Théories stratégiques. Édition intégrale en sept volumes

Amiral Raoul Castex

 

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De 1929 à 1935, l’amiral Castex (1878-1968) a rédigé le plus vaste traité de stratégie maritime jamais écrit. Dépassant tous ses devanciers, il a réalisé la synthèse de la méthode historique de l’école anglo-saxonne conduite par Mahan et de la méthode matérielle illustrée, avec des fortunes diverses, par la Jeune École. Il a également pu prendre en compte les grands bouleversements techniques (le sous-marin, l’avion) et politiques (la guerre totale), que n’avaient pu connaître ses prédécesseurs. Le résultat est une œuvre monumentale qui dépasse la stratégie maritime pour s’élever à la stratégie générale et à la géopolitique. Les Théories restent, encore aujourd’hui, l’un des guides les plus sûrs pour le renouvellement de la réflexion stratégique.

De son vivant, l’amiral Castex a connu un grand rayonnement. Les cinq volumes des Théories ont été intégralement traduits en espagnol et en japonais, partiellement en anglais, en serbo-croate, en grec, en russe… la Kriegsmarine a fait rédiger un abrégé qui a été largement étudié et commenté. Au Brésil, sa lecture a été obligatoire à l’École de Guerre navale dans le texte original français. Aujourd’hui encore, l’US Navy, forgeant sa nouvelle doctrine de la guerre de manœuvre, part du volume II des Théories sur la manœuvre stratégique.

Les circonstances ont empêché la réédition des Théories stratégiques après 1945. Les compléments préparés par Castex en vue d’une deuxième édition sont ainsi restés inédits, sauf pour les tomes I et II. Certains d’entre eux ont été repris dans les mélanges stratégiques parus en 1976. Voici enfin le texte intégral qui comprend les cinq volumes publiés de 1929 à 1935, augmentés des compléments inédits aux tomes III, IV et V, les Mélanges stratégiques parus en 1976, plusieurs articles et des notes inédites retrouvées dans les papiers de l’amiral. L’ensemble du texte a été revu et doté d’un quadruple index des noms de lieux, des noms de personnes, des noms de navires et des matières. Avec une telle édition, l’étude scientifique de l’un des plus grands stratégistes contemporains est désormais possible.

Présentation

Au cours des années 1940-1950, Castex continue à exercer une grande activité intellectuelle. Les éléments qui lui paraissent les plus importants sont repris dans le tome VI des Théories. Ils ne représentent pas, loin de là, la totalité de la production de ces années. Bon nombre d’articles sont laissés de côté car ils ne s’intègrent pas dans le plan que Castex a conçu pour cet ultime prolongement des Théories. Ils présentent néanmoins un grand intérêt, car ils prolongent des démonstrations faites précédemment dans les Théories, soit en les actualisant, soit en en donnant des résumés qui peuvent comporter de nouveaux éclairages. Il a donc paru utile de compléter le texte des Théories, tel que Castex l’avait lui-même définitivement arrêté, par un certain nombre d’articles significatifs, qui peuvent enrichir le sens de l’œuvre.

Le premier de ces articles est relatif au « Haut Enseignement Militaire ». Il est publié en 1949 dans Forces aériennes françaises. Il s’agit, en fait, d’une conférence qui a été prononcée le 24 avril 1948 à l’Ecole Supérieure de Guerre. Par rapport aux développements consacrés aux problèmes de méthode dans le tome I et dans le tome VI, cet article n’apporte pas d’éléments véritablement nouveaux. Mais il présente de manière systématique l’opposition entre la méthode historique et la méthode matérielle (ou positive) que Castex a placée au cœur de son analyse sans pour autant la théoriser de manière détaillée. Il se souciait assez peu de méthodologie et ce qu’il en dit dans les Théories est généralement bref.

A la veille du déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, Castex accorde une place de plus en plus grande aux relations de la stratégie avec la politique. C’est le sens de la révision du tome III. En même temps, il s’intéresse à la guerre économique dans des conférences qui sont présentées au Collège des Hautes Etudes de Défense Nationale en 1938 et en 1939 (les deux conférences sont présentées presque simultanément et répétées les deux années). La première conférence sur « l’offensive économique. Le blocus » n’est qu’un résumé très fidèle des développements consacrés aux aspects économiques de la guerre maritime dans le tome III. Il est donc inutile de la reprendre ici. Ses deux seuls développements originaux ont été placés en addenda à la fin du tome III. En revanche, la conférence sur « La défensive. Défense des communications maritimes » reprend et détaille les nouvelles solutions que propose Castex pour la défense du trafic, solutions qui font l’objet d’un addendum dans le tome III. Elle mérite d’être reproduite car, à défaut d’apporter des éléments nouveaux par rapport à l’addendum, elle contient une démonstration plus détaillée.

Les trois articles suivants sont relatifs au problème qui hantera Castex durant tout l’après-guerre, à savoir l’inéluctable et nécessaire réunification des peuples blancs, divisés du fait de l’avènement du bolchevisme, pour faire face à la montée du monde jaune. C’est le sens de son célèbre article « Moscou, rempart de l’Occident », publié dans la revue de Défense nationale en février 1955. Cet article rencontre un large écho, mais plus par effet de surprise que par adhésion à une thèse qui paraît outrancière et finalement démodée. Dans les années 50, le souvenir de Tsoushima, qui a si fortement marqué Castex dans sa jeunesse, s’est estompé et ne signifie plus grand chose pour les générations suivantes qui sont, au contraire, obsédées par la lutte idéologique ouverte par la révolution russe de 1917. L’article se présente sous une forme dogmatique, en énonçant sa thèse comme une nécessité historique. Castex avait pourtant un doute à ce sujet et il a paru préférable de reproduire le texte d’une conférence sur « Le monde jaune et le monde blanc » prononcée devant l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale le 30 juin 1956. Le contenu est presque entièrement identique mais la principale différence, qui ne manque pas de signification, est ce que Castex appelle son « mot d’excuse » final par lequel il indique n’avoir apporté « que des hypothèses, des pronostics, des vœux, des espoirs… l’expression d’un rêve en quelque sorte ».

Cette conférence est complétée par deux études spécifiques. La première sur « La Russie et la mer » est parue dans la Revue maritime en 1954. Cet article est le seul que Castex consacre à un problème de stratégie maritime après la publication des Théories. C’est son principal intérêt puisque la matière spécifiquement russe n’apporte guère d’éléments nouveaux. On remarque qu’il fait preuve d’un conservatisme assez affirmé quant aux moyens de la guerre sur mer. Le deuxième article, consacré à « quelques aspects stratégiques de la guerre d’Indochine », paru dans la Revue de Défense nationale en décembre 1955, tire les enseignements de la guerre qui vient de s’achever. Il y reprend quelques-uns de ses thèmes favoris, notamment la réduction du périmètre défensif à la manière de Wellington derrière ses lignes de Torres-Vedras.

C’est ce thème de la tyrannie de la surface qui sera l’objet du dernier article publié par Castex, « Sa majesté la surface », paru dans la Revue de Défense nationale en 1959. Castex y reprend un thème déjà largement abordé dans le tome V des Théories, notamment à propos de la guerre d’Espagne de 1808 à 1814. Cet article a été partiellement repris dans le tome VI, mais il est quand même intéressant de le reproduire dans sa totalité, complété par une brève note que Castex avait rédigée en vue de la deuxième édition du tome V et qu’il n’a finalement pas exploitée.

« En Méditerranée avec le Pentagone », paru dans la Revue de Défense nationale en 1953, s’intéresse au théâtre méditerranéen. C’est l’occasion d’un examen plus général des conditions d’un conflit Est-Ouest en Europe. Castex s’y montre passablement réservé à l’égard du discours dominant sur une invasion éclair de l’Europe occidentale par le rouleau compresseur russe.

Enfin, dans les célèbres « Aperçus sur la bombe atomique », parus en octobre 1955 dans la Revue de Défense nationale, Castex jette les bases de la future stratégie nucléaire. Il est le premier auteur français à le faire, et même l’un des tout premiers au monde. Les stratèges français ultérieurs, Beaufre, Gallois et Poirier, reconnaîtront l’importance de ce texte fondateur dans lequel on peut cerner l’esquisse de la future théorie de la dissuasion proportionnelle.

Avec ces fragments, l’ensemble des articles de revues que Castex a rédigés après les Théories se trouvent ainsi réunis. L’interprétation de la pensée castexienne devrait s’en trouver facilitée. Il n’a pas paru utile d’y ajouter quelques-uns des nombreux articles que Castex a régulièrement publiés dans La Dépêche, puis dans La Dépêche du Midi de 1940 à 1963. Le genre journalistique a des contraintes qui obligent à simplifier la pensée, au risque parfois de la déformer. Par ailleurs, ces articles sont relatifs à des événements d’actualité plutôt qu’à des problèmes généraux. Il n’a été fait qu’une exception, pour reprendre l’un des derniers articles publiés par Castex en 1960, alors qu’il avait 82 ans. La « manœuvre de revers » montre que le schéma de l’opposition entre le monde jaune et le monde blanc et de la réconciliation des peuples blancs a continué à hanter Castex jusqu’à la fin.

Hervé Coutau-Bégarie

Addenda au tome IV des théories stratégiques

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Le réseau et l’infini. Essai d’anthropologie philosophique et stratégique

Philippe Forget et Gilles Polycarpe

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Les réseaux envahissent notre monde, notre vie, jusqu’à notre langage. Ne parle-t-on pas désormais de « faire jouer ses réseaux », là où l’on parlait de « faire jouer ses amis » ou « ses relations » ? Le vocable ne traduit-il pas une profonde mutation anthropologique, sociale et stratégique des existences individuelles et collectives ?

Telle est l’ambition de cet ouvrage : saisir et montrer à travers sa genèse philosophique et sociale pourquoi le réseau, de nécessité subalterne est devenu la norme dominante de l’Occident ultramoderne.

Méthode de la puissance matérielle et de la sûreté générale, le réseau est fondamentalement stratégique. Il impose ses paramètres d’efficacité aux luttes informationnelles, économiques et militaires. Processus de domination instrumentale, il recouvre l’ancienne Terre et ses lieux, pendant qu’il produit à l’infini ses connexions de puissance, configurant ainsi de nouvelles conditions pratiques, sociales et culturelles de l’agir stratégique. Tactiques et opérations militaires en sont, par exemple, profondément modifiées

A la suite de L’homme machinal, les deux auteurs poursuivent, dans ce nouvel essai, leur réflexion sur l’humanité planétaire qui se profile, livrée au jeu terminal de la Matière déchaînée.

Philippe Forget est philosophe, ancien chercheur en science politique à l’Institut universitaire européen de Florence. Il est l’auteur de nombreux travaux d’anthropologie philosophique et de réflexion stratégique sur le thème des rapports de l’homme à son monde à travers la technique. Il dirige L’art du comprendre, revue d’anthropologie philosophique et d’herméneutique générale.

Gilles Polycarpe est polytechnicien, diplômé de l’École nationale supérieure des techniques avancées. Conseiller en prospective et stratégies, il a publié dans Le Nouvel Économiste, les Annales des mines, Défense nationale, Stratégique, etc. Ensemble, ils ont écrit L’homme machinal (Syros-alternatives, 1990).

Table des matières

Introduction – Réseau, sens et monde

Première Partie – Généalogie du réseau

Chapitre Premier – La réticulation, nécessité subalterne de la cité

1. Le réseau, méthode de survie

2. Patrimoine mobile et patrimoine stable

Chapitre II – Le dispositif réticulaire, mécanique fondatrice des sciences

1. De l’ontologie céleste à la physique spatiale

2. Mobilisation et connexion : la vérité comme valeur

3. Sécularisation politique et science positive

Chapitre III – Les intervalles du monde, enjeu capital de la technique

1. Empire britannique et appropriation du plan océanique

2. Esprit bourgeois et production des intervalles

3. Le réseau, méthode obnubilée du chiffre infini

Deuxième Partie – Polémologie du réseau : domination et réticulation

Chapitre Premier – L’agir réticulaire, stratégie normative de l’économie-monde

1. Loi des densités et physiologie des réseaux compétitifs

2. L’informatisation planétaire, paradigme de puissance abstractrice

3. Normes et maillages : le marché dominé

A – Structures économiques et réseaux d’innovation technologique : un équilibre métastable

B – La norme par anticipation ou le temps confisqué

Chapitre II – Machines de guerre maillées

1. Ingénierie militaire et quadrillage des forces

2. Connexion – déconnexion, les rets du virtuel

Chapitre III – Matrices réticulaires en lutte

1. La différence identitaire comme fonds productif

2. Règles de domination et processus stratégique

Conclusion – La stratégie terminale

Bibliographie

Index

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La guerre psychologique

François Géré

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La contrainte sur le psychisme d’autrui est au cœur de l’acte de guerre. La violence armée s’exerce pour faire plier la volonté de résistance adverse. Ne serait-il donc pas préférable d’obtenir ce résultat par la manipulation des esprits : séduction, propagande, intimidation, chantage, tromperie, traîtrise, terrorisme ? En fonction des effets produits et des moyens utilisés, ces formes sont classable en catégories fondatrices d’une généalogie de la manœuvre de guerre psychologique : Ulysse (la ruse) et Tamerlan (la terreur).

En France, cette tradition stratégique est aujourd’hui méconnue. Pourtant il existe une riche expérience. On lira, pour la première fois, l’exposé systématique de ce que furent, à partir de 1947, la conception et la pratique de la guerre psychologique, étroitement liées à la guerre révolutionnaire en Indochine et en Algérie. La créativité opérationnelle s’accompagna de confusions organisationnelles et d’outrances idéologiques qui conduisirent dès 1960 à la dissolution des 5e Bureaux.

Partout dans le monde, la guerre psychologique est pratiquée. Permanente durant l’affrontement américano-soviétique, elle a contribué à l’effondrement final des Soviétiques, experts en désinformation mais incapables de relever le défi de notre âge hypermédiatique, défini comme le dépassement du temps humain par l’information saturante. À l’inverse, les États-Unis, sévèrement étrillés au Viêt-nam, ont su s’adapter et construire un redoutable outil de guerre psychologique qui fit ses preuves durant la guerre du Golfe. Après l’irruption de CNN, Internet a créé un nouvel espace de conflictualité immatérielle. Succès des opérations militaires et manœuvre psychologique sont, plus que jamais, indissociables.

Table des matières

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE – GÉNÉALOGIE DE LA GUERRE PSYCHOLOGIQUE

Chapitre Ier – Situation de l’arme psychologique

I. L’arme psychologique entre guerre et paix

II. Structure de la manœuvre psychologique

III. Dimension du projet politique et ampleur de la manœuvre psychologique

Chapitre II – Ulysse : ruses et propagandes

I. Le semblant

II. La propagande

III. Propagande, religion et politique

Chapitre III – Tamerlan : puissances de la terreur

I. L’ordre du virtuel : la dissuasion

II. Le modèle mixte : les grands prédateurs

III. L’ordre du réel : la terreur en actes

DEUXIÈME PARTIE – L’EXPÉRIENCE FRANÇAISE (1945-1962)

Chapitre IV – La manœuvre psychologique en France au début de la Guerre froide

I. Emboîtements : guerre totale – guerre froide – guerre chaude : le dénominateur psychologique

II. Guerre froide et guerre chaude

III. L’ennemi

Chapitre V – Le temps de l’invention

I. Devant la page blanche : refoulement de l’expérience française antérieure

II. La recherche des fondements de la propagande : trois écoles

III. A la recherche d’une définition

Chapitre VI – Le temps des réalisations (1949-1954)

I. Organisations

II. Applications et développements.

Chapitre VII – Invention de la guerre révolutionnaire

I. L’emploi par les Français de l’arme psychologique en Indochine : apprendre plus qu’entreprendre

Chapitre VIII – Des hiérarchies parallèles à la guerre révolutionnaire : arme psychologique et population-enjeu

I. Les tableaux noirs du colonel Charles Lacheroy : des hiérarchies parallèles au « troisième homme »

II. Leçons provisoires de la guerre psychologique en Indochine

Chapitre IX – Développements de la réflexion militaire sur la guerre psychologique et la guerre totale

I. Du rôle idéologique de l’armée : l’intervention du général Chassin

II. Les enseignements militaires

III. La guerre psychologique selon Raymond Aron

Chapitre X – Premières pratiques de la guerre révolutionnaire en Algérie : une double adaptation instinctive

I. Premières actions « psychologiques » sur les populations (1955)

II. L’adaptation opérationnelle : de quelle guerre s’agit-il ?

III. Recherche de l’adaptation opérationnelle

Chapitre XI – Les 5e Bureaux

I. Première organisation administrative de l’action psychologique

II. Réglementation de l’arme psychologique : TTA 117

III. Extension des organismes chargés de l’emploi de l’arme psychologique : la création des 5e Bureaux d’état-major métropolitains

IV. Recherche d’une doctrine nationale

Chapitre XII – Enseignement et mise en œuvre de l’arme psychologique en Algérie : action et guerre psychologiques (1957-1959)

I. L’action psychologique à l’égard de son propre camp

II. L’action psychologique envers les populations musulmanes

Chapitre XIII – Les actions de guerre psychologique

I. Opérations traditionnelles incluant une dimension de guerre psychologique

II. Arme psychologique et contre-guerre révolutionnaire : la part de la contrainte physique

III. Les actions de guerre psychologique en Algérie

Conclusion : le tiers culturel

Chapitre XIV – Guerre psychologique et contre-guerre révolutionnaire en Algérie

I. Recherche d’une définition opérationnelle de la nature de la guerre

II. La destruction de l’adversaire par la contre-guérilla

III. Destruction de l’organisation « ennemie »

Quel bilan ?

Chapitre XV – Outrances, dévoiements, catastrophe

I. Outrances

II. Dévoiements

III. Disparition de l’arme psychologique

TROISIÈME PARTIE – L’HYPERMÉDIATISME

Chapitre XVI – Note introductive à l’hypermédiatisme

Chapitre XVII – Les Etats-Unis face à l’émergence de l’hypermédiatisme : flottement et désastre au Viêt-nam

I. Approches américaines : lexique et éthique

III. La guerre psychologique au Viêt-nam

Chapitre XVIII – La guerre psychologique soviétique

I. Buts de la guerre psychologique soviétique

II. Les outils

III. Les thèmes de campagnes et l’ennemi principal

IV. Obstacles extérieurs et difficultés internes : face à l’hypermédiatisme

Chapitre XIX – La guerre psychologique dans l’ère hyper-médiatique

I. Le Golfe : 1990-1991

II. Somalie : des effets psychologiques sans maître

III. La guerre psychologique entre la tradition et la modernité

CONCLUSION

I. La manœuvre psychologique, clé de la victoire

II. La guerre hypermédiatisée

III. Les conditions de l’adaptation

IV. Place de l’arme psychologique

ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE

INDEX

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Stratégie théorique III

Lucien Poirier

 

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Cette troisième série d’essais sur la stratégie théorique procède du même esprit que les deux premières, publiées en 1982 et 1987. Il s’agit toujours d’interroger le stratège militaire sur les instruments et les mécanismes de sa pensée. Celle qui produit deux classes d’œuvres, indissociables : la littérature du théoricien et les actes stratégiques du praticien. La stratégie théorique se propose d’apporter des éléments de réponse à la question que ne peuvent éviter, tôt ou tard, ceux qui font la stratégie et ceux qui la disent : qu’est-ce que penser stratégiquement ? La réponse ne peut venir que de la critique des méthodes d’approche, de représentation et d’explication de l’objet-stratégie ; de celle du corps de concepts et de propositions avec lesquels s’édifient les théories ; de celle, enfin, des procédures décisionnelles du stratège actant. En bref, la stratégie théorique s’intéresse à la nature et aux modalités d’emploi de l’outillage intellectuel du stratège opérant ; à la genèse et à l’évolution d’une pensée créatrice, à la fois individuelle et collective, sous l’effet des transformations de l’Univers politico-stratégique. Elle observe les retards du langage stratégique usuel, souvent ossifié par les habitudes et paresses mentales, sur les situations conflictuelles réelles. Elle indique les directions de recherche sur les nouveaux instruments de pensée applicables à la nouvelle réalité, et soumet à la critique de validité ceux qu’inventent les praticiens engagés dans l’action et les théoriciens sollicités d’expliquer l’état des choses. Ainsi, si le présent recueil d’essais rappelle les théories stratégiques françaises construites dans les années 60 et désormais invalidées par la fin de la Guerre froide, c’est afin de mieux juger, par la critique comparative, ce que valent aujourd’hui d’anciens concepts, comme celui d’autonomie de décision, ou les nouveaux : celui de dissuasion concertée par exemple…

Lucien Poirier est officier général (CR) de l’armée de Terre. Il a contribué, dans les années 60, à l’élaboration des théories stratégiques dont a procédé la doctrine française et, plus spécialement, la stratégie de dissuasion nucléaire du faible au fort. Chargé de cours ou de séminaires aux Universités Paris I et II, à l’ENA, à l’EHESS, à l’ENS (Ulm), dans les établissements de l’enseignement militaire supérieur, ayant dirigé la section militaire de l’IHEDN, puis les études de la FEDN où il a lancé la revue Stratégique, il a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur la polémologie, la politique de défense et la stratégie militaire.

Table des matières

Avant-propos

Le stratège militaire

Le discours de la stratégie militaire

Penser stratégiquement

Dissuasion et puissance moyenne

Quelques problèmes actuels de la stratégie nucléaire française

La greffe

La guerre du Golfe dans la généalogie de la stratégie

Stratégie intégrale et guerre limitée

Désarmement, sécurité, défense

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Le traité militaire de Sun Bin

Sun Bin

Traduit par Valérie Niquet

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Au commencement de la stratégie chinoise était Sun Zi. Après lui, vint Sun Bin. La tradition assure que c’était son petit-fils, mais son texte s’était perdu dans la nuit des temps, au point qu’on en était venu à se demander si Sun Zi et Sun Bin n’étaient pas plutôt une seule et même personne. En 1972, une découverte archéologique sensationnelle est venue trancher la question: le livre de Sun Bin a été retrouvé dans une tombe, inscrit sur de minuscules lattes de bambou, il a fallu plusieurs années de travail aux chercheurs chinois pour reconstituer le texte. Voici sa traduction française.

Sun Bin n’est pas la répétition de son illustre aïeul. Il s’inscrit, bien entendu, dans sa lignée. Mais il se signale par une approche plus pratique, plus opérationnelle, de la guerre. Il détaille les diverses formations de combat, les précautions à prendre dans une marche… En même temps, il s’élève au niveau théorique en posant avec clarté la distinction entre l’attaque et la défense, entre la victoire de l’armée et la victoire du pays…

Ce livre est traduit et commenté par Valérie Niquet, qui a déjà publié, dans la même collection, L’Art de la Guerre de Sun Zi et Deux commentaires de Sun Zi. Dans sa préface, Gérard Chaliand souligne l’étonnante avance des Chinois dans le domaine stratégique, avance à laquelle succédera un blocage presque complet, illustration supplémentaire d’un paradoxe relevé mainte fois par les sinologues.

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