La stratégie dite à Timoléon

Claude Le Borgne

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« La guerre, dit Timoléon, est une activité trop affreuse pour qu’on la mène sérieusement. »

Est-il possible de parler gaiement de la stratégie sans renoncer à la prudence que le sujet commande ? C’est ce que fait l’auteur, plaçant face à face le narrateur et Timoléon, le stratège et son étrange questionneur. Sans cesse contraints l’un par l’autre à préciser leur pensée, les deux interlocuteurs s’efforcent, et nous avec eux, de comprendre le monde comme il va.

L’Europe, où l’on s’est tant battu, en est venue à détester la guerre : sa paix nouvelle, elle l’a chèrement acquise. Pacifiques désormais, les riches du Nord contemplent d’un oeil désolé les pauvres du Sud, qui s’adonnent toujours aux « plaisirs de la guerre ». L’ONU s’évertue à faire cesser ces querelles de Barbares. Nos soldats n’ont d’autre mission que de s’entremettre entre des furieux.

Tout est-il dit, le monde bientôt pacifié, l’Histoire finie ? Point du tout, répond Timoléon, qui voit la menace au cœur de la cité et, dans le ciel d’Internet, des signes d’apocalypse. Le stratège s’en inquiète. Ophélie, douce égérie de Timoléon, s’en moque. Peut-être a-t-elle raison.

Claude Le Borgne, ancien auditeur de l’Institut des hautes études de défense nationale, membre de l’Académie des sciences d’Outre-mer, a notamment publié La Guerre est morte (Grasset, 1987), Un discret massacre, essai sur la guerre du Golfe (François Bourin, 1992), Le Métier des armes (Economica, 1998).

Table des matières

PREMIÈRE PARTIE : LE PRIX DE LA PAIX

I TIMOLEON

II LA BOMBE

On commence par le Nord pacifique. Grossière attaque de Ti­moléon sur la stratégie nucléaire. Défense du stratège : les mi­litaires saisis d’horreur. Les amours contrariées de de Gaulle et de son armée. La dissuasion, doctrine salvatrice. Son postulat moral. La crédibilité et les étranges manœuvres qu’elle néces­site. Le prince, le peuple, la Bombe et le bourreau.

III LA BOMBE, SUITE… ET FIN ?

Nouvelle attaque de Timoléon sur la stratégie nucléaire. De la repentance. Les trois responsables et la primauté souveraine du politique. Scolarité des gouvernants. Retour sur la coupable cé­cité des Soviétiques. Leur soudaine lucidité et le désarmement qui s’en suivit. Imprudente IDS. Malaise rétrospectif du stratège et nouvelle justification. La Bombe obsolète ? Trois raisons de sa survivance.

IV LA CHOSE A DÉCIDÉ

La condamnation de la guerre n’est pas le seul fait de l’arme nucléaire. Morale et stratégie. L’horreur nucléaire est un abou­tissement. Retour nécessaire. Qu’est-ce que la stratégie ? Ré­ponse incertaine. Ambiguïté de la Formule clausewitzienne. Son inanité. « Penser la guerre ». 14-18 et la mathématique. 39-45 et la renaissance de la stratégie. Hiroshima ou le point bas de la pente.

V LA GUERRE RÉVOLUTIONNAIRE

Timoléon à la faculté. Sa critique, inattendue, des études de dé­fense. Retour sur la condamnation de la guerre. La guerre limi­tée comme échappatoire ; son impossibilité. La guerre révolu­tionnaire, « second oméga » de la guerre totale. Parenthèse sur mai 68. Nouvelle souffrance des militaires et nouvelle efferves­cence intellectuelle. L’Indochine. L’Algérie. Studieuse réaction. Son incohérence. De la guerre juste et de ses risques. Guerre ré­volutionnaire et arme nucléaire, même combat.

VI PLUS D’ENNEMI

Le stratège se résout à tutoyer Timoléon. Timoléon exige un retour sur l’arme nucléaire. Du coq et de l’âne. Nouvelle exi­gence de Timoléon, qui conteste le caractère bellicide de la guerre révolutionnaire. Clarification du stratège : la puissance soviétique brouillait le paysage. Sa disparition et le trouble qui en résulte. Paix en Europe et inquiétude des PECO. L’OTAN. Petite typologie des alliances. Une Europe de la défense est-elle possible ? Est-elle souhaitable ? Vigoureuse attaque de Timo­léon contre une éventuelle puissance européenne. Le Tout-qui-n’a-pas-de-nom. Eloge de l’Etat national.

VII L’INTELLIGENCE DES ARMES

La guerre du Golfe est-elle du Sud ou du Nord ? du Nord, et exemplaire. Préalable nucléaire. Buts de guerre : réalistes et idéalistes. Le zéro mort. Armes intelligentes et guerre propre. SCUD et PATRIOT. Révolution dans les Affaires Militaires. Mise en question de la Révolution face à un ennemi démuni ; les armes non létales. Mise en question de la Révolution face à un ennemi de même nature. Alors, pourquoi ? Les culottes à Suzie. Le commerce des armes. Accord intime du stratège et de Timoléon.

DEUXIÈME PARTIE : LES PLAISIRS DE LA GUERRE

VIII LE SUD ET LES BARBARES : TURBULENCES NATIONALISTES

Changement de décor : la place Saint-Michel mieux adaptée à l’examen du Sud, qu’entreprennent le stratège et Timoléon. Es­sai de synthèse de Timoléon. Nouvel ordre mondial ou nouveau désordre ? Du tiers monde aux Barbares. Les nationalismes sur les ruines des empires, une barbarie familière.

IX LE SUD ET LES BARBARES : LE CHAOS

Voyage dans la vrai Sud. Digression sur l’Occident. Le paradis perdu de la bipolarité. Exemple du Sahara occidental. Effets bé­néfiques de la fin de la guerre froide. Et maléfiques : sauvagerie nouvelle. De la démocratie en Afrique. Décolonisations diver­ses. « Ils sont vivants, et c’est nous qui sommes morts ».

X LA STRATÉGIE DE COMPASSION

Le Nord face au Sud : que faire ? Notre liberté d’action. Les exigences de la morale, et ses limites. L’ONU, maître de la stratégie de compassion. De le guerre juste. L’ingérence selon Grotius. L’ingérence moderne. Le peuple et le tyran, alternative tragique.

XI LES QUATRE MISSIONS DE L’ONU

La compassion en quatre types. Rétablissement de la paix. Maintien de la paix. Consolidation de la paix. Protection mili­taire de l’action humanitaire, mission compromettante. Critique timoléonine de l’action humanitaire elle-même. Le militaire piégé. Exemple bosniaque et enseignements à en tirer. ONU : du discrédit à l’abandon. Timoléon, le Rwanda, le diable et le bon Dieu. Réalisme de Timoléon, idéalisme du stratège.

XII TIMOLéON AU SECOURS DU STRATEGE : NOUVEAUX ENNEMIS

Timoléon découvre Samuel Huntington. Encore les acteurs de l’histoire, et de la guerre. Théorie de Huntington. Sa rouerie. Critique du stratège. La puissance en question. En quoi Hun­tington est sacrilège. Défense de l’Occident. Son double visage. Les Lumières contre les cultures. Retour subreptice de Dieu.

XIII TIMOLÉON AU SECOURS DU STRATÈGE : L’ISLAM

Incertitude de Timoléon. L’islam et l’armée française. L’islam inquiétant : sainte violence et totalitarisme. Adoucissements. Du pouvoir en islam. Islam et chrétienté. Déroute apparente des chrétiens. L’islam subverti. Le stratège chrétien et l’islam, son dilemme.

XIV KOSOVO : TRAVAUX PRATIQUES

Le Kosovo met à l’épreuve la thèse du stratège. La guerre du Kosovo a-t-elle eu lieu ? OTAN, Serbes, UCK : trois forces dé­saccordées. Les droits de l’homme, étrange but de guerre. L’Armée de libération du Kosovo, un allié encombrant. Triom­phe ambigu des armes intelligentes ; six effets pervers. La poli­tique de puissance en question. La guerre humiliée.

TROISIEME PARTIE : VOIES DIVERSES VERS L’APOCALYPSE

XV LE METIER DES ARMES

Timoléon tire le stratège vers Saint-Séverin. Et vers Ophélie. Schémas secs et chairs chaudes. Et le soldat ? Le sociologue et ses Bantous. Bantous d’occasion et vrais Bantous. Tolstoï, Vi­gny et Psichari. Eloge du dernier. Le vrai militaire ne peut être que réac. Appauvrissement moderne des mœurs militaires. De l’efficacité perverse. Qu’est-ce qui fait marcher le soldat ? Hon­neur et Patrie, professionnels et conscrits. La guerre comme di­vertissement. La guerre ennuyeuse. Plus de guerre, plus de sol­dats ?

XVI L’ÉTAT-NATION : ABAISSEMENT DE L’éTAT

Pourquoi Timoléon veut observer la société. Toujours les ac­teurs de la scène internationale. Dialectique de l’Etat et de la nation. Fragilité de l’Etat. L’impossible secret. Autorité et déri­sion. Dieu nous garde des dirigeants vertueux. Le gros animal gnangnante. Toute civilisation est faite d’arbitraire ; en quoi la nôtre est en danger. L’Etat attaqué d’en bas. Et d’en haut. Son renoncement. Battre monnaie, battre tambour. Y a-t-il encore tambours à battre ? L’Etat privé de guerre. Mort de la guerre, mort de Dieu, rire d’Ophélie.

XVII L’ÉTAT-NATION : ABAISSEMENT DE LA NATION

Tout fout le camp ! Le militaire censeur. De l’esprit de défense : défendre ça ? Des mœurs, et du sexe. Pontifex clamens in de­serto. La pilule dans les têtes. Du vouloir vivre. Digression sur la fin du monde. IVG. Qui dit le droit ? Désespérer Guyancourt.

XVIII LA MORALE COMME OBSCENITE

Du sexe à une indignité plus générale. Et moi ? et moi ? ou le détournement des droits de l’homme. Le politiquement correct ou le détournement de la charité. Cons protégés, cons agressifs. Le postmoralisme. Essai de sauvetage du civisme. Enseigner quoi ? le Décalogue en ridicule.

XIX LA SUBVERSION ANONYME : LES HOMMES ET LES CHOSES

Papa l’avait bien dit. On n’arrête pas le progrès, proposition in­humaine. Les intellectuels et la quête du sens. La subversion anonyme. Qui est coupable, des hommes et des choses ? Détour par Auschwitz, exécuteurs et complices. La réification du monde, chosifieurs et chosifiés. Kasparov versus Deeper Blue. Les nouveaux résistants. M. Chirac chosifié.

XX MÉDIAS : QUI PARLE ?

Disparition de la menace, inexistence du menacé : coïncidence jubilatoire. Les médias comme illustration de la dialectique hommes-choses. Un florilège télévisuel. Miroir ou creuset ? L’imparable liberté d’expression. Responsabilité personnelle des médiacrates, dixit Timoléon. Un commerce occulté. Léon­tios et les voyeurs. L’Occident en manque d’horreurs. Le mé­diacrate et la vertu. Sagesse de Mac Luhan : « Le message, c’est le medium ». Son insuffisance : le medium, c’est le diable. Les évêques coincés. Keskifoute ? Le parfait, ad nauseam. La mé­duse planétaire.

XXI LA VIOLENCE DOMESTIQUE

La TV pousse-au-crime. Autres causes, celles-ci non virtuelles, de la violence domestique. Fracture sociale et exclusion. La fin du travail. L’immigration ou les angoisses du franchouillard. Timoléon veut inquiéter le stratège par de plus graves désor­dres. Tout comprendre, c’est tout excuser. Jeunes gens sans re­pères, à qui la faute? « J’ai la haine ». Les substituts de la guerre morte : drogue, rave, rap, etc. Les Barbares sont parmi nous, ce sont nos propres enfants.

XXII CYBERCAFE

Fukuyama, l’anti-Huntington ; sa pusillanimité. La Toile, vraie fin de l’Histoire. Ophélie dans le Net. Description sommaire du réseau des réseaux. Polycarpe. Ophélie revient de San Francisco. Malignité intrin­sèque d’Internet. Apparition de l’apocalypse. Michel Serres et Joël de Rosnay, chantres étourdis d’Internet. La vengeance du présent : comme il dévore le passé et le futur. Nouvelle perspective apocalypti­que. Pleurs d’Ophélie. « Le crime parfait » et la déconstruction du monde.

XXIII STRATEGIES CONTRE L’APOCALYPSE

Embarras du stratège. Synthèse de Timoléon : d’une apocalypse à l’autre. Le stratège sommé de conclure. Option quiétiste : po­litique du pire. Option activiste : lutter contre les tueurs. Les tueurs les plus redoutables sont les plus doux. Sauvegarder le Mal. Les Barbares, résistants bruyants du Mal. Les STF, résis­tants discrets du Bien.

EPILOGUE

INDEX

TABLE

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De la conduite de la guerre

Maréchal Foch

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Avant d’être le commandant en chef des armées alliées en 1918 qui a conduit l’offensive finale contre l’Allemagne, Foch a été professeur de tactique à l’école supérieure de guerre. Dans ses enseignements, il a théorisé les conceptions qu’il mettra en oeuvre ultérieurement: le primat des forces morales avec la recherche constante de l’initiative et de l’offensive, la liberté d’action procurée par la manœuvre, la sûreté assurée par le renseignement et la couverture… Tous ces principes sont mis en lumière à partir de l’étude d’un cas concret, celui de la conduite de la guerre de 1870 durant ses premières semaines par le commandement allemand.

Cette étude permet de confirmer la validité des principes énoncés par Foch dans son premier livre, Des principes de la guerre. Elle montre comment l’histoire permet de préparer la guerre future puisque toute la démonstration est tournée vers le conflit à venir: il faut savoir pour pouvoir. Au-delà des transformations radicales de la stratégie à l’époque contemporaine, de tels enseignements restent d’actualité. La refondation de l’armée de terre française s’appuie largement sur les principes dégagés par Foch.

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De la décision à l’action. Essai de stratégie et de tactique

Anne Marchais-Roubelat

 

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« Penser l’action », tel est l’objectif de ce livre, car les concepts de la théorie de la décision ne permettent pas une description pertinente du processus complexe qui va de l’amorce d’une action à son accomplissement terminal. Pour dégager ses concepts, l’étude s’appuie sur l’analyse de quatre cas: la campagne de 1796, la préparation de la première guerre mondiale jusqu’à la bataille de la Marne, la décision de construire le Concorde, les débuts de l’électronucléaire en France.

Ce livre est un point de départ. Ses propositions intéresseront certainement un large éventail de lecteurs, des dirigeants industriels aux consultants en stratégies, des enseignants de gestion aux historiens, des hauts fonctionnaires aux militaires, des économistes aux sociologues. Les uns y trouveront des éléments les aidant à mieux percevoir leur démarche professionnelle, d’autres y découvriront l’amorce d’une théorie de l’action susceptible de les accompagner dans leurs recherches en sciences sociales.

Anne Marchais-Roubelat est maître de conférences au Conservatoire national des arts et métiers. Ses recherches portent sur la modélisation des processus de décision et d’action.

Table des matières

REMERCIEMENTS

Préface

Introduction

CHAPITRE PREMIER – DÉFINITION DES CONCEPTS

La définition de l’action

La perception de l’action

Les anticipations et les buts des acteurs

Le métamodèle

CHAPITRE II – LA CAMPAGNE DE 1796

Les caractéristiques de la campagne

La stratégie de la première phase

Du passage des Alpes à la défaite sarde

La stratégie de la deuxième phase

De la défaite sarde à la prise de Milan

Les leçons de la campagne de 1796

CHAPITRE III – DU PLAN XVII À LA BATAILLE DE LA MARNE

Les règles générales de l’action

Les règles de la préparation de la guerre

La stratégie de Joffre

La création du front

Le fonctionnement du front

Le modèle de l’action

CHAPITRE IV – LA DÉCISION DE CONSTRUIRE LE CONCORDE

L’Accord du 29 novembre 1962

La période préliminaire

La stratégie d’un acteur : Sud-Aviation

Le fonctionnement de l’Accord

Le rôle du Comité

L’action et l’acte

CHAPITRE V – LES DÉBUTS DE L’ÉLECTRONUCLÉAIRE EN FRANCE

Les acteurs et les agents

Le CEA

L’EDF

Le rôle de l’État

Les tactiques et les stratégies des acteurs

L’environnement de l’action et les espaces d’évaluation des acteurs

Le CEA

L’EDF

L’enchaînement des phases

L’application des règles

Le fonctionnement de l’action

Les séquences techniques

La tactique de l’EDF au moment du changement de filière

Les acteurs et l’action

CONCLUSION

GLOSSAIRE

BIBLIOGRAPHIE

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Pensée stratégique et humanisme. De la tactique des Anciens à I’éthique de la stratégie

Bruno Colson et Hervé Coutau-Bégarie (Dir.)

 

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Actes du colloque international
organisé les 19, 20 et 21 mai 1999 à Namur
par les Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix
(Faculté de Droit, Département des Sciences humaines),
en collaboration avec l’Institut Royal supérieur de Défense (Bruxelles)
et l’Institut de Stratégie comparée

L’histoire de la pensée stratégique est un chantier immense où la recherche progresse néanmoins, principalement par l’étude individuelle et approfondie des auteurs. En mai 1999, un colloque international a rassemblé durant trois journées une quinzaine de spécialistes aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur (Belgique). Ils se sont penchés sur les rapports entre la pensée stratégique et l’humanisme, entendu au double sens historique et philosophique d’une imitation des Anciens et d’un souci particulier de la personne humaine. La première acception renvoie à une longue tradition de la pensée occidentale qui, du Moyen Âge au début du XIX° siècle, s’est appuyée sur les auteurs anciens en matière militaire comme dans les arts et les lettres. Polybe et Végèce, abordés ici, ont été les plus prisés. L’étude du rapport aux Anciens jette un éclairage nouveau sur quantité de penseurs et de praticiens de l’art de la guerre : Machiavel, Montecuccoli, le chevalier de Folard, le maréchal de Saxe, Guibert, Frédéric II, le général Rogniat, les théoriciens du Risorgimento italien.

Quant à l’acception philosophique de l’humanisme, de prime abord peu applicable à la démarche stratégique, voire à son opposé, elle permet en réalité de relever des dimensions insoupçonnées. Au Moyen Âge, Végèce était utilisé pour moraliser la rude chevalerie. Au siècle des Lumières, l’ordre oblique en tactique était censé modérer physiquement la violence sur le champ de bataille.

Le présent volume contient les actes de ce colloque et apporte une contribution majeure à la connaissance d’une forme de pensée qui, aujourd’hui comme hier, a une fonction essentielle : atteindre des objectifs politiques en utilisant ou en menaçant d’utiliser la force armée, au moindre coût humain.

Table des matières

Pour un humanisme stratégique
Bruno COLSON et Hervé COUTAU-BÉGARIE

Polybe et la rnilitia Romana
Michel DUBUISSON

L’influence médiévale du De re militari de Végèce
Philippe RICHARDOT

L’Art de la guerre machiavélien, ‘bréviaire’ de l’humanisme militaire
Frédérique VERRIER

Montecuccoli, humaniste, tacticien et stratège
Jean-Michel THIRIET

L’homme et la guerre de siège au XVII° siècle. Le cas de Huy et de sa population
Jean-Pierre RORIVE

L’apport des Anciens dans l’œuvre de Folard
Jean CHAGNIOT

Maurice de Saxe. Le rêve au service de la guerre
Jean-Pierre BOIS

Référence antique et « raison stratégique » au XVIIIE siècle
Thierry WIDEMANN

L’humanisme de l’officier frédéricien et post-frédéricien
Jean-Jacques LANGENDORF

La place des Anciens dans les Considérations sur l’art de la guerre du général Rogniat (1816)
Bruno COLSON

La pensée stratégique italienne de 1789 à 1915
Ferruccio BOTTI

Pensée stratégique et humanisme chrétien
Édouard HERR

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BIBLIOGRAPHIE

1. SOURCES PRIMAIRES

1.1 Ouvrages

MARX Karl, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Paris, Editions Mille et une nuits, 1997. Ouvrage écrit de décembre 1851 à mars 1852 et publié en 1852.

MAHAN Alfred, The Influence of the See Power on History, 1660-1783, London, Sampson Low, 1890. Trad. Franç. : Influence de la puissance maritime dans l’histoire, Paris, 1899.

HAUSHOFER Karl, Geopolitik des Pazifischen Ozeans. Studien über die Wechselbeziehungen zwischen Geographie und Geschichte. Heidelberg-Berlin, Kurt Vowinckel, 1924.

HUMMEL Hans – SIEWERT Wulf, Der Mittelmeerraum. Zur Geopolitik eines maritimen Grossraumes, Heidelberg-Berlin, Kurt Vowinckel, 1936, (Schriften zur Geopolitik, n°11).

HAUSHOFER Karl, Weltmeere und Weltmächte, Berlin, Zeitgeschichte-Verlag, 1937.

SIEWERT Wulf, Der Ostseeraum, Leipzig-Berlin, Teubner,1938, ( Macht und Erde, n°8 ).

SIEWERT Wulf, Die britische Seemacht, Leipzig, Wilhelm Goldmann Verlag, 1939, (Weltgeschehen).

SIEWERT Wulf, Der Atlantik : Geopolitik eines Weltmeeres, Leipzig-Berlin, Teubner, 1940, ( Macht und Erde n°16 ).

SIEWERT Wulf, Atlantische Seegeltung, Berlin, Becker,1941, (Schriftenreihe deutscher Seegeltung n° 9).

SIEWERT Wulf, Die Stützungpolitik der USA, Berlin, Junker und Duennhaupt, 1942, (Schriften zur Weltpolitik n°4).

SIEWERT Wulf, Seemacht USA, Leipzig, Wilhelm Goldmann Verlag, 1943, (Weltgeschehen).

SIEWERT Wulf, Der Atlantik : Geopolitik eines Weltmeeres, Leipzig und Berlin, Teubner, 2. Aufl.(édition), 1943( Macht und Erde n°16 ).

HEGEL Georg Wilhem Friedrich, Die Vernunft in der Geschichte, 5. Aufl.(édition), Hamburg, Felix Meiner Verlag, 1955.

CASTEX Amiral, Théories stratégiques, 1929-1935, Tome I, édition établie par Hervé Coutau-Bégarie, Institut de stratégie comparé, Paris, Economica, 1995.

MARX Karl, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, Paris, Editions Mille et une nuits, 1997. ( Première parution en 1852 ).

1.2 Revues

ZEITSCHRIFT FÜR GEOPOLITIK (Revue de géopolitique), Bd. (volumes) I – XXI, 1924-1944, Berlin- Heidelberg, Kurt Vowinckel Verlag.

1.3 Articles

SIEWERT Wulf, « Die Krise im System » in Zeitschrift für Geopolitik, VIII. Jahrgang (année), 1931, Heft (fascicule) 9, pp.712-718.

SIEWERT Wulf, « Neue Wege der deutschen Aussenpolitik » in Zeitschrift für Geopolitik, IX. Jahrgang (année), 1932, Heft (fascicule) 6, pp.321-327.

SIEWERT Wulf, « Die Autarkie im Lichte Kjelléns » in Zeitschrift für Geopolitik, IX. Jahrgang (année),1932, Heft (fascicule) 12, pp.712-717.

SIEWERT Wulf, « Die geographischen Grundlagen der deutschen Seestellung» in Zeitschrift für Geopolitik, X. Jahrgang (année), 1933, Heft (fascicule) 5, pp.270-280.

SIEWERT Wulf, « Frankreichs Stellung im Mittelmeer I. Der ozeanisch-Kontinentale Konflikt » in Zeitschrift für Geopolitik, XII. Jahrgang (année), 1935, Heft (fascicule) 11, pp.682-691.

SIEWERT Wulf, « Frankreichs Stellung im Mittelmeer II. Die Atlasländer als französische Machtbasis « in Zeitschrift für Geopolitik, XII. Jahrgang (année), 1935, Heft (fascicule) 12, pp.748-757.

SIEWERT Wulf, « Italiens europäische Front. Die Rolle der Adria » in Zeitschrift für Geopolitik, XIII. Jahrgang (année),1936, Heft (fascicule) 3, pp.159-169.

SIEWERT Wulf, « Die Seemacht im Fernen Osten » in Zeitschrift für Geopolitik, XV. Jahrgang (année), 1938, Heft (fascicule) 6, pp.428-438.

SIEWERT Wulf, « Krise der britischen Seemacht » in Zeitschrift für Geopolitik, XVIII. Jahrgang (année), 1941, Heft (fascicule) 1, pp.1-4.

2. SOURCES SECONDAIRES

2.1 Ouvrages

ALTHUSSER Louis, Lénine et la philosophie suivi de Marx et Lénine devant Hegel, Paris, François Maspero,1972 (FM / petite collection Maspero).

CHAUPRADE Aymeric, Introduction à l’analyse géopolitique, Paris, Ellipses, 1999.

COUTAU-BEGARIE Hervé, La puissance maritime. Castex et la stratégie navale, Paris, Fayard, 1985, (Geopolitique et stratégie).

COUTAU-BEGARIE Hervé, Traité de Stratégie, 2ème édition revue et corrigée, Institut de Stratégie comparée, EPHE IV- Sorbonne, Paris, Economica, 2000.

HARBECK Karl-Heinz, Die Zeitschrift für Geopolitik 1924-1944, Thèse Kiel, 1963.

HEGEL Georg Wilhem Friedrich, Die Vernunft in der Geschichte, 5. Aufl.(édition), Hamburg, Felix Meiner Verlag, 1955.

KORINMAN Michel, Quand l’Allemagne pensait le monde. Grandeur et décadence d’une géopolitique, Paris, Fayard, 1990.

KORINMAN Michel, Continents perdus. Les précurseurs de la géopolitique allemande, Paris, Economica, 1991.

MASSON Philippe, De la Mer et de sa stratégie, Paris, Tallandier, 1985 ( Approches ).

MONTBRIAL Thierry (dir.)et KLEIN Jean (dir.), Dictionnaire de stratégie, Paris, Presses universitaires de France, 2000.

SALEWSKI Michael, Die deutsche Seekriegsführung 1935-1945, in 3 Bände (volumes), Frankfurt am Main, Bernard und Graefe Verlag für Wehrgeschichte, 1970.

2.2 Articles

SCHÜTZE Stephan, « Wolgast, théoricien de la thalassocratie » in La pensée géopolitique navale. L’évolution de la pensée navale V, Coutau-Bégarie Hervé (dir.), Institut de Stratégie comparée-EPHE IV- Sorbonne, Paris, Economica, 1995.

Brézet François-Emmanuel, « Otto Groos-kurt Assmann : Une critique de la guerre sur mer durant la Première Guerre mondiale » in Evolution de la pensée navale VI, Coutau-Bégarie Hervé (dir.), Paris, Institut de Stratégie comparée, EPHE IV- Sorbonne, Economica,1997.

RAHN Werner, « La réflexion stratégique dans la marine allemande de 1914 à 1945 » in L’évolution de la pensée navale II, Coutau-Bégarie (dir.), Paris, FEDN, 1992.

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