique
Les îles flottantes
Rencontres d’as
L’armée de l’Air : « il est né le divin enfant… »
Des années folles aux années troubles
« Tiri dè tourb »
De Paris à Vichy
La France entre deux feux
Les rencontres de Montoire
Il faut éliminer Laval
Dans l’ombre du maréchal
Double jeu
Dans les geôles de la Libératio
Vosges, été 44
À l’aube du crépuscule
Le dernier envol
Épilogue

Annexes
Vie de René Fonck
Témoignages
Bibliographie
Cahiers de photos
Tableau récapitulatif des victoires de René Fonck
Principes d’homologation des victoires aériennes françaises
Citations de René Fonck
Médailles étrangères
Remerciements
Index

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Préface

Le xxe siècle a connu une industrialisation de la guerre qui a logiquement entraîné une déshumani­sation. L’héroïsme des combattants importe désormais moins que le volume et la qualité de leur armement. Déjà amorcée au xixe siècle, notamment avec la guerre de Sécession, cette évolution a connu une accélération formidable avec la première guerre mondiale, dans laquelle le résultat final a été dicté plus par les ressour­ces respectives des belligérants que par leur sens tactique ou stratégique. Les héros n’ont pas manqué, tant sur terre que sur mer ou dans les airs. La propa­gande s’est employée à magnifier les exploits d’un certain nombre d’entre eux. Les Français ont ainsi tout su du sacrifice héroïque de Roland Morillot, qui a coulé avec son sous-marin, des exploits du jeune Corentin Celton, qui avait menti sur son âge pour s’engager. Mais leur souvenir n’a pas survécu à l’épreuve du temps. Une seule catégorie s’est imposée pour entrer dans le panthéon dont les souvenirs perdurent jusqu’à aujour­d’hui : les as de l’aviation.

On a peine à imaginer l’engouement des opinions publiques pour les chevaliers du ciel. Il y avait, bien sûr, l’attrait de la nouveauté, la fascination pour la conquête de l’air, dont avait témoigné l’impact des vols des frères Wright, de Santos Dumont ou de la traversée de la Man­che par Blériot[1]. Il y a eu aussi l’irrésistible impression de liberté : l’aviation permettait d’échapper à l’enlise­ment dans la boue des tranchées pour évoluer librement dans le ciel. Il y a eu, enfin et surtout, le fait que le combat aérien restait un combat individuel au lieu d’être une lutte de masses : le courage et le sang-froid des pilotes restaient le facteur décisif, au moins aux yeux de l’opinion qui percevait mal l’importance décisive de la technique, c’est-à-dire des appareils qu’ils pilotaient. De sorte que s’est créée spontanément une mythologie des as qui n’a bénéficié qu’aux pilotes de chasse, les avia­teurs de reconnaissance ou de bombardement étant condamnés au même anonymat que les combattants de terre ou de mer.

La popularité des as a été inouïe : Richthofen en Allemagne, Mannock en Grande-Bretagne, Guynemer en France, Coppens de Houthulst en Belgique… étaient des héros dont tous les enfants reconnaissaient les faits d’armes. Leurs exploits se mesuraient à leurs croix de guerre à rallonge, jusqu’aux 28 palmes et 2 étoiles de Nungesser. La disparition au combat de l’un de ces héros était une catastrophe nationale : cela a été vrai tant pour Richthofen que pour Mannock ou pour Guyne­mer. La charge symbolique qui s’attachait aux as était telle que leurs exploits ont parfois été plus ou moins arrangés par la propagande. Le cas le plus intéressant concerne sans doute les aviateurs du Commonwealth : Mannock devance Bishop d’une courte tête, avec 73 contre 72. Le problème est que le compte du premier a quelque peu été forcé, car son bilan réel s’établirait autour d’une cin­quantaine de victoires « seulement »[2], chiffre déjà plus que respectable. Mais Mannock était Anglais, alors que Bishop était Canadien et certains dirigeants britanni­ques ont estimé qu’il n’était pas souhai­table que l’as des as de l’empire ne fût point britannique, d’où une indul­gence dans l’attribution des victoires et quelques ma­nœuvres latérales pour amoindrir le compte de Bishop : c’est ainsi qu’après une réception triomphale à Buckingham Palace où il reçut simultanément, c’était une première, la Victoria Cross, la Distinguished Service Order et la Distinguished Flying Cross nouvellement créée, on l’envoya faire une tournée de promotion au Canada, où il ne risquait certainement pas d’augmenter son score. Bishop devrait donc être considéré comme l’as des as de l’empire britannique. Mais voilà qu’un univer­sitaire, heureusement canadien, a jeté récemment un gros pavé dans la mare : à partir des archives alle­mandes, il a pu montrer que Bishop était un affabula­teur qui avait constamment exagéré ses performances, voire même carrément inventé l’exploit qui lui valut la Victoria Cross[3]. Le cas n’est pas isolé et il faudrait procéder à quelques réévaluations : bon nombre de scores devraient être revus à la baisse alors qu’à l’inver­se, quelques-uns, beaucoup plus rares, pourraient être revus à la hausse : ce serait par exemple le cas de Raoul Lufbery, volontaire dans l’escadrille Lafayette, qui n’est crédité officiellement que de 17 victoires, mais en a certainement remporté beaucoup plus : simplement, il avait la fâcheuse habitude de voler seul et très loin à l’intérieur des lignes allemandes, de sorte qu’il ne pouvait faire homologuer la plupart de ses succès.

La France n’a pas manqué d’as[4]. C’est elle qui a ouvert l’ère du combat aérien avec la victoire du sergent pilote Frantz et du soldat mécanicien Quénault à la fin de 1914. Dès 1915, les premiers as sont apparus : Jean Navarre, la sentinelle de Verdun ; Charles Nungesser, tempérament indiscipliné et fantasque, souvent abattu, revolant aussitôt malgré ses multiples blessures… Il y en a eu ensuite beaucoup d’autres, de Georges Madon, que les Allemands appelaient « Le diable » au « Père Dorme », c’était son surnom. Il y a eu un vrai religieux, Léon Bourjade, crédité de 28 victoires. Il était père blanc et la légende raconte qu’il donnait volontiers l’absolution à sa victime. Pure invention, car s’il était déjà entré dans les ordres, il ne sera ordonné prêtre qu’après la guerre.

Aucun n’a atteint la gloire immaculée de Georges Guynemer qui s’est imposé en 1917 comme l’as des as avec 54 victoires. Tout a concouru à façonner sa légende : son extrême jeunesse, sa fragilité physique, sa chance extraordinaire (il engageait le combat au plus près), sa liaison avec Yvonne Printemps qui l’a initié à des duels d’un autre ordre et, finalement, sa disparition en pleine gloire dans des circonstances jamais définitivement éclaircies (abattu par la DCA ou par l’aviateur Wisser­mann ?). Tout de suite, les écrivains se sont emparés de lui, Henry Bordeaux en premier lieu, ce qui n’était pas rien. Aujourd’hui encore, il reste la référence suprême des chasseurs et, le jour de sa mort, la même cérémonie à sa mémoire se répète chaque année sur toutes les bases aériennes françaises.

À côté de la gloire de Guynemer, René Fonck fait pâle figure, malgré les 75 victoires qui en font indis­cutablement l’as des as français et alliés de la Grande Guerre et même des deux guerres. Il n’est plus connu que des fanatiques de l’aviation. Les raisons qui expliquent cet oubli relatif sont multiples. Il n’est pas l’as des as de la Grande Guerre, puisque von Richthofen le dépasse avec ses 80 victoires, dont il importe de souligner qu’elles ont été vérifiées par les historiens, il ne s’agit pas d’un compte fictif[5]. Il est arrivé trop tard, son palmarès s’envolant en 1918, lorsque la guerre aérienne est, à son tour, entrée dans l’ère industrielle. Il n’avait pas le côté flamboyant de Nungesser, ni la pureté désincarnée de Guynemer : il était un pur technicien, qui devait ses victoires à un don prodigieux de tireur et à la multiplication des cibles ennemies. Sa vie privée n’avait rien qui pût faire rêver : il n’a pas connu Yvonne Printemps. Enfin, il y a l’après-guerre : il a survécu assez longtemps pour être encore là lors de la Seconde Guerre mondiale et jouer un rôle ambigu à Vichy. Cela lui a valu d’être quelque peu inquiété à la Libération. Aujourd’hui encore, son nom est prononcé avec prudence, au point qu’aucune promotion d’officiers ne le porte.

La présente biographie fait revivre une figure qui mérite, malgré tout, d’être connue et reconnue. Soixante-quinze victoires, c’est beaucoup et il est possible que le total réel soit encore plus élevé, puisque lui-même en revendiquait 127 et qu’il n’appartient pas à la catégorie des affabulateurs. D. Pourret recense au moins deux victoires non homologuées mais certaines, les victimes étant connues. Seule une recherche systématique dans les archives allemandes pourrait apporter des éléments nouveaux, mais beaucoup de documents ont été perdus. Il était un merveilleux tireur, mais aussi un tacticien qui a su comprendre que l’ère héroïque des premiers cheva­liers du ciel était en train de s’achever, qu’il fallait désormais mettre en œuvre une véritable tactique. Cette faculté d’adaptation est assez rare pour être soulignée.

Surtout, cette biographie a l’immense mérite d’essayer de restituer toute une vie et pas seulement l’épopée de quelques mois qui l’a fait entrer dans l’his­toire. Après guerre, il a eu la destinée « normale » d’un héros de légende : son nom lui a permis facilement de devenir député. Il a tenté la traversée de l’Atlantique après Nungesser et avant Lindbergh : la réussite lui eût définitivement assuré une place dans la mémoire collective, mais il a échoué ; au moins en est-il sorti vivant. Il a signé (à défaut de l’écrire) un livre sur l’aviation militaire française qui n’est pas dépourvu de lucidité et qui se tient honorablement dans la littérature aérienne de l’entre-deux-guerres. Il a noué des liens, en vertu de la traditionnelle fraternité d’armes, avec les anciens combattants de l’autre bord, notamment avec Ernst Udet, le plus “titré” des As allemands et avec le successeur de Manfred von Richthofen, un certain Hermann Goering. Lorsque celui-ci est devenu le deuxiè­me personnage du troisième Reich, Fonck a essayé de jouer de cette relation au service de la France. Ses sentiments antiallemands n’avaient pas varié, mais, au lendemain de la défaite, il s’est spontanément rangé sous la bannière du maréchal Pétain, comme la quasi-totalité des combattants de la Grande Guerre. Le maré­chal l’a utilisé au service de sa diplomatie personnelle : cela lui a valu quelques inimitiés. Il a été pris dans des intrigues auxquelles il n’était nullement préparé. L’amiral Darlan, dans ses notes personnelles, parle du « louche personnage qu’est le colonel Fonck ». Mais il n’a pas cherché à jouer un rôle personnel, son action a été largement désintéressée. Ce livre fait justice des accu­sations et surtout des suspicions à son encontre : Fonck n’a jamais été un “collabo”. Les auteurs font revivre un homme qui fut un authentique as de l’aviation et un Français dont toute l’action fut d’abord guidée par un indiscutable patriotisme.

Hervé Coutau-Bégarie
Directeur d’études à l’École pratique des Hautes Etudes
Président d’honneur de la
Commission française d’Histoire Militaire

Avant-propos

Enfin, une biographie de René Fonck ! À ma con­naissance, aucun historien n’a songé à rédiger un tel document plus tôt. Des ouvrages et des articles ont bien été publiés, mais ceux-ci, incomplets, relatent principale­ment ses exploits de pilote de chasse aux 75 victoires officielles pendant la Grande Guerre. Un certain L.R.M. fut le premier à tenter un tel exercice en 1968, dans la revue officielle de l’armée de l’Air, Forces aériennes françaises. Cependant, la période post 1918 n’y fut abordée que très succinctement. En 2003, Claude Perrin publiait aux éditions de l’Officine un ouvrage plus volumineux intitulé René Fonck. Ce livre n’apporta guère plus d’informations nouvelles.

Pour tous, René Fonck demeure à la fois l’as des as aux 75 victoires homologuées et l’homme compromis avec le maréchal Pétain au cours de la Seconde Guerre mondiale. Cette perception réductrice de l’aviateur, homme adulé, glorifié, élu député, puis manipulé, ignoré et oublié, se devait d’être corrigée.

L’ouverture des archives, la volonté des hautes autorités de l’armée de l’Air ainsi que celle de la commu­nauté aéronautique, désireuses de connaître la person­nalité de René Fonck sous toutes ses facettes, sont à l’origine de cet ouvrage. Il a été précédé par un article rédigé par Corinne Micelli, collaboratrice de l’ex service historique de l’armée de l’Air, paru dans le numéro 582 (juin 2005) du magazine Air Actualités. Ce récit a reçu un succès inespéré auprès de nombreux lecteurs qui ont témoigné de leur satisfaction à lire une courte biographie de René Fonck dans une revue institutionnelle. L’article est également à l’origine du rapprochement avec l’asso­ciation Mémoire de René Fonck, dont le siège social est domicilié à Saulcy-sur-Meurthe, village natal de René Fonck. Sa présidente, madame Raymonde Duménil, aidée de ses adhérents, œuvre sans compter, avec le sou­tien des élus régionaux, pour « réhabiliter » son glorieux salixien. L’association a proposé de mettre à la disposi­tion du Service historique de la défense la totalité des documents (dont de nombreux inédits) qu’elle déte­nait sur l’aviateur.

Après cette rencontre, j’encourage Corinne Micelli, auteur de l’article paru dans Air Actualités, et l’adju­dant-chef Bernard Palmieri, spécialiste de l’armée de l’Air, à rédiger une véritable biographie détaillée. En bons détectives, ils recherchent, trouvent et exploitent toutes les informations détenues aux Archives départe­mentales de Meurthe-et-Moselle, au Conservatoire de l’image de Nancy, aux Archives nationales, aux Archives de la Justice et bien évidemment, au Service historique de la Défense (SHD). Quant aux Archives de Paris, elles ne possèdent aucun document. Les registres d’écrou de la prison de la Santé de janvier 1943 à septembre 1945 ne portent aucune trace du passage de René Fonck à la Santé ! Nos auteurs examinent aussi les dossiers mili­taires de certains aviateurs impliqués dans la Résistance qui se trouvent dans les archives du département de l’armée de l’Air du SHD pour vérifier l’aide que Fonck a apporté à titre personnel à certains d’entre eux. Pour sa part, l’association Mémoire de René Fonck ne reste pas inactive. Dans les Vosges, les langues se délient. Tous ceux qui ont approché ou travaillé pour René Fonck ont des souvenirs à raconter, preuves à l’appui. Ainsi, après dix-huit mois de recherches passionnées et de nombreux entretiens, la biographie voit le jour.

Enrichie de nombreuses illustrations, cette biogra­phie a pour objectif, répétons-le, de présenter René Fonck tel qu’il nous apparaît aujourd’hui, replacé dans le contexte douloureux d’une époque révolue, mais toujours présente dans la mémoire collective. Je souhaite qu’elle intéresse le lecteur et qu’elle soit à l’origine de la décou­verte de nouvelles informations sur cet aviateur d’excep­tion.

Outre le plaisir qu’ils nous offrent en rédigeant cet ouvrage, Corinne Micelli et l’adjudant-chef Bernard Palmieri brossent un tableau réaliste de celui qui est, sans nul doute, l’un des héros de l’armée de l’Air que le maréchal Foch avait décrit en une seule ligne : « René Fonck, ce recordman du courage et de la virtuosité, valait une division à lui tout seul ! »

Général de division aérienne Roland Le Bourdonnec
Ancien chef du Service Historique de l’Armée de l’Air

 


[1]     Claude Carlier, Le Match France-Amérique, Paris, ISC-Écono­mica, 2003.

[2]     Christopher Shores, Fighter Aces, Londres, New York, Hamlyn, 1975, p. 34.

[3]     Brereton Greenhous, The Making of Billy Bishop : the First World War Exploits of Billy Bishop, VC, Toronto, Dundurn Press, 2002.

[4]     D. Porret, Les « As » français de la Grande Guerre, Service historique de l’armée de l’air, 2 vols, 1983.

[5]     Peter Kilduff, Richtoffen : Beyond the Legend of the Red Baron, Londres, Arms and Armour Press, 1994.

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L’opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine

Michel Grintchenko

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Table des matières

Préface

Introduction

Pourquoi étudier cette opération ?
La question du terme de l’opération
Sources documentaires et difficultés rencontrées
La vision de l’état-major, axe d’étude privilégié
Principales caractéristiques d’Atlante
Apport conceptuel sur la pacification
Enseignements concernant les forces armées
Plan sommaire

PREMIÈRE PARTIE – LA PRÉPARATION DE L’OPÉRATION ATLANTE

Chapitre Premier – Le contexte politique et militaire

1 – Situation générale
2 – Le Plan Navarre
3 – Schéma général de la pacification

Chapitre II – Le raisonnement tactique

1 – Étude de la mission
2 – Étude de la situation
3 – Étude des forces en présence
4 – Mode d’action

Chapitre III – L’ordre d’opération d’Aréthuse

1 – Généralités
2 – Points particuliers

Chapitre IV – Organisation civile

1 – L’action civile
2 – Les moyens civils de pacification
3 – La politique de ralliement
4 – Le budget de la pacification
5 – Le Gouverneur Giao

Chapitre V – Les forces de l’armée vietnamienne dans le Sud-Annam

1 – La 4e Division d’Infanterie (IVe R.M.)
2 – Les unités de zone
3 – Les T.D.K.Q. et D.D.T.P.
4 – Les forces de la IIe R.M .
5 – Analyse du dispositif

Chapitre VI – Les postes

1 – Généralités sur les fortifications
2 – Procédés Viêt-minh de l’attaque d’un poste
3 – Un exercice Viêt-minh d’attaque de poste
Conclusion

DEUXIÈME PARTIE – LA PHASE ARÉTHUSE (15 janvier – 13 mars 1954) Le temps de la conquête

Synthèse générale – Aréthuse

Chapitre VII – Le secteur de Tuy-Hoa

1 – Les unités de l’armée de terre
2 – Les unités de la Marine
3 – L’ordre d’opération du G.A.P.3
4 – Les ordres de la Marine (extraits)
5 – Déroulement des opérations

Chapitre VIII – Le G.M.10

1 – Structure du G.M.10
2 – Phase initiale
3 – Conquête de la vallée de Tuy-Hoa (de J au 21 février)
4 – Fin de la conquête du Phu-Yen (22 février – 12 mars)

Chapitre IX – Le G.M.42

1 – Données initiales du G.M.42
2 – L’étude de la zone d’action du G.M.42
3 – La 1/42 Compagnie de Mortiers
4 – Les choix tactiques du lieutenant-colonel Sockeel
5 – Les opérations au sud de la Song Ba
6 – Le groupement Ouest (3 au 26 février)
7 – Le groupement R1

Chapitre X – Le G.M.41

1 – Données initiales du G.M.41
2 – Le G.M.41 et le groupement D (14 janvier – 4 février)
3 – Le groupement Ouest : prise de La Hai (5-26 février)
4 – L’action des commandos
5 – Les opérations du groupement R6 (27 février – 15 mars)
6 – Bilan de l’action du G.M.41 (Aréthuse)

Chapitre XI – Le G.M.100

1 – Généralités
2 – Le temps de la conquête (14-30 janvier)
3 – La défense de Kontum
4 – Analyse de la campagne Viêt-minh
5 – La défense de Pleiku jusqu’à la chute de Dak Doa
6 – La défense des Plateaux après Dak Doa
7 – Le renforcement du dispositif sur les Plateaux
8 – Bilan de l’action du G.M.100

Chapitre XII – Bilan d’Aréthuse

1 – Bilan des opérations militaires
2 – Bilan initial de la Pacification
3 – Rapport du général de Beaufort
Conclusion

TROISIÈME PARTIE – LA PHASE AXELLE (14 mars 1954 – 15 juin 1954) L’attente du dénouement

Synthèse générale – phase Axelle

Chapitre XIII – La zone côtière

1 – Les mouvements des unités
2 – Les actions de guérilla
3 – Bilan de l’action des provinces côtières

Chapitre XIV – Les plateaux montagnards Sud

1 – Le Secteur du Haut Donnai
2 – Le secteur de Ban Mé Thuot

Chapitre XV – Cheo Reo

1 – Généralités
2 – Déroulement des opérations
3 – Bilans du secteur de Cheo Reo

Chapitre XVI – Le secteur de Pleiku

1 – Généralités
2 – La couverture de Pleiku (15-20 mars)
3 – L’accrochage de Plei Rinh (20-30 mars)
4 – Le repli du G.M.11 (5-25 avril 1954)
5 – La recherche du contact (1er mai-15 juin)
6 – Bilan des actions (secteur de Pleiku)

Chapitre XVII – Le secteur d’Ankhe

1 – généralités
2 – Actions entreprises par le G.M.11 au cours d’Axelle
3 – Le G.M.100
4 – Bilans

Chapitre XVIII – Le Phu Yen

1 – Synthèse globale des événements
2 – Les opérations du G.M.41
3 – l’action du 2/4e R.T.T .
4 – l’action des F.A.V.N.

Chapitre XIX – Le débarquement de Qui-Nhon

1 – Généralités
2 – L’action de la Marine
3 – Déroulement des faits

Chapitre XX – Les forces de Qui-Nhon

1 – Cadre général – Étude des Forces
2 – Le débarquement du 13 mars 1954
3 – L’élargissement de la tête de pont (14 mars – 2 avril)
4 – Le Camp retranché (2 avril-15 juin)
5 – Les difficultés de la pacification
6 – Bilan

Chapitre XXI – Les G.M.10 & G.M.42

1 – Le G.M.10
2 – Le G.M.42
3 – Conclusion

Chapitre XXII – Bilans et perspectives

1 – Rivalités politiques et pacification
2 – Évaluation des perspectives d’Atlante
3 – Bilans globaux
4 – Conclusion de la phase Axelle

QUATRIÈME PARTIE “ATTILA” (15 juin-31 juillet 1954) Les derniers combats

Synthèse générale – phase “Attila”

Chapitre XXIII – Les provinces cotières

1 – La poursuite de la fragilisation
2 – L’adaptation du dispositif
3 – Bilans de la zone côtière

Chapitre XXIV – Qui-Nhon

1 – Les opérations franco-vietnamiennes
2 – Les harcèlements Viêt-minh
3 – Chroniques de Qui-Nhon
4 – Bilans

Chapitre XXV – Le Phu Yen

1 – Secteur de Tuy Hoa
2 – Bilan global

Chapitre XXVI – Les combats de la R.C.19

1 – La problématique de l’opération Églantine
2 – L’embuscade du 24 juin 1954
3 – Précisions du général Sockeel
4 – Poursuite des opérations dans le secteur de Pleiku

Chapitre XXVII – Les plateaux montagnards

1 – La vallée du Song Ba mla
2 – Le secteur de Ban Me Thuot
3 – Précisions du général Sockeel sur l’opération Myosotis
4 – Bilan des plateaux montagnards

Chapitre XXVIII – Bilan de la Phase Attila

1 – Évaluation des pertes
2 – Bilan tactique de la phase Attila

En guise de conclusion

Enseignements

1 – Aspects militaires
2- Aspects organisationnels
3 – Aspects tactiques
Conclusion

Annexe 1 – Unités engagées Unités F.T.E.O.
Annexe 2 – Commandement
Annexe 2 – Commandement
Annexe 3 – État récapitulatif des pertes
Annexe 4 – Compléments cartographiques
Annexe 5 – Compléments thématiques

Glossaire

Index des lieux

Bibliographie

1 – Ouvrages généraux
2 – Articles
3 – Documents d’archives
4 – Cartographie
5 – Témoignages

Index

Publié dans Uncategorized | Commentaires fermés sur L’opération Atlante. Les dernières illusions de la France en Indochine